Le maire de Venise en croisade contre les contes sur l'homoparentalité

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Le maire de Venise en croisade contre les contes sur l'homoparentalité

Dans la Venise de Luigi Brugnaro, les livres pour enfants abordant l'homoparentalité n'ont pas droit de cité. Ainsi, le maire centre droit de Venise a décidé l'éradication de 49 ouvrages jeunesse traitant de l'adoption de parents du même sexe dans les écoles maternelles et élémentaires. Dans son viseur se trouvent déjà plusieurs livres pour enfants dont And Tango makes three (Avec Tango, ça fait trois) qui met en scène un couple de pingouins de même sexe qui adopte un bébé.


Ouvrages alloués par la conseillère sortante Camilla Seibezzi, qui avait à coeur d'offrir du matériel pédagogique aux enseignants qui désiraient traiter les sujets de l'adoption des couples homosexuels, ou l'homoparentalité: «Les livres ont été conçus pour être utilisés par les professeurs; ils n'ont pas été imposés aux écoles» a-t-elle déclaré. Distribués dans soixante-dix autres villes d'Italie, ils n'ont jamais rencontrés de problèmes avant.


Le but de la conseillère était avant tout d'offrir «une lecture de la réalité exempte de clichés.» Luigo Brugnaro ne l'entend pas de cette oreille cependant, reprochant non sans ironie, l‘enveloppe utilisée, 9800 euros, pour réunir cette collection d'ouvrages censée ouvrir l'esprit des enfants: «Il doit y avoir une belle économie, florissante, derrière la théorie du genre. Évidemment, de nombreux intérêts pour les enfants. On éclaircira tout cela» a déclaré l'édile sur son compte Twitter.


«Nous sommes en train de parler des meilleures publications pour enfants et non d'une batterie de cuisine dans un téléachat.On invente des problèmes quand on n'a pas le courage d'affronter la réalité» a riposté l'élue sortante. Parmi les ouvrages censurés figurent également le chef-d'œuvre de Leo Lionni, Petit-Bleu et Petit-Jaune (Piccolo blu et piccolo giallo en italien), paru en 1970 où deux couleurs différentes sont si profondément amis qu'elles se mélangent pour créer le vert. «Difficile de voir un message subversif dans cette étreinte chromatique» ironise notre consœur Maria Novella De Luca de La Repubblica.


Plus intransigeante, l'association italienne Scrittori per l'Infanzia (littéralement écrivains pour l'enfance) dénonce des «pratiques autoritaires qui n'ont vu le jour que dans les périodes les plus sombres de l'histoire de dictatures.» Et à Camilla Seibezzi de conclure: «Si nous acceptons la censure de ne serait-ce qu'un seul des 49 ouvrages, la bataille est perdue d'avance et la démocratie mal au point. Car l'école publique a le devoir de représenter et défendre tous les enfants et non seulement une partie.»


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Date de publication : 15/07/2015 à 22:53



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Dans la Venise de Luigi Brugnaro, les livres pour enfants abordant l'homoparentalité n'ont pas droit de cité. Ainsi, le maire centre droit de Venise a décidé l'éradication de 49 ouvrages jeunesse traitant de l'adoption de parents du même sexe dans les écoles maternelles et élémentaires. Dans son viseur se trouvent déjà plusieurs livres pour enfants dont And Tango makes three (Avec Tango, ça fait trois) qui met en scène un couple de pingouins de même sexe qui adopte un bébé.


Ouvrages alloués par la conseillère sortante Camilla Seibezzi, qui avait à coeur d'offrir du matériel pédagogique aux enseignants qui désiraient traiter les sujets de l'adoption des couples homosexuels, ou l'homoparentalité: «Les livres ont été conçus pour être utilisés par les professeurs; ils n'ont pas été imposés aux écoles» a-t-elle déclaré. Distribués dans soixante-dix autres villes d'Italie, ils n'ont jamais rencontrés de problèmes avant.


Le but de la conseillère était avant tout d'offrir «une lecture de la réalité exempte de clichés.» Luigo Brugnaro ne l'entend pas de cette oreille cependant, reprochant non sans ironie, l‘enveloppe utilisée, 9800 euros, pour réunir cette collection d'ouvrages censée ouvrir l'esprit des enfants: «Il doit y avoir une belle économie, florissante, derrière la théorie du genre. Évidemment, de nombreux intérêts pour les enfants. On éclaircira tout cela» a déclaré l'édile sur son compte Twitter.


«Nous sommes en train de parler des meilleures publications pour enfants et non d'une batterie de cuisine dans un téléachat.On invente des problèmes quand on n'a pas le courage d'affronter la réalité» a riposté l'élue sortante. Parmi les ouvrages censurés figurent également le chef-d'œuvre de Leo Lionni, Petit-Bleu et Petit-Jaune (Piccolo blu et piccolo giallo en italien), paru en 1970 où deux couleurs différentes sont si profondément amis qu'elles se mélangent pour créer le vert. «Difficile de voir un message subversif dans cette étreinte chromatique» ironise notre consœur Maria Novella De Luca de La Repubblica.


Plus intransigeante, l'association italienne Scrittori per l'Infanzia (littéralement écrivains pour l'enfance) dénonce des «pratiques autoritaires qui n'ont vu le jour que dans les périodes les plus sombres de l'histoire de dictatures.» Et à Camilla Seibezzi de conclure: «Si nous acceptons la censure de ne serait-ce qu'un seul des 49 ouvrages, la bataille est perdue d'avance et la démocratie mal au point. Car l'école publique a le devoir de représenter et défendre tous les enfants et non seulement une partie.»


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