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Personnages homosexuels célèbres de notre histoire.

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- Modification par Shadowbane le 16/01/2013 - 18:11:41
Socrate (-470 à -399)
L'amour de Socrate pour les jeunes hommes était connu. Il eut notamment pour amant le jeune Alcibiade, qui le pourchassait sans cesse, comme il est décrit dans Le Banquet : "L'amour de cet homme n'est pas pour moi un médiocre embarras (...). Depuis l'époque où j'ai commencé à l'aimer, je ne puis plus me permettre de regarder un beau garçon ni de causer avec lui sans que, dans sa fureur jalouse, il ne vienne me faire mille scènes extravagantes, m'injuriant, et s'abstenant à peine


Socrate (-470 à -399) L'amour de

Alexandre Le Grand (356-323 av JC)
Alexandre Le Grand, roi de Macédoine, est l’un des plus grands conquérants de l’histoire. Mais guerrier et homosexuel sont deux caractères qui ne s'opposent pas du tout à cette époque, où l'amour des hommes entre eux est bien accepté. Alexandre Le Grand est marié avec une femme, il est demeuré attaché tout sa vie à son amour d'enfance, Héphaestion, éduqué comme lui par le philosophe-précepteur Aristote. Selon Lane Fox, professeur à Oxford et auteur 'une biographie sur Alexandre, ils auraient tous deux été amants

Socrate (-470 à -399) L'amour de " class="img-responsive" />


Léonard De Vinci (1452-1519)
La controverse continue, mais aujourd'hui, la plupart des scientifiques s'accordent pour dire que Léonard de Vinci était bisexuel. A 24 ans, il a même été accusé de "sodomie active" envers un jeune homme de 17 ans. Il était par ailleurs entouré de jeunes garçons, dont l'un d'eux, Salaï, serait "la muse du visage et du sourire de La Joconde" selon l'historien Michel Larivière.


Socrate (-470 à -399) L'amour de

Richard 1er Coeur de Lion (1157-1199)
Richard Coeur de Lion, Roi d'Angleterre, était amoureux de Philippe II Roi de France. On ne sait pas s'il s'agissait d'un amour entièrement "consommé", mais on sait qu'ils partageaient le même lit.


Socrate (-470 à -399) L'amour de

William Shakespeare (1564-1616)
Le poète anglais a été contraint à 18 ans d'épouser une femme, de 18 ans son aînée... Mais à peine les jumeaux nés, il s'enfuit ! "Sous le règne d’Elisabeth, la sodomie est punie de la peine capitale, le poète sait se montrer prudent", raconte l'historien Michel Larivière. Mais certains de ses sonnets sont explicites, comme le XXXIII :

"Homme, tu domines tout de ton état suprême,
Dérobant les regards des hommes et fascinant l’âme des femmes
Tu fus d’abord créé pour être femme
Puis quand la nature t’eut fait elle délira
Et par une addition me frustra de toi
En t’ajoutant une chose dont je n’ai que faire,
Puisqu’elle t’a donné un membre pour le plaisir des femmes

Socrate (-470 à -399) L'amour de



Louis XIII (1601-1643)
Louis XIII a épousé Anne d'Autriche,certes, mais il ne l'a pas beaucoup "honorée" ... Selon les mots de son médecin, Jean Héroard, le jeune Louis XIII a "de la honte et une haute crainte" à aller voir la reine...Il a ensuite eu un certain nombre de favoris (masculins donc), qui selon le Vénitien Morosini, étaient là "non pour les affaires de l'Etat mais pour la chasse et les inclinations particulières du roi".

Socrate (-470 à -399) L'amour de

Rencontre gay

Date de publication : 27/10/2012 à 19:03
#68233
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Frédéric II de Prusse (1712-1786)
L'homosexualité de "Frédéric le Grand" est le plus souvent absente des manuels scolaires, mais elle est aujourd'hui communément admise par les Historiens. Il eut par ailleurs une relation avec Voltaire, celle-là plus platonique, qui s'est fini tristement. Il fit enfermer Voltaire de peur que celui-ci ne divulgue ses poèmes, parfois très audacieux, et clairement homosexuels. Après la rupture, Voltaire lui renverra selon l'historien Michel Larivière ses décorations et ses ordres accompagnés d'un dernier quatrain ambigu : "Je les reçus avec tendresse / Je vous les rends avec douleur / C'est ainsi qu'un amant, dans son extrême ardeur / Rend le portrait de sa maîtresse".

Frédéric II de Prusse (1712-1786) L'homosexualité
#68235
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- Modification par constantin06 le 27/10/2012 - 19:20:20
Paul Verlaine (1844-1896) et Arthur Rimbaud (1854-1891)
L'amour de Verlaine et Rimbaud (en bas à gauche dans le tableau) ne fait plus de doutes. Mais il gêne toujours : certains poèmes de Rimbaud et Verlaine "ne figurent toujours dans aucune œuvre soi-disant complète de grandes maisons d’édition


Paul Verlaine (1844-1896) et Arthur Rimbaud
#68236
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Alan Turing (1912-1954)
Terrible histoire que celle d'Alan Turing, ce "père de l'informatique" dont on vient tout juste de fêter le 100ème anniversaire de la naissance. Malgré tous les bons et loyaux services rendus, comme la découverte des codes secrets nazis durant la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne le condamna en 1952 pour "outrage aux bonnes moeurs" en raison de son homosexualité, encore illégale à l'époque. Il fut contraint à la castration chimique, sanction insupportable qu'il choisit d'éviter en absorbant du cyanure.

Alan Turing (1912-1954) Terrible histoire que
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désolé, certaines photos ne veulent pas s'afficher. je m'en excuse.
#68238
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Michel Foucault (1926-1984)
Dans la biographie qu'il a faite de lui, Didier Eribon raconte que Michel Foucault vivait très mal son homosexualité. Selon Didier Eribon, quand Michel Foucault rentrait de ses fréquentes sorties dans les bars gays, il restait prostré pendant des heures, anéanti par la honte. Il confessera lui-même que "c'est tout de même un problème impressionnant quand on le découvre pour soi-même [qu'on est homosexuel]. Très vite, ça s'est transformé en une espèce de menace psychiatrique : si tu n'est pas comme tout le monde, c'est que tu es anormal, si tu es anormal, c'est que tu es malade". Il fera deux tentatives de suicide, vraisemblablement liées aux difficultés d'assumer socialement son homosexualité à cette époque.

Michel Foucault (1926-1984) Dans la biographie
#68239
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Francis Bacon (1909-1992)
Difficile d'ignorer l'homosexualité de Francis bacon, quand on connaît un peu ses oeuvres, tant la question du corps, corps de l'homme et aussi corps masculin, y est présente. "Ma peinture est le reflet de ma vie", disait le peintre.

Il semblerait qu'il ait eu aussi quelques penchants pour le travestissement : selon l'historien d'art Michel Archimbaud, son père l'aurait renvoyé du foyer familial à l'âge de 16 ans après l'avoir surpris en train d'essayer les sous-vêtements de sa mère.

Francis Bacon (1909-1992) Difficile d'ignorer l'homosexualité
#68241
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Bien entendu suivra la rubrique des Dames....
#68242
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J'adore ce topic :)
#69416
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Piotr Ilitch TCHAIKOVSKY (1840-1893) condamné à se suicider à cause de ses goûts


Piotr Ilitch TCHAIKOVSKY (1840-1893) condamné à


Très jeune, Petr Illitch manifeste son goût pour la musique, il est en adoration devant sa mère, brillante pianiste, qui meurt du choléra lorsqu’il a quatre ans. Dès l’adolescence, Tchaïkovski se rend compte que ses goûts le portent exclusivement vers ses camarades, et le poète Alexeï Apoutkine, son condisciple à l’Ecole de droit, sera son premier amour.

En 1863, malgré l’opposition de son père, Petr quitte son emploi au Ministère de la Justice pour suivre les cours de composition au Conservatoire. Dès 1865, son diplôme lui permet d’enseigner tout en composant. Il est alors entretenu par son son élève et amant le riche Vladimir Chivolski. Le compositeur est malheureux car le déchirement entre ses besoins sexuels et son désir de respecter la morale dans laquelle il a été élevé, le culpabilise.

En 1877, Antonina Ivanovna Milioukova lui écrit des lettres passionnées. Il saute sur cette occasion de « se ranger » et l’épouse.

Le résultat est catastrophique. Tchaïkovski éprouve une insurmontable répulsion pour la jeune mariée. La vue du corps féminin lui occasionne de violentes nausées. Il s’enfuit, et tente de se suicider en plongeant dans la Néva. Il est secouru avant d’être noyé, mais il ne reverra pas sa femme qui finira ses jours dans un asile. La musique composée à la suite de cette malheureuse expérience traduit la profonde dépression du compositeur.

Grâce à sa notoriété naissante il est appelé à Paris puis à Rome pour les premières auditions de ses œuvres. Tchaïkovski s’enflamme pour les nus masculins de Michel-Ange : « Pour la première fois, j’ai ressenti un véritable enthousiasme artistique. » Il exprime ce bonheur dans le Cappricio italien rempli de joie et d’optimisme. Mais lorsqu’il rentre à Moscou les soucis matériels vont encore le priver de la tranquillité d’esprit nécessaire pour composer. En effet, son jeune amant et mécène Vladimir Chivolski ne lui a pas pardonné son mariage et a cessé de l’entretenir.

Heureusement la chance sourit bientôt au compositeur : madame Nadejda von Meck, passionnée pour sa musique, lui offre son amitié…et sa fortune ! Elle est la femme idéale pour Tchaïkovski : laide et frigide, non seulement elle exclut tout rapport physique, mais elle refuse même de rencontrer le compositeur.

La passion de cette veuve va se traduire par un échange de lettres quotidiennes pendant onze ans. Le ton de leur correspondance est très libre. Lors d’un voyage à Florence, Tchaïkovski n’hésite pas à lui confier : « J’ai été subjugué par un jeune chanteur des rues. » En répondant gentiment qu’elle est « Jalouse de ses amitiés » Nadejda semble ne pas avoir compris la véritable nature de ces « amitiés ». Quoi qu’il en soit, grâce à cette bienfaitrice désintéressée il peut composer en toute sérénité le Concerto pour violon et orchestre op. 35, Eugène Onéguine, drame lyrique d’après Pouchkine, et ses deux ballets La Belle au bois dormant, et Casse-Noisette. En octobre 1890, Madame Von Meck probablement choquée par des révélations sur la vie intime du compositeur, met brusquement fin à cette liaison. Tchaïkovski, très affecté par cet abandon, retombe en dépression.

Pour soigner sa neurasthénie, il voyage beaucoup, entreprend une grande tournée de concerts en Europe et en Amérique. De retour dans sa maison de campagne près de Moscou, il compose la Symphonie pathétique : « Le programme de cette symphonie, je ne le dévoilerai à personne, car je veux que cette œuvre demeure une énigme pour tous, il m’est arrivé de verser des larmes pendant que je la composais…pour exorciser mes démons. Je la considère comme mon œuvre la plus sincère. »

Tchaïkovski avait-il le sentiment de sa mort prochaine ? Le final de la Symphonie pathétique permet de le penser.

En 1891, il inaugure le Carnegie Hall de New-York. En 1893 il dirige ses œuvres à Berlin, Bâle, Paris, Bruxelles ; à Cambridge il est fait docteur honoris causa. En octobre, il rentre à Moscou et meurt soi-disant du choléra, après avoir bu un verre d’eau non bouillie. Selon le témoignage d’Alexandre Voitov, responsable du Musée Russe, Tchaïkovski a été condamné à se suicider.

Cette année 1893, Tchaïkovski, en pleine gloire s’affiche imprudemment avec de très jeunes gens, comme le peu discret Victor Stenbock-Fermor, officier de dix-sept ans. C’est trop d’audace ! A cette époque le grand-duc Constantin, cousin d’Alexandre III et le second fils du tsar Georges Alexandrovitch dissimulent prudemment leur homosexualité. La Cour décide donc de sévir : Le maréchal du palais – oncle de Victor- dénonce le compositeur par une lettre au procureur Nikolaï Borisovitch Jacobi. Ce dernier, redoutant le scandale d’un procès public, ne transmet pas la plainte au tsar, et réunit secrètement un tribunal de « sages » composé de six anciens élèves de Tchaïkovski qui lui donnent le choix entre l’exil en Sibérie ou le suicide. C’est August Gerk, un magistrat ancien camarade de classe, qui lui aurait tendu le flacon d’arsenic.

Le compositeur obtempère ? Preuve en faveur de cette thèse : le corps du compositeur reste exposé pendant deux jours à l’hommage de ses admirateurs. Or, en cas de décès par le choléra, pour éviter toute contagion, le cercueil devait être scellé sur- le- champ.

Dans son Journal intime Tchaïkovski notait toutes se rencontres, par exemple le 22 mars 1889 à Paris : « Amour avec un nègre. » Dans sa correspondance avec son frère Modeste, également homosexuel, il avoue sa passion pour le jeune Alexis Sofronov, le fidèle valet entré à son service à l’âge de quatorze ans et qui assiste à son dernier soupir. Sur son lit de mort, il parle de son « petit Bobby chéri vers qui vont toutes mes pensées. » Son ravissant neveu Bob Davidoff, pour qui il éprouvait un sentiment beaucoup plus proche de la passion que de l’affection familiale, sera son héritier.

La pudibonde Russie honore Tchaïkovski comme son musicien officiel, en affectant toujours d’ignorer la passion du compositeur pour les jeunes gens, voire pour les très jeunes garçons.
#69419
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Junot, amoureux de Napoléon :" il ne m'aime plus, il a oublié notre jeunesse...

« Voyez, me dit l’Empereur, les lettres d’amour que votre mari m’écrit (…), et dites-moi s’il vous en envoie de pareilles. » Mémoires de Laure Junot, duchesse d’Abrantès.

En décembre 1793, au siège de la ville royaliste de Toulon, le sergent Junot, beau garçon de 22 ans, blond et bien bâti, écrit le rapport que lui a demandé son commandant. Un boulet éclate à ses pieds : « Sont-ils polis ces Anglais de m’envoyer du sable pour sécher ma page ! », déclare Junot en éclatant de rire.

Bonaparte, séduit par la bravoure du jeune sergent, se l’attache comme aide de camp : le destin de Junot est tracé. Bonaparte, devenu général, nomme Jean-Andoche Junot sous-lieutenant. Cette amitié profonde durera toute sa vie. Parce qu’il est l’ami du frère de Robespierre, Bonaparte, après la chute de l’Incorruptible, est dénoncé comme suspect : un matin d’avril 1794, il est arrêté et enfermé au fort d’Antibes.
Aussitôt, Junot échafaude un projet pour délivrer son chef par la force. Bonaparte reçoit secrètement une lettre qui l’avertit du plan et il tempère l’ardeur de son ami :

« Je reconnais bien tes sentiments, mon cher Junot. Depuis longtemps aussi tu connais l’amitié que je t’ai vouée… Il me suffit d’être innocent, ne fais donc rien, tu me compromettrais. » Junot renonce à faire évader son général, qui est bientôt libéré.

De retour à Paris, la situation n’est hélas pas brillante. Le nouveau gouvernement de la Convention a mis Bonaparte en disponibilité. Junot, aide de camp d’un général sans solde, lui offre l’hospitalité dans sa mansarde du quai Conti. Les deux jeunes amis vivent plusieurs mois dans un état de dénuement extrême. Junot s’occupe du ménage et se prive pour nourrir son général bien-aimé. Sans argent, privés de femme, c’est probablement à ce moment-là que la très vive amitié entre les deux hommes s’est transformée, l’espace de quelques semaines, em véritable liaison homosexuelle. Pour Napoléon, cette expérience n’aura pas de lendemain, mais Junot voue à Bonaparte une admiration, une passion exclusive. Le Corse, en souvenir de cette aventure, témoignera une indulgence et une faveur éclatante à son ex-amant.

Enfin, la fortune sourit à Bonaparte : il épouse Joséphine de Beauharnais, la maîtresse du directeur Barras, et ce dernier le nomme commandant en chef de l’armée d’Italie. Junot ne dissimule pas son hostilité à la Créole qui vient lui voler son ami. Mais comme l’usage veut que les militaires partent en campagne sans leurs épouses, voilà notre Junot de nouveau seul aux côtés de son général, pendant la victorieuse campagne d’Italie, puis durant l’expédition d’Égypte. Les officiers jasent sur « le nouvel Antinoüs du nouvel Hadrien », et les soldats, voyant « le chouchou à qui tout est permis » remplir de nombreuses caisses, s’indignent que « Bonaparte laisse son favori piller le trésor des pharaons ». Fausse accusation montrant toutefois que la liaison étroite entre les deux hommes était de notoriété publique.
De retour en France, Bonaparte, Premier consul depuis novembre 1799, continue à manifester son attachement à Junot : « Je vais te nommer au commandement de Paris. C’est une place de confiance. Mais il faut que tu te maries… cela est plus convenable pour la dignité de la place que tu vas occuper. » Junot devient donc gouverneur de Paris à 26 ans ! Et il épouse le 30 octobre 1800 Laure Martin de Permon, qui en a 16. « C’est un fort mauvais mariage que tu fais là : il n’y a pas de fortune ! », dit cyniquement Napoléon. Pour arranger les choses, il donne 140 000 francs-or à Junot, comme dot.

Nous possédons tous les détails grâce aux mémoires de Madame Junot. Bientôt, la légèreté et l’incompétence du trop jeune gouverneur de Paris indisposent le Premier consul, qui, lors d’une fête, lui témoigne sa froideur. Junot rentre précipitamment dans son hôtel des Champs-Élysées. Saisi de fièvre, il délire toute la nuit : « Il ne m’aime plus, il a complètement oublié notre jeunesse ! » Madame Junot, atterrée, ose déranger Napoléon. Celuici accourt auprès de son ami, l’embrasse, le console, et voilà Junot rétabli ! Mais cette scène extraordinaire ne se renouvellera pas. Napoléon est las de cet amour fou que lui porte Junot.
Il se produit alors ce qu’un psychanalyste appellerait un « transfert » : Junot devient l’amant de Caroline, la soeur… de Napoléon ! L’Empereur va-t-il sévir ? Non, il se contente d’éloigner Junot, en le nommant ambassadeur à Lisbonne. En 1805, il envoie Junot commander le corps expéditionnaire français au Portugal. Le brave Junot s’empare de Lisbonne en novembre 1807, et l’Empereur, pour le récompenser, le nomme duc d’Abrantès. Hélas, six mois plus tard, le tout nouveau duc est battu par les Anglais.

Disgracié, il essaie de retrouver la faveur de Napoléon en évoquant leurs anciennes amours. Mais ces souvenirs importunent désormais l’Empereur, qui n’hésite pas à em faire le reproche à la duchesse. Nous possédons seulement les commentaires sur ces lettres et non les lettres originales. En revanche, le billet que Junot envoie à l’Empereur pendant la désastreuse campagne de Russie a bien été conservé : « Moi qui vous aime avec l’adoration d’un sauvage pour le soleil, moi qui me suis donné tout à vous, je vous supplie de me laisser revenir en France, parmi mes enfants… Assez d’honneurs et de massacres : assez, je ne veux plus faire la guerre ! »

Junot se montre imprévoyant. À la bataille de Smolensk, il tarde à faire attaquer son bataillon. Ce coup l’achève. Il commence à radoter, il montre à ses compagnons la lettre que Bonaparte lui avait envoyée em égypte et qu’il porte toujours sur lui : « Sois sûr, Junot, que dans n’importe quelles circonstances je te donnerai toujours les preuves de la tendre amitié que je t’ai vouée. » Pour se débarrasser de lui, Napoléon le nomme gouverneur de l’Illyrie (actuelles Slovénie et Croatie). Avant de partir, le duc d’Abrantès fait jurer à sa femme que, s’il meurt, elle brûlera sans les lire les « cent cinquante-deux lettres manuscrites de Napoléon enfermées dans un coffre-fort à secrets ». À peine arrivé à Raguse, le duc est atteint de troubles psychiques graves. On le fait revenir d’urgence en France.

