Avortement : jusqu'à 99 ans de prison pour les médecins dans l'Etat de l'Alabama

Membre Anonyme

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-8-h/journal-de-8h-du-mercredi-15-mai-2019?fbclid=IwAR0jml1l9vDJ-T_SHMFPdC0ZvV-cao6E6y8gQh88t_ivxPzTNHrrbojOImc

"L'Etat de l'Alabama, aux Etats-Unis, a voté la loi anti-avortement la plus répressive du pays : jusqu'à 99 ans de prison pour un médecin pratiquant l'IVG. Le texte ne prévoit pas d'exception en cas de viol ou d'inceste.

Les médecins pratiquant l'avortement seront passibles, dans l'Alabama, de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du fœtus. Le Sénat de l'Etat américain a voté en ce sens, ce mardi soir. C'est la loi la plus répressive des Etats-Unis.

L'objectif avoué des promoteurs du texte est de se retrouver devant la Cour suprême des Etats-Unis pour la convaincre de revenir sur sa décision emblématique de 1973, "Roe v. Wade" qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le fœtus n'est pas viable. L'Association de défense des droits civiques (ACLU) a annoncé son intention d'aller en justice pour empêcher l'application de ce texte.

Ce projet est particulièrement répressif mais vingt-huit Etats américains ont introduit plus de 300 nouvelles règles depuis le début de l'année afin de limiter l'accès à l'avortement, selon un décompte de l'Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l'IVG. Le Mississippi et la Géorgie ont ainsi interdit les avortements dès que les battements du cœur du fœtus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse. "

Membre Anonyme - modifié par Urukan le 19/05/2019 - 18:38:34

Que ce soit un rappel pour tous. Rien n'est acquis et la connerie religieuse est en train de reprendre du poil de la bête un peu partout dans le monde. Je voudrais être optimiste mais je ne peux pas l'être, l'avenir sera sombre pour nous, gays, aussi.

Nous avons vécu une sorte d'âge d'or. Préparez-vous parce nous sommes cernés. La maghreb sombre, la Russie et les pays de l'Est sombrent et maintenant les Etats Unis. Si on ne réagit pas, si on ne développe pas des anticorps contre l'orthodoxie religieuse D'OU QU'ELLE VIENNE, ce sera fini.

NoLandsMan

Tout ça est bien sûr méticuleusement calculé et préparé. Ces provocations, comme la peine de 99 ans, ont effectivement comme but d'inciter des appels afin de pousser la Cour Suprême à revoir Roe v. Wade, espérant sa réinterprétation maintenant que les conservateurs dominent. Gorsuch avait dit durant son audience au sénat que Roe était la loi du pays. Kavanaugh avait annoncé que la décision était déjà faite en 1973. On va voir si les deux originalistes vont revenir sur leur parole ou pas. De toute façon, depuis Citizens United, la Cour Suprême a montré qu'elle peut prendre des décisions d'une façon très politisée, et c'est navrant surtout aux USA où la Cour a un pouvoir très important. Heureusement que chez nous le conseil d'Etat a moins de pouvoirs que la Cour américaine.

L'utilisation de la phrase "Law of the Land" par Gorsuch m'interpelle. Certes, c'est le terme utilisé dans le système anglo-saxon pour désigner une loi du pays. Mais c'est aussi un terme fréquemment utilisé dans un contexte religieux : The divine law v. the law of the land. Quand on lit sur l'intervention de la religion dans la politique américaine, on comprend la base de certains pour comprendre et différencier entre ce qu'ils pensent être la loi sacrée et la loi posée. C'est très alarmant par exemple lorsque le procureur général, qui est catholique, parle de la laïcité américaine comme une mauvaise chose. Pour lui aussi, Roe v. Wade est la loi du pays, mais ce n'est pas une loi voulue par les fondateurs de la constitution, et donc ce n'est qu'une "arme de guerre" utilisée par les laïcards pour casser les normes morales de la société (on y ajoute le divorce, l'acceptation des manifestants LGBT...). On comprend donc que c'est une loi posée par des opposants, et peut certainement disparaître au profit de la loi divine.

