Le Concours Beto écriture Winter 2017

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photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
- Modification par wilden le 17/12/2017 - 23:13:20
Betolerant à un Incroyable Écrivain en Hiver

Concours : Ecriture d'une histoire
DATE DE FIN : Dimanche 24 Décembre 2017

Thème : Présentation/Biographie d'un personnage fictif

Règles :
- Le personnage doit être inventé par vous-même
- Participez seul ou en équipe pour défendre votre texte écrit par vous même sur le thème indiqué au dessus.
- Jusqu'à 10 000 mots

Notation :

Respect du thème et des règles : /5
Qualité littéraire : /6
Originalité : /5
Orthographe et syntaxe : /4

Volontaire Jury:

Participants :
Petitefee89
Avatea
Mcdonnelliss

Date de publication : 17/10/2017 à 01:58
#256923
photo de l'auteur coco25000
Coco25000
Homme de 24 ans
Bien le bonjour, peut-on personnifier un objet ou une chose quelconque ? :) Ce qui le ou la rendrait personnage du coup :)

 0 vote #257029
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Oui et oui vous pouvez !!! :)
#257045
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Vous avez encore du temps , n’hésitez pas !
#257158
photo de l'auteur Vesper
Vesper
Homme de 28 ans
Y'a une deadline ?

 0 vote #257165
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Membre désinscrit
Pas encore, pour laisser aux gens le temps de trouver une idée
#257166
photo de l'auteur Gaeyeregard
Gaeyeregard
Homme de 25 ans
Vu qu'il n'y a pas foule je vais proposer quelque chose d'original que j'ai commencé aujourd'hui.

 0 vote #257755
photo de l'auteur Rhada
Rhada
Non binaire de 29 ans
Juste une question : où envoie-t-on nos écrits ? On ne peut pas les poster ici, ils vont sûrement être trop longs pour le forum

 0 vote #257816
photo de l'auteur imsocoollike
Imsocoollike
Homme de 26 ans
Si, habituellement, les participants les postent ici.

 0 vote #257817
photo de l'auteur Rhada
Rhada
Non binaire de 29 ans
C'est juste que 10 000 mots, ça fait environ 20 pages de traitement de avec une écriture standard (Times New Roman, taille 12 et avec un interligne de 1,5). Si on poste ça ici, le risque c'est de faire des pages de forum interminables

 0 vote #257818
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
C'est 10000 mots maximum, vous n’êtes pas obligé de les atteindre, oui nous postons ici .
#257828
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Une date butoir sera bientôt mise en ligne
#258561
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
- Modification par wilden le 19/11/2017 - 09:37:35
DATE DE FIN : Dimanche 17 Décembre 2017

Précision : Vous avez l'autorisation de prendre un univers existant ( fictif ou réel) tant que votre personnage est inventé par vous.
#259212
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Voilà mon texte:

Je fume dans ma chambre. La fenêtre est ouverte.
Une légère brise vient caresser mes lèvres. Il fait froid, un peu, juste de quoi rester éveillée encore quelques heures, juste de quoi écrire, épancher mon âme sur ces quelques feuilles. La pièce est à peine éclairée par une lumière douce et tamisée. Il est minuit, et je constate. Je constate que je ne suis que vide et sentiments ; sentiments et vide, Maman. Des montagnes russes je suis. Ça monte, ça descend, si vite que souvent, à peine arrivée en haut, je m’effondre. Je suis un manège. Ça tourne, tourne, tourne dans ma tête. Un instant, je virevolte ; celui d’après je suis au sol. Je suis à fleur de peau, à fleur de vous. Vous tous Maman.
Je suis une assoiffée non apaisée par quelques gorgées Maman. Donne-moi de l'eau, ou bien de la vodka. C’est bien la vodka. Mais ça n’étanche pas la soif ; ça ne me rend que plus sèche. Donne-moi de l’amour, donne m’en, encore. J’en veux, toujours. Toujours plus. Pas assez. Donne-moi de l’existence. Donne-moi de l’être.
Je fume dans ma chambre, et il est minuit passé.
Cela fait bien longtemps que ma vie est rythmée par les insomnies, Maman. Je vis lorsque vous tous, vous dormez Maman; je dors lorsque vous vivez. Mais, est-ce vivre que de ne pas savoir aimer ? Oh ! si tu savais comme je m’effrite à la lumière des étoiles ! Elles brillent pour moi ; elles sont si jolies. J’ai presque l’impression de pouvoir les toucher parfois, alors je vole, je vole, et je m’écrase lamentablement. Je ne me plains pas ; je ne me plains plus. Je vis. Je survis. Je subis. Je suis de ces êtres qui vivent à cent à l’heure, puis freinent, accélèrent, pilent, accélèrent encore, puis foncent dans un mur, et meurent. Je suis un tout ou rien. Je suis un parapluie percé, une éponge abîmée, un grain de sable dans la tempête. Je suis limite.
Ma vie ? Je ne la passe que sur un fil, Maman, un long fil de soie qui tangue, tangue, encore et encore. C’est doux la soie, tu sais. J’aime la sensation sous mes pieds, c’est agréable. Je n’aime pas le voir s’effiler ; ça me fait peur. J’ai besoin d’un filet. Qui veut bien être mon filet ? Il me faudrait un harnais ; on n’est jamais trop prudent. Qui veut bien être mon harnais ? Tu crois que quelqu’un voudra, Maman ?
Je fume dans ma chambre, la fenêtre ouverte.
Borderline ! C’est ce qu’ils ont dit, Maman. Je me replonge dans mes souvenirs. La tête tourne, tourne, tourne. J'avale des bonbons, un par un, de fausses étoiles à moi. Je m’en vais. Nous sommes en juin. La fenêtre est toujours ouverte mais l’ambiance a changé ; l’appartement n’est plus le même : un logement miteux que j’ai rénové. Ça cris. Ça tape à la porte. « Ouvre bordel ! ». Non, je ne veux pas ouvrir. Je vomis, de tout mon saoule. Je m’enfuie loin de vous, de vous tous. Puis, les lumières, les néons. Je suis dans un lit d’une blancheur immaculée ; il est dix-neuf heure, je crois, quand on m’empêche de partir. La tête tourne ; l’estomac se retourne. Le monde tourne au ralenti. J’entends des voix : « tu vas t’en sortir ! ». Non, je ne veux pas m’en sortir ; laissez-moi partir. J’ai déjà fait mes valises, ce serait bête de rater le départ. Moi aussi je veux voler au-dessus des nuages Maman.
Je reviens. Il fait de plus en plus froid, mais on ne va pas risquer quelques tâches jaunes sur le plafond de ma location ! Non-fumeur, avaient-ils dit, Maman. Soit ! Je prends le droit. J’ai le droit. Je fume dans ma chambre avec la fenêtre grande ouverte. Ce n’est pas la tempête dehors, mais dans ma tête ! Je tremble. Je claque des dents. Je grelotte. J’ai besoin d’un plaid. Qui veut bien être mon plaid ? C’est doux un plaid, tu le sais ça Maman ?
Je fume dans ma chambre. Il est minuit et demi.
Une petite lapine fait sa toilette dans un coin de la pièce, Maman. La lumière éclaire mon visage livide, les yeux gonflés de larmes. Des dessins d’enfants décorent les murs : ceux de ma nièce, ta petite fille, Maman. Il y a des photos, des souvenirs figés à jamais, et un poster qui doucement se décroche. Un jour il tombera, Maman. Je tomberai peut-être avec lui. Je suis déjà tombée, Maman. En fait, je suis à genoux. A genoux maman ! Ils sont tout écorchés. Ils me font mal. J’ai du mal à avancer Maman. J’ai mal au ventre. J’ai mal partout Maman. Je ne suis qu’égratignures, blessures, brûlures Maman. Je ne suis que plaies, cicatrices, trous béants. Et puis, parfois, je me sens si vivante, Maman.
C’est étrange d’être moi.
Je m’allume une deuxième cigarette. L’inspiration vient toujours avec une cigarette Maman. C’est la fumée. Je suis comme elle, vaporeuse ! fumée et cendres. Les cendres me parlent. Je me suis tant consumée que j’ai fini comme elles. Je me suis consumée d’amour et maintenant je ne ressens plus rien. C’est ça être réduit à néant, Maman? Je me suis consumée sur le balcon. Le balcon en véritable faux gazon. Vous vous souvenez ? J’ai été incandescente ; j’ai été le feu, un feu brûlant. J’ai été la flamme, celle qui ravive l’espoir. Maintenant, je m’éteins en un souffle.
Borderline. C’est ce qu’ils ont dit, Maman. C’était le lendemain. J’avais eu froid toute la nuit. Ce soir aussi. C’était le lendemain de la fin de ma vie Maman.
#261109
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
J'ai le temps de faire quelque chose en 2 jours ?
#261277
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Mais oui! :)
#261279
photo privée de l'auteur Skyquiver
Skyquiver
Homme de 31 ans
Enmacaron > C'est à toi de voir mais tant que la date fatidique n'est pas arrivée, et puisque tu sembles aimer écrire autant te lancer. Si tu as du temps libre, je suis persuadé qu'en deux jours tu peux en faire une.

