Parce qu'on a tendance à l'oublier - Page : 2

Café du commerce


photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Parce qu'on a tendance à l'oublier - Page : 2

Lindos, merci pour tes posts instructifs. Cela nous permet de rester au courant des dernières évolutions, des enquêtes et des termes employés. Je me dis que si un jour, je suis interrogé en pleine rue, je saurai quoi répondre :)

Sur les termes (PrEP, Truvada, TasP, TPE, prophylaxie diversifiée (et combinée) ou « safer sex », fenêtre de séroconversion), l’inclusion au don du sang des HSH en juillet 2016 (sous réserve d’une période d’abstinence de 12 mois), L’introduction de la PrEP en France en Janvier 2016, la proportion élevée de nouvelles contaminations chez les HSH (44% du total chez les hommes) et qui ne baisse pas depuis plusieurs années, la résurgence des autres IST (Gonococcies, Syphilis) que l’on ne peut prévenir que par le préservatif, etc.
0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Enneathusias,
"Je me dis que si un jour, je suis interrogé en pleine rue, je saurai quoi répondre :) "

ah ah je suppose que tu plaisantes ^^

En fait les points d'information sur les épidémies sont comme les points d'information sur l'état des routes et les bulletins météo. Ils ne sont pas impératifs, mais leur connaissance est utile à l'organisation de notre sécurité.

Et je ne suis jamais d'accord lorsque des acteurs de prévention se disent partagés entre l'obligation d'informer sur les risques et les moyens de les prévenir - toujours organisés en poupées russes emboitées faillibles individuellement, et la crainte de provoquer une peur panique toujours pire que le mal ou d'entrainer des exclusions tout aussi péjoratives. Car quand on s'engage sur une route pour rouler jusqu'à 36 m/s les gens paniqués restent rares, et les points d'information ou bulletins météos ne sont qu'une ultime sécurité. Et pourtant avoir un accident à 36 m/s laisse des traces pendant des mois quand ce n'est pas des années ou toute une vie.
0

photo de l'auteur clenake
Clenake
Femme de 40 ans
Tours

3 remerciements
Bonsoir à tous 🙂

Et bien.... D'abord merci pour toutes ces infos.

Moi qui croyais être plutôt bien informée, j'ai pris une sacrée claque !
Je devais quand même m'en douter puisque j'ai mis 3 jours avant de m'y mettre.
Faire l'autruche quand on est seule ou pas vraiment "à risque", passe encore, mais j'ai 3 ados !
Et franchement en voyant les trous béants de mon éducation sur le sujet, j'ose même pas imaginer le peu que mes gosses savent....
C'est pas faute d'en parler régulièrement avec eux, mais vraiment pas assez bien apparemment !

Et l'école ! Ah la bonne blague leur super cours sur la sexualité. Moi j'avais eu le droit d'enfiler une capote sur une banane ! Je suis pas sûre que ca ait beaucoup changé depuis.
J'en reparlerai avec eux, mais je crois me souvenir que c'était à peu près du même niveau que Le cours type des années 90.
Autant dire, minable.
Je ne comprends pas que l'éducation nationale ne fasse pas mieux aujourd'hui.
Bref.

Finalement, j'ai l'impression que la plupart des gens ne sont pas mieux informés qu'il y a 20 ans alors qu'on a tout ce qu'il faut pour ca.

@Lindos sur les graphiques, il n'y a rien concernant les lesbiennes. Elles n'ont pas été prises en compte ? Elles ne sont pas concernées ? Il n'y a pas de stats pour elles ?
Merci d'ailleurs pour la vidéo RLLTP.

EDIT : Si vous connaissez un site pour les ados, bien fait (et qui les dégoutera pas à vie du sexe !) que je pourrai leur montrer, je prends avec plaisir et reconnaissance 🙂
0

photo de l'auteur romance83
Romance83
Homme de 52 ans
Saint-Raphael/Frejus
[b] EDIT : Si vous connaissez un site pour les ados, bien fait (et qui les dégoutera pas à vie du sexe !) que je pourrai leur montrer, je prends avec plaisir et reconnaissance 🙂[/quote]

ce site est pas mal fait je trouve !
http://www.onsexprime.fr/
0

photo de l'auteur clenake
Clenake
Femme de 40 ans
Tours

3 remerciements
Merci Romance83 🙂

Je vais regarder tout ca.
0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Il est pas mal ce site pour ados.

Certes dès l’âge de majorité sexuelle ont est sensé savoir maîtriser la sexualité, ou presque lol, mais cela peut tout de même être perçu comme compliqué et inqiétant au début. Pour moi il y a ce qui est vital ou primordial, et il y a le reste qui s’acquière au fil de l’ expérience.

Un des objectifs vitaux c’est d’éviter de s’infecter et de dépister trop tard une maladie potentiellement mortelle ou qui laisse des séquelles, notamment ne pas attendre d’avoir des symptôme de Sida avant de penser à dépister le VIH.
Un autre est d’éviter une agression, pour le coup d’origine bien humaine.
Un objectif primordial est par exemple d’éviter de faire un bébé quand on est ado, car notre société y est mal adaptée et que cela peut avoir des suite lourdes à gérer.

Il en découle quand on est pas une population surexposée aux risques, des moyens standards tels qu’utiliser autant que possible des préservatifs, se faire dépister régulièrement pour les principales IST en attendant jamais plus de 3 ans à cause du VIH, et ne pas attendre pour consulter un médecin en cas de doute sur un symptôme mal placé.

Évidemment il vaut mieux lire en détail les conseils des sites, ne serait que pour se faire une idée des situations ou symptômes qui doivent éveiller la vigilance, ou pour réagir ou anticiper des dépistages en cas de besoin. Mais il ne faut pas non plus devenir hypocondriaque, il y a une large marge pour le plaisir entre l’inconscience et l’angoisse, entre se préoccuper de rien et se précipiter pour se faire dépister dès qu’on a goûté à un fruit défendu. Or c’est encore souvent le cas, il y a des tas de dépistages qui servent plus à rassurer qu’à dépister quoi que ce soit, pendant que des gens prennent vraiment des risques sans jamais se faire dépister.

Pour des gens qui sont des populations à risque, comme les jeunes gays masculins, c’est plus complexe comme le montre ce topic. Notamment les dépistages doivent êtres plus fréquents et pas moins de un par an, les traitement post exposition VIH, etc. Pour le reste les ados sont plutôt prudes avec leur maman, elle n’est peut-être pas la mieux placée pour leur donner des moyens précis ^^
0

photo de l'auteur clenake
Clenake
Femme de 40 ans
Tours

3 remerciements
Franchement on parle de tout sans tabou en famille et ca vient autant d'eux que de nous.
J'ai 2 filles de 18 et 15 ans et un garcon de 14 ans.
Je leur prends pas la tête tous les 4 matins mais je les préviens des risques en fonction des situations et s'ils veulent en parler y a pas de problème.
Un exemple : la grande a fait sa 1ére boite y a pas très longtemps, le 1er truc que je lui ai dit c'est de pas quitté son verre des yeux.
Et elle comprenait pas pourquoi je lui disais ca. Je lui ai expliqué et maintenant elle est prévenue.

C'est pareil avec les 2 autres, peu importe le sujet.
Tant qu'on leur parle comme à des adultes en leur expliquant les choses simplement, peu importe leur âge d'ailleurs, ils comprennent très bien.

C'est pour ca aussi que ca me gonfle tellement que l'éducation nationale soit aussi minable sur tous ces sujets avec les ados.
Surtout que la plupart n'ont pas la liberté de poser des questions chez eux, comme c'était mon cas d'ailleurs.

La prévention devrait être une priorité au lieu de passer leur temps à changer les semaines de 4 à 5 jours tous les 3 ans, c'était déjà comme ca pour moi !