Napoléon lui interdit de rentrer à Paris et l’oblige à demeurer dans son château de Montbard. Là, le 22 juillet 1813, Junot devenu fou se jette par la fenêtre, se casse une jambe, essaie de s’amputer lui-même et meurt. Dès l’annonce du décès, Napoléon ordonne à Savary d’aller récupérer sur-le-champ ses lettres de jeunesse. Le ministre de la Police va chez la duchesse d’Abrantès, trouve le coffre-fort à secrets, l’ouvre, compte les cent cinquantedeux lettres et les apporte à l’Empereur qui les brûle aussitôt. Si Napoléon s’empresse de brûler ces lettres de jeunesse, c’est qu’elles étaient compromettantes pour lui : elles contenaient peut-être le témoignage de ses faiblesses quand ils habitaient ensemble la même mansarde…

Junot, amoureux de Napoléon « Sont-ils
#69421
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Tu continueras à le fournir au fur et à mesure ? :)
#69565
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Oui, bien sur! plus de 300 sous le coude!
#69568
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http « J’engageai Ferdinand à se

Goethe, un diable d’homme

« J’ai fait aussi l’amour avec des garçons, mais je leur préférais les filles, car quand elles me lassaient en tant que filles, je pouvais encore m’en servir en tant que garçons. » Goethe

Né en 1749 à Francfort, Johann Wolfgang von Goethe étudie les arts à Leipzig et le droit à Strasbourg, avant d’obtenir une charge d’avocat à la cour impériale de Francfort.

Son drame en prose Goetz de Berlichingen (1773) et le roman Les Souffrances du jeune Werther (1774) sont à l’origine du mouvement littéraire connu sous le nom de « Sturm und Drang » (tempête et emportement) qui marque le début du romantisme. Goethe devient rapidement le chef de file des intellectuels de langue allemande.

Le duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar l’attache à son service comme conseiller secret, en 1776, puis commissaire à la guerre, en 1779. Anobli en 1782, il devient directeur des finances de l’État. Dans son Voyage en Suisse, il confesse avoir été, dans son enfance, amoureux de son camarade Ferdinand : « J’engageai Ferdinand à se baigner dans le lac. Que mon jeune ami est admirablement bien fait ! Quelle juste proportion dans tous ses membres ! Quelles richesses de formes ! Quel éclat de jeunesse ! Et pour moi quel avantage d’avoir enrichi mon imagination de ce parfait modèle de la nature humaine… »

Et dans un poème (traduit par Guillot de Saix), il glorifie le corps de l’éphèbe :

« Dans l’éclat de l’aurore lisse,

De quels feux tu m’as enflammé,

Ô mon printemps, mon bien-aimé,

avec mille et mille délices !

Éros, prends-nous sous les aisselles,

Que nous montions en notre toit,

Nous serrer tous deux contre Toi,

Dieu des amours universelles. »

Dans un autre poème écrit à son retour d’Italie, Goethe raconte son aventure avec un garçon dans sa petite maison de campagne. Le jeune homme semble plutôt mal élevé et sans gêne, car Goethe s’en plaint : « Depuis plusieurs jours, tu agis en tyran, comme si tu étais le maître… » En outre, il est un compagnon de lit encombrant : « Chaque nuit, je suis expulsé de ma couche, je me retrouve par terre. »

Après Goetz de Berlichingen, un autre drame, Clavigo (1774), sa tragédie Egmont (1788) et son roman Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (1796), Goethe est reconnu définitivement comme le plus grand écrivain allemand, et le plus prolixe : cent vingt volumes ! Tout en poursuivant son oeuvre gigantesque, Goethe doit assumer son titre de conseiller du duc de Weimar. Cette charge officielle est critiquée par Beethoven : « L’air de la cour plaît trop à Goethe, plus qu’il ne convient à un poète qui devrait être un guide de la nation et renoncer à tout ce clinquant ! » Goethe réplique : « Je me sacrifie à ma fonction. »

Il est donc présent le 27 septembre 1808 au congrès d’Erfurt au cours duquel Napoléon, vainqueur des nations coalisées, souhaite faire la paix avec le tsar Alexandre. L’empereur et Goethe manifestent l’un pour l’autre une profonde admiration. Napoléon lui avoue qu’il a lu et relu Werther durant la campagne d’Égypte, et l’invite à écouter le grand acteur Talma venu jouer avec la Comédie-Française devant le tsar. Enfin, Napoléon décore Goethe de la Légion d’honneur ! À ce moment l’écrivain voit dans l’empereur le génie qui libère les peuples opprimés. Hélas, après Waterloo, quelle sera la douleur de Goethe de se retrouver ministre au congrès de Vienne, qui dépècera l’Empire napoléonien au profit des vieilles monarchies…

C’est à ce moment que paraissent ses oeuvres de jeunesse – Poésie et vérité, Voyage en Italie – et ses ouvrages biographiques dans lesquels il manifeste un regain d’intérêt pour la pédérastie. Par exemple, dans sa traduction de La Vita de Cellini, Goethe note avec complaisance l’amour de Benvenuto pour les garçons : « C’est surtout la beauté de la jeunesse masculine qui faisait son effet sur Cellini et il eut beaucoup de succès en arrivant un soir dîner chez des amis avec à son bras un joli garçon travesti. »

Et à propos de Rome, Goethe évoque Winckelmann qui, dans son Histoire de l’art chez les Anciens, fait l’apologie du corps masculin idéalisé par la sculpture gréco-latine. Goethe parle avec sympathie de l’homosexualité notoire de cet helléniste fondateur de l’archéologie moderne : « Nous trouvons Winckelmann souvent lié à de beaux garçons, il n’apparaît jamais plus aimable qu’à ce moment-là. »

En 1819, s’inspirant du poète persan Hâfez Shirâzi, Goethe écrit Le Divan occidentaloriental. Le chapitre de l’échanson évoque un garçon rencontré à Heidelberg en 1814. Goethe met dans la bouche du jeune garçon des paroles douces à son oreille (il a 65 ans à l’époque) : « Je t’écoute volontiers quand tu chantes, je t’aime encore mieux quand tu m’embrasses pour laisser une trace, car les mots s’envolent, le baiser demeure. »

Plus tard, dans son commentaire sur Le Divan, Goethe confesse qu’il s’est imposé une autocensure dans sa description de l’amour du jeune échanson et de son maître : « Pour ne pas choquer le puritanisme de mes contemporains. » Dans le second Faust – qui ne paraîtra qu’après sa mort –, Méphistophélès avoue sans ambages son attirance pour les « beaux garçons » et les « aimables enfants » :

« Je me plais à les voir ces aimables enfants.

D’où vient que je n’aie plus la force de maudire ?

Si je me laisse aller à de tels sentiments,

Comme fou désormais ne pourra-t-on m’inscrire ?

Ces drôles que je hais, je les trouve charmants.

N’êtes-vous pas aussi, beaux garçons, de la souche

De Lucifer ? Vraiment vous êtes si jolis

Que je vous baiserais volontiers sur la bouche.

Je suis si bien, si bien en votre compagnie,

Que je me sens vraiment comme chatte en folie…

Sans blesser la pudeur, vous pourriez sûrement

Vous montrez moins vêtus : cette longue chemise

Est beaucoup trop morale, à parler franchement.

Ils se tournent…toujours et de toute manière

Les drôles sont charmants, par-devant, par-derrière ! » (traduction A. Poupart).

Bien que marié en 1806 avec Christiane Vulpius, dont il aura un fils, mort en 1830, Goethe poursuivra ses aventures sentimentales en trompant allègrement son épouse aussi bien avec des garçons que des filles. Goethe n’avait aucun des préjugés de son époque concernant le vice ou la vertu. Son centre d’intérêt, son jugement, son critère sont l’esthétique et non la morale.

Sa bisexualité ne lui pose donc aucun problème. Il est proche des philosophes de l’Antiquité : la conscience religieuse, le sentiment du péché ne l’effleurent pas. Il représente un état d’âme antérieur au christianisme, avec une extraordinaire audace pour son époque. Il s’abandonne à toute passion qui se présente, sans culpabilité ni remords. Professeur d’optimisme, il a la religion de la beauté, la passion de la recherche dans tous les domaines, l’amour de l’action, de la vérité, de la vie. Ce génie meurt en 1832, à l’âge de 83 ans.
#69731
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http tout ce qui est nu

Joachim WINCKELMANN, Eunuques et castrats

Petite Histoire de l’Homosexualité.

(Souvent plus amusante que la grande…)

Par Michel LARIVIERE, historien.

Le nu masculin

D’origine allemande, Joachim WINCKELMANN (1717- 1768) est le premier archéologue à faire l’apologie du nu masculin antique. Avant lui, on confond l’étrusque et le grec, ou on simplifie à l’extrême : tout ce qui est nu est grec, tout ce qui est habillé est romain.

C’est Winckelmann qui réussit le premier une tentative de classement chronologique, avec son ouvrage : Histoire de l’art chez les Anciens.

C’est parce qu’il était homosexuel, qu’il s’est intéressé au nu masculin. Il était « partie prenante » de cet art. L’archéologue meurt à Trieste, assassiné par un gigolo qui lui vole sa collection de monnaies antiques.

La feuille de vigne

En 1818, les moulages commandés par l’American Academy of Arts arrivent à New-York.

Ils sont tous couverts d’une feuille de vigne avant d’être exposés. Même castrés, on juge peu convenable de montrer ces chefs d’œuvre à un public mixte. On craint que les hommes ne fassent des remarques indécentes, ou que les jeunes filles ne soient choquées par les nudités, même si le sexe est caché…Après beaucoup d’hésitations, la direction du Musée instaure un jour de visite pour les hommes et un autre jour pour les femmes !

Antinoüs

L’empereur romain Hadrien (76-138) fit édifier des centaines de statues de son amant Antinoüs, qui deviendra le modèle, l’archétype de la beauté masculine. Dans la statue qui se trouve au Capitole, le travail de sculpture des testicules est si fin qu’une feuille de papier glissée entre les deux testicules…reste en place !

Eunuques et castrats

Etre castré (ablation des testicules) n’empêche pas d’avoir une érection parfaite.

En Orient, les eunuques gardiens du sérail d’un sultan n’étaient pas chargé de veiller à la chasteté des femmes, bien au contraire, les eunuques avaient pour mission de satisfaire érotiquement des épouses trop nombreuses pour un même pacha,…sans risque de grossesse !

En dehors du sérail, l’eunuque était très recherché par des femmes avides de plaisir sexuel, car l’absence d’éjaculation (outre la certitude de ne pas enfanter) permettait à l’eunuque de faire durer son érection aussi longtemps que la femme le souhaitait…

Tout cela pour en venir à la déclaration du pape Paul VI le 15 janvier 1976 condamnant les homosexuels « nouveaux eunuques » parce qu’ils ont la faculté de faire l’amour…sans faire d’enfants.

Jusqu’au début du XIXème siècle les chœurs de la Chapelle Sixtine au Vatican étaient composés de castrats. De jeunes garçons auxquels on avait coupé les testicules pour empêcher leur voix de muer. Cette mutilation opérée avant la puberté arrêtait la croissance du larynx et leur permettait de conserver leur voix de soprano. Les castrats graciles, imberbes, d’une féminité exacerbée ne manquaient pas de charmer plus d’un Monsignore… Quelques castrats devenus adultes obtinrent une extraordinaire célébrité tels Caffarelli (1707-1783) et Farinelli (1705-1782). Il existe un enregistrement unique sur rouleau de cire de Velluti, le dernier castrat mort en 1861.
#69751
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cette histoire je l'adore!

Un homosexuel et une femme lesbienne qui vivent en couple en inversant les rôles.

cette histoire je l'adore! Un homosexuel


Frédéric Chopin et « maman » George Sand

Née en 1804, George Sand est, à l’âge de 18 ans, mariée contre son gré au baron Dudevant, qui lui donne un fils et une fille. Elle divorce en 1831, quitte Nohant, la propriété familiale avec ses deux enfants pour s’installer à Paris. Elle est la maîtresse de Jules Sandeau puis de Musset, mais les historiens « oublient » de dire qu’elle assume également son goût pour les femmes. Vêtue d’habits masculins, fumant la pipe et le cigare, elle affiche son lesbianisme. Grande audace, pour l’époque ! La première rencontre entre Frédéric et George est rapportée par Frédéric Hiller :

« Quelle est antipathique, cette Sand. Est-ce bien une femme ? J’arrive à en douter », dit Chopin à son ami. Sand a également une mauvaise impression :

« Ce M. Chopin, est-ce une jeune fille ? » Deux réflexions expliquant les futurs rapports qui seront totalement inversés par un échange de leurs natures. Sand joue le rôle du mâle protecteur, Chopin celui de la femme protégée.

Le 13 décembre 1836, chez lui, le compositeur reçoit et joue à quatre mains avec Franz Liszt, qui raconte : « George Sand paraît subjuguée. En partant, elle invite Chopin à Nohant. » Frédéric refuse poliment, mais Sand revient à la charge : « Pour vous, je dépose à vos pieds mon cigare et mon coeur. » Pour le recevoir, elle va même accepter de sacrifier ses habitudes, renonce à s’habiller en homme et abandonne le pantalon pour une robe. Le grand amour dont parlent les historiens ? Une légende, que la correspondance de Sand confirme :

« L’ange au beau visage, semblable à une grande femme triste, ne peut franchir le pas entre une profonde amitié et un acte charnel avec une femme. »

Sand a littéralement été obligée de violer Chopin. Le premier rapport physique, il ne l’a pas souhaité, il n’est absolument pas attiré par Sand, mais il n’a pas la force de résister : « J’ai été obligé de faire mon devoir ! » Le malheureux poitrinaire va tomber dans le piège de cette mante religieuse.

Car Chopin est désormais souffrant presque en permanence. Et Sand va jouer les garde-malade, plus que les amantes. Elle avoue à des amis :

« Oh ! la répugnance de Chopette pour le corps féminin ! J’avais l’impression de coucher avec un cadavre ! »

Une autre preuve, s’il en était besoin, que les rapports physiques avec Chopin ont cessé rapidement, cette lettre écrite à son ami Grzymala, le 18 mai 1847 :

« Il y a sept ans que je vis comme une vierge avec Chopette. »

Dans ses correspondances avec son ami Tytus, comme avec ses parents, Frédéric n’évoquera jamais une quelconque union physique avec George, il parle de « Madame Sand, mon hôtesse, pour qui j’ai une grande amitié ». De toute façon, il est malade et son affection pulmonaire supprime tout désir sexuel. Mais Fréderic n’a pas de famille en France, et il a la chance de trouver là un foyer où il s’intègre totalement.

À Nohant, George le soigne lorsqu’il crache le sang, et le reste du temps elle écrit ses romans. Frédéric, lorsque sa maladie lui en laisse le répit, compose, joue et s’occupe de Solange et Maurice, les enfants de George, leur donne des leçons de piano et de théâtre. Aussi, lorsqu’il regagne Paris, Chopin décide de vivre avec sa nouvelle famille. Pour améliorer la santé du poitrinaire, Sand recherche un climat chaud et décide de passer l’hiver 1838-1839 aux Baléares. Elle écrit : « Chopin est un ange, il a fait à Majorque, étant malade à en mourir, de la musique qui sentait le paradis… » C’est à ce moment que Chopin compose ses magnifiques Préludes. Hélas, ce voyage « de santé » va se transformer en cauchemar.

La maladie de Chopin commence à s’ébruiter. On le dit tuberculeux, et la peur de la contagion se répand bientôt. Chassés comme des pestiférés, George et Frédéric auront toutes les peines du monde à regagner la France, à bord d’un navire de guerre français, dont le médecin parvient à stopper l’hémorragie de Chopin. Frédéric, conscient de n’être plus qu’une charge pour George, lui écrit : « Maintenant, je suis semblable à un champignon qui t’empoisonne quand tu le déterres et que tu le goûtes. » Toutefois, sa santé va s’améliorer suffisamment pour qu’il soit en état de donner un concert à la cour, et il en donnera d’autres jusqu’en 1841.

La vie commune avec Sand en revanche bat de l’aile. George prend ombrage des bonnes relations de Chopin avec sa fille. C’est la raison apparente de leur rupture. En fait, c’est plutôt un prétexte. Elle s’est lassée de jouer la soeur, la mère, la garde-malade. Chopin en convient lorsqu’il écrit : « Sept années, c’était trop ! » Le 11 novembre 1846, il quitte définitivement Nohant, saluant de manière distante cette femme qui l’a maternée.

À l’été 1847, Frédéric est bien seul à Paris. Privé de son séjour à Nohant, il ne compose plus, sa santé se détériore, il a des accès de fièvre et tousse beaucoup. Le 16 février, durant un concert à Paris, il a une syncope. Avec courage il réussit cependant à terminer brillamment. La vie de Chopin est également toujours en butte aux troubles politiques. La Révolution de 1848 le privera à la fois de ses appuis à la Cour de Louis-Philippe et de ses élèves fortunés. Le 20 avril, il embarque donc pour Londres, puis l’Écosse, où il donne quelques concerts publics et privés. Mais lorsqu’il il rentre à Paris, en novembre, cette équipée britannique a sérieusement aggravé son état de santé.

En octobre 1849, Chopin reçoit la dernière lettre de Tytus, son amour de toujours, qui souhaite le revoir. Le Polonais a réussi à venir jusqu’en Belgique, mais n’obtient pas de passeport pour entrer en France, en raison des troubles qui agitent le pays. Frédéric fait intervenir un ami bien placé pour hâter les formalités, et répond à Tytus : « Mes médecins m’interdisent de quitter Paris. (…) Sinon, je t’aurais rencontré quelque part en Belgique. J’aurais tellement aimé que nous passions ensemble un moment de bonheur complet. Je n'ai jamais été aimé comme je l'aurais voulu. » Mais les deux amis ne se reverront pas.

Chopin, mourant, est porté place Vendôme, chez son ami Albrecht. Ironie du sort, c’est l’emplacement de l’ancienne ambassade de Russie ! Durant les derniers jours, le tout-Paris défile. George Sand se sent obligée à une visite d’adieux. L’abbé Jelowicki arrache une confession au compositeur, qui consent à recevoir l’extrême-onction.

Chopin meurt sans un centime, ses amis payent les obsèques qui ont lieu au cimetière du père Lachaise. Sur sa tombe, on jette une poignée de terre polonaise, qu’il avait emportée et conservée. Théophile Gautier prononce l’oraison funèbre : « Repose en paix, noble artiste, l’âme de la musique a passé sur le monde, l’immortalité commence pour toi ! » Par ses compositions où gémit l’âme de sa patrie oppressée, Chopin a fait davantage pour la Pologne que ses camarades qui ont lutté les armes à la main contre l’occupation russe. Jean-Baptiste Clesinger, l’époux de Solange Sand, exécute un moulage du visage de Chopin, qui porte les signes de la torture d’un supplicié, de l’exilé qui n’a jamais retrouvé son paradis perdu.
#69923
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« Le goût de Monsieur n’était pas celui des femmes, mais le goût de Henri III, il ne s’en cachait même pas… » Saint-Simon (Mémoires).

« Le goût de Monsieur n’était

Philippe, le frère du roi, Monsieur sans-gêne.

Lorsque Philippe naît, en 1640, deux ans avant la mort de son père Louis XIII, sa mère la régente Anne d’Autriche l’habille en fille. Et elle l’appellera « ma fille » jusqu’à l’adolescence, suivant ainsi le conseil de Mazarin qui craignait de voir Philippe se dresser en rival de son frère aîné, Louis XIV, comme Gaston d’Orléans avait comploté contre son frère Louis XIII.

Philippe sera élevé de la manière la plus efféminée, afin qu’il ne puisse jamais devenir un chef de parti et prétendre au trône. Est-ce cette éducation de fille qui a été la cause de l’homosexualité de « Monsieur le frère du roi » ? Non, sans doute, et prenons garde aux idées toutes faites : si Monsieur est très coquet, porte de nombreux bijoux et collectionne les antiquités, ce n’est pas pour autant une folle.

Remarquable combattant, il se couvre de gloire sur les champs de bataille et sa bravoure est reconnue par ses soldats qui disaient de lui qu’« [il craignait] plus le hâle du soleil que de recevoir un boulet ! », faisant allusion à l’aversion des aristocrates pour un bronzage qui trahissait le travailleur des champs.

Tordant le cou au cliché qui veut que les homosexuels soient des poltrons, le prince efféminé charge à la tête de ses troupes, l’épée au poing, sous la mitraille. Les nombreuses victoires que remporte Philippe irritent le roi, jaloux de la gloire militaire de son frère. Après le triomphe de Monsieur sur le prince d’Orange à la bataille de Cassel, Louis XIV refuse désormais de lui confier le commandement de l’armée.

Le 30 janvier 1670, le château de Versailles est en émoi. Le bruit court que Madame (Henriette d’Angleterre, que Monsieur a épousée en 1661) a obtenu l’exil du chevalier de Lorraine, l’amant de son mari. Jusque-là, le roi avait toléré les amours de son frère, mais le chevalier de Lorraine avait dépassé les bornes en manifestant publiquement sa jalousie vis-à-vis d’Henriette. Louis XIV avait donné satisfaction à l’épouse délaissée en exilant le trop séduisant chevalier. Quelques mois plus tard, Henriette meurt subitement et la rumeur publique accuse le marquis d’Effiat – nouvel amant de Monsieur – de l’avoir empoisonnée avec une potion envoyée par le chevalier de Lorraine. (En fait, il est plus probable que Madame soit morte d’une maladie abdominale héréditaire chez les Stuart.)

