Nouvelle enquête de l'IFOP sur la sexualité

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Voici une étude de l’IFOP du 16 décembre 2016  très intéressante sur la sexualité, car elle actualise nos données notamment sur la proportion de gays, lesbiennes et bi dans la population parisienne en contrepoint de la population nationale. L'étude a été commanditée par un site de rencontre porno live.

Je conseille vivement de télécharger l’étude complète pour  consulter le chapitre complet B sur l’orientation sexuelle.

La base de l’étude est constituée d’hommes et de femmes âgées de 18 à 69 ans de 2000 Parisien(e)s, ayant déjà eu un rapport sexuel.

On y apprend notamment que 19% des Parisiens se définissent comme bi ou homo (contre 11% au niveau national). Les Parisiennes homo ou bi sont 5% (contre 3% au niveau national).

27% des Parisiens ont déjà eu un rapport sexuel avec un homme (contre 17% à l’échelle nationale).

Chez les hommes célibataires :

28% des Parisiens célibataires se définissent comme bi ou homo (contre 19% chez l’ensemble des Parisiens).

36% des Parisiens célibataires ont déjà eu un rapport sexuel avec un homme (contre 27% pour l’ensemble des Parisiens).

Chez les femmes célibataires :

14% des Parisiennes célibataires ont déjà eu un rapport sexuel avec une femme (contre 9% à l’échelle nationale).

Autres statistiques :

9% des Parisiennes de moins de 25 ans, se définissent bi ou homo (contre 5% chez l’ensemble des Parisiennes).

25% des Parisiens et Parisiennes résidant dans le 4ème arrondissement se définissent bi ou homo.

Lien vers l'enquête IFOP

Lien vers l'article Yahoo


photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Je pense que la proportion d'homos exclusifs n'a pas dû beaucoup varié au niveau national (quoique ça reste à démontrer), mais que celle des hommes hétéro osant essayer des rapports homosexuels a pu augmenter. Ce serait intéressant de trouver d'autres statistiques au cours du siècle précédent pour comparer. J'avais déjà consulté le rapport Kinsey datant de 1948 et celui de Shere Hite sur les hommes de 1983, mais je ne me souviens plus des chiffres. Si j'ai le temps, je regarderai.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
il serait utile de connaître le mode de questionnement qui à permit de faire ces statistiques, car comme on sait, le sens de la question ouverte ou fermée dirige un type de réponse différente pour chaque personne...

exemple de question posée à un homme : êtes-vous sensible à la beauté masculine ?
                                                                                           ou
                                                                 êtes-vous attiré par la beauté masculine ?

la réponse peut être oui dans les deux cas, mais la motivation de ce oui peut-être très différent...

de plus le cadre où cette étude a été faite, de façon anonyme par questionnaire auto-administré,  
ne donne -t-elle pas aussi une forme de réponse objective et factuelle, qui supprime la notion de désir entretenu sans passage à l'acte...?

enfin, sans aller jusqu'à invoquer le paradoxe de Yule-Simpson, il serait intéressant de remonter la filière de présentation de ce questionnaire, et surtout savoir si le décompte des résultats prend en compte les circonstances de ce passage à l'acte...

mais bon c'est déjà une étude qui marque une évidente évolution dans la reconnaissance de la sexualité homosexuelle, comme mode de comportement avouable, ce qui est une bonne chose pour les nouvelles générations qui n'auront plus à culpabiliser...si cette tendance trouve son équilibre et sa lisibilité sociale...

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Citation de Gilou03 : il serait utile de connaître le mode de questionnement qui à permit de faire ces statistiques, car comme on sait, le sens de la question ouverte ou fermée dirige un type de réponse différente pour chaque personne... exemple de question posée à un homme : êtes-vous sensible à la beauté masculine ?                                                                                            ou                                                                  êtes-vous attiré par la beauté masculine ? la réponse peut être oui dans les deux cas, mais la motivation de ce oui peut-être très différent...


oui, ce serait intéressant de connaître les questions de ce sondage pour savoir s'il y a des biais d'interprétations. Normalement, l'IFOP étant un institut de sondage sérieux, ces biais de questions ne devraient pas exister.

Citation de Gilou03 :
de plus le cadre où cette étude a été faite, de façon anonyme par questionnaire auto-administré,   ne donne -t-elle pas aussi une forme de réponse objective et factuelle, qui supprime la notion de désir entretenu sans passage à l'acte...?


