Aurélie mène une vie qui semble banale, mais en réalité, elle se relève péniblement d’une série de drames. Il y a encore quelques mois, elle vivait entourée de sa sœur, de sa meilleure amie et de son compagnon. Mais ces derniers temps, tout a basculé, elle a dû rompre avec son compagnon au comportement de plus en plus violent.
Pouvant à peine subvenir à ses besoins seule, Aurélie a changé ses horaires de travail pour les nuits, afin de gagner un peu plus d’argent. Cela l’épuise, mais elle se dit que c’est temporaire.
Peu de temps après, elle a perdu sa sœur et sa meilleure amie à quelques semaines d’intervalle.
Ces épreuves ont laissé Aurélie brisée, mais elle trouve un soutien auprès de son meilleur ami, Jason. Lui aussi est infirmier dans un hôpital, il la comprend mieux que quiconque. Depuis qu’ils se connaissent, Jason a toujours été là pour elle, prêt à la réconforter, à l'écouter sans jugement. Aurélie le sait, Jason est sa seule famille désormais, et même dans les moments les plus sombres, il arrive à lui redonner un peu de courage.
Sa maison, qu’elle a rénovée avec son ex compagnon, est un refuge, elle s’y sent en sécurité. La maison en elle-même est vieille, charmante, avec ses planchers en bois qui craquent et ses murs épais.
Cette demeure, un peu isolée en périphérie de la ville, est un endroit calme, en apparence serein.
Mais récemment, elle commence à y ressentir une étrange atmosphère, quelque chose d’indéfinissable qui plane, comme une lourdeur omniprésente. Elle se persuade que tout est dans sa tête, que c’est le contrecoup de tous les drames qu’elle a subi.
Jusqu’à ce que de petits incidents viennent perturber ce calme apparent.
Un matin, alors qu’elle se réveille, elle remarque une petite entaille au poignet qu’elle ne se souvient pas s’être faite. Mais surtout, elle remarque quelque chose d’étrange dans la cuisine. La veille, elle avait soigneusement rangé une assiette, un verre et un couteau dans le lave-vaisselle après son dîner. Mais en entrant dans la cuisine, elle les retrouve sur le plan de travail. Elle se fige un instant. Est-ce possible qu’elle ait oublié de les ranger ?. Elle secoue la tête et sourit nerveusement, "Tu te fais des idées, Aurélie, c’est le stress." Mais une petite voix en elle murmure que quelque chose cloche.
Les jours suivants, d’autres incidents viennent ébranler son quotidien. Une brosse à cheveux qu’elle a laissée dans la salle de bain la veille se retrouve mystérieusement sur la table de la salle à manger. Un livre qu’elle lit avant de dormir change de place. Elle tente de rationaliser, se disant qu’elle est fatiguée, que le travail de nuit et les insomnies doivent la distraire. Mais chaque matin, elle se sent un peu plus en insécurité.
Un soir, épuisée par sa garde, Aurélie passe au supermarché avant de rentrer. Elle s’offre un paquet de biscuits, du lait, et un pot de miel. Elle rentre, range tout soigneusement dans les placards, et va se coucher.
Le lendemain matin, en cherchant les biscuits pour son petit déjeuner, elle ne les trouve plus. Après une recherche minutieuse, elle les découvre, vides, dans la poubelle. Elle se fige, un frisson parcourant son échine. Elle est certaine de ne pas les avoir mangés.
Le phénomène se répète quelques jours plus tard avec une bouteille de lait, puis avec des fruits. Une étrange angoisse l’envahit à chaque fois qu’elle franchit le seuil de sa cuisine. Elle vérifie toutes les serrures, les fenêtres, elle s’assure que tout est bien fermé avant de partir, mais rien ne change. Sa maison lui donne de plus en plus l’impression d’être habitée par une autre présence.
C’est alors qu’ils sont apparus, les bruits. Des bruits si sourds qu’ils semblaient venir des entrailles de la maison elle-même.
Une nuit, alors que le silence de la maison est total, Aurélie entend un craquement au-dessus d’elle. D’abord un seul bruit, puis un autre, comme un pas léger, puis un autre plus lourd.
Lentement, elle se redresse, le cœur battant. Est-ce le bois qui craque ?. Ou quelque chose de plus tangible ?.
Elle reste figée, écoutant attentivement, mais tout redevient silencieux. Elle se persuade que ce n’est rien, peut être un pigeon ou une chauve-souris sur le toit.