Je ne peux bien sûr pas nier la bête noire derrière tout ça : la religion. On a beau voulu lui attribuer le message de paix, d'amour et de coopération. On l'a longtemps défendu contre le "monstre laïc" et sa (prétendue) guerre contre le droit fondamental à avoir un ami imaginaire. Mais, derrière toutes ces flatteries mensongères de l'idéologie religieuse ces complexes de persécution, se cache une vraie infection virale qu'on est forcé de tolérer, qui s'infiltre pour empoisonner les têtes et survivre comme un gène égoïste.

Membre Anonyme

Pour moi la religion est un foutage de gueule multiséculaire qui se drape dans de beaux habits de probité tout en agissant de la pire des manières.

C´est un magnifique exemple du fameux adage: "si tu veux connaitre quelqu´un, n´écoute pas ce qu´il dit mais regarde ce qu´il fait."

Je la distingue de la spiritualité, qui est individuelle, qui n´impose rien à personne, qui n´est pas dogmatique et qui concerne notre rapport au monde invisible.

Car lorsque l´on établi des dogmes, que l´on revendique d´avoir " la vérité", que l´on crée des institutions pour protéger ces vérités, on est dans un système de pouvoir, qui n´a plus rien de spirituel.

L´arme de la religion c´est la peur. Et les gens qui ont peur font toujours n´importe quoi.

Lindos - modifié par Lindos le 16/05/2019 - 10:24:57

"Les médecins pratiquant l'avortement seront passibles, dans l'Alabama, de peines de prison de 10 à 99 ans"

L'interdiction de l'avortement n'a jamais empeché l'avortement, la nature ayant horreur du vide, il se pratique alors en l'absence de toute sécurité sanitaire ou à l'étranger.

Concernant les religions à la base de ces principes, elles sont de nouveau en sérieuse compétition, certaines sur la défensive, d'autre sur l’offensive. Depuis leur origine elles ont hérité de lois coutumière tribales. Le principe "tu ne tueras point" concernait les membres de la communauté, pas les missions extérieures des soldats armés en ce sens. La lutte contre l'avortement avait pour l’objectif d’accroître la communauté et sa puissance extérieure, notamment en nombre de guerriers mobilisables, de colons déployables, etc. Les femmes étaient des «poulinières à bébés», ne pas faire d'exception en cas de viol ou d'inceste poursuivait aussi cet objectif. En l’absence de pénurie de femmes et d’enfants, il existait aussi la possibilité de les lapider d’emblée si elles introduisaient du sang impur dans la famille, c’est ce que font encore les islamistes lorsqu’ils prennent le pouvoir de nos jours.

Tout cela me semble largement anachronique de nos jours après l’évolution qu’a connue nos sociétés, du droit des personnes, et en plus les armée deviennent très mécanisées et n’ont plus besoin d’autant de sang frais. Mais cela peut rester une méthode efficace pour prendre le pouvoir sur les esprits pour devenir calife à la place du calife, ceci expliquant sans doute cela.

Franckright

Pour corroborer ce que tu dis.

https://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/10/17/nearly-six-in-ten-americans-say-abortion-should-be-legal/****

Il y a aussi derrière cela, à mon sens, un problème racial.

Membre Anonyme

Up . Merci pour ce sujet .

Lindos - modifié par Lindos le 16/05/2019 - 21:24:23

Franckright ,

"Il y a aussi derrière cela, à mon sens, un problème racial"

Tu penses aux hispaniques notamment ? C'est un peu normal. Ils craignaient leurs dieux plutôt morbides avant l'arrivée des espagnols qui leur ont fait craindre de gré ou de force leur Dieu dont ils étaient eux-mêmes terrorisés, au final ils se méfient encore beaucoup des colères de Dieu. Et les évangélistes prennent le relai à la moindre faiblesse des catholiques.