 0 vote #261281
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Avatea
Homme de 28 ans
- Modification par Avatea le 15/12/2017 - 21:10:49
J'ai envie de participer.

Voilà mon texte. Bonne lecture.

Nola a Maiterai


Son visage ? C’est un poème savoureux fait d’alexandrins aux rimes pétillantes. Ses yeux noisette sont comme deux amandes juchées au sommet d’une pâtisserie orientale. Elle a le teint miellé d’un coucher de soleil au bord de la mer et la rigueur martiale d’un ordre dorique. Derrière ses airs juvéniles, tout en elle respire la solennité des grandes reines. Mais la voilà qui paraît derrière la grille ; elle tend négligemment son carnet au surveillant, ses yeux rencontrent les miens. Son regard fond sur moi comme neige au soleil. Elle m’a vue. Deux minces rayons viennent d’ajourer l’épais voile matutinal qui nous séparait. L’œil inquiet, tapi derrière cette claire-voie, je la contemple l’espace d’un battement de paupière. Les vapeurs cristallines des frimas se sont déposées, silencieuses, sur les épaulettes festonnées de son manteau. Ce petit détail, personne ne semble l’avoir remarqué. Pas même Nola. Je n’ose soutenir plus longtemps cette épiphanie ; et je me console en détournant les yeux vers le simulacre souillé de mon idylle qui repose sur une flaque au milieu d’un sol bitumineux.

C’est drôle, elle a les traits graves et souriants tout à la fois. Le front ample et droit, les sourcils arqués et le nez aquilin. Son visage a la sévérité et la rudesse des Crétoises représentées sur les fresques du musée d’Héraklion. Mais elle a aussi ce je-ne-sais-quoi d’enfantin, de rondouillard qui s’épanouit chez elle et s’effeuille aussitôt comme un rameau de cerisier en fleur battu par les vents. À quoi l’attribuer ? Peut-être à la lueur vive et profonde de ses pupilles ? À sa moue espiègle quand elle tente de paraître coquette ?

Lovées dans son bonnet tricoté en grosses mailles de laine écrue dépassent de longues boucles noires comme des copeaux d’ébène échappés d’un rabot. Elles s’agitent, elles rebondissent et s’emmêlent volontiers quand elle remue sa frimousse. Son menton rappelle la pointe duveteuse de certaines pêches. Ses lèvres délicates piquées à vif par la morsure du froid ont l’éclat et la pureté du corail reposant au fond des mers tropicales.

Sa silhouette ? Un air silencieux et mélancolique, impassible comme une statue antique. Elle a la taille élancée même si la plus grande de la classe la dépasse d’une bonne coudée. Je devine aussi l’embonpoint et les formes qu’elle essaie de cacher derrière des épaisseurs de vêtements. Si seulement elle savait comme sa beauté surpasse celle de toutes les filles qui lui font penser le contraire. Ses jambes sont légèrement arquées et lui donnent une démarche trottinante et nonchalante. Elle avance et se balance comme au rythme d’un air polynésien et avance à petits pas vers un banc éclairé par l’éclat jaunâtre d’une lampe à sodium.

Nola s’asseyait souvent sur ce banc-là pour lire jusqu’à la sonnerie. Le froid et les intempéries n’avaient aucune prise sur elle. C’était comme si la jeune collégienne de mes souvenirs vivait dans une phase parallèle à celle de notre réalité. Tout glissait sur elle, elle avait cette aménité qu’ont les moines tibétains ou des « Haere po » dont elle aimait réciter la généalogie. Elle lisait les légendes et les contes innombrables que recelait l’énorme recueil qu’elle emportait tous les matins dans son sac. Les beurettes du collège venaient souvent la taquiner, elle, la Polynésienne perdue au fin fond du neuf trois. La daronne lui arrachait le volume des mains et le lançait à ses copines en travestissant des airs polynésiens qui s’y trouvaient et que Nola chantonnait parfois. « Otui-tui ta ou mafatou… Je vis dans l’eau, et les poissons sont mes amis. » Et elles pouffaient de rire jusqu’à se lasser du recueil qu’elles abandonnaient par terre, souvent près des casiers, leur endroit favori.

