Une vie qui vole en éclats

Amour et intimité - Créé le - 17 Participations

Une vie qui vole en éclats

Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

Elles s'aimaient d'un amour simple, fait de rires et de douceur.

Elles avaient vécu une crise importante, qu'elles avaient surmonté et avaient repris leur relation sur des bases bien meilleures et bien plus solides qu'auparavant.

Plus rien ni personne ne semblait pouvoir se mettre en travers de leur amour.

Elles respiraient le bonheur, de celui qui se nourrit des petits riens du quotidien et que le présence de l'autre à ses côtés, rassurante, suffit à amplifier chaque jour.

Elles étaient heureuses, et ça me convenait et ravissait, moi qui aimais discrètement l'une d'elles.

Mais ce n'est pas de moi dont je veux parler ici...

Comment une vie peut-elle basculer en un instant, comment en une fraction de secondes, tout un équilibre peut-il voler en éclats et le bonheur, le vrai, devenir un rêve impossible à atteindre à nouveau... Un souvenir de ce à quoi on aspire mais que l'on sait ne plus jamais revivre...

L'une d'elles a fait un accident vasculaire cérébral.

34 ans, mère.

Craniotomie. Soins intensifs.

Pronostics : paralysie, séquelles importantes, incapacité à travailler.

Le reste, on attend.

Il a suffit d'un instant, et plus rien ne sera jamais plus comme avant.

Comment se relève-t-on, comment continue-t-on à vivre quand on se retrouve pris au piège...? L'une dans son propre corps, tout devra être à réapprendre, l'autre dans une vie difficile, qui sera consacrée à celle qu'elle aime...

Comment soutient-on les "aidant proches", comment apporter, sans s'imposer, quelques rayons de soleil dans la vie de celle qui voit son aimée entre la vie et la mort, qui comprend qu'elle va devoir porter à elle seule les rênes du foyer, tout gérer, être forte pour deux...? Elle, qui est perdue et bloquée dans l'instant présent, se raccrochant aux mini-évolutions pour tenir le coup et continuer à croire à un dénouement positif.

Le cauchemar ne fait probablement que commencer pour elles, qui avaient tout pour être heureuses...

Et si... Et si tout s'arrêtait demain, comment survivrait-elle à la perte de la femme qu'elle aime, s'en remettrait-elle ? Et si... Oh non. Ne pas penser à ça.

Qui prie-t-on quand on n'a aucun Dieu auquel s'adresser, mais qu'on veut plus que tout une issue la plus positive possible ? À qui demander que le pire soit réellement derrière, que la santé de l'une s'améliore au-delà S espérances du corps médical, que l'autre trouve la force en suffisance, elle qui est si sensible et a tant de mal à tenir debout...?

La vie est courte, les amis, nul ne sait de soit sera fait demain. Tout pourrait basculer en un instant. Profitez de chaque seconde.


0 vote

Bonjour,

très beau témoignage, fort, touchant de sincérité et empli de désarroi. Les mots n'apportent qu'un réconfort très relatif, néanmoins je suis de tout coeur avec vous et vous transmet tout le courage que je peux. La vie ne fait pas de cadeau et est parfois impitoyable il est vrai.

Pour l'heure tenez bon, ne perdez pas espoir tout en gardant raison autant que faire ce peut; qui sait...

Bon courage,

Dayzelle


0 vote

C'est terrible à dire mais la vie est (souvent) ainsi: un jour tout bascule (je sais de quoi je parle). Petit "cadeau" (empoisonné) de la vie pour nous mettre à l'épreuve et voir de quoi nous sommes capables selon moi et mon expérience. Alors oui, ce sera dur, oui il y aura des moments où elle en aura ras le bol, il y aura des moments où elle aura l'impression que la vie s'acharne, il y aura des moments sombres, il y aura des pleurs, des larmes, des moments de doute où tout ce qui les entoure semblera une vaste blague, comme si deux mondes cohabitaient l'un à côté de l'autre sans parvenir à se rejoindre. Oui, encore une fois ce sera dur.