Ca me dépasse
0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
"Ca me dépasse"

On a en effet en France un petit souci pour budgétiser les préventions, qui sont soit prises en charges en temps masqué par les spécialistes intervenants sur les accidents, soit par des associations de moins en moins financées par l'état, soit par l'intéressé lui-même à qui il est légalement imposé de payer une prestation à une société de prévention privée, ou bien à défaut de tout cela une assurance rembourse les dégâts ou soins de santé en cas d'accident.

Alors pour les gamins des écoles il ne reste que des miettes de prévention parmi des milliers d'heures de cours.
Peut-être faut-il qu'ils apprennent seuls à survivre dans un monde qui n'est pas dénué de risques mdr.


Message édité...

D'abord ce reportage sur une grande première, les étudiants en quatrième année de médecine s'initient au dépistage du VIH :
https://www.allodocteurs.fr/embed/media/47866?autoplay=1

Deux analyses contradictoires forts intéressantes sur les mauvais chiffres français pour le VIH en 2016, qui prolongent un débat qui dure depuis des années en France, safersexe versus prévention médicale :
Encore un 1er décembre sans capote! de Hervé Lapatie sur le blog Médiapart
Des chiffres tristes et un réel besoin d’innovation en dépistage et prévention diversifiée de Gilles Pialoux sur vih.org
0

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Voila j'ai déménagé et changer de medecin traitant.

Je demande a ma docteur des tests sanguin et Mst (vih hepatite et clamidia) pour savoir ou j'en suis niveau santé.

Ce matin au labos par curiosité je leur demande quels tests MST elle a mis!

On me repond AUCUN.

Alors je peux vous dire que je suis en colere contre ma medecin et que j'ai hate de savoir la raison!

Homophobie ou simplement oubli??
0

photo de l'auteur romance83
Romance83
Homme de 52 ans
Saint-Raphael/Frejus
@Veluma
Il suffit d appeler ton médecin et lui demander! Ne te gènes pas surtout
Après le mieux c'est de faire ca dans un centre anonyme et gratuit (CeGIDD) a l hôpital , ils sont très compétant vraiment,,,
0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Avec un peu de retard, lien vers le très bon dossier audio sur la PrEP du Magazine de la Rédaction de France Culture du 19 janvier 2018 : La PrEP est-elle la pilule miracle anti-VIH ?.

Je cite :
Depuis deux ans en France, il est possible de prendre du Truvada, et maintenant même, le générique de ce médicament, pour rester séronégatif. Une alternative au préservatif pour certains. Un mirage pour d'autres qui montrent la PrEP du doigt : ce traitement préventif serait trop cher, trop lourd, il remettrait en cause trente ans de messages en faveur du préservatif, et surtout il ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles. Il y a désormais en France environ 7 000 personnes qui ont recours à la PrEP.

Mon avis :
Tout le monde avait raison comme c'est souvent le cas quand les gens ne sont pas tous d'accord, puis les postures finissent par converger et c'est me semble-t-il le cas dans ce dossier. Sauf qu'on est dans la situation où en l'absence de conducteur de travaux, pour être plus au sec on aurait construit en urgence le toit d'une maison en négligeant ses fondations, et les nuages menacent toujours. Bref on est encore loin de pouvoir maitriser les épidémies d'IST dont le VIH.
0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Très bonne intervention de l'association Aides à l'occasion du Sidaction qui commence le 23 mars prochain : [url=https://www.francetvinfo.fr/sante/sida/sida-l-etat-s-est-retire-des-dispositifs-de-prevention-denonce-l-association-aides_2667428.html]L'État s'est retiré des dispositifs de prévention à destination des jeunes[/url].

Bon je ne vais pas chercher à le paraphraser, mais plutot à expliciter les craintes qui se cachent derrière.

Tout est parti de la réactualisation par le Sidaction du manque d'information des 15-24 ans sur la prévention des IST dont le VIH, manque qui est bien réel, et se traduit dans les sondages d'opinion commandés annuellement par le Sidaction. Lequel Sidaction a pour vocation d'alerter sur les risques du VIH, et récolter des fonds pour la recherche contre le virus.

Risques beaucoup moins clairs dans les statistiques, qui montreraient qu'au cours de la dernière décennie l'incidence du VIH augmenterait surtout chez les jeunes des populations surexposées (gays, etc) mais resterait globalement stable dans la population générale. Ce qui semblerait rassurer les autorités, qui ont délégué depuis des années la prévention aux associations intervenant auprès des populations à risques (quoique moins vrai concernant les migrants). Autorités qui ont aussi suivi l'avis des médecins et associations leur recommandant de concentrer leurs efforts financiers sur les foyers d'infection, au-travers de la prévention médicalisée (PrEP).

Moyennant quoi c'est un peu le calme plat pour la prévention dans la population générale, et en particulier les plus jeunes. Dans le contexte où il y a encore pas loin d'un milliers de personnes qui commencent un Sida tous les ans, majoritairement après avoir été dépistées (et mises sous traitement) tardivement. A comparer avec les 6000 personnes dépistées séropositives tous les ans dont la moitié de gays, et aux plusieurs dizaines à centaines de gens mourant spécifiquement du Sida tous les ans (chiffre non publié en France).

Mais alors pourquoi des associations comme Actup France pendant des années seule au front, Sidaction ces dernières années, ou encore Aides dans cet article, s'acharnent-elles à mettre en garde contre la pénétration du VIH chez les plus jeunes ? Parce que l'expérience montre, notamment en Afrique ou en Asie, que lorsque le VIH infecte les plus jeunes c'est une bombe à retardement.

Les IST déjà difficiles à dépister et maitriser chez les adultes deviennent périlleuses chez les plus jeunes, dont la sexualité est sans doute moins complexe, mais plus impérative, impulsive, émotive et pudique, qui sont moins autonomes que les adultes et moins accessibles par les associations de prévention, et dont d'orientation sexuelle est moins précise et susceptible d'atteindre les hétéros (même si c'est plus vrai dans les pays traditionnels où les jeunes sont très infectés et où la prostitution peut être initiatrice de la sexualité ou alimentaire). (§ édité)

Ce n'est pas en interdisant plus strictement la sexualité entre les moins de 15 ans et les plus de 18 ans - tel que le prévoit un projet de loi en cours - que le VIH ne trouvera pas des brèches, car la puberté et sexualité sont de plus en plus précoces et les plus jeunes n'ont pas tous compris la prudence qu'on attend d'eux. Et qu'ils ne risquent pas de la comprendre si on leur explique pas.

Bref comme souvent en France les spécialistes alertent sur la légèreté de la prévention, y compris les soignants lorsqu'ils sont débordés.

A mon avis c'est une alerte à ne pas prendre à la légère même si on peut comprendre que pour récolter des sous le Sidaction doit un peu effrayer les porte-monnaies ^^

édité... Pour ceux qui s'intéressaient au détail des statistiques que j'ai évoqué brièvement : http://www.corevihest.fr/ckfinder/userfiles/files/Autres/DonneesEpidemiologiquesVIHParCorevih_Janvier2018.pdf


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Des nouvelles du front :

Dépistage du VIH et des IST : le CNS recommande la notification formalisée aux partenaires.

Je sais pas si vous avez remarqué mais malgré les progrès constants de la médecine, au mieux on parvient dans les pays occidentaux à globalement stabiliser la progression des IST et maintenir à peu près les gens infectés en vie, au pire cette progression est préoccupante dans le reste du monde, et les IST ne semblent pas être au courant qu'il existe des fontières.

C'est vrai notamment pour le VIH, mais pas que.

Parce que les marges de progrès sont grignotées par les vulnérabilités, les comportements, et astuces des germes pathogènes.