L'avortement fait partie du corpus chrétien qui s'est progressivement imposé en Europe avant de diffuser en Amérique, mais il était apparemment antérieur au Moyen Orient, chez les hébreux, mais aussi probablement dans le bassin mésopotamien car on en a la trace à Babylone dans le code d'Hammurabi. Je connais pas le cout de la vie à l'époque, mais l'avorteur ou la faiseuse d'anges ne risquait au plus que 80 gr d'argent par fœtus, ce qui est très en deça des 99 ans dont on parle, même si c'est un coup de poker (par contre si la mère était noble et en mourrait c'était plus grave, il ou elle avait intéret à avoir le geste sûr).

Bref c'est dans le corpus des aigreurs de Dieu, comme les gays (à l'époque Dieu ne s'intéressait pas trop aux histoires de femmes entre elles puisque cela n'intéressait pas les homme, ou réciproquement mdr), et les hispaniques ont de bonnes raisons pour s'en méfier.

Ceci étant...

Je ne crois pas que ce fut une bonne idée d'industrialiser les avortements comme les gastroscopies ou les opérations de l'appendicite. On se serait heurté à la même opposition s'il avait existé des groupes de défense des estomacs ou appendices, et ceci malgré le libre arbitre des patients. Des médecins rechignent, et les menacer de poursuites judiciaires est de même nature que les menaces (des gardiens du temple) de Dieu. Après je ne sais pas comment cela se passe aux US, mais je suppose que les avortements sont organisés comme chez nous. Désormais chaque camp campe sur ses positions, et creuse des tranchées comme à Verdun.

Membre Anonyme

J'avoue . Beaucoup trop d'ados tentent encore à considérer l'ivg comme un moyen de contraception . C'est là où encore une fois , l'éducation par le dialogue (pas le dressage) a plus de chance d'aboutir . Je n'ai plus en tête le pourcentage d'ados mères célibataires aux States , il est déjà effarant .

Franckright

Industrialiser dis tu ? Ne pas oublier qu'il s'agit d'un geste médical invasif a haute valeur émotionnelle, pas sur que l'état d'esprit soit le même que pour un lifting. Hors le contexte de surcroit.

Ne pas oublié qu'au US, morale aidant cela reste de toute façon un geste honteux et très très couteux.

Pour le côté racial, ce n'était pas mon propos. Pense avec la mentalié US sudiste.

NoLandsMan

Merci Frankright. Je trouve les statistiques de Pew Center souvent très révélateurs. Ces résultats réfutent certaines idées présentes dans la société américaine. Par exemple, l'idée que l'avortement est une cause féminine et qu'il y a peu d'hommes qui la défendent ne tient pas. Je ne trouve pas la dimension raciale car on n'observe aucun écart entre les noirs et les blancs. Les hispaniques par contre sont moins tolérants de la cause (catholiques et plus traditionalistes que la moyenne, bien que relativement plus tolérants que les évangélistes blancs).

Les 21?s non affiliés à aucune religion et qui s'opposent l'IVG est un cas intéressant. Ces non affiliés qui forment une population croissante de 22 ? la population américaine ne sont pas forcément non croyants (seulement 4 ?s américains sont athées d'après les dernières statistiques que j'ai vues). Ça me rappelle un peu des statistiques sur l'acception de l'homosexualité aux USA: 94 ?s athées approuvent, contre 80 ?s non affiliés et seulement ~34 ?s croyants (à l'exception des juifs) ! cela montre que la religion n'est pas la seule cause, car il y a aussi le poids de la tradition et du milieu social conservateur. Le refus des religions organisées ne garantit pas un changement des mentalités, mais nécessite une réflexion sur les enjeux de la morale et de la sociétés loin du conservatisme social.

Mais ce qui est remarquable de tout ça, c'est que la majorité des américains défendent l'avortement dans la majorité des cas. Et ça montre la rupture entre les décideurs et les constituants.

Et malheureusement, dans les esprits réactionnaires cétémieuavants, ceci n'est pas le cas. Par exemple, la droite culturelle américaine fait son retour comme dans l'époque de Reagan. Elle vise à la fois la gauche libérale et socialiste et la droite de l'establishment. Son but est justement d'interdire l'IVG, le mariage pour tous, les régulations sur le climat, sur l'éducation (au revoir Darwin, bonjour Jésus ! ), et ose même attaquer les fondements laïcs de la constitution sous le prétext de la liberté de la religion. D'où la nécessité de combattre le problème depuis les racines (au moins chez nous).