Ce qui est clair, c'est que le sondage porte sur les personnes ayant eu au moins un rapport sexuel. Les homos/bi n'étant pas encore passé à l'acte sont invisibles pour le sondage, de même que les hétéros curieux n'ayant que des fantasmes homo occasionnels. Cela expliquerait sans doute pourquoi des rapports plus exhaustifs comme ceux de Kinsey en 1948 aux Etats-Unis, ont montré que les proportions d'hommes ayant eu des rapports ou des fantasmes homosexuels, ou encore des pratiques homo érotiques dans leur vie étaient beaucoup plus importantes.

Citation de Gilou03 :enfin, sans aller jusqu'à invoquer le paradoxe de Yule-Simpson, il serait intéressant de remonter la filière de présentation de ce questionnaire, et surtout savoir si le décompte des résultats prend en compte les circonstances de ce passage à l'acte...


Ce serait intéressant en effet, mais je pense que ça sortait du cadre de l'étude. Dans le fond, ce qui est surtout intéressant, c'est l'existence de rapports homosexuels (quel qu'en soit le motif) parmi les populations dites hétérosexuelles...même si ce n'est pas une surprise.

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Citation de Steph4190 : C'était pas info sida....mais INPES INSERM......voici le lien pour ceux qui veulent participer à ce sondage / test oui c'est en 2 parties il y a d'abord un sondage et pour ceux qui veulent participer à une campagne de dépistage....c'est la seconde partie avec des tests gratuit.....a vous de voir! le lien: https://teste-toi.fr/v3t


Merci, je vais regarder ça. Comment sais-tu que ce sont les mêmes questions que pour le sondage IFOP ?

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
oui merci Enneathusias de cette source d'information, qui nous fait réfléchir sur la visibilité de l'acte sexuel homosexuel, comme une des voies d'accès à la connaissance de ce qu'est l'homosexualité dans l'ensemble de ses facteurs comportementaux...
 
ce qui m'intéresse hautement plus d'ailleurs...  

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Citation de Steph4190 : Les questions posées par l'ifop sont notées en haut de chaque page du pdf détaillé....


Oui, tu as raison ;-)
Donc pas d'ambiguïté sur les questions, mais un champ d'investigation ne tenant pas compte des fantasmes.

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Citation de Steph4190 : Citation de Enneathusias : Donc pas d'ambiguïté sur les questions, mais un champ d'investigation ne tenant pas compte des fantasmes. Ce serait compliqué de prendre en compte les fantasmes de certains... mdr!


C'est pas faux ! ^^
mais on peut imaginer une question toute simple : "avez-vous déjà eu des fantasmes homosexuels ?"
D'ailleurs, c'est ce qu'a fait Kinsey. Une de ses découvertes, c'est qu'en réalité, la sexualité est un continuum entre les deux pôles qui sont l'homosexualité exclusive et l'hétérosexualité exclusive qui sont avant tout des constructions sociétales. La plupart des gens se situent, en réalité, entre les deux. Simplement, leur "part d'homosexualité" est plus ou moins refoulée et plus ou moins fantasmée. L'image sociale de l'homme et de la virilité faisant pression sur l'imaginaire et la représentation identitaire de chaque individu.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
non pas si compliqué que ça Steph...

nous partons d'un prédicat factuel du passage à l'acte comme marqueur d'une orientation, mais qui nous dit que la conscience humaine dans son ensemble n'est pas arbitrairement réduite et donc délimité par ce référencement sexuel...

perso je pense que la qualification de notre comportement naturel, "hétéro" ou "homo" est au delà de cette dimensionnalité psychophysiologique, qui nous nommons sexualité...

tout à fait d'accord avec toi Enneathusias...

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
sans doute, tu a raison Steph, mais le but de ces sondages est parfois double, et leurs répercutions a parfois été de ce fait, négligés ou interprétés dans une direction partisane...

car il y a en tout sondage une double conséquences, celle de vérifier une tendance par un procédé impartial, et en même temps de relativiser une opinion qui reste très floue quant on est à la dimension d'un pays...

le sondage reste une quantification qualitatif, on aimerait qu'il soit plus souvent une qualification de telle quantité...c'est à dire qu'il nous aide à voir "quel est le fait qu'il sonde"...

c'est pourquoi il est indispensable de bien lire les circonstances du sondage, ses lignes de forces et surtout ce qui contribue réellement à la lisibilité du sujet, sachant de quelle manière il est abordé...

photo de l'auteur Urukan
Urukan
Homme de 29 ans
Bruxelles

1 remerciement
Ces chiffres me semblent un peu aberrants au regard d'autres études que j'ai déjà pu voir.

photo de l'auteur Urukan
Urukan
Homme de 29 ans
Bruxelles

1 remerciement
ouhlala, j'en ai vu quelques-unes mais je ne pourrai pas te diriger vers l'une ou l'autre.

