Concours d'écriture : le retour

Incroyables talents - Créé le - 64 Participations

Concours d'écriture : le retour

Betolerant à un Incroyable Écrivain, le retour
* C'était une pratique de tous les jours, devenue mail, sms qui finalement s’arrête aujourd’hui à un simple échange. D'Alembert lui-même, (un homme des lumières, ami de Diderot) disait que c'était toujours celles des femmes qui le faisaient pleurer. C’est un objet que l’on classe dans la sous-littérature aujourd’hui et que tout le monde met plus ou moins en pratique dans sa vie. Il s’agit, vous l’aurez deviné, de la lettre.

*En effet, objet intéressant, elle est à la fois un objet intime, un message personnel à une autre personne, tout comme elle peut être parfaitement superficielle (pensez à vos lettres de vacances à vos grands-parents (je ne sous-entends pas ici que ce que vous partagez avec vos grands-parents ne soit pas hautement intellectuel lol mdr) ). Elle peut être quelque chose que vous racontez, tout comme elle peut-être la voix de quelqu’un d’autre parmi vos connaissances : une discussion de quelqu’un d’autre, une histoire d’une histoire d’une anecdote que vous rapportez à un ami par exemple. Ainsi, en réfléchissant à cet aspect éminament créatif, libre et d’autant plus intime qu’il peut être complètement fictif, il semblait évident que la lettre pouvait être un fantastique objet de littérature, d’écriture et d’émotions !

* Je vous propose donc de vous lancer dans l’expérience suivante et de vous poser cette question : n’avez vous pas déjà rêvé d’écrire une lettre dans laquelle vous mettriez toute votre âme, que finalement parce que vous le savez au fond de vous, vous n'enverrez jamais ? Ainsi, le thème de ce concours serait « Ecrivez cette lettre que n’avez jamais osé envoyer. »

* Rappelez-vous cependant, si vous êtes gênés par la « réalité » du sujet , que nous n’exigeons pas vos confessions les plus intimes, c’est un concours d’écriture. Votre intimité est toute votre, mais la magie de l’écriture est d’autant plus belle que vous pouvez toujours condenser toute votre vertu créatrice dans une fiction; l’histoire de quelqu’un d’autre que vous raconteriez dans laquelle vous introduiriez discrètement et silencieusement votre propre histoire sans que personne n’en sache jamais rien et tout en gardant entière l’émotion de votre propre histoire.

En espérant que ce sujet vous inspire et vous invite à nous offrir une petite part de vous, je vous souhaite bon courage :)

Concours : Ecriture d'une lettre

Thème : Ecrivez cette lettre que vous n’avez jamais osé envoyer.

Date de début : 23/03/2017
Date de fin : 20/04/2017
Créateur : Laera

Description :
Participez seul ou en équipe pour défendre votre texte écrit par vous même sur le thème indiqué au dessus.
Limite : environ 15 000 caractères (donc 3 pages word caractère 12 en gros)

Notation :
Respect du thème et des règles : /3
Qualité littéraire : /7
Originalité : /6
Orthographe et syntaxe : /4

Participants :
- Imsocoollike 📨
- Remji 📨
- Gaeyeregard 📨
- Ganymede 📨
- Hopek 📨
-Coco2500 📨
- Gargantua 📨
- Wilden 📨
- Luxcifer 📨
- Imaginaire 📨
- Seventh 📨
- Feuglace 📨
- Alex85 📨
- Rictusmb 📨
- Selone 📨

Jury :
- Laera
- Jooon
- Sylfarme
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Bonsoir !
Pour y participer, il faut s'inscrire ?
Où poster sa lettre ?
Combien de lignes / pages ?
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Bonsoir !

Il n'y a pas de limites au texte. Je peux fixer une limite à 15 000 caractères ( c'est environ 3 pages) ça devrait suffire à ce que vous puissiez écrire comme vous le souhaitez. Le but est d'être créatif, pas nécessairement d'être concis (bien que la concision puisse apporter de la clarté et des effets ;) )

Vous pouvez au choix, dire que vous participez (donc vous inscrire) et envoyer votre lettre plus tard/tardivement ou simplement poster l'écrit sur le sujet.
Dans tous les cas la liste des participants sera mise-à-jour au fur et à mesure :)
(je rappelle aussi qu'on a besoin de trois jurys (je ferai jury pour ce concours).)
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Merci Laera pour ces éclaircissements ! :)
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1 remerciement
J'ai justement parlé à Wilden de mon envie de revoir un concours d'écriture. Merciiiii !
J'ai récemment écrit une nouvelle où je m'adresse directement à quelqu'un. Je vais revoir un peu la forme pour que ça colle au format lettre. J'ai aussi envie de paufiner des détails et d'ajouter un bloc à la fin, en plus. Je suis trop content ! J'ai trop hâte ! Je participe ! Merci :)
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Cooool :-) Je vais participer aussi !
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Salut Laera :)

Je serais ravi de participer mais les délais tombent pile poil sur la période de mes révisions et de mon concours, est-ce qu'il pourrait être envisageable de nous donner une petite semaine de plus, histoire que je tente quelque chose ?

Si ce n'est vraiment pas possible, j'essairai une prochaine fois :)

Bonne soirée !!
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1 remerciement
J'sais pas, j'hésite... beaucoup de boulot en ce moment. Mais le sujet est tentant !
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11 remerciements
Modérateur
Rha, j'ai bien une lettre qui va presque avec le sujet mais pas complètement quand même dans l'esprit. Mais bon je vais essayer de la retravailler ou alors je créerai quelque chose de tout nouveau. Mais ça va de soi que je participe dans tous les cas. Est-ce une surprise ? :3
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Salut à tous,

je suis content que le sujet vous plaise et de voir que les concours d'écriture intéressent un peu :D

Seventh , ce que je peux te proposer c'est d'essayer de rester dans les délais - ça fait aussi partie des contraintes d'écriture - mais si tu ne peux vraiment pas (je reconnais que la contrainte des concours est assez lourde) on peut essayer d'envisager un petit délai supplémentaire. (tout en sachant que ça n'est pas très juste envers les autres qui auraient respecté cette contrainte ;) )
A la limite, si le sujet t'intéresse vraiment, tu peux être jury, tout ce passera après la date donnée pour eux. Mais si c'est participer qui t'intéresse voilà tout ce que je peux te proposer ^^
(Après, je dois reconnaître que dans les autres concours d'écriture il y a toujours eu des retardataires - dont moi - donc d'expérience ça ne devrait pas poser de problème.)

Imsocoollike content de faire ton bonheur haha ;) j'ai hâte de voir à quoi cela va ressembler !

Karma laisse toi donc tenter par cet alléchant sujet :p ça prend pas tant de temps "écrire" ;)
Gaeyeregard je suis profondément surpris. Ma volonté de relancer les concours d'écriture était absolument secrète pensai-je pourtant... :D

Bon courage à tous !
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3 remerciements
Voici une lettre que je n'ai jamais pu envoyer. Elle est en anglais parce que cela correspond à un chapître de ma vie d'alors. Celui à qui elle était, est toujours, destinée, ne l'aura jamais lue, à moins qu'il grenouille également sur le site. Je ne veux pas la traduire en français, car comme on dit de l'autre côté des Alpes, "traduction, trahison!"

Impossible love lasts for ever. It makes you feel like crying all life long.
I haven't seen you for donkey's years. The way it goes I shall probably never set eyes on you again.
Yet I'm not bitter, well not that bitter. I suppose it's still better to have failed than never have tried at all. One ought to endeavour to fulfill one's expectations, even if they are mistakes and they make you look foolish: that's what people do when they want to be happy. Of that at least I'm sure.

Your silky blond hair cut in a boyish short back-and-sides, framing your forehead.
Your eyebrows you sometimes knitted in a funny frown when you were huffy on me.
Those bright eyes of yours,like two emeralds catching the morning sun and fringed by delicate eyelashes.
The way you kept your eyelids half open as if you didn't dare take a good look around for you knew only too well that we lived in a world of deception.
Your nose, like the one of a Grecian statue.
Your thin pale lips, through which you could let out healing words as well as foul language (that was in our tiffs, when you caught me red-handed!). They gave your face this cute smile tinged with what, sadness, boredom? A smile like yours twisted me round your little finger, I was mesmerized.
Such sexy cheekbones.
Your chin you often wedged between the palm of your hand while you were wondering about me.
Your neck, marbled with two strings of vein that kept pulsing fast when you were working yourself up into a state, usually for nothing.
My eyes tracing down your collarbone and lingering on the shoulder on which I shed so many tears when I couldn't take it anymore.
Your strong arms like the shelter protecting me from the squals and storms of our complicated lives.
Your wrists, your hands I held so tight in days of sorrow and nights of bliss.
Your chest I used to rest on to listen to the lullaby of your heartbeat, your breast, your nipples, your stomach, your navel, your hips, your thighs, your sinewy hairy legs, their handsome curves.
Your ankles and their tattoos, your feet.
Clothes were an insult to your divine beauty, were they not?
Your perfect body is still so vivid, so deeply carved on my memory.
My sense of loss keeps rearing up, for you are always on my mind.

But a three dimensional you in flesh and bones I am now denied the right to.
You have faded off into a fantasy, a mirage in the desert playing tricks on the exhausted and lonely wanderer I've become.
All that's left is ten digits on my phone screen. I daren't dial. My call is bound to be directed to voice mail. You will not return it, will you? So I ought to save furhter embarassment. What does it matter now anyway? Why the bother?

After much debating and sighing, I pull myself together and give it a go: wrong number.

I call directory enquiries: your name is not registered.
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Merci pour ta participation Ganymede !

Nous verrons ce que les futurs jurés en diront ;)
(il y a d'ailleurs toujours trois places vacantes en terme de jurés, je me sens un peu seul, come on guys, je mords pas :3 )
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1 remerciement
Est-ce qu'on peut écrire comme une suite de 3 lettres adressées au même destinataire ?
EDIT : Je viens de voir la limite. 15 000 caractères police 12 (soit environ 3 pages Word).
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Heyo Imsocoollike :)

Je ne vais pas te dire ce à quoi tu as droit ou non ;) Tu es libre au regard du sujet à prendre les risques que tu souhaites, à jouer avec le sujet etc.
La question est : comment l'intérprète le jury et est ce que cela peut ne pas leur plaire, ne pas leur permettre de juger de ta créativité !

