Le syndrome d'Asperger (ou autisme de haut niveau)

Café du commerce


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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Le syndrome d'Asperger (ou autisme de haut niveau)

Bonjour,


Certain(e)s des membres de ce site sont-ils atteints par le syndrome d'Asperger? Si oui, quels faisceaux d'indices vous ont permis de privilégier cette piste? Avez-vous franchi le cap du diagnostic auprès d'une structure spécialisée (Cmp, CRA)? Si oui, une remédiation thérapeutique a-t-elle été proposé sous la forme de groupe d'habilités sociales par exemple? Comment vivez-vous cette particularité au quotidien?
Une myriade de questions cependant il me plairait d'en discuter avec vous :),

Simiesquement vôtre.
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Ancien membre
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Je ne suis pas asperger mais mon frère l'est. Je connais donc pas mal de choses sur le sujet si tu veux en parler :) pour lui ça a été detecté a son entrée en maternel car il s'est arrêté de parler du jour au lendemain et il s'est enfermé dans sa bulle ! Il est aujourd'hui traducteur et a réussi des études de haut niveau :) 
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Salut Pingouin,


Merci pour ta réponse :) ! En maternelle donc, il y a eu une detection précoce alors. Son trouble s'est-il attenué avec le temps?
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Ancien membre
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Oui car petit les symptômes de son handicap était très présents. Mais oui en grandissant ils se sont très  nettement atténués  ! :)
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Pour ma part, je suis suivi actuellement par une équipe pluridisciplinaire au Cmp de Villejuif (Psychiatre, neuropsychologue,
etc..). Outre les délais d'attente interminables, le personnel est adorable donc je ne me plains pas et puis immense avantage: la gratuité. Le psychiatre à déjà posé le diagnostic d'autiste Asperger sans l'once d'une hésitation, il semblerait que mon efficience intellectuelle quantifiée au test WAIS-IV (Quotient intellectuel) compense les déficits du trouble. Il a évoqué le terme "suradaptation", une sorte de vernis dont la fonction est de dissimuler mon syndrome. Bref, je suis toujours déboussolé par cette annonce surtout que je m'en sentais prémuni malgré le suspicions de mon entourage ^^ . Comme quoi :).
J'ai hâte désormais que l'on me délivre le compte-rendu et achever les évaluations neuropsychologiques afin de bénéficier d'une prise en charge adéquate!
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Ancien membre
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Le principal c'est d'être bien dans sa peau et d'être soi même ! Le terme "asperger" n'est qu'un mot qui définit ta "différence", en soit tu restes la même personne ! Apres il faut espérer que ça va t'aider à résoudre les quelques difficultés que tu as pu avoir du a ce syndrome. Ne te prend pas trop la tête avec ça, continue à vivre comme tu l'a toujours fait et sois heureux :)
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Ancien membre
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Hey!
En fait après avoir vu pas mal de reportages sur les autistes, je suis moi même à l'extrême limite d'en être un ! Mais pas dans le sens limite plutot dans le sens ordinateur / "génie" (non je ne me lance pas des fleurs je relate un fait.)
En fait c'est une précocité assez particulière qui fait que l'on pourrait le croire à la seule différence visible c'est que je comprends qu'une personne va mal juste en la regardant (chose qu'un vrai autiste ne peut pas comprendre... Les sentiments en général) meme si parfois cela reste assez flou pour moi. Bref. J'ai arrêté de lire / voir des choses sur les autistes par peur je crois ^^ mais pour toi ne t'en fais pas , tu peux vivre comme tu as toujours vecu! ^^
Si tu veux des explications etc viens me parler :p
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Bonsoir Mehdi,


