Empathie, hypersensibilité, quand les émotions des autres nous envahissent

Amour et intimité


auteur anonyme

Anonyme
Empathie, hypersensibilité, quand les émotions des autres nous envahissent

Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

***J'ai changé le titre de ce post, car la discussion a pris un tournant différent de celui de départ, et que l'empathie est un beau sujet dont il serait dommage de ne pas traiter... Histoire de se lire, partager des expériences de grande empathie, s'entraider aussi, car c'est quelque chose de parfois vraiment difficile à vivre... Puis d'en voir les bons côtés, d'apprécier l'aspect "magique" de cette aptitude qui permet de comprendre l'autre sans qu'il doive s'exprimer... Simplement parce qu'on "ressent intensément en nous"...

La première dizaine de messages (environ) n'est donc pas vraiment sur ce thème. ***

Un jour, nous aurons notre histoire.

Je la connais depuis dix années. Ritournelle revenant fréquemment dans mon esprit : « On devrait être amies ! On s’entendrait super bien ! » Comme un désir véritable de relation plus forte que de simples collègues. Intérêt évident pour elle, bienêtre en sa présence, fous-rires, … Certitude qu’on partage beaucoup de points communs… Pas de véritable réciproque. Elle est du genre « exclusive » en amitié. Et ses contacts privilégiés se font donc uniquement avec sa « meilleure amie », que je ne suis pas. Attention particulière à son état, sensibilité plus accrue, moi qui suis fort empathique, à ses émotions qu’à celles d’autres personnes. Vers 2012, j’ai rêvé de nous, nous embrassant. Ça m’avait perturbée un temps, puis j’étais passée à autre chose. Je n’étais pas homo, ce n’était pas possible. Me suis révélée à moi-même il y a deux ans. Assurément non-hétéro. J’ai changé. Réflexions intensives sur moi et mes émotions, je m'exprime davantage (sentiments, humour, …), ouverture aux autres, meilleure communication. Tout cela a eu un impact super positif sur l’ensemble de ma vie. Contacts clairement améliorés avec beaucoup de mes collègues. Rapprochement amical avec elle.

Compréhension de la vraie nature de mes sentiments. De leur force.

Elle est en couple. Depuis neuf ans environ. Cohabitation, chats, habitudes familiales, vie bien installée. Je m’étais faite à la situation. Mon bonheur passait par le sien. Elle était heureuse. C’était bien. J’étais bien.

Puis, sa compagne a eu un accident. Est devenue « assistée ». Dépendante d’elle. En revalidation, progressant bien. Mais tout sera différent à jamais : elle est différente de ce qu’elle était. Leur avenir en tant que couple ? C’est une question que je n’ose pas lui poser.

Il y a des hauts et des bas, je la vois se débattre avec ses émotions… Elle vit pour sa compagne, ses journées se résument souvent à boulot-hosto. Elle a mis sa vie entre parenthèses pour se consacrer à sa compagne. Et moi ? Je mets la mienne en suspens pour être présente pour elle. La faire parler, l’écouter, la réconforter, la comprendre, l’aider à décompresser, lui provoquer des rires et sourires… Espérer qu’elle soit un jour « à nouveau heureuse ». Aucun but de séduction. Les premiers mois, j’ai beaucoup somatisé. Il était donc nécessaire pour moi d’agir pour son bien à elle. De toute évidence, ma bonne santé aussi passe par son bonheur.

Pour moi, ça ne fait aucun doute : un jour, nous aurons « notre » histoire. Nous… Nous finirons ensemble. Je le sais.

Mais la situation est tellement… particulière… bloquée… que ça n’est pas prêt d’arriver. En aucun cas elle ne partirait. Elle n’abandonnera jamais sa compagne, même si ça devait l’empêcher définitivement d’être heureuse. Elle la soutiendra jusqu’au bout, envers et contre tout, c’est certain. Je la connais et la comprends trop bien pour imaginer quoi que ce soit. Je l’admire. Son courage, son espoir, sa force. J’ai peur pour elle, parfois. Je suis triste de cette vie qu’elle doit mener. Je respecte à 100% son engagement. Jamais je ne lui dévoilerais ouvertement mes sentiments, ou tenterais quoi que ce soit. Ça la perturberait, ce serait contreproductif. Je veux qu’elle soit « bien ». Juste ça.