C'est tout ce que j'aurais à dire ^^ (si c'était une question de taille du texte, boarf, up to you, dans les limites évidemment.) ;)

Bon courage !
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1 remerciement
Sur la forme, le format en plusieurs lettres me semblait intéressant. Mais la limite en terme de taille de texte m'embête. Je ne vais poster que la première et garder la suite pour moi :p
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Tiens, ça pourrait être ma première participation. J'aime écrire, j'aime le sujet proposé.
Je vais y réfléchir.
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1 remerciement
Voici ma participation. Au final, je n'ai quasiment pas modifié ma nouvelle.


Je me rappelle de la première fois que je suis venu chez toi. Tu avais attendu ce moment depuis plusieurs semaines et tu m'avais fait part de ton impatience. Tu avais tellement hâte. Je me rappelle aussi que tu m'avais demandé ce que je préférais manger comme plat, comme entrée, comme dessert. Tu avais demandé mon avis sur tout et tu voulais que tout soit parfait.
Tu avais invité d'autres amis et nous avions passé la soirée chez toi, tranquilles, à rire et à boire, à rigoler et à chanter, à rêver et à oublier le temps. Nous étions bien, tous ensemble.
Je savais que tu avais organisé cette soirée dans un but précis, tu me l'avais dit. Et je te regardais faire. Tu me faisais rire. Tu ne laissais rien au hasard. Chaque geste, chaque parole, chaque regard. Tu t'étais montré drôle et attentionné. Tout était parfait, comme tu l'avais prévu. Comment te résister ? C'était ta soirée et tu la menais avec une aisance à couper le souffle. J'ai vraiment passé une bonne soirée, ce soir-là.

Quand tes invités ont commencé à être fatigués, vers 5 heure du matin, tu as installé le maximum de monde dans ta chambre, dans ton lit et sur des matelas au sol. Tout le monde sauf nous deux. Et sauf les deux garçons qui s'étaient isolés plus tôt dans la soirée. Dans la loveroom, comme on l'avait appelée. Le groupe avait d'ailleurs bien blagué avec ce nom, à imaginer ce qu'il pouvait bien se passer là-bas.
Après avoir installé tout le monde dans les différents couchages, je suis redescendu avec toi dans le salon et nous nous sommes assis sur les canapés. Séparément. Un silence qui m'avait semblé terriblement long s'était installé. Nous n'avons pas voulu dormir tout de suite. Tu t'es relevé, tu as décidé de débarrasser la table et as entrepris de faire la vaisselle. Tu ne pouvais pas dormir. Moi non plus. Je t'ai aidé à tout ranger.

Puis, n'ayant plus rien pour nous occuper, nous nous sommes installés à nouveau dans un des canapés, côte-à-côte, cette fois, et nous avons allumé la télé. Nous avons mis la chaine d'informations et baissé le son presque au minimum. Le silence était pesant. Tu t'es blotti dans mes bras, sans un bruit, et je t'ai embrassé dans les cheveux. Je ressentais ton souffle chaud sur mon avant-bras, et les battements de ton cœur dans la paume de ma main, que tu gardais collée contre ton torse.
Tu ne parlais pas. Je sentais que tu voulais que l'on s'isole. C'est pour cela que j'étais resté avec toi après que tout le monde soit parti au lit. Mais tu avais besoin d'encore plus d'intimité.
On a d'abord regardé l'écran avec nos regards vides, puis je t'ai sorti de ton état second en te demandant si, le lendemain, tu pourrais m'emmener voir les canards. Là, nous pourrions enfin être seuls. Vraiment seuls.
Tu m'avais déjà parlé de ces canards, que tu vas voir parfois, le soir, et à qui tu donnes du pain sec. Ils sont nombreux dans les ruisseaux qui traversent ton village, d'après ce que tu m'as dit. Je ne sais plus quand ni pourquoi tu m'en avais parlé la première fois, mais apparemment, je m'en souvenais, et je voulais les voir.
Par chance, tu avais du pain sec chez toi. Donc tu as accepté de m'emmener les voir, et même les nourrir, le lendemain même. Mais peut-être que certains de tes invités voudraient venir avec nous. Devions-nous les laisser seuls à la maison pendant ce temps ? Et si nous allions les voir tout de suite, pendant que tout le monde dort ? C'était ce qui m'avait semblé le mieux, si nous voulions être tranquilles, rien que tous les deux. Tu as accepté l'idée.

Nous avons enfilé des vêtements chauds par-dessus nos pyjamas, pris nos chaussures et nous sommes sortis. Dehors, il ne faisait pas chaud. Il ne faisait pas froid. Il faisait simplement bon. Les oiseaux commençaient de chanter et le soleil n'était pas encore levé. Le ciel avait à peine commencé de s'éclaircir. Tu m'as proposé de faire un détour pour me montrer des petits endroits secrets du village. J'ai accepté, volontiers. Tu n'arrêtais pas de me raconter des anecdotes sur les lieux où l'on passait. Des petites histoires, des détails, parfois même insignifiants. Fini le silence. J'étais content que tu me parles à nouveau.
Nous sommes montés sur les hauteurs pour voir les premières lueurs du soleil. Mais il devait être encore trop tôt pour les voir, et tu ne voulais pas rester ici, immobile. Tu ne pouvais pas attendre. Nous avons donc été au bord de la rivière aux canards. Ils étaient là. Le bruit que nous faisions en marchant en a réveillé certains, qui ont réveillé tous les autres. Notre arrivée n'était pas des plus discrètes. Tu as souri. Enfin.

Nous nous sommes installés sur le ponton, comme un vieux couple, et nous leur avons donné tout le pain que nous avions apporté. Et nous le regardions tomber dans l'eau. Morceau par morceau. Miette par miette. Goutte par goutte. Tu pleurais.
Tu as d'abord essayé d'être discret, mais quand je l'ai remarqué, tu n'as pas pu te retenir. C'était comme l'ouverture des vannes d'un barrage. Impossible à refermer. L'écoulement devait se faire. Tu avais besoin de t'épancher et de crier. Tu as crié, d'ailleurs. Tellement que tu en as fait peur aux canards. Je t'ai laissé faire en observant. Tu avais rompu le calme du matin avec une puissance inattendue. Je pouvais sentir ta douleur. La comprendre.
Puis tu es tombé à genoux, sur le ponton, te cachant le visage dans les mains, comme pris par la honte et le remord. Toi qui te montrais d'habitude si résistant, si froid et rationnel, tu avais le droit, bien sûr, de craquer. Comme n'importe qui d'autre. Et tu n'avais pas à te cacher.
Je n'ai rien dit, t'ai pris par les épaules et t'ai relevé. Nous sommes allés nous assoir sur le banc qui était au bord de l'eau. Pleurer avait l'air de te faire du bien. Tu m'as dit que tu n'avais pas craqué depuis… tu ne sais pas. Longtemps. Trop longtemps peut-être. J'ai été surpris de voir autant de larmes sortir de ton corps. Je ne m'y étais pas préparé. Pas à tout cela. Tu avais terriblement mal. Je le savais. Et j'avais terriblement mal pour toi. Mais tu ne le savais pas.
Tu n'as jamais eu besoin de m'expliquer ta peine. J'avais compris ta douleur beaucoup plus tôt dans la soirée. Quand les blagues du groupe faisaient crisper ton sourire. Quand tu partais quelques secondes dans la cuisine, prétextant avoir oublié le sel. Quand le garçon pour qui tu craquais depuis des semaines était monté dans la loveroom avec un autre de tes amis.
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En tant qu'écrivain, je ne me sens pas, mais en tant que jury ce serait un plaisir ;)
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Je participeraiiii ! :D 🇪🇸
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Modérateur
Bonjour tout le monde je participe suite à le demande de quelques membres. Soyez indulgents ^^ Je veux bien faire partit du jury :)
Lettre sous forme d'histoire basé sur mon être.

Je me sentais comme lourd, l'ambiance était éternellement pesante mais pourtant.. Quelques note de piano semblaient bercer ce qui restait de mon âme devenue froide et dissoute. La solitude n'a jamais été pour moi une fatalité bien au contraire. Me retrouver seul face à moi même l'espace d'un instant me fait du bien et me permet de me comprendre. Se pourrait-il un jour que je décide enfin de vivre sans vouloir souffrir. Seulement les habitudes sont durs à effacées et j'avoue me complaire dans cette situation.

Je me souviens d'une belle soirée d'été, j'étais seul dans cette immense maison depuis maintenant presque deux mois. Le temps ne me semblait plus exister lorsque je laissais mes doigts parcourir les touches de mon clavier. Ce soir là fût le début de ma seconde vie, la vie que l'on commence à vivre une fois que l'ont se rend compte que nous n'en n'avons qu'une seule. Je ne me sentais pas fort ni nouveau mais tout simplement moi même.. enfin.. La vie reprennait du goût, de la texture et de la couleur. Comme si d'un vieux noir et blanc sans paroles dénué de sens je passais au technicolor explosif et bruyant de mille et une voix.

Tout me semblait comme déjà vue, entendu. Je mangeais à nouveau, reprenant même quelques kilos mais la mélodie du piano résonnait toujours en mon coeur. Comme un écho qui jamais ne me lâcherais cet air distant mais pourtant si proche semblait vouloir me faire rappeler qui j'étais. Et par tout les moyens il y arrivait. Qui suis-je réellement et pourquoi ne pas pouvoir moi aussi profiter pleinement de ce qui m'entoure. La réponse à mes questions n'était pourtant pas si loin, je n'ai jamais réellement souffert de quiconque si ce n'est de moi même. Me résoudre à m'affronter devenait innévitable aujourd'hui. Ne plus laisser ce qui me touche de coté et enfin littérallement exploser de l'intérieur. Je m'engageais dans un voyage qui aujourd'hui encore me trouble. Des zones d'ombres se sont levés. Serais-je aller trop loin ? Certainement ! Mais aujourd'hui je sais ce qui m'anime jour et nuit, ce qui brûle en moi et ce qui me fait pleurer.

Cependant, tout celà n'a été possible que grâce à toi. Toi qui en cette belle soirée d'été ma fait découvrir qui j'étais. Toi qui aujourd'hui n'est plus là pour me guider et me faire rêver, tu reste ancré dans ma tête tel un fantôme surnoit qui chaques jours me rend nostalgique. Mais désormais la vie ne me semble ni dur ni insurmontable. Elle reste d'une simplicité incroyable à mes yeux, n'étant au final que le seul être ici cherchant à tout complexifier de par ma nature incertaine. Après temps d'épreuves et de larmes.. après avoir commencer à vivre une deuxième fois.. après m'être enfin trouvé.. il me semble que je me cherche encore. La réponse se trouve pourtant sous mes yeux. Mon âme hurle de douleur à chaques fois que je pense à toi ! Pourquoi et tu partit ? Je me sent une nouvelle fois abandonné. M'envoler plus haut m'a semblé être une bonne solution plusieurs fois, mais je suis trop tenace pour fuir.