Monsieur se jette alors aux pieds du roi, le supplie de rappeler le chevalier de Lorraine. La scène du retour en grâce du chevalier est rapportée par Mme de Sévigné, dans une lettre du 16 février 1672 : « “Eh bien, dit le roi, il reviendra, je vous le redonne et je veux que vous m’ayez toute votre vie cette obligation, et que vous l’aimiez pour l’amour de moi… Je fais plus : je le nomme maréchal de camp dans mon armée.” Là-dessus, Monsieur se jeta aux pieds du roi, lui embrassa les genoux, et lui baisa une main avec une joie sans égale. Le roi le releva et lui dit : “Mon frère, ce n’est pas ainsi que des frères doivent s’embrasser.” Et il l’embrassa fraternellement. »

Quelques mois plus tard, Philippe d’Orléans épouse en secondes noces Elisabeth Charlotte, princesse palatine, dont les lettres et les Mémoires sont une source précieuse de renseignements sur l’homosexualité de son mari. Raison d’État oblige, celui-ci remplit ses devoirs conjugaux, comme il s’en était montré capable avec Henriette d’Angleterre. Mais pour parvenir à honorer la volumineuse Allemande, il consolide sa virilité défaillante avec un chapelet de reliques. Sa femme, surprise par cet accessoire – ancêtre du cockring –, lui reproche ce procédé peu catholique : « Je vous demande pardon Monsieur, mais vous ne me persuaderez point que c’est honorer la Vierge que de promener sur son image les parties destinées à ôter la virginité. » Est-ce grâce à cette technique originale que Monsieur fait trois enfants à la princesse, dont le troisième est un garçon, Philippe, qui deviendra le régent du royaume à la mort de Louis XV??

Ses obligations dynastiques accomplies, Monsieur n’a qu’une hâte : quitter le lit conjugal. Il ne rencontre plus sa femme que dans les réceptions officielles et vit avec ses favoris, dont il épouse les querelles et les prétentions. La plus extravagante est celle du marquis d’Effiat, qui veut la charge de gouverneur du jeune Philippe. L’amant du père deviendrait le gouverneur du fils ! Monsieur ose appuyer cette demande auprès du roi, mais la princesse se rebelle : « Ce ne serait pas un honneur pour mon fils si l’on pouvait penser qu’il est la maîtresse de d’Effiat, car il est certain qu’il n’y a pas de plus grand sodomite dans toute la France, il a toujours sa chambre pleine de pages et de jeunes garçons. Il donnerait, ma foi, de beaux exemples à mon fils ! » Elle en appelle au roi lui-même.

Louis XIV déteste les homosexuels, cependant, il ménage les favoris de son frère qui lui servent d’espions. Il fait semblant de conserver sa faveur à d’Effiat, mais il ordonne à Monsieur de renoncer à lui confier la charge de gouverneur de son neveu. Ce n’est qu’une feinte du souverain pour obtenir des rapports précis sur les intrigues de son frère, tout en obligeant les favoris à influencer Monsieur dans le sens de sa politique.

Bientôt, Monsieur délaisse complètement sa femme qui semble s’accommoder de cette situation. Mais elle n’accepte pas de bon coeur que l’argenterie de sa dot serve à payer les nouveaux mignons de son mari : « Monsieur a fait fondre et vendre toute l’argenterie qui est venue du Palatinat et a distribué l’argent à ses mignons. Chaque jour, on lui en amène de nouveaux et, pour leur faire des cadeaux, il vend ou met en gage tous ses bijoux. Monsieur dit hautement, et il ne l’a pas caché à sa fille ni à moi, que, comme il commence à se faire vieux, il n’a pas de temps à perdre, qu’il veut tout employer et ne rien épargner pour s’amuser jusqu’à la fin. »

Monsieur meurt subitement en 1701. Le premier soin de la princesse est de brûler les lettres de ses mignons. « Si l’on pouvait savoir dans l’autre monde ce qui se passe dans celui-ci, feu Monsieur serait fort content de moi, car j’ai cherché dans ses bahuts toutes les lettres que ses mignons lui ont écrites et je les ai brûlées sans les lire, afin qu’elles ne tombent pas en d’autres mains. » Elisabeth montre plus d’indulgence pour l’homosexualité de son mari que l’opinion publique.

Une chanson qui court les rues de Paris (conservée à l’Enfer de la Bibliothèque nationale) témoigne que la cruauté des homophobes ne date pas d’aujourd’hui : « Philippe est mort la bouteille à la main. Le proverbe est fort incertain, qui dit que l’homme meurt comme il vit d’ordinaire. Il montre bien le contraire, car s’il fut mort comme il a vécu, il serait mort le vit au cul. »

Mais n’oublions pas que le fils de Monsieur, Philippe, sera la « tige » des Bourbon-Orléans, l’ancêtre des principaux souverains d’Europe jusqu’au 19e siècle, et de presque tous les princes catholiques vivant ou régnant encore, comme Albert de Belgique. Étonnante lignée pour un prince qui n’aimait pas les femmes !
#70079
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Le Caravage est un peintre du désir, autant que Rembrandt est un peintre de l'amour. Ne nous inspirons pas trop de leurs vies, de la vie dissolue et bisexuelle du Romain, ou de la vie plus rangée du Hollandais (une femme, puis deux maîtresses successives), mais regardons plutôt leurs tableaux, et les émotions qu'ils traduisent. En l'occurrence celui du Caravage

Le Caravage est un peintre du

Même chez un hétérosexuel convaincu, cet Amour vainqueur (1602, Berlin) du Caravage, ne peut qu'inspirer du désir.
" Ce sourire narquois, cette bouche de petit voyou, ce sexe offert, ces orteils aux ongles sales, ces ailes sombres, ce drap souillé sur lequel repose sa cuisse gauche, ne sont pas les attributs traditionnels du fils de Vénus. La chair blanche, trop blanche, de son corps, sous le visage animé, jaune orangé, paraît presque macabre et ressort sous la lumière trop crue. Peinture des temps heureux, mais prémonitoire du malheur et de la mort? " Nous sommes immédiatement frappés par l'érotisme absolu, presque hors de ce monde qui s'en dégage. Ce n'est pas un jeune garçon ordinaire, c'est l'enveloppe charnelle d'un dieu que le peintre représente ici, et donc la jouissance qu'il doit inspirer doit être sur-humaine, sa beauté, son attrait doivent dépasser l'entendement. Voyez comme le bord de l'aile gauche caresse négligemment la cuisse qu'elle effleure, voyez l'ondulation des ombres sur la jambe droite, voyez les plis de la peau sur le haut du ventre. Bien sûr, c'est du naturalisme, bien sûr on pourrait mettre en pendant l'Origine du Monde, mais surtout ce réalisme palpable, évident, sans fards, en devient presque absolu, transcendant, divin. Ce tableau est une provocation, non seulement parce que Cupidon y piétine les arts, les sciences, les vanités, les convenances (Omnia vincit Amor), mais surtout parce que, homosexuel ou non, c'est un tableau de désir charnel, dangereux et absolu.

(extrait de http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2006/06/16/2006_06_du_sexe_rembran/ )
#70288
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http « Froideur avec K. puis

Lyautey sous l’empire du mâle

« C’est un réchauffant garçon plein de sève. Je ne travaille bien qu’avec les gens avec lesquels je couche. » Le maréchal Lyautey.

Hubert Lyautey naît à Nancy, le 17 novembre 1854, dans une famille d’officiers aisés, très conservateurs. Brillant élève, tradition familiale oblige, il choisit la carrière militaire et réussit à un bon rang le concours d’entrée à Saint-Cyr. Là, il commence à noter dans son journal ses premières amours masculines : « Froideur avec K. puis expansion… Aigreur avec M. puis tendresses… Brouille avec R. puis réconciliation… Oh ! Que je souffre ! Pourquoi ? »

C’est un beau, racé et cultivé sous-lieutenant qui en sort à l’âge de 22 ans. Début 1878, Lyautey part pour l’Algérie. À Constantine, il découvre les plaisirs du hammam : « Ces beaux gaillards nus qui vous déshabillent, c’est l’extase ! » Mais il doit faire des efforts pour se persuader que ses penchants sont compatibles avec sa foi chrétienne : « Cet amour, c’est un élan chrétien, une grâce surnaturelle ! » Son journal de 1886 rapporte encore des attirances homosexuelles : « Un jeune sous-lieutenant qui me plaît si fort est venu de dix heures à deux heures du matin me réchauffer de sa sève chaude et riche ! »

D’emblée l’Algérie le séduit : le soleil, la lumière, le grouillement humain, les habitations, il est conquis. Il s’habille en arabe, apprend la langue. Dans ses premières lettres à son père, s’il prône la colonisation, il réprouve le colonialisme : « On promet aux indigènes l’extermination et la servitude au lieu de leur offrir la participation à notre prospérité. »

Promu capitaine de cavalerie, il a 32 ans lorsque sa famille commence à s’inquiéter de voir en Hubert un célibataire endurci. Son père lui propose un mariage arrangé. Il refuse et culpabilise : « Je navre ma famille en n’assurant pas la transmission ! » Un garçon va le tirer de sa mélancolie, le sous-lieutenant Blacque-Belair. « Un admirable modèle d’homme, un physique que je compte travailler… C’est un réchauffant garçon plein de sève. (…) J’ai toujours aimé les plus jeunes, quand ils sont aptes. Des compagnons dont on garde la suprême jouissance de la direction. Je ne travaille bien qu’avec les gens avec lesquels je couche. »

À Noël 1887, affecté à Saint-Germain-en-Laye, Hubert peut renouer avec la vie mondaine. Il se lie avec des écrivains et des artistes en vogue. Dans le salon de Mme Baignères, Lyautey rencontre Louise qui lui déclare sa flamme. Hubert répond négativement et, dans une lettre de 1897, il revient sur ce sujet : « Je ferais un mauvais mari, je vous aurais préparé d’amers regrets et de cruelles déceptions. » La rupture est consommée par son affectation au Tonkin comme officier d’état-major du général Gallieni, qu’il rejoint ensuite à Madagascar.

Lyautey obtient la « pacification » de l’île au prix d’une terrible répression. Il y affirme sa doctrine, qu’il développera au Maroc : une fois le pays « pacifié », le soldat doit devenir administrateur, constructeur d’écoles, agriculteur. L’action militaire doit être suivie d’une entreprise fondatrice. L’ancien officier royaliste se plaît dans ce rôle de vice-roi d’un régime républicain. Une crise entre les puissances coloniales européennes en Afrique du Nord va amener Lyautey, promu général en 1906, à de nouvelles responsabilités. Après avoir signé un accord avec l’Allemagne, la France a désormais les mains libres au Maroc, où Lyautey est nommé hautcommissaire en mai 1908.

Pourtant, le 17 mars 1909, il rédige une lettre d’adieu où il annonce son suicide. On ignore s’il a tenté de mettre fin à ses jours. Cette crise psychologique ne peut avoir pour seule cause les tergiversations du gouvernement qui l’empêchent de mener à bien sa politique de colonisation. Serait-ce plutôt la culpabilité qu’il ressent de ne pouvoir concilier religion et amours masculines ? Pour se « normaliser » à ses yeux et donner un gage à l’opinion, en octobre 1909, il épouse Inès-Marie de Bourgoing, 47 ans et veuve d’un capitaine. Il n’aura aucune relation sexuelle avec son épouse, femme de caractère, maîtresse de maison veillant sur les relations mondaines de son époux, qui entre à l’Académie française en 1912.

La même année, les bataillons de tabors se soulèvent, massacrent leurs officiers et prennent le contrôle de Fez. Le Maroc glisse vers l’insurrection. Lyautey est nommé résidentgénéral et parvient à rendre au sultan son autorité politique et religieuse sur les grands caïds. Bien sûr, le protectorat est une fiction. Le vrai souverain est Lyautey. En quelques années, il établit une administration française efficace.

Aussi habile diplomate qu’officier, respectant les religions et les cultures vernaculaires, il est reconnu par les Marocains eux-mêmes comme l’architecte du Maroc moderne. A près deux années de guerre mondiale, en décembre 1916, il est nommé ministre de la Guerre. Mais son goût de l’autorité est incompatible avec les habitudes parlementaires. Il démissionne en avril 1917, après que les députés de gauche lui eurent asséné : « Nous ne sommes pas sous le régime du sabre ! » Sa réorganisation de l’armée et son unification du commandement militaire ont néanmoins préparé la voie au gouvernement Clemenceau qui obtiendra la victoire. Il ne se fait pas prier pour réintégrer ses fonctions de résident-général au Maroc, reprenant son oeuvre là où il l’avait laissée. Promu maréchal de France en 1921, il consacre ses dernières années de service à la conquête des montagnes de l’Atlas, où il réussit à vaincre la rébellion en 1925.

Lorsque les premières revendications d’autonomie apparaissent en 1934, Lyautey se montre néanmoins visionnaire : « Il est à prévoir, je le crois comme une vérité historique, que l’Afrique du Nord, devenue civilisée, se détachera de la métropole. » Ce n’est pas un aveu d’échec, c’est une préparation sage et méthodique de l’avenir. En 1926, il se retire en Lorraine. Ses opposants politiques ne manquaient pas de faire allusion à la féminité du maréchal, et tout le monde savait son homosexualité.

Lyautey avait même un tic de « folle » : il mettait au féminin le nom des personnes qui lui déplaisaient. Ainsi, pour lui, Pétain était « la Vilaine ». Cocteau raconte que Lyautey lui avait demandé son Livre blanc, recueil de nouvelles érotiques. Après l’avoir lu, le maréchal reçoit l’auteur dans son appartement parisien pour le féliciter et lui dit : « Je vous laisse avec ce jeune lieutenant, vous lui expliquerez tout cela et lui direz qu’il ne doit pas se buter. »

Le maréchal finit ses jours dans son manoir de Thorey. Sa dernière activité sociale est la présidence des Scouts de France. Son goût pour les garçons jeunes n’est pas étranger au fait qu’il accepte de les faire camper dans son parc… Il meurt le 27 juillet 1934. Le président de la République ordonne de grandioses funérailles nationales. Lyautey est inhumé à Rabat, au Maroc, comme l’exigeait son testament. Son corps sera transféré aux Invalides en mai 1961, sur l’ordre du Général De Gaulle.
#70314
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http Cyrano fait partie des libertins


Cyrano,


« Qu’on ne me parle pas de con / J’abhorre cette parole infâme / J’aime bien mieux un beau garçon / Dans mon lit qu’une belle femme / La raison si vous l’ignorez / Foutez en cul vous l’apprendrez. » Savinien Cyrano de Bergerac

La vie amoureuse de l’authentique Cyrano de Bergerac est bien différente de celle du pittoresque bretteur inventé par Edmond Rostand. Ce n’est pas son grand nez qui le tient éloigné des dames : Cyrano fait partie des libertins qui osent proclamer leur athéisme, mais dissimulent par prudence qu’ils sont également « hérétiques en amour ». Rostand, admirable poète, ne prétend pas être historien. L’image avantageuse qu’il donne de son héros est loin de la vérité.

Savinien Cyrano n’est pas gascon, il est né en 1619 à Paris dans une famille honorable mais roturière. Il ajoutera plus tard à son nom, celui de Bergerac, une terre ayant appartenu à ses parents, et sera plusieurs fois condamné pour usurpation de noblesse. Le petit garçon a trois ans lorsque son père et sa mère quittent Paris pour s’installer à Mauvières, dans le site enchanteur de la vallée de Chevreuse, et se lient avec la famille Le Bret, dont le fils Henri, né en 1618, devient vite l’ami le plus intime de Savinien, sans qu’il existe aucune liaison sexuelle entre eux. Après avoir appris le latin chez le curé du village, Cyrano est placé par ses parents au collège de Beauvais. Là il tombe sous le charme d’un condisciple, à qui il écrit des lettres enflammées.

Faisant face à des problèmes d’argent, ses parents vendent la propriété de Mauvières. Cyrano n’a d’autre ressource que de s’engager avec son ami Le Bret, dans les Cadets de Gascogne – la réalité rejoint la fiction de Rostand… Pour un oui ou pour un non, Cyrano se bat en duel. Comme le personnage de Rostand, il participe au siège et à la prise d’Arras en 1640, bataille au cours de laquelle il reçoit un coup d’épée dans la gorge. Cette blessure qui le fait cruellement souffrir l’oblige à abandonner le métier des armes. Il se consacre alors à sa véritable vocation : l’écriture. De retour à Paris, en 1641, il conserve sa réputation d’escrimeur intrépide : la bataille de la porte de Nesle (que l’on retrouve dans la pièce de Rostand), où il se bat seul contre cent pour défendre un ami attaqué, est historique. La transformation de Cyrano en personnage de légende commence de son vivant.

Le Bret reproche à son ami ses amours masculines. Ne se souciant pas de suivre ses conseils, Cyrano parvient, en 1643, à s’introduire dans le cercle du célèbre philosophe Gassendi, trésorier de France, épicurien, providence des libertins. Là il rencontre Claude Emmanuel – dit Chapelle –, fils bâtard du financier Luillier. C’est le coup de foudre. Séduit par l’extrême beauté, l’intelligence et l’esprit de ce garçon de 17 ans, Cyrano échange avec lui une correspondance amoureuse qui subsiste. Cette même année, Chapelle introduit dans le cercle Jean-Baptiste Poquelin, ravi de fréquenter ces poètes et écrivains libertins qui haïssent comme lui l’hypocrisie. Avant de partir écumer les provinces avec sa troupe de L’Illustre Théâtre, Molière a très probablement rencontré Cyrano. Une chose est certaine : il puisera abondamment dans les pièces de Cyrano, entre autres la scène « Qu’allait-il faire dans cette galère ? ».

En 1648, Cyrano se lie avec Coypeau d’Assoucy, de quinze ans son aîné. Ce poète burlesque voyage toujours en compagnie de deux pages musiciens qui sont ses amants. (Rostand fait apparaître les deux pages à la scène 6 de l’acte 3 de son Cyrano, en occultant, bien sûr, l’homosexualité.) Pour avoir trop aimé, non seulement tourner les pages de musique, mais aussi « retourner les pages », d’Assoucy finira ses jours dans les prisons du Châtelet et de la Bastille. L’harmonie ne règne pas toujours entre les libertins, qui s’entredéchirent volontiers. Chapelle quitte ainsi Cyrano pour d’Assoucy… Scarron, le premier mari de la future madame de Maintenon, écrira :

« Cyrano et Chapelle, il ne m’importe guère / Lequel est par devant, lequel va derrière."

Après la mort de son père, en 1648, Cyrano commence à travailler à son oeuvre capitale, L’Autre monde, extraordinaire ouvrage d’anticipation qui prévoit les inventions du 20e siècle, comme le magnétophone, l’ordinateur et le livre numérique :

« Un jour, il existera un livre miraculeux qui n’aura ni feuillet ni caractère, un livre où les yeux seront inutiles… »

L’action se situe dans un pays imaginaire, et cela permet à Cyrano de donner libre cours à ses sentiments de libre penseur. Il fait la satire de l’Église, particulièrement des jésuites qui poursuivent alors l’Inquisition. Peu de temps avant sa mort, Cyrano confiera le manuscrit à son fidèle ami Le Bret, en le chargeant de le faire publier. Du vivant de l’auteur cette oeuvre subversive, antireligieuse n’aura jamais obtenu le « privilège » de l’impression.