Dans mes souvenirs, je la vois encore assise, pas résignée du tout, juste cette équanimité dans le regard qui ne faisait qu’exciter davantage la haine que nourrissaient ces filles en mal d’amour et de reconnaissance. Peut-être cherchait-elle également à comprendre pourquoi ? Elle avait ce tic charmant lorsqu’elle lisait ; celui de presser entre le pouce et l’index le lobe droit de son oreille. Son bouquin reposait sur ses genoux et elle le maintenait ouvert de la main gauche. Ce rituel me rassérénait aussi. Je me levais exprès plus tôt le matin pour ne pas le manquer. Le monde pouvait s’écrouler, si je la voyais assise sur son banc le matin, j’étais heureux.

Cette Nola de mon collège et de mon adolescence, j’aimerais tant la revoir et lui donner ce texte. Ce texte pusillanime que je n’ai pas su lui écrire plus tôt. Qu’elle sache qu’au moins une personne dans ce collège sinistré était avec elle.

J’aurais fait taire les pouffiasses qui te malmenaient pour te la chanter, cette chanson que tu aimais tant. Déclamé chaque mot en reo ma’ohi comme autant de gifles et de coups destinés à te venger. Je les avais appris. Oui, et avec eux l’âme des Aito, de Tupaia et de Maui. J’aurais vengé la mémoire de tes ancêtres salis par tout le sang et l’encre qu’avait fait couler Cook et bien d’autres après lui. Et je restais là, à les regarder t’acculer près des casiers. Tu me remplissais du soleil auquel on t’avait arrachée et je n’avais que le silence, l’étreinte glacée de ma sollicitude muette à t’apporter. Et toi tu ne disais rien, tu me regardais, l’air mystérieux.

Puis ce jour-là, c’est toi qui es venue vers moi. Tu cherchais une place pour composer. Tu étais en retard, personne ne voulait partager sa table avec une étrangère. Je n’avais pas vu la pâleur sur tes joues d’ordinaire incarnadines. Je t’idéalisais au point de ne te percevoir qu’à travers ce filtre. Celui de mes sentiments pour toi. Tu me souriais et mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Tu t’es assise en silence et je n’ai rien dit. Tes affaires sorties, tu as commencé à écrire. Parfaites et proportionnées, tes lettres parlaient pour toi. Nola a Maiterai, fille du vénérable Maiterai a Haumani, fils du débonnaire Haumani a Tetuanui, fils du valeureux Tetuanui a Atamoe, fils du sage Atamoe a Taahitini, fils du fougueux Taahitini a Taihatu et contemporain de l’amiral Louis Adolphe Bonard venu comme tant d’autres popa’a civiliser les sauvages d’Otaïti. J’ai cherché d’où tu venais, il ne me restait plus que ça à faire ; j’espère que tu ne m’en veux pas. Héritière de ce passé colonial, tu écrivais les mots qu’on attendait de toi sur ta copie. François Ier. Henri II. Charles IX. Quel sens pouvait avoir tous ces noms à tes yeux ?

Tes yeux étaient malades. Tu n’as rien vu venir. Tu as posé ton crayon et tu t’es arrêtée. Tu t’es levée en te cramponnant aux parois de cette salle miteuse et tu as trébuché sur un sac. Une gamine l’avait déplacé exprès pour que tu tombes. Tu as murmuré quelque chose au professeur qui t’a prise par la main pour te conduire jusqu’aux toilettes. Tu as dû les frotter longtemps, tes yeux, pour voir la peur t’envahir peu à peu.

Si seulement j’avais su.

Deux semaines plus tard, je revoyais ton visage souriant au détour d’une page de journal que feuilletait mon père, assis confortablement dans la cuisine pour le déjeuner dominical que lui préparait ma soumise de mère. Ton visage pendouillait sur le rebord de la table et me regardait comme ce jour où tout aurait pu commencer entre nous. Tes parents n’avaient pas eu les moyens de t’offrir davantage que l’espace de cette vignette dans les colonnes d’un journal quelconque. Ta tombe était décorée de fleurs artificielles et je n’avais rien à te donner une fois encore parce j’avais couru sans réfléchir jusqu’au cimetière pour te voir. Te voir dans l’espoir qu’il s’agirait d’une méprise, dans l’espoir de te revoir assise le lundi sur ton banc à lire les paroles roboratives de Teuira Henry. Ces mots qui te rappelaient ton Fenua auquel on t’avait arrachée.

Toi et moi contre les daronnes, toi et moi les deux amies de cœur contre la mocheté du monde dans lequel on nous avait abandonnées.