La dernier article que j'ai lu sur le sujet estimait que comme en Angleterre, la population homosexuelle serait de 1%. Avec le cas particulier de Paris ou les 25-50 ans (quelque-chose comme ça), avec bac+2 minimum, sont à 13% homosexuels.

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Merci pour le partage.

Je suppose qu'il s'agit bien de Paris intramuro, ses banlieux pouvant être plus proche de la France profonde et laborieuse mdr, quoiqu'il y ait probablement un effet d'entrainement, qui se retrouve dans les stats du VIH. Je ne sais pas comment ils vérifient la véracité de la localisation, l'internet est le champion toute catégories de la triche des profils.

Il n'y a pas de grosse surprise pour les gays même si c'est vrai que ces stats apparaissent un peu optimistes, Paris et plus généralement les grandes villes les a toujours attiré pour leur anonymat, l'effet de masse, et la facilité des rencontres.

Plus impressionnant est la franche surreprésentation des musulmans gays habitant Paris. L'Ifop l'analyse apparemment aussi comme un échappatoire à l'homophobie. C'est probable, malgré le fait que culturellement les musulmans HSH se définissent plus difficilement gays.

On aurait probablement le même style de surprises si on connaissait à l'échelle mondiale le taux des HSH chez les musulmans qui se disent hétéros, avant la montée du conservatisme musulman pour beaucoup d'hétéros c'était un mec ou rien. Maintenant qu'il existe le risque de se faire publiquement lyncher ou croupir en prison cela calme probablement un peu les ardeurs sexuelles, ou pousse à visiter Paris ou Bangkok pour les filles mais pas que.

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Le mode d’administration des questions influe sur les résultats, selon que le questionnaire est présenté par un interlocuteur (peur du jugement par exemple, image projetée) ou auto-administré en ligne, comme c’est le cas ici (moins de réticence grâce à l’anonymat). Ce qui peut expliquer en partie des différences de résultats.

Une autre raison est liée aux tranches d'âge prises en compte. Dans le sondage que je rapporte dans mon premier post, l'échantillon porte sur les 18-69 ans, alors que ce n'est pas forcément le cas de tous les sondages qui tiennent compte aussi des plus de 69 ans.

D’autres sondages de l’IFOP sont présentés sur Wikipédia :

«[…] D'après un sondage de l'IFOP pour Têtu en 2011 (questions auto-administrées en ligne, enquête portant sur 7 800 français de la population générale), il apparaît que 3 % des sondés se définissent comme homosexuels et 3,5 % comme bisexuels (mais toujours moins de femmes que d'hommes). […]»

«[…]  En 2014, une étude de l'IFOP propose les chiffres suivants : à l'échelle nationale, 7 % des hommes et 1 % des femmes interrogés se définissent comme homosexuels […] »

Ces études portent sur des personnes de 18 ans et plus (donc plus de 69 ans).

J’aimerais citer dans cette dernière étude de 2014 de l'IFOP, rapportée et commanditée par le magazine Marianne en page 2 du document que :

« […] Les rapports bucco-génitaux sont consensuels, étant pratiqués par 87% des Français. Il est arrivé à 58% des hommes et 41% des femmes d’avoir une relation pour une nuit seulement. La sodomie autrefois acte « contre nature » par excellence, séparant les hétérosexuels des homosexuels mâles, est ou a été pratiquée par 51% des gens, passant donc de 1% le seuil de la légitimité démocratique. […] On comprend mieux l’acceptation générale de l’homosexualité, qui n’est désormais plus séparée de l’hétérosexualité par l’usage du corps.
Homosexualité ou bisexualité restent des préférences minoritaires (6%), tout comme l’amour occasionnel avec une personne du même sexe (13%) ou avec plus d’un partenaire à la fois (15%). On note bien un basculement générationnel, l’homosexualité et la bisexualité passant de 6% chez les hommes de plus de 65 ans à 12% chez ceux de 35-49 ans, mais la progression s’arrête à ce niveau pour les plus jeunes. Même progression, même arrêt, de 1% à 4% chez les femmes. La différence entre les sexes se stabilise donc aussi, l’homosexualité ou la bisexualité restant trois fois plus fréquentes chez les hommes. […] »

Ce que je trouve particulièrement intéressant c’est que l’étude montre que les dernières générations semblent plus souvent homo ou bi que les générations précédentes (de plus de 65 ans).