Les dépistages tardifs après que les symptomes apparaisent contribuent à cette diffision des IST, mais peuvent aussi potentiellement nuire gravement à la santé de ces partenaires notamment dans le cas du VIH.

C'est probablement dans ce contexte que le Conseil National du Sida, conseilleur des pouvoirs publics français, vient de relancer l'objectif de notifier aux partenaires des personnes nouvellement dépistées positive à une IST, la recommandation de se faire eux-même dépister. Cette notification serait formalisée et accompagnée.

Le sujet est visiblement compliqué dans un pays de droit comme la France, où l'état de santé d'une personne doit pouvoir rester confidentiel sauf décision contraire de la personne, où le secret médical doit être respecté par les professionnels de santé, et où les dépistages peuvent être anonymes.

Il est analysé par un spécialiste dans cette publication :

http://vih.org/20180326/depistage-du-vih-et-ist-cns-recommande-notification-formalisee-aux-partenaires/140042

Si j'ai bien compris cette notification serait basée sur le consentement libre et éclairé de la personne nouvellement dépistée positive, une formalisation et un accompagnement l'aiderait à prendre la bonne décision.

De la même façon les partenaires notifiés seraient accompagnés dans leur démarche de dépistage par des professionnels de santé formés pour, dont les centres de dépistage (GeGIDD).

Personnellement je trouve que si les gens ne passaient pas leur temps à empiéter sur les droits des autres, ce qui les oblige à protéger les leurs, tout ce qui relève de la prévention trouverait naturellement sa place dans un dossier de santé électronique unique, plutôt que des avis médicaux et notifications dispersés. Même ma voiture en a un, pourtant elle n'est qu'un outil servile (mais que je respecte et entretiens car il me coute cher mdr) .

Concernant le sujet je trouverais normal que chacun doivent assumer ses responsabilités et notifie les risques graves qu'il fait prendre aux autres, mais c'est devenu tout aussi culturel en France de ne pas assumer nos responsabilité, il parait que c'est ce qui fait notre charme ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

source : Affiches - Le VIH : Les clefs pour comprendre

http://vih.org/20180406/vih-clefs-comprendre/140073

Des affiches pour mieux comprendre l'état des connaissances sur l'épidémie de VIH en France en 2017 à partir des dernières statistiques consolidées 2016, et sur la prévention du VIH en 2018.

Elles sont réalisées par le Crips Île-de-France et Vih.org :

http://vih.org/sites/default/files/vih.org/expoa.jpg

http://vih.org/sites/default/files/vih.org/expob.jpg

http://vih.org/sites/default/files/fichierattaches/8620expo-vih-crips-vih.org_.pdf

Elles ont pour origine cette très bonne brochure, que tout gay masculin devrait avoir lu : Le VIH en 2017 - Les clefs pour comprendre

http://vih.org/sites/default/files/fichierattaches/vih2017.pdf

Présentée de façon claire et compréhensible.

Rien de surprenant, si ce n'est le fameux objectif de l'OMS des 90x90x90 en 2020 qui n'aurait aucune chance d'éradiquer le VIH même s'il était atteint, et que les spécialistes s'entêtent à écrire "prévention diversifiée ET médicale", alors qu'une prévention non combinée existe rarement (sauf vaccin efficace ou prévention dite passive) et que le simple fait d'utiliser la syntaxe ET indique une combinaison de préventions. Cela peut sembler secondaire mais c'est un concept fondamental à une prévention efficace.


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Encore des news intéressantes...

La vaccination contre l'hépatite B reste insuffisante chez les homosexuels :

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/la-vaccination-contre-l-hepatite-b-reste-insuffisante-chez-les-homosexuels_123922

En effet s'il y a des gens qui doivent impérativement être vaccinés contre le VHB ce sont bien les gays masculins, or apparemment c'est encore loin d'être le cas alors que c'est une hépatite qui peut être traitre à long terme.

Plus impressionnant, ces images in vitro de cellules infectées par le VIH qui « tirent » littéralement sur les cellules des muqueuses, et en moins de deux heures la « contamination » est pliée :

https://www.youtube.com/watch?v=OS8R1tx9e5Q


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Je vais finir par passer pour un gêneur mdr ^^

Mais voilà que des spécialistes, gastoentérologues et proctologues apparemment, se plaignent dans une tribune publiée dans Le Monde de l'augmentation alarmante des cancers de l'anus alors qu'il existe des vaccins contre le papillomavirus humain (HPV), que les gays et bi masculins sont de plus en plus touchés, que la couverture vaccinale est insuffisante en France contrairement à des pays étrangers comparables, que dépisté suffisamment tot ce cancer se soigne plutôt bien quoi que pouvant laisser des séquelles handicapantes. En outre le virus peut provoquer des condylomes ano-génitaux difficiles à soigner et souvent douloureux.

La tribune du monde n'est pas en accès gratuit dans sa totalité :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/05/16/en-moins-de-trente-ans-l-incidence-du-cancer-anal-a-ete-multipliee-par-au-moins-trois-dans-la-plupart-des-pays-occidentaux_5299575_1650684.html

Mais l''info est reprise par de nombreux média de santé, notamment:

https://www.santenews.eu/lincidence-du-cancer-anal-a-ete-multipliee-par-au-moins-troi/

https://www.francetvinfo.fr/sante/cancer/cancer-anal-des-medecins-appellent-a-briser-le-tabou_2755315.html

Noter que en principe la vaccination est déjà recommandée en France pour les HSH (gays masculins et bi) depuis 2016, mais apparemment pas assez suivi des faits.

Je cite :

Pour les hommes ayant des relations avec des hommes (HPV), la vaccination HP est recommandée jusqu'à l'âge de 26 ans pour la prévention de des lésions précancéreuses anales, des cancers anaux et condylomes. Le vaccin peut être proposer dans certains CEGIDD ainsi que dans certains centres public de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination

Un vaccin quel qu'il soit présente un bénéfice-risque, on peut déduire de cette recommandation que pour les HSH le bénéfice est supérieur aux risques (comme pour les vaccins contre les hépatites B ou A).


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Re...

Dans un monde ouvert ce n'est pas neutre : le VIH progresse spectaculairement chez les 15-25 dans de plus en plus de pays dits du sud , notamment chez les jeunes gays. Cette vidéo sur la Chine vient d'être publiée par la chaine France24, mais les nouvelles sont alarmantes un peu partout dans les pays traditionnellement conservateurs qui s'alignent rapidement sur le mode de vie occidental sans avoir mis les moyens préventifs en face. Mon sentiment est de ne pas de les exclure mais de se (et les) protéger, et de les conseiller lorsqu'on les rencontre ici ou ailleurs...

VIH en Chine : la jeunesse particulièrement exposée : https://www.youtube.com/watch?v=fxIhH7GNiVE


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

La journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre approchant, c’est la saison des publications bilans de l’année précédente (2017) et analyse des tendances de l’épidémie.

  1. Au nouveau mondial le nombre de nouvelles infections apparaît se tasser légèrement ainsi que les décès directement liés au Sida, et corrélativement le nombre de personnes infectées augmente toujours mais plus lentement. Ce qui fait penser aux spécialistes que l’épidémie pourrait être enrayée à terme avec nos outils actuels à certaines conditions. Perso je demande à voir, les outils m’apparaissent encore complexes, les conditions pas si restrictives et trop souvent loin d’être atteintes.

Je ne suis pas surpris que le mot d’ordre de cette année reste dans le registre de l’urgence : « Connais ton statut ! », autrement dit fais-toi dépister si tu le peux.

