Aide  Serez -vous capable d'aimer une fille avec un trouble autistique(Aspie) ?

Anonyme  
Ce sujet est une demande d'aide, bienveillance et courtoise sont de rigueur.

Bonjour, j'ai 22 ans bientôt 23 Je suis toute nouvelle sur beto.Je me suis auto-diagnostiquée à l’âge de 18 ans, soit il y a quatre ans, et il y a quelques temps j’ai demandé un rendez-vous avec un psy afin d’obtenir un diagnostic officiel, Il m’a confirmé que je présentais des troubles autistiques.

Beaucoup d’entre vous se demandent probablement ce que cela fait d’être autiste. Je vous retourne la question : qu’est-ce que cela fait de ne pas être autiste ? Jusqu’à il y a peu de temps, j’étais persuadée que mon ressenti des choses, ma perception du monde et ma façon d’être étaient tout à fait typiques ! Que tout le monde expérimentait les mêmes sentiments que moi, les mêmes difficultés, les mêmes douleurs mais aussi les mêmes joies. Ce n’est pas le cas.

Tout ce que j’entendais, moi, c’est que personne n’aimerait jamais l’être que j’étais réellement vouée à jouer un rôle toute ma vie. Ce rôle, je le jouais, tous les jours. J’allais aux lycees, je faisais semblant de m’intéresser aux gars, (alors que je suis lesbienne!! en tant normal c'est compliqué de trouve un garçon alors une fille .. j'imagine même pas d'ou la raison aussi de mon inscription)je délaissais mes passions pour des trucs plus « tendances ». J’essayais d’être quelqu’un d’autre. Mais même cette personne-là, certain(e)s parvenaient à déterminer qu’elle n’était pas tout à fait comme les autres, qu’elle méritait d’être moquée, mise à l’écart, ignorée…

Quand j’étais seule ou en compagnie de certain(e)s ami(e)s de l'époque , je me permettais d’être moi-même, de parler joyeusement de jeux vidéo, de faire sans cesse des jeux de mots stupides, de ne pas réfléchir douloureusement à ce que je pouvais dire ou faire par crainte d’être rejeté en cas « d’erreur ».

J’ai toujours eu des difficultés à établir des liens avec les autres et, plus encore, à les maintenir. J’étais généralement la tête de turc de la classe, voire de l’établissement scolaire, et j’ai été victime, aussi bien de la part de mes camarades que de mes professeurs. On me disait « d'être plus sociale », de « changer mon comportement », d’être plus « avenante »… ect

Je me suis toujours sentie coupable des brimades que j’ai subies. Personne n’a été là pour me persuader du contraire. Si le diagnostic avait été posé à cette époque, je pense que j’aurais reçu plus d’aide et de soutien. Mais ce n’était pas le cas. Probablement parce que j’étais une fille et qu’il est encore peu répandu dans l’esprit des gens que l’autisme ne se résume pas à Rain Man ou à Code Mercury, deux films mettant en scène un homme ou un petit garçon présentant des troubles autistiques.

M'enfin j'ai des sensibilités beaucoup plus développés je supporte pas les lumières vive, aux bruits,certaines textures de vêtements style je supporte pas les vêtements serrés je sort rarement et forcément ça complique les rencontres phobie sociale même si mon problème ne se vois pas Ça reste frustrant,car ça me mène à des crises d'angoisse violente.

J'espère qu'il y auras des participantes,merci de m'avoir lu !c:

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Ancien membre  

Bonjour et bienvenue.

Je tiens tout d'abord à saluer ton courage pour avoir tenu autant de temps. J'espère également qu'écrire sur ce présent forum t'aidera à trouver un peu de paix.

Sache que nul ne doit changer ou tenter de s'adapter avec excès pour être apprécié des autres. Tu es une personne qui a tout autant de mérite dans la vie qu'une personne non autiste. Cette particularité est tienne, elle est probablement devenue une force au fil du temps même s'il semble parfois difficile de le concevoir.