Alors que faire de ma certitude… « Un jour, elle et moi, ce sera nous. » ?!

Je n’ai pas de retour… J’interprète des choses comme des signes que je compte mais… Je crois que je me fais des idées. Je n’ai pas de « vrai retour », réellement évident du fait qu’elle me considèrerait comme davantage d’une simple collègue. Si, une amie quand même. Je suis partagée : est-ce parce qu’elle connait mes sentiments (très probablement) et ne veut donc pas laisser s’installer d’ambigüité, ou juste parce qu’elle n’a pas d’intérêt particulier pour moi ? Dans ma certitude folle, je ne peux envisager cette seconde option.
Elle est réceptive, positive à mes attentions, je sais que ça lui fait du bien. Je n’attends rien en retour, vraiment, si ce n’est qu’elle aille le mieux possible. Mais parfois… Parfois ça me ferait du bien… Qu’elle me demande « vraiment » comment je vais. Je ne sais pas… Sentir que je compte un peu.

Est-ce dingue, d’être convaincue d’une issue où elle et moi formerions un couple heureux ? Que ce soit dans un an ou cinq ou plus… Ça arrivera…

Cette conviction est à la fois ce qui me permet de supporter mes sentiments et continuer mon chemin à ses côtés sans avoir la place que j’aimerais dans sa vie, et une façon de m’empêcher de passer à autre chose et de m’accrocher à un rêve quasi-impossible. J’en suis consciente. Pourtant, je ne peux envisager de changer à son égard, d’être moins disponible et attentive. Si je l’aime assez fort, ça l’aidera à tenir le coup.

Et puis, un jour… Un jour, on aura notre histoire.


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photo de l'auteur Keiros
Keiros
Femme de 29 ans
Clermont-Ferrand

Un jour, tu auras ta propre histoire.

:)


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photo de l'auteur mimoza
Mimoza
Homme de 46 ans
PAU

Salut.

j'aime ta façon d'écrire. Il y a bcp de dynamisme. ça donne envie d'avaler la lecture. Et ce narrateur dissimulé derrière le personnage principal, qui vit dans l'ombre, par procuration et dans un amour aveugle et inconditionnel. C'est fort et bien triste.

Donc j'hésite entre une petite nouvelle sorti de ton environnement et nourri de tes rèves ou bien ta propre histoire. Surement un peu des deux malheureusement.

Prend soin de toi.


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photo de l'auteur Jeanne00
Jeanne00
Femme de 57 ans
LORIENT

Un ressenti rarement exprimé d'une si belle façon . Vous l'avez déjà votre histoire . Celle là n'appartient qu'à vous deux ...^^


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auteur anonyme

Anonyme

On l'a déjà, notre histoire... C'est pas faux...


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photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

Il me semble avoir déjà lu cette histoire sur le forum, je me mets dans l'hypothèse que c'est la même.

A mon sens tu devrais te mettre à la place de cette fille que tu dis aimer, qui doit à la fois porter le poids de sa copine brutalement gravement handicapée, et devrait porter celui d'une fille convaincue d'être sa copine légitime.

A mon avis tu te rends malade, cela ne semble pas s'améliorer, tu devrais te faire aider pour prendre du recul...


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photo de l'auteur mimoza
Mimoza
Homme de 46 ans
PAU

Rebonjour énigmatique anonyme.

Ton texte me touche particulièrement par son intensité dramatique. Je pressens derrière les lignes un personnage attachant, trés introverti, vivant dans son monde et s'étant créé un amour de toute pièce, en déconnexion totale avec la réalité. Il s'agirait là d'un portrait existant, largement exploité, en littérature ( chez les classiques) comme au cinéma (M.HIRE par ex).

Ta façon de communiquer avec nous ( en anonyme) et de nous répondre de façon trés énigmatique, sans te départir de ton thème d'origine, me conforte encore un peu plus dans l' idée que je me fais de toi.