Deux ans après la mort de Cyrano, Henri Le Bret publie Histoire comique contenant Les États et Empires du soleil et de la lune,après avoir expurgé les passages qui, dans cette utopie, concernent l’homosexualité. En effet, Cyrano décrit des moeurs hétérodoxes, il prête aux habitants de la Lune des comportements homosexuels et, parfois même, sadomasochistes. Dans un passage censuré par Le Bret dans la première édition et qui a été découvert au 20e siècle, les « Luniens » portent en évidence à la ceinture… leurs organes masculins, à la place où les aristocrates portent l’épée. Cyrano, sans pudeur ni retenue – tout est permis, puisque nous sommes sur la Lune ! – décrit des scènes érotiques d’une hardiesse inconnue dans la littérature du 17e siècle :

« Chacun vole aux embrassements et quand ce vient à celui qui aime le mieux, après l’avoir baisé tendrement, il l’appuie sur son estomac et joignant sa bouche à sa bouche, de la main droite qu’il a libre, il lui plonge un poignard dans le coeur. L'amant ne détache point ses lèvres de celles de son amant qu’il ne le sente expirer, alors il retire le fer de son sein et fermant de sa bouche la plaie, il avale son sang et suce toujours jusqu’à ce qu’il n’en puisse boire davantage… » Si ces lignes avaient été publiées de son vivant, Cyrano aurait certainement été condamné au bûcher…

Mais s’il échappe à la peine capitale, sa vie sera brève. En 1654, alors qu’il passe dans une rue, une poutre lui tombe sur la tête. Était-ce la vengeance de ses ennemis, comme le raconte Rostand, ou un banal accident ? Le mystère demeure. Bergerac meurt un an plus tard, en 1655, à l’âge de 35 ans, des séquelles de cette blessure et de la syphilis, qu’il avait contractée en 1645. Cyrano laisse le premier roman de science-fiction, quelques comédies qui annoncent Molière, et une tragédie, La Mort d’Agrippine, dont certains vers sont dignes de Racine.
#70697
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http « C’est le moment de


Jules Verne,

« J’éprouve un vif plaisir à vous embrasser, mon cher Hetzel. Voilà longtemps que nous n’avons frotté nos épidermes l’un contre l’autre, et ça me démange… » Jules Verne, à son éditeur

«J’avais emporté votre cravate, cher ami, c’est presque aussi drôle que si j’avais emporté votre caleçon… » « J’éprouve un vif plaisir à vous embrasser, mon cher Hetzel, voilà longtemps que nous n’avons frotté nos épidermes l’un contre l’autre, et ça me démange… » Ce sont hélas les deux seules lettres manuscrites qui subsistent. Est-ce Verne lui-même qui a détruit toute sa correspondance, ou son fils Michel, soucieux de l’« honorabilité » de son célèbre père ?

À l’âge de 11 ans, Jules rêve déjà de voyages. Clandestinement, en 1839, il s’embarque à Nantes sur un trois-mâts en partance pour les Indes. Mais un matelot le reconnaît et informe Pierre Verne qui réussit à rattraper son fils à la première escale. Jules, sévèrement corrigé, fera désormais ses voyages en imagination.

En 1848, Jules se rend à Paris pour y faire son droit. Au restaurant Chez Vachette, rue du Faubourg-Montmartre, il fait partie du club des Onze sans femmes. Que signifie cette réunion de misogynes qui jurent de ne jamais se marier, composent des poésies à double entente, avec une nette connotation homosexuelle comme ce manuscrit, trouvé à L’Enfer de la Bibliothèque nationale et attribué à Verne ?

« L’matin d’un mal de gorge /

Ami tu te plaignais /

J’avais un sucre d’orge /

Sans tarder tu suçais. »

Jules ne s’intéresse guère au droit, il préfère écrire des opérettes. Il a la chance de rencontrer Alexandre Dumas, propriétaire du Théâtre Historique, qui accepte de donner sa chance au jeune auteur. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Jules se console en dévorant à la B.N. tous les ouvrages scientifiques qui le passionnent.

Il rencontre l’explorateur Jacques Arago, et de nombreux voyageurs, savants et géographes qui déterminent sa véritable vocation. Perfectionniste, il étudie la géographie, la physique, les mathématiques, pour acquérir le vocabulaire nécessaire à l’écriture de romans scientifiques. Il a trouvé sa voie.

Mais, trahissant ses amis du club des Onze sans femmes, une lettre à sa mère prouve qu’il décide de se marier uniquement par convention sociale : « C’est le moment de me marier, ma chère mère. Munis-toi de tout ce qu’il faut pour me présenter comme un garçon très conjugal, en un mot, fait l’article “fils à marier”, et place-moi entre les mains d’une jeune fille bien élevée, et bien riche. » Madame Verne choisit donc la bru idéale à ses yeux et, le 10 janvier 1857, Jules épouse Honorine Deviane, une riche veuve, mère de deux enfants. Valentine, 6 ans, et Suzanne, 4 ans, qui vont s’installer chez leur beau-père.

Pour fuir le tapage de ces petites filles et l’humeur détestable d’Honorine, Jules s’installe dans un autre appartement, où il peut s’isoler. En 1861, Honorine est enceinte, l’accouchement est prévu pour août. Jules promet de revenir à temps mais part pour la Scandinavie avec son ami Aristide Hignard, le compositeur de ses opérettes. Il rentrera à Paris le 8 août, le lendemain de la naissance de son fils Michel.

Honorine ignore l’objet de l’infidélité de son mari mais se plaint à ses amis : « Quand le ménage l’ennuie, Jules prend son bateau et le voilà parti. Le plus souvent je ne sais où il est ni avec qui... Mon mari me glisse entre les doigts. »

En 1862, Verne apporte à Hetzel Voyage en l’air. L’éditeur est enthousiasmé, trouve un nouveau titre – Cinq semaines en ballon – au roman qui paraîtra en 1863. Extraordinaire succès ! Le 1er janvier 1864, Hetzel signe avec Verne un contrat d’exclusivité pour vingt ans !

Jules s’exclame : « Mes amis, je me marie, j’ai rencontré le plus riche des partis : M. Hetzel ! » Simple plaisanterie ou cette boutade cache-t-elle une plus grande intimité ? Verne peut désormais abandonner sa charge d’agent de change et se consacrer à l’écriture.

Il fréquente les salons les plus huppés, et côtoie George Sand, qui, fervente lectrice de ses romans, lui suggère un sujet : « J’espère que vous nous conduirez bientôt dans les profondeurs de la mer. » Verne va la satisfaire en écrivant Vingt mille lieues sous les mers, et les succès vont s’enchaîner pendant quarante ans pour cet inventeur du roman scientifique. Son oeuvre est traduite dans toutes les langues.

Il devient millionnaire, s’achète un yacht, le Saint-Michel, ancré en baie de Somme, tout près d’Amiens où il s’est installé avec sa famille en 1870. Il part en croisière avec son neveu Gaston, en admiration devant son oncle, qui lui témoigne peut-être un peu plus que de l’affection. Ce lien avec Gaston console Verne des excentricités de son fils Michel, qui, à 16 ans, traîne dans les milieux sordides et accumule les dettes. Verne est contraint de faire condamner et d’exiler son fils. Pour le « remplacer », Jules ne se contente pas de l’affection de Gaston.

En 1878, il s’attache à un autre garçon de 16 ans : Aristide Briand, le futur homme politique, qu’il va chercher au lycée et ramène chez lui pour discuter. Les liens étroits qui se nouent entre l’écrivain âgé de 50 ans et le jeune lycéen sont-ils de simple amitié ? L’entourage de Jules affecte de le penser, mais, dans son oeuvre, l’auteur se trahit : « Je ne suis pas à l’aise avec les personnages féminins, le seul mot “amour” pour une femme m’effraie à écrire, je me tortille pour arriver à rien. »

Jamais une intrigue homosexuelle n’est décrite, mais les protagonistes sont le plus souvent un homme âgé qui porte son affection à un jeune garçon beau, dévoué et fidèle. Cette intrigue calquée sur le modèle du couple amant-aimé de l’Antiquité grecque se retrouve dans Les Enfants du capitaine Grant et Les Naufragés du Jonathan.

Dans cette apologie de « l’amour pur », l’auteur s’enflamme et se trahit : « Le jeune Halg avec sa beauté resplendissante était le seul capable d’émouvoir cet homme qui ne connaissait pas d’autre amour, hors celui qu’il éprouvait pour un enfant… » Verne révèle, malgré lui, ses goûts secrets qu’il a toujours dissimulés.

Il faut un attentat pour que le voile se soulève. Le 9 mai 1880, Verne entre dans son bureau. Derrière les rideaux, un garçon caché tire sur lui deux coups de revolver. L’écrivain est blessé au tibia. Le garçon est arrêté. Surprise : il s’agit du propre neveu de l’auteur. A-t-il agi parce que Verne a tenté d’avoir avec lui des relations sexuelles ou par jalousie d’avoir été délaissé au profit d’un autre favori ? Le scandale est grand, mais par solidarité bourgeoise avec le notable, l’affaire est étouffée. On déclare Gaston fou et on l’enferme. L’auteur, âgé de 58 ans, désormais infirme, refusera toujours de parler de ce drame. Il vivra en ermite, jusqu’à sa mort en 1905, et se « défoulera » en imaginant des personnages de jeunes et jolis garçons tendres, dévoués et complaisants…

L’influence de Jules Verne sera immense. Son oeuvre a toujours été considérée par les éducateurs comme une lecture qui exalte le goût de l’aventure. Les enseignants n’ont peut-être pas compris que l’auteur y confessait les secrets de sa vie privée. Voilà un curieux paradoxe : la « bonne lecture », considérée comme un modèle d’éducation bourgeoise, contient en réalité un message homosexuel !
#70803
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http://frecuenciagay.reservasgays.com/upload/image/noticias/album3/20120727161326_x.jpg Le fondateur du parti nazi,


Le fondateur du parti nazi, le NSDAP, n’est pas Adolf Hitler, mais Ernst Röhm. Celui-ci était publiquement homosexuel. Dans le contexte de l’opposition de la Reichswehr, et de la rivalité entre SA et SS, Adolf Hitler sacrifia les SA. Il les fit assassiner lors de "la nuit des longs couteaux". Pour justifier son crime, Hitler évoqua la sexualité "dégénérée" de Röhm.

Par la suite, une campagne de castration puis d’extermination des homosexuels fut menée dans le grand Reich. Mais simultanément l’imaginaire nazi ne cessa de développer une esthétique homosexuelle, comme pour sublimer ces meurtres originels. Elle est particulièrement évidente dans la propagande des jeunesses hitlériennes, et dans la statuaire d’Arno Brecker.

Michaël Kühnen (1956-1991), leader historique et Führer auto-proclamé du renouveau du nazisme en Europe, a interprété l’échec du III° Reich en fonction de "l’erreur" de la "nuit des longs couteaux". Il a reconstruit les avatars du NSDAP sur la ressurection des SA. Il était donc fondé à réconcilier homosexualité et nazisme.

Michaël Kühnen a débuté ses activités criminelles à l’âge de 14 ans, en 1970. Engagé volontaire en 1977 dans la Bundeswehr, il en fut exclu en 1979, et condamné à quatre ans de prison, dont trois ans fermes, pour incitation à la haine raciale et apologie du nazisme. A sa libération en 1982, il fonda l’Aktionfront Nationaler Sozialisten/Nationaler Aktivisten (ANS-SA) à Hambourg. Cette organisation fut interdite en 1983, et il fut condamné à huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. Ce sursis fut supprimé en 1984, et il s’enfuit en Suisse, puis en France. Les principaux membres de l’organisation clandestine furent arrêtés (ils étaient environ 260), y compris leur député, Arndt-Heinz Marx, dans le cadre d’une instruction pour torture et assassinat. Son camarade, Michel Caignet, le fit héberger en banlieue parisienne chez un ancien membre de la division Charlemagne. Expulsé de France vers la RFA, il fut condamné à trois ans et quatre mois de prison ferme en 1985. Libéré à nouveau en 1988, il structura son mouvement clandestin en Allemagne orientale, notamment après la chute du mur de Berlin. Le journaliste Michaël Schmidt lui consacra un film, La peste brune. Il est mort du sida le 25 avril 1991, à l’âge de trente-cinq ans, à la clinique municipale de Kassel.

C’est avec Michel Caignet et Jürgen Mosler que Michaël Kühnen fonda l’Europaïsche Bewegung (Mouvement européen), une organisation internationale néonazie implantée en Allemagne, Belgique, Danemark, France et Pays-Bas.

Michel Caignet a traduit en français les Lettres de prison, et l’opuscule Homosexualité et national-socialisme de Michaël Kühnen. Selon l’auteur, parce qu’ils sont rares les homosexuels actifs seraient destinés à former une élite guerrière au service de la horde. Les homosexuels passifs seraient, quant à eux, condamné, selon l’antique loi germanique, à être noyés dans les marais. (Ce qui implique que la sexualité des guerriers ne peut-être assouvie que par des masturbations mutuelles ou le viol des mâles étrangers). Néanmoins, le chef de la horde choisira comme bras droit un homosexuel passif, qu’il sauvera ainsi d’une mort certaine. Ce dernier ne pourra donc pas trahir son chef sans perdre la vie. Il sera chargé de l’exécution des basses oeuvres, et sera corvéable à merci, jusque et y compris pour l’assouvissement des besoins physiologiques du chef.
#70964
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- Modification par constantin06 le 12/11/2012 - 17:50:43
LES PAPES HOMOSEXUELS


Il faut attendre le troisième Concile de Latran (1179) pour trouver une condamnation explicite de ces pratiques, et la naissance de l'Inquisition (1183) pour que les "sodomites" soient poursuivis et torturés.

Au 15e et 16e siècles, les Espagnols conquérants du Nouveau Monde, aidés de leurs missionnaires catholiques, éradiquent par des tortures et des massacres les pratiques homosexuelles courantes liées aux religions autochtones."
Quelques-uns des papes homosexuels:

JEAN XII (durée de vie: 937-964)

En 955, il est mis de force sur le trône de Saint Pierre à l'âge de 17 ans. Dans le domaine de la débauche et des extravagances homosexuelles il donne libre cours à son invention juvénile.

Extrait de Chronologie des Papes: "Il était complètement corrompu. Sa résidence pontificale du Latran, envahie aussitôt par les femmes, les eunuques et les esclaves, devint le palais de la débauche, seul domaine où le pape ait une indéniable compétence."

BENOÎT IX (durée de vie: 1021-1052)

Théophile, fils du compte de Tusculum est élu pape à l'âge de 12 ans en 1033, sous le nom de Benoît IX. La simonie et la débauche sont les principales caractéristiques de son pontificat. Il se vautre sans retenue dans des orgies homosexuelles.

AMÉDÉE VIII (durée de vie: 1383-1451) FÉLIX V

Lors du grand Schisme, le Concile de Bâle, en 1439, l'élit pape sous le nom de Félix V, bien qu'il n'ait jamais été ordonné prêtre. Selon des documents de l'époque Amédée se livrait à des orgies homosexuelles.

PAUL II (durée de vie: 1417-1471)

Pierre Barbo, neveu du pape Eugène IV, succède à Pie II en 1464, sur le trône de Saint Pierre.

SIXTE IV (durée de vie: 1414-1484)

François d'Abescola de la Rovere, fils d'un pêcheur, devient supérieur de l'ordre des franciscains. Élevé au cardinalat par Paul II, il est - à la mort de ce dernier - élu pape en 1471. Il embellit Rome par le pont et la chapelle qui porte son nom, et crée les fameux coeurs de la Sixtine. Il subventionne de nombreux artistes parmi lesquels Botticelli. Sixte IV nomme cardinal de nombreux jeunes gens, célèbres par leur beauté, parmi lesquels son neveu et amant Raphaël Riario - cardinal à 17 ans. Si le goût du pape pour les garçons est notoire, toutefois l'information du théologien Balaeus (16e siècle) selon laquelle Sixte IV aurait donné aux cardinaux "l'autorisation de pratiquer la sodomie pendant les périodes de grandes chaleurs" paraît peu vraisemblable.

LES PAPES HOMOSEXUELS Il faut attendre

ALEXANDRE VI (durée de vie: 1431-1503)

Il devient pape en 1492. Il protège les artistes tels Michel Ange et Raphaël, et affirme l'autorité du Vatican face aux puissances. Il est bisexuel, il apprécie également les jolis garçons tel Astorre Manfredi, seigneur de Faenza qu'il attire au Château Saint-Ange. Après en avoir abusé, il le fait jeter dans le Tibre.

JULES II (durée de vie: 1443-1513)

Le cardinal Della Rovere, élu pape en 1503 protège Michel-Ange et Raphaël et entreprend la construction de Saint-Pierre de Rome. Jules II restaure le pouvoir politique de la papauté. Le 11 novembre 1511, le concile de Pise dépose Jules II. Le décret invoque la "sodomie" parmi les motifs de la déposition. Cette accusation reste sujette à caution.

LÉON X (durée de vie: 1475-1521)

Il est fait cardinal à l'âge de 13 ans, par Innocent VIII. Il est élu pape en 1513 (vers l'âge de 38 ans) sous le nom de Léon X.

Extrait de Chronologie des Papes: "Plus que d'autres, il fit de la diplomatie l'art du mensonge: rien n'était moins sûr que sa parole. Il n'a pas tenu les engagements de son élection. -- Pendant que l'Église de l'Allemagne était en ébullition, il ne pensait qu'à s'accrocher aux principes d'une domination incontrôlée et souveraine. Les indulgences finançaient les travaux de la basilique Saint-Pierre et les grands palais. -- C'est alors qu'en 1517 Luther, un moine augustinien, afficha à Wittenberg ses fameuses 95 thèses contre le trafic des indulgences et se vit accusé par les dominicains. En 1521, le pape excommunie Luther, mais le protestantisme était lancé et rien ne l'arrêterait plus. -- Quand Léon X est mort, il laissait la papauté dans la faillite. Insatiable de plaisirs, il avait tout gaspillé."

PAUL III (durée de vie: 1468-1549)

Alexandre Farnèse est élu pape en 1534. Il soutient François I contre Charles Quint. Bisexuel, père de Pierre Louis Farnèse. Le pape ne dédaigne pas les garçons. On lui doit d'avoir compris et protégé Michel-Ange.

PAUL IV (durée de vie: 1476-1559)

Pietro Carafa, élu pape en 1555, irrite le peuple, non par son goût des jeunes garçons - c'est alors une habitude banale -, mais par sa sévérité qui se traduit par la création de l'Index et le maintien de l'Inquisition. À sa mort, les Romains se vengent en jetant sa statue dans le Tibre.

LES PAPES HOMOSEXUELS Il faut attendre
#70969
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Excellente idée, ce fil de discussion ! Un peu de culture ne messied pas à ce serveur...
#71168
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J'ai tout dévoré !
J'dis merci à Constantin06. 🆙
#71185
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suite à venir dans la soirée! là je n'ai pas le temps de recouper les infos afin d'en vérifier la véracité (un personnage, 1h30 de boulot!).
#71203
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- Modification par constantin06 le 14/11/2012 - 19:09:14
Personnages anonymes, certains aussi ont frappé l'opinion. Cette histoire vraie nous montre comment on regardait les homosexuels à la sortie de la seconde guerre mondiale, en 1946.

Des couloirs du métro à l’hôpital psychiatrique : la trajectoire d’un jeune prostitué parisien en 1946

Résumé pour les non lecteurs:

Un prostitué de 17 ans comparaît en 1946 devant le tribunal pour enfants de la Seine sous le motif attrape-tout de vagabondage, ses clients étant jugés selon d’autres logiques disciplinaires pour « actes contre nature » avec un individu de même sexe de moins de 21 ans. Engagé dans un style de vie déviant, rendu possible par sa situation et l’état du marché des échanges homosexuels à Paris à la Libération, ce jeune des classes populaires transgresse à la fois la loi, la norme et la morale par sa sexualité et un usage marchand de son corps, apparemment assumés jusque devant le psychiatre. Il sera interné au terme d’examens méticuleux assurant le bon fonctionnement des structures de domination et, plus spécifiquement, de la domination masculine et hétérosexuelle. La prostitution du garçon post-pubère, encore mineur, semble plus subversive que celle de la jeune fille ; elle se raccroche au problème sanitaire et social de l’homosexualité et de son développement, qu’il faut stopper net pour sauvegarder la collectivité et purifier l’espèce.


Personnages anonymes, certains aussi ont frappé

Histoire pour les vrais lecteurs, bouleversant:


Janvier 1946. Un garçon de 17 ans est repéré à la station de métro Strasbourg-Saint-Denis pour son comportement inquiétant. Il est là tous les jours « principalement à partir de 17 heures » et recherche « la compagnie d’individus connus comme étant des homosexuels notoires ». La police, soupçonnant la prostitution d’un mineur, décide de le surveiller et, après un week-end sans « aucun résultat », le retrouve le lundi suivant en « conversation avec un individu d’un certain âge »
Le couple sort de la station et rentre dans un immeuble voisin. Le doute n’est plus permis, pourtant les policiers choisissent d’attendre une demi-heure, le temps qu’ils ressortent et que l’acte soit consommé, pour les interpeller. Ainsi, dès le début de l’affaire, le ton est donné : il s’agit moins de protéger un adolescent que de réprimer des pratiques contraires aux bonnes moeurs. Transgressant à la fois la loi, la norme et la morale par un usage marchand de son corps et une sexualité déviante, le jeune prostitué est un jeune dangereux.
Au contraire de la prostitution féminine, la prostitution masculine n’a jamais été conçue comme un mal nécessaire. Alors que l’État encadre, pour quelque temps encore, « le plus vieux métier du monde » en soumettant les filles au réglementarisme et à son arbitraire administratif, les prostitués ne sont ni encartés, ni enfermés dans les maisons closes, même s’il arrive que des tenancières recourent ponctuellement à leurs services. Les deux phénomènes ne sont pas traités différemment pour des raisons purement quantitatives. L’un des principaux spécialistes de l’après-guerre, Scheiber, ne mentionne presque jamais, dans le long traité qu’il écrit en 1946, la prostitution des hommes. Il appelle ceux qui s’y livrent des « homosexuels professionnels », non des prostitués. Comme la majorité de ses contemporains, il problématise la question à travers l’homosexualité, « “milieu” à part, d’où il est difficile de s’évader ». Rien de nouveau depuis le XIXème siècle où un ancien chef de la police soulignait à quel point la « pédérastie », au sens large, formait « un tout » avec la prostitution.