En changeant un peu de perspective, la question peut être différente. Soit, pourquoi ce serait à toi de te demander si tu vas convenir à quelqu'un ? Au lieu de te demander si, a contrario, quelqu'un te conventira ?

Toutes ces choses nous rendent uniques pour ceux qui ont la chance de nous entourer. Je ne vois pas pourquoi tu ne trouverais pas des personnes pour t'aimer.

Tout vient à point à qui sait attendre. Sur ta route tu trouveras toujours des personnes sincères qui t'aimeront pour ce que tu es vraiment. Laisse leur juste le temps d'arriver jusqu'à toi.

Plume  

Bonjour Anonyme,

Il y a en effet un biais dans ton raisonnent.. Chaque particularité individuelle peut être perçue comme une force ou comme une faiblesse selon le contexte.. Hors dans cette société normée qui n'aime pas la différence, tu as du integrée malgré toi que la différence etait un handicap pour être appréciée.

Personnellement je pense être haut potentiel. Selon mon ressenti, je me sens infiniment plus proche de toi que de l'ensemble de la population majoritaire normopensante.

Alors, à condition que tu changes de regard sur toi-même et que tu assumes d'avoir une place dans cette société telle que tu es vraiment, il n'y a aucune raison a mes yeux que tu sois malheureuse en amour .. N'oublie pas que si tu joues la comedie pour t'intégrer en société... Tu n'es pas la seule à le faire. ; )

Plume

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Akaroa  

Salut,

Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale, que d'être bien adapté à une société malade. "Krishnamurti"

Il faut que tu apprennes tout d'abord à t'accepter comme être humain porteur de TSA. Je ne dis pas que c'est facile loin de là. Il m'a fallu un peu de temps pour l'accepter. J'ai encore du travail à faire sur moi, pour modifier les schéma que la société neuro-typique m'a inculqué et que me correspondent pas.

Tu as une vision du monde différente de beaucoup et je trouve que notre façon de voir les choses sont très belle (même si chaque Tsa à une vision différente des choses).

Courage tu vas trouver les personnes qui te correspondent que ça soit en amour ou amitié. Il y a des personnes qui ont pas peur de la différence. Ils veulent découvrir qui tu es vraiment sans jugement et bienveillance.

Courage

Ancien membre  

"Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale, que d'être bien adapté à une société malade" -. Krishnamurti

Pas faux .

Il ne faudrait pas pour autant inverser la tendance par convenance .

Avoir pu s'adapter n'est pas signe de "moutonnage" , hein .

Les capacités d'adaption sont différentes d'un individu à un autre .

Faire de l'autisme un super-pouvoir , c'est mal en connaître le sujet .

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Ancien membre  

L'autisme est une faille béante en terme de communication avec les autres .

A force d'amour , on peut améliorer cette communication .

Parfois pas ; c'est d'une tristesse infinie dans ces cas .

Des êtres hors-normes parviennent à se distinguer .

Pour tous les autres , le cheminement reste le même avec quelques embûches supplémentaires qui nécessitent du temps .

Ils ont un fonctionnement différent , c'est tout .

Avec le développement des réseaux sociaux , l'autisme n'est plus un handicap rare : juste un phénomène hyper développé .:)

Ancien membre  

Serait-ce la traduction du rejet d'un monde qui convient de moins en moins , dont les autistes auraient été à leur manière les précurseurs ?

Je ne détiens pas la réponse .

Seulement l'interrogation depuis déjà fort longtemps ...

Ancien membre  

Un peu comme quand les oiseaux se taisent avant un tsunami .

Plume  

L'autisme a mille couleurs autant que l'humanité peut en avoir.. Chaque individu decline à sa manière cette particularité et ne se résume pas à elle.. Alors oui pour certaines difficulté (plus ou moins prononcée) de communication de type traditionnelle mais pas que..

