Museu Nacional do Brasil do Rio do Janeiro : 1818-2018

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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https://www.youtube.com/watch?v=3cmUHXub_PU

Ce pourrait être un cas d’école de l’impermanence des choses, immatérielles comme matérielles : cette nuit après la fermeture toutes les collections et documents du musée national du Brésil à Rio sont partis en fumée, 200 ans de recherches scientifiques en quelques heures. Concernant les réserves souvent plus volumineuses que les collections exposées, on a pas encore d’information mais le pronostique n’est pas bon. Il n’y a pas de victimes, les quelques employés présents ont pu s’enfuir.

Ce musée (que je prévoyais de visiter un jour, snif) conservait une des plus grande et plus complète collection d’Amérique du sud : zoologie, minéralogie dont d’impressionnantes météorites, paléontologie dont des superbes fossiles de dinosaures, fossiles humains et d’hominidés dont le crane bien conservé de Luzia parmi les plus anciens homosapiens d’Amérique, archéologie de Méditerranée et d’Amérique du sud et surtout d’inestimables mobiliers précolombien, ainsi que d’irremplaçables collections d’ethnologie amazonienne, africaine, du Pacifique, etc.

Les photos aériennes montrent que les murs sont encore debout mais que tous les trois étages sont proprement nettoyés par les flammes. Certaines pierres dont les outils préhistoriques ou amazoniens et surtout les météorites qui ont déjà traversé des conditions sidérales bien plus extrêmes pourront sans doute être retrouvées dans les cendres, mais pour le reste passablement combustible ou fusible ça va être chaud et au mieux patiné par la chaleur et la suie…

Évidemment la polémique enfle déjà sur les restrictions budgétaires qui pourraient être à l’origine d’un défaut de surveillance, et d’entretien, notamment électrique. En effet généralement les disparitions massives de la mémoire humaine ont à peu près toujours les mêmes causes, au choix : les conflits ou la malveillance peu probables dans ce cas, les travaux en cours entraînant une situation dégradée de la sécurité, un manque d’entretien, un manque de protection notamment vis-à-vis de la foudre, et surtout un défaut de surveillance entraînant une alerte et intervention trop tardive, voire le manque d’entraînement des intervenants. Outre des moyens d’intervention automatiques et extérieurs souvent insuffisants compte tenu de l’ampleur que prennent rapidement ces feux secs. Sur les vidéos on voit quelques malheureux camions de pompiers incapables de refroidir ce feux de grande ampleur. Apparemment ce musée avait été rénové il y a quelques années.

Outre la perte inestimable de la mémoire humaine, de la mémoire culturelle d’un pays, bien souvent les musées contemporains modernes sont souvent des moteurs majeurs du tourisme, au même titre que les espaces naturels et monuments culturels ou événements festifs. Déjà que le Brésil est un pays relativement jeune dans sa configuration actuelle, qui a bien du mal à conserver ses espaces naturels car la culture ne remplit pas l’estomac des gens surtout quand ils sont pauvres, une perte culturelle de cette ampleur me semble vraiment un coup dur. Heureusement les gens oublieront et s’en remettront certainement, en tout cas les générations futures.

Voilà mes états d’âme sur l’actualité du jour ^^ Vous en pensez quoi ?



photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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On en sait un peu plus, ce n'est pas brillant...

Apparemment les fonctionnaires n'étaient plus payé depuis des mois, le musée avait trouvé de l'argent pour débuter des travaux, n'avait pas de système de détection incendie (ne vous moquez pas, la plupart des propriétaires n'en ont pas alors que c'est obligatoire en France), les deux bouches incendie les plus proches n'aurait pas été alimentées en eau...

Les réserves d'objets devaient déménager mais ne l'étaient pas encore et sont détruites, ainsi que les archives, la bibliothèque, les études en cours. Il y a un doute sur le contenu du coffre fort, et les météorites ont résisté comme prévisible.

Photo d'une météorite aujourd'hui (sur twiter) :

https://pbs.twimg.com/media/DmKouJbXoAAPf5A.jpg

Photo du musée aujourd'hui (sur twitter) :

https://pbs.twimg.com/media/DmMDuD9UUAATCma.jpg


photo de l'auteur steph41190
Steph41190
Homme de 43 ans
BLOIS

Salut a tous!

C'est un évènement bien regretable, mais malheureusement prévisible sur le long terme faute de moyens financiers.

Ne nous moquons pas d'eux , aussi car leur situation actuel là bas, sera peut être la nôtre dans quelques années, pour les même raisons et dans beaucoup d'endroits en France... car notre patrimoine commence déjà à se déliter à vitesse grand V!. (les moyens financier ne suivant pas)

Vive la mondialisation! Et vive la corruption généralisée! (excusez pour l'irronie, mais la réalité nous rattrapera!)

Cordialement

Stéphane


photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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De toute évidence le musée visait un standard international au-dessus de ses moyens financiers. Le palais musée existe depuis 200 ans, et soit a su prévenir les départs de feu, soit a su les détecter et maîtriser. Dans le passé tout se faisait manuellement, de la prudence des gardiens et visiteurs jusqu'à celle des ouvriers, ils s’éclairaient avec des flammes nues très dangereuses mais ils ne comptaient pas trop sur les interventions extérieures des pompiers dotés de trop faibles moyens. Car au moindre départ de feu tout un palais brûlait chez les riches, ou toute une ville chez les pauvres et commerçants.

Aujourd’hui il devrait exister un équilibre entre l’augmentation du nombre des visiteurs et de leur exigence ainsi que leur insouciance vis-à-vis risques qu’ils provoquent, la culture contemporaine des assurances sensées compenser tous les dommages alors que les collections sont inestimables et inassurables hormis les prêts des expositions temporaires, la diminution du nombre et de la rémunération ainsi que la compétence des surveillants pour faire des économies, une culture de sécurité et régularité des investissements, un budget d’entretien qui est généralement le premier à être rogné pour faire des économies, et surtout une prudence lors des travaux qui sont bien souvent avec les échauffements électriques la cause des départs de feu.

Au Brésil comme ailleurs les budgets de la culture ont été parmi les premiers à être rognés. Si comme dans tous les pays du sud les écoles sont parmi les meilleurs client des musée, la culture concerne surtout la nouvelle élite intellectuelle éduquée, pendant que des dizaines sinon centaine de millions de pauvres peinent à survivre y compris en détruisant leur environnement vital.

Ce qui semble surtout fâcher les brésiliens qu ne sont pas plus bêtes que les autres, c’est que pendant ce temps les affaires et l’enrichissement personnel des plus riches continue. On se demande même comment la justice parvient encore à poursuivre la corruption, faut croire que les magistrats ont été bien formés et ont la foi à défaut d’un salaire régulier.

Et c’est vrai qu’une telle situation est juste plus dégradée qu’en Europe, situation handicapée jusqu’au XX siècle par de très fortes inégalités entre une minorité de riches et large majorité de pauvres, inégalitées longtemps maintenues par la force par des dictatures militaires.

Aussi vrai qu’en Europe de plus en plus de gens n’ont plus le goût ou le minimum vital nécessaire pour s’intéresser à la culture, que la culture n'est plus la priorité des gouvernements, et qu’il existe des velléités de rétablir à terme des régimes populistes qui soit s’en désintéresseront, soit l’exploiteront à des fins nationalistes.

C’est l’impermanence de la culture ^^


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