Membre Anonyme - modifié par Jeanne00 le 16/05/2019 - 22:02:16

@Franckright

Un malentendu dans vos échanges ?! J'ai perçu autrement l'adjectif "industrialisé" pour la raison citée précédemment . Quant à dire qu'on irait à l'avortement avec "la fleur au fusil" , c'est peut-être plus vrai pour une "certaine catégorie" du personnel soignant qui se fait fort de te le rappeler . Mes oreilles (et bien d'autre) en saignent encore , tant d'années plus tard . Les mêmes bonnes âmes te culpabilisent d'avorter autant qu'elles jugent celles devenues mères trop jeunes ou hors mariages . Un comble . Ne sont pas si bien heureuses celles qui conservent le choix m'enfin il reste le leur , c'est ce qui importe .

Lindos

J'ai hésité avant d'utiliser le terme industrialisé plutôt que rationalisé, déjà parce que je ne suis pas une femme confronté directement avec cette question, mais l’ai choisi à dessin. Parce que c’est ce qui se passe dans tous les domaines de la médecine, en tout cas en France. Je n’évoque pas les urgences. Mais pour le reste la prévention est quasiment inexistante, le plus long est d’obtenir le premier rendez-vous. Après tout rondement mené, de la page d’accueil internet où tout le monde est beau tout le monde est gentil, à la prise de décision avec le médecin en moins de dix minutes, et un parcours de soin cadencé comme du papier à musique. Le plus délicat reste de nous faire signer les dépassements d’honoraires, sinon c’est gratuit. Quand l’intervention a lieu en ambulatoire des gens sortent même le soir au ciné, alors qu’on leur a fait signer qu’ils devaient se reposer chez eux. C’est rationalisé pour rassurer le patient, accélérer les soins, augmenter le nombre de patients à la journée, et faire des économies en se se perdant pas dans des palabres et états d’âmes inutiles. Après, qu’il y ait des personnels qui trouvent le temps et prennent plaisir à faire la morale aux patients c’est possible, mais normalement ils n’ont déjà pas le temps d’aller pisser ^^ Si ne n’est pas de l’industrialisation ce n’en est plus très loin. Je veux bien qu’on m’explique que pour les IVG ce serait différent, mais à priori je n’en verrais pas la raison, et la simple consultation des pages d’accueil des sites sur le sujet me rassure : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Personnellement j’ai rien contre car que sais la situation dramatique précédente, je dis seulement que les opposants n’ont pas beaucoup de mal pour trouver les failles du système et creuser des tranchés.

Membre Anonyme

L'état du Missouri s'apprête , lui aussi , à interdire l'ivg même en cas de viol ou d'inceste . Plus près , en France , des sites créés pour soit disant renseigner sur l'ivg ne sont que des paravents pour atteindre "les cibles" afin de les dissuader . Procédé assez dégueulasse . Je ne sais pas si ces sites ont depuis été fermés . M'enfin comme pour toutes les escroqueries , ils réapparaitront très vite tout en payant pour figurer en haut de page (éh oui) à la moindre recherche . Sachant que le Net est l'outil le plus utilisé par les jeunes , faire et refaire de la prévention et de l'information est plus qu'une nécessité . Là où les droits des femmes progressent , ceux des gays aussi . Il y a fort à parier que l'inverse soit vrai aussi ... :(

Lindos - modifié par Lindos le 18/05/2019 - 22:51:17

Autant que je sache le délit d’entrave à l’IVG a définitivement été adopté par le Parlement français en 2017.

.