Je souhaiterais me tromper sur ton compte et par là-meme que tu puisses répondre et nous en parler dans une communication directe (si cela t'es possible bien-sur, sans briser l'armure de cristal dans laquelle tu te sens bien). Il existe aussi les communication en PV.

Au plaisir d'avoir peut-etre de tes nouvelles.


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auteur anonyme

Anonyme

Mimoza, oui, je suis un peu ce personnage qui vit dans un monde onirique et s’est probablement créé un amour dépassant l’entendement. Mais je garde la raison, je ne suis pas déconnectée de la réalité pour autant…

Lindos, ton hypothèse est correcte, surement.

Elle, je me mets à sa place non stop. Trop empathique, je décrypte ce qu’elle ressent sans qu’elle le dise, je vous assure que je la comprends parfaitement.

C’est pourquoi je peux affirmer que non, elle n’a rien à porter me concernant. Mon amour n’est pas un fardeau et je fais en sorte qu’il ne le soit jamais.

Elle a su mes sentiments il y a presqu’un an, et si je suis toujours très présente pour elle, ma façon d’agir n’est « visiblement » que de l’amitié, ça ne semble jamais être plus. Plaisanteries, attention, présence, aide. Je veille soigneusement à trouver le bon dosage, ne jamais en faire trop, ne jamais m’imposer, rester la plus naturelle possible. Que ça lui permette d’aller bien, mais que ça ne soit jamais du rentre-dedans, de la séduction, quelque chose d’anormal, bizarre, qui nous mettrait mal à l’aise.

En fait… Être attentionnée, ça fait partie de moi, je le suis avec toute personne qui vit une « crise ». Je réponds présente, c’est tout, je veux que les gens autour de moi aillent bien et je ne peux pas supporter de les voir souffrir sans agir. C’est au moins la troisième collègue à avoir de gros soucis, mes interventions n’ont donc rien d’inhabituel, rien qui puisse être interprété comme « gênant pour elle ». J’ai déjà agi ainsi avec les autres.

Cette clarification est importante, il me semble…

Je dois aussi dire que non, je ne suis pas convaincue d’être sa copine légitime.

C’est très difficile d’exprimer ce qui se passe en moi parce que je ne le comprends pas bien moi-même. ;-)

C’est juste… Je sais qu’elle restera avec sa compagne. Et je sais que je vais avoir une vie de mon côté, affective et sexuelle, et peut-être même que je finirai par ne plus rien ressentir d’amoureux pour elle.

Et pourtant, malgré que ce soit évident, il y a… Cette impression saugrenue qu’un jour, dans tous les cas, on finira ensemble.

Je ne me rends pas malade. Je le vis bien. Je n’ai pas besoin d’aide…

Vraiment : je continue mon chemin et espère rencontrer une fille qui me fasse vibrer. Je fais le nécessaire pour me créer des opportunités. J’ai des crush, je rêvasse à d’autres qu’elle. Je suis ouverte aux rencontres et prête à vivre une vraie relation.

Bien sûr, elle reste dans les parages et son bienêtre m’importera toujours. On sera encore collègues une petite trentaine d’années… Et c’est vrai, il y a ce truc qui me dit : « Quoi que tu vives, un jour vous vous retrouverez. »

Mais je vais vivre, aimer, être aimée. Et peut-être qu’au final, on n’aura été qu’amies toute notre existence, allez savoir, c’est ce qui semble logique. Mais n’empêche que la raison ne fait pas taire cette impression bizarre qu’on « aura notre histoire ».

Bon. Je ne parviens pas à exprimer ça correctement.

Et vos réactions, Lindos et Mimoza, me font comprendre qu’il vaut mieux que je taise cette impression, parce qu’elle ne peut pas être comprise vraiment (déjà par moi, alors par d’autres, j’imagine comme ça doit être biscornu !).

