GPA (un débat apaisé, dans un monde de cinglés)

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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon
Ce sujet est un débat, échangez et partagez dans la bonne humeur

Mon titre est trompeur, je vais moins vous parler de la GPA que des discours que ce débat peut porter en lui.

Mes arguments vont être simplificateurs voire réducteurs, aussi n'hésitez pas à les compléter - contredire et aggrémenter ; je ne suis aucunement un expert en droit, ni en bio-éthique et encore moins en théologie (pour savoir si Dieu est pour ou contre la GPA).

Je suis favorable à celle-ci.

L'aspect de ce débat qui m'intrigue est le suivant ; lorsque l'on parle de GPA comme d'un droit pour des familles homosexuelles, on est (je pense injustement) renvoyé au droit des enfants (que la manif pour tous aime bien à nous rapeller) mais aussi, et ce plus légitimement, au droit des femmes.

C'est ce dernier point qui m'intéresse (aussi ce post peut plus s'adresser aux femmes, et aux féministes en tout genre) - Le droit des femmes s'opposerait pour certains aux droits des familles homosexuelles car la GPA irait de pair avec des logiques "esclavagistes", du moins mercantilistes vis-à-vis du corps des femmes.

Cet argument me semble valable dans la mesure où la GPA est payante, privatisée voire institutionnalisée par une économie de marché quelconque. Or, une GPA comme "don" de soi pour une famille homosexuelle, donc gratuite, semble passer au-delà de cela dans ma façon de voir les choses.

Peut-on donc admettre qu'une GPA gratuite ne s'oppose pas aux droits des femmes ? pardon si un topic est déjà posté sur la question.

Ce qui me scandaliserait serait que le droit des uns se fassent au détriment des autres, mais ce qui me peine est aussi la prétention qu'ont certains à se sentir pousser des ailes féministes (en plus d'un regard qui serait éclairé sur la condition future des enfants nés de GPA sans pour autant avoir jamais vu un de ces enfants) pour s'opposer à la GPA, sans pour autant chercher une seule nuance dans ce débat.

J'aimerai donc savoir si le terrain d'entente proposé au-dessus satisfait tout à chacun ?



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David37
Homme de 46 ans
CHINON

Bonjour,

Je suis pour une GPA gratuite et donc saine à condition que chaque individu impliqué soit en accord avec lui-même dans cette démarche. Sans oublier l'enfant, plus tard, dans l'approche de sa naissance .

Cependant, ne serait-il pas plus intéressant, de rendre accessible l'adoption plus facilement quand on voit tous ses enfants en quête d'amour et de stabilité familiale ? Ces enfants qui connaissent déjà les origines de leur existence et qui ont besoin de se construire au sein d'un couple aimant.


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

il est vrai


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Coldfire
Homme de 20 ans
Paris

Une GPA gratuite porte quand même atteinte aux droits des femmes. L’article 16-1 du Code civil dispose que « chacun a droit au respect de son corps ». A été sacré depuis longtemps le principe selon lequel, le corps humain ne peut faire l’objet d’une convention à titre onéreux ni même gratuit! Le législateur a apporté quelques dérogations tels que le don de sang, de sperme ou d’organe... (parties du corps humain) mais pas du corps humain dans son entièreté, tout ceci en se fondant sur le principe évident du respect de l’intégrité physique de la personne humaine.


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Lauran
Homme de 28 ans
Bruxelles

Adopter un enfant a aussi un coût, me semble-t-il. Alors, pourquoi une GPA devrait-elle être gratuite ? En particulier quand on sait que toute intervention chirurgicale ou visite médical entraîne des coûts pour le patient.

Après, si je comprends bien, selon toi, pour que la GPA puisse être acceptée, il faudra que la mère porteuse ne soit pas être rémunérée ?

Probablement que cela pourrait calmer les esprits de certains... peut-être.

Néanmoins, pour pouvoir rendre cette pratique plus acceptable, peut-être vaudrait-il mieux la "déshumaniser" et la considérer comme une forme de travail; comme les nourrices dans le temps (celles qui donnaient leur lait en échange de quelques deniers).

A mes yeux, je considère la gestation pour autrui comme une forme de "service" pour une tierce personne et correspond plus à une forme de "travail". Et comme tout travail mérite salaire...

D'ailleurs, il faut savoir que les hommes qui font un don de sperme obtiennent une compensation financiaire (du moins en Belgique; j'ignore si c'est le cas en France).