Le cas Lucien C. nous fait entrer à la fois dans l’histoire de la prostitution et dans celle de l’homosexualité, l’articulation des deux ayant été rarement tentée. Sa jeunesse intervient comme un facteur aggravant, car la société attend de cet âge une insertion progressive sur le marché du travail et le marché matrimonial. Dans le contexte de la Reconstruction qui prône un retour à l’ordre économique, moral et politique, la prostitution juvénile marque l’échec intolérable de ce double passage. Elle n’est pourtant pas un délit et c’est sous le motif attrape-tout de vagabondage (dépénalisé depuis le décret-loi du 30 octobre 1935) que Lucien comparaît devant le tribunal des enfants de la Seine.

En l’absence de violence, ses clients ne peuvent être poursuivis sur la base de l’article 332 du Code pénal. L’inculpation pour attentat à la pudeur sans violence est également impossible puisque Lucien a dépassé le seuil de protection fixé à 15 ans (art. 331, al. 1). Reste à employer, ce qui n’aurait pas pu être le cas avec les clients d’une jeune fille sans doute ressortis libres, l’ordonnance du 8 février 1945 punissant « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans ». Ce texte spécifique aux homosexuels, qui revient à élever le seuil de leur majorité sexuelle, reprend la loi du 6 août 1942 expressément validée par le général de Gaulle après le rétablissement de la République. Comme l’a prouvé Marc Boninchi, il ne constitue pas un simple héritage de la politique ultraconservatrice de Vichy. La lutte contre l’homosexualité, classée dans les perversions par la psychiatrie de Krafft-Ebing et Schrenck-Notzing à la fin du XIXème siècle, existait avant, empruntant des voies para-légales ou s’appuyant sur une interprétation extensive des infractions aux bonnes mœurs comme l’outrage public à la pudeur. Vichy n’a fait que répondre aux demandes de la magistrature et mener à son terme un processus ancien qui avait déjà abouti en 1939 à un projet de loi. La loi réprimant l’homosexualité corruptrice de la jeunesse aurait pu être signée par le radical-socialiste Édouard Daladier, affirme Gérard Noiriel.

Nul besoin de se référer au pétainisme ou à l’influence du nazisme pour comprendre l’intervention des pouvoirs publics dans le domaine de la sexualité. « Exactement au carrefour du corps et de la population », du « biopouvoir » (qui s’exerce sur les masses) et du « pouvoir disciplinaire » (qui s’exerce sur l’individu), selon les formules de Michel Foucault, le sexe est l’affaire de l’État moderne. La domination masculine est encore assez assurée pour s’imposer sur le mode de l’évidence dans des discours et des pratiques qui lui permettent en retour de se passer de justification. L’interdit de l’homosexualité veut faire office de loi « naturelle » dans les processus de socialisation. Jusqu’à quel point cette violence symbolique, parfois physique, qui précède la violence légale, règle-t-elle les comportements ? Comment la norme hétérosexuelle, telle qu’elle est définie d’en haut par les pouvoirs et les savoirs, est-elle intériorisée par les agents, les autorisant ou non, selon leur âge et leur statut social, à produire et à consommer sur le marché de la prostitution homosexuelle .

Considérons Lucien et ses partenaires en prise avec le dispositif de la sexualité inséré dans le dispositif de la justice. Ils nous font pénétrer dans un univers où l’argent et les plaisirs s’échangent selon des modalités que la police décrit avec une minutie et une crudité jamais retrouvées dans les dossiers équivalents de jeunes filles. Ils nous entraînent dans des stratégies discursives qui recouvrent des choix de vie et d’identité révélateurs des systèmes formels à partir desquels il est possible de se penser homosexuel ou prostitué. L’examen psychiatrique de Lucien rendra finalement compte de l’extrême « pathologisation » de ce secteur de la déviance.

Après avoir triplé entre 1938 et 1942, la délinquance juvénile demeure relativement forte jusqu’en 1948.15 Principalement le fait d’adolescents, elle touche cinq fois sur six des garçons et les atteintes aux biens sont largement majoritaires. Si l’on utilise les statistiques produites par Juan Mérat à partir de l’ensemble des dossiers existants du cabinet n° 2 du tribunal pour enfants de la Seine, on constate qu’entre octobre 1945 et novembre 1947 le vol arrive en tête avec plus de 47 % des affaires, suivi du vagabondage (près de 29 %). Lucien est ainsi classé dans une catégorie juridique qui recouvre une large population, plus féminine que la population globale des délinquants et très hétérogène. En ne retenant que les affaires où des mineurs affirment avoir eu des relations sexuelles avec des inconnus, Juan Mérat note une « possible prostitution » pour 23 % des vagabonds, les garçons représentant seulement 15 % de ce total.

Ces chiffres doivent être corrélés à l’augmentation très forte de la prostitution féminine pendant la guerre et à la réorientation de certains garçons vers d’autres infractions plus rémunératrices comme le marché noir. Ils reflètent également la définition beaucoup plus large donnée à la prostitution des jeunes filles dont la moindre liberté sexuelle est facilement assimilée à de la débauche et reliée au goût du lucre. L’égalité « vagabondage des mineures = prostitution » est généralement admise et les relations sexuelles tarifées considérées comme une spécialité féminine. Lucien est un marginal au sein même de la délinquance.

Lucien racole à la station Strasbourg-Saint-Denis, « à proximité du guichet de distribution des billets » ou dans « les couloirs ». Il ne pratique pas en extérieur, peut-être à cause du froid hivernal, de la concurrence sur le trottoir (on se trouve dans un quartier de prostitution et de forte criminalité)… Son choix semble judicieux à plus d’un titre. Le métro, seul moyen de transport efficace, atteint des records de trafic inégalés. Les quais et les rames sont envahis par une foule socialement bigarrée, où il peut se fondre et où les chances de rencontre sont multiples, surtout à ses heures d’opération, en fin de journée et après le travail, à un arrêt où se croisent plusieurs lignes essentielles de circulation. En plein coeur de la capitale, débouchant sur l’animation des boulevards, la station a été décrite comme un « bas-fond » par Louis Chevalier dans ses Histoires de la nuit parisienne :

Louis Chevalier, Histoires de la nuit parisienne (1940-1960), Paris, Fayard, 1982, p. 211.

« Il était un complément souterrain du carrefour, le double du carrefour, le lieu où se développaient selon toute vraisemblance des activités qui répugnaient à l’air libre ou qui ne s’y remarquaient pas [...]. C’était Strasbourg-Saint-Denis en creux, mais un creux très appuyé, très simplifié, réduit à quelques traits, aux plus cruels [...]. C’était Strasbourg-Saint-Denis en noir, malgré les murs recouverts de carreaux blancs qui, à la lueur des lampes, faisaient penser à la salle commune immense d’un hôpital [...]. Ça sentait le deuil, la pauvreté, la poussière, la peur et les mauvais coups. »

à suivre
#71406
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Avant la suite de l'article ci dessus, voici un personnage contemporain, une femme.

Tammy Baldwin, la première sénatrice ouvertement homosexuelle

Avant la suite de l'article ci


L'élue démocrate du Wisconsin Tammy Baldwin est devenue la première femme ouvertement gay à remporter un siège au Sénat américain. Elle a battu mardi l'ex-gouverneur Thompson.

Elle n'a jamais fait de son orientation sexuelle, un sujet central de sa campagne. Tammy Baldwin, première sénatrice ouvertement homosexuelle de l'histoire du pays a été élue mardi aux Etats-Unis, dans l'Etat du Wisconsin, à l'issue des élections au Congrès.

"Ne vous y trompez pas, je suis fière d'être une progressiste du Wisconsin", a déclaré après sa victoire la démocrate Tammy Baldwin, dont l'homosexualité affichée n'avait toutefois pas dominé l'âpre campagne dans cet Etat du nord du pays.

La chambre la plus prestigieuse

Agée de 50 ans, Tammy Baldwin était auparavant élue de la Chambre des représentants, dont elle était déjà le premier membre ouvertement homosexuel. Après sa victoire mardi, cette élue très engagée sur la situation au Moyen-Orient accède désormais au Sénat, chambre plus traditionnelle et plus prestigieuse du Congrès américain.

A l'issue des élections de mardi, qui ont vu la réélection de Barack Obama à la Maison Blanche, les républicains étaient en passe de conserver leur majorité à la Chambre des représentants tandis que les démocrates devaient garder la main sur le Sénat.
#71412
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Des couloirs du métro à l’hôpital psychiatrique : la trajectoire d’un jeune prostitué parisien en 1946.

je rappelle que le ton de cette histoire est purement journalistique de l’époque, 1946

SUITE PARTIE 2

Dans cet univers bien plus imprévisible que les bars, dancings et autres lieux de rendez-vous homosexuels institués, Lucien aborde ses clients en se faisant passer pour un vendeur à la sauvette. On connaît deux de ses partenaires, âgés d’une quarantaine d’années : le fourreur avec qui il a été arrêté et un fleuriste, retrouvé sur ses indications et rencontré la semaine précédente. Au fleuriste, il « dit avoir des torchons à vendre », au fourreur, il demande « s’il veut […] acheter des points de textiles » tirés de sa carte de rationnement. Le second est immédiatement d’accord pour acheter les points, il offre une cigarette à Lucien et « l’invite à venir à [son] bureau ». Le fleuriste « l’invite » également à l’accompagner chez lui, car, explique-t-il à la police, il ne « voulai[t] pas faire de commerce sur la voie publique » : « C. a accepté et m’a suivi chez moi […]. Il m’a présenté des torchons que je n’ai pas voulu acheter. Il s’est approché de moi et j’ai compris tout de suite ce qu’il cherchait. »


Les deux clients de Lucien sont du quartier : l’un y travaille, l’autre y habite. Impossible de savoir s’ils étaient à la recherche d’un échange sexuel ou s’ils ont été tentés par le jeune homme. On ignore quels signes ou quels regards ont été échangés. « Vêtu d’un pantalon de soldat kaki et d’un blouson bleu marine, coiffé d’un bonnet de police kaki », Lucien a plutôt une allure jeune, virile, à la mode de la Libération, la couleur des alliés ayant remplacé le gris-vert abhorré. Rien d’explicitement aguicheur comme chez certaines filles ou « folles », simplement un côté mauvais garçon inspiré du style régimentaire des GI’s.

Lucien est le premier à parler de ce qui s’est passé, fixant ainsi la structure générale des récits à partir desquels les deux autres seront interrogés. Il raconte d’abord l’expérience qu’il vient de connaître chez le fourreur :

27 Archives départementales de Paris, dossier n° 5209, P-V du service de la protection des mineurs de (...)

« Il s’est assis sur une chaise et m’a pris sur ses genoux. Il m’a embrassé sur la bouche et m’a caressé les parties sexuelles par-dessus mon pantalon. Je me suis levé ensuite ; il a sorti ma bite hors de mon pantalon et il l’a glissé dans sa bouche. Il s’est mis à me sucer jusqu’à éjaculation. […] Il m’a demandé s’il pouvait m’enculer, je n’ai pas voulu me laisser faire. Voyant cela, il m’a fait asseoir sur sa queue mais il ne l’a pas mise dedans. Il s’est contenté de frotter sa queue entre mes cuisses jusqu’à ce qu’il décharge. Je dois préciser qu’après s’être frotté entre mes fesses, je l’ai branlé jusqu’à ce qu’il décharge, il a déchargé sur le parquet et il a essuyé le sperme avec son pied. »

La « scène » avec le fleuriste, plus courte, est peinte avec le même réalisme : « Il m’a baissé mon pantalon et il m’a fait allonger sur le lit. Il s’est mis à me branler puis m’a sucé la verge jusqu’à ce que je décharge. Il m’a demandé de le branler, ce que j’ai fait et il a déchargé. » Avant d’analyser ces pratiques, auxquelles l’historien a si rarement accès dans les autres sources, il faut s’interroger sur la présence de ces discours précis et très crus dans les dossiers des mineurs prostitués, car on ne les retrouve pas chez leurs homologues féminines. La première explication est procédurale : des majeurs sont mis en cause, ils vont comparaître devant le tribunal correctionnel pour « actes contre nature », il faut établir rigoureusement les faits. Elle est cependant insuffisante puisqu’on pourrait attendre des policiers qu’ils poussent aussi loin l’investigation avec les adolescentes afin de s’assurer de leur entier consentement. De plus, les recherches en cours sur le traitement de la délinquance juvénile après-guerre, voire les travaux en histoire de l’éducation, semblent révéler une même quasi-absence d’écrits sur le sexe dans les archives des institutions pour filles, alors que celles pour garçons en produiraient assez facilement dès lors qu’une conduite anormale serait observée (masturbation, homosexualité…).


Tout se passe comme si la sexualité des jeunes filles n’existait pas ou ne devait pas exister. Le scandale provoqué à la sortie du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir est à la mesure du tabou officiel dans une société profondément machiste, jusque dans son intelligentsia. La sacralisation du sexe féminin, contrepartie symbolique de sa « faiblesse », provoque à la fois des processus d’évitement physique et discursif des parties sexuelles et une intense suspicion vis-à-vis des manières d’être ou de devenir femme. C’est exactement l’inverse pour l’homme dont la masculinité semble aller de soi et n’être réellement problématisée qu’en fonction d’excès (mesurés différemment selon l’âge) ou d’entorses au principe d’hétérosexualité.

La composition essentiellement masculine des corps de police facilite les discussions « entre hommes » sur le sujet, envers lequel on perçoit parfois une curiosité ou une fascination extraprofessionnelles. Les reformulations sont rares et la réécriture en termes décents inusitée, sans doute par manque de vocabulaire et pour gagner du temps. Sans craindre de choquer, sans souci de préserver l’innocence du garçon qu’il a en face de lui et qui, venant généralement des milieux populaires, est vite déniaisé et s’exprime souvent avec des mots plus grossiers et argotiques que ses clients, le policier se fait le pornographos, l’ethnographe de ses relations sexuelles, éclairant un certain rapport à la vérité du sexe dans une logorrhée qui en traduit le caractère stratégique.

La pénétration anale semble constituer, aux yeux des policiers et d’une autre manière aux yeux du prostitué – qui refuse de la pratiquer, en tous cas passivement, fixant ainsi des limites aux termes de l’échange –, l’agression sexuelle ou l’abandon de soi les plus complets pour un garçon, comme une forme inversée de la défloration. Le fourreur doit se contenter d’un ersatz : le coït entre les cuisses, faute un peu moins lourde puisque le « dedans » est préservé. Lucien répond à la demande pédérastique classique de l’homme, plutôt actif, pour le jeune homme, plutôt passif. Il se laisse « embrasser sur la bouche », reçoit des fellations sans en donner, et n’endosse un rôle actif, au sens des représentations dominantes, qu’en masturbant ses partenaires.

Le fourreur reconnaît les actes alors que le fleuriste, qui a déjà été condamné deux fois à la prison, pour outrage public à la pudeur et excitation de mineur à la débauche, les discute âprement. Redoutant ce qui l’attend, il minimise l’aventure – « il n’est resté qu’1/4 d’heure chez moi » – et insiste sur le partage des responsabilités, c’est-à-dire des désirs : le sexe de Lucien « était en érection », note avec intérêt le gardien de la paix. Il « nie lui avoir sucé la verge » et ne se souvient que d’attouchements – « nous nous sommes masturbés réciproquement » – dont le résultat ne serait même pas significatif (« en ce qui me concerne, je n’ai pas éjaculé »). Lucien maintient sa version et ne cède que sur l’éjaculation, faisant sienne la tactique de l’échec orgasmique du fleuriste : « Nous n’avons déchargé ni l’un ni l’autre. »

Vu ses antécédents judiciaires, le fleuriste est conduit au dépôt, comme Lucien qui passe également pour un récidiviste. « Impliqué » à 14 ou 15 ans « dans une affaire similaire de pédérastie », où un « individu [l’]avait enculé » en échange de cinquante francs et de cigarettes, il avait été rendu à sa famille, car on estimait qu’il n’avait peut-être pas pris l’initiative, mais le doute n’est maintenant plus permis sur sa « propension marquée à la pédérastie » et sa « manière déguisée » de se prostituer. Seul le fourreur est laissé en liberté jusqu’au jugement.

La domination hétéro-masculine fonctionne, au niveau des appareils d’État, sans employer les lamentations de la vieille morale judéo-chrétienne qui accompagnaient, dans les pénitentiels et les manuels des directeurs de conscience, les longues listes de positions sexuelles autorisées ou non. Le regard objectiviste, froid et clinique découpe le corps, le sexe et ses usages. La police traque les plaisirs homosexuels de l’homme et du jeune homme avec d’autant plus de méticulosité qu’ils lui résistent. Habilitée à les enregistrer, elle les place sur une échelle de l’anormalité produisant un savoir qui construit l’homosexualité, plus que la prostitution elle-même, en monstruosité.


L’hypothèse foucaldienne d’une invention moderne de l’homosexualité à la fin du XIXème siècle est bien connue. Le discours médical aurait fabriqué une personnalité particulière en jouant sur l’inversion des genres. Reste à savoir si ce discours a été intériorisé par toutes les classes sociales et par tous les âges à l’époque qui nous intéresse. La prostitution de l’adolescent doit être mise en relation avec l’état des mentalités, les modes de construction identitaire et cette économie des corps et des plaisirs qui permet de régler à un moment donné les échanges sexuels en termes plus ou moins marchands. Essayons de décoder les explications de Lucien et de ses clients, en sachant que leur parole est sous surveillance et que l’essentiel de leur vie sentimentale et sexuelle nous restera inconnu.

A SUIVRE
#71598
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- Modification par constantin06 le 15/11/2012 - 17:18:53
James VI Stuart roi d'Angleterre (1603)


James VI Stuart roi d'Angleterre (1603)



Proclamé roi d’Écosse en 1597 à l’âge d’un an, par des nobles révoltés contre sa mère Marie Stuart, Jacques VI vit son enfance sous la coupe de plusieurs régents. Intelligent, il bénéficie d’une brillante éducation humaniste grâce à Georges Buchanan, qui avait été le professeur de latin de Montaigne.

Jacques n’a jamais eu de maîtresses, c’est vers les garçons que le portent ses désirs. Dès son adolescence il manifeste une tendre amitié à Patrick Gray et à Alexandre Lindsay, avant de tomber amoureux de son cousin Esmé Stuart d’Aubigny, qui arrive de France. Aubigny initie le jeune roi aux plaisirs pratiqués à la cour d’Henri III et va demeurer longtemps le favori en titre. Jacques élève son amant à la dignité de duc de Lennox.

Mais les comtes protestants reprochent ouvertement au favori « de gouverner le roi par la luxure ». En août 1582, ils parviennent à enlever Jacques VI, à l’emprisonner au château de Rutwen. Le roi, craignant qu’on assassine son amant, cède aux exigences des révoltés : il accepte que Lennox soit exilé en France où il meurt l’année suivante après avoir ordonné que son coeur soit embaumé et envoyé au roi d’Écosse qui n’a que 16 ans !

Élevé dans la religion calviniste, Jacques VI d’Écosse, après avoir habilement louvoyé Sans états d’âme, avec la promesse de lui succéder, il laisse la reine Élisabeth Ière d’Angleterre emprisonner et décapiter sa mère Marie Stuart, la chef des catholiques.

Mais le roi doit penser à assurer sa succession : il se marie en 1590 avec la princesse Anne de Danemark. Il aura trois enfants, dont le futur Charles Ier qui, en 1625, épousera Henriette, soeur de Louis XIII, et la princesse Élisabeth qui, en épousant un prince allemand, sera la souche de la Maison de Hanovre. Ayant assuré sa dynastie, le roi se vante alors sans vergogne :



« La reine est la seule femme avec laquelle j’ai couché ! »



En 1603, Jacques VI d’Écosse est récompensé d’avoir pris le parti des protestants. Il recueille l’héritage de la reine Élisabeth Ière, sans enfant, et devient roi d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier. Son homosexualité est connue à la Cour, comme l’était le lesbianisme de la défunte reine.