 0 vote #261365
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Mcdonnelliss
Homme de 26 ans
Tom.
Je suis parti.
C’est difficile à expliquer. Je ne peux pas rester. Je ne pars pas pour retrouver quelqu’un d’autre. Je pars pour être seul à nouveau. Pour bouger et découvrir.
J’ai passé avec toi des moments formidables. Ces trois années ont été bien remplies, et j’espère garder un maximum de souvenirs. J’ai emmené la plupart des photos que j’avais prises. Le mur de notre chambre semble un peu vide désormais, désolé. Ça risque de te faire bizarre, mais j’ai besoin de ces photos. Pour ne pas oublier. Si tu les veux, elles sont dans mon disque dur, dans mon bureau.
D’ailleurs, dans le tiroir, tu trouveras une enveloppe avec du liquide. C’est tout ce que j’ai. J’emporte avec moi ce dont j’ai besoin pour les premiers mois. Tout le reste est pour toi. J’ai clôturé mes comptes et mes livrets, résilié mes abonnements, supprimé mon numéro de téléphone. Cela fait plusieurs semaines que je vis sur mes réserves d’argent liquide, pour m’assurer que je n’avais plus aucun versement ou prélèvement automatique. C’est bon, j’ai tout supprimé, je peux partir tranquille.
J’ai donné à manger au chat. Suffisamment pour qu’il tienne jusqu’à ton retour. Je sais que tu prendras bien soin de lui. Tu l’as tellement voulu. Et si tu ne peux plus, les enfants de la voisine seront ravis de s’en occuper. Je l’ai croisée avant de partir, et je lui ai donné les clefs, pour qu’elle s’occupe du chat si tu ne rentrais pas tout de suite.
Dans l’enveloppe avec le liquide, tu trouveras une liste de mes identifiants et de mes mots de passe pour mes réseaux sociaux. Fais-en ce que tu veux. Tous mes contacts, je les ai rencontrés ces trois dernières années. Ce sont des amis communs. Explique-leur que je suis parti. Dis-leur que je suis mort. Pourris-moi. Ne dis rien et supprime les comptes. Libre à toi. Tu seras tenté de lire mes conversations avec l’espoir de savoir où je pars. Tu ne trouveras pas. Tu peux, mais c’est une perte de temps. Tu vas rester coincé dans le passé. Dis-toi bien que je n’aurais pas laissé de trace de mon projet.
J’ai tellement de choses à te dire.
Je vais commencer par le début de notre histoire.
Il y a 3 ans, quand on s’est rencontré en boîte, ça ne faisait que 3 mois que j’habitais à Londres. J’étais venu seul, sans rien, sans amis, sans famille, sans travail. Quand on s’est vu la première fois, je travaillais déjà les soirs de semaine comme serveur dans un restaurant italien. Tu avais été surpris que je parle si bien italien et il m’avait suffi de te dire que j’avais toujours été passionné par l’apprentissage des langues. Ce qui est vrai, au fond. Mais je ne t’avais pas dit que j’avais vécu en Italie. Pendant 2 ans, j’ai habité près de Milan, en banlieue. Et j’avais un copain là-bas aussi. Enzo.
Comme toi, je l’ai quitté sans le prévenir. Comme pour toi, j’avais eu une autre histoire encore avant. Hiroki, à Tokyo. Pendant 4 ans.
Tu es ma troisième histoire d’amour. Je m’excuse si cela te surprend ou te déçois. Mais tu n’es pas le seul, désolé. Je les ai aimés tout autant que toi. Différemment peut-être. Pour d’autres raisons. Mais je les ai aimés. Et cela ne signifie pas que j’ai t’ai moins aimé que ce que tu pensais, loin de là.
Je n’ai gardé aucun contact avec eux. Il m’arrivait parfois de les surveiller sur internet. L’an passé, Enzo était toujours célibataire, je crois qu’il ne s’est pas remis. Hiroki s’est marié. Avec une femme.
Ne cherche pas à avoir des nouvelles de moi. Tu n’en auras pas. Ne cherche pas non plus à m’en donner. Si j’en veux, j’essaierai de te trouver. Si je n’y arrive pas, tant pis.
Autre chose sur laquelle je n’ai pas été franc. J’ai une famille. En France, où j’ai grandi, j’ai une mère et deux frères. Je ne les ai pas revus depuis que j’ai quitté ma vie en France pour partir au Japon. C’est la troisième fois que je quitte mon amoureux. Mais c’est la quatrième fois que je quitte ma vie pour recommencer à zéro.
J’ai grandi et vécu en France jusqu’à l’âge de 25 ans. Puis, après avoir réfléchi pendant de longs mois, je suis parti sur un coup de tête. J’ai tout quitté, sans prévenir personne. J’ai effacé toutes les traces qu’il m’était possible d’effacer et je suis parti. Je voulais partir loin alors je suis allé au Japon. Je parlais déjà la langue, mais je n’avais jamais vécu là-bas. J’ai mis du temps avant d’obtenir un visa de travail. Et c’est au travail que j’ai rencontré Hiroki. J’enseignais le français dans une université. Il enseignait l’histoire du Japon. Puis, au bout de 4 ans, je suis parti à Rome. Quelques jours seulement, puis à Milan. J’ai passé 2 ans avec Enzo. Avant de tout plaquer et de venir à Londres.
Lors de cette transition, j’ai failli tout faire tomber à l’eau. En faisant une escale à Paris, j’ai aperçu un de mes cousins à l’aéroport. Il ne m’a pas vu. Cela faisait 6 ans que je ne l’avais pas vu. Je ne suis même pas certain que c’était lui. Mais cela m’a fait bizarre. Je me suis imaginé les pires scénarii possibles. Qu’il me reconnaisse. Qu’il m’aborde. Qu’il en parle à ma mère. Etc.
Ce besoin de changer de vie est impossible à expliquer. Je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui le comprenne. Pourtant, je ne dois pas être le seul.
C’est comme si je passais ma vie à grimper à une échelle. Et au bout de plusieurs années, je me rends compte qu’elle est adossée au mauvais mur. Alors, dans ce cas, il y a plusieurs solutions. Soit on s’en accommode, et on continue de monter, parce que d’autres personnes sont en train de grimper avec moi. Mes amis, mes collègues, mes amants. Soit on redescend tout seul. Et je choisi toujours de redescendre. Les plus courageux sautent directement pour aller plus vite. Ils prennent un billet d’avion et s’enfuit. Je ne peux pas. Je préfère redescendre doucement les marches, pendant quelques semaines, et sauter quand je serai prêt du sol. Quand mes démarches administratives auront été réglées, quand les traces que j’avais laissées auront été effacées, quand je serai prêt à te dire adieu.
Et ce moment est arrivé. Je te remercie pour ces trois années. Je me suis trompé de vie, je recommence. Ailleurs, loin. Sans personne. Je t’aime. Sois heureux. Adieu.

 0 vote #261549
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Membre désinscrit
Aux vues des participations du weekend, je laisse encore une semaine pour poster les textes.
#261623
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Bon... je me lance ?
________________________________

Je crois que j’ai ouvert les yeux. Je n’en suis pas sûre. Je sens sur ma peau la chaleur de l’air.

Qui suis-je ?
Où suis-je ?

J’ai grandi dans le néant, dévorée par le néant, recrachée par le néant. Une suite de pages blanches, toutes plus aveuglantes les unes que les autres. Mon souffle se perd, mon souffle m’écrase, mon coeur s’oublie.

Je me relève, je crois. Mon corps est si léger. Je vois, pour la première fois, autour de moi, un monde à découvrir. C’est le soleil qui embrasait mon corps. Et le ciel d’un bleu si pur est pour moi comme un affront.

Je fais quelques pas, quelques battements d’ailes, mais je suis seule. Désespérément seule. Et ce miroir, il m’attire. Je ne me suis jamais vu. Je n’ai jamais vu. Un bruissement de plumes de plus et je me fais face. Evanescence.

Je ne suis qu’une brume, je ne suis qu’une poussière, je ne suis que ça. La peur s’emparre de moi. La peur se glisse dans mes veines. Je deviens la peur.

Un hurlement se meurt à mes lèvres absentes. Qui suis-je ? Où suis-je ? Je préférais le néant, la sécurité du néant. Mais il m’a recrachée. Est-ce la fin de ma vie ? Ma vie, n’est-ce que ces jours dans le rien ? Qu’aurais-je à dire si on me demandait de raconter mon existence ? De me présenter ?