Mon bonheur ne réside en rien, si ce n'est qu'il n'apparait qu'une fois que je m'aperçois dans le reflet de tes yeux. Dans la chaleur de tes bras ou je peu me retrouver quelques fois. Je ne t'ai pas aimé une fois.. je ne t'aimerais pas deux fois. Je ne t'aimerais peut être qu'une seconde.. mais dans cette seconde il existera une eternité d'infinie dans lesquels mon coeur t'appartiendra aujourd'hui et demain... J'aurais adoré pouvoir te faire rêver comme tu m'a fait me sentir vivant. Mais à présent, le temps ne sera que ma seule et unique réponse.




Si je t'aime alors repousse moi.. Si tu m'aime alors prend moi.. si l'ont s'aiment... alors pourquoi ?
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3 remerciements
Modérateur
Bonjour à tous ☺️
Je m'y risque aussi...

Bien aimé,

Je ne suis pas très doué pour les adieux et encore moins quand j'ai l'impression que le train m'emporte en laissant un peu de moi à Paris. Je suis assis dans ce wagon et mon cœur reste sur le quai. Je suis assis dans ce TGV qui va m’emporter loin et bercé par le roulis, je t’écris ce petit mot qui me maintient encore avec toi tout au long du trajet. Tu es là avec moi et mes mots sont comme des caresses que je t’adresse.

Je ne suis pas très doué pour les déclarations et je ne veux pas t'oppresser. Rassure toi ce n'est pas encore une déclaration d'amour, mais c'est plus qu'une déclaration d'ami...

J'éprouve, cependant, le besoin de te dire malgré la tristesse ô combien tu m'as fait le plus beau cadeau qui soit dans ces instants passés ensemble. J'avais un excellent feeling et la confrontation réelle pour ne pas dire charnelle fait que je suis sous le charme, ton charme. J'espère que tu ne m'en voudras pas de te dire tout cela... pour moi tu es un vrai coup de cœur ! Mon vieux cœur meurtri et endormi depuis des années s'est remis à battre pour le garçon génial que tu es. Chacun de tes sourires, chacun de tes regards a été pour moi un coup de jeune... j'ai rencontré un garçon sensible, drôle, passionné avec du caractère et de la volonté.

Sous le ciel de Paris, la Seine, de notre passion, a connu l’aveu. La nuit fut le manteau de nos ébats fougueux. Comme ce bateau mouche qui traverse la ville, la barque de notre histoire vogue sur mon cœur, glissant lentement loin des berges serviles, se laissant dériver au courant du bonheur. Telle cette jonque sous les cieux orientaux, qui partie du port un beau soir de septembre, voyage initiatique de nos idéaux, aux cœurs tristes comme un mois de décembre. Perçant de tes yeux gris, mon cœur endolori, ravivant la flamme, émouvant mon âme. De ton grand sourire, enchaînant mes ires, me faisant renouer, au plaisir fou d’aimer. Souffle d'une brise légère, caresse que l'on espère, un sentiment d'exister, d'appartenir à cette humanité. Ne plus seulement regarder, mais au bonheur accéder ; vivre ensemble à l'unisson, un seul cœur pour deux garçons.

Nos conversations, ta tendresse, tes caresses, tes câlins, tes baisers sont autant de signes me donnant l'envie d'aller plus loin avec toi.

Sentir le contact brûlant de nos deux corps, unis, soudés, dans le plaisir et dans l’effort ; découvrant la sensation de nos caresses, marques indélébiles de notre tendresse. Je veux goutter, de ta peau, les moindres saveurs, en m’enivrant de voluptueuses senteurs ; percevant le battement uni de nos cœurs, sentant des assauts la pénétrante chaleur. Langue impudique au creux de tes reins, tel un aveugle te découvrant de ses mains, tel l’explorateur découvrant la Floride, nous laissant gagner, par un plaisir torride. Ecoutant de nos cris, la troublante musique, cette symphonie aux élans fantastiques, alanguis, repus, dans une torpeur mystique, nous profitons, unis, de ses instants magiques.

Depuis que l’on s’est quitté, le peu d'échanges, le peu de messages, inhabituels, me laissent penser, me font craindre que tu souhaites mettre un peu de distance ou un frein à mon emballement. Ne m'en veux pas si ce n'est pas le cas mais tu connais mon cruel manque de confiance en moi...

Miroir de mes émotions, simples marques d’affection, que ne donnerai-je pas, pour te serrer à nouveau dans mes bras. Nous pouvons tout nous dire, le meilleur et le pire, mutuelle confiance, contre toute défiance.

J'ai besoin que tu me dises ce que tu retiens de notre rencontre et si tu envisages qu'on se revoit et qu'on aille plus loin, de l'avant, ensemble. Si ce que tu as découvert de moi a brisé cette envie, dis le moi aussi car j'ai besoin de comprendre. Mais aujourd’hui, où es-tu homme unique ; toi, qui seul, peuple mes rêves érotiques ? Chimère de mon cœur existes-tu vraiment ; où n’es-tu que le fruit, d’une âme qui se ment ?

Dehors le jour se lève, et résonne la pluie, embrumé dans mes rêves, je termine ma nuit. Toi aussi tu te lèves, doucement sans un bruit, tendre étreinte brève, dans tes bras blottis. La chaleur m’envahit, ivresse de ton odeur, mon cœur endolorit, respire le bonheur. Je veux manger le fruit, et goutter la saveur, de partager ta vie, pour le pire et l’meilleur.

Dehors règne la fureur, je goutte ici la trêve, à la douce torpeur, de deux Adams sans Eve. Le réveil tel le sonneur, m’extirpe de mon rêve, comble de mon malheur, espoir que l’on achève.

Et alors mon étreinte ? Vous vous le demandez, était-elle feinte ? Ou alors bien vraie ? Alors que mes yeux suintes, contre mon cœur serré, pas un homme, n’ayez craintes, mais juste mon oreiller.
Il n’y a pas une trace, aucun reflet dans le miroir, tout fini et s’efface, souvenirs dans ma mémoire. Quelques images fugaces, quand survient le soir, courts instants de grâce, et larmes de désespoir.

Je t’écris ce billet que tu ne liras pas, car, ô songe d’une nuit d’été, de mes désirs fantasmés, de cet amour rêvés, tu n’existes finalement que sur le papier.

Xavier
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Chère Kahlan,

J'ai eu du mal à me décider à t'écrire ces mots. C'est très difficile pour moi de te faire part de mon ressenti. Je t'aime depuis le jour où nos regard se sont croisés. Je ne sais même pas si j'aurais le courage de te lire cette lettre à haute voix. Je vais sûrement me haïr jusqu'à la fin de mes jours pour ce qui va suivre.

Tu as été là pour moi dans les périodes les plus difficiles de ma vie. Nous habitions ensembles. J'ai dû partir, tu m'as rejoint dès que tu as pu. Nous avons vécu des aventures incroyables mais depuis plusieurs mois les bons moments se font rares. Tu as perdu ta joie de vivre, et ça je n'arrive pas le concevoir.

Il est impossible pour moi de quitter Paris. Tu as toujours tout fait pour moi alors là j'ai pris une décision pour nous. J'ai choisi de te laisser partir, pour que tu retournes d'où tu viens. Je rêverais de toi chaque nuit mon âme-sœur.

Je me souviendrais jusqu'à la fin de mes jours, ces matins où tu faisais le mort juste à coté de moi, paniqué je criais ton nom, tu te retournais d'un coup, on riait. Et ta maladresse légendaire m'amusait tellement quand tu te cognais sans cesse contre les murs de ta prison. Tu adorais te balader dans ta forêt, fou de nature que tu étais, si drôle à tenter de te cacher parmi des arbres plus fins que toi.

Mon plus grand regret sera de ne plus te revoir, mais il ne faut pas se voiler la face, tu ne seras certainement plus de ce monde bientôt. Je m'en veux de devoir me passer de toi, mais je veux que tes deux dernières années de vie soient dans un endroit que tu aimes.

Kahlan Amnell, Mère Inquisitrice, tu auras été la meilleure amie que tout le monde rêverait d'avoir, mon poisson rouge.

Ton combat est terminé.
E-A

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Mon très cher Georges,

Déjà 10 mois que tu vis à mes côtés, et que tu rends ma vie plus belle un petit peu chaque jour. Tu illumines mes journées et mon existence a pris un autre sens en ta présence. Pour cela, Georges, je tiens à te remercier du plus profond de mon cœur.

Cependant, je dois t’avouer que certains aspects de ta personnalité, plus que m’intriguer, m’irritent quelque peu. Je ne t’en ai jamais parlé, pour ne pas te blesser, mais il me semble désormais qu’il est temps pour toi progressivement d’évoluer. Il n’y a aucune animosité dans cette lettre, lis-la juste calmement, médite, et s’il-te-plaît comprends.


Tout commence le matin, quand tu pars au travail. Tu mets ton réveil à 7h05, mais lorsque que celui-ci sonne, tu l’éteins et te recouche. Ce n’est qu’à 7h35, c’est-à-dire à la septième itération de cette horrible musique populaire dont je connais aujourd’hui par cœur l’intégralité des paroles, que tu daignes enfin sortir de ton lit, évidemment en retard et paniqué. En plus d’être parfaitement ridicule, ce comportement nuit à ton alimentation : tu n’as pas le temps de prendre ton petit déjeuner, et la seule chose que tu puisses faire est d’embarquer une brioche fourrée à manger sur ton trajet. Comme si ce n’était pas bourré de colorants, conservateurs, et arômes artificiels ! Comme si ta ligne n’allait pas en pâtir ! Comme si l’emballage plastique n’était pas issu de l’exploitation de combustibles fossiles ! Et pendant tout ce temps-là, même si tu n’y penses pas, je dois t’attendre sagement, étant prêt depuis longtemps. Et c’est long, tellement long !