« Nous avions le roi Elisabeth, maintenant, nous avons la reine Jacques ! »

disent les Londoniens.



Ce couronnement, réunissant la Grande-Bretagne et l’Écosse, est un triomphe, car de surcroît, le calvinisme et l’Église anglicane se réconcilient contre le pape, leur ennemi commun. Mais ce n’est pas l’avis du roi, qui, grâce à l’union des deux royaumes, veut imposer à son peuple une seule et même religion. Erreur de jugement ! Il mécontente les puritains et s’attire la haine des catholiques.

Bien qu’ils ne représentent qu’un vingtième de la population, les « papistes », comme on dit alors, tentent en 1605 avec la complicité de l’Espagne un coup d’État connu sous le nom de « Conjuration des poudres », qui vise, par une gigantesque explosion, à tuer le roi, tous les lords et les députés des Communes.

Une trahison fait découvrir le complot. Les catholiques sont désormais soumis à des lois d’exception, leur religion interdite, les prêtres expulsés. Sa postérité et son pouvoir assurés, le roi ne craint plus de s’afficher avec de charmants éphèbes qui jouent, travestis, les rôles de femmes dans les pièces de Shakespeare et de Marlowe. Comme il se permet de les embrasser sur la bouche en public, ses sujets peuvent aisément deviner ce qu’il fait avec eux en privé.

Mais le roi ne se contente pas de ces amours fugitives, il a besoin d’un compagnon de tous les instants dont il puisse apprécier à la fois la beauté, l’esprit et la conversation. Les favoris en titre se succèdent :

John Ramsay, James Hay, promu vicomte de Doncaster puis conte de Carlisle,

Georges Herbert, nommé comte de Montgomery,

Robert Carr, magnifique garçon qui est fait gentleman de la Chambre et conseiller privé en 1612, comte de Somerset en 1613.

Devenu le premier personnage de la Cour, le comportement insolent de Carr contribue au déclin de la popularité du roi. Jacques Ier se lasse de cet amant bisexuel et l’emprisonne avec son épouse à la Tour de Londres où le couple mourra en 1622. Voici venue l’heure de Buckingham…



L’archevêque de Cantorbéry, connaissant les goûts du roi, souhaitant que le nouveau favori lui doive sa place fait en sorte que le beau Georges Villiers rencontre le souverain en 1615 lors d’un divertissement donné par les étudiants de Cambridge.

Georges a 22 ans, mince, très grand, les jambes longues et effilées, il a la taille bien prise, une main délicate aux doigts fins, une bouche sensuelle aux lèvres parfaitement dessinées, un nez droit, des yeux malicieux et caressants. Il respire la santé, la joie de vivre, le désir d’être aimé. Le coeur de Jacques Ier fond comme neige au soleil. Le roi, alors âgé de 48 ans, tombe follement amoureux.

L’ascension du nouveau favori est fulgurante : vicomte en 1616, comte en 1617, et enfin duc de Buckingham en 1623.

Le roi a l’habitude de partager le pouvoir avec l’amant en titre. Tous les favoris précédents avaient reçus des responsabilités politiques, quelles que fussent leurs capacités. Buckingham est intelligent, mais il se moque du bien public. Il songe surtout à s’enrichir et à placer sa famille est ses amis en obtenant titres et privilèges. Sa mère le suit dans son ascension : comtesse en 1618, marquise en 1619, duchesse en 1623.

Le jeune prince de Galles, Charles, est d’abord jaloux des privilèges exorbitants qu’obtient le favori de son père. Mais Buckingham agit avec tant d’habileté qu’il réussit bientôt à circonvenir l’héritier du trône…



Favori du roi Jacques 1er, le duc de Buckingham doit, pour conserver son pouvoir, obtenir les faveurs de l’héritier du trône, le jeune Charles. Il parvient d’abord à le convaincre que pour établir une paix durable, il doit épouser l’infante d’Espagne. Charles et Buckingham se rendent donc ensemble à Madrid. Jacques regrette bientôt d’avoir tenté ce mariage catholique, car l’opinion publique anglaise y est opposée, et pour une autre raison moins avouable. Il écrit à Buckingham :



« Je me repends d’avoir consenti à ton départ. Je me moque de ce mariage. Tout ce qui compte, c’est de t’avoir dans mes bras au plus vite. »



Buckingham répond ces mots étonnants :

« Nul n’a plus envie que moi d’être en les bras de sa maîtresse. »



En réalité, certain d’avoir gagné l’affection du fils, le favori se lasse de ce roi vieillissant. Il rentre en Angleterre en 1624. Les protestants anglais sont ravis que ce mariage catholique ait échoué, et le peuple en liesse acclame Charles resté célibataire.

Buckingham jouit désormais des pouvoirs d’un monarque sans en avoir la prudence ni l’étoffe. Au lieu de lutter contre les factions qui déchirent l’Angleterre, il soutient celle qui lui est favorable, il n’agit pas en ministre, mais en chef de bande. Le roi est souvent en désaccord avec son favori, un moment même ils sont brouillés, mais la passion de Jacques est la plus forte, et il cède toujours à George. Dès que le favori s’absente, il lui adresse des lettres enflammées :



« Mon seul, mon doux, mon cher enfant, je te prie de te hâter, rentre vite à la maison pour tenir compagnie à ton cher papa, au plus tard avant le coucher du soleil, afin que je sois heureux avec toi cette nuit. »

Et encore :

« Je désire vivre dans ce monde avec toi, pour toi. »



C’est avec une parfaite franchise, et même une certaine naïveté, que le roi justifie devant les lords de son conseil privé, l’extraordinaire faveur de son amant :

« Moi, je ne suis ni dieu ni ange mais un être humain qui confesse aimer plus que tout ceux qui me sont chers. Ainsi, j’aime Buckingham plus que tout autre. Jésus-Christ ayant fait la même chose, on ne peut me blâmer. Il avait son Jean, moi j’ai mon George. »



Dans sa dernière lettre à Buckingham, il met son coeur à nu :

« Je ne désire vivre dans ce monde que pour toi, j’aurais choisi de vivre exilé dans n’importe quel lieu, mais avec toi, plutôt que de vivre une triste existence de veuve [widow] sans toi. Que Dieu te bénisse mon enfant, ma femme [my sweet child and wife] et me permette que tu sois toujours un réconfort pour ton cher père et mari [your dear dad and husband]. »



Après avoir été le ministre et le favori du père, Buckingham conserve les mêmes fonctions auprès du fils. Le roi dissipe rapidement les doutes sur leurs rapports, en exigeant, le soir même de son avènement, que le duc couche dans sa propre chambre.

Mais il faut assurer la descendance. Le mariage espagnol ayant échoué, George pousse Charles Ier à une alliance française. Dans ce but, il va demander à Louis XIII la main de sa soeur Henriette. Séjournant en France pour ramener la promise, il a le coup de foudre pour la reine Anne d’Autriche. Cet amour qu’évoque Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires est avéré. Le biographe Tallemant des Réaux rapporte :

« L’amour de deux rois d’Angleterre ne suffit pas à Boukincan. Il voulut conquérir la reine de France. Dans un jardin d’Amiens, le galant culbuta Anne d’A]utriche, et lui écorcha les cuisses avec ses chausses en broderie. »

[À cette époque, les Français écrivent les mots étrangers comme ils les prononcent.]



Mais la reine appelle au secours ses suivantes. L’obsédé bisexuel n’ajoutera pas la reine de France à son palmarès, mais il s’attire la haine inexpiable de Louis XIII et de Richelieu.

Pour l’instant, l’intérêt politique prime et, le 13 juin 1625 à Cantorbéry, Charles Ier épouse Henriette de France. Même après ce mariage, le roi abandonne toute la responsabilité politique à George.

En dépit de la jalousie de la reine Henriette, Buckingham, véritable souverain d’Angleterre, possède trois palais qu’il enrichit de magnifiques tableaux et chefs-d’oeuvre importés d’Italie. Choisir avec discernement et amasser des trésors pour les siècles futurs, c’est la seule qualité que l’on peut mettre à l’actif de cette autorité usurpée.

Le duc se montre de plus en plus tyrannique, il épuise la nation par des emprunts forcés, des taxes nouvelles pour la ridicule expédition de Cadix, puis pour l’expédition contre La Rochelle. Cette dernière entreprise a pour prétexte la défense des protestants français, c’est aussi une tentative pour regagner quelque popularité. Mais l’assaut échoue, Richelieu prend en main la défense du port et repousse la flotte anglaise.

Après sa défaite, et avant sa retraite, Buckingham reçoit, le 6 novembre 1627, une lettre surprenante de Charles, qui a les accents de l’amour et prouve l’intimité des liens qui unissent le roi et son favori. Le souverain emploie le thou à la place du you, exceptionnelle marque de familiarité dans la langue anglaise :

« Quel que soit ton succès, tu seras toujours le bienvenu à ton retour. Mon pire chagrin est de n’avoir pas pu me trouver à ton côté pendant cette période de souffrance, car tu sais que nous aurions mutuellement adouci notre peine. Je te conjure, pour l’amour de moi, de prendre soin de ta santé, car chaque jour je trouve de nouvelles raisons de te confirmer que je suis ton affectueux et fidèle ami. »



Mais de retour à Londres, le favori devient la cible de l’opposition. Les chansons satiriques courent les rues :

« Qui gouverne le royaume ? le roi. Qui gouverne le roi ? le duc. Qui gouverne le duc ? le diable. »



En 1628, le Parlement ose demander le renvoi de Buckingham. En réplique, le roi dissout le Parlement. Mais l’opinion publique ne désarme pas, Cromwell commence à compter ses partisans, la guerre civile est proche.

Le 23 août 1628 à Portsmouth, Buckingham est assassiné par John Fulton, un officier puritain. Charles est inconsolable, il ne prendra pas d’autre favori et se rapprochera de son épouse, qu’il avait jusque-là délaissée. Mariée depuis 1625, la reine attendra le 29 mai 1630 pour donner le jour au futur Charles II. Après la guerre civile, la révolution puritaine triomphe. Charles Ier est jugé, condamné comme tyran et décapité devant son palais de Whitehall, en 1649.
#71599
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A la cour du toi Henri III de France, la perception de l'homosexualité du souverain en vers:



Poète favori de la cour d'Henri III jusqu'en 1580, Ronsard voit lui préférer son rival Philippe Desportes (1546 - 1606) qui sait flatter les goûts du souverain :

" Ce mignon si frisé qui sert d'homme et de femme
à votre esprit léger nouvellemement surpris,
il est votre Adonis, vous êtes sa Cyprie,
il vous nomme son coeur, vous l'appelez votre âme.
"

Ronsard attaque alors l'homosexualité du roi avec une rare virulence. Jaloux de l'influence des mignons, il les raille cruellement et s'attaque avec violence à la personne du souverain. C'est seulement à la mort du poète que ses sonnets parurent, quatre ans avant l'assassinat d'Henri III.

" ... Le roi, comme l'on dit, accole, baise et lèche,
de ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
eux, pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
leurs fessiers rebondis, et endurent la brèche ...

" ... Tandis que vous branlez, sans faire sang, la pique,
et que, des voluptés, se paie votre désir
votre couronne choit, et l'on veut s'en saisir
par ruses et accords que l'étranger pratique.

Je sais que vous direz que le grand Jupiter
ne fait rien dans le ciel que culs et cons fouter
et que pour tout cela il ne perd sa couronne

il est plus fort là-haut que vous n'êtes ici
il a des fils vaillants, vous n'êtes pas ainsi
votre semence choit en terre qui n'est bonne ... "

" ... Ores, en votre lieu, sont les fesses molettes,
et les culs blancs de chair, de tout poil découverts,
les culs plus que les cons sont maintenant ouverts,
les mignons de la cour y mettent leurs lancettes.

Le roi ne m'aime point, pour être trop barbu,
il aime à semencer le champ qui n'est herbu,
et, comme un vrai castor, chevaucher le derrière,

lorsqu'il foute les culs, qui sont cons rétrécis,
il tient du naturel de ceux des Médicis,
en prenant le devant, il imite son père. ..."


Marlowe racontera plus tard que Catherine de Médicis mettait à profit les passions de son fils Henri pour tenter de l'écarter du pouvoir.


Pierre de l'Estoile, fils du président de la Cour des Aides, il devient audiencier à la Chancellerie de Paris. Cette position officielle lui permet de recueillir quotidiennement, dans son journal, les évènements dont il est témoin : il fait état de la haine portée aux mignons. Il ne se hasardera pas à publier son journal de son vivant. Mais cela ne l'empêchera pas de connaître la prison en 1589, au moment des affrontements entre les ligues et les partisans du roi Henri de Navarre.

" Le dimanche 20 Octobre, le roi arriva à Olainville en poste avec la troupe de ses jeunes mignons, fraisés et frisés avec les crêtes levées, les ratepennades en leurs têtes, fardés, peignés, diaprés et pulvérisés de poudres violettes et senteurs odoriférantes qui aromatisaient les rues, places et maisons où ils fréquentaient. "

" Les Mignons de l'an 1577 "

" Saint-Luc, petit qu'il est, commande la troupe Hautefort,
Caylus, ne trouve qu'en son cul tout son avancement.
d'O, aime le jeu de mains
Sagonne est un peu bougre et noble nullement,
Montigny voudrait bien sembler être honnête homme, un peu :
mais il n'y peut aller.
Riberac est un sot, Tournon un cigale
Saint Mégrin, bravache audacieux ... "


"... Caylus, de dix-neuf coups qu'il reçut, languit trente-trois jours et mourut le jeudi vingt-neuvième mai, en l'hôtel de Boisy ... "

" Bidet, que l'orgueil ne vous pique
d'avoir Caylus si maltraité :
Si vous l'eussiez pris à la pique,
ce mignon fût plein de santé. "

" Samson force aux cheveux avait,
et Maugiron l'eût au derrière. "

" Faut-il que la France se perde,
et que le peuple soit mangé
par ces beaux petits fouillemerdes ! "

" Tu ne peux, bougeron, petit bougre Saint-Luc,
recevoir de Brissac aucun fruit ni lignée
ta semence se perd en la main potelée
de ce grand qui promet te faire nouveau duc. "


Mignons, qui portez doucement,
en croupe le sang de la France,
ne battez les dos seulement,
mais le cul qui a fait l'offense. "


La reine Louise, délaissée par son royal époux
est l'objet de la sollicitude des rimeurs anonymes :

" Que font ces mignons à la cour :
ils tiennent le roi de si court
que sans eux, il n'ose rien faire
Madame, faites votre affaire, de vous ici point il ne faut,
car c'est la cour du roi Petaud. "


A la cour du toi Henri
#71600
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Ce post est génial, et je t'en remercie. Dans l'antiquité, on peut généraliser, l'homosexualité était très bien tolérée tant qu'elle était active. César, je crois, était bisexuel. Dans les plus récents, je crois savoir que Wilde était homosexuel... Il doit y en avoir plein d'autres mais on l'ignore trop souvent...
#72705
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Sujet terriblement intéressant x) et encore ce n'est que ceux dont on a eu les certitudes, beaucoup sont supposés bi ou gay dans l'histoire. Mais comme l'image d'un être aimant le même sexe n'est pas toujours bien vu dans un livre d'histoire on passe sous silence beaucoup d'informations. Quel professeur irait raconté à ses élèves que César ou Alexandre le Grand avait des sexualités différentes de la "norme" ?
#72710
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http le poète Oscar Wilde, qui


Oscar Wilde ou le procès de l’homosexualité par Odon Vallet

[En 1893], l'écrivain Oscar Wilde était condamné par le tribunal de Londres à deux ans de travaux forcés pour homosexualité. Une affaire dont les considérations politiques n'étaient pas absentes.



A l'automne 1893, une rumeur commence à courir le tout-Londres : le poète Oscar Wilde, qui vient de triompher en avril dans sa comédie Une femme sans importance, aurait une liaison choquante avec un jeune aristocrate écossais. Cette rumeur va s'amplifier pendant un an et demi, jusqu'à ce que le scandale éclate, en février 1895, alors que Wilde présentait au théâtre Saint-James sa nouvelle pièce L'Importance d'être sérieux. Dans la salle, un homme, brandissant une botte de navets (symbole d'une pièce fade), apostrophe violemment l'auteur, l'accusant de «poser au sodomite» avec son plus jeune fils, Alfred Douglas – qui avait déjà été renvoyé d'Oxford pour cause de «mauvaises mœurs».



Il s'agit de Lord John Sholto, marquis de Queensberry, alors fort connu pour être l'auteur des «Queensberry rules» qui, depuis 1866, réglementent la boxe mondiale. L'irascible aristocrate avait déjà porté une accusation semblable envers le marquis de Rosebery, ministre des Affaires étrangères de la reine Victoria : Queensberry le poursuivait de sa cravache en l'accusant d'exercer une «mauvaise influence» sur son fils aîné cette fois, Francis Archibald Douglas, qui se trouvait être le secrétaire particulier de Rosebery.



Exaspéré par l'incident, Oscar Wilde intenta un retentissant procès en diffamation au marquis de Queensberry. Les deux hommes s'accordaient cependant à maudire la morale de l'époque : Queensberry avait même été exclu de la Chambre des lords pour avoir refusé de prêter serment sur la Bible, tandis que le jeune Oscar Wilde avait été raillé par ses camarades en raison d'une citation en justice (le 12 décembre 1864 à Dublin) de son père médecin pour attentat à la pudeur sur une jeune patiente. Tous deux portaient également la blessure d'un deuil précoce : à treize ans, l'écrivain avait perdu sa jeune soeur, qu'il évoquerait discrètement dans son poème Requiescat ; à vingt-quatre ans, le marquis avait perdu son jeune frère Francis dans le célèbre accident qui marqua la première ascension du Cervin (13 juillet 1865) et coûta la vie à quatre alpinistes dont trois Britanniques.



Le tout-Londres se passionna pour ce procès ; personne ne doutait du succès d'un auteur si adulé. Mais le prétoire n'est pas la scène. Oscar Wilde ruina son propos en mentant sur son âge et sur celui d'Alfred – il s'était rajeuni de deux ans et avait vieilli son ami de dix. Les jurés n'apprécièrent pas son attitude et le poète se retrouva bientôt dans la position d'accusé, puisqu'une loi de 1885 interdisait les relations homosexuelles, même entre des adultes consentants. Le public lui-même changea de camp, d'autant que le bouillant marquis de Queensberry avait astucieusement rempli la salle de demi-mondaines dont il était un assidu client, tout en accusant Wilde de relations avec des prostitués mâles : les dames firent du tapage et crièrent à la concurrence déloyale ; lorsque le poète fut débouté, le 4 avril 1895, on vit les prostituées de Londres applaudir les magistrats en perruque.



Malgré les pressions de ses amis qui lui conseillaient de s'exiler en France pour échapper aux poursuites, Oscar Wilde préféra faire face, fut arrêté et condamné à deux ans de travaux forcés, le 27 mai 1895. On peut s'étonner de tant de sévérité de la part de la justice et de la police, d'autant que celle-ci se montrait pleine de prévenances pour Queensberry : on l'avait relâché immédiatement alors qu'il avait été arrêté pour avoir boxé en pleine rue son deuxième fils. Sans doute un saltimbanque roturier méritait-il moins d'égards qu'un descendant (même excentrique et divorcé) de la plus vieille famille d'Écosse... En fait, trois raisons majeures ont pu amener le gouvernement à satisfaire le marquis et à condamner l'écrivain.



La condamnation



D'abord, le fils aîné de Queensberry, Francis Archibald, objet de son litige avec Lord Rosebery (devenu Premier ministre en mars 1894) était décédé accidentellement. L'hôte de Downing Street se devait d'être indulgent à l'égard d'un père éploré... Par ailleurs, le nouvel ouvrage de Conan Doyle, Le Traité naval (une nouvelle de Sherlock Holmes), mettait en scène Rosebery sous les traits de Lord Holdhurst dont le secrétaire égarait une convention navale anglo-italienne dirigée contre la France. Or la politique étrangère aventureuse et très personnelle de Rosebery, qui souhaitait un rapprochement de la Grande-Bretagne avec l'Italie et la Triplice (1), risquait de conduire à une guerre navale avec la France. Si un romancier avait pu se montrer si perspicace et impertinent, un lord, qui payait à prix d'or les détectives privés et les maîtres-chanteurs, était bien plus dangereux. Il ne serait donc pas inutile de le satisfaire en emprisonnant son ennemi.



Ensuite, avec ses fréquentes allusions politiques, Oscar Wilde devenait bien embarrassant. Dans Le Portrait de Dorian Gray (1891), par exemple (un titre qui rappelait étrangement Vivian Grey, un roman de jeunesse de l'ancien Premier ministre, Benjamin Disraeli), il mettait en scène un jeune dandy protégé par un vieux lord qui exerçait sur lui une «horrible attirance». Bien des pairs du royaume avaient cru se reconnaître dans ce personnage.