Merci pour ton message bien que je le trouve un tantinet flou et confus.
Il y a un préjugé tenace véhiculée par la société occidentale, celui d'imaginer qu'un autiste Asperger est invariablement un être d'exception ou de génie doté de facultés hors-normes l'éloignant de facto du commun des mortels. Or cette image d'épinal est absurde à bien des égards car les Aspies ont souvent une intelligence dans la norme bien que la logique soit le fondement de leur raisonnement dans le quotidien (une logique atypique). De surcroît, il est délicat d'avancer que les autistes ( autisme de kanner par exemple) sont inaptes à lire les expressions faciales. Certes, ils ont des difficultés notables pour déchiffrer et réagir aux stimulus émotionnels en revanche ils font montre d'une empathie "sélective". Il y a un gap entre "incapacité" et "difficulté" ^^. Puis, l'autisme est un spectre avec par conséquent des milliers de nuances ( un degré de gravité qui varie d'un individu à l'autre) donc il n'y a pas de "véritable" autiste. Enfin, je me méfie comme la peste des auto-diagnostics. Ils sont souvent le reflet d'un sentiment dévoyé et tronqué que la personne a élaboré lors d'une récolte d'information que je considère trop sélective. D’où l'importance d'une démarche auprès d'une structure spécialisée ;). Sentir c'est bien, confirmer c'est mieux!
Je serai néanmoins ravi d'en discuter avec toi.

Ps : Pingouin je m'y applique peu à peu! Je te remercie pour tes adorables messages :).
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Ancien membre
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Ah euh oui en fait j'étais tellement fatigué que j'ai sorti des phrases comme elles venaient dans mon cerveau bref.
Ce n'est pas un auto diagnostique mais plutot les avis de tous mes proches et du psy qui m'a analyse petit ;) 
Pour la "seule différence" ca j'avoue ne pas avoir vérifié quoi que ce soit. Tu sais je m'en contre fiche de ce que l'on peut me dire sur moi! Meme si j'étais autiste, que cela changerait il a ma vie? J'ai vecu 18 ans comme ca deja ^^

Hyper confus car j'étais en train de m'endormir en fait (oui vie trépidante..)
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Niram
Femme de 25 ans
Prémanon

2 remerciements
Salut, 

Je ne connais personne d'Asperger, mais j'ai étudié ce sujet deux ou trois fois au cours de mes études (Je suis étudiante en Neurosciences). Donc si jamais tu as des questions précises auxquelles je peux éventuellement répondre, n'hésite pas !
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Salut Niram :),

Quelle chance! Comment abordez-vous le thème de l'autisme Asperger en neurosciences? Sous un angle biologique ou psychologique? Ou même les deux? Y-a-t-il un ou des profils types au niveau cognitif qui transparaissent lors de la passation de tests d'intelligence? Est-ce une entité distincte avec sa nosographie propre ou un simple continuum de l'autisme classique (dit de Kanner)?
Merci pour ton éclairage!
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Niram
Femme de 25 ans
Prémanon

2 remerciements
On essaye de faire les deux ! Même si les causes biologiques sont pour l'instant mal connues. Il n'y a pas de profil type pour Asperger et c'est bien là tout le problème, il n'y a pas de critères précis, malgré le fait que la plupart des psychiatres essaient de se référer aux critères du DSM V. 
Connais-tu le site "Pubmed" ? Tu pourrais y trouver des articles intéressants sur les recherches en cours au niveau de cette pathologie 
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Merci beaucoup Niram :).
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Badabouille
Homme de 27 ans
Toulouse
Salut Simiesque,

Je ne vais pas m'avancer en disant que je m'y connais beaucoup sur le sujet, mais je peux peut-être t'éclairer sur d'autres aspects.

J'ai très bientôt terminé mes études pour devenir infirmier et j'ai fais mon stage préprofessionnel pendant 10 semaines en hôpital de jour accueillant notamment des enfants et adolescents autistes. Bon, après il n'y avait qu'un pré-ado autiste Asperger.. d'autant plus qu'en te lisant, tu sembles déjà t'y connaître beaucoup donc je ne sais pas si je peux t'aider mais sait-on jamais ! :)