Puis aussi que je travaille sur moi pour laisser de côté cette certitude afin qu’elle ne me bloque pas. Faire des rencontres sans l’avoir elle non-stop à l’esprit, rester réellement disponible pour vivre une/des histoire(s)…

Ce message, ici, c’est parce que j’en ai parlé à une amie proche il y a quelques jours. En l’expliquant, ça me semblait un peu dingue, cette « conviction qui me dépasse ».

Du coup… J’avais besoin d’essayer de mettre des mots là-dessus, et d’avoir des réactions, pour savoir à quel point c’est « trop ».

Maintenant je sais ;) !


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photo de l'auteur Keiros
Keiros
Femme de 29 ans
Clermont-Ferrand

Citation de Anonyme #299066

Je pense que la situation que tu décris est une situation que beaucoup de gens sont amenés à vivre dans leur vie, du moins beaucoup de femmes j´ai l´impression, qui demeurent dans des situations d´amour non réciproque. ( c´est sans jugement, on est bcp a étre passé par là je pense )

Avoir une personnalité empathique peut conduire à un réel oubli de soi, étant donné que l´on ne peut être heureux tant que nos proches ne le sont pas également. Donc on s´active à rendre les autres heureux, pour eux, mais pour soi même également.

Le sentiment amoureux est qqch de très intime, très profond en soi. Bien entendu, lorsque l´on en parle autour de nous, ou meme sur ce forum, on ne peut pas en dire vraiment l´essence. C´est qqch d´absolument déraisonnable.

Cependant il faut prendre gare à la vie par procuration. C´est extremement tentant via l´empathie. Tu te connecte àux émotions des autres et tu as la sensation de vivre leur vie un peu, leur émotions, etc. Le bénéfice c´est avoir les avantages sans les inconvénients. C est a dire vivre une vie sans trop de douleurs, mais du coup un peu fade.

Le réconfort caché d´un amour non réciproque c´est de pouvoir aimer, sans avoir la crainte d´être quitté, car on est pas dans une relation "réelle". Sans avoir également la crainte d´êre aimé pour de vrai. ( là je parle pour tous les gens qui consultent le forum aussi, donc ne t inquiète pas c´est pas personnel ).

Mais empathie ou non, fondamentalement tu sais, tu ne peux pas savoir à 100? qu´elle ressent. Pour se faire il faudrait que tu ais vécu sa vie, dans sa peau. Chaque seconde avoir été elle. Avoir affronté toutes les situations qu´elle a vécu, toutes ses émotions. Or tu n´as jamais vécu que ta propre vie.

En tout cas, merci pour ce topic. C´est un thème intéressant à débattre.


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photo de l'auteur mimoza
Mimoza
Homme de 46 ans
PAU

Ah. ça fait plaisir que tu répondes.

je vois que je me suis trompé sur ton compte. Tu exprimes ce que tu ressens d'une autre manière, bien plus maitrisée, réfléchie et analysée que dans ton premier post. Tu as du créer dans le premier une tension sans t'en rendre bien compte. Ceci-dit, sur le plan littéraire, il était trés bien.

Tu as juste une personnalité trés altruiste et tu aimes profondément ta collègue. Rien à redire à tout cela.

je pense voir ce que tu veux dire, lorsque l'on a envie de finir sa vie avec l'autre, que l'on s'imagine vieux, heureux et toujours aimant. Enfin je l'ai déjà ressenti en tout cas.

Je te le souhaite. Je crois comme toi à cette sorte d'évidence, lorsque la déstinée était presque écrite à l'avance. C'est pas trés raisonnable, mais c'est beau d'y croire. Enfin je te souhaite d'etre heureuse, avec ou sans ton amour.


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photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements

"il y a… Cette impression saugrenue qu’un jour, dans tous les cas, on finira ensemble. Je ne me rends pas malade. Je le vis bien. Je n’ai pas besoin d’aide… "

"Et vos réactions, Lindos et Mimoza, me font comprendre qu’il vaut mieux que je taise cette impression, parce qu’elle ne peut pas être comprise vraiment (déjà par moi, alors par d’autres, j’imagine comme ça doit être biscornu !)."

