Comment se sent-on transgenre ?

avatar contributeur Miou.
Miou.
30/04/2021 à 16:09

Bonjour à tous ! Une question me turlupine depuis maintenant des années, sans réponse… Comment sait-on qu’on n’a pas le bon genre, que notre sexe ne nous convient pas, qu’on est transgenre ? (pas forcément travesti ou transsexuel, mais bien transgenre)

J’imagine bien que ça va au-delà des stéréotypes de genre, du style « j’aime les camions, je dois être un homme » et « j’aime les poupées, je dois être une femme »…

Dans mes recherches, j’ai trouvé ça : Signes que l’on est peut-être transgenre (témoignages récurrents) :

  • « Je l’ai toujours ressenti / j’y pense depuis longtemps »
  • « Je ne suis pas à l’aise dans mon corps »
  • « Je ne suis pas à l’aise avec les codes de mon genre »
  • « Mon instinct me dit que je suis transgenre »

Quel est ce ressenti, cette pensée qui fait se questionner ?

Et je n’arrive pas à dissocier les clichés de genre de ces explications (quand il ne s'agit pas "simplement" de manque de confiance en soi). Qu’est-ce qui nous fait nous dire « ça c’est un raisonnement d’homme ou de femme ! » ? Comment on associe une pensée à un sexe ? Je n’arrive pas à me retirer l’idée naïve que notre cerveau peut fonctionner de la même façon, qu’on soit un homme ou une femme, alors à quel moment se sent-on de l’autre sexe ??? Est-ce totalement hormonal et inexplicable, ou bien lié à la vision que notre société a de la féminité et de la masculinité ?

Je sais que d’une personne transgenre à une autre ce sera subjectif. Aussi, je suis sûrement maladroite dans ma formulation et je m’en excuse, mais je ne sais pas comment demander autrement mdr

Voilà s’il y en a parmi vous qui sauraient apporter de la lumière sur le sujet, je vous remercie ! Bisous

avatar contributeur de Doremi
Doremi
30/04/2021 à 21:13

salut Miou.,

Au fil des coms de ce topic :

https://betolerant.fr/forum/18303/quand-j-etais-petite/30

tu trouveras peut-être des éléments de réponses ?

avatar contributeur de CeliaLove
CeliaLove
03/05/2021 à 11:14

Bonjour,

Je ne suis pas sure d'avoir compris le but de ce sujet mais je vais essayer de t'apporter quelques éléments de réponses.

La transidentité comme son nom l'indique est lié directement à l'identité d'une personne. une personne qui vit dans une société, est reconnue par la société. Cette société adore les cases, classe les gens par caracteristique physique (sexe, couleur de peau ou de cheveux etc,...) ou "psychologique" (sensibiité, aggressivité, douceur etc)

Je ne crois donc pas qu'il y a ait de réponses toutes faites, cela depend avant tout de ce que ressent la personne en son être et dans l'interraction a cette société. Ainsi une personne trans va avoir du mal a vivre avec le genre qu'on lui "impose" a la naissance cela ne veux pas dire que toutes les personnes en maletre avec des notions de genre sont trans. Tu peux aimer le rose et être un homme ou aimer les voiture en etant une femme....de mon point de vue en tout cas ;)

Dans la société et la nature, il y a des généralités que l'on peut vérifier par exemple les males sont plus agressifs que les femelles. Ca se vérifie généralement mais il y a des males extremement doux et a l'inverse essaie d'approcher les petits d'une maman tigre et tu vas voir si elle est tendre avec toi :)

De fait dans notre société, les personnes qui naissent avec un phalus sont considérés homme et les personnes naissant avec un vagin comme femme. Et ca marche plutot bien dans l'ensemble mais il y a des cas ou cela ne correspond pas. Les raisons de cette exception a la règle genérale sont souvent multiples et diverses (et souvent tres difficiles a determiner), dependant de l'individu, de ce qui le constitue et de ce qu'il a vecu.

Au final, on considere comme trans les personnes qui souffrent d'une dysphorie de genre (un maletre vis a vis du genre attribué a la naissance) si grande que cela peut les bloquer dans leur vie, leur induire de pensées negatives voire autodestructrices.

Il ne faut donc pas confondre une femme mecanicienne qui aime boire de biere qui sort des stéréotypes genrés avec un homme trans qui se sens blessé dans sa chair quand on l'appelle Madame. Il ne faut pas confondre lutte contre les stéréotype genrés et dysphorie de genre.