Alors comment faire? C'est malheureux à dire mais à part se battre de toutes ses forces (quand on en a et même quand il ne nous en reste plus) et attendre, juste attendre que la roue tourne, car elle tourne, même si l'on aimerait parfois qu'un coup de mistral la fasse tourner un peu plus vite...

Mon avis? Si elles s'aiment elles surmonteront ce qui leur arrive. Dans la douleur, certes, mais elles y parviendront. L'amour c'est parfois l'oubli de soi pour l'autre. Elle sera dans cette situation mais ce ne sera pas un problème, si elles s'aiment. L'amour, quand il est authentique, rend les gens plus forts. Alors oui c'est vrai, il y a des choses qui ne se surmontent pas: quand elles blessent, quand elles cognent, quand elles laissent des cicatrices inguerissables, quand elles hantent. Mais ça, ce qui leur arrive, ce n'est de la faute de personne, il n'y pas de coupable, sinon la vie, la joueuse, la cruelle. Alors juste, avoir confiance en leur amour, être là pour elle, l'écouter, l'épauler quand elle en aura besoin (parce que tout le monde a besoin d'aide) mais tu verras, elles s'en sortiront. Elles réapprendront à vivre autrement, elles s'adapteront. Bon courage à elles.


0 vote

Oui il faut profiter de la vie qui est la surtout quand on a la sante on a le plus important.

Laquelle aimais tu?


0 vote


Merci pour vos mots... Je les relirai à chaque baisse de moral, ceux d'Aislinn me semblent justes et m'aident à voir la situation moins négativement...

Veluma, celle qui n'a pas fait l'avc. C'est déjà ça, ma douleur est probablement moindre que si, en plus, je ne pouvais la soutenir... Là, je peux, de loin.


0 vote


2 remerciements

Oh bordel ... putain, la vie est cruelle mais là ... putain :(

Désolé.e de mon manque d'éloquence, mais ma mamie a faillit mourir d'un AVC l'été dernier. Je suis profondément désolé.e pour ces deux femmes, surtout pour la malade, je me met à sa place ... c'est horrible.

Et je suis également peiné.e pour toi aussi, j'espère que tu tiens le coup.


0 vote

Bonjour,

Toi qui assistais en tant que spectatrice à leur idylle, tu vas pouvoir dorénavant devenir actrice et essayer de séduire celle dont tu es secrètement amoureuse. Ce qui était impossible hier ne l´est plus aujourdhui. Il faut savoir être stratège et exploiter les opportunités que la vie nous offre.


0 vote

Hmmm...

C'est d'un cynique...

Une amie me faisait aussi ce genre de réflexion : "Ce serait moche de la piquer alors que l'autre est à l'agonie." Humour noir totalement déplacé, j'ai eu du mal...

Déjà, je n'ai jamais tenté de prendre la place de l'autre... Mes sentiments sont connus depuis un moment, mais seule l'amitié s'exprime car tout ce que je veux, c'est la voir rire et sourire au quotidien.

La séduire ? C'est tellement loin de mes préoccupations actuelles, vraiment... Je veux être là, être importante, mais en toute amitié. Je ne veux que son bonheur et il n'est pas avec moi. Et je ne parviens même pas à envisager la possibilité d'un après où j'aurais ce rôle-là dans sa vie, où sa compagne ne serait plus là. C'est tellement... Tellement éloigné de ma personnalité, penser ainsi... Tellement inenvisageable...

Et bien trop tôt pour pouvoir en plaisanter et voir les choses sous cet angle...


0 vote

Salut à tous!

La vie est parfois cruelle et a souvent ses mauvais côtés effectivement....mais je pense qu'il faut surtout savourer les bons moments (surtout savoir les appréhender)....et se dire qu'il y en aura forcément d'autres bons moments plus tard....et se serrer les couddes, avec son entourage, en attendant que l'orage passe!