Disons que le ton et la multiplication de tes topics sur ce même sujet laisse pour le moindre poindre une mélancolie...


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auteur anonyme

Anonyme

Hmm... Lindos, tu as fait le lien tout seul entre ce message et celui où je parlais de l'accident de sa compagne, mais si tu retombes dessus, tu verras que le sujet et les préoccupations n'étaient vraiment pas pareils. Peut-être que si tu vois une multiplication de topics, c'est que tu confonds avec d'autres (que je n'aurais pas vu passer) car ce sont les deux seules fois où je me suis exprimée à propos d'elle.

La première fois, donc, parce que j'étais extrêmement perturbée par le changement de vie brutal, que j'étais inquiète au possible.

Ici, ma démarche est différente, parlant davantage de moi, pour découvrir si d'autres ont déjà ressenti une telle conviction et si c'est "trop dingue" que pour être expliqué.

Mimoza, oui, cette tension a été créée un peu involontairement, mais probablement que c'est le reflet des variations hormonales qui font qu'une fois de temps en temps, je cogite davantage et avec plus de difficulté ;-) ! Merci pour ta réaction et tes souhaits !

Ah, Keiros, l'empathie... On pourrait en faire un topic à part entière, tellement c'est quelque chose qui mérite d'être approfondi. Je vais réfléchir à ton conseil : "prendre gare à la vie par procuration, car ça permet peu de douleur mais c'est du coup un peu fade" !


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photo de l'auteur Dimancche
Dimancche
Non binaire de 25 ans
Paris

Et si au lieu de baver dans ton coin , tu passais à table 🍖 ? Tu te détruis à petit feu. Tu vas exploser à force de te retenir 💥 . Je dis ça dans ton pur intérêt. Tu me fais pitié (dans le sens où j'éprouve de la compassion).


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photo de l'auteur Jeanne00
Jeanne00
Femme de 57 ans
LORIENT

J'apprécie beaucoup les modulations apportées à ce sujet , et par son auteure et par les intervenants . L'empathie , vaste sujet . Je ne crois pas qu'ici la préoccupation extrême du bien-être de l'autre soit assimilable à une vie par procuration . La certitude d'une histoire plus tard peut questionner , en effet . Pourtant , il y a des certitudes comme ça parfois qui viennent de on ne sait où et qui , parfois aussi , se vérifient ... La vie recèle encore bien des mystères^^


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auteur anonyme

Anonyme

(Dimancche, je... bah... je cherche. "Passer à table" ne dépend pas uniquement de moi, hein !)

Empathie mise à l'épreuve ce samedi.

Grosse crise de larmes de sa part au boulot. Et du coup ? J'ai quasi pas dormi de la nuit ! J'ai commencé à avoir un torticolis, mal de tête aussi. Me suis concentrée sur du boulot et sur des moments en famille pour ne plus trop penser à tout ça, faire taire ces émotions qui m'envahissaient mais n'étaient pas vraiment les miennes (l'inquiétude si, mais tout le reste... non). Donc, je n'étais pas au top top top. Je me suis détendue quand, enfin, elle m'a donné signe de vie. Et puis on a pu parler aussi, dimanche soir, ce qui m'a rassurée sur son état. J'ai senti dans son discours qu'elle allait bien mieux, avait surmonté cette mauvaise passe. Et j'ai été bien mieux, moi aussi...

Pas une question d'amour ici, je précise, mais juste de ressenti "émotionnel" : elle allait super mal, je tentais de la réconforter, lui changer les idées, mais elle restait bloquée dans son esprit dans des trucs négatifs et ça m'a bouffée toute une partie du weekend (je me connais : ç'aurait été le cas avec d'autres personnes aussi).


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photo de l'auteur Keiros
Keiros
Femme de 29 ans
Clermont-Ferrand

Citation de Anonyme #299384

Et si tu voyais les choses sous un autre angle :

Tu aimes cette femme depuis 10 ans ( si ma mémoire est bonne ). C´est un amour très fort, mais hélas non réciproque. Pour l´ego, pour le coeur ce sont des amours éprouvants, douloureux, même si ils peuvent avoir des aspects très beaux, très honorables. Reste que pour un humain de base c´est difficile.