Pour en savoir plus :

http://www.unaids.org/sites/default/files/media_asset/UNAIDS_FactSheet_fr.pdf

  1. La France publie des études plus anciennes dans son BEH de fin novembre, dont l’une s’inquiétant pour les seniors ,chez qui les découvertes de séropositivité augmentait jusqu’en 2016. On va voir qu’elles augmentent probablement toujours en 2017, et que l’article vaut vraiment d’être lu par les seniors.

Pour en savoir plus :

http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/40-41/pdf/2018_40-41.pdf

  1. Le point épidémiologique de fin novembre sur les infection par le VIH et les IST bactériennes est toujours très attendu. Manque de chance cela fait la deuxième année consécutive que les statistiques ne sont pas consolidées, l’année 2016 ayant déjà été approximée par manque de données. La moitié de l’analyse 2017 porte sur les sous déclarations ou retard de déclarations obligatoires...

Pour en savoir plus :

http://invs.santepubliquefrance.fr/content/download/141597/512251/version/4/file/Point_VIH_SIDA_281117.pdf

  1. Comme l’autre moitié de leur analyse suggère que les données brutes sont suffisamment indicatives en valeurs relatives , et que santé Publique France publie ces données brutes sous forme agrégée sur un site de type base de données VIH, j’en ai fait quelques courbes sur mon tableur préféré qui n’ont d’intéret que pour exprimer des tendances.

Données brutes françaises des découvertes de séropositivité VIH entre 2009 et 2017 :

https://lh3.googleusercontent.com/db6NQ-zcgvVdDZJTxyrHgU16HezFix5SJlBhGYWRb-HacfltvohRPeHWw9SB77BBMU8qoid7QXDumNwMFHoxyv3FRroU3USLfZsW756Yet19ZYfgMCpIkgFq-rj-5cMERxjNRq1iS6I=w2400

Ces résultats ne semblent pas beaucoup varier en tendance lourde, malgré des efforts significatifs dans la lutte contre le VIH ces dernières années, suggérant des disparités dans leur décomposition en détail.

Données brutes françaises des découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination entre 2009 et 2017 :

https://lh3.googleusercontent.com/bP5-wiOj2opdNZ6K8cQi3cBJ0LTjH_G0YCW98aYaaKQysD-c9HtZKgWG6fqWpry4iZ7qq32uwbv8NPD-tmr02GDbRdkwYp2OoR60AuRF3aTEfz7OaeGDn3wniVCkjp7qATKCv-qkezA=w2400

J’ai pas grand-chose à en dire, l’affectation des orientation sexuel n’est pas nécessairement fiable chez les populations sub-sahariennes, et l’émergence de nouvelles populations à risque ne rentre pas non plus nécessairement dans ces critères.

Données brutes France des découvertes de séropositivité VIH par âge :

https://lh3.googleusercontent.com/z1Q4ZGlN6VJFjCPCi9AflsKGypkFXgkMmeGzJM_f_F52uGgTEp02Q_I0yBpspp0TRzlwzIfKqzyeXrntpI0hLTOPgMecyX9qyOMVGfoM4eZjTtnxQa8t3T5s5Vn3Uy0uZx3Ge9s2IFo=w2400

Ces courbes apparaissent intéressantes car on y retrouve une contraction de l’épidémie chez les hommes matures, le cas préoccupant des seniors masculins, et le cas des juniors masculins qui de mon point de vue serait beaucoup plus clair si le regroupement se centrait sur les 15-25 ans.

La situation des juniors masculins cumulant tellement de facteurs défavorables en France, notamment le relâchement de la prévention conventionnelle par le préservatif, ce serait la situation inverse qui serait une surprise. Elle est injuste pour la population vulnérable des moins de 25 ans, et potentiellement dangereuse pour la population générale, notamment pour les filles (cf les pays africains).

Ces résultats résultent des efforts thérapeuthiques, et dans une moindre mesure de prévention et vigilence qui sont à la baisse, tout relachement conduirait probablement à une dégradation.

  1. Evolution du nombre de diagnostics d’infection à gonocoque, France, 2004-2017 :

https://lh3.googleusercontent.com/lh3AECAOt9bY5vQalmISaYPwwHgkXa0VsJYV1ePB462hUO4j0qFaTvxQZypYSlWwN3lZfNK4MLNkAWBl0MvEfxI0PEHnV9jrAZWm-8CdCziIJZLgEMzpWAeH0H7fnFJswlhLZR6FtRw=w2400

Cette courbe qui continue a augmenter de façon vertigineuse montre que les gonocoques, autrement la "chaude pisse" ,se sentent tout-à-fait à l'aise chez les gays masculins qui ne mettent pas de préservatifs.

  1. Si on veut être complet il faut mentionner cette synthèse publiée sous forme de brochure par le Crips-Île de France, "Le VIH les clefs pour comprendre", plutot bien faite même si elle apparait snober un peu le préservatif :

http://vih.org/sites/default/files/fichierattaches/vih2019.pdf

Dans le prochain post des nouvelles plus optimistes ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
  1. En France la ministre de la Santé vient de promettre un cadeau de Noël : dès le 10 décembre 2018 les médecins pourront prescrire une marque de préservatifs remboursable par la Sécurité Sociale (Eden du laboratoire français Majorelle).

Cet outil vise sans doute à offrir une meilleure équité entre la protection conventionnelle par le préservatif, et la prophylaxie du VIH par traitement pré-exposition (PrEP), et lutter contre la progression rapide des IST bactériennes.

Source :

https://www.franceinter.fr/sexualite/preservatifs-rembourses-une-decision-importante-se-felicite-aides

Maintenant allons voir chez nos voisins, qui semblent en meilleure posture statistique, à la fois par la qualité du thermomètre et la température du malade.

  1. En Suisse, évolution des déclarations VIH de laboratoire, par sexe et années :

https://lh3.googleusercontent.com/6By-eNzoxK_XDxXEqu6Z9CJIR5wK0mEW6r4d9kX6fSYWAIdHAk1MlBXKipzR1F8ysD4_MG-axKxqJb-oU9_5Cn9dvQJ7Sk6rGoyXHh-ohUOW_rYx7ugKEMdnR6H6GNDvQtfHL1tag3U=w2400

Source :

https://www.aids.ch/fr/questions/test-vih/chiffres.php

  1. En Belgique, Évolution du nombre annuel de nouveaux diagnostics d’infection par mode de contamination :

https://lh3.googleusercontent.com/tLdRAOdWh-x07RIqX_3IrwFlO9D-xIgeE5aFBmTNlLpOp8eUm5Q98zwGqODjQ7VteMGOnXmR4DDsOyWlcw27KD54QQo5zE8d1ClTgxzhbJ0bggEvhzcYiV9mH7i5GCgd18Tjy6umns4=w2400

Source :

https://www.sciensano.be/sites/www.wiv-isp.be/files/rapport_vih-sida_2017_web.pdf

  1. En GB, New HIV Diagnoses by Year of Diagnosis and Probable Exposure Route: UK, 2008-2017 :

https://lh3.googleusercontent.com/7S2Qbv01l035F4agCX3XVu0O_GXg3X72NiONhXGPhww5vthbBM6mvgd2NtBJsFEBHN5Gp69fX6aJcDTFDL_sY7risgFAESxGQ3VqRQK89CUcT2jYd2j31aC-7S6Tmgnl3F_I6qmDmf4=w2400

Source :

http://www.thebodypro.com/content/81344/hiv-diagnoses-in-uk-drop-for-third-year-among-all-.html?ic=2005

  1. En Allemagne, nb estimé de nouvelles infections VIH par type de transmission 2017 :

https://lh3.googleusercontent.com/G1Mpr7c4UL2Z2Rm3x46L342FsENir4tJU1M40iVq_UCAst4kk5AYSJmY2Ol_z_DwvBzzUaiWcdiwqovejsEr1Vn0J3IVJGw7EyVxyw1xow6N5jS3lgyeqOxy1nxdGHhuJetuWdNMH8g=w2400

Source :

https://www.rki.de/DE/Content/Infekt/EpidBull/Archiv/2018/Ausgaben/47_18.pdf?__blob=publicationFile


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

re...^^

Intéressante étude actualisée de l’Observatoire de la Santé de l’Ile de Franc, datée de décembre 2018, qui fait le point sur la situation du VIH en IdF entre 2009 et 2018 autrement dit y compris 2017 :

http://www.ors-idf.org/files/ile_de_france_vih_sida.pdf

Noter d'abord que si le nombre annuel de découverte des nouvelles infections est le paramètre le plus pratique à suivre, son augmentation temporaire peut aussi bien résulter d’une extension de l’épidémie, que d’une campagne de visant à réduire le nombre des personnes séropositives (au VIH) non diagnostiquées (mais dans ce dernier cas ce nombre devrait décroître ultérieurement sauf source d’infection externe à cette population).

