t'es pas plutot bi? t'es sortie avec des mecs avant

Mawalou

Salut salut

je me suis amusée à me faire une petite liste des petites phrases d'homophobie ordinaire qu'on me sortait le plus souvent et comment y répondre et je suis tombée sur une phrase épineuse:

"t'es pas plutôt bi? t'es sortie avec des hommes avant"

Et cette phrase je la deteste entre toutes parce que je trouve super difficile d'y répondre/ d'expliquer.

Non pas que cette phrase vicieuse me fasse remettre ma sexualité en question mais j'étais curieuse de savoir comment vous y répondez (ou auriez répondu) :)

Hâte de lire vos suggestions 💜

Membre Anonyme - modifié par SuzanneTD le 25/03/2020 - 22:07:26

"T'as des mômes , t'es sûre d'être lesbienne ?!"

Arffff ....

A+

Aislinn

Bonsoir:

Pression socio familiale, temps nécessaire du coming in avant le coming out, confort de la vie "normale" cad hétéro,autant d' arguments à répondre et expliquer

Membre Anonyme

Ce qui est légitime , c'est d'arriver à saturation de toujours devoir "expliquer" .

Se justifier en tout est assez gonflant , au fil des ans .

Bonne fin de soirée à vous tous :)

Ayyys

Bonjour Mawalou,

Etant bisexuelle, je reçois hélas encore aujourd'hui de très nombreuses remarques du genre.

Mais dans ton cas, j'aimerai juste dire, que je trouve cette question très illogique, et donc facile à déconstruire :) En effet, on est pas toute certaine de notre identité sexuelle dès le départ. Savoir dès le départ qu'on préfère les femmes, est une chance, mais c'est aussi je pense plutôt rare ? (à débattre)

Plus jeune, tu t'es cherchée. Je trouve cela plutôt sain. Maintenant tu es sùr ? Tu as pu comparer et mieux te comprendre ? Au final tu t'es trouvée ? C'est l'essentiel. Répond que tu as cherché et trouvé ton bonheur :p :)

.. j aimerai dire que nous n'avons pas à nous justifier. Mais c'est vrai que ça arrive souvent :) :) :) en espérant avoir aidé.

Bises

Mawalou

Surtout qu'il y a pas à se justifier, on a pas fait de bêtises, on est pas en tord.

Maintenant je cherche plutôt des punchline à répondre à ce genre de phrase, histoire que s'ils comprennent pas la bêtise de leur parole au moins ça leur coupe la chique

JustMe - modifié par JustMe le 26/03/2020 - 15:43:16

C'est tellement énervant d'avoir la sensation de devoir se justifier !

Tu peux répondre qu'il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis ! 😄

W0nderwOOman

Je ne me suis jamais retrouvée dans une situation où je me suis sentie obligée de parler de mon orientation amoureuse/romantique/sexuelle entre la poire et le fromage. Les gens - je parle de ceux que je ne fréquente pas - ne m'ont jamais posé des questions inattendues dessus. Mes ami·e·s et les personnes de ma famille ne m'ont jamais emmerdée avec des questions relous.

Je me rappelle juste d'une ancienne collègue, un peu trop curieuse à mon goût, qui m'avait demandé une fois si je n'avais pas quelque chose à révéler. Je voyais très bien de quoi elle parlait :-) mais j'ai botté en touche sans état d'âme. Elle n'a pas insisté. Au fond d'elle, elle a bien compris que ça ne la regardait pas...

Kitsune

le truc qui m'a agressé grave, c'est le "mais comment tu peux savoir que tu aimes les femmes vu que tu n'as jamais gouté aux hommes "

aujourd'hui, la question ne se pose plus vue que je suis trans.

Frango

Bonsoir Mawalou…….et bonsoir à toutes !

Je viens m’immiscer dans votre « conversation de filles », car bien que cette question vous agace, la situation est quand même envisagée et presque « bienveillante »… !

Je m’explique ; les LGBT sont (presque) bien admis dans notre société, en 2020.

Il y a même des lois qui nous défendent, ou tout au moins, qui punissent ceux qui voudraient nous priver de nos libertés premières. Et là, vous vous dîtes : « Ben, heureusement ! ».