Cela me rappelle que si les femmes africaines transmettaient volontier leurs traditions culturelles, y compris celles contraignantes pour elles, elles n'hésitaient pas à faite la grève de la sexualité lorsque les hommes poussaient trop loin le sexisme. Bon avec des limites c'est sur, sous la menace des kalachnikov des intégristes cela ne fonctionne plus. Mais sinon cela marchait assez bien, les hommes ne pouvant plus se vanter qu'ils faisaient l'amour plusieurs fois par nuit, ce qui est assez frustant ^^

Les femmes américaines pourraient faire la même chose pour résister si jugaient ces lois célérates. Mais elles devraient être solidaires pour que cela fontionne, sinon les hommes se tourne vers l'ubérisation ^^

Plus sérieusement, quoi que, cette tentance conservatrico-macho-populistes n'augure rien de bon. Y compris pour les LGBT+ qui sont inévitablement derrière en seconde ligne à moyen terme.

Marcusa

Congratulations ..bravo à l' Alabama et aux Missouri. ..

Calinette123

C'était de l'humour Marcussa ???

Marcusa

non j'ai pas plaisanté.

Calinette123

Tu peux développer ta position Marcussa ?

Marcusa - modifié par marcusa le 20/05/2019 - 16:55:17

ben je suis contre l'avortement, je l'ai toujours été contre l'avortement.

Y a des femmes dans le monde (pas que en France ) qui galère vraiment pour avoir un enfant. .et d'autres les tue avant leur naissance. ..mais où va le monde sérieux ? je suis athé.

Membre Anonyme

Même si tu es contre l'avortement, ça ne regarde que toi, mais l'interdir c'est signer le retour des avortements clandestins dans des conditions déplorables et qui feront mourir les femmes.

Et je ne pense pas que cette interdiction facilitera d'une quelconque façon les grossesses des femmes qui "galèrent"..

Lindos

Marcusa,

"Y a des femmes dans le monde (pas que en France ) qui galère vraiment pour avoir un enfant. .et d'autres les tue avant leur naissance. ..mais où va le monde sérieux ? je suis athé."

Un enfant c'est un quart à un tiers de son espérence de vie pour devenir un adulte, à la charge des adultes.

Une religion qui comme le bouddhisme privilégie la vie et toutes les formes de survie, y compris l'abandon d'un enfants à une famille qui galère pour avoir un enfant, poursuit une logique très différente de celle que nos traditionalistes défendent, qui consiste à obliger une femme à élever l'enfant qu'elle met au monde quelqu'en soit les conditions de conception, de possibilité d'éducation, et de santé pour la mère y compris son immaturité physique et psychologique.

Il existe donc bien des possibilités de respecter une vie quelle qu'elle soit, humaine, animale ou végétale, tout en protégeant la mère, mais ce n'est pas celles que défendent nos conservateurs, directement héritées du patriarcat de méditerranée orientale.

On est donc contraints par les antiavortement à une position binaire, pour, ou contre celui-ci. Et à mon avis cela ne changera pas car c'est l'arbre qui cache la forêt de luttes de pouvoir dépassant largement l'avortement, l'homophobie, etc.

Membre Anonyme - modifié par Urukan le 20/05/2019 - 19:32:22

Un peu similaire à : "y'a des gens qui meurent de faim dans le monde alors mange ta soupe"... j'ai toujours trouvé ça stupide.

Une femme doit pouvoir être libre de faire ce qu'elle veut avec son corps. En sahant que quelque-chose de consenti mais découlant d'une morale inculquée par la société ou religieuse ne constitue pas un choix libre. (en gros si on se dit "je me dois de faire cela" parce que je veux faire plaisir à une autre personne ou un ami imaginaire, ce n'est pas un choix libre)

Si une femme n'a pas envie d'avoir un enfant, ce n'est pas le fait qu'une autre personne voudrait éventuellement un bébé qui devrait l'empêcher d'avorter. C'est extrêmement contraignant d'avoir un enfant au cas ou hein... Et il y a potentiellement plein de complications fâcheuses...

Marcusa - modifié par marcusa le 20/05/2019 - 22:08:44

pour moi l'avortement ça reste et restera acte criminel ...Un médecin est senser de sauver des vies, non tuer.

les condamnation sont pas assez sévère 99ans pour avoir tuer un enfant pas encore né. ..c'est pas des médecins, il devrait être radier l'ordre des médecins ...

la prochaine fois qui aura un débat délicat ici sur ce site, je dirai plus rien. .. 🤐 ..je veux pas me faire des enemies ici, juste parce que j'ai exprimé mon opinion 🤧

Faith141 - modifié par faith141 le 21/05/2019 - 00:28:58

Salut, tu ne t'es pas fait d'ennemis.