J'espere avoir apporté quelques éléments de réponses bonne journée

avatar contributeur de 6rano
6rano
05/05/2021 à 12:54

Citation de CeliaLove #361498

Je me pose la mème question que l'auteur donc merci Celia

avatar contributeur de Kitsune
Kitsune
05/05/2021 à 18:14

je suis choqué par le passge " pas forcement travesti ou transexuel mais transgenre" transexuel est a transgenre ce que la denomination negre est aux personnes noires. donc si tu es transgenre, tu es forcement transexuel.

pour apporter ma contribution, pour moi, on ne se sent pas. on souffre... et on souffre de dysphorie (entre autre)

les convention social et la société actuelle, tel qu'elle est organisée, nous déconnecte de nous même. du coup, il nous faut du temps, pour s'apprendre, s'apprivoiser, se reconnaitre. on est tellement dépouillé de notre intimité interne, qu'on prend pour argent content, des idéaux qui ne sont pas les notres. l'idée du bonheur par exemple : être riche avec une grosse bagnol ou se marier et avoir des enfants. ça reste des aspirations très valable mais la pression social pour nous l'inculquer dès le plus jeune age ressemble plus à de la dictature qu'à une propsition de vie.

pour ma part, enfant (3ans j'ai fais mon coming out) j'étais convaincu d'être un garçon ... j'ai fais une dépression. cette dépression à pris fin quand j'ai compris que j'avais refoulé mon identité d'homme, enfant pour pouvoir survivre. et je suis passé d'une personne qui n'arrivais pas a s'inserer dans la société (pour utiliser des termes courtois) à quelqu'un d'actif, de productif et d'épanouie.

avatar contributeur Krapate
Krapate
06/05/2021 à 22:57

Cette question m'intéresse aussi... mais à vrai dire je suis assez persuadée que je n'aurais jamais la réponse.

Une fois j'ai lu un sujet ici il y a quelques temps qui parlait de transracialisme. Et j'étais surprise des réactions négatives qu'il y avait au propos du transracialisme, soit disant que ça allait trop loin, que la couleur de peau n'était pas une identité, etc, etc.

Sauf que moi, intrinsèquement, je ne vois absolument aucune différence entre la transidentité et le transracialisme, si ce n'est que le transracialisme est sans doute moins présent car il y a moins de gens qui vivent à la croisée de deux ethnies.

Habituellement, savoir que certaines personnent se sentent mal dans leur peau et que les accepter comme elle se sentent règle le problème me suffit, mais, récemment, à batailler contre certaines personnes pour leur faire accepter la transidentité de proches, je me reprends ma propre incompréhension dans la figure.

Alors oui, comprendre comment on se sent trans restera sans doute obscur toute ma vie, pour moi un corps est un corps et je me sens femme comme je me sens avoir une autre caractéristique physique. J'ai toujours prêté attention, justement, aux topics qui en parlaient pour essayer de voir si je trouvais des éléments de réponse (comme tu dis Doremi), mais je n'en ai jamais trouvé. C'est dommage, ça m'aurait bien aidée.

Mais que chacun se sente bien, c'est le plus important j'imagine. Je suppose que dans la vie, il y a des choses comme ça qui nous dépasseront toujours.

avatar contributeur de Occamj
Occamj
06/05/2021 à 23:21

Bonjour,

Etant moi même une femme trans, j'ai pas mal réfléchi à la question. Je vais tenter de résumer mes conclusions:

  • la transidentité est un humanisme (pour paraphraser Sartre): on ne le définit pas "essentiellement", on le vit dans son existence. Un/Une trans se définira comme tel, au final, par ses actes et ses paroles. Il ou Elle s'inscrira dans la société comme personne trans, à sa façon unique. Parler de la transidentité, gloser sur une définition, a une utilité pour le corps médical, social, etc. Mais pas vraiment pour moi, en tant que personne libre.

  • ce qui ne veut pas dire que j'exclue une base intrinsèque, "biologique", à la transidentité. Elle existe probablement. Car la plupart des trans souffrent, avant de se reconnaître et d'être reconnus comme tels, de dysphorie. Du malaise vient l'interrogation, l'introspection, la révélation qu'on est trans. Ensuite on agit en conséquence (la solution la plus logique, pas forcément la plus évidente étant la transition.) Il y a une réalité statistique incontestable à la transidentité. Des millions de personnes ayant vécu à différentes époques et différents lieux, ne se connaissant pas, ne peuvent partager cette expérience sans qu'elle ait une existence réelle.