C’est sans doute la raison pour laquelle cette étude s’intéresse aux nouvelles découvertes de séropositivité en IdF versus France entière agrégées sur 5 ans, une évaluation statistique des personnes non diagnostiquées (en 2014), à l’activité de dépistage, et aux malades suivis.

Je ne vais pas paraphraser trop longuement les points essentiels car le pdf est facile et court à lire. Mais je retiens que IdF reste la région de France métropolitaine la plus touchée par l’épidémie de VIH (quoique certains DOM aient des soucis), que l’épidémie est très hétérogène - ses modes de contamination étant essentiellement par des rapports homosexuels masculins dans le centre de Paris et (réputés) hétérosexuels dans les autres départements IdF, et que la proportion de personnes infectées nées à l’étranger y est plus importante que celle observée en France, notamment en Seine-Saint-Denis et dans leVal-d’Oise. En outre 25 pour cent des découvertes de séropositivité sont diagnostiquées trop tardivement et environ 10 000 Franciliens ignoreraient leur séropositivité (dont deux milliers de gays nés en France et un millier nés à l’étranger, près de la moitié de ceux vivant en France), facteurs qui aggravent le pronostic individuel des personnes touchées et je cite, « compromettent les efforts collectifs pour stopper la transmission de l’épidémie ».

A mon avis si parmi les trous qui engloutissent l’essentiel des efforts de lutte contre le VIH il y a bien le nombre beaucoup plus important de personnes non diagnostiquées que de personnes diagnostiquées annuellement, ainsi que la difficulté à diagnostiquer voire soigner les populations à risque autres que les gays masculins adultes (ados et jeunes adultes, sub-sahariens, migrants, etc), conduisant à réanimer l’urgence du dépistage des séropositifs VIH qui s’ignorent, ...le manque chronique d’information, d’incitation à la prudence dont la protection basique par le préservatif ont aussi une large responsabilité dans ce tonneau de Danaïdes. Car même si on ne peut pas se passer des autres et notamment des médecins, on est jamais si bien servi que par soi-même ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Un peti sac cadeau, "Action Le test est dans le sac - Paris sans sida" ^^ :

https://www.dailymotion.com/video/x6y1qg4

les lieux de distribution :

https://www.arcgis.com/apps/Styler/index.html?appid=d41e13a4ffdb4e658f9a6e51479a3a9d

Apparemment rien sur les Champs Elysées demain ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Nouvelle analyse très intéressante de l'évolution de l'infection du VIH en France, publiée sur le site VIH.org :

http://vih.org/dossier/vihsida-en-france-en-2018.

Elle porte sur des chiffres bruts incluant les 3 premiers trimestres de 2018.

On en apprend plus sur l'origine du défaut de données statististiques récentes, qui apparait résulter du manque habituel de célérité et de rigueur qui font le charme français ^^

Mais surtout on en apprend plus sur les populations dans lesquelles le virus progresse, compensant sa régression dans d'autres populations telles que les gays masculins adultes, toujours bien représentés je vous rassure.

Notamment je cite, "plus de seniors chez les hétérosexuels nés en France, plus de jeunes de moins de 25 ans chez les HSH (gays, bi, etc), et les femmes hétérosexuelles nées en France".

J'ajouterai vonlontier à la vue du graphique publié, toujours plus de seniors HSH et jeunes hétéros masculins.

Et faut sans doute s'attendre à de mauvaises surprises futures avec les migrations contemporaines, pas tant à cause de leur origine risquée, que de leurs migrations socialement très risquées.

Bref comme dit l'auteur de l'article, "les années passent, mais les chiffres varient peu : La France n’arrive pas à faire baisser le nombre des personnes infectées par le VIH, n’arrive pas à augmenter significativement le nombre de dépistages, et stagne sur le taux de dépistage tardif."

Personnellement si je trouve cela inquiétant pour les gens les plus vulnérables et plus généralement l'ensemble de la population, je trouve plutot logique que le démontage de la prévention générale des IST en France pour se recentrer sur les foyers d'infection VIH des HSH adultes, puisse laisser émerger d'autres foyers d'infection VIH ou autres IST sérieuses : c'est l'inverse qui ne serait pas logique. En effet la prévention des risques de toute nature nécessite toujours, lorsque les protections permanentes infaillibles ou presque dites "passives" n'existent pas encore, la combinaison de plusieurs protections volontaires dites "pro-actives", allant de la prévention du risque général faible au risque particulier plus grave. Et non la démarche inverse pourtant bien tentante, sinon la méthode s'appelle communément "rustines sur une chambre à air poreuse", ou encore tonneau des Danaïdes. Il n'y a pas de raison pour que les risques sanitaires y échappent, fussent-ils associés à une sexualité ludique ou aux moustiques.

Bref les gens devraient, nous devrions, apprendre et enseigner ces risques et leur prévention aux gens plus vulnérables. Et notamment nous faire dépister périodiquement, mais surtout rester prudents de façon à ce que ces dépistages restent probablement négatifs durant notre vie entière, ce qui est pour l'instant tout à fait possible.

Mais je voudrais vous rassurer, il est probable qu'on en parlera plus dans deux jours, on va pouvoir se concentrer sur les gilets jaunes ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

En cherchant à comprendre cette new "Charge virale indétectable = impossibilité de transmission sexuelle ?" (https://www.sante-sur-le-net.com/vih-uu-quoi/) en retrouvant sa source (https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2720997), à propos des difficultés aux US à atteindre l'objectif '90%' personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée" devant conduire à "Charge virale indétectable = impossibilité de transmission sexuelle", je suis retombé sur les débats aigres-doux français que je vais partager dans ce post.

Je ne dirais pas que je ne comprends pas ces débats, mais plutôt que je ne comprends pas qu'ils aient lieu. En effet pour ne citer que l'aéronotique par exemple, la moitié des avions tomberaient si ces questions se posaient dans ce domaine. Et il y aurait sans doute des gens pour discuter la moitié pleine du verre comme sa moitié vide. Bon j'ai bien compris que les humains ne fonctionnent pas comme des avions, mais ces derniers sont tout de même construits, pilotés et empruntés par des humains, et l'objectif de leur meilleure sécurité possible reste le même.

Mais venons en aux faits ^^

Premier article daté du 13 janvier 2019 que j'ai du poster quelque part sur le forum : "PrEP: les ambiguïtés du miracle anti-sida" (https://www.lexpress.fr/actualite/societe/prep-les-ambiguites-du-miracle-anti-sida_2055575.html).

Deux articles très réactifs (mon médecin dirait histaminiques lol) dans la foulée sur vih.org :

"Oui, la Prep est une révolution" (http://vih.org/20190116/oui-prep-revolution/141444)

"Faire connaître le formidable progrès de la Prep" (http://vih.org/20190116/faire-connaitre-formidable-progres-prep/141445)

Bon c'est toujours plus facile de commenter que de mettre en oeuvre, et en plus je me mets en position de commentateur. Reste que pendant que les gens défendent leurs efforts et méthodes de lutte contre les IST, celles-ci apparaissent toujours autant prospérer... Je dis apparaissent parce que les stistiques françaises apparaissent elles aussi souffrantes.

