Ecriture hors concours n°1

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Wilden
Homme de 24 ans
Nantes

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Modérateur
Betolerant à un Incroyable Écrivain  hors concours

Ecriture d'une histoire

Thème : Il est grand temps de rallumer les étoiles

Date de début : 20/12/2015
Date de fin : 23/01/2016
Créateur : Laera

Description :
seul ou en équipe écrivez votre texte sur le thème " Il est grand temps de rallumer les étoiles "  nombre de mots libre

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Bonjour.


J'ai un peu de mal à saisir le thème imposé.

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Wilden
Homme de 24 ans
Nantes

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Justement c'est un thème qui peux dire beaucoup de choses, qui laisse place à une palette d'idées importante

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Immapenguin
Femme de 20 ans
Toulouse

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Il faut poster directement le texte en commentaire pour participer ? :)

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Wilden
Homme de 24 ans
Nantes

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Modérateur
oui c'est exactement ça :)

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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Hello.
Je suis tombée avec enchantement sur ce thread, et je me lance. 
Soyez clément, ou très méchants ; j'ai du mal avec les entre-deux. 

"?En wolof, une des langues dans lesquelles elle avait baigné étant enfant, elle avait souvent entendu une expression dont elle ne saisit que très longtemps plus tard, l’étendue de la cruauté : « arrête d’avoir hâte ».
A savoir : « modère ton enthousiasme ». Ce n’est que lorsqu’elle prit conscience de sa totale absence d’enthousiasme pour sa vie, son sommeil, ses besoins, ses journées, ses activités, qu’elle prit la pleine mesure de tout l’art de vivre qui était décomposable grâce à cette simple, banale, formule.  ?Un regard grossier n'y aurait vu qu'un dicton à la limite de l’anecdotique ; mais son esprit, affûté par des années de voyages, rencontres, expériences nouvelles, délitations neuronales dans des volutes de fumée délétères, des fibres dermiques en fête, dont elle se délectait avec délice ; elle y décelait l’aveu honteux d’un art de vivre dont la démarche consistait à protéger les plus jeunes des déceptions qui vont de pair avec les vicissitudes de la vie. Toutefois, et c’est là toute son affaire : l’excitation, l’ « avant de », voilà le meilleur antioxydant. Sans cela, on végète, avait-elle conclut.Toutes ces choses n’étaient qu’ersatz. Elle en était consciente sans le savoir. Trait caractéristique des bénis qui n’ont pas l’esprit aussi étroit que le chas d’une aiguille. Elle lisait un jour dans L’Etranger de Camus cette phrase grosse d’épiphanie : « l’éclaboussement soudain de la lumière ». Est-il possible, se demanda-t-elle alors, de saisir la pleine mesure de ce qu’on lit, d’en faire la pleine expérience sensorielle et sensible ? Les tortueux méandres de son esprit se figurèrent un homme tétraplégique de naissance, et qui n’aurait, de ce fait, jamais fait l’expérience de ce qu’est un éclaboussement et ne pourrait, ergo, comprendre l’étendue poétique de la tournure choisie par l’auteur.  Comme une idée d’origine inconnue, incongrue, viendrait détonner dans un esprit habituellement parfaitement rangé (ou, du moins, relativement), cette pensée vint dissiper la mollesse de sa quiétude.
Enfin, elle fit cette expérience singulière, qu’elle n’avait vue faire effet que sur d’autres. Un autre, pour être tout à fait candide :  la découverte de sa prédilection.
? ?Le moment se déroula en la série d’instants  qui suivent : elle se réveilla, constata son éveil et pesta contre la Providence, la vie, ses cellules, tout et tous. Elle se leva, se plia aux besoins de son corps en vidant sa vessie, effectua son habituel rituel du soir. Pour dormir, il lui fallait se détendre : diluer la masse difforme, informe et confuse de pensées qui l’assaillaient quotidiennement. Ceci fait, elle se glissait dans son lit, sous sa couette, remerciait la déité envers laquelle elle se sentait redevable pour sa vie, et s’endormit de nouveau. 
Lui ? Il lui donnait tout l’air d’un pantin désarticulé ; ses mouvements mal coordonnés, comme si chaque parcelle de son corps existait indépendamment de toutes ses voisines. Il avait éveillé en elle un brandon de tendresse en lui disant ces quelques mots chargés d’une ineffable magie : « je surveillerai ton âme ».Mais l’angoisse se faisait de plus en plus présente, oppressante, pesante. Presque abyssale, toutefois, pas tout à fait. Un abîme est profond, elle ressentait plus une brume enveloppante, dévorante, la happant, la tenant en grippe. La solitude s’imposait comme une impossibilité. L’alcool devenait son seul refuge.  C’était peut-être là sa seule véritable source d’effroi : que les bribes de brimborions de vie délabrés qui constituaient son existence se perdent dans les vagues du temps. A coup sûr, se disait-elle, ces instants farcis de potentiels interpellants tomberont dans l’oubli si je n’en fais pas quelque chose. Puis ces mots de William Blake, comme psalmodiés : « I will not reason and compare : my business is to create ».Elle écrivit dès lors.
Cela devint sa monomanie. Eusse-t-elle dû apprendre à peindre, elle l’aurait, pour sûr, pris pour modèle. Son aspect brut, son impressionnante pilosité qui s’atténuait juste avant d’atteindre le faîte de l’immondice, des exhalations propres aux mâles, sous ses mains, qui s’appropriaient des pans entiers de son corps, sa peau prenait sens. Suspendu sur un fil, perdue dans un endroit incertain entre le cosmique et le microcosmique: dans un équilibre précaire, une libellule aux ailes mirobolantes scintillait, indifférente à sa propre splendeur. C’est quand la raison de son existence lui apparut, limpide. Sa quiddité : repousser les limites du dicible. Ainsi, la seule jauge à laquelle elle se fiait concernant la qualité de sa vie se résumait à ceci : combien de pages noircies par l’encre qui survivait en elle sous la forme du plus atrabilaire venin et devenait, hors d’elle, en tout point semblable à des substrats d’idées remarquables.Ce n’était pas à dessein, j’en suis convaincue, qu’elle trempa son battement de cils dans tant de flegmatique érotisme, mais mon cœur s’en trouva affolé ; je vis pour la première fois portée dans un regard de femme cette indélicate indifférence propre aux temps de l’enfance. A cet instant, suspendu tel un funambule sur sa ligne, elle entreprit de décrire, d’écrire ; elle s’empressa, se hâta, sans lenteur aucune.Tout lui fut clair."