Je reste persuadée que cette société n'aime juste pas la différence, quelle qu'elle soit et que cette question peut se transposer. Pourtant dans cette société, des individus se positionnent autrement..

Plume

Plume 412  

Bonsoir,

Ton témoignage m'a beaucoup touché et je vais te répondre à ta question dès le début. Oui. Bien évidemment oui car tout le monde peut trouver chaussure à son pied si je puis dire. Même s'il faut attendre un bon moment pour certains, ce n'est pas pour autant que tu dois perdre espoir.

Je pense avoir déceler une question invisible dans tes propos: suis-je seule ? Y-a-t-il quelqu'un sur cette terre pour me comprendre ?

Je vais m'y répondre à nouveau : oui.

Je suis comme toi, aspie. Je suis aussi une zèbre ( surdouée), je suis hypermnésique ( très grande mémoire) et bisexuelle. Là c'est le moment où vous vous dites " Ça fait quand même un peu beaucoup là". Eh bien dites vous que je me dis exactement la même chose depuis de longues, très longues années.

Certes me prétendre exactement comme toi serait prétentieux et incorrect, puisqu'il est indubitable qu'il y autant l'autisme que de neurotypiques ( personnes dites normales sur le plan neurologique, non autistes en gros).

Dans l'imaginaire collectif, l'autiste c'est celui qui ne parle pas, se tape la tête contre les murs frénétiquement et ne pourra jamais vivre seul. Permettez moi de vous dire que vous vous trompez sur toute la ligne si vous insidieusement vous pensez cela.

Je ne suis pas là pour vous faire un cours sur l'autisme car je ne suis en aucun cas une spécialiste, je tiens simplement à souligner que l'autisme n'est pas une maladie, un trouble, une pathologie ou tout ce que vous voulez. C'est simplement une façon différente de voir les choses, un cerveau qui n'est pas câblé comme ceux des neurotypiques. On appelle tout cet ensemble la neurodiversité, toutes ces différences sur le plan neuronal qui forme un ensemble diversifié.

Donc là c'est le moment où je vais vous raconter mon histoire.

On m'a diagnostiqué précoce à l'âge de sept ans, même si mes parents et ma famille en général avait vu depuis le début que j'étais un peu hors-norme disons : j'ai su lire et écrire très jeune, je retenais des noms de fleurs ou d'animaux que même mes parents ne connaissaient, je posais des questions qui ne faisait pas sens dans la bouche d'une enfant de mon âge. Mon père dira que c'est pour cette raison que l'on m'a donné mon prénom, puisqu'il savait déjà à l'avance que j'allais être bizarre et que cela va donc de paire avec mes initiales qui donne le mot ET ( oui, oui, comme le célèbre alien de Spielberg. Merci papa). Ce que je ne savais pas,c'est qu'à l'époque la psychologue qui m'avait diagnostiqué ma précocité avait déjà évoqué avec une bonne certitude un autisme d'Asperger, mais mon père n'avait rien voulu entendre et était persuadé que cela était dû à ma précocité.

On a donc pris la décision de me faire sauté une classe. Ça été un gros changement, car malgré quelques soucis de communication j'avais un groupe solide d'amis depuis la maternelle. On s'est promis de ne jamais se quitter, même si j'allais au collège avant eux, mais comme on le sait si bien, des paroles ne sont que des paroles. Malgré toute la bonne volonté du monde, on ne peut empêcher l'inexorable. On s'est progressivement perdu de vue, jusqu'à la disparition totale des radars.

Ce que j'ignorais était que je m'engageais vers le combat le plus dur de ma vie : le regard des autres. Au début, on m'appelais Einstein dans mon école primaire et j'aimais toute cette attention qui émanait des autres. Je me sentais flattée, j'aimais être au centre de l'attention.