Je suis le néant, le néant qui s’est vomi, le néant qui a fini par ne plus se voir, le néant qui a préféré s’étaler, là, sur le papier. Comme les gouttes d’encre d’un plumier abandonné.
#261694
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Membre désinscrit
Je vais essayer de participer vu qu'il reste 1 semaine mais je ne promet rien vu mon talent d'écrivain xD
#261695
photo de l'auteur Avatea
Avatea
Homme de 28 ans
Citation de Shane
La même mais je sais pas si j ai suffisamment confiance en ma manière d écrire.

Essayer ne pourra que t'amener à prendre davantage confiance en ton style d'écriture. :)

 0 vote #261713
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
C'est forcément sur le thème LGBTQ ?
#263758
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Thème : Présentation/Biographie d'un personnage fictif

Ce n'est pas obligatoirement tourné LGBTQ
#263794
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Cool, j'essaie de chier quelque chose d'ici 72h ^^
#263926
photo de l'auteur sibemol
Sibemol
Homme de 24 ans
Elle regarde à travers la fenêtre, et prie pour que ça s'arrête. Elle est assise à son guichet, comme tous les jours depuis 30 ans, et elle les voit passer. Ils viennent, à deux ou plus, prennent une clé qu'elle leurs tend machinalement contre un billet qu'ils posent sur le comptoir avant de partir sans même un regard.

Ça fait maintenant 30 ans qu'elle gère ce motel que lui a laissé son père. Elle s'occupe des chambres, nettoie les couloirs, gère les comptes, et c'est tout. Elle a depuis longtemps abandonné l'idée de vouloir en faire un endroit agréable, un lieu où l'on veut rester. Il n'est fait que pour des gens de passage.

Elle s'occupait bien de ses clients quand son père était encore aux commandes. Elle espérait encore qu'elle n'aurait pas à rester dans cet endroit sordide. Elle attendait que l'un d'entre eux l'invite à fuir et partir pour ne jamais revenir. Mais le prince est toujours venu en galante compagnie. Il n'a jamais posé les yeux sur elle. Ça fait 30 ans qu'elle ne l'attend plus, et qu'elle va se coucher le soir, comme tous les soirs, seule dans son petit lit, la télé allumée pour couvrir avec peine le bruit des amours épanouies ou passagères.

Le matin, elle se lève alors que certains ne sont pas encore couchés. Elle prépare ce qu'il faut aux clients qui ont commandé un petit déjeuner : les clients les moins désagréables de son motel. Ceux-là sont des couples mariés, dont l'histoire sent déjà la fin ; ce sont des familles dont les enfants empêchent les parents de dormir toute la nuit tant la joie et l'excitation les inondent. Ce sont des gens sans histoire, comme elle, qui n'ont plus rien à raconter, qui ont déjà accompli tout ce qu'ils devaient. Elle passe dans les couloirs avec ses plateaux en faisant le plus de bruit possible en posant les plateaux de métal devant les portes. Parfois, on l'invite à ouvrir la porte pour poser le plateau sur la table. Elle ignore simplement la demande et continue son travail. Elle distribue les repas jusqu'à 8 heures ; jamais après. Elle repart ensuite se coucher quelques heures supplémentaires.

À 11 heures, elle s'en va inspecter les chambres et chasser les clients. C'est une étape dont elle se réjouit souvent : elle entre en trombe dans les chambres en se demandant ce qu'elle va y trouver, comme une enfant ouvrant un volet de son calendrier de l'avent. Parfois, elle ne trouve rien : les clients sont déjà partis, laissant la chambre dans un état plus ou moins avancé de désordre. Elle peut redessiner des histoire entières à la vue d'une chambre : chaque bouteille lancé, chaque verre brisé est un mot malheureux, une infidélité, une crise. Elle les balaye avec lassitude. Le désordre des draps réécrit les milles caresses échangées. Elle les tire avec amertume. Les meubles renversés peuvent être signe de l'un ou de l'autre, selon le meuble, selon la position.

Parfois, cependant, les clients ne sont pas encore partis : ils peuvent ne pas avoir fini leurs bagages. Ceux-là ont encore quelques minutes pour foutre le camp. Elle ne les comprend pas, ces gens qui rallongent leur séjour ici, dans la chambre miteuse qu'elle leur laisse. Parfois, les clients sont encore allongés, enlacés, nus, souriant sereinement. Ceux-là, elle les réveille en les secouant avec colère. Elle les dégage de leur matinée tranquille et prend la figure d'une furie pourchassant ses victimes. Elle les charge d'une nuit supplémentaire avant de les exiler définitivement de ces lieux où ils n'auront plus jamais envie de remettre les pieds.

Après tout cela, c'est l'attente. Une journée de téléphone, de réservations et de solitude. Elle ne peut plus quitter le guichet, à part pour manger. Elle fait partie du décor, des meubles. On ne la remarque pas, cette vielle femme terne. Elle est condamnée à les voir défiler. Elle rencontre ainsi de jeunes amoureux qui n'ont pas les moyens de s'aimer ailleurs. Elle voit des clients accompagnées de leurs prostituées. Elle voit tant d'histoires s'achever, tant d'autres commencer. Pourtant, la sienne ne prend jamais son envol. Spécialiste de l'amour, elle y a pourtant renoncé : éternelle spectatrice, elle voit toujours, tous les jours des gens qui viennent s'aimer. Elle les maudit de la laisser ainsi, de ne même pas la voir. Elle maudit ce lieu, cette île où elle est une reine absolue mais sans sujet. Elle déteste les passants, elle haït son comptoir.

Elle regarde à travers la fenêtre, et prie pour que ça s'arrête.

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Tout de noir vêtu, l’aîné de la fratrie de cinq garçons défonça la porte d’entrée coulissante et hurla la bonne nouvelle. Sa future épouse accoucha d’une petite fille, et se trouvaient toutes deux en bonne santé. La famille Duchamp déboula de tous coins de la grange pour se féliciter de cette nouvelle acquisition. Ce fut un moment de soulagement pour toute la famille car l’aîné fut veuf de sa première femme, un décès en couche. D’ailleurs, c’était la raison pour laquelle le père Duchamp tenait tout particulièrement à fêter cela. Dans cette famille, « la fête » signifiait aller au seul bar-restaurant du bourg qui faisait également office d’épicerie. Ce commerce possédait la réputation de toujours avoir à disposition ce dont les villageois avaient besoins. En fonction de la saison, la cuisine murmurait des odeurs différentes. Tantôt le parfum de la cannelle, tantôt de la charcuterie, puis du chocolat ou encore de la soupe aux oignons. Ici, si les odeurs atypiques restaient dans le lieu. A défaut, chaque parole prononcée dans l’enceinte était aux oreilles de tout à chacun le lendemain.