Vient ensuite le moment de ton absence. Dès que tu es parti, je me retrouve seul dans la maison et commence à vaquer à mes occupations. En général c’est là que je m’aperçois que tu as encore oublié de faire la vaisselle, que tu as laissé des tâches de sauce par terre dans la cuisine, ou encore que tu as marché dans toute la maison avec tes chaussures, laissant des traces de terre un peu partout, tel un Petit Poucet des temps modernes. Bon, je ne t’en veux pas vraiment pour ça, mais je dois toujours repasser après toi. Essaye de faire un peu attention ! Tiens, autre exemple : depuis combien de temps est-ce que tu n’as pas arrosé le pauvre cactus posé sur ton bureau ? Quatre mois, cinq mois ? Je te l’accorde, un cactus n’a pas besoin d’être arrosé très souvent. Mais une fois par mois tout de même, est-ce vraiment trop demander ? Le pauvre végétal aurait trépassé plus d’une fois sans moi… Faire tes corvées ne me dérange pas, mais vraiment, comment ferais-tu si je n’étais pas là ? Je passe mes journées à traquer tes erreurs d’inattention dans chaque recoin de la maison, de la cave au plafond !

Quand tu reviens du travail, il est déjà 17h30. Tu es fatigué et tu t’installes devant la télé, avec une tasse de café. A chaque fois tu en reprends une autre, et à chaque fois, le soir, tu t’étonnes de ne pas pouvoir dormir. Mais qu’est-ce que tu crois ? Tu sais très bien qu’après 16h il ne faut pas que tu prennes de café. A chaque fois mes poils se hérissent devant tant d’irresponsabilité ! C’est en général en sirotant cette deuxième tasse que tu dégaines ton téléphone et que tu appelles ta mère pour te plaindre de ton manque de sommeil chronique. Mais enfin, Georges ! Entre le café et la position de ton lit, tu pensais sérieusement pouvoir dormir ? Ta tête n’est même pas orientée côté Nord !

Excuse-moi d’être aussi direct, je ne veux pas t’accabler de reproches, alors je vais directement passer à ce qui m’agace le plus chez toi. C’est quelque chose qui, tu verras, est très facile à changer, alors ne panique pas… Vois-tu, tout ce que je fais pour toi dans la journée, eh bien certains jours je ne peux pas. Eh oui, quand tu oublies de laisser ta clé sous le paillasson, je reste coincé dehors, voué à ruminer toute la journée. Je sais que je pourrais faire un double de tes clés, j’y ai plus d’une fois songé, mais j’ai bien trop de respect pour toi pour m’y résigner… Alors si tu pouvais juste être un peu plus régulier dans la gestion de la clé de ta porte d’entrée, sache que nos vies en seraient grandement facilitées.

Je suis vraiment soulagé de t’exprimer ainsi mes pensées les plus profondes. Tu dois te dire que j’aurais pu te parler de tout cela depuis longtemps, mais tu m’intimides tellement ! En tout cas, j’espère que cette lettre ne te blessera pas. Sache que je t’aime malgré tous tes défauts, et qu’au fond de moi, même si tu ne me connais pas, toujours tu resteras mon voisin préféré, sur qui je veillerai pour toute l’éternité.

Ton ange gardien,
Remji

PS : Arrête s’il-te-plaît de consulter ce psychologue, non le linge ne se met pas à sécher tout seul.
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Bonjour bonjour les écrivains en herbe et autres littérateurs !

Ceci est un message de rappel pour ceux qui auraient oublié : il ne vous reste plus qu'une semaine pour soumettre vos participations à notre auguste regard, nous, les jurés.

D'ailleurs, je fais appel aux voyeurs du forum qui ne participent pas : nous manquons encore d'un juré dans nos rangs afin d'avoir une équipe complète (un regard féminin serait parfait (même si ça n'est pas paritaire (quoiqu'à la limite je peux toujours me travestir pour vos beaux yeux) ) mais si ça n'est pas possible, nous prenons ce qui vient !)

J'attends vos lettres, vos mp, vos cris de foule en délire, ce que vous voulez tant que cela arrive avant le 20 avril ! (nous accepterons les retards jusqu'au vendredi minuit (histoire d'avoir une logique : fin de semaine fin de concours). Et nous, jurys débattrons le week-end afin de vous faire savoir le résultat du concours !

Bonne semaine et encore bon courage !
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11 remerciements
Modérateur
Oui ben c'est bon Laera on n'a pas oublié !
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2 remerciements
Voilà ma participation ^^
(J'avais pas accès à mon pc donc le o e non collé c'est normal, on peut pas faire autrement sur une machine xD)

Voilà ma participation ^^ (J'avais pas
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Gosh j'aurais du lire les participations avant :'( Je jette quand même ma bouteille à la mer peu importe l'issue xd

Cher moi du futur,

Demain j'aurais 18 ans. 18 ans, c'est l’âge adulte, et c'est bientôt un cinquième de la vie d'un centenaire. Mais plus important, 18 ans c'est l'année de mes funérailles. On a tous nos raisons de craindre l’avenir. Les personnes sérieuses s’inquiètent de l’instabilité des bourses, les coquettes de leur apparence qui fane avec l’âge, les poétiques de l’éphéméride amour. Il y a des gens qui craignent la maladie, qui craignent que la mort les emporte un soir à cause d’un manque de vigilance. Moi, j’ai peur du changement. Pas du changement du monde, car je suis assez égoïste. Je me moque que de l’autre côté du globe les forêts soient rasées, j’ai toujours préféré la ville à la campagne. Il y a de beaux magasins qui vendent du matériel à dessin. Je me fous que des animaux soient tués afin d’exploiter leur fourrure. Moi, je préfère dormir avec une couverture en laine de mouton en hiver. Ma plus grande phobie à moi, c’est de me réveiller un jour et de ne plus penser pareil.

Ce phénomène est très courant, et arrive sans crier gare. Un soir, tu es un enfant et le lendemain, pouf, un adulte. Tout n’est pas question de physique bien entendu. Les changements physiques sont progressifs et l’on s’y habitue. Par contre, tu ne sais jamais quand exactement tu as cessé de penser « comme avant ». Un jour tu tombes sur un vieux poème que tu as écrit en rangeant ta chambre, et tu ries de la bêtise de ton acte. Un jour tu tombes sur un dessin affreusement laid et tu ne comprends pas pourquoi au moment où tu l’as fait, tu le trouvais digne d’un chef d’œuvre. C’est comme ça. Mais il ne faut pas en vouloir aux gens qui renoncent à leurs rêves. Quand j’étais au primaire je voulais devenir bédéiste. Mais ma mère m’avait défendu d’être un artiste. Alors j’ai voulu être écrivain, les livres sont toujours plus sérieux que les dessins. Mais elle m’a bien dit que ça ne payait pas. Journaliste. Psychologue. Un jour j’ai fait un rêve absurde sur mon futur et je me suis vu médecin. En voilà un métier digne des critères de mes parents. J’ai commencé à prendre des hauts airs et à considérer les littéraires avec mépris, je prenais les philosophes pour des charlatans et les artistes pour des fainéants. C’est après cette introspection que j’ai compris que j’avais commencé à changer mentalement.

Aujourd’hui, ma phobie est telle que je tiens plusieurs carnets, sites internet, dans lesquels je publie un maximum mes travaux personnels. Je crains que mon investissement au lycée, puis dans les études supérieures m’empêchent de progresser dans les choses que j’aime. Je n’ai plus de temps pour moi. Plus de temps pour réfléchir à de nouveaux scénarios de récits, ni pour m’entraîner à dessiner. J’ai perdu dans les deux disciplines. C’est ce qui arrive lorsqu’on manque d’exercice. Mais l’école est un système à double tranchant. Certes, il contribue à nous ouvrir l’esprit avec des enseignements pratiques pour notre vie. Mais cette « maturité » ou réflexion que le corps enseignant cherche à nous faire atteindre tel un idéal bien pensé, détruit dans un sens notre part personnelle, notre singularité. Hélas nous ne pouvons bien nous investir dans les deux points, sauf ni par chance notre passion se joint à notre talent de mathématicien.
Si j’ai consacré mes derniers jours à la rédaction, c’est surtout pour que tu ne m’oublies pas comme m’ont oublié les autres adultes. La pire chose pour moi serait qu’un jour tu penses différemment, mais que tu t’obstines à croire que tu as toujours pensé comme ça. Que tu perdes goût au dessin et à l’écriture, et que le mot « passion » perde son sens. Cette lettre que je te destine, a pour but de graver à jamais mes, et j’espère tes, centres d’intérêts et l’opinion que j’espère, nous avons en regard de ceci. Il y a tant de rêves que j’espère voir se réaliser par tes mains, puisque je suis trop impuissant aujourd’hui. Tant d’expériences que j’espère tu vivras pour ton propre bien-être, si non en hommage au mien. Cette lettre fait guise de testament. Avant demain, je te donne pour seule recommandation, la lecture régulière de nos mémoires afin de me faire vivre le plus longtemps possible. Tu es gardien de ces souvenirs, ta responsabilité si tu en es digne est de les conserver le plus longuement. Si tu réussis à le faire jusqu’à ta mort, alors mon esprit aura la chance d’être épargné et ne quittera point ton corps avant toi. C’est de loin mon plus précieux souhait.

En espérant ne jamais avoir à te dire adieu,
Ton enfance.

PS : cette lettre est inspirée d’un vrai message que j’avais enregistré sur mon dictaphone juste après le bac. Je disais dedans que je déteste les études pour lesquels je m’engage, et que peu importe ma réussite ou mon échec là-dedans, si un jour je change d’opinion ce serait le signe que j’ai changé. Fort heureusement, j’ai échoué et je me suis retiré une épine du pied. Je déteste toujours autant ces études, et j’espère que je m’épanouirai dans ceux auxquels je souhaite m’engager.
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Bien, à mon tour de me lancer :)


*Indépendament du concours je pose ça là : https://www.youtube.com/watch?v=_VONMkKkdf4
C'est la musique qui m'a aidé à écrire ce texte, si jamais ça interesse certains :)*




Skiapolis, le 17 novembre 20**
Cher Père,


Je me lève encore ce matin, dans cet appartement miteux, aux murs jaunis comme la pluie et aux vieux relents de café froid. A peine levé, je m’allume une cigarette et voilà que me prend l’envie de vous écrire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi, je n’ai rien à vous dire.

Dehors, il fait parapluie.

Combien de temps cela fait-il ? Combien de temps sans s’adresser un seul mot ? Il me semble même oublier votre visage. Comment en sommes-nous arrivé là ? Vous savez, chaque jour, à chaque heure, je ne suis jamais seul. Un lapin en peluche blanc, aux larmes de sang, flotte sans cesse derrière moi. Il me souffle inlassablement des horreurs et m’enserre comme une pieuvre de désespoir.