J'ai très vite déchanté arrivée au collège. J'ai eu une année de répit avant de prendre la décision de partir en allemand bilangue. N'ayant pas eu à ma connaissance cette option lorsque que j'avais fait mon inscription au collège, j'ai pris des cours d'allemand l'été et en quelques moi j'avais le niveau suffisant pour intégrer la section.

Trois ans. Trois de harcèlement, d'humiliation, de rabaissement et d'incompréhension. Ce fût tellement ancré dans mes pensées que je ne valais rien et que j'étais hideuse qu'il m'a fallu quatre ans pour me regarder dans un miroir un me dire "je suis belle". Mon plus gros complexe venait du poids. Je me sentais grosse et affreuse. Un an de plus pour que j'ai ma révélation: je suis dans le tram à Caen, je m'ennuie et j'écoute de la musique en revenant de l'université. Je me regarde à travers les portes. Gros choc. Je reprens mon souffle un instant, je cligne des yeux. Je n'y crois pas et je m'avance pour mieux voir. Je ne suis pas grosse, je ne l'ai jamais été. Non je ne le suis pas. J'ai envie de le hurler dans le tram mais on prendrait pour un folle, et c'est la dernière des choses que je souhaiterais qui m'arrive. Non je ne suis pas grosse. Mes jambes ne se touchent pas, ou presque pas. Je mets du 38. J'ai un peu de hanche, du ventre comme tout le monde, et puis au pire ça donne un petit côté muffin.

Mon problème venait du fait que je faisais un peu le yoyo avec mon poids, des périodes où je grignote énormément et d'autres où je ne me nourrie pas à cause du stress. À cela s'ajoute une trichotilomanie, j'arrachais mes cheveux et sourcils, mais j'ai arrêté depuis, et même si j'ai les sourcils très fins de nos jours il me reste peu de séquelles.

J'ai du voir plusieurs psychologues car je stressais énormément, je souffrais de l'abscence de ma mère qui avait été mutée dans le 93 et ce jusqu'à mes 15 ans,mais surtout de l'incompréhension de la part des autres et de mon incapacité à créer des liens avec eux.

On vit dans un monde où tout est facilité en permanence car c'est ce qu'on aime, la rapidité,la facilite. Quand on observe une différence, deux choix s'offre à nous : on essaye de comprendre ou on critique. Comprendre ça demande du temps, et comme on n'a pas de temps, on critique,on affiche, on met de côté.

Je vous passe tout les détails mais j'ai bien faillit à plusieurs reprises finir à l'hôpital, car on oublie souvent que le harcèlement ce n'est pas seulement de la violence psychologique mais aussi de la violence physique. Ce n'est pas seulement des "petites critiques " comme on le dit souvent. Le meilleur que j'ai pu entendre c'est " Au fond si on se réfère à ces fameux harcelés c'est surtout des gens susceptibles qui n'aimaient pas les critiques des autres. On a tous été un peu critiqué dans notre vie, on a tous eu des petits surnoms, donc au fond on a tous été un peu harcelé dans notre vie, pas besoin d'exagérer. "

Ces personnes ne comprennent pas et je ne pense pas qu'elle le pourront un jour. J'ai juste envie de répondre à cette personne " Mais dis moi mon con, est-ce que toi aussi on t'a déjà appelé mange merde pendant trois ans au point que tu veuilles vider la boîte de cachetons en face de toi !? "

Bon ne nous éloignons pas trop du sujet, et faisons un bon de d'un an. Première fois que je tombe réellement amoureuse de quelqu'un, personne sublime, personnalité intéressante, belle et intelligente. Oups j'ai dit belle, la boulette. Ah non en fait c'est bien ça, belle. J'étais amoureuse de ma déléguée, et elle était amoureuse...de Dieu. Famille hyper pratiquante, elle pratiquait même le carême pour vous dire, truc que je ne connaissais même pas puisque mon père m'a converti à son athéisme profond. En même temps,il fallait s'y attendre puisque j'ai fait le choix d'aller en lycée privé catholique car je ne voulais plus jamais entendre parler de public après ma si belle expérience du collège. Ce fût un vrai choc quand je suis arrivée. Des personnes formidables, bienveillantes et tolérantes, mon dieu merci je pouvais enfin reprendre mon souffle.