Mais le bruit revient la nuit suivante, mais cette fois plus fort, comme si quelqu’un tombait lourdement au plafond.
Elle se redresse dans son lit, terrifiée, osant à peine bouger.
Elle attrape son téléphone, et appelle Jason pour lui parler de ses craintes, mais il la rassure en lui disant qu’elle est épuisée, qu’elle devrait se reposer, oublier tout ça.
Elle se force alors à croire que tout cela n’est que le fruit de son imagination, une accumulation de fatigue et de stress. Pourtant, elle finit à nouveau par verrouiller toutes les portes et les fenêtres, espérant que cela mettra un terme à ses angoisses
Finalement, l’accumulation de ces événements finit par la pousser à bout. Après plusieurs nuits de bruits et d’objets déplacés, elle décide d’appeler la police. Elle explique ses inquiétudes, sa peur que quelqu’un soit entré chez elle, mais les policiers semblent sceptiques.
"Une vieille maison", disent-ils, "ça fait souvent du bruit."
Ils acceptent malgré tout de venir inspecter les lieux.
Les policiers passent chaque recoin de la maison au peigne fin, mais ne trouvent rien d’anormal, jusqu’à ce qu’ils trouvent une trappe au plafond. Dans le couloir du 1er étage.
Policier :
Vous avez dit que cette trappe était condamnée, c’est bien ça ?.
Aurélie :
Oui, depuis que j’ai emménagé, je ne l’ai jamais ouverte.
Les policiers forcent la trappe et, une fois à l’intérieur, ils découvrent l’horreur.
Un grenier obscur, étroit, où des instruments de torture sont entreposés. Une odeur nauséabonde emplit l’air. Ils découvrent, dans un coin de la pièce, un cadavre.
Celui de sa meilleure amie, disparue depuis trois semaines. Et un autre corps, celui de sa sœur, morte deux mois plus tôt.
Aurélie qui était en plein deuil est sous le choc. Elle est placée en détention.
Les policiers sont convaincus de sa culpabilité.
A vrai dire, tout l’accuse. Ils ont retrouvé des objets lui appartenant, un bracelet et le livre qu’elle lisait ces derniers temps qu’elle avait soi-disant perdu. Etrange pour quelqu’un qui affirmait ne pas connaître l’existence de cette pièce. Elle clame son innocence, mais face aux preuves, qui pourrait la croire ?.
Les policiers décident de la confronter à leur cellule psychiatrique.
Et là, c’est un non-retour pour Aurélie.
Les psychiatres de la police suggèrent qu’elle pourrait souffrir d’un trouble de la personnalité dû aux médicaments contre l’insomnie. C’est rare, disent - il, mais pris à forte dose, cela arrive.
Depuis qu’elle travaille de nuit, elle prend en effet des somnifères puissants, qui pourraient altérer sa mémoire et son jugement. Selon le psychiatre, elle aurait développé une seconde personnalité, une facette sombre qui aurait commis ces actes sans qu’elle s’en souvienne.
Ce sont des lourdes accusations pour une femme déjà meurtrie par les évènements récents.
La police interroge alors son meilleur ami Jason qui affirme qu’elle serait incapable de faire une chose pareille.
Le juge n’est pas totalement convaincu par les conclusions des psychiatres.
C’est pourquoi, il prend la décision de ne pas condamner tout de suite Aurélie. Elle restera en détention provisoire pendant 4 semaines, le temps que les enquêteurs trouvent potentiellement une autre piste. A défaut de quoi, elle sera incarcérée à perpétuité dans un hôpital psychiatrique.
Le chef de la brigade Monsieur Bovin, décide de prendre les choses en main.
Pendant 3 semaines Monsieur Bovin et son équipe enquêtent nuit et jour.
Aurélie, toujours en détention provisoire, commence à sombrer peu à peu dans la folie. Elle commence à coller toutes les pièces du puzzle du peu de mémoire qui lui reste. Plus elle cherche sa tête, plus cela devient lucide. Tous ces objets qui bougent sans raison. Elle aurait donc assassiné sa propre soeur ?.
Seule, dans sa petite cellule d’incarcération, elle réfléchit.
Plus elle réfléchit, plus elle pleure.
Plus elle angoisse.
Elle ne mange plus, et maigri à vue d’œil.
Elle reste sur son lit, et pleure, sans cesse.