Oui, mais… Parce qu’il y a toujours un « mais ». Mais quand, comme certains ici (dont moi), avons eu 20 ans dans les années 80’, on ne te posait même pas la question et, si tu étais démasqué c’était, soit la bagarre, soit la dérision totale et sans limite… Alors, il fallait plutôt cacher ton « appartenance » à la communauté LGBT (d’ailleurs ce mot n’existait pas).

Mais petite anecdote ; ce qui me gavait particulièrement, mais qui n’était vraiment pas méchant => lorsqu’on faisait des fiestas avec des copains et copines, il est arrivé, quelques fois que, « comme par hasard », je me retrouve à côté d’une jolie jeune fille célibataire comme moi… Là, il fallait gérer pour s’en sortir « vivant ».

A cette époque, personne ne pouvait imaginer que je pouvais être gay, ou personne ne m’en parlait. C’était une forme « d’homophobie passive », difficile à vivre parfois…

Bonne soirée, Frango.

SensetVie

Hello 🙂 ,

Je suis d'accord avec le fait que personne ne devrait avoir à se justifier de qui elle est, ni de ses choix. Mais en vérité on est souvent amener à le faire (ou à se le voir demander) et c'est compréhensible. Tout le monde n'a pas la même ouverture d'esprit et ce qu'on ne connaît pas (parce qu'on n'y a pas été confronté, parce que qu'on ne s'y est pas intéressé...) effraie souvent. Des gens ont besoin de comprendre ou d'entendre des arguments pour accepter (la différence d'eux ou les particularités).

Je pense que ce genre de questionnement est à recevoir selon de qui il vient. Qu'en certaines circonstances il convient d'y répondre et en d'autres non.

Si cette question vient d'une femme avec qui on est susceptible de partager une relation intime, je peux comprendre qu'elle révèle en fait une inquiétude ou des appréhensions (surtout si elle manque de confiance en elle, ou si elle n'a jamais eu de relation avec une femme bisexuelle, ou si elle a eu une mauvaise expérience -trompée, quittée pour un homme etc.).

En somme : derrière cette question il y en a sûrement d'autres ! (Est-ce que tu peux te "suffire" d'une relation avec moi ? est-ce que sur la durée quelque chose ne va pas te manquer ? etc. etc.). Quelque part, la bisexualité peut mettre dans une certaine zone d'inconfort, de doute, de pression peut-être face à des attentes qu'on ne cerne pas précisément... Je ne sais pas. J'imagine !..

Et puis -venant- d'autres personnes, ça peut être de l'incompréhension, de la curiosité (qui peut être très saine et révélatrice d'un réel intérêt, d'une écoute), la volonté de comprendre "comment ça marche" cette sexualité qui peut sembler ambivalente et/ou indécise pour des personnes qui sont clairement attirée par un genre, un seul... Là encore je ne sais pas et j'imagine toujours.

Quant aux "punchlines", les meilleures sont celles qui viennent sur le moment en réponse à cette personne et à notre état du moment. La dérision peut convenir pour forcer le trait des préjugés et prendre du recul par rapport à ce qui peut agacer/blesser (ex : bah si, justement j'ai essayé les z'hommes mais pour le moment, j'suis pas convaincue...). Personnellement en toute chose, ou à tous sujets, j'aime bien les réparties dont l'interlocuteur ne sait immédiatement si c'est sérieux ou de l'humour, ça décontenance et ça montre l'absurde du propos.

Cela dit, je n'ai pas eu à en user moi-même. J'ai une attitude déterminée (je sais qui je suis et je l'incarne par une cohérence valeurs/actes/propos) tout en étant très discrète et réservée, respectant profondément tout le monde et sachant néanmoins m'affirmer au besoin, qui fait je crois qu'on évite de m'interroger ou me mettre mal à l'aise et qu'on essaye plutôt de me cerner ! Ce que je trouve ma foi bien pratique 😁 !!

Bref : je souhaite à chacune (et aux hommes bi, il n'y a pas de raison qu'ils ne soient pas confrontés à ce genre de propos j'imagine), d'accueillir ces questions le moins désagréablement possible et de trouver comment y répondre au mieux 😉

Au plaisir de continuer à vous lire...


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