J'ai des questionnements vis à vis de mon identité

avatar contributeur anonyme
Anonyme
22/10/2022 à 15:23

Bonjouuur,

je suis nouvelle sur ce site. J'ai des questionnements vis à vis de mon identité de genre, et cela me préoccupe beaucoup.

Je suis une femme, et j'ai 17 ans.

Pendant la primaire, j'étais catégorisée comme la garçon manquée de l'école.

Je crois me souvenir ne pas y avoir vu d'inconvénients tout de suite. Je n'aimais pas les robes, j'aimais les jeux dits de "garçons", je jouais comme j'en avais envie avec les garçons au loup, parfois j'étais laissée de côté simplement par le fait que je soie une femme.

Avec du recul, je pense avoir revêtu ce rôle de la garçon manquée pour avoir des amis. J'ai toujours été timide et je pense que la solitude m'effraie.

Jusqu'au jour où j'ai subi des attouchements d'un garçon de mon école. Je pense que c'est à ce moment que j'ai commencé à détester mon corps.

J'ai forcé encore plus le trait, je suis devenue plus masculine qu'avant.

Je me souviens avoir dit une fois à une fille de l'école que je trouvais avoir une voix de garçon, et elle m'avait répondue que pas du tout, ce n'était pas le cas.

Une fois être rentrée chez moi, dans mes toilettes je me suis dit : mais pourquoi je suis pas un garçon ? Instantanément je me suis reprise en me disant "mais pourquoi je ne serais pas une femme ?Pourquoi je me demande ça ?". Je m'étais perdue dans le rôle de la garçon manquée. J'ai continué à faire comme j'ai toujours fait.

J'ai du mal à situer la chronologie. Je pense que pour me protéger du traumatisme des attouchements, mon cerveau a brouillé mon esprit.

Il faut savoir aussi que mon père ne m'a pas reconnue, je lui ressemble beaucoup.

Je suis entourée de femmes depuis toujours, et je pense avoir eu une sorte de mimétisme du comportement de ma sœur, elle aussi masculine.

A l'entrée du collège, j'avais gardé le même groupe d'amis garçon. On était pas dans la même classe mais ce n’était pas un problème, c'est ce que je pensais. Il y avait quelque changements dans leur comportement, ça me rendait triste. Je me suis rapprochée de filles parce que je me suis dit que c'était ce qu'il fallait faire et aussi parce que j'avais l'impression qu'un écart se creusait entre mes amis garçons et moi. Et je ne comprenais pas, est-ce que je n'étais pas assez bien parce que je suis une fille ?

Il se trouvait que certaines ne m'aimait pas et je que n'avais pas la liberté que j'avais lorsque j'étais avec des garçons, je suis donc retournée vers eux.

Je me souviens que des mecs m'avait courus après dans les escaliers en me disant que j'étais garçon manquée. Ça m'a réellement blessée. Ce rôle que je m'étais donné je ne l'aimais plus. Je n'en voulais plus.

A partir de la cinquième j'ai fini par m'éloigner complétement du groupe de garçons, et cette fois-ci je me sentais bien, même mieux avec mes nouvelles amies filles de ma classe. J'étais plus moi-même, féminine, sans non plus lâcher tout mes centres d'intérêts plus "masculin", c'était plaisant.

Viens la quatrième. Je pense qu'à force de refouler mes frustrations et mes traumas passés, la déprime (qui s'est installée comme dépression) est apparue ainsi que l’anxiété (perfectionnisme trop poussé et tempérament stressé de base).

Et je ne sais pas pourquoi je m'étais posée la question "et si j'étais transgenre ?". J'ai remis en question ce rôle de garçon manquée que je m'étais donné, et me demandant si c’était pas tout simplement ce que je voulais devenir. Et c'est passé parce que je m'étais imaginée garçon et c'est juste pas ce que je voulais devenir, ni comment je me sentais.

Avec du recul je pense que j'avais une vision très tronquée et binaire de la transidentité, ainsi que des stéréotypes binaires bien ancrés bizarrement.

Actuellement je me pose de temps en temps la question. Et ça me fait souffrir. J'ai horreur qu'on m'associe à la masculinité, je ne suis pas du tout à l'aise avec les pronoms masculins, j'ai pleuré quand on m'a dit que ma mâchoire ressemblait à celle d'un homme (oui vraiment).

Les cases m'énervent. Je ne suis pas la plus féminine, mais je ne me reconnais pas en tant qu'homme. Ce n'est juste pas moi. Je dirais même que ça me met dans l'inconfort..

Je me dis aussi qu'en fait, je suis une personne, donc basculer d'un genre à l'autre n'aurait pas de sens. Je ne veux pas changer physiquement de façon quelconque.

Peut-être que je suis non-binaire, ou genderfluid. Mais, j'éprouve une si grande joie quand je me sens femme, c'est là où je me sens la plus naturelle et la plus moi.

Je suis de nature à tout questionner, mais j'aimerais avancer sans doutes en tant que femme.

Qu'en pensez vous ?

avatar contributeur de Inframince
Inframince
22/10/2022 à 15:40

Salut anonyme,

Tu dis te reconnaître dans l'identité féminine mais est-ce que tu es à l'aise avec les rôles sociaux traditionnels associés à la féminité : douceur, passivité, réserve, soumission, etc ?