Tu as exprimé un avis, d'autres expriment le leur.

Et moi le mien. Je ne suis pas fan de l'avortement (c'est sûrement couillon de dire ça, il doit pas y avoir grand monde qui peut dire, chouette un avortement).

Mais la liberté pour la femme de choisir, les situations complexes des vies font que pouvoir avorter est et doit rester un droit.

NoLandsMan - modifié par BarelyInsane le 21/05/2019 - 02:43:55

C'est bien d'exprimer son opinion et de la voir discutée et contestée. C'est comme ça qu'on revalorise nos principes et nos idées reçues, au lieu de rester dans une boulle et ne partager son opinion qu'avec des personnes qui pensent la même chose.

Sur la question pratique, la criminalisation de l'IVG pour moi fait partie de ce genre de problèmes auxquels les décideurs nous pondent des lois et pensent que tout va se régler seul, comme la prohibition de l'alcool, la guerre sur les drogues ou l'interdiction du piratage. Et plus on crée des lois strictes, plus ça pousse les choses vers le pire, et au final ça ne marche pas.

Sur la question éthique, il faut quand même avoir une certaine honnêteté intellectuelle pour voir le problème que l'IVG veut régler: la grossesse involontaire. Classifier l'avortement comme un meurtre n'est pas seulement un manque de perspective, mais montre aussi une volonté à ne pas voir le problème au profit d'une doctrine culturelle et très souvent religieuse. J'ai vécu au Maroc, pays qui n'autorisait jusqu'en 2015 que l'avortement suite à des complications posant la femme enceinte en danger. ç-à-d qu'on avait des années où les petites filles ou jeunes adultes violées, parfois par leurs propres pères ou frères, des femmes qu'on leur a expliqué après un diagnostic que leur enfant naîtra déformé, paralysé ou mutilé à vie, toutes étaient sous la contrainte de mettre en vie des petits enfants non aimés, rejetés par les parents et par la société car perçus comme le fruit d'une abomination, et ces enfants grandissent soit dans orphelinat/prison/ferme des animaux, soit dans la rue pour devenir des futurs criminels (des futurs violeurs parfois). Je ne peux pas décrire en quelques mots l'horreur qu'on entend et qu'on lit: des foetus, parfois même des bébés, jetés dans des poubelles, sur la rue, à côté des hôpitaux, des jeunes femmes mortes après des complications suite à un avortement clandestin, des jeunes filles se suicidant après viol et grossesse, par leur propre membre de famille...et connaissant tout cela, la société veut toujours restreinte l'IVG pensant qu'on règle ces problèmes avec des prières et une bonne éducation islamique. La question éthique concernant l'avortement est loin d'être une question de choc ou répulsion, elle est beaucoup plus profonde et nécessite une réflexion pour mettre tout en perspective.

Calinette123 - modifié par Calinette123 le 21/05/2019 - 07:29:07

Ton avis Marcussa a autant le droit au respect que n'importe quel autre de ce forum.

Le crime pour moi consiste à contraindre les femmes et parfois de très jeunes filles à peine puberes, à devenir mères contre leur gré.

Pourquoi ? Parce que beaucoup d'entres elles sont tout bonnement "incapacitées" à le devenir.

Manque d'argent, de maturité, jugement social et familial envers celles qui ont "faute", absence de désir maternel, rejet de l'enfant parfois. Voilà les ingrédients qui tous mènent à une seule chose : le malheur de l'enfant.

En Corée ou je vis un enfant élevé par une mère seulement, sans père donc, ou substitut qui l'aurait adopté (ce n'arrive presque jamais ici) est garanti d'avoir toute sa vie des difficultés à trouver un emploi, un logement, un partenaire de vie.

Bâtard il est, bâtard il resterestera.