Or, un doute subsistait en moi. Quelque chose qui me soufflait à l'oreille " tu n'es pas normale". Merci mais ça fait un moment que je l'avais remarqué, ça serait bien gentil de m'aiguiller un peu depuis le temps que tu me mènes en bateau parce que si ça continue c'est toi qui va rentrer à la rame ( vous êtes pas obligés de rire à mes blagues pitoyables, au moins je me serais fait rire un instant et ça fait du bien).

J'ai commencé à faire des recherches, passer d'hypothèse à hypothèse, jusqu'à la bonne hypothèse : c'est quoi ce drôle de syndrome là, le syndrome Asperger. Tout de suite mes parents ont été très soutenants. Ils comprenaient mon besoin de savoir,de mettre un mot sur toutes ces petites choses. Des choses parfois insignifiantes, que l'on ne pense même à mettre en relation: supporte difficilement le toucher, surtout les câlins et les bisous sauf si l'on connait bien la personne, très sensible au bruit et aux couleurs au point d'avoir créé une échelle reliant des sons en degré de supportabilité à une couleur ( j'étais en train de faire de la synesthésie, association de deux sens, sans le savoir ), grande émotivité si bien que je schématise mes journées comme de perpétuelles montagnes russes émotionnelles, grande soif de connaissances surtout dans certains domaines ( linguistique, ornithologie, histoire, philosophie, astronomie). Des choses auxquelles on ne pense jusqu'à trouver le bon psychiatre qui vous dit oui c'est ça, oui ça correspoond.

Asperger. Aspie. Ça fait tellement de bien de mettre un mot sur tant d'années d'errance et de souffrances ! Bien sûr mes parents étaient au courant, mais ils ont toujours voulu m'élever dans la "normalité " pour ne pas que je m'enferme dans mes stéréotypies. C'est mon père qui me faisait des cours de communication, c'est lui qui me donnait des objectifs pour m'obliger à me sociabiliser. C'est ma mère qui m'a toujours soutenu dans mes démarches de connaissances, qui m'a rassuré quand j'en avais besoin. C'est mes parents ces super héros. Tout prend son sens. Jamais je ne pourrais les remercier assez.

Je défie tout les pronostics maintenant puisque je vais à la fac, j'ai mon propre appartement, je suis heureuse, indépendante, j'ai 18 ans et je parle 7 langues ( pas toutes couramment évidemment, je suis pas un génie tout de même).

Niveau amour, j'ai eu une petite amie au lycée mais on s'est séparé depuis.

Donc oui tu n'es pas seule. Oui je te comprends. J'espère que nos chemins se croiseront un jour, car la solitude commence à me peser de nos jours,ou du moins que j'aurais l'opportunité de rencontrer des gens comme toi et moi.

Je vous laisse sur ces belles paroles prononcées par un personnage d'une série que ma mère affectionne particulièrement, Atypical :

"Au final, ce sont peut-être les autistes qui sont les gens normaux, puisque ce sont eux qui voient le monde tel qu'il est réellement. "

Bonne soirée à vous tous.

Ancien membre  

Tout le monde mérite l'amour. Malgré tout, ça reste la chose la plus belle qu'il puisse exister. Et tu trouveras l'amour. De plus, tu as l'air d'être une personne pleine de sympathie.

Je te souhaite d'être heureuse.

Peut être à bientôt si tu veux discuter.

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Chagrindame   - modifié par chagrindame le 27/05/2020 - 17:40:54

Très Chère Anonyme

Comme j'arrive après la bataille, après lecture je ne peux que rejoindre l'ensemble des propos de celles qui vous ont répondu ( puisque chacune a apporté des pensées que je peux rejoindre sur le sujet)....