Edit : je viens de me souvenir d'une émission que j'avais entendu sur France Inter quand j'étais en stage. C'est Josef Schovanec, autiste Asperger, qui témoigne. Je me souviens que j'avais trouvé ça super intéressant. Idem, je ne sais pas si cela pourra t'être utile pour répondre à tes interrogations, mais au cas où, je te laisse le lien du podcast : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1080087
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Salut Badabouille,

Prendre la peine de t'intéresser et répondre au topic est déjà super :).
Ce pré-ado Asperger se comportait-il de manière radicalement différente à celle des enfants autistes "classiques"? Quels aménagements mettiez-vous en place afin de gérer cette population à besoins particuliers?
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Je suis reçu par la neuropsychologue lundi 16 novembre, nous devons poursuivre les évaluations pour affiner le diagnostique.
Si cela vous intéresse, je détaillerai mes entrevues :).
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Badabouille
Homme de 27 ans
Toulouse
Simiesque a écrit :
Simiesque , garçon de 24 ans de Paris Salut Badabouille, Prendre la peine de t'intéresser et répondre au topic est déjà super . Ce pré-ado Asperger se comportait-il de manière radicalement différente à celle des enfants autistes "classiques"? Quels aménagements mettiez-vous en place afin de gérer cette population à besoins particuliers?


De manière radicalement différente, non.. J'ai su tardivement qu'il était Asperger, seulement quand l'équipe me l'a dit, son comportement ne m'a donc pas plus interpellé que celui des autres enfants ou pré-ados.. Après, comme tu as dis plus haut et comme c'est dit de manière générale : "il y a autant d'autismes que d'autistes". Après, il est vrai qu'une fois que je l'ai su et après avoir discuté avec les soignants, certaines choses pouvaient y faire penser. Certes, ça peut peut-être cliché, mais contrairement aux autres enfants, son temps de scolarisation était beaucoup plus important et il était plutôt doué à l'école. Après, certes comme les autistes "classiques", il était très ritualisé, surtout par rapport à l'heure, détail que je n'ai pas rencontré chez les autres enfants. Il n'avait pas non plus vraiment accès au symbolique, au second degré..

Concernant la prise en charge, c'était des ateliers thérapeutiques (équithérapie, balnéothérapie, danse, piscine..). Chaque enfant possédait un emploi du temps individualisé et selon les indications du pédopsychiatre, l'enfant suivait tel ou tel atelier. Etant donné que ce pré-ado était beaucoup scolarisé, il ne venait que très peu à l'hôpital de jour, contrairement à d'autres qui étaient là en continu. Lui venait, entre autres, pour la danse et pour le grimage : chaque enfant devait se maquiller, imaginer une histoire et ensuite la reproduire sur une estrade, seul ou avec d'autres enfants. Un peu comme du théâtre.. Ca permettait de développer l'imaginaire, mais surtout de pouvoir apaiser les angoisses ; angoisses envahissant et perturbant le développement. Ca permettait aussi de travailler sur la capacité de l'enfant à interagir avec autrui et à développer son autonomie.
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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Bonjour tous le monde, bon je voudrais apporter ma modeste contribution sur ce topic, que je trouve très intéressent, je n'ai pas votre connaissance dans ce domaine, mais j'ai vue que Simiesque avait parler de cause ou approche biologique et je me suis rappelé que j'avais vue un reportage sur Arte il y a qlqs temps de cela sur les causes biologique voici le reportage en question.

J'espère qu'il vous sera utile, le cas traité dans le docu est très général, je ne crois pas qu'ils avaient parlé d'asperger.

Voilà en tous les cas merci pour ce topic :-) 


