Deux femmes obtiennent la légalisation de leur union au Japon

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Aleksandr
Homme de 32 ans
Le Mans
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Deux femmes obtiennent la légalisation de leur union au Japon

L'arrondissement de Shibuya (Tokyo) a émis un avis favorable et établi un « certificat d'union civile » relatif à leur relation. 


« J'ai l'espoir que c'est un grand pas en avant, non seulement pour Tokyo mais pour l'ensemble du Japon, afin de transformer notre pays en un endroit plus agréable à vivre pour l'ensemble des LGBT[I]. » a déclaré Mme Higashi, comédienne de théâtre, jeudi 5 novembre. Elle ajoute qu'elle n'abandonne pas l'idée qu'un jour, elle puisse être légalement mariée à sa compagne.


Actuellement, le mariage entre couples de même genre n'est pas reconnu à l'échelle nationale au Japon. Le droit local permet dans certaines régions (actuellement Shibuya et Setagaya) de reconnaître la légitimité de l'union entre personnes de même genre, depuis récemment. C'est ce qui a permis à Hiroko Masuhara et à Koyuki Higashi de valider leur union. C'est une avancée fondamentale dans les droits des LGBTI au Japon.


Une bienveillance à l'échelle locale


En effet, la reconnaissance de cette union leur alloue des droits fondamentaux au sein d'une relation : droit de visite dans les hôpitaux, accès facilité à la propriété, etc.


Le maire de Shibuya, Ken Hasebe, connu pour ses convictions pro-LGBTI, a félicité le couple : « Cela a pris beaucoup de temps, mais nous y sommes parvenus. » Le maire de Setagaya a assuré, quant à lui, que c'était un nouveau départ, et qu'il allait désormais, lui aussi, émettre des avis favorables de plus en plus fréquemment, pour ceux qui en font la demande.


Higashi, l'une des heureuses élues, a également déclaré : « Les couples hétéros et homos sont vraiment très similaires. Il est dommage qu'il y ait tant de choses que nous ne puissions accomplir comme les autres seulement parce que nous faisons partie d'une minorité. Je rêve qu'un jour prochain, il existera une réelle égalité. »


Réticences à l'échelle nationale


Le gouvernement central du Japon, dirigé par le Premier Ministre Shinzo Abe, a diffusé un communiqué affirmant qu'il fallait être « extrêmement précautionneux » lorsqu'il s'agira, à l'avenir, d'autoriser ou non un changement de constitution pour les couples de même genre. La majorité des personnes âgées reste très mitigée à cette idée.


En revanche, les jeunes générations semblent beaucoup plus ouvertes à l'ouverture des mêmes droits pour tous les couples. Le nouveau Ministre de l'Éducation, Hiroshi Hase, a récemment surpris la communauté LGBTI japonaise, en promeuvant leurs droits lors d'une interview à propos des Jeux Olympiques de 2020.



État des lieux des droits LGBTI au Japon


Même si elle a été officiellement dépénalisée dès 1880, l'homosexualité et la liberté d'orientation sexuelle ne sont pas du tout protégées légalement au Japon. Les personnes LGBTI japonaises n'ont aucun recours en cas de discrimination par rapport au travail, à l'éducation, la propriété, la couverture santé ni même les aspects bancaires. De plus, de nombreuses lacunes demeurent : les lesbiennes, homos, bis, trans et intersexes ne sont par exemple pas du tout protégés en cas de violences conjugales.


Toutefois, les cas de discriminations semblent assez rares et des compromis sont régulièrement effectués, avec la discrétion nippone que l'on connaît. Le Japon fait partie de l'ICCPR (United Nations International Covenant on Civil and Political Rights), qui bannit expressément toute forme de discrimination.


De même, les hommes homosexuels ont l'autorisation de donner leur sang, à condition de témoigner d'un an d'abstinence, comme l'installera prochainement la proposition d'amendement qui a été formulée en France récemment par Marisol Touraine, la Ministre de la Santé et des Sports.


Même si une loi a été votée contre le harcèlement sexuel et moral dans les milieux professionnels, les gouvernements successifs ont toujours refusé de l'étendre aux discriminations contre le genre ou l'identité sexuelle. Cependant, en 2008, une loi a été votée afin de permettre aux transidentitaires ayant effectué une opération de réassignement de changer d'État Civil, comme le projet de loi d'Erwann Binet qui sera bientôt examiné dans l'Hexagone.


En ce qui concerne le mariage, l'article 24 de la constitution japonaise statue toujours clairement que « le mariage doit être fondé [...] et maintenu dans une coopération mutuelle, de droits égaux, entre le mari et la femme. » Le code civil interdit tout mariage entre couples de même genre, et la loi ne permet pas l'obtention de visas pour les couples bi-nationaux homosexuels.