Si je te pose la question, c'est que j'ai l'impression que tu te reconnais davantage dans les rôles sociaux des garçons mais que tu voudrais les vivre en tant que femme et non en tant qu'homme. Et ça tombe bien, il existe un mouvement qui s'appelle le féminisme et qui encourage les femmes à dépasser les limites imposées ! Qu'en penses-tu ?

avatar contributeur de Stephanie 38
Stephanie 38
22/10/2022 à 16:56 - 22/10/2022 à 17:08

Bonjour, Anonyme,

Ta description de ta jeunesse me fait penser à une ébauche de théorie à laquelle j'ai pense un jour pour expliquer la transidentité :

Qui serait non pas que l'on soit mal "dans le genre qui nous a été assigné à la naissance", mais mal dans le rôle que nous devons jouer par rapport au reste du monde . . .

Toute ta jeunesse ressemble à un balancier entre le côté des filles et celui des garçons, dès que l'un des groupes te rejetait tu te rapprochais de l'autre . . . en attendant que ça rebascule dans l'autre sens . . .

Tel que tu le décris, je ne te sens pas spécialement transgenre, mais plutôt une femme qui n'a pas encore trouvé le rôle féminin qui lui convenait le mieux,

Regarde autour de toi, toutes les femmes ne sont pas des bimbos, ou des passives, ou encore des soumises, il y a forcément une place pour toi dans ce monde, et je n'ai aucun doute tu la trouveras vite . . . même si je comprends bien qu'à 17 ans on est forcément pressés de savoir . . .

Et j'ai d'autant plus confiance que tu l'as montré, tu ne restes pas dans ton coin et (malgré ce que tu crois de ta timidité) n'as pas peur de t'approcher des autres, toutes les experiences de ta jeunesse te seront utiles à l'avenir . . . tu n'as pas peur non plus de te poser des questions, c'est aussi une force que beaucoup ne possedent pas

Et au bout du compte, si tu n'as pas encore trouvé la bonne réponse, as tu pensé que c'était peut etre parce que tu n'avais pas encore trouvé la bonne question ?

Un détail, cependant, cette histoire d'attouchements dont tu parles, en as tu discuté avec quelqu'un du métier médical ? Ce genre de choses peut facilement laisser des sensations inconscientes de malaise qui peuvent finir par devenir empoisonnantes . . .

Bises à toi !

avatar contributeur anonyme
Anonyme
22/10/2022 à 19:26

Bonsoir, merci de cette réponse rapide,

Ce que vous dites est juste, je vais y réfléchir !

Je me reconnais en effet dans cette métaphore, cette sorte de balancier

Je ne sais pas si il est pertinent de le dire, mais je me demande souvent à quoi je sers.

Et il est certain qu'il n'y a pas qu'un "type" de femme, à moi de trouver ma place

Je suis d'un tempérament impatient, je vais donc me laisser du temps pour me pencher sur ce rôle féminin que je n'ai pas encore trouvé !

Je n'avais pas vu les choses en ce sens, mais vous avez aussi raison.

Je me pose sans arrêts des question :)

Je n'y avais pas pensé comme une force, j'ai tendance à me dénigrer..Ce que vous me dites me fait chaud au cœur en tout cas, je vous en remercie !

C'est une possibilité, je vous suis

J'ai commencé tout récemment à m'ouvrir plus sur mes traumas passés, dont cette histoire d'attouchements. Je ne me voyais pas vivre avec ce poids sur les épaules plus longtemps.

Qu'il s'agisse de mon identité ou de cela, j'ai une grande envie de m'aimer telle que je suis, et pour y arriver j'ai fait la démarche d'avoir un suivi médical afin de m'assurer un épanouissement à long terme

Bises à vous ! Je vous remercie encore grandement du temps que vous avez pris pour me répondre, cela veut dire beaucoup pour moi ^^

avatar contributeur de Zazack
Zazack
23/10/2022 à 14:02

Bonjour, je suis moi même homme trans.

Je pense qu’on à tous/tes eu le même questionnement. J’étais aussi garçon manqué et au collège je ne sentais pas à ma place car je n’étais pas une vrai « fille » et pendant très longtemps j’étais mal dans ma peau sans savoir ce qui allait pas. Je pensais être bizarres et puis je me suis renseigné sur la transidentité et je me suis dit que je n’étais pas le seul dans ce cas. J’ai rencontré des personnes formidables qui m’ont aidé. Je sais si ça répond à ta question.

avatar contributeur anonyme
Anonyme
23/10/2022 à 14:49

Citation de Inframince #426182

Je suis désolée, je n'avais pas vu votre participation

La douceur oui, la réserve également. En ce qui concerne la soumission et la passivité : oh que non !

Je pensais avoir creusé assez la question, mais le féminisme ne m'était même pas passé par la tête dans cette question d'identité, parce qu'en fait 'carrément pour dépasser les limites établies !

Citation de Zazack #426289

Ça ne répond pas tellement à ma question mais je te remercie d'avoir pris le temps de me répondre 😄

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