https://www.youtube.com/watch?v=UnXEGRBuVDw
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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Bonjour, il y a quelques "symptômes" qui peuvent mettre sur la piste du SA, mais pour avoir une confirmation, il faut se faire diagnostiquer. Il y a des psy spécialisés qui repèrent ça très bien, mais le diagnostique n'est fiable qu'après un tas de tests. En effet, tout le monde se trouve sur l'échelle autistique, et on sait si on est aspi ou NT seulement si on franchit la ligne, certains NT sont proches des autistes et vice versa, donc c'est peu évident. Pour faire simple tout est une question de degré, et seul des tests poussés peuvent donner une réponse claire et précise. Si tu as besoin d'éclaircissement, viens en pv, je te répondrai.
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
ILoveJS a écrit :
ILoveJS , fille de 24 ans de Lille Bonjour, il y a quelques "symptômes" qui peuvent mettre sur la piste du SA, mais pour avoir une confirmation, il faut se faire diagnostiquer. Il y a des psy spécialisés qui repèrent ça très bien, mais le diagnostique n'est fiable qu'après un tas de tests. En effet, tout le monde se trouve sur l'échelle autistique, et on sait si on est aspi ou NT seulement si on franchit la ligne, certains NT sont proches des autistes et vice versa, donc c'est peu évident. Pour faire simple tout est une question de degré, et seul des tests poussés peuvent donner une réponse claire et précise. Si tu as besoin d'éclaircissement, viens en pv, je te répondrai.



Bonsoir ILovejs,

J'entends bien ta réponse seulement je m'interroge sur un point : As-tu lu dans son intégralité mes messages sur ce topic?
En effet, j'ai stipulé d'une part que le diagnostique avait été posé par un psychiatre spécialiste et  d'autre part que j'avais déjà effectué plusieurs tests ( WAIS-IV, TAP, ADOS) . D'autres batteries vont d'ailleurs compléter cette analyse.
Je n'aurais pas eu l'impudence de me déclarer autiste Asperger alors même que je dénonce la nocivité d'auto-diagnostiques ;).
Bref.....

Badabouille : Un immense merci pour ton témoignage informatif, concis et poignant sur les prises en charges en milieu hospitalier.

Golphy : Je regarde ça ;) !
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Badabouille
Homme de 27 ans
Toulouse
"Concis", je sais pas trop, haha, mais avec plaisir, si t'as d'autres questions, tu sais où me contacter. ;)

Juste pour répondre sur la question du diagnostic, je me souviens que le diagnostic d'autisme doit se faire le plus tôt possible et il est possible à partir de l'âge de deux ans. Je crois me souvenir que c'est assez.. "nouveau" le diagnostic aussi précoce mais plus l'enfant est pris en charge, mieux c'est. Et le diagnostic final est certes posé par un (pédo)psychiatre mais surtout discuté en équipe pluridisciplinaire, équipe entraînée à l'examen du développement de l'enfant. L'évaluation se fait à travers la recherche de maladies ou troubles associées (génétique, neuropédiatrique, ORL, etc..) pour, en effet, ne pas diagnostiquer l'autisme "à tout va". ^^
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Niram
Femme de 25 ans
Prémanon

2 remerciements
http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/autisme

J'ai trouvé ceci, si jamais !
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photo de l'auteur Simiesque
Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Niram a écrit :
Niram , fille de 22 ans de Strasbourg http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/autisme J'ai trouvé ceci, si jamais !
[quote]Niram a écrit :

Je viens de le lire, merci Niram!
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Bonjour tout le monde ,


Mes évaluations ont pris fin aujourd'hui (ouf!) et comme promis voici un aperçu de la rétrocession qui je l'espère éclairera des membres en quête d'une démarche pour affirmer ou infirmer un diagnostic d'autisme :

1) Les entretiens préliminaires avec le psychiatre dans l'optique d'analyser la plainte du patient et dresser la liste des antécédents personnels sous la forme d'une anamnèse. Suite à ces rencontres, le psychiatre m'a interrogé sur mes capacités d'autonomie, mes intéractions sociales ainsi que mes centres d'intérêts. Il s'est ensuivi diverses questions sur le déroulement de ma naissance et ma petite enfance lors d'une entrevue avec mes parents afin de détecter les anomalies développementales ( psychomotricité, focalisations excessives envers des sujets bien spécifiques, etc...). Par ailleurs, il a été reconnu que j'étais un enfant maladroit, gauche et incapable de nouer ses lacets jusqu'à l'âge de treize ans. Aussi, je m'attirais l'inimitié de mes camarades en arborant des comportements inadéquats tels que : Couper la parole de façon intempestive, conversation unilatérale sans réciprocité émotionnelle, peu de tact, etc...
Une évaluation neuropsychologique complète a été demandé sous recommandation du psychiatre.