Les Handicaps visibles ou Non visibles sont aussi difficiles à porter pour les unes comme pour les autres....Et effectivement que ce soit l'Autisme ou une autre différence à vivre , que celle-ci se situe au niveau d'un handicap Sociale ou d'un Handicap Reconnue MDPH, ces différences mettent à l'épreuve les concernées sur la question du droit au bonheur.....Comme si la différence n'autorisait pas de manière Naturelle à telle ou telle chose qui serait presque acquise en apparence pour d'autres...

Comme s'il y avait un énorme MOINS à porter une ou plusieurs différences, alors! que contrairement aux idées reçues, la différence est fatalement un PLUS, puisqu'elle confronte forcément à des problèmes d'entrée de jeu .... ( j'essaie de m'en convaincre moi-même en vous écrivant ( sourire)

Ce Plus sème des tas de petits Plus pour pouvoir appréhender la vie autrement .....Les difficultés rencontrées par une différence propre à chacun(e) peut se concevoir comme une Chance ou un CADEAU qui permet de passer par des épreuves supplémentaires que la plupart ne vivrons pas ( même si évidement, on s'en passerait, j'entends bien)...Ce Plus dans la différence demande très tôt des efforts pour aller vers le dépassement de soi....Ce fameux Dépassement de soi qui peut prendre des années de travail pour certaines personnes...

Puis à Vécue et à Différence identique ou presque, il n'y aura pas non plus la même façon de vivre les choses pour les un(e)s ou les autres

J'ai un exemple concret de Personnes Autistes et Trisomiques qui vivent en institution spécialisée en raison du degrès de leurs handicaps......Cette institution bienveillante est l'une des rares qui travaille sur la question du droit à la sexualité et à l'intimité des personnes handicapées.....Pour la vie quottidienne, il y a l'aide d'une équipe educative pluridisciplinaire , cependant, la vie amoureuse n'était pas empêché comme ailleurs et de ce fait, il y avait 2 couples de personnes trisomiques et un couple composé d'une personne à défficience intellectuelle avec une personne Autiste ........

Mais je dirais aussi que RIEN n'est facile pour personne que ce soit Avec ou Sans différence à vivre et à porter.....Il y a une multitude de Différences existantes qui sont ou non exposables et qui peuvent être non entendables parcequ'elles ne sont pas considérées dans notre société...

L'Ecole est une micro société où les jeunes ont leurs propres codes verbales, vestimentaires auxquels il faut s'intégrer sous peine d'être rejeté.... Dès qu'il y a groupe aussi petit soit il, il a son propre fonctionnement et à chaque fois qu'il faut en intégrer un, il faut soit s'ADAPTER ou se SURADAPTER à lui , tout dépend de la constitution de ses Membres et c'est souvent les Mêmes qui s'y collent à ces formes d'adaptations..Ca peut pomper une énergie de dingue selon les limites de l'ouverture d'esprit des personnes d'un groupe...

Je fais le choix conscient de parler de LIMITE DE L'OUVERTURE D'ESPRIT , parceque tout le monde de nos jours se dit être ouvert d'esprit ( mon oeil) , on se rend vite compte des limites de cette Ouverture en échangeant avec les personnes....

Groupe Au Taffff, dans une Carcérale, dans une fête Familiale, dans une activité sportive, dans un FORUMMMMM etc etc etc .....L'effet groupe s'il n'est pas guidé par la Bienveillance, il fera violence à des degrès différents , mais, heureusement qu'il existe parfois la possibilité d'en sortir pour certains d'entres eux...

