In the closet

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Corsaire
Homme de 40 ans
Paris
Salut,
Je suis gay vivant en Algérie. Bientôt 40 ans, dont au moins 25 à vivre caché mon homosexualité. Est-ce bien ou pas? Je ne sais pas. Le fait est que je m'y suis fait. Je viens d'un millieu qui heureusement ne me harcele pas pour le mariage. Je vis très bien mon homosexualité ainsi. J'ai même vécu une relation de 7 ans avec un mec.

Mon problème est que souvent, quand je tombe sur des gays qui sont sorti du placard, je sens comme une forte intolérance. Surtout de la part des gays venant de pays plus overts que le mien. Je n'ai pas choisi de naître dans un pays qui condamne les gays à des peines de prison. Je n'ai pas choisi de vivre dans une société qui me rejete. Je me suis adapté et c'est très bien. C'est un choix de vie.

Essayez de nous comprendre et de respecter nos choix.

Le Corsaire.


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Minos
Homme de 21 ans
Paris

1 remerciement
Personnellement je respecte ton choix! Nous avons pas tous la chance d'avoir des parents compréhensif, nous avons pas tous la chance d'être né dans un pays qui tolère l'homosexualité. Dans certaines vie, vivre caché c'est mieux...
Je suis sorti avec un mec qui ne voulais pas le dire à ses parents... Bien que notre relation est été courtes, je respectait sont choix. Je ne lui demandais pas d'avouer à ses parents, je ne le regardais pas de haut sous pretexte que je suis sorti du placard. Et je pense que beaucoup serait ce montrer compréhensif, y comprit envers ta situation! :)

Donc sache que je respecte d'autant plus le fait de vivre "caché" et si tu t'y es fait, alors c'est parfait! :) tu ne souffres pas de vivre cachés, raison de plus pour vivre comme tu le veux! ;)

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Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

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Chacun fait comme il peut, avec les cartes qu’il a en main, dans le contexte social où il évolue. Je ne pense pas qu’être homosexuel soit facile pour quiconque, quel que soit le pays où il vit, coming out ou pas et ce, même pour les personnes qui s’en sortent le mieux. Ces dernières font peut-être parti de milieux privilégiés et protégés, donc assez fermés ou bien elles ont une capacité naturelle à évacuer le négatif ou encore, elles se sont forgé une armure avec le temps. Dans l’esprit, c’est peut-être d’ailleurs une solution que de constituer autour de soi un cocon d’amis LGBT (friendly) protecteur.

Une étude sur les LGBT a d’ailleurs été réalisée sur le sujet du stress d’être minoritaire dans une société et le sentiment de solitude qui en découle souvent, y compris après un coming out. Cette étude est résumée dans cet article, ainsi que dans ce fil de discussion betolerant.

Il est vrai aussi que se cacher est une question de survie dans certains pays et, au-delà des menaces réelles, comme écrit plus haut, le simple fait d’appartenir à une minorité pèse sur le moral et nous oblige à nous adapter aux autres, quelle que soit la société où l’on se trouve.

Donc le fait que tu te sois adapté à ta manière dans un pays avec des lois hostile aux homos n’a rien d’étonnant. C’est même je trouve plutôt un signe de résilience. N’écoute pas ceux qui te font sentir le contraire.

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Ce débat rester ou non dans le placard existe aussi chez nous, même si le risque d'intolérance sociale est infiniment moins sérieux que dans les pays musulmans, notamment ceux ayant évolué récemment vers une morale religieuse plus stricte.

Chez nous l'idée est pour certains gays que la visibilité et le combat pour l'égalité favorisent la normalisation, et pour d'autres le rejet. La réalité est sans doute la somme des deux, occuper l'espace social d'un pays libre c'est avoir plus de liberté, mais la société a aussi des résistances qui se comportent comme un ressort comprimé, plus on le comprime plus il résiste tant que son ancrage ne cède pas.

Chez nous on doit beaucoup aux associations LGBTi, aux partis de gauche qui ont légiféré en faveurs des gays depuis 1981, et on le sait moins, aux ados et plus généralement jeunes gays qui ont imposé leur orientation sexuelle à leurs parents très démunis juridiquement pour résister ou imposer une conviction différente. Les parents qui de dépit ou par bêtise jettent leurs enfants à la rue sont couverts de honte par la société, qui de plus le leur interdit si leurs enfants sont mineurs.

Mais il faut avoir conscience qu'il suffirait de quelques législatures réactionnaires pour inverser lourdement le processus, surtout si le peuple avait des souffrances plus vitales et plus urgentes que protéger les gays et autres minorités.

Ton questionnement n'est donc pas une spécificité d'un pays resté laïque, mais plus traditionnel où le mariage est incontournable, qui hérite de la colonisation et maintient une pénalisation de l'homosexualité pour rassurer les familles, et où la pauvreté fait le lit d'extrémistes religieux encore plus répressifs et jamais très loins.

Les gays qui te reprochent de rester prudent sont soit ignorants de ta situation, soit imprudents.

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Shalala
Homme de 19 ans
Paris

15 remerciements
Est-ce bien ou non? Qui est bon à juger ta propre vie et tes propres décisions? Du moment où rien de mal n'est fait, la notion de bien et de mal n'apparaît pas, je pense. Sois juste épanoui, et ne t'attarde pas trop là-dessus. ^^

photo de l'auteur Minos
Minos
Homme de 21 ans
Paris

1 remerciement
Je suis bien d'accord avec Shalala! :)
(oui c'est un peu un post inutile mais je devais le préciser! ^^)

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