Bon courage

Cordialement

Stéphane


0 vote


41 remerciements

Les AVC font peur car même si une prévention et gestion des alertes serait possible, même si on peut souvent réadapter en partie le cerveau, les plus malchanceux en meurent, et c'est souvent invalidant pour les autres. Et comme cela ne suffisait pas, de plus en plus de jeunes sont touchés alors que c'était traditionnellement un risque chez les seniors, et certaines régions sont plus touchées que d'autres. Sans qu'on explique précisément pourquoi, même si on peut concevoir que la banalisation de l'alcool, du tabac, des graisses de la malbouffe, ainsi que tout ce qui favorise l'hypertension ne soient pas très favorables à la solidité des artères du cerveau. Et pour corser le tout, quasiment personne est formé pour s'inquiéter des alertes transitoires, ni s'inquiéter suffisamment rapidement des accidents cérébraux.

Au total la situation ne peut qu'être dramatique, même si elle est souvent améliorable avec beaucoup de travail dans des centres de réadaptation.

C'est vrai que ta situation est un peu ambigue parce que tu aimes sa copine. Tu peux guère faire mieux que d'être présente voire aidante de ce couple, et tu ne peux même pas être sure que cela rassure la fille accidentée qui pourrait te voir comme une concurrente quand elle aura retrouvée un peu d'autonomie.

Par ailleurs il me semble que cela les aiderait et t'aiderait toi aussi si tu contribuais à ce que ce type d'accident ne se reproduise pas chez la fille que tu aimes, chez tes proches, et toi aussi car personne n'est vraiment à l'abri. Une difficulté est que lorsqu'on est accidenté y compris de façon transitoire on a plus nécessairement la clairvoyance pour y faire face efficacement, mais on peut peut-être protéger ses proches. Et il faut accepter que malgré ces précautions on peut être impuissants, je l'ai vécu pour un de mes parents. Mais à contrario c'est un peu inutile de remplir des mouchoirs de larmes sans rien faire de concret. Au premier chef profiter de la vie ce n'est pas nécessairent faire passer trop souvent de l'alcool dans ses artères du cerveau comme le font les tres jeunes, ces tuyaux sont fragiles. En tout cas c'est ainsi que je vois les choses.


0 vote


Désarroi . Un mot qui résume beaucoup . J'ai survolé les interventions . Je n'ai pas envie d'en dire plus . Suis très touchée ...

Jeanne


0 vote

Merci...

Elle tient le coup.

Et sa compagne essaie... Quelques mouvements, quelques paroles, c'est déjà beaucoup...


0 vote

Bonjour,

Alors je crois pas que la vie soit faite de petits riens. Le bonheur, c'est davantage que de petits instants de bonheur quotidiens. Bien sûr qu'ils sont importants, ces petits instants. Mais je crois aussi que le bonheur, c'est davantage que cela.

A-t-on vraiment besoin d'être riche pour être heureux(se)? Et a-t-on vraiment besoin d'être en bonne santé, pour être heureux(se)? Malgré cet accident, la vie peut continuer.

Confucius a dit: "L'homme de bien se révèle dans les grandes occasions ; l'homme de peu ne s'accomplira jamais que dans les petites tâches".

Et ces filles, je crois le deviner, sont de bonnes personnes. Et elles n'ont pas besoin de petites tâches pour s'accomplir et s'épanouir. Tout ce dont elles ont besoin pour briller et apprécier la vie, c'est de grandes occasions.

En chinois, il n'y a qu'un mot pour désigner une crise et une opportunité. Et cette grave crise que traverse ce couple pourrait être une opportunité pour elles de revenir aux choses essentielles. La vie, ce n'est pas quelque chose qu'on prépare et qu'on mange goulûment: la vie, c'est quelque chose qu'on déguste jour après jour, comme une soupe trop chaude.