Personnellement je pense que tout le monde a raison, mais identifie tout de même un problème de d'arrimage, plus exactement de combinaison de ces raisons. Problème habituellement solutionné, au moins dans le principe, dans les activités humaines autres que sanitaires (quoi que les acitivités vétérinaires soient aussi à visées sanitaires). Il m'echappe completement pourquoi les prophylaxies mécaniques et chimiques des IST suivraient des principes différents des autres prophylaxies qui combinent les deux de façon proportionnée aux risques. Comme par exemple dans la lutte contre le paludisme et autres germes transportés par les moutiques où il viendrait à personne l'idée de supprimer les moustiquaires avant d'avaler des médocs, à part chez les inconscients et les riches (édité).

Bonne lecture ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Ce matin reportage sur, je cite, "le boom des infections sexuellement transmissibles" dans l'émission Télématin de France 2, avec interview du professeur Eric Caumes Chef de service des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié Salpêtrière à Paris :

https://www.france.tv/france-2/telematin/927157-sante-le-boom-des-infections-sexuellement-transmissibles.html

Les homosexuels sont cités plusieurs fois, groupe où la recrudescence des IST serait exponentielle depuis plusieurs années. Il pointe du doigt le désafection du safersexe, et notamment du préservatif par les prépeurs, et alarme sur les risques individuels et de santé publique que cela entraine.

Ce n'est pas statistiquement un scoop puisque déjà largement publié, pas non plus la première fois que le professeur Caumes alarme. Ce qui entraine généralement une réponse du berger à la bergère dans l'épisode n+1 de la saison en cours xD.

Les chroniqueurs de télématin élargissent à juste titre les conseils de prudence et d'usage du préservatif à l'ensemble des jeunes, parce que les microbes sont assez opportunistes. Lesquels jeunes ne regardent pas leur émission mdr (ils sont déjà dans les transports quand ils ne sont pas encore au lit pendant les vacances ^^). Mais cela peut être une piqure de rappel pour les plus vieux. Les chroniqueurs ont d'autant plus raison qu'ils sont à peu près la seule émission TV à le faire, si l'on oublie la campagne de publicité en cours par les fabricants de préservatifs dans le métro parisien. Les mauvaises langues disent que c'est l'effet Damien Thévenot qui remplace à télé matin Laurent Bignolas pendant ses vacances. A croire que nous sommes les champions des prises de risques, et des mauvaises langues ^^


0

photo de l'auteur Jeanne00
Jeanne00
Femme de 57 ans
LORIENT

A bon escient , up !


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Tout vient à point à qui sait longuement attendre : le rapport de SURVEILLANCE DE L’INFECTION À VIH (DÉPISTAGE ET DÉCLARATION OBLIGATOIRE) 2010-2017, vient d’être publié par Santé Publique France.

http://invs.santepubliquefrance.fr/content/download/154747/567091/version/1/file/BSP_Nat_Surveillance_VIH2017_280319.PDF

https://santepubliquefrance.fr/Accueil-Presse/Tous-les-communiques/Nouvelles-donnees-de-surveillance-du-VIH-en-France

Il corrige à la hausse les estimations antérieures d’environ 7 %, mais surtout, il gomme leur tendance faiblement baissière sur 10 ans !

On serait tenté de ne pas pavoiser, car parmi les pays européens et plus largement occidentaux, il n’y a guère que les pays moralistes de l’Europe de l’est et les étasuniens apparaissant en difficultés avec leurs pauvres qui ne publient pas de tendances baissières. En même temps, comme on dit lorsqu’on est inspiré, les statistiques sont toujours à manier avec prudence, car rarement exhaustives ou parfaitement représentatives, et subissant moultes corrections. Ce sont surtout les tendances qui sont significatives : et là elles sont tout juste passables, et n’apparaissent pas récompenser les gros efforts, bien réels, des médecins français et de leurs mécènes. Tout se passe comme si leurs patients parvenaient globalement à compenser à l’unité près tous leurs efforts ^^.

Les tests de dépistage serait en hausse notamment, mais auraient dépisté sensiblement moins de nouveaux séropositifs (taux de sérologie positive baissant de 10%). Ce serait encourageant si le nombre de découvertes de séropositivité VIH avait baissé lui aussi, épuisant le réservoir de séropositifs qui s’ignorent. Mais ce n’est pas le cas. Cela me rappelle la petite phrase attribuée à un spécialiste français du VIH, qui se demandait l’année dernière si la France n'était pas la championne d'Europe du dépistage des séronégatifs ^^.

Mais je suis un peu dubitatif sur l’analyse qui en est faite par le rapport, je cite : «  Ce constat laisse supposer que l’augmentation du dépistage a moins bénéficié aux populations les plus exposées au VIH qu’aux populations peu exposées ». Autant que je sache les gays surexposés qui sont socialement intégrés multiplient les dépistages sans compter, du moins ceux qui ont été éduqués par les campagnes de prévention avant qu’elles ne se raréfient ces dernières années. Ils ne parviennent même certainement pas tous à suivre la recommandation du dépistage de routine passée de 1 an à 3 mois, dépistage qui par définition doit normalement rester négatif. Par contre c’est certainement vrai des populations surexposées émergentes ou ré-émergentes, tels que les gays plus jeunes peu éduqués aux risques des IST, les plus vieux devenus trop confiants, les populations d’origine étrangère où la séropositivité et surtout l’homosexualité restent tabous, les gens précaires et les migrants, qui échappent probablement à un dépistage minimal.

En matière de prévention il n’y a pas de secret : plus on enlève les protections plus le thermomètre est sollicité, sauf si on casse le thermomètre ^^. Protections qui ne peuvent être que plurielles parce que aucune est capable de faire seule suffisemment le job (de prévention des IST, y compris la PrEP sans préservatif). Sinon ça s’appellerait un bunker ou un vaccin, et encore ce serait un cocktail de vaccins. En France les thermomètres sont certainement pas suffisamment bien répartis, mais c’est aussi beaucoup l’usage, et même la connaissance des protections qui se raréfient. De bons résultats auraient été miraculeux, et de fait ils ne le sont pas.

Concernant la répartition par mode d’infection (j’ai vraiment du mal avec le mot contamination qui fait un peu imprégnation toxique), le VIH fait visiblement de la résistance, en moyenne, chez les gays masculins nés en France. J’aurais aimé une répartition par classe d’âge car il y aurait de bonnes raisons de penser que cette moyenne cache des disparités significatives, et risquées, notamment chez les plus jeunes et pas que chez les vieux. Plus inquiétant, le VIH progresse apparemment vite chez les gays nés à l’étranger, à moins que ces hétéros n’aient pas été aussi hétéros qu’ils voulaient bien le dire, et progresse aussi quoique moins vite chez les hétéros nés à l’étranger (dont les femmes sont habituellement très exposées, mais pas les naissances en France). Il est assez probable que comme aux US, paupérisation et migrations vont devenir deux mamelles opulentes du VIH (Trump est fâché contre les deux, mais j’ai quelques doutes sur sa stratégie).

Bonne lecture, sortons couverts, et faisons nous dépister


0

photo de l'auteur gwendoe
Gwendoe
Femme de 38 ans
Paris

sortez couvert


0

photo de l'auteur Jeanne00
Jeanne00
Femme de 57 ans
LORIENT

De simples antibiotiques (devenus inefficaces) se retournent contre tous les humains . Allélouïa , nous voici tous dans le même bateau ...


