Tchétchénie exécution homosexuels

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Urukan
Homme de 29 ans
Bruxelles

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La Tchétchénie est-elle en train d'exécuter les homosexuels ?

http://tetu.com/2017/04/03/tchetchenie-purge-anti-gay/

Un journal russe d’opposition parle déjà de trois meurtres et d’une centaine d’arrestations.

Il y a sept ans, ils avaient annoncé qu’ils n’enverraient plus de journalistes en Tchétchénie pour garantir leur sécurité après plusieurs assassinats survenus dans cette république russe du Caucase. Pourtant, l’équipe de Novaïa Gazeta, journal russe d’opposition connu pour ses investigations, a révélé les violences inouïes perpétrées dans le pays contre les homosexuels.

Se reposant sur les informations fournies par des « gros noms » du ministère de l’Intérieur, de l’administration présidentielle, du bureau du procureur et des associations LGBT locales restés anonymes, Novaïa Gazeta révèle la « détention massive » de plus de cents résidents tchétchènes en raison d’une homosexualité réelle ou supposée. Les détenus seraient âgés de 16 à 50 ans, et compteraient notamment des personnalités médiatiques et religieuses de ce territoire à majorité musulmane. Relayé par le New York Times, le journal russe évoque également trois personnes assassinées pour ces mêmes raisons, et suspecte d’autres victimes liées aux exactions judiciaires.

« Il n’y a pas d’homosexuels en Tchétchénie », argumentent les autorités
Le porte-parole du leader tchétchène Ramzan Kadyrov a déjà réagi à ces informations en qualifiant l’article « d’absolument mensonger » et en employant un argumentaire homophobe niant l’existence même de l’homosexualité en territoire tchétchène. Selon Russia Today, il argue qu’on »ne peut pas détenir ou persécuter quelqu’un qui n’existe tout simplement pas dans la république » puisque « les hommes en Tchétchénie ont un mode de vie sain, ils font du sport, et n’ont qu’une seule orientation [sexuelle] ». Et d’ajouter :

S’il y avait de telles personnes en Tchétchénie, les forces de l’ordre n’auraient aucun problème avec elles puisque leurs proches les auraient déjà envoyées dans des endroits où personnes ne revient.
Les relations presse du ministère tchétchène de l’Intérieur ont de leur côté évoqué une « farce du premier avril », l’article ayant été publié samedi, et les autorités crient à la « calomnie ».

« Trop de signaux pour ne pas le croire »
Pourtant, Ekaterina L. Sokiryanskaya, experte du Caucase au sein de l’International Crisis Group, a affirmé au New York Times qu’il y avait « de nombreux signaux » venant « de trop de sources différentes pour ne pas être vrais. »

Selon Novaïa Gazeta, plusieurs homosexuels tchétchènes ferment désormais leurs comptes sur les réseaux sociaux – grâce auxquels les autorités pourraient remonter jusqu’à eux – et échappent aux persécutions en quittant le pays, mais l’auteur du papier craint que la coutume du « crime d’honneur » ne mette en danger leur famille.

Livrant en fin d’article des informations d’aide aux LGBT de la région, Novaïa Gazeta indique qu’elle va fournir toutes les informations qu’elle possède aux autorités russes pour que celles-ci mènent l’enquête sur cette purge anti-gay.

Qu’est-ce qui aurait motivé cette purge anti-gay ?
Le journal suggère également que cette campagne de persécution survient en réaction à l’organisation GayRussia.ru qui a demandé des autorisations de Marche des fiertés dans plusieurs villes du Caucase en mars. Cette action était menée par le militant Nikolay Alekseev de manière à collecter des refus (prévisibles), et ainsi constituer un dossier auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Mais ce dernier a depuis nié l’hypothèse que cette campagne ait motivé les violences survenues en Tchétchénie.

Relatant également l’affaire, le Guardian a rappelé l’attitude extrêmement conservative de la Tchétchénie qui fonctionne comme un État quasi-indépendant de la Russie, et dont le président a déjà soutenu la polygamie ou encore le port obligatoire du hijab dans les lieux publics pour les femmes.


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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
ouais, fait pas bon d'être homo dans bien des pays.

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Il ne fait surtout pas bon de vivre dans un pays gouverné par une religion, quelle qu'elle soit.
Pour autant les idéologies ne sont pas seule responsables de cette haine contre les homosexuels, il y a aussi et surtout dirais-je un manque flagrant d'intelligence pour assimiler les différences biologiques. L'homosexualité n'est en elle-même ni "normale" ni naturelle c'est un fait scientifique indiscutable, mais ce n'est pas une raison pour se livrer à des exactions à leur encontre.
L'ouverture d'esprit et l'acceptation de la différence sont des notions encore peu partagées et trop rares en ce monde.

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Eizekiel
Homme de 26 ans
Châteauneuf-les-Martigues

3 remerciements
Modérateur
Bonjour,

J'ai lu l'article, les nouvelles d'aujourd'hui sont tout aussi deplaisante...

3 torturés et mort a l'heure actuelle.. Cest desolant et affreux de voir que certains regressent..