Vous êtes pleine de bon sens chère Demoiselle et votre récit de vie est très émouvant et je suis tout à fait d'accord avec une forumeuse qui vous a répondu que vous méritez le bonheur comme n'importe qui....J'y crois pour Vous dur comme fer

Bien à vous charmante Demoiselle

Ancien membre   - modifié par Madeleine le 28/05/2020 - 17:37:41

Bonjour

Je vais essayer de vous répondre plus directement; votre question est

"Serez -vous capable d'aimer une fille avec un trouble autistique(Aspie)"

Ma réponse est:

je n'en sais rien du tout, parce qu'être autiste ne suffit pas à définir une personne. Vous avez bien d'autres spécificités...et chaque chose qui vous qualifie s'ajoute aux autres pour faire de vous qui vous êtes ! Peut-être pouvez vous vous essayer de vous définir comme cette personne unique que vous êtes, afin de vous présenter aux autres non pas seulement comme une personne autiste (qui ne peut être donc être que par rapport aux non-autistes), mais comme vous même "en entier" ! Vos goûts, vos aspirations, vos colères, et tout ce qui vous anime !

J'espère que cela répond un peu à votre question, et nous pouvons en rediscuter, si vous le souhaitez.

Ancien membre   - modifié par Gizlu le 28/05/2020 - 20:07:27

Bonjour anonyme,

Je rejoins la majorité des posts en disant que avoir des traits autistiques de toute façon ne veut pas dire que tu es autiste dans le sens "maladie mentale" du terme. Et même si tu as été diagnostiquée, pleins d'autres filles ont certainement autant de troubles autistiques que toi sans avoir été pour autant diagnostiquées !

En lisant ton post d'ailleurs je me retrouve car je ne me suis jamais intéressée aux centres d'intérêts des autres filles de mon âge, j'étais toujours en décalage de ce que les autres ressentaient ou critiquaient ... J'essayais de leur ressembler et je me forçais à être une personne que je ne suis pas ... Toujours aujourd'hui je ne me sens pas nécessairement " intégrée" au monde où l'on vit ... Je dois certainement être une extra-terrestre lol ! Mais est-ce que cela fait de moi pour autant une autiste ?! non je ne crois pas ! et même si je l'étais? Qu'est ce que cela changerait dans ma vie !

Les autres personnes qui te rejettent et te critiquent ce sont eux les anormaux et ils se sentent tellement mal d'avoir quelqu'un devant eux de "différent" qu'ils réagissent de manière négative ... Ces personnes sont malheureuses car elles ne savent pas ce que c'est d'être différent et de voir les choses autrement ! Elles restent cloisonnées dans leur habitudes et leurs carcans rassurants...

Tu trouveras des amies, des amis, des petites copines tout comme moi et d'autres car tu oses exprimer ta différence et que tu me sembles très intéressante. C'est ce que je te souhaite dans tous les cas ;)

AnonymeMR  

Salut,

Nouvelle sur ce forum, je me permets de repondre à ton post malgré la date de publication.. Après quelques années d´errance à tenter de comprendre mes réactions, le même diagnostic vient de tomber. J'aimerais eventuellement discuter avec toi afin de savoir si tu as trouvé tes réponses ?

A bientôt peut-être ! 🤷‍♀️

IAmButterfly  

Coucou. Je me reconnais dans chaque mot de ton message. Je suis aussi autiste Asperger et je n'ai rien à voir avec Rain Man et les autres clichés. Je discuterais avec toi avec plaisir, si tu le veux bien.

Envoyé depuis l'application android
Yubels  

Bonjour/Bonsoir !

Et bien, je ne sais pas vue que je n'en ais jamais connu et je ne me suis jamais trouver dans la situation de tomber amoureuse d'une femme autiste. Après pour moi rien n'est impossible !

En souhaitant une belle journée/soirée

Hulotte  

Personnellement, je ne vois pas pourquoi on pourrait répondre "non". C'est la personne qui importe.