  • J'ai vite su, non ce que j'étais, mais ce que je n'étais pas. Et cela, en examinant un à un les traits qui semblaient, statistiquement, socialement, incongruents avec ma propre personnalité, mon moi. En quelque sorte, par élimination. Malgré toutes les tentatives de la société en 50 ans de vie pour me le fourrer dans le crâne,, je ne peux pas m'identifier à un être masculin. Et Dieu siat que j'aurais préféré, ça aurait été plus simple !

Voilà quelques pistes de réflexion. Mais oui; il n'est pas facile à une personne cis de se mettre dans la peau d'une personne trans. L'inverse est plus simple, car la société nous le montre en exemple à tous les coins de rue.

avatar ancien membre
Ancien membre
07/05/2021 à 08:59

Citation de Occamj #361748

la transidentité est un humanisme (pour paraphraser Sartre): on ne le définit pas "essentiellement", on le vit dans son existence. Un/Une trans se définira comme tel, au final, par ses actes et ses paroles. Il ou Elle s'inscrira dans la société comme personne trans, à sa façon unique. Parler de la transidentité, gloser sur une définition, a une utilité pour le corps médical, social, etc. Mais pas vraiment pour moi, en tant que personne libre.

Citation de Occamj #361748

alors la j' approuve à 200 % , vouloir absolument mettre un nom sur tout est surement tres bon pour certain mais heureusement qu il y a des personnes comme toi qui se sente avant tout des personnes libres qui ne veulent pas d etiquettes ...

sans vouloir manquer de respect à qui que ce soit , vouloir absolument rentrer dans une case pour correspondre à une definition à un coté reducteur , clivant , que ce soit pour la sexualité ou autre ...

la liberté c est etre soi meme sans avoir à expliquer le pourquoi du comment ...

avatar contributeur Miou.
Miou.
08/05/2021 à 12:31

Désolée si mes propos ont pu heurter certains.

À aucun moment mon but n'est de stigmatiser ou mettre dans des cases / définitions, j'essaie juste de comprendre la transidentité, comprendre ce que ça signifie "se sentir homme" ou "se sentir femme" (et oui... je sais que c'est basé sur un mal-être, une souffrance... vous avez tout mon soutien si ce n'est ma compréhension)

En tout cas merci pour vos réponses, ça m'éclaire déjà un peu !

avatar ancien membre
Ancien membre
08/05/2021 à 15:21

Citation de Miou. #361837

personnellement tu ne m' a pas heurté , je trouve de façon generale que de vouloir mettre des noms sur tout est source de conflits , que ce soit sur n importe quel sujet , c est comme les histoires de races , de religion , de politique etc etc ... je suis juste un idealiste qui rève d un monde ou chaque etre pourra avoir ses idees , etre libre et ne pas avoir besoin de se justifier pour tout ... en respectant evidemment les autres ... ouais c' est pas pour demain

avatar contributeur de Occamj
Occamj
08/05/2021 à 20:18

Hello,

Je vais encore clarifier si vous voulez bien (ne vous endormez pas): nommer et classifier les choses est utile. J'en sais quelque chose, en tant que chercheuse, je fais ça toute la journée ;) Je ne vois rien de blessant ni de choquant car pour comprendre, surtout une chose peu familière, "de l'extérieur", le processus est nécessaire, salutaire même. Donc je rentre dans des cases: quinquagénaire, femme, trans, existentialiste, non-fumeuse, etc. Elles me définissent. Plus on met de trucs, plus on affine. Donc déjà, me réduire à ma transidentité est juste ridicule pour me connaître vraiment. Mais (par exemple), ça peut être très utile pour envisager des choses ensemble (discuter sciences cognitives, faire l'amour, etc.). Comme on dit: "plus si affinités".

Sauf que, pour le fait transgenre (et peut-être, mais je ne m'avancerai pas faute d'expérience vécue, pour d'autres catégories larges d'individus en ce bas monde), me mettre dans une case, m'expliquer à coup de dysphorie ou de pathos (encore une fois, juste des exemples), ne sert pas à grand chose pour établir un lien plus direct vers l'expérience trans: je pense parfois qu'il y a un peu de l'indicible là-dedans, mais en même temps... je crois que c'est juste une question de patience, de réflexion et d'empathie. Une personne cis peut se mettre à la place d'une personne trans (note: certaines l'ont fait pour des raisons professionnelles... ça les a durablement marqué !). MAIS, et je rejoins Sartre là-dessus, ce qui fait l'humain, c'est son existence. A un moment: fini les blah blah sur les forums, vive les actes ! Rencontrer des trans , leur parler, échanger, lire sur le sujet, regarder d'excellentes vidéos youtube (PhilosophyTube, Contrapoints), militer, manifester pour les droits, bref, vivre: vivre discrètement, vivre avec ardeur, vivre en vociférant, tout est possible, tout est permis: mais vivre. Et là, on est loin des catégories :)

