Harcèlement sexuel inexistant ou culturel chez les gays ?

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Lindos
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Lyon

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Harcèlement sexuel inexistant ou culturel chez les gays ?

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Dans le contexte de la campagne de dénonciation publique du harcèlement sexuel chez les hétéros (sur lequel ou peut avoir l’avis qu’on veut), un article paru il y a quelque jours dans le journal Libération constate fort à propos qu’en France les gays ne se sentent pas concernés par le harcèlement sexuel, alors qu’aux US d’où est partie cette campagne les associations LGBT américaines ont emboîté le pas des féministes :
#MeToo : «Dans certains lieux gays, l’humanité peut être sordide et belle en même temps»

On y apprend qu’une enquête a révélé que de nombreux hommes ne seraient pas contre d’être embrassés de force ou touchés aux fesses par les femmes, on y affirme que jouer à chat bite est un jeux virile, que dans de nombreux des lieux de socialisation gays (bars, boites, saunas, etc) les gens se font tripoter aux endroits stratégiques sans leur consentement et qu’ils ne s’en offusquent pas voire même que cela les excite, et que l’homosexualité est plus libérée que hétérosexualité. Et donc qu’au total en France les gays ne se sentiraient pas concernés par des abus ou harcèlement sexuel.

Toutefois l’article termine par une phrase sibylline : les conditions seront-elles réunies pour que les gays agressés sexuellement puissent se définir comme victimes, et l’exprimer ? Il est permis d’en douter.



Personnellement je remarque plusieurs choses au-delà des mains au pantalon et demandes pressentes non désirées, qui ne sont pas les seules raisons qui ne m’encourage pas à fréquenter les lieux gays.

Déjà, si des hétéros masculins fantasment de se faire agresser sexuellement par une femme (sensuelle), ils ne supportent pas l’idée d’être harcelés sexuellement ou touchés par un homme - mème un beau gay - et deviennent très vite agressifs. Sauf à ce que soit un jeux viril collectif.

Ensuite, si des gays trouvent qu’être tripotés sans consentement dans un lieux gays est normal voire excitant, il faut un début à cette normalité. Je citerai comme exemple les singes bonobos élevés par des humains parce que leur mère a été tuée par un chasseur : lorsqu’ils sont réintroduits dans leur milieu naturel ils se montrent très surpris de se faire harceler sexuellement par leurs semblables des deux sexes. Puis cela devient culturel pour eux par apprentissage.
Chez les jeunes gays c’est la même chose, il y a des tas d’habitudes qui les surprennent voire les choquent à priori mais auxquelles ils se plient.

Enfin il y a chez les gays des habitudes qui dépassent le simple harcèlement, et se rapprochent parfois dangereusement de la ligne blanche de l’abus. Dont probablement seules les plus graves sont dénoncées à la justice comme chez les femmes hétéros. De la relation non protégée qui devait l’être parce que promise, à la relation sexuelle consommée qui devait ne pas l’être, par surprise ou sur des personnes un peu trop naïves ou inexpérimentées, ou plus grave sous l’effet de l’alcool, voire plus rarement GHB dans le verre ou la violence. Peut-être la liberté sexuelle que nous envie les hommes hétéros ?

Mais qu’en est-il vraiment, le lance le débat…
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Urukan
Homme de 29 ans
Bruxelles

1 remerciement
C'est une matière très complexe mais par manque de temps je vais répondre très succinctement.

Tout d'abord, il ne faut pas confondre violence sexuelle et harcèlement sexuel.
Ensuite ce qui est qualifié de harcèlement dépend du ressenti de la personne qui subirait un geste une ou attitude considérés déplacés ou non.

Une personne extérieure peut difficilement juger de ce qui est acceptable ou non pour un tel ou une telle en cette matière car, je répète, nous sommes tous différents et nous avons tous un degré de tolérance différent face à ces choses.

Après, on peut voir les choses de manière plus large, voir les choses sous un angle plus sociétal. On peut se poser la question de savoir si une main au cul dans un bar gay entre mecs est de nature à entraver les droits humains fondamentaux qui émancipent, à entraver l'intérêt des humains de pouvoir exprimer leur plein potentiel, sans rapport de domination, qu'il soit le fait d'autres personnes ou d'idéologies aliénantes qui instaurent ce rapport de domination envers d'autres personnes.
Et bien personnellement, je ne le pense pas...

Ça me donne envie de faire un topic pour présenter une émission très intéressante pour bien comprendre ce qu'il s'est passé d'important avec le mouvement Metoo, et ce, loin des logiques binaires.
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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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« Ça me donne envie de faire un topic pour présenter une émission très intéressante pour bien comprendre ce qu'il s'est passé d'important avec le mouvement Metoo, et ce, loin des logiques binaires. »

N’hésite pas, la drague, séduction et invitation à la sexualité est loin d’être binaire. Lorsqu’un gay drague un hétéro par exemple celui-ci peut trouver cela aussi lourd qu’une fille qui ne le désire pas, comme lorsqu’un vieux drague un jeune. Et on peut considérer que c’est la vie, ou pas.

« ce qui est qualifié de harcèlement dépend du ressenti de la personne qui subirait un geste une ou attitude considérés déplacés ou non. »

Le souci est que ce ressenti est à priori marqué nul part, il faudrait le tester sur la personne pour le savoir. On pourrait considérer que c’est culturel dans certains lieux dits de socialisation autrement dit de drague, mais il y a bien un moment où il faut en faire l’apprentissage, et où c’est intrusif.
De la même façon que les hétéros machos on pourrait considérer que quelqu’un qui suit un autre dans sa chambre est à priori consentant, or on voit bien actuellement que cela peut faire des tas d’histoires chez les hétéros, des filles considérant que le fleurt a été au-delà de leur désir.
Les forums, surtout de jeunes gays moins prudents que les adultes, sont pleins de témoignages de situations limites quasi abusives, y compris en matière de protection contre les IST, au point qu’il n’y a d’autre solution que de leur conseiller d’être prudents, ou de séparer les âges comme sur Béto ce qui ne résout pas tout.
Et comme chez les hétéros, par le passé il y avait des métiers où il fallait « coucher pour réussir ». Avec peut-être comme seule différence qu’étant des hommes ils avaient plus de chance de réussir après avoir couché ? xD

« il ne faut pas confondre violence sexuelle et harcèlement sexuel »

Ce serait simple si la limite était binaire, or elle ne l’est pas.


Ma position n’est pas aussi tranchée que les féministes sur la drague masculine, sans doute parce que je ne suis pas une femme, que je constate que la sexualité est par nature intrusive, et que trop de morale sexuelle étouffe la liberté.
Toutefois comme cet article je trouve drôle, façon de parler, que chez les gays il n’y ait rien à voir : plus que chez les hétéros la prohibition et le communautarisme favorisent les harcèlements, dérives, quasi abus, ou abus .
Les gays hésitent moins que dans le passé à porter plainte dans les cas les plus graves, mais il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas des « porcs » chez les gays qui sont des humains comme les autres.
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