Eizekiel.

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Enneathusias
Homme de 45 ans
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Oui, ils régressent à cause d’une radicalisation progressive de l’islam et de l’application de la Charia menée par Ramzan Kadyrov, le président Tchétchène.

Cependant, il est intéressant de comprendre le terreau sur lequel a pu prendre racine cette radicalisation islamique et pour cela, il faut chercher dans l’histoire de la Tchétchénie :

« Tout au long de leur histoire, et plus particulièrement durant l'ère russe, une partie des Tchétchènes s'est battue contre ce qu'ils considèrent comme une occupation étrangère. L'accent mis sur les valeurs guerrières a donc pour corollaire l'exaltation de la résistance contre le pouvoir central moscovite. La résistance, dans sa dimension historique et mythique, se présente en élément central de la consolidation d'une identité tchétchène. Le discours identitaire se focalise sur les facteurs sociaux qui favorisent cette résistance, qu'il s'agisse de la structure sociale (le système des teips) ou religieuse (l'islam sunnite d'obédience soufie). »

(Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Tchétchénie#Le_facteur_religieux_ou_l.27islam_sunnite_d.27ob.C3.A9dience_soufie)

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Enneathusias
Homme de 45 ans
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(suite)

Outre le fond machiste, clanique et patriarcal commun à de nombreuses sociétés dans le monde, qui polarise déjà largement les comportements, la société tchétchène, sous l’impulsion d’une partie de la population, s’est donc construite, renforcée et braquée autour de valeurs martiales, guerrières et machistes. Elle l’a fait dans un réflexe de préservation et de survie pour se protéger des occupations étrangères successives qui ont marqué son histoire. Dans cet état d’esprit de résistance, l’identité est donc centrée sur le besoin d’être fort.

Chacun a une place bien définie dans la société et doit s’y conformer pour le bien vital de la nation toute entière. En cela, cette société n’est pas différente d’un égo qui chercherait à se protéger par toutes sortes de moyens et mécanismes de défenses : structure sociale traditionnelle en teips, traditions et coutumes controlantes, et une religion radicalisée qui constitue une apothéose du système de défense.

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Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

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Ce qui est remarquable par rapport à nos sociétés, c’est que la préservation de la structure sociale archaïque et traditionnelle en teips (i.e. des clans avec des lois locales), constitue une couche supplémentaire de contrôle et de pression sociale sur les individus. Le teip s’insère entre la famille et la société. Si la société dans son ensemble est machiste, difficile pour un homosexuel de s’extraire de cette pression familiale, clanique, sociale et…religieuse.

L’islam traditionnel d’obédience soufie dans ce pays est plutôt modéré, mais la radicalisation progressive de l’islam a entraîné une radicalisation du contrôle sur les femmes et tout ce qui se rattache au féminin en général. C’est l’application de la charia : « rien ne prévaut sur la religion », dit Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie. Le port du voile est obligatoire, les femmes qui se vêtissent de manière jugée indécente sont sévèrement punies, l’homme a le droit de critiquer la femme, mais la femme n’a pas le droit de critiquer l’homme, elle doit rester à la maison, la polygamie est autorisée, l’homosexualité n’existe pas en tchétchénie selon les autorités tchétchènes et si un fils se révèle homosexuel, il est normal qu’il soit dénoncé par sa famille, emprisonné ou tué, pour laver l’honneur, etc.

Source : http://geopolis.francetvinfo.fr/radicalisation-de-lislam-en-tchetchenie-kadyrov-bafoue-les-droits-des-femmes-62959

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Enneathusias
Homme de 45 ans
Lyon

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Donc, cette couche supplémentaire d’influence, par pression de l’islam radical, diffuse son idéologie totalitaire dans toute la société - avec une certaine facilité contre les homosexuels déjà honnis, il faut bien le dire - et une efficacité d’autant plus redoutable que la structure particulière de la société lui facilite la tâche et que 90 pourcent de la population est musulmane.

Les différences à la norme sont écrasées impitoyablement.

PS : désolé, j’ai été obligé de couper mon commentaire en plusieurs, car j’avais un message d’erreur (de contenu) initial m’empêchant de le poster. J'ai finalement réalisé que c'est, semble-t-il, un caractère pourcentage qui m'en empêchait.

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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Les explications sur wiki sont vraisemblables, en particulier la radicalisation religieuse qui offre des boucs émissaires faciles.

Mais quand on gratte un peu dans le passé de ces sociétés qu'on dit guerrières, et des sociétés patriarcales traditionnelles, on remarque qu'il n'y a pas besoin d'orientation homosexuelle pour que le jeune "guerrier" partage ses premiers émois sexuels avec un autre jeune "guerrier", et qu'un vieux "guerrier" s'offre sur ses économies les douceurs imberbes d'un jeune "guerrier". Parfois très jeune comme encore actuellement en Afghanistan.