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Citation de Jeanne00 #295987

Les pays anciens pays industrialisés les ont trop utilisés pour les humains et l'élevage, les nouveaux pays industrialisés et à fortiori les pays pauvres, les utilisent mal. Résultat ils ne seront plus aussi miraculeux, les humains plus faibles partiront les premiers, les plus aventureux ou plus malchanceux vivront moins confortablement. C'est individuellement dramatique, mais on est encore loin de mettre l'humanité en danger. D'autant que la médecine va probablement explorer d'autres voies.

Le souci commence à être le même pour le VIH, selon les dernières informations en Afrique ou d’Asie, on est passé en cinq ans de 5 à 15 pour cent de personnes infectées par des virus VIH qui ne répondent pas aux traitements. La chercheuse Françoise Barré-Sinoussi est en train de tirer la sonette d'alarme dans le JDD de cette semaine :

https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/francoise-barre-sinoussi-prix-nobel-de-medecine-il-y-a-une-banalisation-effrayante-du-sida-3883424

Ces résistances n'émergent pas dans des pays comme le notre où l'utilisation des antirétroviraux est très encadrée, mais dans les pays du sud où chacun fait comme il peut pour survivre économiquement, parfois même physiquement au jour le jour. Mais entre la prostitution et la circulation mondiale des personnes, dont le tourisme sexuel et l'inévitable montée des migrations économique ou climatiques, cette dame a de bonnes raisons de craindre une dissémination de ces virus résistants. Après tout il n'aura fallu que quelques dizaines d'années pour que les premiers virus africains fassent le tour du monde, certe incognito à l'époque.

Le VIH évoque la problématique du paludisme, avec des lieux plus infestés, et des protections mécaniques et médicamenteuses qui ne parviennent pas à se passer l'une de l'autre à cause des résistances que développent systématiquement ces parasites à chaque nouveau médicament. Or en pratique les gens ne le savent, ou ne le peuvent, ou ne veulent pas, la prévention est une passoire. La mortalité des paludismes fait de la résistance à la hauteur de plusieurs centaines de millions de personnes par an, sans compter l'épuisement de centaines de millions d'autres malades plus ou moins chroniques.

Ayant été moi-même longuement exposé au paludisme, en l'absence de vaccin efficace je crois tout-à-fait à l'efficacité de la multiplication de prophylaxies mécaniques et médicamenteuses combinées, mais plus vraiment à la suffisance d'une prophylaxie miraculeuse, surtout sur le long terme. C'est fondamentalement le principe de prévention des risques graves de faible probabilité (qui serait très différent s'il était de forte probabilité). Principe qui ne peut fonctionner que s'il est connu et adopté par chacun (ou chacune ^^).

Noter que si les filles sont moins exposées au VIH en France, il existe des niches où elles sont surexposées. Et en l'absence de précaution quasiment systématique, ou de connaissance de ces niches, les filles y compris les lesbiennes ne sont pas à l'abri d'une malchance...

Au moins pour les gays, leur chance est de savoir qu'en l'absence de précaution ils y sont naturellement surexposés ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Attention pavé ! ^^

Je n’étais pas dispo puis j’ai un peu hésité, mais je pense intéressant de partager et commenter cet article qui cherche à analyser pourquoi la France a des résultats très moyens dans la lutte contre l’épidémie de VIH.

Nouvelles contaminations VIH en 2017: Pourquoi les chiffres français sont-ils mauvais :

http://vih.org/20190328/nouvelles-contaminations-vih-en-2017-pourquoi-chiffres-francais-sont-ils-mauvais/141745

Je dirai d’emblée que si on y apprend des choses intéressantes, je ne suis pas convaincu par l’ensemble de ces arguments. D’autant que cela s’inscrit dans le prolongement d’années de débats polémique sur la prévention des IST en France, où les uns anticipaient que le résultat serait catastrophique pendant que les autres promettaient des résultats mirobolants. Il apparaît que le résultat est très moyen, on dira que tout le monde avait raison : le verre est à moitié vide et à moitié plein, quand les autres pays occidentaux apparaissent sur une pente bien plus favorable (certe en partant de pire pour certains). En tout cas les belles promesses d’éradication de l’épidémie à échéance d’une quelconque année de jeux olympiques ont toute probabilité de ne pas être tenables, l’épidémie se porte bien en infectant régulièrement de nouvelles personnes.

Pour faire simple, on est à peu près dans le cas de l’épidémie de paludisme, encore trop souvent mortel même si bien moins systématiquement que le VIH, mais où le vaccin se fait attendre depuis des dizaines d’années (quoique un bon candidat soit actuellement au stade expérimental). Actuellement on ne peut pas se passer de combiner une protection mécanique la plus systématique possible de l’ensemble des populations exposées, par usage de moustiquaire et éloignement ou destruction des moustiques vecteurs de la maladie (et de bien d’autres aussi sérieuses), et d’une protection médicamenteuse préventive pour les populations les plus exposées, traitement des gens malades, prévention et traitement étant plus ou moins les mêmes médicaments. La protection médicamenteuse n’a jamais prétendu pouvoir se passer de la protection mécanique, sauf sur des expositions de courtes durées, comme sur de longues durées la protection mécanique n’a jamais prétendu pouvoir se passer de la protection médicamenteuse, dans les moments de surexposition ou en cas d’infection. L’ensemble de la population se protège de façon mécanique, la plus simple et la moins coûteuse, et se fait dépister et soigner en cas de doute, les populations les plus exposées se protègent de façon mécanique, et médicamenteuse, et se font dépister, et se font soigner en cas d’infection ayant passé au travers des mailles de ces filets successifs. Pourtant il reste encore beaucoup de trous dans ces filets, beaucoup de morts, et nécessité urgente d’un vaccin.

Pour en revenir au VIH et plus largement aux IST, s’il était urgent de cibler avec des protections médicamenteuses les populations identifiées comme les plus exposées, tout en évitant les risques de résistance aux médicaments, il était tout aussi urgent d’entretenir pour l’ensemble de la population y compris la plus exposée, une protection par la prudence, le safer-sexe, et l’incontournable préservatif.

Or ce n’est pas exactement ce que l’on constate, la population générale n’entend plus parler du préservatif et du dépistage au mieux qu’une deux fois par an, dont une fois pour lui demander des sous pour la recherche, les plus jeunes sont on ne peut plus mal informés, la maladie se banalise tout en continuant d’exclure les séropositifs. Et de toute évidence la prévention médicamenteuse ne parvient pas à cibler l’ensemble des personnes surexposées, celles-ci ne se limitant plus aux gays les plus dragueurs, ni même aux africains sub-sahariens, mais atteint aussi les gens moins intégrés socialement. Pour les gens les mieux informés chacun est libre de faire ce qu’il veut, et de butiner les outils de prévention comme sur un marché de légumes de saison, de toute les façons la société paie la facture. Dans le style trous dans les filets de protection et désinvolture de riches on peut guère faire mieux. Et pourtant dans cet environnement défavorable les services de santé continuent à ramer, on leur souhaite bien du courage !

Enfin bref que nous dit cet article…

1) Un retard dans la connaissance des chiffres

On y apprend ce qu’on pouvait se douter, la qualité du suivi statistique s’avère très médiocre, et encore souffrante malgré sa dématérialisation. C’est sur que faire du pilotage avec un décalage de 5 trimestres et sans avoir de chiffres exhaustifs, cela demande pas mal d’imagination et n’est pas des plus efficace. Dans les contexte où les pays occidentaux les plus avancés ont un suivi trimestriel de leur épidémie. C’est certainement plus facile pour eux, en tout cas ils affichent de meilleurs résultats.