Relier les catégories et l'existence, vivre et comprendre: ça s'appelle la philosophie. Je vous recommande vivement !

avatar ancien membre
Ancien membre
09/05/2021 à 02:23

Citation de Occamj #361859

le debut de ton message à faillit me faire fuir , l utilité de classifier les choses etc etc , j' ai commencer à avoir des tremblements , des sueurs froides , le palpitant qui s' accelerait ...

Bon heureusement tu t es bien ratrapée avec Sartre et la fin de ton message , la je me suis retrouver plein de vie et d' espoir

tu sais souffler le froid et le chaud ...

bon le probleme que j' ai vraiment avec les cases c' est que si je doit me ranger dans des case ça va donner :

Mec fumeur de plus de cinquante ans , con , idealiste , sensible , dephasé , avec une aversion pour la politique , anticapitaliste , sans ambitions d' ordres materielle ... autrement dis c' est franchement pas vendeur ... bon en meme temps je ne cherche pas à me vendre ... mais meme gratuitement qui va etre attiré par tout ça ?

nan comme tu dis le mieux ça reste les rencontres en vrai mais aujourd' hui la situation n est pas top pour ça ... ca reviendra j' espere

avatar contributeur de Occamj
Occamj
10/05/2021 à 23:50

Salut,

Je ne cherche en tout cas nullement à souffler ni chaud ni froid, je me permettrais pas :)

Mon message résultait d'une démarche analytique posée, non dénuée d'affects, mais en leur faisant une place bien à part à travers le côté existentiel. Le versant logique (avec des catégories, des adjectifs, etc.) n'a rien d'effrayant. Sans lui, personne ne réfléchit bien. Désolée si ça te donne des sueurs froides !!

autrement dit c' est franchement pas vendeur

Se regarder en face est déjà une chose, reconnaître ses défauts, ses limites. C'est le bon début je pense. J'ai un gros pif, je fuis la confrontation... tout le monde a ses problèmes. Pour autant la séduction passe par une mise en avant (forcément "mensongère") des qualités qu'on estime avoir. Tu n'es pas obligé de tout déballer le premier jour, nous sommes tous et toutes humains, on fait tous et toutes pareil, sinon on ferait fuir tout le monde et réciproquement. Une fois l'attirance et l'appréciation installée (que ce soit sexuel ou juste amical), on va révéler petit à petit ses failles, on va avouer ses défauts... et LA pour moi commence la vraie attirance, lorsque l'on fend l'armure, que l'existence prend le pas sur les catégories. Et que la vraie séduction s'installe.

Et je suis bien d'accord, c'est difficile (mais pas complètement impossible) à distance. Il faut juste un pacte tacite entre les intervenants: accepter de se livrer, mutuellement. ça se fait pas en 5 minutes. ça nécessite également (je vais faire ma pédante) un certain talent épistolaire. L'équivalent du maquillage ou des jolis dessous dans la vrai vie: on va pas s'en servir tous les jours, mais maitriser l'art facilite les choses.

avatar ancien membre
Ancien membre
11/05/2021 à 00:30

Citation de Occamj #361979

oui alors pour ce qui est d' avoir des talents epistolaire deja pour moi c' est mort , je ne suis pas zola et je ne le serais jamais , donc je fait avec ce que j' ai (pas grand chose oui je sais)

maintenant tu peux souffler le chaud et le froid ça ne me derange pas bien au contraire ...

nan moi mon probleme avec les termes , les analyses , les trucs qui oblige a reflechir c est que ça se termine toujours avec du doliprane à haute dose

par contre je preferes directement y allez casch avec mes defauts , de toutes facons ils sont tellement visible que je ne vois pas comment je pourrais les cacher ... je suis brut de decoffrage , j' adore le maquillage , certains artifices chez les autres mais moi je ne peux (veux) pas me mettre en valeur ...

pour en revenir au sujet, l' essentiel pour moi est de voir les gens heureux , bien dans leur peau et en accord avec eux memes ... et le fait de vouloir absolument definir chaque personne selon certaines "normes" ou les classifier à peut etre contribuer chez certaines personnes à se sentir mal ... mais la Kitsune explique ça beaucoup mieux que moi ...