Enfin, Oscar Wilde avait l'opinion contre lui et était devenu la cible de la presse, au point que le président du tribunal de l'Old Bailey dut demander aux jurés de ne pas se laisser influencer par les journaux. Ce retournement du public semble lié à l'arrogance de l'écrivain, qui affichait devant le tribunal son mépris du sens commun et des mœurs ordinaires. Les familles qui applaudissaient au théâtre lorsqu'il dénonçait les moeurs corrompues de l'aristocratie se mirent à le conspuer lorsqu'il se comporta en jouisseur blasé. En condamnant Wilde à deux ans de travaux forcés («hard labour»), le maximum de la peine qu'il encourait, le jury fut à l'unisson du public anglais qui, selon le poète, «pardonne tout sauf le génie».



De nombreux intellectuels européens, tels Bernard Shaw ou André Gide, firent circuler une pétition (qu'Emile Zola refusa de signer, sans doute par désaccord sur les options morales de Gide et de Wilde) réclamant la libération de l'écrivain. En vain. Celui-ci ne survécut que trois ans à sa détention à Reading. Après sa libération, il quitta l'Angleterre où l'opinion lui était hostile et mourut, quelques mois après Queensberry, le 30 novembre 1900, dans un petit hôtel parisien de la rue des Beaux-Arts. Son pénible emprisonnement lui inspira l'émouvante Ballade de la geôle de Reading (1898). Il fut en outre à l'origine d'une réforme pénitentiaire libérale, qui supprima dans les prisons anglaises le régime des travaux forcés.



Le puritanisme victorien ne fut cependant pas apaisé par la condamnation d'Oscar Wilde. Le jeune lieutenant Winston Churchill faillit à son tour en être victime en février 1896, lorsque le père d'un de ses anciens condisciples à l'école militaire de Sandhurst l'accusa de s'être livré sur ses camarades à «des actes grossièrement immoraux du genre de ceux d'Oscar Wilde» . Brandissant la menace d'un procès en diffamation, le lieutenant fut plus heureux que le poète et reçut de son détracteur une lettre d'excuses et cinq cents livres de dédommagement.
#72719
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*Nicki Minaj*
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Ajoutons Arcangello Corelli, Grand Violoniste à son époque(1653-1713)
que l'on prétends très amoureux du second Violon de son orchestre!
<3
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http « Qu’est-ce que cet amour-

MONTAIGNE LE SAGE FOU D’AMOUR

Michel Eyquem, naît au château de Montaigne en Dordogne en 1533. Après des études de droit, il succède à son père comme magistrat au parlement de Bordeaux, en 1558. Il a 25 ans, lorsqu’il encontre Étienne de La Boétie, juriste également, qui en a 28.

L’amitié qui les unit n’a pas pris naissance dans la beauté d’un corps, mais dans la rencontre de deux esprits. Cette amitié a pourtant bien les accents de l’amour quand Montaigne cite Cicéron :

« Qu’est-ce que cet amour- amitié ? D’où vient qu’on n’aime ni un jeune homme laid, ni un beau vieillard ? »

Plusieurs générations d’historiens homophobes vont s’acharner à écrire que l’affection qui unit le philosophe et l’écrivain est purement spirituelle, union de deux beaux esprits, passion de deux belles âmes. Mais si on lit attentivement « De l’amitié », dans Les Essais, il apparaît clairement, lorsque Montaigne parle de La Boétie, qu’il s’agit d’amour. Et retraçant son voyage à Rome, Montaigne n’a-t-il pas écrit sa sympathie, ou pour le moins sa tolérance, à l’égard des homosexuels :

« À Rome, des Portugais s’épousaient mâles et mâles à la messe, avec mêmes cérémonies que nous faisons aux mariages, faisaient leurs Pâques ensemble, lisaient le même évangile de noces, puis couchaient et habitaient ensemble. Il fut brûlé sept à huit Portugais de cette belle secte. »

Qui était donc ce jeune homme qui va le séduire ? Un petit prodige des Lettres, traducteur dès l’âge de 14 ans des auteurs grecs et latins, auteur à 18 ans du Discours de la servitude volontaire, texte puissant et subversif qui dénonce le pouvoir absolu. Cette rencontre va déclencher avec une extraordinaire rapidité la passion d’un amour exclusif et fou :

« Notre première rencontre, qui fut par hasard durant une grande fête, nous nous trouvâmes si pris, séduits, conquis l’un par l’autre que rien dès lors ne fut si proche que nous deux. Je ne sais quelle quintessence de ce mélange saisit toute ma volonté, l’amena à se perdre dans la sienne. Je dis perdre, à la vérité, car je ne me réserve rien qui me soit propre, rien qui ne soit sien et mien à la fois. »

Montaigne parle toujours d’« amitié », mais le masque tombe alors qu’il compare son « amitié » pour La Boétie avec celles des femmes, à qui il reproche « l’inaptitude à dresser telle accointance libre et volontaire, où non seulement les âmes ont cette entière jouissance, mais encore où les corps ont part à l’alliance. Le feu qui me porte vers vous est plus actif, plus cuisant et plus âpre. C’est une chaleur générale, constante, universelle. […] Jusqu’à ce jour je pensais qu’il fallait seulement se prêter à autrui et ne se donner qu’à soi-même, je me trompais. C’est une absolue et divine perfection de savoir loyalement jouir l’un de l’autre. Nos âmes se sont considérées d’une si ardente affection découvertes jusqu’au fin fond des entrailles, que je connais la vôtre comme je connais la mienne. »

Par mégarde, Montaigne laisse tomber le masque : les corps ont donc « part à l’alliance ». Mais il se rattrape vite, car il ne peut aller plus loin dans l’aveu sans risquer le bûcher pour sodomie. Aussi, écrit-il par prudence : « L’amour que je vous porte ne peut être comparé à cette licence grecque qui nécessite la disparité d’âges des deux amants, qui fait qu’on aime ni un jeune homme laid, ni un vieillard. […] L’amitié qui me porte vers vous a pris sa source non dans votre beauté mais dans la rencontre de votre esprit. »

Les biographes vont se précipiter sur cette phrase pour arguer que Montaigne répugne au contact physique avec La Boétie. N’est ce pas, au contraire, pour se dédouaner ? Et dans la citation suivante, encore un aveu caché, un plaidoyer discret :

« Les hommes sont tourmentés par les opinions qu’ils ont des choses et non par les choses elles mêmes. L’attachement d’un homme pour un autre homme n’est en soi ni bien ni mal, ce qui compte c’est la place du bien et du mal et l’idée que s’en font les hommes. C’est une hardiesse dangereuse et une absurde témérité de mépriser ce que l’on ne conçoit pas. Si on me presse de dire pourquoi je l’aime, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant de la façon la plus simple et la plus naïve : “Parce que c’était lui, parce que c’était moi.” »

Sur son lit de mort, La Boétie confie tous ses manuscrits à Montaigne et lui demande de lui réserver une place dans son tombeau. Après la mort de son ami, le 18 août 1563, Montaigne se retrouve veuf, porte le deuil. « La vie n’est plus que fumée et nuit obscure. […] Je ne fais que traîner en languissant et les plaisirs qui s’offrent à moi, au lieu de me consoler me redoublent les regrets de sa perte. […] Nous étions à moitié de tout, il m’était plus cher que la vie, je l’aimerai toujours.»

C’est sous le masque des citations latines que Montaigne va oser avouer son véritable amour : « Ô mon frère qui m’a été arraché pour mon malheur ! Avec toi, notre vie tout entière est descendue au tombeau. […] Ne te parlerai-je plus ? Ne t’entendrai-je plus me parler, frère qui m’était plus cher que la vie ? Du moins je t’aimerai toujours. » Et après Catulle, voici Térence : « J’ai décidé que je ne devais plus prendre aucun plaisir, puisque je n’ai plus celui qui partageait ma vie. »

Montaigne va attendre deux ans pour surmonter sa douleur, et sur les recommandations de son entourage, il se résoud en 1565 à épouser Françoise de La Chassaigne, une riche héritière. Il fera successivement six filles à son épouse, pour assurer sa postérité, l’unique raison pour laquelle il a consenti à se marier. Il donne d’ailleurs libre cours à sa critique de la vie conjugale : « Le mariage est une cage, les oiseaux désespèrent d’en sortir. Outre que c’est un marché qui n’a que l’entrée libre, sa durée étant contrainte et forcée, il y survient mille complications suffisantes à rompre le fil et troubler le cours d’une vive affection. » Seule une de ses filles survivra. La postérité assurée, il va pouvoir se consacrer à faire éditer tous les manuscrits de son ami, proclamant que c’est un génie méconnu : « Étienne de La Boétie est le plus grand écrivain du siècle ! » C’est très exagéré, mais l’amour est aveugle…
#82292
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http faire accepter cette double identité.

«Vous avez devantvous un rabbin homosexuel»

En 2008, Ron Yossef créait une association de juifs orthodoxes gays. Un an plus tard, il faisait son coming out à la télé israélienne. Son espoir : faire accepter cette double identité.




Lorsqu’il a pris conscience de son homosexualité, la première image qui est venue à l’esprit de Ron Yossef, est celle de Moïse brisant les Tables de la Loi. «Quand à 18 ans, j’ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais, ça a été un véritable cataclysme. J’ai pensé au dépit de Moïse descendant du Sinaï et voyant son peuple infidèle s’adonner à l’idolâtrie. Je me suis senti trahi. Tout d’un coup, le monde n’était plus le même : je n’avais plus que des questions dans la tête, décuplées par les clichés et les préjugés d’un adolescent issu du milieu orthodoxe», confie le premier et seul rabbin orthodoxe en Israël à afficher publiquement son homosexualité.

Après des années de doutes et de tâtonnements, Ron Yossef, âgé de 35 ans, a fait une sortie spectaculaire en avril, en participant à un magazine d’investigation télévisé très populaire. Il était déjà connu, sous son seul prénom, comme le fondateur de HOD (acronyme pour les mots hébreux «homosexuels» et «religieux»), la première association, créée début 2008, revendiquant une coexistence possible entre identités homosexuelle et juive orthodoxe. Son cheval de bataille : la reconnaissance de l’homosexualité masculine, largement occultée au sein du monde orthodoxe, et l’ouverture de discussions rabbiniques sur le sujet afin d’aider les homosexuels religieux à concilier leur double identité.

«J’ai pensé que j’avais la responsabilité, comme juif et comme rabbin, de dire devant tout le monde : "Voilà, vous avez en face de vous un rabbin orthodoxe homosexuel. Maintenant vous ne pourrez plus dire que les homosexuels religieux n’existent pas"», explique-t-il. Depuis cette prestation télé, il a de nombreuses fois revendiqué son homosexualité dans les médias israéliens et étrangers et a participé, en tant que conseiller, au tournage du film de Haïm Tabakman, Tu n’aimeras point. Histoire d’une passion folle entre un boucher ultra-orthodoxe de Jérusalem et un jeune étudiant d’une école talmudique, le film a été très remarqué en mai au Festival de Cannes, avant de connaître un certain succès à la rentrée en France.

Un des plus grands tabous du judaïsme

L’homosexualité est un des plus grands tabous du judaïsme. Contrairement à de nombreux interdits, qui sont issus des exégèses de l’Ancien Testament, la Torah mentionne explicitement l’acte sexuel entre hommes comme une «abomination» (Lévitique, 18, 22), donnant une force particulière à l’interdiction. Malgré l’ambiguïté des relations, souvent interprétées comme homosexuelles, entre les personnages bibliques de David et Jonathan, le monde orthodoxe juif rejette en bloc ses homosexuels, assimilés, dans le meilleur des cas, à des «malades» qu’il faut «débarrasser de leur mauvais penchant». Du coup, la grande majorité d’entre eux se marient pour ne pas être mis au ban de leur communauté.

Ces discriminations contrastent avec l’ouverture de la société israélienne non religieuse sur le sujet de l’homosexualité. Tel-Aviv est une des grandes capitales gays mondiales, et les tribunaux israéliens ont accordé de nombreux droits aux couples homosexuels : droit à l’adoption, congé de paternité, mêmes avantages fiscaux que les couples hétérosexuels. «Les homosexuels juifs religieux, de même que ceux de la société traditionnelle arabo-musulmane, sont les plus en souffrance au sein de la communauté gay en Israël», souligne le député du parti Meretz (extrême gauche) Nitzan Horowitz, le seul représentant ouvertement gay de la Knesset. Et d’ajouter : «Ils sont souvent persécutés, soumis à des violences psychologiques et physiques.»

Le coming out de Ron Yossef lui a valu, de fait, des menaces de mort et des dessins de pendus accrochés à sa porte. Certains rabbins ont fait pression, en vain, sur sa famille et ses amis pour qu’il quitte la synagogue de Netanya, près de Tel-Aviv, où il officie depuis douze ans. Toujours est-il que la revendication de Ron Yossef et la popularité de son association HOD ont bouleversé les codes du monde orthodoxe. Jusque-là, la seule association s’adressant aux homosexuels religieux leur proposait une «aide» sous forme d’ateliers destinés à «soigner les penchants homosexuels» des participants et à les ramener dans la norme hétérosexuelle.

Avec HOD, Ron Yossef a fait le pari de concilier ce qui jusque-là était jugé inconciliable. Il explique que la loi juive n’interdit pas l’identité homosexuelle : «La loi juive interdit spécifiquement les relations sexuelles entre deux hommes. Mais il y a une différence entre cet interdit et le fait d’être attiré par une personne du même sexe, qui, lui, n’est pas interdit. La halacha [l’ensemble des règles de vie stipulées par le judaïsme, ndlr] ne s’intéresse qu’aux actes sexuels, pas à l’identité sexuelle. Cette distinction ouvre tout un champ de questions : si l’attirance n’est pas interdite, pourquoi alors prôner des thérapeutiques pour la changer ? Pourquoi faudrait-il se marier ?» Le judaïsme se doit de donner des réponses aux religieux homosexuels, estime-t-il, reprochant aux rabbins orthodoxes de ne jamais s’être penchés sur le problème «par hypocrisie».

«Qui sommes-nous ? Des Martiens ?»

«Le judaïsme traite des moindres détails de la vie quotidienne, jusqu’à te dire quel type de savon il est permis d’utiliser. Mais il se tait sur l’homosexualité, un problème tellement crucial pour les dizaines de milliers d’individus concernés. Ce n’est pas une position tenable. Les rabbins ne peuvent pas se contenter de dire aux homosexuels que les relations entre personnes du même sexe sont interdites. Ils ne peuvent pas nous condamner à l’abstinence, alors que le vœu de chasteté est étranger à la religion juive. Comme sur tous les autres sujets, ils doivent décider ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Sinon, qui sommes-nous ? Des créatures sans désir ? Des espèces de Martiens, et non des êtres humains ?» s’indigne-t-il.

Conçu au départ comme un simple site internet d’information à destination des homosexuels désireux de concilier leur identité sexuelle et les préceptes religieux juifs, HOD a largement dépassé les ambitions initiales de Ron Yossef. Le site a enregistré près de 300 000 connexions depuis sa création, et 2 000 personnes se sont adressées à l’organisation pour obtenir un conseil. Des groupes de discussion se réunissent régulièrement, divisés en deux catégories : l’une pour les hommes mariés, l’autre pour les jeunes entre 18 et 25 ans.

«La plupart des hommes mariés qui s’adressent à HOD ont la trentaine, déjà trois ou quatre enfants, et n’ont jamais pu parler à quelqu’un de leur homosexualité, explique Ron Yossef. Le simple fait de voir qu’ils ne sont pas seuls leur enlève un poids énorme. On ne leur dit pas de divorcer, ce serait contraire à la halacha, et s’ils prennent cette décision, ils doivent la prendre seuls. Mais le fait de pouvoir, pendant deux ou trois heures, parler de leurs difficultés leur rend la vie un peu plus supportable.»

Lettre ouverte au monde orthodoxe

Le fondateur de HOD a rédigé une lettre ouverte en dix points, envoyée aux rabbins et leaders du monde orthodoxe. Tout en affirmant son attachement aux préceptes du judaïsme orthodoxe, il souligne que les religieux ne devraient pas être obligés de se marier s’ils se disent homosexuels, et qu’ils devraient pouvoir continuer à participer à la vie de leur communauté. Ses efforts commencent à payer : plusieurs dizaines de rabbins orthodoxes ont soutenu publiquement son manifeste. Parmi eux, Youval Sherlo, une des personnalités du judaïsme orthodoxe, directeur d’un centre d’études talmudiques dans la banlieue de Tel-Aviv.

«L’interdit religieux sur l’acte sexuel entre hommes est intangible, mais l’attitude du monde religieux à l’égard des homosexuels est en train d’évoluer. Il y a encore quelques années, l’immense majorité des rabbins se contentaient de leur dire "Marie-toi ! Tout rentrera dans l’ordre après ton mariage." Aujourd’hui, de plus en plus de rabbins tentent de les comprendre et de les aider. Ils ne sont plus systématiquement rejetés par leur famille. Il y a une lente prise de conscience de la réalité de l’homosexualité et de la souffrance endurée par les homosexuels religieux», explique Youval Sherlo.

Sur ses difficultés et son parcours, Ron Yossef est peu prolixe. Assis sous la lumière blafarde du néon de sa cuisine impeccablement rangée, où des bénédictions juives côtoient un petit drapeau arc-en-ciel, il dit sobrement qu’il «ne veut pas que d’autres vivent ce qu’il a vécu». Il évoque les premières années qui ont suivi la prise de conscience de son homosexualité : «Il n’y avait rien : pas d’aide, pas Internet, personne vers qui se tourner. Je vivais des vies parallèles. Je faisais comme si j’étais straight, que je voulais me marier, que je m’intéressais aux filles. Et je me rendais à des réunions clandestines d’homosexuels religieux à Tel-Aviv. J’avais toujours cette peur de ne pas suffisamment cloisonner les deux mondes, que mon rabbin me jette, ou que le directeur de la yeshiva [centre d’études religieuses, ndlr] me renvoie. A un certain moment, il m’est devenu insupportable de vivre dans le mensonge, d’évoluer dans ce monde de la religion, des prières et de la synagogue, tout en sachant que si la vérité sortait, je ne pourrai pas être là.»

Depuis, Ron Youssef cherche, et il a commencé à trouver des réponses au dilemme des homosexuels orthodoxes. Avec foi dans l’expression hébraïque : «Nikarim divrei emet.» Les paroles de vérité finissent toujours par s’imposer.


Enquête paru dans Libération du 02/12/2009
#83008
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http «Vous avez le droit d’être

Un imam homosexuel perd son statut officiel.

Muhsin Hendricks, un homme sud-africain de 43 ans, est imam et homosexuel. Son association «The Inner Circle» aide les musulmans en difficulté avec leur propre sexualité. Le message : «Vous avez le droit d’être homo!». Tout le monde n’était pas d’accord et Hendricksvient de perdre son statut officiel d’imam.

Quand il s’agit pour Hendricks de parler de sa foi et sa nature, sa fatigue disparait comme par enchantement. «C’est une forte identité que d’être musulman. Il en va de même pour le fait d’être homo. Ces identités sont les miennes et j’ai pu les réconcilier».

Tout n’a pas été si facile pour Muhsin Hendricks. Il vient d’une famille orthodoxe d’Afrique du Sud. Son grand-père était imam dans une grande mosquée du Cap. Muhsin se rend rapidement compte de sa différence. Dans son enfance, il préfère les poupées aux voitures. On le traite d’efféminé et on le harcèle. Ce n’est que plus tard qu’il se rend compte que l’homosexualité existe.

Hendrik trouve refuge dans sa foi, qui selon de nombreux musulmans ne reconnaît pas les sentiments homosexuels. L’amour d’un homme pour un homme est interdit. C’est l’un des plus grands péchés, condamnés dans certains pays musulmans à la punition extrême : la peine de mort.

C’est alors que Muhsin Hendricks se décide à découvrir ce qui est écrit sur l’homosexualité dans le Coran. Il suit des études sur l’islam au Pakistan. Hendricks : «Je ne pouvais pas comprendre qu’un Dieu aimant et indulgent puisse me juger, pour quelque chose que je n’ai pas choisi».

Muhsin tire une conclusion intéressante de son étude. Nulle part dans le Coran on ne peut lire que l’homosexualité est interdite. Même pas dans l’histoire de Sodome et Gomorrhe. Des villes dévastées par Dieu car les hommes avaient des relations sexuelles entre eux. Selon Hendricks, les habitants n’ont pas été punis pour leur préférence sexuelle, mais pour les viols qu’ils avaient commis.