Et un proverbe chinois dit: "Celui qui s'est brulé en buvant une soupe trop chaude soufflera sur le ragoût froid". Laissons cette fille souffler sur le ragoût froid, et ne la plaignons pas. Parce que parfois, des choses extraordinaires émergent de choses ordinaires.

Parfois, de magnifiques fleurs émergent à un endroit où on ne les attendait pas. Albert Einstein, par exemple, a créé ses théories de la relativité, alors qu'il habitait en Allemagne, à une époque où le nazisme devenait de plus en plus important.

()

Regarder sans voir se nomme le xi.

Ecouter sans entendre se nomme le yi.

Et tendre vers un but sans l'atteindre se nomme le wei.

Ces trois concepts dépassent l'entendement, et s'unissent pour former le Tao.

(tao te king chapitre 10)

()

Le vide et l'amplitude se réclament de la même origine.

Le long et le court renvoient l'un à l'autre.

Le haut et le bas reposent l'un sur l'autre.

Les sons et la voix s'harmonisent.

L'avant et l'après se suivent.

Telle est la constance.

(tao te king, chapitre 2)

()

De la même façon, il me semble que le malheur engendre le bonheur, et le bonheur engendre le malheur.

Alors il ne faut pas trop craindre les accidents, ni trop redouter les malheurs.

Et il ne faut pas non plus trop se réjouir du bonheur.

Parce qu'ils ne sont que 2 approches d'un même élément.


0 vote

bonjour

pour avoir vecu une situation aussi soudaine et etre restee dans l attente de savoir s il allait vivre ou mourrir c est affreux.

L AMOUR te permet de te lever d aller a son chevet meme si la personne ne le voit. Il faut rester fort et s accrocher.

Apres avoir vecu ca de si pres tu ne verras plus la vie de la maniere.

Apres si je peux me permettre pour l avoir eu il ne faut pas se negliger et dire je gere je suis forte je dois etre forte et acceptdr de baiser sa garde, de pleurer quand on a envie et non seule dans sa chambre. Ton aide moral sera pour elles un fort soutien. si tu veux on peut aussi se parler en privé par tchat. COURAGE et il faut pas essayer de comprendre pourquoi ca nous arrive car la vie courte et imprevisible mais surtout injuste.


0 vote

😌 ☺️


0 vote

Elle est forte.

Son courage et son dévouement m'impressionnent.

Sa tristesse, son inquiétude, me submergent.

Ses sourires sont beaux et sincères, mais emprunts de cette culpabilité de ceux qui continuent ou recommencent à vivre quand la situation est si terrible qu'on n'a l'impression de ne pas en avoir totalement le droit.

Elle a exprimé le fait qu'elle soutiendra sa compagne jusqu'au bout... Mais à quel prix ?!

Même à mon pire ennemi, je ne souhaite pas la vie qu'elle se prépare à assumer.


0 vote


41 remerciements

Citation de Anonyme #293037

Tu apparais parler de Veluma, celle qui n'a pas fait l'avc ?

Rester fidèle à sa copine et aidante est son choix, pas le tien...

On mesure ici le prix de la solidarité dans un couple et plus généralement une famille, dont le principe est qu'on devrait donner au moins ce qu'on attend de ses proches, véritable contrat la confiance dont la tendence actuelle est de le déléguer à l'état c'est-à-dire aux autres. A contrario l'état c'est-à-dire les autres sous-estiment souvent l'épuisement progressif des aidants fidèles qui ne se plaignent pas. Quoi que le parcours de soin soit mieux fléché après un accident qu'au cours d'une dégénérescence progressive, style Alzheimer.

A mon sens aider les aidants ce n'est pas les plaindre, ce dont ils n'ont rien à faire, mais de soulager leur surcroit de charge qu'elle soit physique, financière, administrative, et émotionnelle évidemment.

Bon tout ça c'est évidemment théorique, plus facile à dire qu'à faire, et il vaut mieux croiser les doigts pour que cela ne nous arrive pas...


0 vote




Pour participer à ce sujet, il faut être obligatoirement inscrit