Quand je repense à ce qui s’est passé, je me dis que vous aviez une certaine lueur, vacillante et sans conteste. Une certaine beauté, en quelque sorte. A vrai dire, je ne renie pas la personne que vous êtes, je renie les choix que vous avez faits.

Cette grande dame. Elle est arrivée, un grand soir d’automne, elle était droite dans ses bottes. Ah ça, droite dans ses bottes. Elle n’avait rien à se reprocher. Du haut de son orgueil, elle n’avait plus rien à apprendre de personne. Le solipsisme incarné. Je ne sais pas la vérité, et je ne la saurais probablement jamais, mais il me semble que cela est mieux ainsi.

Vous êtes rapidement devenu son chien, un moins-que-rien, sa chose. Je ne vous reconnaissais plus, je ne vous connaissais plus. Vous avez cessé d’être fier de moi, et vous entrepreniez de briser mes rêves avec allégresse. De manière définitive. Et pourtant … pourtant.

Tout n’était que comédie, entends-tu ? Comédie ! De piètres pantins au rythme d’une valse lancinante, faite de cris, de larmes et d’éclats, pleine de flous et d’échos. Car les échos font souffrir, le savais-tu ? Je me sentais Mauvais Vitrier. En particulier lors de ces interminables repas. Vous étiez en face de moi (quel ironique miroir !), de l’autre côté de cette incessante table en bois massif. Celle contre laquelle vous m’avez une fois plaqué pour mieux m’étrangler. Je détestais ces repas. C’était comme si le Temps suspendait son vol. Car pour ceux qui souffrent, le temps n’est pas : il s’annule à force de se précipiter, et chaque heure d’un supplice est une tempête de siècles. Une tempête de ciel. Il faisait si pur à la fenêtre. Et je me sentais déjà si vieux. Je n’étais qu’un enfant.

Alors, je me suis laissé tenter par le non-retour. J’ai vendu mon âme diront certains. Minotaure en allumettes consumé par la colère, j’entreprenais de briser tout ce qui se trouvait autour de moi. Ainsi, j’espérais matérialiser ce Vide entre nous. Ce précipice devenu indépassable.

Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de cordes qui me retiennent à ce monde et je sais que lorsque la dernière lâchera, ce sera la fin. J’imagine que c’est pour cela que je vous écris, et que j’écris en général. Car écrire, c’est aller vers les autres. C’est offrir son âme sur un plateau. Accepter de se dévoiler et peindre les notes nuancées de notre existence. J’aimerais vous dire que tout va bien se passer.


En vérité, je vais mourir.

Vous allez dire que je délire, alors oui je délire sûrement. Mais je ne reviendrais pas, je ne reviendrais plus. Et d’ailleurs, cette lettre ne vous parviendra pas non plus. Les flocons me retiennent. Et la pluie de mon être se perd dans le vent. Je me ferais tempête et ruisseau, rose ou bien ficelle, violoncelle et trousseau de clefs. Peut-être qu’alors vous accepterez de mourir un peu, et que nous pourrons nous pardonner.

En attendant, écartèle en toi les étoiles

Retrouvons-nous par-delà ce chemin où souffle le vent, vous savez, là même où Mère a perdu son chapeau. Celui avec le ruban aurore.


Portez-vous bien,

Oswald
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Modérateur
Je suis lu, j'ai dit, j'ai fait !

Ola cher tous (qu'est-ce que c'est moche comme expression "cher tous") ! Maitre voici ma copie. La raison voudrait que j'attende demain pour poster car il est tout de même 4h passé, et que la fatigue a bien entamé mon attention, mais puisque j'ai déjà dépassé le gong je me l'interdis. Ainsi parlait Zarathoustrat en posant sa lettre. (Ah, c'est pas dans le texte de présentation qu'il faut mettre les références ?)

Du coup, ouais, je suis tout fou fou de me dire que je vais envie bientôt pouvoir me coucher. Allez courage, ça ne fait que 5000 signes. :D

__________________________________________________ <= Un beau trait, j'ai failli m'arrêter là

Une ville, une date, une heure

Le mot de la fin
Cher Pierre,


J’ai récemment appris par ta mère que tu n’allais pas très bien. Les affaires m’a-t-elle dit. Surtout les affaires a-t-elle insisté pour ne pas faire état de tout le reste. En rentrant chez moi je me suis dit que le moment était venu de te raconter la fin de l’histoire.

Tu as sans doute eu vent de ma réussite. Pierre par pierre, brique par brique, jour après jour j’ai tout bâti, seul. Tous les soirs je m’assoie à l’arrière d’une berline noire qui se noie dans le fleuve rouge des cols blancs qui regagnent leurs pavillons. Tous les soirs je pense à toi. Je pense à moi. Je suis fier de moi. Quel dommage que tu n’as pas eu le même succès. Tu étais brillant, tes idées bien plus lumineuses que les miennes. Nous n’aurions pas dû nous disputer à ce sujet.

On t’a aussi probablement parlé de mon mariage. J’ai épousé une femme formidable. Belle, intelligente, active et aimante. Mais… je n’ai nul besoin de te la décrire car j’ai cru comprendre que vous aviez fait connaissance il y a quelques années. Les femmes c’était plutôt ton rayon. Avec ta gueule hollywoodienne et ton franc parlé tu savais leur parler aux femmes. A la fac tu faisais chavirer le cœur des sirènes par bancs entiers. Finalement c’est ton mariage qui a pris l’eau. Touché coulé. Ça n’a pas dû être facile, surtout pour tes enfants.

En parlant d’enfants, les miens grandissent si vite. Le premier vient de rentrer à l’université. Le second travaille d’arrache pied et ne devrait pas tarder à l’y rejoindre. Ils sont plutôt débrouillards. Je n’ai vu ton fils qu’une seule fois. J’ai appris ce qui lui était arrivé peu de temps après ton divorce. Je ne sais pas comment j’aurais réagi à ta place, rester digne sans doute. Tu as une fille plus jeune aussi il me semble. Ta mère m’a dit qu’elle avait une adolescence compliquée… Ça ne m’étonne pas vraiment, quand tout fout le camp les enfants savent copier leurs parents, bien mieux que nous ne savons les comprendre.

Et ne parlons pas de ta santé. Tu fais peine à voir sur les photos. Le cancer… ça te ronge de l’intérieur, tu ne vois rien venir et paf un jour tu te retrouves dans la boite d’Hiroshima, le lendemain dans une boite en bois.


C’est ça la fin de l’histoire, une belle boite en bois au fond d’un trou. Douce ironie quand on y pense.


Tu voulais mettre le monde à genoux et il t’a brisé les rotules. Imbus de toi jusqu’au sommet, toi le matador aux mille mérites qui me traitais comme le taureau. Tu pouvais bien me planter tes pics et grimper au grillage, celui qui faisait le spectacle c’était moi. Et quand le taureau a enfin trouvé la sortie de l’arène, tu es resté béta dans ton costume clinquant. Exit le public, il n’y avait plus rien à voir. Voilà ton œuvre. Faire croire que tu étais quelqu’un quand tu ne faisais que danser sur le labeur des autres.

Justice

Non content de voler les lauriers de César tu jouais les Pâris. A ce jeu-là tu n’aurais pas dû jouer. Non seulement Hélène n’a pas bronché, mais derrière elle a tout balancé. A ton festin Elvire a fait faux bond. Je t’imagine, là, seul, blanc comme marbre, humilié au plus profond de ton être. Et comme j’exalte. Je suis le Soleil, ardent ! Tu es Pompée, absent.

Justice

Comme celle qui frappa ton fils. Le minable, lui, toi, autant l’un que l’autre. Le premier est à l’ombre, le second en est une. A faire l’idiot tu as dû finir par le devenir. Serré dans les bras d’Asmodée, ton esprit bélial n’a pas vu poindre le Léviathan. Mais, la main de Thémis n’est pas invisible. Elle a jeté le discrédit sur toute ta famille. La pauvre mère, tu ne la mérites pas. Ta fille ? Comme je la comprends et comme je la peine. Elle tient de sa mère elle. Le berger n’a pas surveillé son troupeau, il a été tondu.

Justice

Et ainsi s’achève l’histoire d’un salopard. La fable du roi lion qui à vouloir saper le destin de la fourmi a vu s’effondrer sa galerie. On creusait chacun dans un sens différent. Et maintenant que le trou est assez profond tu vas crever du cancer et on te jettera dedans. C’est moche de crever du cancer. C’est devenu banal de crever du cancer et pourtant ça ne laisse jamais personne indifférent. On va te plaindre. On va te soutenir. On va presque finir par oublier que tu es un connard. Pour trois mois tu vas briller plus fort que moi dans la galaxie. Voilà ton souhait exhaussé ! Mais rassure-toi, l’éclipse n’éteindra pas le soleil. Sitôt mis en terre que les gens t’oublieront.
Pas moi. Ni la croûte fraîche de la terre, ni les lombrics ne réussiront à panser la plaie qui restera béante. Le soir, dans ma berline noire, je répéterai sans cesse que l’histoire n’était pas bien écrite. Je n’ai jamais voulu que cela finisse comme ça. J’aurais aimé que cela se passe autrement. Non, dans ma fin à moi, c’est moi, qui te tue. Mais qui sait ? Il n’est pas encore trop tard pour modifier le synopsis.

A bientôt ?