C'est pourquoi jusqu'à il y a 3 semaines seulement (l'IVG vient juste d'être legalisee ici), les orphelinats étaient plein de mômes abandonnés par des mères n'ayant pas pu avorter puisque c'était illégal ou parce que trop modestes elles n'avaient pas pu avoir le fric nécessaire pour forcer la main de quelques médecins " arrangeants".

Et n'oublions pas que cette loi est aussi supposée s'appliquer dans les cas de viol, inceste compris, et état de santé remettant en question la vie de la mère ou de l'enfant durant la grossesse ou l'accouchement.

Dans le cas d'une grossesse extra-utérine ( bébé se développe à l'extérieur de l'uterus) on fait quoi ? On laisse crever (car il n'y a aucune survie possible sans IVG ultra rapide) la mère et le foetus dans d'atroces souffrances pendant des semaines ?

Simone Veil notre héroïne à toutes n'était pas et n'a jamais été pro avortement. Par contre elle était résolument contre qu'on continue a fermer les yeux sur le massacre des femmes et de leurs foetus lorsqu'elles se faisaient charcutees à peine insensibilisees par de l'alcool ou du sirop à la méthadone sur des tables de cuisine sans aseptie.

Elle était aussi horrifiée à l'idée que des "filles mères " continuent à s'enfoncer des aiguilles à tricoter dans le vagin jusqu'à atteindre le col de leur utérus et enfin percer le placenta pour piquer le foetus en plusieurs endroit.

Voilà le genre d'horreurs qui vont se multiplier après l'abrogation d'une telle loi.

Ceux qui honorent autant la vie que toi Marcussa tu sembles l'honorer devraient aussi songer à ces situations extrêmes (avortements clandestins) qui demeurent une réalité dans tous les pays n'ayant pas légalisé l 'IVG.

Et au bout du compte avec des morts ou handicapés à vie, la vie est-elle toujours respectée selon toi?

Marcusa

IVG c'est pareil je suis contre aussi . ..je changerai pas d'avis désolé. ..je préfère un enfant handicapé...clandestins ou fait par un pseudo médecin ça rest et restera un acte criminel 😠

Membre Anonyme

Le prétendu "combat pour la vie ", alors même que, dans son déroulement, il implique la mise à danger consciente de la personne qui porte cet embryon de vie, est une hypocrisie totale.

Les femmes, qui portent les enfants, protestent, mais ne sont pas écoutées.

Pourquoi? Parce que dans cette configuration-ci, la vie de la femme et son droit à être respectée dans son intégrité, est placée en-dessous de la vie de cet embryon, qui je le rappelle, n´a pas été crée par elle seule. Simplement, lorsque survient cette "erreur ", c´est elle qui doit entièrement en payer le prix.

C´est un combat qui vise à ramener les femmes à leur soi disant place inférieures dans la société.

Si toutes les vies étaient réellement importantes alors la question ne se poserait pas.

Mais parce qu´elles ne le sont pas encore, nous sommes en train de retourner à ces anciens combats.

Je refuse que la moitié de l´humanité soit ainsi traitée de façon subalterne.

Membre Anonyme - modifié par Jeanne00 le 21/05/2019 - 12:46:09

A l'heure où le viol devient une arme de guerre dans tous les conflits mondiaux et tant qu'un seul homme considérera pouvoir disposer du corps d'une femme à sa guise , remettre en question le droit à l'avortement n'est pas négociable . Imposer à une femme de poursuivre à terme une grossesse et l'assumer , dans ses conditions , est bien plus criminel . L'avortement , je le rappelle , n'est jamais vécu comme une partie de plaisir et les femmes qui y ont recours traversent très souvent ce moment douloureux seules . Un viol , qu'il soit incestueux ou pas , est tout aussi douloureux que dévastateur .

Une femme a le droit inaliénable à disposer d'elle-même autant que tout homme . Dans un monde idéalisé , l'avortement n'existerait pas . Pas plus que le viol . Restreindre la liberté d'une femme ne participe qu'à la maintenir sous le joug de l'homme , empêcher son émancipation . https://www.youtube.com/watch?v=LvbuqbItPvs .


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