J´imagine qu´au cours de la journée cette personne occupe pas mal de tes pensées. Tu te soucis de son bien être, même souvent avant le tien. Tu t´inquiètes de savoir si elle est heureuse. Tu transfère donc l´énergie de ton coeur´ symboliquement, â cette personne là.

C´est la personne primordiale de ta vie, d autant plus gravée en toi par la douleur inconsciente de la non réciprocité, qui équivaut symboliquement à un rejet.

Maintenant imaginons que cette personne traverse une mauvaise passe, qu´elle est triste. Cela va affaiblir ton propre systeme qui fonctionne de concert avec cette personne çi.

Car vu l´importance que tu lui accordes, il est improbable que tu arrives à etre heureuse si elle ne l´est pas.

Donc quand tu es triste, c´est bien ta propre tristesse que tu ressens. Tes emotions.

Que tu essayes de bloquer, ou refouler car tu penses qu´elles ne t´appartiennent pas.

Mais si, ce sont bien les tiennes.

Et je pense qu´elles ont besoin d´être entendues. Ecouter pour une fois.

En particulier la peur de perdre qqn.

( et je redis, c´est pour tous les gens du groupe en general, pour tous les empatho-émotifs ;)


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photo de l'auteur Dimancche
Dimancche
Non binaire de 25 ans
Paris

Je pense comme Keiros que ce n´est pas réciproque (en fait, au fond on n´en sait rien, c´est juste une supposition). Je te conseille vivement de consulter un psychologue, parce que clairement il y a un soucis. Seul un professionnel est susceptible d´apporter une solution à tes maux. Il faut vivre pour soi.


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auteur anonyme

Anonyme

Oh pas besoin de psychologue... Je suis ma meilleure psy, et je sais où aller chercher des conseils et aides qui me font davantage réfléchir quand je ne me suffit plus (ex : ici ;) ) !

Tu as raison, Keiros, c'est réducteur de considérer que les émotions qui m'ont envahies samedi n'étaient pas les miennes.

Disons surtout que c'étaient les miennes + les siennes + celles des autres collègues qui l'ont vue pleurer, lui ont dit toutes sortes de paroles, se sont montrés préoccupés par son état, tristes pour elle, etc.

Ce qui rend la gestion des émotions difficiles pour quelqu'un qui ressent "plus que la normale", c'est justement de ne pas laisser ses propres émotions être décuplées par celles des autres.

Oui, samedi, j'étais triste "rien que moi" aussi ;-) . J'avais peur de la perdre. Une autre personne m'a dit : "Elle vit ce que j'ai vécu, et à son stade, j'avais souvent envie de me jeter sous un train.", j'étais morte de trouille.

Mes émotions ont besoin d'être entendues, tu dis... Mais... Mon amour étant ce qu'il est, dans toute la spécificité de mon histoire, et non-réciproque (ce point, je n'en suis pas à 100% convaincue, je pense qu'il est réciproque mais avec des sacrés degrés d'écart - étant donné qu'en plus d'être hypersensible/empathe, j'ai tendance à m'attacher avec exagération), c'est difficile de partager avec d'autres quand je ne vais pas bien, quand je suis inquiète, quandc je sens qu'elle va mal et que je suis triste/angoissée, etc. Parce qu'ils ne comprennent pas et que, comme beaucoup ici, on finirait par me prendre pour une folle de m'accrocher, par me dire d'aller voir un psy, par avoir peur pour ma santé, par me faire entendre que je ne suis pas normale et que je devrais me faire soigner, par me reprocher de "trop en faire", "trop en parler", par me faire penser que je vais profondément mal alors qu'en fait, j'vous assure, ce n'est pas le cas, je suis une bonne vivante, positive, capable d'oublier les points négatifs pour me concentrer sur les bonnes choses du quotidien, et donc je suis globalement réellement heureuse, même si, quand elle ne l'est pas, je ne le suis pas "à fond" parce que perturbée et inquiète pour elle...