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Tungstenn
Femme de 28 ans
7-7 / Paris

2 remerciements

Bonjour, je vois pas en quoi c'est sain et non esclavagiste blablabla de demander à une femme de vous consacrer 9 mois h24 gratuitement sous pretexte de votre droit à l'enfant

(Clairement, rendre adoptables tous les enfants placés et qui resteront placés jusqu'à leur 18 ans: oui, mais ça je pense que tout le monde est d'accord)


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Urukan
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1 remerciement

Citation de Tungstenn Bonjour, je vois pas en quoi c'est sain et non esclavagiste blablabla de demander à une femme de vous consacrer 9 mois h24 gratuitement sous pretexte de votre droit à l'enfant #283463

Déjà c'est quoi ce "votre droit à l'enfant" ? Il y a cette utilisation du déterminant possessif, deuxième personne du pluriel qui instaure une barrière. Il y a vous et les autres...

Vous vertueuse qui savez très clairement ou sont les limites de la moralité et les autres qui ne le savant pas...

Vous vertueuse, vous avez décidé qu'une femme est esclave quand elle décide librement et en pleine conscience de porter l'enfant d'autres.

Qui a parlé de droit à l'enfant ? Il y a seulement des couples désireux d'avoir des enfants et qui ont de l'amour à donner.

Et pour anticiper, je suis persuadé que vous ne comprenez rien au concept d'alienation, vous qui parlez d'esclavage.

L'alienation c'est quand des personnes se plient à des injonctions morales, comme le fait d'être pudique, d'estimer qu'une femme doit se comporter différement d'un homme et de couvrir certaines parties de son corps alors que l'homme ne le doit pas,

comme le fait que l'utérus et le vagin des femmes soient soumis à beaucoup plus de tabous que le pénis de l'homme parcequ'ils ont été importants dans les lignages et aient été sacralisés.

Vous et votre petite morale êtes la personne qui aliène ici car il y a des femmes qui n'ont on rien à faire des vieux tabous des sociétés sur leur utérus et qui sont prêtes en toute connaissance de cause, par lien familial ou affectif ou qu'importe, à porter le bébé d'autres personnes.

Et ne me parlez pas d'instinct maternel... combien de fois il faudra démontrer que ça n'existe pas...


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

Citation de coldfire #283451

merci pour le message concernant l'état actuel du droit


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

Citation de Tungstenn #283463 merci de résumer mes dires à "blablabla".


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

Citation de Urukan #283464 soyez moins violent s'il vous plait ; même si je partage votre critique.


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

Citation de lauran #283453 Disons que je trouve cela plus acceptable à la vue des réactions autour du sujet ; ça me semble être une solution qui permet l'opportunité de réclamer ce droit, tout en empêchant pas des futurs évolutions. (c'est mon côté réformateur).


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Tungstenn
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2 remerciements

le mot clé c'etait gratuitement, c'est gentil de faire la danse de la pluie, bisous


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Ivysaur
Homme de 26 ans
Nancy

Citation de JulienWild #283425

lorsque l'on parle de GPA comme d'un droit pour des familles homosexuelles

Il est déjà trompeur de restreindre la GPA aux familles homoparentales, celle-ci peut peut s'appliquer à tous types de familles, hétéroparentales et monoparentales comprises. Si ce droit venait à être acquis, il concernerait tout le monde.

Citation de coldfire #283451

L’article 16-1 du Code civil dispose que « chacun a droit au respect de son corps ».

Et c'est plus précisément le 16-7 qui interdit la GPA en France. C'est en effet le cas de la législation actuelle (en France, toujours), mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas amené à évoluer.

Au regard de la libre disposition de soi, il paraît d'ailleurs absurde de l'interdire. Une GPA n'est que l'organisation d'une adoption: l'abandon (accouchement sous X) et l'adoption sont déjà parfaitement légaux, il ne s'agit que d'un pont entre les deux.

Il n'est à aucun moment question de vendre un enfant, les corps de la mère porteuse comme de l'enfant sont donc respectés. Si échange financier il y a, il porte sur la prestation et les frais engendrés: oui, c'est un boulot de porter un enfant.


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Coldfire
Homme de 20 ans
Paris

Citation de Ivysaur #283482

Si j'ai cité cet article, c'est que c'était celui qui me permettait de construire mon raisonnement. On sait que la GPA est interdite en France. Je ne faisais que rappeler l'état actuel du droit, qui sera sans doute amené à changer evidemment.

Et ce qui détermine l'interdiction de la GPA en France ce n'est pas la libre disposition de soi, ou le consentement libre mais le respect de "la dignité humaine".