Non loin de l’entrée, mais à distance, les villageois reconnaissaient les Duchamp qui s’approchaient. Ils avaient leur singularité, une façon de marcher bien particulière et fier donnant l’image d’une famille soudée. Par le passé, cette drôle de façon de déambuler était une marque de fabrique associée au père, dont les fils semblaient avoir hérités. La famille Duchamp fut souvent comparée à une équipe du rugby, le sport régional par excellence. Famille d’honneur dont la renommée ne se faisait plus. Cela se résumait à ces quelques qualificatifs qui circulaient dans le village : « des honnêtes gens, bons labeurs et prompts payeurs ». Les frères se ressemblaient comme si Gutenberg en était l’auteur. Tous costauds, imposants sans pour autant paraître orgueilleux, ne savant parler qu’à voix haute de baryton. A l’exception du benjamin qui se trouvait aux antipodes. Il était fin, voix quasi soprano, de mine pâle faiblarde, peu bavard et qui dégageait une forme de paresse pédante. La mère Duchamp s’arrangeait toujours pour que le petit dernier évitait toute corvée trop physique de peur que celui-ci n’en meurt dans l’effort. Sa venue au monde fut une surprise pour tout le village, certains pensaient même que c’était un accident. D’autres émettaient l’hypothèse que c’était l’enfant de la soeur du père morte d’une maladie grave. La vérité était beaucoup plus simple, les Duchamp mouraient d’envie d’avoir une fille. Une bouche à nourrir en plus ne changeait plus grand chose donc les parents s’accordèrent sur une dernière chance. Alors ce fut la conception du cinquième enfant qui résultait donc, à leur grande déception, à la naissance du cinquième fils. Ils étaient tellement désespérés du résultat que le prénom ne fut choisit que plusieurs semaines après l’accouchement avec une indifférence totale : Quentin.

Le cinquième fils devenait le bouc émissaire de la fratrie. Bien que souvent martyrisé, le plus jeune n’attirait pas les faveurs des parents qui semblaient regretter de ne pas s’être arrêté à quatre fils. Les railleries familiales et les épreuves physiques subies ne l’avaient pas rendus plus fort au monde extérieur. Le petit Duchamp se trouvait parfois à terre sur les places publiques ou dans la cour de l’école. Il semblait être indifférent et de marbre lorsque ses camarades l’humiliaient ou peut-être était-il simplement lucide. Il savait qu’il ne pouvait pas faire grand chose face à ses détraqueurs. Haut comme trois pommes et fin comme une brindille. Ces scènes quotidiennes se jouaient parfois sous les yeux de ses chers frères bien-aimées qui, au lieu de prendre sa défense, alimentaient le harcèlement ou s’adonnaient à des tapes fraternels réservées aux plus âgés qui en détiennent le secret pour rappeler la hiérarchie au plus jeune.

Quand tous travaillaient, lui passaient son temps à rêvasser ou bien à lire toutes sortes de bouquins à sa portée. Sa posture était presque animale, parfois, il se perchait dans arbre. Lorsque l’assise de bienséance obligeait rigueur et droiture, lui se permettait d’être en tailleur. La convention des choses n’était pas faite pour lui. Il paraissait toujours ne pas prêter attention à ce qui se produisait au moment présent, les professeurs d’écoles se plaignaient de cette attitude désinvolte. Pourtant, Quentin était brillant par ses notes scolaires et étonnait autant par sa qualité orale que celle écrite. Un côté du génie mystérieux et doux qui éveillaient la curiosité chez les demoiselles de son âge pour lesquelles le benjamin ne prêtaient aucune attention non plus. Il y a bien quelques moments où il apparaissait vivant. Notamment, lors des moments esseulés où il plongeait dans ses lectures ou bien lorsqu’il devait assister au réunion de famille qu’il haïssait par-dessus tout.

Dans le premier cas, souvent ses petites lèvres roses s’étiraient pour sourire à ses yeux sombres pleines de vie. Ses joues se creusaient pour laisser apparaître des fossettes mettant en valeur ses pommettes saillantes en parfaites harmonies avec son nez aquilin. Dans le second cas avec sa famille, les fossettes laissaient leurs places à sa mâchoire carrée contractée et son sourire disparaissait au profit de ses sourcils épais froncés. Ses yeux étaient obscur, il suffisait d’un regard de cyclope pour mettre mal à l’aise sa victime car son autre oeil se cachait derrière ses longs cheveux lisses noirs. Pourtant, il avait toujours un air inoffensif et au vu de sa façon de prononcer son désaccord, soit l’indifférence, aucune personne prenait ce regard avec sérieux. Le plus jeune des Duchamp s’amusait à jouer le rôle assigné à l’image de sa propre famille qu’il désapprouvait profondément. De toute façon, il n’y avait d’autre choix, tout le village serait au courant du moindre fait et geste de ce dernier s’il venait à ne plus agir selon les attentes.

Ce soir au dîner, le benjamin se posait la question de savoir par lequel il devrait commencer. Il ne savait pas comment, il ne savait pas quand mais au moins il saurait qui à la fin de ce dîner.

[to be continued ?...]
#264478
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- Modification par Lanaawyn le 25/12/2017 - 03:25:11
Quel plaisir de vous lire vous tous.

- Plumette: original la bio du néant hahaha.
- Avatea: et pour ma part, j'ai accroché sur la plume consacrée à la bio de la petite polynésienne oO.
- Leyton: s'il y a une suite pour la bio du benjamin soussigné Duchamp ce serait top de l'apercevoir :).

Wilden --> qui est dans le jury? J'ai vu qu'il pouvait y avoir des volontaires, vous en recherchez toujours?