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photo de l'auteur mimoza
Mimoza
Homme de 46 ans
PAU

Au fil des lectures, il me vient la supposition que cette fille dont tu parles et que tu admires tant pourrait etre trés egocentrée, voire un peu perverse. (Car meme l'ensemble de tes collègues semblent etre aux petits soins pour elle.) En outre, elle est forcément consciente de l'attention particulière que tu lui porte et de l'emphatie extreme qui t'anime la concernant. Et ça semble lui convenir tout à fait. Un personne saine aurait fait en sorte que vous prissiez des distances dans ton seul interret... Tu me diras si je me trompe.


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auteur anonyme

Anonyme

Oh non, elle n'agit pas négativement.

Nous sommes une petite équipe soudée, une espèce de famille. Quand elle craque, personne ne peut rester indifférent. Mais elle est loin d'y prendre plaisir... Elle a fondu en larmes samedi, a essayé pourtant de retenir ses pleurs, ne voulant pas gâcher l'ambiance ou que sa tristesse soit remarquée... Mais elle est expressive et on n'a pas pu faire autrement que voir qu'elle était perturbée. Ce sont nos questions, nos envies de l'aider, qui l'ont finalement fait crquer. Puis, elle a entendu des tas de paroles et vu que beaucoup d'entre nous étions inquiets pour elle. Alors, ces lundi et mardi, elle est épuisée, mais joyeuse. Elle s'attèle à nous faire voir les progrès de sa compagne, à garder le sourire, pour qu'on cesse de se tracasser pour elle. Elle est épuisée moralement, parce que mettre un masque "tout va bien", c'est difficile, mais elle le fait, et je sais que c'est parce qu'elle veut qu'on ne s'inquiète pas (elle me l'a dit déjà il y a quelques mois).

Quant au fait qu'elle profite de mes attentions et ne prend pas ses distances "dans mon bien", je dirais... Au contraire. Elle me donne justement exactement le nécessaire pour que je ne vive pas mal ma situation, avec mes sentiments. Elle est présente, on rit, on se parle plus, elle me rassure quand je lui fais comprendre que je suis inquiète, elle est positive avec moi, etc. Elle n'en fait jamais trop par contre, elle ne me donne jamais l'occasion de penser "il y a une ouverture", et c'est clairement un truc dont j'ai besoin, zéro ambigüité, elle est avec sa compagne, point. Tous ses retours positifs à mon attention extrême passent par le comportement, l'attitude, les discussions et les plaisanteries. En fait, je ne serais pas étonnée qu'elle ait aussi une grande empathie : elle semble repérer quand j'ai besoin d'un contact un peu plus "personnel, rapproché" et me donne... juste le nécessaire. Elle agit généralement vraiment "comme il faut". Pas forcément comme je voudrais et comme j'espérerais dans mes rêves, mais justement comme il faut pour que je garde les pieds bien sur terre, m'auto-discipline en quelque sorte, garde la bonne distance...

Notre métier nous force à avoir des contacts quotidiens, à travailler "ensemble", par conséquent, mettre davantage de distance serait néfaste à ce niveau. Sérieux, elle agit en fait toujours "juste comme il faut"...


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photo de l'auteur Jeanne00
Jeanne00
Femme de 57 ans
LORIENT

🤞

L'hypersensibilité est souvent perçue comme négative , là aussi il faut savoir relativiser . Elle peut être , certes , handicapante (à force d'être une éponge , elle peut rendre vulnérable) pourtant , elle est aussi une force , une source inépuisable ... (j'adore ce sujet)^^


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auteur anonyme

Anonyme

L'hypersensibilité est en tout cas difficile à faire comprendre. J'aurais du mal à dire à quelqu'un : hé, je suis hypersensible !

En fait, je n'en ai parlé qu'à une personne, une amie lesbienne et elle-même hypersensible. Des points communs qui nous ont rapprochées et du coup, ça fait d'elle une personne avec qui je peux parler de tout sans redouter d'être méjugée ou incomprise.

Cette amie est en dépression... Une conséquence de l'hypersensibilité ?


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