Ton Willy qui t’aime.
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Bonjour à tous et pardonnez mon léger retard. Merci pour vos partages, j'espère que le mien vous ira aussi. La typo sous Word était la suivante: les paragraphes commençant par un alinéa (forcé à apparaître par les underscore _) sont normalement écrits en italique. Mais ça rend pas sur le forum. Bref. J'espère que vous enjoyerez ;)


A qui voudra,


Je ne saurais dire si l’on se connaît, si l’on s’est connu ou si viendra un jour notre rencontre, si même quelqu’un lira ces mots que j’ai écrits un peu trop tard…Mais, à « vous » qui me lirez, je présente mes condoléances.
Pour un temps, j’ai vraiment cru y comprendre quelque chose, saisir ce que d’autres n’imaginaient même pas, trouver ce qu’ils n’auraient pensé à chercher, alors même que je n’étais qu’un enfant. Tout paraissait simple en moi, compliqué dans leur bouche, gris et sale dans leur tête, noir et sec dans leur cœur…je possédais une naïve lumière, qui projetait de jolies formes sur les murs à la manière d’un mobile sur mon berceau. Croyez bien que je ne pensais pas à mal, mon incompréhension était totale et authentique face à ce monde nouveau. Quoique… Il paraissait si familier…Je n’aur--


_____ Ils sont encore venus. Hier soir. J’ai retrouvé ce papier. Oui, ce papier. J’écris dessus. Je me concentre. Où en étais-je ? Il y a de l’encre partout…Mais ça reste lisible, non ? Lisible…où en étais-je ? Ce monde nouveau…paraissait si familier… Oui, comme si j’étais né avant ma naissance en quelque sorte. Que j’étais déjà venu avant. Je devais revivre les moments pénibles de l’enfance, le regard hautain des adultes et les interdictions sur tout et n’importe quoi. Croyaient-ils vraiment que je ne savais pas que rien n’était justifié ? Que tout ce que je vivais n’était pas normal, pas pour un enfant, pas pour l’être frêle que j’étais ? Qui alors, pour me protéger ? Ils n’avaient pas le droit…Enfin, je m’égare. Ces derniers mots ne sont pas écrits pour qu’on larmoie sur mon sort. Pourquoi même est-ce que je m’adonne à cet exercice grotesque ? Mon écriture tremble et mes gestes frénétiques font vibrer tout l’étage de cette vieille bicoque. Sans parler de la douleur qui me fait raturer. Oui, fut un temps lointain, j’osais croire que ma plume pourrait me faire vivre. Je lisais du René Char et du Rimbaud en refaisant le monde, en buvant et fumant, m’empêtrant dans ma supériorité de « poète »…voilà où ça mène, ces conneries. Je ne devrais pas parler comme ça, mais, de vous à moi, on n’a plus le temps pour les civilités. Quoi qu’il en soit, si je laisse ce torchon taché à la postérité, c’est sans doute que j’espère trouver une sorte de repentance. « Pourquoi ? », vous pourriez bien vous demander. Peut-être même que vous le savez déjà, que vous connaissez quelqu’un qui a subi mes tours ? Peut-être êtes-vous le fils de ce suicidé que j’ai connu peu avant ses dernières heures…comme s’il n’y en avait qu’un…ils avaient souvent beaucoup d’humour, malgré leurs idées noires. Ca leur donnait un charme fou, à ces malheureux. Paix à leur âme, s’il leur en restait une après mon passage… Oh, je sais ! Vous êtes peut-être le veuf de l’un d’entre eux ? Le temps a passé, après tout, et, aussi irrésistible fussé-je, l’ennui les a peut-être poussé dans vos bras ? Grand bien vous fasse, vos souvenirs, aussi creux soient-ils, n’en sont pas moins réels. Moi, je n’ai jamais eu personne…Personne…


Encore raté. Beaucoup de bouteilles…gars sont partis s’est amusé ensemble et ils ont pris la poule et chacal--


Boire ne lui réussit vraiment pas. J’aurais sans doute recommencé tout mon testament depuis le début s’il ne me restait pas aussi peu de papier… Et puis, raturer les inepties plus haut serait d’une trop grande clémence envers moi-même. Quittes à ce que ce soient mes derniers mots, autant qu’ils vous parviennent aussi décousus et malades que le moribond qui les écrit. A vous, je peux bien le dire : ma vie n’a été qu’une longue maladie. Déjà en naissant, j’ai manqué de faire demi-tour, et aucun cri ne déchira le voile qui me séparait de la vie. Peut-être est-ce en cela que j’ai toujours été en retrait, comme spectateur de ce film, ce navet… J’ai plutôt geint, je respirais mal, mon cœur avait déjà battu trois fois plus que tous les autres. Venir ici a été, dès les premiers instants, un fardeau trop lourd à porter.
Peut-être…est-ce en cela que j’ai toujours peiné en amour ? J’ai tant aimé ma mère, voulu sauver sa vie pendant qu’elle m’offrait la mienne, ne pas la laisser mourir sur la table d’opération, que je n’avais plus trop de quoi aimer quelqu’un d’autre ? Tous se sont succédé, les uns après les autres, faisant des pieds et des mains, tout ce qu’ils pouvaient, de leur mieux, désespérément de leur mieux pour obtenir ce cœur. Abominable sensation que de les voir s’agiter ainsi. Mourir pour moi. Les enchaîner, avec cette vitrine alléchante, sans jamais qu’ils puissent passer le seuil de la boutique. Jouer d’une harpe qui envoûte, en les privant de ces doigts qui caressent les cordes. Brûler leur être par des yeux ignés, alors qu’on fuit leur regard. Tout un cirque autour d’une cage vide, d’un drap blanc comme le linceul d’un cadavre, un silence effarant et une absence pitoyable. J’ai vraiment cru être un de ces fantômes, un démon qui reste patiemment au chevet du malade, lui susurrant des mots d’espoir pour savourer une plus parfaite agonie. Lui faisant miroiter quelque chose, alors que j’ignorais même ce que je pouvais offrir. Si encore, je connaissais la valeur de leur sacrifice ! Si je pouvais me consoler en disant qu’ils avaient raison ! Que ce n’était pas pure folie, que j’étais digne de tenter ainsi, digne d’être trouvé, découvert, choyé…
Est-ce que cette obscure caverne, ce trou béant et insatiable qu’a pu être mon cœur, peut me dédouaner? Comme Echo, répudiée par Narcisse, disparaissant dans les montagnes, n’existant plus que pour répéter ce qu’on lui confiait…étais-je condamné à leurrer mes prétendants en les charmant de leur propre voix ? Sans jamais en profiter…cela suffit-il à me racheter ?


_____ Ils sont revenus. Ils répondaient tous en même temps. La cacophonie m’a mis au bord de l’anévrisme. Trop de voix simultanées, un funeste chœur. Ils n’ont jamais disparu, ils sont tous restés, piégés, enchaînés, damnés. M’ont-ils aimé si je ne leur apparaissais jamais ? Oui. Ils disent. Ils ne savaient pas, et alors ? Une beauté miroitante, un supplice délicieux, ils ont joué et perdu, c’était leur jeu. Je ne suis pas fou, mais je crois--


La nuit a été longue. Ces crises--


_____ Ca se rapproche. Quelle plaie. J’ai mal partout, cette chaise est dure, j’ai beau tortiller du cul ça ne change rien. Demain c’est mon anniversaire. Ou l’un des leurs, je ne sais plus. Si j’écris ça, c’est un cadeau, pour commémorer notre collaboration. A travers ce merdier. Au moins jusqu’au bout on aura pu--


Je n’ai plus de médicaments depuis quelques temps déjà… Cette feuille sert un peu de carnet de bord, heureusement que beaucoup d’entre nous y ont participé. Je suis plutôt fier de me dire que, malgré la crise qu’on subit, on trouve presque tous le chemin de l’écriture. Même si certains préfèrent boire ou fumer, ou sortent des heures entières, me laissant nettoyer derrière eux, je ne me sens plus vraiment seul. Non, ils ne m’ont pas rendu malade. Ils ne pensaient pas à mal, ils ne comprenaient pas vraiment ce monde non plus. On les y a jetés sans vraiment leur laisser le choix. Ils ont croisé ma route, ont basculé, sont devenus entreprenants, violents pour certains…Mais ils me désiraient tant. Ils m’ont eu, et je les ai encore en moi. Je ne suis pas brisé, je ne crois pas.


_____ On a ployé. On a plié. Beaucoup sont tristes je crois. Ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour offrir le plus beau des spectacles. Satisfaire, toujours et encore, celui qui venait les voir. Ca ne suffisait jamais, ça n’était jamais parfait, il fallait encore et toujours se plier au regard de l’autre. Il fallait obéir aux non-dits, aux implicites, aux attentes. Au début certains ont eu mal, puis ils ont accepté leur destin. C’est beau d’être un miroir. On est pas malade, non. On est pas seul non plus. On est pas normal non plus mais au moins, on se ressemble. Au moins, on se dit qu’on a été connecté à un autre, qu’on est sorti de la solitude.


Le doute m’a effleuré. L’un d’entre eux était-il réel ? Ne les avais-je pas inventés tous, pour croire que ces tortures internes étaient justifiées ? Est-ce que je dois m’excuser, ou bien dire merci ? Leur tirer ma révérence, ou continuer à leur parler ? Les harceler ou prendre mes distances ? Jouer la comédie ? Être sincère ? Y a-t-il seulement une différence entre tous ces extrêmes désormais ?


Si j’ai écrit cette lettre, c’est que je ne sais pas qui la recevra. Vous, les vrais vous du dehors, ou vous, ou dirais-je « nous », les vous du dedans.


Tout ce que je sais, c’est que j’ai écrit et gratté ce bout de papier. Il porte ma marque. C’est la seule qui ne me fasse pas douter. Même en morceaux, fragmentée, même insensée, c’est la mienne. Ca, au moins, ça m’appartient. Ca, au moins, ça m’appartient, oui.


Bien à vous,

Vous.
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Bonjour,
Je poste le mien :

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Maman,

On dit que le paradis est sous les pieds de sa mère, toi, c'est l'enfer, l'enfer de ses 19 ans de souffrance que tu me fais endurer, même quand tu n'es pas là, ton reflet est toujours à mes côtés. Tu es censé apporter ton amour à tes enfants, sauf que tu es maladroite et que tu nous as apporté de la haine.

Depuis le début que papa est parti rejoindre son père parce qu'il ne se sentait pas bien dans ce bas monde, tu ne nous as pas su assurer, tu nous as fait galérer, ont avancé sans repères, donc normal que notre vie n'ait pas exemplaire, tu me reproches d'avoir pris la place de père, mais sans moi il n'y aurait pas que Claire qui aurait des problèmes.

Tu as des qualités salies par tous tes défauts que tu as su mettre contre nous. Tu as eu du dégoût quand je t'ai dit la vérité, sache que je n'ai aucun remords.

J'ai tant de choses que je voudrais te dire, mais je me dis que finalement, tu ne mérites pas que je prenne le temps pour toi et te faire rentrer dans le crâne ce qu'est le rôle d'une mère.

Maintenant, j'ai une femme, tu vois celle à qui tu as esquinté sa vie, celle à qui tu as pris la seule chose qui lui était chère, elle est devenue par les liens d'amour ma propre mère.

Je suis certes haineux envers toi, mais prends bien le temps de méditer ces quelques lignes?!