2) Les évaluations neuropsychologiques :

L'ADOS (Autism Diagnostic Observation Schedule) : Il s'agit d'un entretien semi-structuré entre le patient et la neuropsychologue qui a duré environ 2h. Ce test a pour objectif d'observer le patient en situations sociales et mesurer son degré d'intéraction ainsi que ses attitudes face à ces dernières. Ce test fut très éprouvant pour moi car il sollicitait mes facultés à mimer des scènes imagées ou inventer des histoires à partir d'objets réels ( ce que j'ai trouvé hilarant et grotesque).
Voici la substantifique moelle :
- Monsieur L*** s'exprime très  factuellement, le discours est peu emprunt de registre émotionnel.
- Contact oculaire rare ou absent.
- Mimiques faciales figées ou exagérées.
- Langage précieux voire pédant, intonation monotone (prosodie).
- Rigidité posturale, manque de fluidité motrice.
- Difficulté à accéder à l'abstraction et à l'imagination, est perturbé dès que le cadre sort du réel.
- Aisance dans l'épreuve structuré du tangram ( assembler des figures géométriques pour former un tout cohérent).
- Vision du détail qui prime sur le global.

La WAIS-IV ( Wechsler Adults Intelligence Scale) : Le fameux test de Qi, souvent utilisé pour statuer d'une déficience intellectuelle ou son pendant inverse la précocité intellectuelle. Quatre indices ressortent de la batterie et s'associent pour former un Qi total (QIT).
J'étais terrorisé par la passation qui a duré au bas mot 3h30 et son caractère anxiogène fut pour moi d'une violence inouïe.
En effet, je craignais de ne pas être à la hauteur et de me retrouver avec une efficience intellectuelle en dessous de la moyenne ce qui risquait de renforcer ma piètre estime de moi vous en conviendrez....
Le profil cognitif est donc le suivant (note des subtests sur 19) :

IRV (indice de raisonnement verbal)  :
- Vocabulaire (19/19)
- Similtudes (19/19)
- Information (18/19)
- Compréhension ( 16/19)
Total : 149 (plafond du test visiblement)

IRP (indice de raisonnement perceptif) :
- Cubes (18/19)
- Matrices ( 17/19)
- Puzzles visuels ( 12/19)
Total : 134 (très supérieur à la moyenne)

IMT (indice de mémoire de travail) :
- Mémoire des chiffres (13/19)
- Arithmétique (14/19)
 Total : 120 (supérieur à la moyenne)

IVT (indice de vitesse de traitement) :
- Symboles (15/19)
 - Barrages (19/19)
 Total : 140 (très supérieur à la moyenne)

  Le QI total est supérieur à 145 en revanche le profil d'aptitudes intellectuelles est hétérogène comme cela semble être le cas chez de nombreux sujets autistes. Il est stipulé : Monsieur L*** dispose d'un potentiel intellectuel très supérieur à la moyenne de sa catégorie d'âge. Néanmoins l'indice de mémoire de travail s'écarte significativement des autres indices bien que situé dans la zone dite "supérieure". Monsieur L*** éprouve des difficultés et de l'anxiété à l'épreuve de mémoire des chiffres. Il paraît peu concentré, distrait et agacé et demande une répétition des séries à plusieurs reprises. Cela impliquerait une gène dans l'utilisation de la mémoire auditive à court terme.

The Cambridge behaviour Scale et The autistic quotient ( AQ) :
Ces questionnaires dressent les atteintes plus ou moins sévères dans les sphères sociales, professionnelles, intellectuelles de l'individu. Environ 120 questions m'ont été posé, impossible d'en dresser un inventaire exhaustif. Mes scores me situent typiquement dans le spectre autistique.