Citation de Kitsune #361657

avatar contributeur de Jessica69
Jessica69
11/05/2021 à 06:43

Bien que le topic "Quand j'étais petite" fournisse "quelques" indices, voici avec précision me semble-t-il, le "comment".

Citation de Miou. #361255

Comment sait-on qu’on n’a pas le bon genre, que notre sexe ne nous convient pas, qu’on est transgenre ?

REPONSE ICI QUE JE COLLE LÀ

Il me vient une réponse que j'aurais cru plus compliquée. Peut etre n'est-elle pas satisfaisante mais je la propose ici... vous me direz

Revois toi petite Miou,...

Tu es a l'ecole maternelle,... tu joues avec tes copines,... vous faites un tas de trucs ensembles dont bon nombre de "trucs de filles"... Tu es heureuse et ne te poses pas de question. La vie est tranquille... comme le fleuve en pente douce...

Cependant, un jour, le temps passant, une personne adulte te fait remarquer que ton attitude n'est pas appropriée... Tu ne comprends pas et si tu respectes cela, c'est pour un temps limité tant il est vrai et surtout chez l'enfant, que le naturel revient vite...

Puis au fil du temps, tu sens venir un peu tous azimuts des réflexions étrangement du même ordre...

Puis un jour un tas de garçons t'entourent à la récré,... c'est très étonnant,... certains te bousculent et te poussent en vociférant vers le milieux de la meute,... là où se trouve ce garçon pour lequel tu n'as aucune sympathie sans savoir vraiment pourquoi. Sans prevenir, ce garçon décoche un violent coup de poing sur ton visage. Tu es une fille et tu va devoir prendre des coups mais aussi en donner car,... tu veux survivre...

Apres un long moment de repos et de réflexion, tu remarques enfin que tu n'est pas une fille. Tu es un garçon. Tu n'y avais jamais prêté attention mais... tu est un garçon... tout concorde.

Bienvenue Bienvenu en enfer...


Jessica Mrgn "Tout Homme a contre lui, ceux qui voudraient faire pareil, ceux qui feraient le contraire et la grande armée de ceux qui ne font rien" J.Clarety

avatar contributeur Krapate
Krapate
13/05/2021 à 14:42

Juste un petit mot pour vous remercier de vos interventions ! C'est un peu moins obscur, je crois.

avatar contributeur de Judeline
Judeline
15/05/2021 à 11:35

Moi j'ai pris conscience de ma différence, j'avais 5 ans.

Donc bien avant de comprendre ce que le genre signifiait et ce que la société imposait comme "clichés" et autres étiquettes.

J'étais nue dans ma chambre, j'allais me mettre en pyjama et je montre ce truc entre mes jambes et je demande à ma mère quand est ce que ça va tomber que je devienne une vraie fille.

Elle me répond "jamais".

  • C'est quand jamais ?

  • pas du tout.

Et là j'ai compris qu'il allait y avoir un problème.

L'autre problème est que c'était en 1980 et que le sujet de la transidentité n'en était pas un un puisque l'homosexualité était déjà plus qu'un tabou, que j'avais compris que c'était deux garçons ou deux filles ensembles mais que moi j'étais une fille mais tout le monde disait que j'étais un garçon. Alors j'étais quoi ??

Pour éviter les problèmes que je devinais déjà du haut de mes 5 ans, je me suis tue.

Je n'ai rien dit. J'ai encaissé. Internet n'existait pas et je n'ai découvert la transidentité et que l'opération était possible quand j'étais mari"é" et que j'avais deux enfants.

Hors de question pour moi de laisser ma femme avec deux bébés ou deux enfants en bas âge jusqu'à ce que je décide de programmer ma mort.

C'est ma soeur qui a senti le vent venir et qui m'en a empêchée à 2 jours près.

J'ai décidé de vivre ma vie de femme au delà de ce que pensent ou souhaitent les gens.

J'ai tout perdu, mes Enfants, ma famille, mes "ami·e·s", mon boulot en 3 semaines.

Je suis descendue en enfer, je me suis battue contre le Monde et contre moi pour simplement exister.

Maintenant je suis là, en vie et fière de mon parcours.

Féminine, épanouie, en couple avec un homme adorable qui m'aime pour ce que je suis et pas pour ce que j'ai pu être.