Crédits photo : Y. Tsuno/Getty - Y. Shino/Reuters


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Date de publication : 09/11/2015 à 02:55


photo de l'auteur Aleksandr
Aleksandr
Homme de 32 ans
Le Mans

L'arrondissement de Shibuya (Tokyo) a émis un avis favorable et établi un « certificat d'union civile » relatif à leur relation. 


« J'ai l'espoir que c'est un grand pas en avant, non seulement pour Tokyo mais pour l'ensemble du Japon, afin de transformer notre pays en un endroit plus agréable à vivre pour l'ensemble des LGBT[I]. » a déclaré Mme Higashi, comédienne de théâtre, jeudi 5 novembre. Elle ajoute qu'elle n'abandonne pas l'idée qu'un jour, elle puisse être légalement mariée à sa compagne.


Actuellement, le mariage entre couples de même genre n'est pas reconnu à l'échelle nationale au Japon. Le droit local permet dans certaines régions (actuellement Shibuya et Setagaya) de reconnaître la légitimité de l'union entre personnes de même genre, depuis récemment. C'est ce qui a permis à Hiroko Masuhara et à Koyuki Higashi de valider leur union. C'est une avancée fondamentale dans les droits des LGBTI au Japon.


Une bienveillance à l'échelle locale


En effet, la reconnaissance de cette union leur alloue des droits fondamentaux au sein d'une relation : droit de visite dans les hôpitaux, accès facilité à la propriété, etc.


Le maire de Shibuya, Ken Hasebe, connu pour ses convictions pro-LGBTI, a félicité le couple : « Cela a pris beaucoup de temps, mais nous y sommes parvenus. » Le maire de Setagaya a assuré, quant à lui, que c'était un nouveau départ, et qu'il allait désormais, lui aussi, émettre des avis favorables de plus en plus fréquemment, pour ceux qui en font la demande.


Higashi, l'une des heureuses élues, a également déclaré : « Les couples hétéros et homos sont vraiment très similaires. Il est dommage qu'il y ait tant de choses que nous ne puissions accomplir comme les autres seulement parce que nous faisons partie d'une minorité. Je rêve qu'un jour prochain, il existera une réelle égalité. »


Réticences à l'échelle nationale


Le gouvernement central du Japon, dirigé par le Premier Ministre Shinzo Abe, a diffusé un communiqué affirmant qu'il fallait être « extrêmement précautionneux » lorsqu'il s'agira, à l'avenir, d'autoriser ou non un changement de constitution pour les couples de même genre. La majorité des personnes âgées reste très mitigée à cette idée.


En revanche, les jeunes générations semblent beaucoup plus ouvertes à l'ouverture des mêmes droits pour tous les couples. Le nouveau Ministre de l'Éducation, Hiroshi Hase, a récemment surpris la communauté LGBTI japonaise, en promeuvant leurs droits lors d'une interview à propos des Jeux Olympiques de 2020.



État des lieux des droits LGBTI au Japon


Même si elle a été officiellement dépénalisée dès 1880, l'homosexualité et la liberté d'orientation sexuelle ne sont pas du tout protégées légalement au Japon. Les personnes LGBTI japonaises n'ont aucun recours en cas de discrimination par rapport au travail, à l'éducation, la propriété, la couverture santé ni même les aspects bancaires. De plus, de nombreuses lacunes demeurent : les lesbiennes, homos, bis, trans et intersexes ne sont par exemple pas du tout protégés en cas de violences conjugales.


Toutefois, les cas de discriminations semblent assez rares et des compromis sont régulièrement effectués, avec la discrétion nippone que l'on connaît. Le Japon fait partie de l'ICCPR (United Nations International Covenant on Civil and Political Rights), qui bannit expressément toute forme de discrimination.


De même, les hommes homosexuels ont l'autorisation de donner leur sang, à condition de témoigner d'un an d'abstinence, comme l'installera prochainement la proposition d'amendement qui a été formulée en France récemment par Marisol Touraine, la Ministre de la Santé et des Sports.


Même si une loi a été votée contre le harcèlement sexuel et moral dans les milieux professionnels, les gouvernements successifs ont toujours refusé de l'étendre aux discriminations contre le genre ou l'identité sexuelle. Cependant, en 2008, une loi a été votée afin de permettre aux transidentitaires ayant effectué une opération de réassignement de changer d'État Civil, comme le projet de loi d'Erwann Binet qui sera bientôt examiné dans l'Hexagone.


En ce qui concerne le mariage, l'article 24 de la constitution japonaise statue toujours clairement que « le mariage doit être fondé [...] et maintenu dans une coopération mutuelle, de droits égaux, entre le mari et la femme. » Le code civil interdit tout mariage entre couples de même genre, et la loi ne permet pas l'obtention de visas pour les couples bi-nationaux homosexuels.