Dans ce schéma les jeunes gays isolés qui se cherchent sont les premières victimes d'errances affectives, souvent d'abus sexuels ou prostitution, avant même d'être victimes de violences homophobes. Ainsi que les trans qui font fantasmer les hétéros.
L'islam peut être à la fois le catalyseur et l'antidote de ces frustrations sexuelles.

Ne sachant rien de la Tchéchénie j'ai cherché des témoignages gays antérieurs à la radicalisation islamique.

J'ai trouvé cet article russe francophone, apparemment recueilli par Ksénia Leonova journaliste freelance à Moscou, qui témoigne de la vie d'un jeune gay. Il est contesté par des commentaires de tchéchènes qui y voient un outrage russe, surtout en ce concerne l'enfant. Mais personnellent je le trouve assez vraisemblable, au moins le début de l'histoire car on y retrouve "l'homosexualitude" habituelle des pays restés très traditionnels et très croyants, notamment le complexe de sodomie passive. La fin pourrait bien être vraisemblable aussi, car les enfants nés hors mariage sont souvent source de problèmes sérieux.
C'était bien avant les faits qui nous sont rapportés, mais la chasse aux gays étaient déjà ouverte... :

https://www.lecourrierderussie.com/societe/2013/07/gay-tchetchenie/

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Enneathusias
Homme de 45 ans
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Les explications sur wiki sont vraisemblables, en particulier la radicalisation religieuse qui offre des boucs émissaires faciles.


C’est dans l’article de Geopolis que l’on parle de radicalisation islamique. Wikipédia n’aborde pas le sujet, dans l’article mentionné.

Mais quand on gratte un peu dans le passé de ces sociétés qu'on dit guerrières, et des sociétés patriarcales traditionnelles, on remarque qu'il n'y a pas besoin d'orientation homosexuelle pour que le jeune "guerrier" partage ses premiers émois sexuels avec un autre jeune "guerrier", et qu'un vieux "guerrier" s'offre sur ses économies les douceurs imberbes d'un jeune "guerrier". Parfois très jeune comme encore actuellement en Afghanistan.


C’est certainement vrai dans plusieurs sociétés, comme l’Afghanistan, mais la société Tchétchène est particulière. Elle semble beaucoup plus stable, structurée sur plusieurs niveaux et donc plus verrouillée que l’Afghanistan que tu cites. C’est difficile d’envisager dans une société aussi contrôlée par plusieurs niveaux d’autorité, un phénomène général et communément toléré entre soldats ou du type Bacha bazi (avec des enfants). D’autre part, je n’ai pas trouvé de document évoquant de relations "vieux guerrier/jeune guerrier" en Tchétchénie, ou même de documents fiables sur la vie des gays. On se doute bien que les homosexuels arrivent à avoir des relations sexuelles non seulement entre eux, éventuellement avec des hétérosexuels « actifs », mais cela semble très risqué et compliqué. Pas étonnant que l’on en entend guère parler.

Ne sachant rien de la Tchéchénie j'ai cherché des témoignages gays antérieurs à la radicalisation islamique.

J'ai trouvé cet article russe francophone, apparemment recueilli par Ksénia Leonova journaliste freelance à Moscou, qui témoigne de la vie d'un jeune gay.


Oui, c’est aussi le seul article que j’avais trouvé sur la vie d’un gay en Tchétchénie, mais j’ai eu des doutes sur son récit à certains moments, donc je ne l’ai pas mis. Cela dit, c’est peut-être juste une tendance que l’on peut tous avoir à rendre romanesque un récit qui nous concerne. Sur les « thèmes », ces lieux de rencontres secrets LGBT et sur le double visage, le masque social qu’il faut tenir en permanence, c’est évidemment très plausible.

Merci de l'avoir cité.

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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j'employais le mot "guerrier" en référence aux articles qui disent que l'identité tchéchène s'est forgée autour de l'idée de combatant. C'est peut-être rare à notre époque, mais l'est de moins en moins quand on remonte dans le temps jusqu'aux premiers paysans et à fortiori les sociétés premières, où un homme était toujours armé et potentiellement un guerrier.
De plus, avec ses montagnes qui barrent un passage stratégique entre le berceau des civilisations occidentales au sud et l'Europe orientale au nord, le Caucase est probablement un verrou névralgique depuis la nuit des temps. Autant que je me souvienne l'archéologie en témoigne.

Or dans les sociétés patriarcales traditionnelles où les filles sont très surveillées, la limite entre sexualités n'est pas exactement conforme aux orientations sexuelles telles qu'on les conçoit actuellement, et la limite entre la notion de masculin et de féminin n'est pas exactement physiologique. Cela ne se limite évidemment pas qu'aux guerriers. L'islam n'a fait que figer dans le temps cette perception et son interdit, et l'islam radical de le réactiver .

La phrase suivante de l'article de Ksénia Leonova (apparemment traduit par Julia Breen) m'a semblée parlante : "Les hommes tchétchènes, quand ils ne savent pas quoi faire, partent souvent dans les montagnes chez les barbus. Et se font souvent tuer."
Or rien ne prouve que le jeune homme en question ait été gay, la seule chose de sure est qu'il était confronté aux approches d'un gay.

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