2) Une épidémie non concentrée géographiquement, même si certaines populations sont plus exposées

C’est le principe du ciblage dont j’ai parlé. Soit on utilise une arme stratégique à large spectre tel que le préservatif, soit on utilise des armes tactiques pour cibler l’ennemi là on on pense qu’il se trouve. Soit on combine les deux quand on ne sait pas faire parfaitement l’un ou l’autre. Comme je l’ai expliqué en prévention on choisit généralement cette dernière option de façon à combiner les mini défaillances pour atteindre un niveau de micro défaillances. Ce n’est certes pas le bas niveau de risque de la ceinture de chasteté ou du vaccin efficace de bonne couverture vaccinale, mais un calcul probabiliste plus acceptable, au moins sur le papier.

3) Le nombre de dépistages reste insuffisant

Ils sont surtout trop densément ciblés...

Par exemple, cela n’aurait pas beaucoup de sens de faire passer un contrôle technique trimestriel aux véhicules pour s’affranchir de leur entretient. Après que certains véhicules puissent nécessiter un contrôle plus fréquent que d’autres, sans doute, c’est d’ailleurs le cas.

En prévention il y a un ordre dans les protections, et notamment la connaissance théorique des risques précède les protections de base, qui précèdent le contrôle de leur efficacité (le dépistage de leur défaillance), qui précèdent les surcouches de protection en cas de surexposition, etc. Combinaison de préventions, cascades de dépistages et de soins, etc, sont autant de mots pour exprimer le même processus qui n’est pas dans son principe un butinage, une diversification où chacun fait ce qu’il veut quand il peut. Certe un principe qui doit s’adapter aux circonstances, mais si on ne s’approprie pas le principe il ne faut pas être étonner par le nombre de départs de feux.

Bref il faut certainement élargir les dépistages, mais ce serait bien aussi d’élargir la connaissance et l’éducation à la prévention, le dépistage n’en étant qu’un rouage. Le dépistage point zéro certainement, mais aussi le contrôle de routine de l’efficacité des protections, devant normalement s’avérer négatif. Sinon on ne vit que dans l’urgence.

4) La France connaît un déficit quantitatif et qualitatif de déploiement de la Prep

A condition qu’on ne cherche pas à faire tenir cette couche de prévention toute seule en lévitation, sans une protection générale par le préservatif et dépistage périodique de son efficacité. Y compris en principe des prépeurs pour ne pas marginaliser l’immense majorité des non prépeurs.

Ou bien il va falloir mettre au moins 500 000 gays sous Prep, s’ils l’acceptent car tous ne sont pas adeptes des cachets au long court pour se substituer à la prudence. Les plus prudents y verront l’opportunité d’assurer leur séronégativité en plus de leur prudence, y compris en mentant sur les critères d’octroi de cette prophylaxie, ce qui est déjà probablement le cas et minore l’efficacité globale de cette protection.

En outre il va falloir drainer de plus en plus d’hétéros vers la Prep, y compris des populations défavorisées pas facile à identifier et approcher. Il n’y a donc pas de limite numérique aux conséquences du démontage du préservatif en France, si ce n’est la population entière.

Et quand bien même on éradiquerait jusqu’au dernier virus bien français, les frontières sont poreuses. Il n’y a pas de raison pour que les virus étrangers résistances aux médicaments de base ne viennent pas un jour nous visiter, sur le principe ils ne sont pas différents des premiers qui ont envahi la France.

Bref j’aurais plutôt tendance à voir dans les résultats français très moyens la conséquence du démontage d’une prévention classique appliquée à toute la population, au profit du ciblage d’une seule population, une minorité de gays parmi les gays eux-mêmes minoritaires. Les oiseaux de mauvais augures l’avaient prévu puisque cela a fait débat pendant des années. Si une prévention ne peut pas se passer de l’autre, l’autre non plus, et d’être combinées. Intensifier l’une sans réanimer l’autre, si tant est qu’on en ait les moyens organisationnels, techniques et financiers, risque fort de ne pas faire évoluer beaucoup les choses.

Mais au moins cela alimentera certainement ce topic ^^


0

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Re...^^

Nouvelle initiative de AIDES, des rappels de dépistage par sms du VIH ou IST selon notre fréquence choisie :

https://jemedepiste.com/

Honnêtement je ne l’ai pas testé, car j’ai un bon agenda électronique et que je n’aime pas être inutilement fiché. Toutefois je trouve l’initiative intéressante dans le contexte où c’est la mode d’être coaché par des rappels, qui ont le mérite d’être mieux indépendants de soi-même, synthétiques, et de donner l'impression d'être moins seul à gérer (outre la possibilité de les appeler je suppose).

Pour mémoire chez les gays et trans la périodicité des dépistages des IST se calent sur celle du VIH, germe infectieux le plus traître même s’il est peu infectieux et pas le seul à être dangereux (d’abord silencieux puis le plus contraignant et toujours potentiellement mortel). Mais d’autres IST sont en progression exponentielles chez les gays et toutes aussi préoccupantes.

Pour le VIH les recommandations officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS) préconisent un dépistage périodique :

  • tous les 3 mois chez les hommes ayant des relations avec d’autres hommes ;

  • tous les ans chez le personnes consommatrices de drogues injectables

  • tous les ans, pour celles originaires de zones de forte prévalence.

Pour la population générale c'est actuellement beaucoup plus flou à part des parcours médicaux spécifiques. Mais une chose est sure, avoir attendu 3 à 5 ans ou plus que les premiers symptomes d'un Sida se manifestent reste un plan risqué. C'est pourquoi les médecins et autres conseils de prévention n'hésitent pas pousser au dépistage au moindre doute, et qu'en l'absence de vaccin un dépistage ne peut finalement qu'être périodique.

J’ajoute que que comme dans toute prévention un dépistage des IST doit normalement être le constat de sa réussite, et non pas le constat de son échec. Pour fonctionner avec un maximum d’efficacité probabiliste, un controle doit être un filet de sécurité sur le long terme des éventuelles défaillances ponctuelles de la prudence exercée en amont.

Par exemple une prévention ayant 1 malchance sur 10 par an de défaillir, combinée avec un controle indépendant de la première ayant la même probabilité de défaillance, n'aurait déjà plus que 1 malchance sur 100 par an de défaillir au final. Quand on vise une espérence de vie centenaire on en voit tout de suite le bénéfice ^^

En pratique toute la prévention des risques des IST et au premier chef du VIH, repose sur une cascade protections, controles et traitements, chacun visant à récupérer les éventuelles défaillances précédentes. A tel point qu'actuellement ceux qui sont qui se sont fait débordés trop sérieusement ou trop tard, vont devoir être très consommateurs de étapes finales et voir plus souvent leur infectiologue que leur grand-mère comme on dit.

.

Pour en revenir au site, même s'il libelle comme "diversifiée", à la mode exclusivement française et pour l'instant bien moins efficace qu'à l'étranger, une prévention habituellement "combinée", l'essentiel des premières étapes y sont décrites et dans l'ordre, préservatif externe pour les hommes, préservatif interne pour les femmes, traitement post exposition, traitement comme prévention, prophylaxie préexposition, seringues de à usage unique de drogue. Ne manque que le safer sexe autre que le préservatif, le dépistage périodique de routine étant évidemment implicite puisque c'est l'objectif du site.

Le safer sexe autre que le préservatif n'est pas à négliger, par exemple évitant les échanges de liquides sexuels sur les muqueuses notamment la muqueuse anale très fragile, ou en privilégiant une relation fidèle avec un partenaire stable. Toutefois le risque zéro n'existe pas, notamment en terme de fidélité mdr, et le dépistage périodique de routine doit être combiné.

Désolé pour le pavé, et pour ceux qui connaissent déjà le sujet sur le bout des doigts ^^


0


Pour participer à ce sujet, il faut être obligatoirement inscrit