L'AAA (Asperger Adults Assessment) :
De nouveau un questionnaire qui cible cette fois-ci les centres d'interêts "restreints" de la personne ainsi que ses gestuelles inhabituelles. Il est mentionné que : Monsieur L*** présente une focalisation excessive et circonscrite à des sujets précis afférents surtout a l'univers des sciences, de la psychologie. Il pratique de manière répétée et récurrente des auto-stimulations auditives ( écouter en boucle certains passages de morceaux de musique) et tactiles ( il ressent le besoin de taper ses cuisses avec ses poings, il agite les mains dans la rue (flaping)).

Conclusion :


Syndrome d'Asperger classique chez Monsieur L*** selon la classification internationale du DSM-V et suite aux présentes évaluations effectuées dans le cadre de cette démarche. Le patient souffre d'une atteinte prolongée des rapports sociaux qui entrave le bon fonctionnement de ces derniers. En effet, le patient démontre des troubles de la communication de par un manque de réciprocité émotionnelle et une empathie réduite. Il existe aussi un problème d'inhibition chez Monsieur L*** qui l'amène à verbaliser ses pensées sans les trier au préalable. En revanche, l'excellent fonctionnement intellectuel de Monsieur L*** lui sert d'outil compensatoire et masque (suradaptation) une partie des troubles autistiques aux yeux de son entourage. Il est donc plus à même de comprendre ce que l'on attend de lui et peut y réagir en conséquence.

Voilà voilà, je suis bien autiste Asperger et c'est un immense soulagement de poser aujourd'hui des mots sur mes "maux" :)! Je me sens comme le phénix renaître de ses cendres et l'envie me prend de m'envoler haut dans les cieux. M'accepter tel que je suis avec mes forces et mes faiblesses et de savoir qu'elles découlent de limites neurologiques sources aussi de richesses intérieures.
J'encourage vivement toutes celles et ceux qui s'interrogent à entamer une demande auprès d'un Cmp ou d'un CRA (centre de ressource autistique) car le diagnostic est à mes yeux essentiel.

Bonne nuit,

Simiesque.
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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Merci de nous avoir tenus au courant des suites de ton diagnostique et tous les détails qui s'y réfèrent, même si parfois les thermes sont technique et pour un profane comme moi il est difficile de tous comprendre :( mais il y a le dico pour ca.

J'espère que cela te permettra d'avancer dans la vie plus sereinement  :)
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Salut Golphy,

Merci pour ton message et excuse moi par avance de ne pas avoir répondu assez vite par mp. Je préférais concocter un condensé sur le forum.
Si tu as des questions sur les termes, interroge-moi ce sera avec plaisir.
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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
:-)
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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Simiesque a écrit :
Simiesque , garçon de 25 ans de Paris comme promis voici un aperçu de la rétrocession qui je l'espère éclairera des membres en quête d'une démarche pour affirmer ou infirmer un diagnostic d'autisme


Merci Simiesque d'avoir partagé cela, c'est très intéressant.
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photo de l'auteur Simiesque
Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
[quote]Ajabtar a écrit :
Ajabtar , garçon de 42 ans de Paris Simiesque a écrit : Simiesque , garçon de 25 ans de Paris comme promis voici un aperçu de la rétrocession qui je l'espère éclairera des membres en quête d'une démarche pour affirmer ou infirmer un diagnostic d'autisme Merci Simiesque d'avoir partagé cela, c'est très intéressant.

De rien Ajabtar :) .
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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
En cherchant à me documenter il y a quelques mois, j'avais trouvé les vidéos de Super Pépette très instructives, comme :


https://www.youtube.com/watch?v=joucXLKXbO8


https://www.youtube.com/watch?v=YjXG2XYhhzE
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photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Je suis moi même asperger et je n'aime pas trop employer le terme autiste que je trouve trop généraliste. Le syndrome d'asperger est "une forme d'autisme" et non "la définition universel de l'autisme". D'ailleurs 2 asperger ne seront jamais identiques, et c'est là toute la complexité du syndrome parce que même les spécialistes ont du mal à nous cerner.

