Le courant est trop fort

Arts et lettres


photo de l'auteur Robot
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Le courant est trop fort

Je ne savais pas où je pouvais poster ça, alors je me suis dit "Art et littérature, ça m'a l'air pas mal ça". Oui, je me parle à moi-même, mais je me soigne. En tous cas, ce soir, j'ai été inspiré. Et j'ai écrit. Cela fait quelques temps que je ne suis pas arrivé à écrire grand-chose, et j'avoue que cela me manquait terriblement. Alors, j'ai ouvert Word, et en quelques minutes, c'était fait. J'avais réussi à transmettre quelque chose. A moi-même. Des émotions sans queue ni tête qui viennent flirter avec mes entrailles. J'ai ressenti quelque chose quand j'ai écrit ceci. Alors, je veux le partager. Je l'ai envoyé à des amies avec qui je partage souvent mes écrits. Et je me suis dit "Tiens pourquoi pas ici?" Again, je me soigne, oui. Je ne prétends pas que cela soit quelque chose qui plaira à tout le monde. Je ne prétends pas non plus être quelqu'un qui écrit bien, je le fais pour mon propre plaisir et ça me suffit. Et quand quelque chose me plaît, j'aime montrer aux autres. Pas forcément pour de la critique bien qu'elle soit la bienvenue, mais juste pour qu'ils lisent et qu'ils apprécient/détestent. Qu'ils aient une opinion sur quelque chose que j'ai pris la peine de taper sur mon ordinateur. Sans plus de tergiversation, voici donc le texte en question :

L’enfant se réveille dans une torpeur sans pareille. Dans ses rêves, il a vu s’écouler le vermeil, et les cris ont perforé ses oreilles. Ses cauchemars sont emplis de guerres, de passions délétères. Ses envies se sont perdues dans l’horreur de ce monde décousu, où il ne règne plus que la peur et la rancœur. Lui qui n’est que curiosité, que fascination, qu’amour, se sent trop différent, et ses désirs s’écorchent, ils s’écroulent sur l’autel du conformisme. Il sourit aux passants, et il n’a droit qu’à de la surprise mêlée à de l’indignation. Il n’a pas le droit de répandre la joie qu’il voudrait pourtant communiquer sans fin, au gré de ses émois. Plus rien n’a de sens. Il voudrait vivre simplement et honnêtement. Il voudrait s’assoir près de la fenêtre à lire un livre jusqu’à en oublier le temps, jusqu’à en oublier la faim et le son de la pluie qui tape contre les carreaux. Il voudrait peindre même s’il n’est pas du tout doué, il voudrait juste s’y essayer sans se sentir jugé. Il voudrait chanter sans se sentir écouté, sans avoir peur d’être ouï par des voisins qui l’accuseraient de faire du bruit. Il voudrait apprendre à écouter son corps, à lui donner ce dont il a besoin sans lui causer du tort. Il voudrait élucider les mystères de son âme, découvrir le secret derrière tous ces drames. Se coucher à pas d’heure, se réveiller par les rayons du soleil qui bousculent les yeux et qui rendent grincheux. Ne pas être gouverné par l’argent, parle temps ou par n’importe laquelle de ces frontières hideuses que l’humanité s’est imposée elle-même. Enfin, il souhaiterait être sans limite, infini dans ses pensées, pas du tout bridé dans ses inspirations et ses passion. Mais le monde est contagieux, trop furieux. Et il s’impose, il expose la pureté aux souillures et aux ratures. Il n’y a que le nom qui lui a été donné à la naissance dont il est certain. Le reste n’est que l’impact de ce qui l’entoure sur lui. Le reste n’est qu’une influence indirecte et inconsciente. Les amours, les dégoûts, les vœux les plus chers sont-ils vraiment originaires de sa personne ou ne sont-ils que le reflet d’une société dans laquelle il subsiste ? Et s’il était né ailleurs ? Et s’il était né un autre jour ? Et s’il s’endormait et qu’il se réveillait dans un siècle ? Tout changerait. Rien ne resterait. Fantôme ambulant au regard dément. Et tout lui fait mal, tout l’accable. La tristesse se trouve à chaque détour, à chaque carrefour. La peine règne en souveraine, la misère est devenue le lot du quotidien. Il garde son sourire, qu’il offre même à ceux que ça révolte. Il n’en a que faire, ce n’est pas pour eux, c’est pour lui. Il aime cette illusion qu’il entretient avec dévotion. Comme quoi il n’a pas été altéré par toute cette laideur qui a gangréné les fondements-mêmes d’un monde où l’espoir n’a plus trop sa place. Il s’engage dans les couloirs en étant hésitant, en tâtonnant et il n’arrête pas d’être optimiste. Au fond, rien ne lui manque. Mais tout également. Il est en colère, il bouille de l’intérieur. Personne ne voit ça. C’est un souffle chaud sur ses lèvres, un désordre dans ses revers. C’est un monstre qui l’enchaîne et qui l’entraîne. Loin, trop loin pour qu’il puisse fuir. Loin, trop loin pour qu’il veuille fuir. Ce sont mille et une aiguilles plantées dans l’épiderme, de manière ferme. Ce sont des baisers factices qui infligent le supplice et qui poussent vers le précipice. Il a tant pleuré, il a tant hurlé. Reviens, qu’il criait. Je serais meilleur, qu’il hurlait. Jusqu’à s’en faire saigner les poumons, jusqu’à en atteindre la déraison. Il y est encore dans cette étreinte, même si sa chaleur s’est éteinte. Trop de mots. Trop de maux. Et il continue à aimer si mal, c’est fatal. Il est invisible. Ou plutôt ce sont ses blessures qui le sont. Il les dissimule bien, trop bien même. Il voudrait s’envoler, l’enfant. Jusqu’à trop s’approcher du soleil. Jusqu’à s’en brûler les ailes.
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