Crédits photo : Y. Tsuno/Getty - Y. Shino/Reuters


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Homme de 32 ans
Le Mans

L'arrondissement de Shibuya (Tokyo) a émis un avis favorable et établi un « certificat d'union civile » relatif à leur relation. 


« J'ai l'espoir que c'est un grand pas en avant, non seulement pour Tokyo mais pour l'ensemble du Japon, afin de transformer notre pays en un endroit plus agréable à vivre pour l'ensemble des LGBT[I]. » a déclaré Mme Higashi, comédienne de théâtre, jeudi 5 novembre. Elle ajoute qu'elle n'abandonne pas l'idée qu'un jour, elle puisse être légalement mariée à sa compagne.


Actuellement, le mariage entre couples de même genre n'est pas reconnu à l'échelle nationale au Japon. Le droit local permet dans certaines régions (actuellement Shibuya et Setagaya) de reconnaître la légitimité de l'union entre personnes de même genre, depuis récemment. C'est ce qui a permis à Hiroko Masuhara et à Koyuki Higashi de valider leur union. C'est une avancée fondamentale dans les droits des LGBTI au Japon.


Une bienveillance à l'échelle locale


En effet, la reconnaissance de cette union leur alloue des droits fondamentaux au sein d'une relation : droit de visite dans les hôpitaux, accès facilité à la propriété, etc.


Le maire de Shibuya, Ken Hasebe, connu pour ses convictions pro-LGBTI, a félicité le couple : « Cela a pris beaucoup de temps, mais nous y sommes parvenus. » Le maire de Setagaya a assuré, quant à lui, que c'était un nouveau départ, et qu'il allait désormais, lui aussi, émettre des avis favorables de plus en plus fréquemment, pour ceux qui en font la demande.


Higashi, l'une des heureuses élues, a également déclaré : « Les couples hétéros et homos sont vraiment très similaires. Il est dommage qu'il y ait tant de choses que nous ne puissions accomplir comme les autres seulement parce que nous faisons partie d'une minorité. Je rêve qu'un jour prochain, il existera une réelle égalité. »


Réticences à l'échelle nationale


Le gouvernement central du Japon, dirigé par le Premier Ministre Shinzo Abe, a diffusé un communiqué affirmant qu'il fallait être « extrêmement précautionneux » lorsqu'il s'agira, à l'avenir, d'autoriser ou non un changement de constitution pour les couples de même genre. La majorité des personnes âgées reste très mitigée à cette idée.


En revanche, les jeunes générations semblent beaucoup plus ouvertes à l'ouverture des mêmes droits pour tous les couples. Le nouveau Ministre de l'Éducation, Hiroshi Hase, a récemment surpris la communauté LGBTI japonaise, en promeuvant leurs droits lors d'une interview à propos des Jeux Olympiques de 2020.



État des lieux des droits LGBTI au Japon


Même si elle a été officiellement dépénalisée dès 1880, l'homosexualité et la liberté d'orientation sexuelle ne sont pas du tout protégées légalement au Japon. Les personnes LGBTI japonaises n'ont aucun recours en cas de discrimination par rapport au travail, à l'éducation, la propriété, la couverture santé ni même les aspects bancaires. De plus, de nombreuses lacunes demeurent : les lesbiennes, homos, bis, trans et intersexes ne sont par exemple pas du tout protégés en cas de violences conjugales.


Toutefois, les cas de discriminations semblent assez rares et des compromis sont régulièrement effectués, avec la discrétion nippone que l'on connaît. Le Japon fait partie de l'ICCPR (United Nations International Covenant on Civil and Political Rights), qui bannit expressément toute forme de discrimination.


De même, les hommes homosexuels ont l'autorisation de donner leur sang, à condition de témoigner d'un an d'abstinence, comme l'installera prochainement la proposition d'amendement qui a été formulée en France récemment par Marisol Touraine, la Ministre de la Santé et des Sports.


Même si une loi a été votée contre le harcèlement sexuel et moral dans les milieux professionnels, les gouvernements successifs ont toujours refusé de l'étendre aux discriminations contre le genre ou l'identité sexuelle. Cependant, en 2008, une loi a été votée afin de permettre aux transidentitaires ayant effectué une opération de réassignement de changer d'État Civil, comme le projet de loi d'Erwann Binet qui sera bientôt examiné dans l'Hexagone.


En ce qui concerne le mariage, l'article 24 de la constitution japonaise statue toujours clairement que « le mariage doit être fondé [...] et maintenu dans une coopération mutuelle, de droits égaux, entre le mari et la femme. » Le code civil interdit tout mariage entre couples de même genre, et la loi ne permet pas l'obtention de visas pour les couples bi-nationaux homosexuels.


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Petit à petit on va y arriver, c'est une excellente nouvelle pour nos droits en tous cas.

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