Mais c'est sûr qu'a notre époque c'est pas a n'importe qui que je parlerais de mon handicap. Par exemple, bénéficiant d'une allocation adulte handicapé à cause de mon syndrome, j'ai légalement le droit d'utiliser ma carte d'invalidité pour passé aux caisses prioritaire dans les magasins ou pour avoir des réductions au cinema. Mais imagines un peu la réaction d'une personne quant un jeune homme qui s'exprime normalement et n'a pas pas de handicap physique passe devant elle à la caisse? J'ai jamais osé tenter l'expérience (par embarras mais aussi parce que faire la queue ne m'est pas insurmontable), mais j'ai déjà eu l'occasion de voir une autre personne le faire. La personne devant qui elle était passé l'a dévisagé, la femme c'est justifié en proposant de lui montrer sa carte d'invalidité et l'autre à reffusé en continuant de la dévisager (le regard des autre est très blessant pour les asperger dans mon cas, même quand le regard n'a rien de méprisant, ressentir que quelqu'un qui n'est pas de mon entourage regarde dans ma direction me met très mal à l'aise). Les gens sans handicap sont persuadés qu'un handicap c'est obligatoirement quelque-chose qui se remarque. Du coup on est considéré aux yeux de certains comme des imposteurs qui magouillent pour une allocation inférieur au SMIC prétextant qu'il y a des asperger qui ont un travail. Oui certains asperger ont du travail, mais pour certains le contact avec les autres est trop éprouvant. Et de plus même du côté de ceux qui ont un travail, beaucoup finissent quand même par faire une dépression ou à ce faire virer car incapable de s'adapter.

Et a ceux qui disent/pensent  qu'il y en a qui guérissent du syndrome d'asperger, c'est faux. On apprend à vivre avec mais apprendre à vivre avec ne signifie pas ne plus l'avoir. Je reprend l'exemple de cette femme sur les 2 vidéos qui dit être marié (peut être a t-elle aussi un travail je n'en sais rien) et que le simple fait de dormir toute une nuit avec son maris ou de sortir ses chiens l'épuise.
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Simiesque
Homme de 28 ans
Paris
Ajabtar a écrit :
Ajabtar , garçon de 42 ans de Paris En cherchant à me documenter il y a quelques mois, j'avais trouvé les vidéos de Super Pépette très instructives, comme :


Ahhh Super pépette, une référence en la matière. Son blog fourmille de billets de qualité, caustiques de surcroît. Une aspi(e)rante à une vie presque normale et pourtant qui compose avec le syndrome d'Asperger :) .
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Ancien membre
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En tout cas, sujet intéressant !
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Niflheim
Homme de 23 ans
Laon
Sujet super intéressant!

J'ai deux proches amis qui sont atteints du syndrome d'asperger (et pour avoir bossé un peu dans le social, j'ai pu rencontré pas mal de personnes atteint d'autisme). Niveau socialisation, mon premier pote reste au top, il se socialise rapidement et avec tout le monde, mais il lui arrive de ne pas comprendre certaines réactions/émotions. Il est assez doué dans le travail manuel, comprend très vite les choses, il gère également l'histoire à la perfection. Ma deuxième amie, elle n'arrive pas à discerner les émotions sur les visages, reproduit et imite certaines réactions (elle me dit toujours qu'elle apprend les traits sociaux qu'elle a pas instinctivement comme nous). Elle est également douée dans le travail manuel et connait énormément de choses sur les plantes (je crois que c'est son truc!). Niveau socialisation, elle est géniale également, sans problème (même si elle me dit parfois que c'est compliqué de parler à certaines personnes).

Le comble dans tout ça, c'est qu'ils travaillent tous les deux dans le social et s'en sortent comme des chefs!

Je sais qu'il y a une série géniale sur le sujet qui s'appelle Athypical où globalement, tu es dans la "tête" d'un adolescent atteint du syndrome d'asperger, tu devrais y jeter un œil, elle est vraiment pas mal.
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