Si quelqu'un refuse d'emblée pour un diagnostic, c'est une personne validiste autant l'éviter. 😊

Bon courage

Envoyé depuis l'application android
Chrisdu29   - modifié par Chrisdu29 le 10/09/2020 - 11:23:16

bonjour (bonsoir pour d autres !)

je pense que l'auteur de ce post ne verra pas objection que je parle côté masculin. car je vis avec un aspie .

ok, depuis la création de mon compte, ma vie sentimentale a changé. ne venant que rarement ici. Mais ce post reçu dans mon fil Facebook m'a interpellé et je me devais de répondre.

janvier 2019. inscrit sur un site de rencontre je reçois un message. je regarde le profil, personne à l opposé de mes attentes, trop jeune, trop sexuel... enfin rien qui m'attirait. Après hesitation je réponds par politesse. je suis en Finistère et lui dans l Yonne... qu est ce qu il veut ?

il a su me convaincre que son profil ne correspondait pas à la réalité.

je passe les debuts!

fevrier 2019, il vient passer un we. premiere fois qu il fait un long trajet.

le dimanche il devait partir... enfin preparer ses affaires pour partir le lundi aux aurores.

de la baignoire, il m appelle et me dit simplement "je ne pars pas, je reste"et sans me demander mon avis ! la logique et les aspies, tout un programme.

au fil du temps je me suis rendu compte qu il y avait quelque chose qui clochait chez lui. mais je n arrivais pas à savoir quoi. j etais animateur et educateur dans ma jeunesse, et je sentais qu il n avait pas une réaction normale. au depart j avais mis sur le compte qu il venait d un.milieu un peu racaille, entouré de dealers etc bien que lui deteste l.alcool et la drogue.

Kevin est quelqu'un de très intelligent, capable de retenir des choses de façon impressionnante et capable d oublier en 4mn l'essentiel. tout cela doublé d une impulsivité parfois hors de propos et dans des proportions inadaptées.

et là, ça m a fait tilt.

j'ai fait toutes les recherches possibles et inimaginable et toutes revenaient à ma pensée : Kevin est autiste asperger.

maintenant comment lui dire... bah.. si j'avais su. il l a pris comme si je lui avais dit qu il a de beaux yeux (en l occurence, il a de beaux yeux!). il a simplement rajouté qu il se sentait différend des autres et m'a demandé de l aider.

ça n a pas été simple. pour lui comme pour moi. En couple, il a été obligé de sortir de "sa bulle' qu il s etait créé. il a même craqué deux fois et a tenu bon. la troisième etait d'ordre sexuel, Kevin pensait ce qu il avait lu sur divers sites et forum et que l.amour s était "baiser". Alors il baisait en cachette, sauf qu il ne sait pas tricher et j'étais au courant sans rien lui dire. Jusqu au jour, enfermé dans son mensonge, tiraillé entre s enfermer dans sa bulle et ayant peur de sortir de ce cocon nocif qu il s'etait fabriqué pensant se protéger, il.me.quitte brutalement allant à la mission locale pour obtenir une.place dans un foyer d hébergement d'urgence pour les jeunes.

il m appelait tous les jours. je me suis dit qu il fallait l'electrochoc. je.l.ai.mis au pied du mur face à ses mensonges. il m.a tout dit...

.meme ce que je n avais pas deviné !

et il est revenu, apaisé. son appetit sexuel démesuré s est arrêté, il est devenu assez tendre et calin. depuis il est heureux, plein de.projet.

aujourd'hui, ça fait 19 mois qu on vit ensemble. il a avancé. son père me disait qu il ne le reconnait plus tellement son evolution le choque. il trace son avenir petit à petit, comble ses lacunes culuturelles, s interresse a plein de choses meme au delà de ses gouts.

il veut voir un psychiatre, il veut avancer, pressé (oui, l impatience de l'aspie! c est tout de suite sinon rien!)

ça n est pas simple (je deteste les choses simples), mais... honnêtement... ça vaut le coup. et je crois que son autisme nous lie davantage, lui par.protection et moi encore l'envie de.le battre pour quelqu'un. ça nous renforce.


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