Merci de m'avoir lu(e) <3 

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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Ce matin, le dernier arbre s'est éteint. Un prunus. son dernier élan fut d'offrir ses fleurs au monde, une dernière fois.
Les fleurs... Il y a bien longtemps qu'elles ont désertées les sols meurtris, elles aussi. Juste après la disparition des abeilles... Quand on y pense, tout ça était peut-être lié.
La semaine dernière encore, une coccinelle survivait sur le désert de notre île. Dernier bout de terre perdu dans les océans mortellement salés, désormais maîtres du globe. Cette petite tâche rouge et noir nous a tant réjoui ! Nous qui pensions être les derniers survivants. Juste toi. Juste moi. Et notre amour, bien sûr.
Et cette coccinelle donc ! Notre trésor, notre espoir... Elle l'a emporté avec elle le soir même. Elle a cessé de bouger ses ailes. Ses couleurs ont fondu sur la terre rugueuse et craquelée. Elle a séché et s'est mêlée aux cendres du vent, aux brisures de nos coeurs. "Coccinelle à 7 points, bête à bon Dieu, bête à bons points"
Alors nous sommes là. Toi. Et moi. Et notre amour bien sûr. A regarder le ciel, à écouter les mers grignoter inlassablement et inexorablement la terre qui nous porte. Notre Terre. Notre mère. Rongée par sa progéniture encore accrochée à ses mamelles, sans jamais la punir, sans jamais sanctionner, avec la patience du temps sachant bien que le siècle ne lui survivra pas, aussi puissant puisse-t-il paraître. La Terre si fière de ses hommes, si indulgente, et certainement aujourd'hui si anéantie de les voir disparaître.
Nous. Ses enfants.
La Terre nous survivra. Et tout recommencera. Sans toi, sans moi. Mais avec notre amour.
Nos corps emmêlés, nos coeurs enlacés, notre ultime étreinte brouillée par ces pensées qui nous conduisent vers la lumière. Loin d'ici et de cet échec. Avons-nous échoué ?...
Les étoiles me sourient. Je deviens fou certainement. La nuit se tait soudain et les étoiles me parlent. Ce ne sont pas des mots. Ce sont des ondes, des vagues, des caresses. Et je comprends. Je parle aux étoiles ! C'est la plus belle nuit de ma vie ! Elle me raconte l'univers, la galaxie, les éléments, le big bang... Je comprends tout. Rien n'est fini ! Tout est là. Toi. Moi. Et notre amour, bien sûr.
Alors je glisse un peu plus au creux de toi, je te bois, je te nourris et t'abreuve. Je deviens toi, comme tu es moi, et nous grandissons. Si loin, si haut, que nos doigts tendus effleurent les étoiles. Et à chaque fois que l'on en touche une, elle s'allume. elle s'anime, et le ciel devient bientôt un deuxième océan suspendu, plein de vie celui-là, plein de nous. Alors la lumière d'en haut descend sur Terre et vient caresser l'horizon. Et le sol reçoit cette semence éclairée et généreuse. Et puis le miracle a lieu. Une fleur a poussé sur la branche morte du vieux prunus ! La fleur s'ouvre pour laisser s'échapper une coccinelle. Qui s'envole et répand à chaque battement d'aile des trainées de pollen qui, à peine sur le sol, font jaillir des tiges d'un vert tendre et précieux de la Terre en devenir.
Ton sourire répond au mien, et tu parles à ton tour aux astres. Le message est clair ce soir : Il est temps de rallumer les étoiles !
Pareils aux éléments, nous nous déchaînons alors et jouons à notre tour au jeu de la vie, à celui de l'amour et du blizzard, venu nous aider à rayonner la "bonne nouvelle" sur la surface de notre Vieille Mère, où des consciences déjà en attente, poussières d'étoiles salvatrices, se préparent à incarner la folle sagesse de la Magie Quantique.
Nous sommes des magiciens. Nous sommes des enfants. Les enfants du Ciel et de la Terre. Rien que nous ce soir. Rien que toi. Rien que moi. Et notre amour bien sûr.

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Wilden
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Il reste encore 10 jours pour le hors concours 

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Wilden
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Modérateur
Concours écriture n°4 en ligne , thème choisi par Avatea le gagnant du concours 2. 

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Wilden
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Nantes

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Modérateur
Merci pour vos participations :)

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