Ce qui explique aussi pourquoi les chiffres de la dernière étude de 2016 sont plus importants que les précédentes portant aussi sur les plus de 69 ans.

Pour ma part, je pense que l'apparent plafond de 12% décrit par l'article de 2014 est le reflet de l'arrêt de la progression de l'acceptation des LGBT par la société. Si la société continuait à progresser dans l'acceptation LGBT, ce chiffre continuerait probablement à augmenter.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Enneathusias  merci pour le "décryptage" spécifique des facteurs de positionnement LGBTi et hétéro quant à ces sondage...
et en conclusion tu nous dit :
"Pour ma part, je pense que ce qui (marque) l'apparent plafond de 12% décrit par l'article de 2014 est le reflet de l'arrêt de la progression de l'acceptation des LGBT par la société. Si la société continuait à progresser dans l'acceptation LGBT, ce chiffre continuerait à augmenter."

sans doute mais vers qu'elle stabilisation quantitative des personnes LGBTi...

car lorsque l'on commence à voir des distinctions de comportements sexuels d'une partie de la population d'un pays comme le notre, n'est-ce pas aussi un signale de refuge dans la sexualité comme consommation...?

je m'explique, ces sondages quantifiant ces formes de pratiques sans relation affective, sont - ils le signe que les personnes LGBTi sont plus libre dans leur vie relationnelle, ou bien que la consommation de masse vient aussi s'immiscé dans le domaine sexuel, comme facteur multiplicateur...?

c'est pourquoi j'avais émis la possibilité d'une autre recherche de ce qu'est réellement l'homosexualité, en la regardant hors sexualité...


...mais cette recherche est-elle possible ou même simplement justifiée ?

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
Les variations générationnelles sont indicatives d’une certaine décrispation quant à la question homosexuelle dans son aspect sexuel, mais aussi dans son aspect affectif.

Ces sondages n’évoquent pas seulement la relation sexuelle en tant que telle, mais aussi la définition de soi en tant qu’homo ou bi, donc en tant qu’orientation affective homo ou bi. Or cette part a augmenté d’une génération à une autre.

Par ailleurs pour ce qui est des personnes qui se définissent comme hétéros et qui ont eu une relation homosexuelle, il n’est pas précisé s’il s’agissait d’une relation purement sexuelle (une simple aventure) ou d’une relation amoureuse et sexuelle.

La société de consommation contribue peut-être à la multiplication des aventures, mais aussi par là même, peut-être, à explorer et découvrir d’autres aspects affectifs de soi, de se découvrir capable de tomber amoureux d’une personne de même sexe.

Pour quantifier cela, il faudrait davantage de questions ciblées.

photo de l'auteur Enneathusias
Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

105 remerciements
tu as visé dans le mille, moi c'est Jean-Pierre F.... (tu m'as souvent vu)...ET oui, je cache bien mon jeu et je me suis juste un peu rajeuni ^^

Plus sérieusement, ce que tu dis est vrai et au départ, je voulais juste montrer ce sondage :-) mais je suis toujours intéressé par les rapports d'influence entre la société en particulier et l'orientation sexuelle. Car si la proportion apparente d'homos et de bi augmentait, comme cela semble être le cas,  avec l'intégration des LGBT dans la société et la banalisation de ce type de relations, alors ce serait une information intéressante. Il ne faut pas oublier que c'est la première fois dans notre Histoire que les LGBT atteignent un tel niveau de reconnaissance sociale, du point de vue des droits (pacs, mariage,  adoption au sein d'un couple LGBT marié), de la représentativité médiatique, etc. et ce, même s'il y a encore BEAUCOUP de chemin à parcourir. Donc, je trouve personnellement intéressant de suivre l'évolution éventuelle des stats en parallèle de l'évolution des moeurs.

photo de l'auteur Urukan
Urukan
Homme de 29 ans
Bruxelles

1 remerciement
putain

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
URUKAN que veux dire ce "putain" ?

Pour participer à ce sujet, il faut être obligatoirement inscrit