Et, est-ce que prochainement ce serait possible de faire un concours avec délibération des lecteur(e)s aussi :D?
#264486
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- Modification par daniela03 le 30/12/2017 - 12:17:51
"Tortues de Fer, Léviathans et Oiseaux-Tonnerre.
.
Il est un conte dont je me souviens de temps en temps
appris lors de longues veillées, quand j'étais enfant,
aux origines récentes bien que noyées dans la nuit des temps.
Quand par delà le grand océan,
le bruit des bottes et la fureur incendiaire
réveillèrent tous les démons des Enfers,
du levant jusqu'au couchant,
bouleversant profondément
des profondeurs aux cieux de la Terre entière...
vint le règne bruyant et sanguinaire
des Tortues de Fer, des Léviathans
et des Oiseaux-Tonnerre.
.
Faut-il donc que la mort soit si exquise,
pour que le troupeau des veaux..lontaires,
à peine sevrés s'y bouscule ?
Sacrifiés sur l'autel militaire de la haine et de la sottise,
pour qu'au sommet de leurs immenses pyramides,
de pierre moins que de sang,
des pharaons à la con, sans aucun scrupule,
labourent les cieux de traînées amères
saccagent jusqu'aux jardins des Hespérides,
pour que triomphe leur insatiable cupidité.
Incendient le sable des déserts,
et même la banquise.. et la mer,
ondine nourricière qui n'en demandait pas tant,
pour tous ses enfants autrefois bondissants,
que le soit-disant progrès engendré par la guerre,
ne cesse depuis d'exterminer,
bien après que les traités de paix entre les frères ennemis,
aient été enfin signés.
.
Noircissant la houle de pétrole et de sang.
manipulant les foules, à grands coups de mensonges exaltants
de belles promesses de conquêtes,
mettant le savoir et ses quêtes,
en sourdine, muselé, pour devenir nuisances,
et ne servir qu'un seul Maître, esseulé,
esclave de son rêve de puissance,
trônant au milieu des cadavres rouillant
des Tortues de Fer, des Léviathans
et des Oiseaux-Tonnerre.
.
Effrayant jusqu'aux Déesses et aux Dieux,
par la propagande haïssable,
de slogans odieux, la pensée détestable.
Jusqu'à ce qu'à court d'ichor, de Gaïa, la progéniture épuisée,
la mémoire perdue, comme ayant trop vécue
ne finissent par baisser momentanément les armes,
pour les transformer en charrues.
Bâtissant des monuments d'un autre âge,
aux âmes perdues,
que la promesse du "grand sommeil" enrage,
errantes, parmi la brume sur les champs gorgés de sang,
semés par les Tortues de Fer, les Léviathans
et les Oiseaux-Tonnerre.
.
Rendant en vain aux disparues
l'honneur malsain qui leur est dû,
sans jamais éprouver la moindre repentance.
Ne laissant pour seuls héritages
de leurs guerrières vertus,
qu'orphelins affamés d'impitoyables vengeances,
arrachant parmi les cadavres grouillants leur maigre pitance,
au beau milieux des marais empoisonnés
des champs de mines infestés
et autres fléaux mutilants,
attendant patiemment,
heures après heures, années après années,
l'aveugle revanche,
pour que, pour notre plus grand malheur,
renaissent enfin de leurs tombeaux de sang et de pierre,
les Tortues de Fer, les Léviathans
et les Oiseaux-Tonnerre."
.
Auteur : Chief Two-Spirit.
La Valette, Malte.1945.
.
Tortues de Fer, Léviathans et Oiseaux-Tonnerre.
#265045
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Dianela03, merci pour ce partage vraiment enrichissant. Le deuxième paragraphe étant mon favori, quelle juste critique.
Malgré les recherches, je souhaite retrouver l'auteur ou du moins le recueil où ce poème se trouvait, tu as des mots-clefs? Hormi Chief Two-Spirits, la Valette, Malte 1945 :)?
#265245
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- Modification par daniela03 le 31/12/2017 - 00:42:24
C'est ma traduction du maltais vers le français,
à l'aide de Babelfish, d'un texte rédigé par mon arrière grand-père maternel d'origine Kanien'kehá:ka du temps où il servait dans l'aviation sur Gloster Gladiator, non loin de La Valette.
#265274
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Pour le moment il n'y pas de volontaire jury, si les participants sont d'accord nous pouvons discuter tous ensemble sur les textes que nous avons préféré
#265475
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Perso,
je trouve tout classement basé sur la compétition aussi inutile qu'idiot.
Le seul intérêt de toute création est d'être partagé pour servir de ferment à de nouvelles idées et non d'être jugé de manière très subjective.
Rappelons nous de cette citation attribuée à un certain Leonardo :
"Le génie consiste à regarder ce que tout le monde regarde et y offrir à voir ce que personne d'autre n'y avait vue". (ou osé partager).
#265525
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Sibemol
Homme de 24 ans
Je suis d'accord avec Daniela03, pas la peine de classer les candidats, mais je crois qu'une critique, si elle est constructive et bienveillante, ne ferait de mal à personne. Elle doit cependant permettre de cerner les défauts et aider à progresser, sinon ça ne sert à rien.

 0 vote #265530
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- Modification par daniela03 le 02/01/2018 - 13:12:49
Sérieusement,
Il ne s'agit pas de savoir qui coure le plus vite, pisse le plus loin, fait le plus de lait, a développé ou acheté les plus grosse mamelles, suce le mieux ou a hérité de la bite la plus impressionnante mais de comparer la valeur de l'esprit, du ressenti, de la sensibilité comme si celles ci pouvaient être mesurées.
Bien sûre que des critiques peuvent être constructives et permettre de corriger ou d'améliorer une œuvre mais sur quels critères objectifs peut-on en mesurer la qualité et la comparer à d'autres :
Son orthographe, sa grammaire, son style, son nombre de lecteurs, de pieds, de rimes, de pouce levés ou sa conformité à la pensé dominante ?
Il ne s'agit pas d'une dictée ou d'un problème d'arithmétique mais de l'expression de l'âme tout comme une sculpture, une balade ou un croquis.
Certain(e)s seront capables d'en décrypter les messages et d'autres n'y verront que des mots, de la pierre, du bruit ou des taches sur un support.
.
Concernant la qualité d'une œuvre artistique,
ce n'est jamais son créateur ou son interprète qui est jugé par l'Histoire mais uniquement le génie de ses spectateurs.
.
Sinon comment expliquer que tant d'êtres fabuleux soient morts dans la misère et ont été toute leur vie l'objet des pires moqueries et quolibets alors que la prospérité met parfois des siècles sinon des décennies, à trouver son public pour que celui ci en fasse des génies ou autres phares de la pensée ?
.
Ce n'est pas l'artiste ou ses créations qui ont changé ; seulement le niveau d'éducation des critiques et autres contemplateurs de son œuvre.
#265546
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Nous sommes dans une catégorie concours,
Depuis un certain temps nous n'effectuons pas de classement mais juste mettre nos trois textes préférés avec un point de vue personnel donc subjectif pas dans le but d'être négatif mais d'avoir un avis qui peut être pertinent.

C'est une animation forum pour une présentation de textes il y a la catégorie art.