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Yggdrasil
Femme de 22 ans
Strasbourg

La GPA chez moi, c'est le truc qui pique. Parce que j'arrive jamais à savoir quoi en penser.

La libre disposition de son corps c'est pouvoir utiliser celui-ci comme l'ont veut. Donc dans l'absolu ca devrait être autorisé si l'on suit cette logique ( comme bon nombre d'autre chose, m'enfin c'est pas le débat). Et je devrais être d'accord avec ça car je suis pour la liberté de ce que l'on fait avec notre corps.

Maiiiis c'est plus compliqué car il est sûre que toutes les femmes ne seront pas égales là-dedans. Il y aura forcément des femmes dans le besoin qui feront ça pour essayer de s'en sortir ? et je sais pas, je trouve ca infiniment triste d'accepter, de légitimiser qu'elles en arrivent là.

Urukan a également remballé avant même qu'il ne soit abordé l'argument sur " l'instinct maternelle". Partons du principe que c'est un mythe. Je pense quand même qu'il ne faut pas négliger le fait de porter un enfant et de le mettre au monde. Ca dure quand même 9 mois, tu l'as dans le bide, tu le sens évoluer, grandir. C'est pas rien, tu peux pas rester insensible à ça. Nous sommes bien sûre toutes différentes et aptes à choisir si on peut vivre sereinement en faisant ça, mais je ne pense pas que c'est une raison pour mettre de côté cet argument qui au fond rappelle que non, mettre un enfant au monde n'est pas anondin. Du moins dans notre société actuelle. Que même en étant bien préparée psychologiquement, est-ce que ca suffit vraiment à bien vivre cette "expérience" ? Est-on sûre qu'il n'y a pas de "séquelles" psychologiques ? Perso je ne le suis pas. Sans sacraliser les naissances, je pense que cet argument même si il en fait souvent trop rappele juste que c'est très complexe.

Je suis mal à l'aise avec ca également car j'ai l'impression que ca va dans le courant actuel toujours plus puissant du " tout s'achète." Car ca reste une forme de transaction entre la mère porteuse et la famille.

Ouiiii je sais, on peut surement en dire autant pour l'adoption avec les sommes astronomiques que les parents doivent débourser pour avoir l'espoir de devenir parents. Mais je vois ca différement. Les enfants à adopter son déjà là, ils n'ont pas été fait dans le but d'être donné à une autre famille contre une somme d'argent. Du coup ça me titille.Mais il est vrai aussi que ce seront des "entrées dans la vie" complétements différentes. Il y a le côté " non désiré/non assumable pour x raison " et le côté " désiré/situation adapté à l'arrivé d'un enfant " tout ça. L'adoption et la gpa ne me semblent pas comparables.

Sinon, j'ai aussi la petite voix qui me dit que c'est une solution pour les personnes qui ne peuvent avoir d'enfants et qui ne se sente pas d'adopter. Car c'est un combat difficile et éreintant, que non les orphelinats ne sont pas si blindés que ça ( il y a en france bien plus de couples en attente d'adoption que d'enfants à adopter. Et c'est sûrement comme ça dans de nombreux pays ). Que c'est bien beau bien altruiste de vouloir adopter un enfant, mais que cet enfant à aussi son histoire, quel que soit son âge, et qu'il faut être prêt à affronter ça, tout en sachant que ca peut parfois très mal se passer. Et tout le monde n'a pas les bagages pour.

Il y a aussi des femmes qui adorent vraiment être enceinte (rapport aux hormones et tout le bordel) et de ce fait seraient sûrement très heureuses de mettre à disposition leur corps.

Que si une femme est d'accord et un couple en demande, qui ont est pour dire qu'ils n'ont pas le droit ?

Je pense également que les enfants s'adaptent à tout le temps qu'il y a de l'amour et de la communication. Les utiliser en argument contre me semble tout aussi bête que quand on entend dire que les enfants de familles homoparentales vont finir traumatisés.

Sinon dans le même temps, yavait l'idée de la gratuité. Je ne sais pas si ca me gêne plus ou moins. En imaginant que ce soit "gratuit " mais que tous les frais financiers liés à la grossesse soit payés par le couple adoptant, on serait plus dans une idée de don et non de marchandise. Ya plus l'aspect " j'achète un enfant " qui pique.

Mais si il n'y a pas rémunération c'est quasi certains qu'il y aura beaucoup moins de femmes qui le feront. Mais peut-être le feront-elles plus pour les bonnes raisons ? Mais quelles sont les bonnes raisons ? Ahem !