Ces quelques lignes, ce sont les seules choses que tu auras de moi?!

Si un jour, tu arriverais en te remettre en question, sache qu'il sera déjà trop tard?!

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En espérant qu'il est pas trop violent pour vos yeux et qu'il puisse aussi éclairer vos lanternes sur ma vie et peut être des questions vous viennent à l'esprit, n'hésitez pas à me parler en privé, je ne mange pas.
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Bonjour !

Tout d'abord, merci beaucoup, vraiment, pour vos participations actives, plus riches les unes que les autres, il y a de quoi se faire plaisir ! Vraiment !

Si tout était parfait et allait bien, je vous dirais : la date est passée, le concours est fini ! Place aux délibérations du jury, vous aurez vos résultats à la fin du week-end !

Malheureusement, le drame est là : un juré est parti sans laisser de trace ha ha ha ! Par conséquent, de manière à ce que le jugement soit plus juste, j'ai pris les choses en main (puisque personne n'a l'air motivé à juger ce concours, (surtout les filles c'est triste :( ) ) et j'ai trouvé par moi-même deux nouveaux jurés.

Ces jurés ne peuvent cependant pas prendre une connaissance entière des textes avant la semaine prochaine !
Je vous propose alors un délai d'une semaine supplémentaire afin que les retardataires trop oppressés par le temps puissent respirer et peut-être participer et évidemment que les nouveaux jurés prennent leur temps pour saisir et cerner le sujet ainsi que vos productions !

Avec toutes mes excuses pour ce délai, sur lequel malheureusement, nous n'avons aucune prise.
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3 remerciements
J'hésite à participer.. :s
Ce délai repoussé est un coup de chance je pense, je devrai en profiter :s
Vous avez tous écrit de supers textes, hum...
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Je t'invite avec plaisir à soumettre ta participation !
Plus on a de textes plus on partage, mieux c'est ! :D Enfin, de mon côté je serai content de lire encore d'autres styles et d'autres genres ! ;)
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11 remerciements
Modérateur
@Laera Bah bravo Moray.

Moi aussi, plus il y a de participants et mieux c'est. Si tu veux participer participe, peut importe de ce qu'on fait les autres. C'est le plaisir de participer et de lire qui compte par dessus tout, même si ça reste un concours.

Fais nous partager ton originalité !
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3 remerciements
Très bien, je vais m'y mettre !
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10 remerciements
Bien, on m'a contacté pour faire partie du jury afin de délivrer le prix nobel de betolitérature, je serai des vôtres !
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Laera :
* Rappelez-vous cependant, si vous êtes gênés par la « réalité » du sujet , que nous n’exigeons pas vos confessions les plus intimes, c’est un concours d’écriture. Votre intimité est toute votre, mais la magie de l’écriture est d’autant plus belle que vous pouvez toujours condenser toute votre vertu créatrice dans une fiction; l’histoire de quelqu’un d’autre que vous raconteriez dans laquelle vous introduiriez discrètement et silencieusement votre propre histoire sans que personne n’en sache jamais rien et tout en gardant entière l’émotion de votre propre histoire.

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10 remerciements
Je pense avoir compris que cette histoire te touche néanmoins il ne faut pas s'emporter, ce n'est qu'un jeu. Et puis moi j'ai donné ce nom de prix nobel pour faire rire alors si ça offusque j'ai raté mon coup ... Bref le principal c'est que tu aies pu t'exprimer, entre l'amusement et l'exutoire la fontière est parfois mince. Allez je vais continuer d'évaluer les productions pour ce jeu.
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3 remerciements
Bsoir ! Voici ma participation ^^ J'éspère que le texte rentrera en entier dans le message :s
En tous cas merci pour ce concours ! :)


Marie,

C'est assis dans une gare remplie de monde, un homme au téléphone plutôt bruyant à ma gauche, un autre sentant la transpiration à ma droite, et quelques notes de piano se jouant dans le fond que je t'écris. Tu sais, ce morceau que tu aimais tant ? Et bien c'est assez drôle car quelqu'un est en train de le jouer. Je l'écoute attentivement en faisant abstraction du reste pour essayer de me souvenir et comprendre ce qu'il a pu signifier, peut-être y arriverai-je qui sait ?

Marie, ce prénom, ces notes... Je suppose que cela devrait me procurer des émotions, me rappeller avec nostalgie les moments que nous avons passé ensemble, lorsque j'étais quelqu'un d'autre, un garçon naïf et aimant. Pourtant il n'en est rien.
J'écris cette lettre à cette inconnue que je ne connais pas -ou plus- et que je ne connaitrai jamais. Parce qu'un simple concours m'a plus ou moins inspiré et donné envie de t'écrire, je suis là à essayer d'assembler des mots en y mettant tout mon coeur et mon ardeur et en écoutant ce morceau de piano qui devrait me faire frissonner, trembler, pleurer, hurler peut-être ! Mais rien à faire. Je n'y arrive pas.
Je ne sais pas à qui j'écris, cette lettre ne pourra jamais t'être réellement adressée car je ne sais pas qui tu es. Je t'ai aimé, on me l'a raconté, c'est sans doute vrai. Je crois que tu m'as aimé aussi et que nous étions heureux, on me l'a dit aussi.
Alors voilà Marie, même si je ne sais pas qui tu es, même si mon cerveau refuse de se souvenir de toi et que mon coeur ne connait pas cet amour que je t'apportais autrefois, je veux essayer de finir cette lettre. Parce que j'ai quelque chose à te dire que je ne pourrai jamais te dire en face.

Je sais que mes paroles n'auront jamais autant de valeur que si je pouvais me souvenir de toi, car j'ai l'impression d'être quelqu'un de différent que celui que tu connais, l'impression d'être quelqu'un qui ne t'as jamais aimé. Alors je vais dire ce que j'ai à dire en tant que ce nouveau moi, et même si tu ne recevras jamais cette lettre, je le fais pour pouvoir continuer à avancer.

Tu sais, je me suis toujours demandé qui tu étais, et comment pouvais-je t'avoir oublié. Je culpabilise beaucoup en pensant à ce que nous pouvions être et à qui je suis maintenant pour l'avoir oublié. C'est comme si j'étais parti en même temps que toi et que quelqu'un d'autre avait pris place dans mon corps.
Pourtant je me rappelle de l'avant, je me rappelle de l'après. Donc quelque part je suis toujours la même personne...
Alors pourquoi, pourquoi ta simple personne ne me revient pas à l'esprit ? Pourquoi nos moments passés ensemble refusent de se dessiner dans mon crâne ? Même tes adieux ne veulent pas s'asseoir dans ma conscience.
Malgré ce qu'on dit, le coeur est irremédiablement lié au cerveau, si l'amour provenait réellement du coeur, alors je serais un monstre de ne rien ressentir pour toi. Mais en attendant je vis en étant ce moi qui ne te connais pas. C'est sur ça que je veux te dire quelque chose, sur ma vie.

Tu vois, je ne te connais pas, je ne t'aime pas, je ne te déteste pas non plus, mais je vis pour toi.
Je vis pour toi et je veux vivre pour toi, car je ne peux m'empêcher de me dire que c'est que tu aurais fait si la mort m'avait choisi moi plutôt que toi. Même si je ne me souviens plus de ta personne, de notre amour, de toute notre vie ensemble, de la manière dont tu es partie, de cette douleur et de toutes ces larmes versées; je sais que tu as vécu, je sais que ce que je ressentais pour toi était très fort, je sais que tu as existé et que j'existais grâce à toi. Tu es la clé de mon passé, je ne peux pas te renier.

J'éspère pouvoir rencontrer plein de monde, plein de vies différentes que la notre. Car on m'a dit que tu aimais ça, la vie humaine, que les histoires et le vécu des gens te faisaient rêver. La vie te fascinait.
Alors si la vie à un sens, je veux le connaitre, et ce même sans toi. Je veux découvrir ce que la vie a de si belle. Il parait que tu trouvais l'être humain magnifique, je suppose qu'on devait constament être en désaccord sur ce sujet, car aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours détesté l'être humain. Peut-être m'avais-tu fait changé d'avis ? Je l'éspère, en tous cas je me battrai pour changer d'avis et te donner raison.

Parfois je me dis que tu as mille raisons de plus que moi de vivre, mais renoncer à la vie serait comme te cracher à la figure. Je sais que nous n'avons pas choisi ce qui s'est passé et que nous ne pourrons pas remonter le temps et empêcher ta mort d'arriver. Mais si tu savais le nombre de fois où je souhaite inverser nos rôles ! Si il y a un sens à la vie, alors pourquoi celle qui l'aimait est partie à la place de celui qui la détestait ?

Sans même te connaitre, je sais que tu étais quelqu'un de lumineux. On le disait et on le dit encore. Même sur les photos tu sembles si radieuse. J'aimerais tellement te connaitre actuellement ! Au moins me souvenir...

Voilà, le morceau de piano est fini, je n'ai pas encore pu me souvenir de ce qu'il pouvait signifier, mais ma vie continue.

Un jour je me souviendrai de qui tu es et de pourquoi je t'aimais. Evidemment, j'aimerai d'autres personnes, j'ai aimé d'autres personnes ! Mais tu resteras la fille incroyable que mon coeur a choisi d'aimer à un moment donné, tu es mon premier amour et celle qui est morte dans mes bras alors que j'aurais pu mourir, donnant un tournant à ma vie, me faisant vivre. Je veux porter ta mémoire le plus longtemps possible même si je n'ai pas ton amour pour ce monde que tu as quitté trop tôt. Je te considèrerai toujours.
Je t'ai aimé.

Alexis
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Hello ! 😀

J'étais super en panique parce que j'ai commencé à écrire direct après avoir lu l'annonce du concours et c'est seulement après que j'ai vu pour la date limite, heureusement qu'il y a ce problème de jury qui me permet encore de poster. 😌

Bref, voilà ma petite participation :

Sacha,

T’as certainement cru que t’hallucinais en voyant mon nom affiché sur l’enveloppe en papier. Non, ça t’as très certainement pris deux à trois minutes pour te remémorer mon identité. Tu te souviens de moi Sacha ? Je suis le type un peu bizarre qui a crié ton nom en plein milieu du rayon bazar. Tu t’en rappelles même pas, hein ? Moi si. C’était probablement un lundi après-midi, premier jour de la rentrée ; On s’était brièvement croisé alors que tu rigolais comme un demeuré. Je me rappelle t’avoir trouvé carrément con sur le moment, peut-être même que tu l’étais vraiment, tout autant que les deux débile qui rigolaient eux aussi en te suivant. Ça te revient maintenant ? Ouais, c’est bien moi, le type qui pleurait tout le temps.