La nous proposons justement en résolution au sujet de parler tout simplement tous ensemble de nos affinités avec les textes mis sur le sujet.

Ce topic n'étant pas un débat sur la pertinence des concours sur le forum.
#265547
photo de l'auteur sibemol
Sibemol
Homme de 24 ans
à titre personnel, (en excluant le mien pour des raisons évidentes) les trois textes qui m'ont le plus plu sont ceux de plumette, Leyton et shane.

Pour Shane, j'ai apprécié le soin mis à créer un univers autour de son personnage au lieu d'entrer directement dans la présentation et de mettre en lien les deux. Je trouve malheureusement l'écriture un peu trop plate et linéaire.

J'ai beaucoup aimé l'originalité du sujet de plumette, et le caractère très lyrique du texte. Seul reproche peut-être : on voudrait avoir un peu plus à lire ! il n'y avait pas de minimum de mots, mais il aurait peut-être fallu un peu plus développer ce sentiment du rien, en utilisant le silence, par exemple...

Leyton a une prose plaisante avec un personnage réellement intriguant, donc j'aime beaucoup ! Cependant, même si elles ne gênent pas la compréhension, les fautes d'orthographe et de grammaire font que je suis obligé de légèrement pénaliser son texte. Voici donc mon classement personnel :

Shane, 3ème
Leyton, 2ème
plumette, 1ère

 0 vote #265551
photo de l'auteur Avatea
Avatea
Homme de 28 ans
- Modification par Avatea le 05/01/2018 - 18:29:29
J'ai un peu du mal à comprendre la cohérence de votre raisonnement, Sibemol. Vous critiquez d'abord tout comme Daniela le principe même du classement inhérent à un concours, je cite :

Citation de Sibemol

Je suis d'accord avec Daniela03, pas la peine de classer les candidats


Puis à la fin de votre dernier post en date, vous écrivez :
Citation de Sibemol
Voici donc mon classement personnel :

Shane, 3ème
Leyton, 2ème
plumette, 1ère


Il faudrait savoir s'il s'agit seulement de faire une critique constructive sans classement ou avec un classement. Ce qui n'est pas tout ce que sous-entend Daniela03. 🤔

 0 vote #266053
photo de l'auteur sibemol
Sibemol
Homme de 24 ans
J'ai dit qu'un classement n'était pas nécessaire, pas que j'étais contre. Wilden s'est appliqué à rappelé que ce n'était pas le thème ici : je suis venu ici pour écrire un texte, et je l'ai fait. Maintenant, le classement des nouvelles m'importe peu, mais puisque l'écriture s'est faite dans le cadre d'un concours, et que celui qui l'a organisé nous a demandé de donner notre avis sur les textes, je le donne. 🤓
Je ne fais que me plier aux règles de la conversation telles qu'elles ont été décrites dès le départ, rien de plus.
Si je voulais donner mon avis sur le système de classement dans l'art en général (et il y aurait beaucoup à dire sur le sujet), ce n'est pas ici que je le ferai. Mon opinion sur les concours littéraires n'a pas sa place ici : Si je participe à un événement, ce n'est pas pour dissuader les autres d'y participer ni même pour le remettre en cause. Personne n'a été forcé par qui que ce soit d'écrire un texte, mais ceux qui ont participé (et ce en toute connaissance de cause) devraient, je crois, aller jusqu'au bout de leur démarche.
C'est vrai, je ne suis pas beaucoup entré dans le détail dans mes critiques, ce ne sont que quelques idées et quelques impressions que j'ai eu à la première lecture. C'est vrai, si je suis le seul à donner mon avis, ce classement n'a pas de sens ni aucune objectivité, et les points que je soulève sont tout à fait discutables. 😰
J'ai crée ce classement parce que c'est un concours, et que je n'ai pas à discuté ici de la démarche. Si les autres ne veulent pas le faire, ils en ont tout à fait le droit, mais est-il vraiment intéressant de saboter un concours de la sorte ? Si vous ne voulez plus voir de concours de création sur ce forum, je vous invite tous à créer un topic sur ce sujet pour aller en discuter là-bas. Si vous voulez parler des textes qui ont été produits et donner votre avis dessus, je vous en prie, faites, nous sommes là pour ça. 😀
J'espère, Avatea, avoir répondu à vos interrogations. Au cas où, la voici : je me fiche pas mal du classement, mais ça fait partie de la démarche d'un concours, donc je le fais quand même.

 0 vote #266208
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
- Modification par Leyton le 07/01/2018 - 14:40:54
Citation de Sibemol
à titre personnel, (en excluant le mien pour des raisons évidentes) les trois textes qui m ont le plus plu sont ceux de plumette, Leyton et shane.

Pour Shane, j ai apprécié le soin mis à créer un univers autour de son personnage au lieu d entrer directement dans la présentation et de mettre en lien les deux. Je trouve malheureusement l écriture un peu trop plate et linéaire.

J ai beaucoup aimé l originalité du sujet de plumette, et le caractère très lyrique du texte. Seul reproche peut-être : on voudrait avoir un peu plus à lire ! il n y avait pas de minimum de mots, mais il aurait peut-être fallu un peu plus développer ce sentiment du rien, en utilisant le silence, par exemple...

Leyton a une prose plaisante avec un personnage réellement intriguant, donc j aime beaucoup ! Cependant, même si elles ne gênent pas la compréhension, les fautes d orthographe et de grammaire font que je suis obligé de légèrement pénaliser son texte. Voici donc mon classement personnel :

Shane, 3ème
Leyton, 2ème
plumette, 1ère


Effectivement, je ne me suis pas relu. Merci pour le retour.
#266222
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Merci à vous pour vos avis ?
Je ne suis pas douée pour juger, alors je ne classerais rien du tout, mais je suis heureuse d'avoir pu m’entraîner comme ça, sur une idée comme un prompt bien trouvé :)
Quant à savoir pourquoi j'ai fait si court... C'était un peu comme un poème, l'idée qui m'est venue à la lecture du thème ?
#268272
photo de l'auteur Mcdonnelliss
Mcdonnelliss
Homme de 26 ans
A quand le prochain concours ?

 0 vote #268756
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Ce concours est terminé,
Pour améliorer la catégorie concours, le fait d'avoir en permanence des volontaires jury peut faire que les résolutions soit plus rapide et nous permettent de passer du coup à de nouveaux concours.
#269928
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Je dis qu'il faudrait lancer la version 2018...
#271049
photo de l'auteur Robot
Membre désinscrit
Je lancerai bientôt un nouveau concours écriture, j'attends juste de bien lancer le concours de chant .
#271066