Puis c'est tout de même 9 mois, énormément d'énergie, h24, ca laisse des traces, c'est risqué.. C'est l'utilisation du corps pour un service, donc il semble tout de même juste qu'il y ait compensation ?

Breef j'arrête là, parce qu'au final vous l'avez remarqué: et bien je ne sais pas !


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

Citation de Yggdrasil #283490 merci, ta réponse est super intéressante car elle synthétise des points de vue (plus ou moins contradictoires) qui me sont aussi assez familiers.

merci beaucoup


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JulienWild
Homme de 19 ans
lyon

Citation de Ivysaur #283482 merci pour les compléments.


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Ivysaur
Homme de 26 ans
Nancy

Citation de coldfire #283486

Et ce qui détermine l'interdiction de la GPA en France ce n'est pas la libre disposition de soi, ou le consentement libre mais le respect de "la dignité humaine".

En effet, la libre-disposition de soi n'est pas ce qui l'interdit mais ce qui la rend absurde.

Citation de Yggdrasil #283490

Maiiiis c'est plus compliqué car il est sûre que toutes les femmes ne seront pas égales là-dedans. Il y aura forcément des femmes dans le besoin qui feront ça pour essayer de s'en sortir ? et je sais pas, je trouve ca infiniment triste d'accepter, de légitimiser qu'elles en arrivent là.

Il y a actuellement des tas de gens contraints de devoir accepter des boulots ingrats pour pouvoir se loger et se nourrir. Est-ce que la solution à ce problème se trouve vraiment dans l'interdiction de certains de ces boulots pour restreindre encore plus le choix de ces personnes ?

Citation de Yggdrasil #283490

Sinon dans le même temps, yavait l'idée de la gratuité. Je ne sais pas si ca me gêne plus ou moins. En imaginant que ce soit "gratuit " mais que tous les frais financiers liés à la grossesse soit payés par le couple adoptant, on serait plus dans une idée de don et non de marchandise.

Mais tout le monde est-il d'accord sur ce que recouvrent l'ensemble de ces frais ?

Parle-t-on simplement les actes médicaux et les déplacements pour s'y rendre, ou prend-on en compte le fait que le femme a dû suspendre ou mettre un terme à son activité ?


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Coldfire
Homme de 20 ans
Paris

Citation de Ivysaur #283514

La libre disposition de soi est limité en droit, par le respect de la dignité humaine, je ne pense pas que le respect de la dignité humaine soit absurde...


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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

"théologie (pour savoir si Dieu est pour ou contre la GPA)"

La situation est assez contradictoire : les théologiens disent qu'il est contre, mais disent aussi qu'il a fait inséminer par l'Esprit Saint la Vierge Marie, laquelle a porté la gestation de son fils. Elle aurait fait cela gratuitement avec l'accord de son mari Joseph le charpentier de Nazareth, qui a adopté Jesus de Nazareth jusqu'à sa majorité. En contrepartie de cette naissance et du deuil de son fils, Marie a été sanctifiée après sa mort. Joseph n'a eu droit à aucun remerciement, son fils peu reconnaissant ayant passé sa courte vie à rechercher son géniteur, et à provoquer les prêtres et le roi Hérode le Grand qui ont eu sa peau en le confiant aux mains expertes des soldats romains de Ponce Pilate préfet de Judée.

Cela semble un peu compliqué mais les histoires de famille ne sont jamais simples, et la GPA complique encore les choses.

"Peut-on donc admettre qu'une GPA gratuite ne s'oppose pas aux droits des femmes ?"

En principe actuellement le droit des femmes est de faire ce qu'elles ont envie, sur le modèle des hommes. Il me semble que dans ce contexte si elles ont envie de porter l'enfant d'un autre on ne devrait pas les en empécher. Le souci c'est que porter un enfant coute déjà naturellement et médicalement cher. Et que la pauvreté, ou le besoin tel que changer de voiture ou partir en vacance par exemple, peut renchérir le procéssus. La gratuité strito-sensus est donc un leurre. Pourtant il existerait des solutions éprouvées pour que la morale soit sauve. Je pense par exemple aux gens ayant fait fortune sur le dos des pauvres qui reversent une partie de leur gains à des fondations charitables, cela fonctionne en gros sur le modèle de la compensation carbone. Personnellement je trouve qu'elles ont bien mérité une gratification pour les efforts que la gestation nécessite, même s'il est entendu depuis la nuit des temps qu'elle le doivent gratuitement eu égard à leur condition féminine.


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