On peu trouver des textes dans le Coran dans lesquels Allan reconnaît même l’existence d’homosexuels, dit Hendricks. «Comme dans la sourate 24 verset 31. Il est écrit que les femmes doivent se couvrir davantage pour les hommes. Mais pas pour les hommes qui ne se sentent pas attirés par elles. Il doit s’agir des homosexuels,» conclut Hendricks.

De là à reconnaître qu’il a des sentiments homosexuels et les assumer, il y a encore un pas de trop pour Hendricks, qui se marie et a trois enfants. Son épouse sait qu’il est homosexuel, mais décide quand même de vivre avec lui.

Sa mère s’évanouit quand elle apprend que son fils Muhsi est homosexuel. La compréhension parmi ses proches ne vient que lentement. Une partie de sa famille refuse de le voir.

L’imam Hendricks a rencontré par la suite l’amour de sa vie. Son partenaire a une autre foi – il est hindou - et n’est pas encore accepté par tous ses proches.

On vient de l’obliger de cesser d’exercer ses fonctions d’iman à la mosquée. L’explication qu’il donne sur son homosexualité et sa foi en l’islam ne convainc pas la doctrine officielle. «Les imams me voient comme une menace pour leur conception de l’Islam. Mais je ne suis pas leur ennemi. Je les invite seulement à considérer cette autre vision des choses. Mon interprétation donne aux musulmans la chance de pratiquer leur religion tout en acceptant leurs sentiments.»

Muhsin Hendricks se considère encore comme un imam. Avec son association the Inner Circle, il essaie d’aider les musulmans à s’assumer. Hendricks anime des stages de responsabilisation afin d’aider les plus jeunes à se sentir plus sûrs d'eux-mêmes. Il donne également ces cours aux Pays-Bas. On compte déjà plus de 60 inscriptions à ce jour.

Étienne Dutil 21-02-2011
#83012
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je n'avais pas connaissance de ces deux "résistants" qui prouve que religion et homosexualité ne sont pas forcément incompatibles. C'est juste dommage que leurs supérieurs aient toujours autant de mal a voir la réalité là ou elle est, que l'homosexualité existe. Et toutes les violences, les interdits que l'on peut faire ni changeront rien, on n'empechera pas un pourcentage de la population à être homosexuelle.
#83015
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Je suis tombé un jour sur une interviews de M. Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris qui est très interressant et plus tolérant que beaucoup d'entre nous.
#83018
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http « Le roi commença par


LOUIS XIII ET LES FAVORIS DU CARDINAL

Tallemant des Réaux, écrivain et biographe, raconte ainsi les débuts du jeune Louis XIII dans la sexualité :

« Le roi commença par son cocher Saint-Amour à témoigner de l’affection à quelqu’un. Ensuite, il eut de la bonne volonté pour Haram, son valet de chiens, puis pour Vendôme, le commandant Sauvray et Montpuillan-la-Force, qui furent éloignés l’un après l’autre par la reine mère. Enfin, Monsieur de Luynes vint. »

Le spectacle des nombreuses maîtresses et bâtards, dont son père, Henri IV, lui impose la présence, a rendu Louis XIII profondément misogyne. Lorsque le roi est assassiné, en 1610, Louis, a 9 ans. Il trouve en Charles de Luynes, 32 ans, le père qui lui manquait. Et l’affection pour ce père de substitution va se transformer en amour. Lisons le Journal d’Héroard, médecin attaché à la personne du roi dès sa naissance, qui note quotidiennement la santé, les activités, les allées et venues du souverain, à la date du 28 décembre 1611 :

« Le roi, dans son rêve a dit : “Qu’il est beau, qu’il est beau mon Luynes, que je l’aime.” »

Quatre ans plus tard, Héroard précise :

« Le roi avait l’habitude de se relever pour aller dans le lit de M. de Luynes où ils s’amusaient, sans dormir jusqu’à quatre heures du matin. »

En quoi consistaient ces jeux ? Quelle fut la nature des rapports de Luynes et du roi ? La « virilité » de Louis XIII n’est pas discutable puisqu’il réussit à donner deux enfants à la reine. Luynes, lui, aime les femmes. Nous avons la preuve, grâce à Héroard, que ce n’est pas le favori qui cherche les contacts sexuels avec le roi. Peu importe comment leurs corps s’unissent, mais Louis, enivré par cette découverte du plaisir partagé, éprouve une reconnaissance sans bornes envers son initiateur. Luynes n’aurait pas conservé dix ans la faveur du roi, sans qu’une liaison physique ne les attache l’un à l’autre.

Le roi tardant à consommer son mariage avec l’infante d’Autriche. Luynes poursuit l’éducation sexuelle du souverain, et lui propose d’assister à l’accouplement de Mlle de Vendôme, fille naturelle d’Henri IV, avec le duc d’Elbeuf. Laissons parler l’ambassadeur de Venise :

« Le roi est présent sur le lit des époux, et sa demi-soeur lui dit : “Suivez mon exemple, Sire, et faites la même chose avec la reine.” »

Cette leçon n’inspire pas Louis qui refuse toujours d’honorer la reine. Le favori va alors prendre une initiative qu’on aurait du mal à croire, si la scène n’était décrite par Héroard. Le lendemain, 25 janvier, « M. de Luynes obligea le roi à remplir son devoir conjugal. Il dut prendre Sa Majesté dans ses bras et la porter sur le lit de la reine. Le roi s’efforça par deux fois, avant d’y parvenir. Le lendemain, je vis qu’il avait le gland très rouge. »

Peine perdue ! Il faudra attendre encore dix-huit ans pour que cette union donne un héritier au trône. L’amour du roi pour Luynes va toujours grandissant. Ce simple fauconnier est fait duc. Afin de prendre le pouvoir, à l’âge de 16 ans, en 1617, le roi le charge même d’organiser l’assassinat de Concini, le toutpuissant favori de la reine mère.

La mort de Luynes, en 1621, crée donc un grand vide dans le coeur du roi. Le cardinal de Richelieu, qui est parvenu à s’imposer comme conciliateur entre le roi et la reine mère, Marie de Médicis, et comme Premier ministre, pousse dans les bras du roi de beaux jeunes hommes à sa solde. Le roi s’entiche d’abord du jeune d’Esplan, puis de François de Baradat, 19 ans, très beau et musclé. Tallemant des Réaux nous dit : « Le roi fait cent ordures avec lui. »

Mais si Louis XIII a décidé de ne plus désormais mêler ses favoris à la politique, il se plaint au cardinal de… leur hétérosexualité : « Ils ont commerce avec des garces et sont avec elles en perpétuelles picoteries. » À peine croyable : le roi reproche à ses favoris de le tromper avec des femmes !

Richelieu choisit alors le marquis de Cinq-Mars, qui, outre ses qualités physiques, a de l’esprit. Le cardinal compte sur le nouveau favori pour être informé des pensées du souverain et l’infléchir à sa politique. L’ascension de Cinq-Mars est fulgurante, lui et le roi deviennent inséparables. Écoutons Tallemant des Réaux :

« Le Roi aimait éperdument Cinq-Mars. Une fois, le Roi se mit au lit dès sept heures, il envoya déshabiller Monsieur Le Grand, qui revint paré comme une épouse. “Couche-toi, couche-toi,” lui dit-il, impatient. Ce mignon n’était pas encore dedans que le roi lui baisait déjà les mains. »

En 1638, naît le futur Louis XIV. Son devoir conjugal accompli, le roi entend vivre à son goût et il écrit au cardinal : « Pourvu que je sois maintenant hors de toutes ces femmes, il ne m’importe où. »

En fait, il souhaite uniquement la compagnie de Cinq-Mars, mais celui-ci se fait prier. Ce bel homme couvert de maîtresses hésite à partager les étreintes d’un quadragénaire, malade et vieilli avant l’âge. Commence alors une période de disputes incessantes entre le roi et son favori. Le souverain en appelle à Richelieu, ce qui a pour unique effet que Cinq- Mars prête l’oreille aux ennemis du cardinal. Le roi autorise Cinq-Mars à participer au Conseil, mais Richelieu obtient qu’il revienne sur sa décision. Le favori, fou de rage, ravale sa colère et sa haine, mais cet affront le décide à entrer dans une conjuration composée – excusez du peu – de la reine mère et de Gaston d’Orléans, frère du roi, qui projettent, tout simplement, d’assassiner le cardinal.

Le complot est éventé. Effondré, le roi signe, la mort dans l’âme, l’arrestation de Cinq- Mars, qui est jugé et condamné pour haute trahison. Par crainte qu’il n’en dise trop sur ses rapports sexuels avec le roi, la torture lui est épargnée. Il est décapité à la hache. La reine est le seul membre du complot qui n’est pas inquiété. Richelieu la ménage, songeant que la mauvaise santé du roi, pourrait l’amener à devenir régente. Le cardinal meurt cette même année 1642. Le roi l’année suivante.

Indulgents pour les maîtresses des rois, les historiens nient le plus souvent que certains rois ont eu des amants. Même lorsque les preuves écrites de cette grande intimité sont trop éclatantes pour en discuter l’authenticité. Ces « négationnistes » affirment que des rapports charnels n’ont pu exister entre Louis XIII et ses favoris. Allons, bon ! Voilà comment on enseigne encore l’histoire en 2012…
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- Modification par constantin06 le 16/01/2013 - 19:02:26
En 1907 éclate en Allemagne le plus grand scandale politique du Deuxième Reich (1871-1914): l'affaire Eulenburg , qui va déclencher une vague d'homophobie dans la presse et dans l'opinion et dont les répercussions sur la société allemande et internationale seront multiples.
Le Prince Philippe zu Eulenburg (1847-1921), qui ne cache pas vraiment ses préférences amoureuses, est le conseiller et le plus proche ami de l'empereur Guillaume II (1859-1941), monté sur le trône en 1888. De 12 ans l'aîné de Guillaume II, Philippe zu Eulenburg entretient une relation ambiguë avec l'Empereur, et est derrière toutes ses décisions. Guillaume II lui propose de reprendre la Chancellerie lorsqu'au début des années 1890, il démet Bismarck de ses fonctions. Eulenburg préférera rester Ambassadeur de Prusse à Vienne. Ecœuré, Bismarck écrit à son fils que la relation entre l'Empereur et Eulenburg "ne peut pas être mise sur la papier."

En 1907 éclate en Allemagne le
Philipp zu Eulenburg-Hertefeld en 1905




L’affaire Harden-Eulenburg ou affaire Eulenburg désigne le scandale qui secoua le deuxième Reich de 1907 à 1909 suite à une campagne de presse contre l’entourage présumé homosexuel de l’empereur Guillaume II et les procès qui s’ensuivirent. Cette affaire, qui connut un vaste retentissement, est considérée par certains historiens comme un scandale majeur qui ébranla l’Empire allemand.

Depuis que l’empereur Guillaume II a renvoyé le chancelier Bismarck (1890), la realpolitik du chancelier de fer a cédé la place à une weltpolitik expansionniste. Le prince Philipp zu Eulenburg est devenu un personnage éminent aux côtés de l’Empereur après une carrière diplomatique. Le polémiste Maximilian Harden prend Eulenburg pour cible dès 1901 mais sans le citer nommément. Il propage l’idée que l’Allemagne est dirigée par des « invertis malades et dégénérés » qui affaiblissent l’empereur. La Conférence d’Algésiras en avril 1906 consacre l’emprise de la France sur le Maroc, pour l’Allemagne c’est un fiasco de sa politique étrangère. Au même moment l’empereur décide de conférer au prince Eulenburg l’Ordre de l’Aigle noir, la plus haute distinction honorifique prussienne. Harden accentue alors sa campagne de presse dans sa revue Die Zukunft (l'avenir). Ses propos se feront de plus en plus précis en exerçant un chantage contre Eulenburg : s’il ne se retire pas de lui-même, sa vie privée sera mise sur la place publique.

En novembre 1906 une série d’articles ouvre le feu. Dans le premier, intitulé « praeludium », il s’attaque à la clique autour de l’empereur qu’il appelle la « camarilla » ou la « table de Liebenberg » allusion transparente à Eulenburg dont le château dans les marches de Brandebourg s’appelle Liebenberg. Dans le deuxième article, « Dies irae », il présente le chancelier Bülow comme un fantoche. Le vrai pouvoir se trouvant selon lui chez le « harpiste » (Eulenburg) et « douceur » (le comte Kuno von Moltke, gouverneur militaire de Berlin). Seuls les proches du pouvoir peuvent décrypter les surnoms, l’attaque est encore voilée et l’homosexualité suggérée.

Le prince Eulenburg se retire alors opportunément au bord du lac Léman, mais il revient à Berlin fin janvier 1907. Harden publie un nouvel article le 2 février pour dénoncer les intrigues d’Eulenberg, en particulier ses parties de chasse à Liebenberg avec l’empereur en compagnie de "l'ami du châtelain", Raymond Lecomte, conseiller de l’ambassade de France. Il insinue que la « camarilla » est à l’œuvre pour sa diplomatie privée avec ses propres intérêts dont on devine qu'il s'agit des "intérêts des sodomites". Les 13 et 27 avril 1907, Harden reprend ses attaques. Cette fois il précise clairement l’homosexualité de Kuno von Moltke et d’Eulenburg rappelant que l’Ordre de l’Aigle noir avait été conféré à celui-ci alors que la dignité de l’Ordre de Saint-Jean avait été refusée au prince Frédéric-Henri de Prusse en raison de son « inversion sexuelle ».

L’empereur demande aux accusés de se disculper, la période des procès s’ouvre et va amplifier le scandale. Au-delà de la question de l’honneur des amis de l’empereur, il y a également en arrière-plan une question pénale car l’homosexualité masculine est punie au titre du Paragraphe 175 du code pénal en vigueur.

1er procès (octobre 1907)

Moltke c/ Harden

Kuno von Moltke attaque Harden pour offense et non directement en diffamation concernant son homosexualité. Il met ainsi en avant une question d’honneur. Le procès Moltke c/ Harden qui se déroule du 23 au 29 octobre 1907 tourne au désavantage de Moltke. Son ex-femme Lilly von Elbe vient témoigner qu’il n’a rempli son devoir conjugal que les deux premières nuits, puis fait chambre à part. Elle déclare avoir demandé le divorce à cause de l’orientation sexuelle de son mari. Le médecin sexologue Magnus Hirschfeld, pionnier du mouvement homosexuel, vint apporter sa caution en faveur de Harden. Le tribunal débouta Moltke estimant que les dires de Harden étaient fondés.

Bülow c/ Brand

Le chancelier Bernhard von Bülow attaque Adolf Brand, écrivain anarchiste et homosexuel, qui avait écrit dans sa revue Der Eigene que le chancelier était « l’ami des hommes », faisant ainsi un outing politique. Le prince Eulenburg vient témoigner en faveur du chancelier et déclare sous serment qu’il n’a jamais enfreint l’article 175. Adolf Brand est condamné le 6 novembre 1906 à dix-huit mois de prison.

2e procès (décembre 1907/ mai 1908)

Moltke c/ Harden

Le ministre de la Justice prussien devant la tournure des événements casse le premier procès Moltke c/ Harden. Un second procès s’ouvre le 19 décembre 1907. L’ex-femme de Moltke se rétracte. Harden est condamné à quatre mois de prison. Il interjette aussitôt appel de cette décision. Le jugement est cassé pour vice de forme le 27 mai 1908.

3e procès (mai/juin 1908)

Harden c/ Städele

Pour faire tomber Eulenburg, Harden a monté un stratagème : il a demandé à un de ses amis bavarois, Anton Städele, de publier un article dans la Neue Freie Volkszeitung disant que lui, Harden, aurait touché un million de marks d’Eulenburg pour se taire. Cet article permet à Harden d’ouvrir une procédure en diffamation à Munich en Bavière où le ministère public prussien ne peut pas intervenir. À cette occasion il fait citer deux témoins qui affirment avoir eu des relations sexuelles avec Eulenburg. Städele est condamné à une amende que Harden lui rembourse. Suite au procès Harden c/ Städele, le prince Eulenburg est inculpé de parjure et incarcéré le 8 mai 1908. Le procès en correctionnelle s’ouvre le 29 juin 1908 et 41 témoins sont appelés à la barre. L’état de santé d’Eulenburg se détériorant, le procès est interrompu. Il ne reprendra plus, Eulenburg retiré et abandonné dans son château de Liebenberg, produira à chaque fois des certificats médicaux pour éviter la reprise des débats. Il meurt en septembre 1921. Frédéric Pottecher rejoint néanmoins l'opinion de Maurice Baumont en affirmant, sur la base de témoins du procès de Munich et des Mémoires de Bülow, que si Eulenburg avait été jugé, il aurait été acquitté.



Verdict (avril 1909)

Moltke c/ Harden (fin de procédure)

Le procès Moltke contre Harden trouve une issue le 20 avril 1909. Harden est condamné à quarante jours de prison pour préjudice moral à l’égard de Moltke, mais un arrangement est trouvé et la peine est suspendue.
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Merci Constantin, avec toutes ces grandes personnes douées de raisons comme de passions, et qui ont contribué à l'Histoire, on se sent moins seul... :roll:
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http://www.spikednation.com/sites/default/files/emvideo-youtube-yuSrsGzhD9U.jpg Klaus Nomi Klaus Sperber, dit



Klaus Nomi


Klaus Sperber, dit Klaus Nomi, né le 24 janvier 1944 à Immenstadt et mort le 6 août 1983 à New York, était un chanteur allemand. Il apparaissait à la fois comme un chanteur d'opéra hors norme et un artiste de cabaret au look inclassable. Découvert par David Bowie, Klaus Nomi a étonné son temps par sa tessiture très étendue (de basse-ténor à falsetto) et son look extra-terrestre et synthétique. Icône de la scène New-Wave du début des années 1980. Klaus Sperber est né le 24 janvier 1944 à Immenstadt en Allemagne. Il grandit à Berlin-Ouest et se prend de passion pour l'opéra. Après des études de musique et des études au Berliner Opera, il se produit en public une première fois à Berne, en Suisse dans l'opéra Bastien, Bastienne de Mozart. Tous ceux qui l'ont croisé diront de lui que sa culture musicale est universelle. Il s'installe en 1972 à New York, à l'âge de 28 ans. Il évolue au sein de la scène artistique underground de l'East Village. Il se produit dans des cabarets où il propose un spectacle inclassable mélant opéra, musique expérimentale, new-wave. Klaus Nomi est repéré par David Bowie et est engagé par celui-ci pour se produire en tant que choristes avec Joey Arias pour un passage à l'émission télévisée Saturday Night Live le 14 décembre 1979. Admirant le costume porté par Bowie pour cette émission et inspiré de Tristan Tzara, Nomi se fait faire son fameux costume extra-terrestre. Par la suite, il signera son premier contrat sous le label RCA Records et sort trois albums de New-Wave. Son style original plait autant à un public jeune qu'agé. Son public apprécie pour la plupart son look délirant et sa façon de chanter l'opéra. Sa voix extraordinaire pouvait passer du soprano au "général prussien" De son premier album, à la grande surprise de son label, le public préférera ses morceaux "classiques" que ses morceaux orientés vers la pop music. Pour assurer ses dernières tournées, Klaus Nomi, physiquement tres éprouvé sera obligé de se faire des piqures. Quelque temps avant de mourir, il reçoit à Paris un disque d'or. Il meurt le 6 aout 1983 à New York. Il est une des toutes premières célébrités à mourir du sida, maladie alors surnommé "cancer des gays". Lors de l'enterrement, une femme inconnue vetue d'une cape noire s'est jeté sur le cercueil en hurlant. Pendant l'éloge, un orage à éclaté, ce qui n'a rendu la cérémonie plus que magistrale....
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Misterbi
Homme de 43 ans
« Que de peine j’ai pour toi, Jonathan, mon frère! Tu m’étais très cher. Ton amour pour moi était merveilleux, plus merveilleux que l’amour des femmes »

David dans la Bible (2 S 1,26)

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Merci pour ces écrits très précis et enrichissants! Bonne chance pour la suite :)
#88200
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- Modification par naincapable le 11/03/2013 - 14:16:21
message modéré pour non respect de la charte

Socrate n'était pas homosexuels mais comme tous les grands philosophes de sa génération il couchait avec des hommes plus jeunes, non pas pour le plaisir mais parce que en ce temps pour acquérir la connaissance il fallait faire l'amour avec un philosophe. Ne me demander pas pourquoi mais c'était un rituel obligatoire pour connaître tout sur tout.

Mini-encyclopédie ! Bonsoir
#89305
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Misterbi
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Matthias : Il y en a qui doivent etre trés cultivés alors. :roll:

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de nos jours il y a ELLEN DEGENERES et RICKI MARTIN !
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