Monsieur Bovin particulièrement touché de la descente aux enfers de cette femme, décide de faire un dernier effort. Il ne pourra pas avoir la conscience tranquille tant qu’il n’aura pas tout fait pour tenter d’innocenter cette femme.
Surtout qu’un détail le perturbe, les policiers avaient demandé à Jason de se présenter au poste mais il n’est pas venu de la journée. Etrange pour quelqu’un qui souhaite à tout prix innocenter son amie.
La nuit venue, il décide de se rendre à la maison, en dehors de ses horaires de service.
Il se gare devant la demeure, entourée de ruban, barricadée par ces agents.
Il entre.
Tout de suite, un détail horrible l’interpelle, du sang. Oui, c’est bien du sang, là, juste à l’entrée.
Aussitôt, il alerte le commissariat avec sa radio et suit les traces de sang.
Il monte à l’étage, les escaliers recouverts de ce liquide rouge vif.
Tout d’un côté, il s’arme de son pistolet et tend l’oreille.
...
Il entend un cri étouffé.
Un son faible, comme une voix désespérée venant d’en haut, du grenier. Sans hésiter, il monte, prêt à affronter ce qu’il pourrait y trouver. Son cœur battant à mille à l’heure.
Lorsqu’il atteint le grenier, il découvre l’inimaginable,
C’est lui, c’est Jason.
Le meilleur ami d'Aurélie, gisant sur le sol.
A côté de lui, un homme cagoulé, des instruments de tortures à la main.
Monsieur Bovin :
Les mains en l’air !.
L’homme cagoulé saute sur le policier, un couteau tourné en direction de sa poitrine.
Quand soudain, un bruit de détonation de pistolet.
Il s’écroule.
Le policier le regarde, mais une étrange sensation l’envahit. Il a très froid.
Il baisse alors le regard et voit son thorax ensanglanté, le couteau l’ayant transpercé, il tombe au sol.
Il réunit ses dernières force et rampe jusqu’à l’homme qu’il vient de tuer.
Il doit savoir qui il est.
Il retire son capuchon et c’est alors qu’il comprend.
Quand les policiers arrivent sur place, ils emmènent les deux hommes en urgence à l’hôpital.
Un seul d’entre eux a survécu,
L’ex petit ami d'Aurélie.
Il avoue tout.
Consumé par la haine et la rancœur après leur séparation, il avait planifié une vengeance implacable. La maison, qu’ils avaient rénovée ensemble, lui servait de piège idéal pour briser Aurélie. Dès leur rupture, il s’était caché dans le grenier, profitant de ses absences nocturnes pour descendre, manger dans sa cuisine, déplacer des objets, et semer le doute. Chaque nuit, il renforçait son emprise invisible, alimentant les doutes d'Aurélie jusqu’à la convaincre qu’elle perdait la raison.
Et ce n’était pas tout, son plan morbide incluait les assassinats de sa sœur et de sa meilleure amie, tuées pour infliger à Aurélie une souffrance insupportable.
Ces derniers mots ont été les plus terrifiants,
« Je veux qu’elle ressente ce que c’est d’être détruit. Je voulais qu’elle comprenne qu’elle n’avait aucun contrôle. Je veux la briser »
Aurélie est évidemment innocentée.
Au petit matin, les policiers lui ouvre les portes de sa cellule.
Mais tout ce qu’il trouvèrent fut son corps, pendu au barreau de la fenêtre à l’aide de ses draps.
Merci d'avoir apprécier et lu mon histoire en entier. Je fait toujours attention à la chute de mon histoire. Merci en tout les cas, pour ton commentaire.
J'ai apprécié la lecture 😊
Dommage que ça soit un récit court car je pense qu'il y a moyen de travailler dessus avec plus de détails.
Tu penses qu'il es court, mais si je fais plus long, ça risquerait de faire un bouquin et il ne sera publié et vendu en librairie ou j'en suis persuadée que tu iras le chercher, promis tu auras même une dédicasse. 😉 .
Merci de l'avoir apprécier et lu en entier.
Citation de Montana #549139
Pourquoi tu ne te lancerais pas dans l'écriture d'un livre, justement ?
Et ouais, j'irais le chercher en librairie, ça c'est sûr !
Citation de Cacahuète06 #549140
Je vais y penser pour le bouquin, ce serais même une bonne idée, un livre d'horreur, avec tout les ingrédients. Tu ne seras pas déçue de l'avoir acheter mon futur bouquin. Tu seras la première à te mettre au jus
😉 .