Et je souhaite le même bonheur à toutes les personnes trans !

avatar contributeur Miou.
Miou.
15/05/2021 à 16:09

Bonjour à tous,

Merci beaucoup pour vos témoignages. Je suis heureuse pour ceux qui aujourd'hui ont pu se dévoiler en dépit de tout, ça a dû être inimaginablement difficile. J'envoie également un immense soutien à tous ceux qui souffrent encore de ne pouvoir être qui ils sont...

Bravo pour votre courage et ne lâchez rien, la vie est précieuse et pleine de beauté ❤️

Je comprends mieux maintenant... il s'agit d'une évidence, d'une certaine façon. On sait ce que l'on est. La seule chose qui nous désoriente, ce sont les réactions des autres qui nous traitent différemment.

Cela doit être d'autant plus exacerbé dans l'enfance :/ ...

avatar contributeur de Occamj
Occamj
15/05/2021 à 17:18

Bonjour à tous/toutes,

Je vais rajouter une petite pierre à l'édifice: je vous conseille la lecture du livre "Ma vie d'autiste" par Temple Grandin, qui est l'autobiographie de cette femme extraordinaire. Temple Grandin est connue et reconnue internationalement pour avoir éloquemment décrit son fonctionnement cérébral si particulier. Autisme et transidentité ne sont pas comparables, mais le livre m'a immensément touché pour sa relation de ce sentiment d'étrangeté, de ne pas sentir accepté... et c'est aussi un merveilleux message d'espoir. Il m'a ouvert l'esprit.

avatar contributeur de Occamj
Occamj
17/05/2021 à 15:43

Merci de cette remarque fort pertinente ! Il semble en effet qu'il y ait des éléments de corrélation... la science parlera.

Je faisais quant à moi référence à la difficulté de comparer les expériences de vie. Je n'ai jamais parlé à des Asperger trans (par exemple). ça serait surement très enrichissant.

avatar contributeur de Aspen
Aspen
11/07/2021 à 14:00

Citation de Occamj #362323

Je suis autiste ("Asperger" n'est plus utilisé dans le DSM depuis 2013 et même si c'est notre diagnostic en France, suivant le CIM, on n'y peut rien s'ils ont 40 ans de retard et utilisent le nom d'un nazi pour nous qualifier, mais non merci) et trans. Je suis également intersexe. Il y a une fréquente corrélation entre l'intersexuation et autres problèmes hormonaux (SOPK, etc.) et le fait d'être autiste, et donc aussi trans.

Bref, pour revenir à la question du début... Je vais prendre mon exemple de trans NB pour que ce soit plus parlant et que tu comprenne peut-être un peu l'expérience trans. Tu te sens une femme cis, n'est-ce pas ? Alors imagine que des médecins te forçaient à prendre des hormones (cherche pas à comprendre pourquoi, c'est pour l'exemple) et que là ton corps se transformait. Tu commençais à devenir velue, à développer de la musculature, une voix plus grave, de la barbe et de la moustache (pas simplement un duvet !) et que tous les gens que tu croisais dans la rue mais aussi les médecins ou autres, commençaient à t'appeler "Monsieur", à s'adresser à toi comme un homme. Comment le vivrais-tu ?

Étant intersexe c'est ce qui s'est passé pour moi. Je suis né avec un vagin mais physiquement mes caractères sexuels secondaires étaient plus masculins (hyperandrogénie), aussi l'endocrinologue m'a donné le même traitement hormonal que les MtF en prétendant que cela allait soigner mon acné. J'ai eu un sacré choc quand j'ai découvert que cela faisait poussé des seins, me faisait grossir et développer une silhouette féminine alors que j'étais parfaitement androgyne à la base.

La plupart des expériences trans concernent des personnes avec des corps qui ne sont pas intersexués et qui néanmoins ressentent ce que j'ai ressenti après la transformation que j'ai eu suite à cette prise d'hormones. Je ne peux plus me regarder dans la glace ou me prendre en photos, ce n'est pas mon corps.

Et pour ceux qui se sentent bien dans le corps dans lequel ils sont et souhaitent simplement une transition sociale, être perçus comme ils sont, je pense que c'est très difficile... Je le vois bien moi-même actuellement combien c'est difficile, parce qu'on va presque toujours instantanément se faire mégenrer par les gens.

Un autre autiste trans expliquera sans doute mieux que moi : https://youtu.be/19TVy_eqI98

Sinon sur le genre, tout ça, il y a les excellentes vidéos de PsychoCouac que je vous recommande : https://youtu.be/Qv7AWC-2qow

Rencontre Trans

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