J’espère que tu vas bien, que t’es heureux avec Justine. Ouais je connais son nom, son visage aussi. Elle est belle. J’ai regardé les photos beaucoup trop souvent.

Je pense que tu t’en doutes maintenant, mais si toi tu m’as oublié, moi non. On s’est côtoyé pendant combien de temps, un an ? Même classe, même groupe de potes, presque le même quartier à un moment puis t’es devenu mon meilleur ami. Tu disais que j’étais le tien, aussi, mais en y repensant je me demande lequel de nous deux a le plus menti.

Si c’était pas déjà le cas, maintenant tu dois te demander pourquoi je t’écris. C’est simple : je veux savoir.

On va pas se mentir, je sais que tu sais. Tu peux vraiment pas être si con que ça, surtout quand pour être honnête, tout est de ta faute à toi. Ouais Sacha, ta faute. Tout ce que je voulais moi, c’était être un ton ami, ça m’aurait suffit, juste faire partie de ta vie. Mais t’étais plus malin que ça, n’est-ce pas ?

Dis-moi pourquoi. Pourquoi tous ces regards ? En plein milieu du cours, en plein milieu de mes yeux. Des secondes, des minutes, toujours ce petit sourire au coin de tes lèvres. T’aimais ça, hein ? Savoir. Pourquoi ces petits mots glissés l’air de rien ?

« Parce que tu m’aimes. » Je parie que tu te souviens même pas avoir prononcé ces quatre mots avant d’empoigner le guidon de ton vélo. J’avais rarement eu aussi peur de ma vie, alors que toi t’avais l’air serein, avec ton petit sourire en coin.

Je me rappelle ce jour où j’avais décidé de ne plus te parler. Le moment où j’ai commencé à penser que je me ferais rien de plus que des idées. C’était en début de matinée, toute la classe ne parlait que de la manière dont tu t’étais fait rembarrer. Ça devait être humiliant que tout le monde soit au courant, mais moi je m’en foutais, j’étais pas celui que tu voulais. Fin d’après-midi, début de soirée, t’arrives finalement à me chopper près des casiers. Tu m’avais bloqué le chemin, pas d’échappatoire pour ta proie. Mon dos et tes mains contre le mur, on aurait dit cette scène un peu clichée où le bad boy en carton essaye de pécho la vierge effarouchée dans le film anti-féministe surcoté. « Pourquoi tu me parles plus ? » T’avais murmuré, mais j’avais pas répondu. A quoi bon ? T’avais ta foutu main qui me caressait la joue. T’avais déjà gagné, j’étais déjà perdu. T’aimais ça, hein Sourire-En-Coin ? Pouvoir.

On a continué comme ça toi et moi, jusqu’à ce que je parte. Est-ce que je te manquais ? Tu me manquais. Trois années à des villes éloignées, sans vraiment se parler. Puis on s’est retrouvé durant cette soirée, pour célébrer la transition vers le lycée, célébrer le jour où tu t’en allais. Je savais pas où je mettais les pieds, surtout que j’avais eu de mal à trouver, mais finalement quand je suis arrivé t’as été la première personne sur laquelle je suis tombé. Je me rappelle. Une fraction de seconde pour me détailler de la tête aux pieds, j’avais changé. Toi aussi. T’étais beau putain. Tu l’es toujours. J’avais l’air de quoi à côté ? Tu m’a serré la main, j’ai su que t’étais content de me voir, je l’ai su à ton regard. D’ailleurs, tu m’as pas lâché de la soirée, peu importe où j’étais, peu importe à qui je parlais. Je savais. Pas besoin de me retourner pour savoir où ton regard était posé. Plus de sourire en coin. Peut-être que t’avais arrêté de jouer. Peut-être que j’étais plus ton jouet préféré. Peut-être que t’avais enfin réalisé.

Est-ce que tu réalises, maintenant ? Ton impact, tout l’effet que tu me fais. Ça fait combien de temps maintenant ? Six ans ? J’ai envie de te rassurer, de te dire que mes sentiments pour toi se sont envolés, mais ce serait pas tout à fait vrai, sinon je serais pas en train de les coucher sur papier. La vérité c’est que je suis au bord du changement, je suis tout juste sur le point de réellement avancer, de faire le grand voyage vers de nouvelles contrées, mais ce sont tes mains qui retiennent le billet.

Tu veux savoir le plus drôle ? C’est que mon billet j’ai dû trouver un autre moyen de le récupérer, parce que c’te lettre tu ne la liras jamais. Je l’aurais même pas écrite sans ce foutu concours et là je peux même pas m’empêcher de me demander pourquoi. Pourquoi toi ? Des choses, j’en ai à raconter, ça m’explique pas pourquoi je te choisirais. Toi tu ne l’as pas fait. Pourquoi Sacha ? Six ans après. Pourquoi toi ? T’es qui toi ? Pourquoi t’aurais encore un tel pouvoir sur moi ?

Dis-moi.

Amicalement,
Curtis.
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Bonsoir à tous !

Tout d'abord petit message pour dire que nous ne vous avons pas oublié, les jurés ont presque fini leur évaluation de vos créations.
Il ne nous reste plus qu'un temps de délibération qui ne saurait tarder pour découvrir qui sera l'heureux gagnant :).

Outre cela, je te prierai Melocéan de bien vouloir éviter le double post et le flood sur un topic. C'est un "concours d'écriture" qui sous entend une proposition et une évaluation. Si tu ne veux pas jouer selon les règles d'un jeu parce qu'il ne te plaît pas tu n'y joues pas ;)

En revanche, rien ne t'empêche de créer un autre topic librement inspiré du sujet du concours dans lequel certains membres ainsi que toi publieraient ces lettres que vous n'oseriez jamais envoyer. Ce serait une chouette idée et je suis sûr que tu ne serais pas tout seul :)
Maintenant que c'est dit, je préfère te prévenir que chaque lettre que tu publieras sur ce post sera supprimée étant donné qu'il n'est permis de proposer qu'une seule lettre/participation ! Ce ne serait pas juste pour les autres participants que tu puisses en proposer plusieurs !

Bien à toi, et bien à vous chers littérateurs,
Et à bientôt pour les résultats :)
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Bonjour ! Je pense participer moi aussi :D
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Je vais m'y essayer, pour la beauté du geste o/
Elargit donc la liste des participants.
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Bonjour !
Eh bah écoutez, moi qui pensais à l'origine que mon concours ferait un certain flop, je suis plutôt content.
Normalement, le concours est fini donc je devrais vous dire d'attendre un peu et de participer au prochain. Mais, comme nous n'avons pas tous fini de corriger et que nous n'avons pas établi qui était le vainqueur, on peut tout à fait il me semble vous laisser participer. (d'autant plus que ça n'est pas du temps qui vous est accordé en plus, puisque vous découvrez le sujet tout deux...)

Toutefois, je vous demanderai d'essayer d'envoyer votre participation au plus tôt (sans la bâcler bien sûr), afin que ceux qui sont inscrit au concours depuis le début ne voient pas leur attente prolongée indéfiniement !

Bon courage en tout cas ! :)
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11 remerciements
Modérateur
J'approuve totalement la décision de Laera si les délais sont raisonnables. Et non je ne dis pas ça pour ***** le jury :o
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J'ai baclé. Balai couilles :y.

J'aurai pas de réponse, toi même peut-etre tu tentes aussi la chose, sans réponse non plus. Et si tu essayes de dialoguer par le rêve, sache que je ne parle pas le rêve du moins si j'en vends, je ne le parle pas, c'était une de tes finesses dont je n'ai pas hérité. Finesse que j'ai ravivé en leur contant ta légende, le sensible, le fragile, l'émotif, le miroir avec fond. J'ai jalousé, j'ai fais mumuse avec les débris de ma personne pour dévier leur attention mais rien n'a fait. Ironiquement. Je ne sais pas si tu es endormi ou mort, mais c'est maintenant que le monde te fournit tant ce que tu demandais avant de te fermer. A savoir si tu es parti trop tôt ou si tu as fais ton devoir dignement, tout ce que je sais c'est que je semble lassé, à gesticuler et m'agiter comme un imbécile heureux, j'épuise les consciences, la mienne est infatigable. Et inutilisable. Mais bon je vais pas te faire le briefing, tu recois sans doute rien mais tu es conscient de ce que tu as laissé, tu as été un bon... « père » je pense..Me regarde pas comme ca ! C'est juste que je suis heureux, je baigne dans le bonheur comme un nuage dans un ciel estival et de ton côté t'as trainé les pieds nus dans la gadoue pendant 15 ans. Tristement. Et moi comme un con, j'essaie presque de te ramener en t’appâtant avec des chaussures.


Reviens un de ces jours quand même, t'as changé, j'ai changé, le temps a fait son travail, on est tout les deux à même de mener une vie concise et sans accro, je me calmerai un peu, ton hypersensibilité s'est sans doute calmé et si il faut je suis là. Je suis toujours là de toute facon. Je te tends la main, je crois que j'ai pas fais ca depuis..j'ai jamais fais ca en fait, oui j'ai pas été un ange en ton absence mais je suis heureux je te le jure. Toujours souriant, toujours motivé, tout ca. Cette opportunité je te la laisse pour le restant de ma vie possible avec toi et si tu te réveilles après la mienne et bah tu reprendra ton vrai rôle..c'est un peu ta place ici quand même et puis je sais me débrouiller seul.

Tu m'as appris à faire comme. Même si j'aurai encore voulu apprendre à tes côtés, t'es bien plus à même de profiter d'une existence dans ce monde, y'a tant à faire pour celui qui sait sincèrement vivre, j'envierai presque un pleurnichard..aha...mais entre nous, celui qui doit être laissé pour mort ou endormi, si un jour je sais ce que tu es, c'est moi. Tu manques et j'aimerai savoir que ton « fils » illégitime te manque aussi.
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Yup ! Des news des résultats et du prochain sujet ? Y'a de super productions. Chapeau ! Ça donne envie de participer.
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Beau thème, j'aurai aimé participer ;)
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Coucou à tous , j'ai été sollicité il y a 3 jours pour être le dernier Jury. Je fini, au moment où je vous écrit, de corriger la dernière lettre sous la chaleur ambiante et le soleil de plomb. Les résultats devraient venir relativement bientôt ! :)
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