le suicide

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Ancien membre
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Ce sujet est un débat, échangez et partagez dans la bonne humeur

J'ai vécu 3 suicides récents dans ma famille et j'ai à chaque fois entendu: "pourquoi elle/il n'en a pas parlé". Je reste persuadé qu'une personne dépressive à bien du mal à se confier et sommes nous seulement capable de l'écouter? Notre société nous interdit de montrer le moindre signe de faiblesse. Les symboles matériels ou immatériels de réussite sociale et professionnelle sont ils l'unique chance d'être reconnu, apprécié et aimé des autres? Un aveu de faiblesse, un manque de force mentale sont ils synonymes de rejet, d'incompréhension?        


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Pierre2lune
Homme de 48 ans
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23 remerciements
Bonjour Sebygo

" ils ont beau vouloir nous comprendre ceux qui nous viennent les mains nues, nous ne pouvons plus les entendre, on ne peut pas, on n, en peut plus, et tout seul dans le silence,  d, une nuit qui n, en finie plus, voilà que soudain on repense, à ceux qui n, en sont pas revenus..du mal de vivre, leur mal de vivre..." 

Barbara

Le temps me manque, afin d, évoquer un si poignant sujet. Je reviens plus tard..
Tchuss mon Grand

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Ancien membre
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Merci Pierre de nous faire partager ta culture des mots toujours justes et judicieusement choisis :) 

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Ancien membre
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voici donc un des sujets qui doit et veut être débattu merci à toi Sebygo de le poser avec justesse et bon sens ...je vais y réfléchir pour le moment ....

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Ancien membre
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Gilou je ne doute pas un seul instant que tes brillantes capacités d'analyse vont nous éclairer :) 

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Ancien membre
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..............là il ne s'agit pas seulement d'analyser ou de "briller"(ce que je ne fais pas plus que d'autres mais peut-être différemment)  mais de nous mettre d'abord  à l'écoute de ceux qui sont dans cette impasse et de leurs proches, car chaque intervention ou parole ou réflexion sur ce sujet peut être immédiatement assortie de répercutions ...

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Ancien membre
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Je pense qu'aussi radical soit-il le suicide peut être malheureusement pour les "vivants/restants" l'unique solution qu'il nous faut accepter. La douleur de vivre est parfois insurmontable lorsque que l'argent, le sex ou la religion n'offrent plus de réponses, résultats, réconfort et apaisement. Encourager un tel acte paraît impossible vu par notre société sensée être parfaitement construite et pour tous mais y a t il de la place de l'amour et du vrai bonheur pour tous? La mort étant une partie naturelle de la vie doit on forcément la laisser venir à nous? Nous appartient elle? Loin de moi l'idée d'encourager les gens au suicide si tant est qu'ils soient dépressifs ou proche d'une décision fatale mais cette vision d'une parti de notre existence mérite réflexion.      

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Ancien membre
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sans doute le suicide regarder au niveau de la responsabilisation de la société à aider tous ces membres dans la recherche de bonheur est un scandale, puisqu'elle faillit à sa mission, mais il y a aussi plusieurs autres voies pour regarder le suicide comme l'unique issue au malheur quotidien...
Aparté.... je resterais sur ce sujet en deçà de tout superlatif car c'est une des réflexion qui nous réclame de ne pas glisser dans le sentimentalisme romantique ou dans l’introspection psychologique trop de mise aujourd'hui!
et je te citerais donc pour commencer SEBYGO :"La mort étant une partie naturelle de la vie doit on forcément la laisser venir à nous ?"
en effet la mort étant une "partie naturelle" du devenir personnel comme tu dis, possède-t-on un droit de mourir sur soi ? bien sûr oui !  car un acte même détourné de sa finalité reste la propriété de celui qui le pose et  pour le moment c'est de cela qu'il s'agit !
je te répondrais donc que le droit naturel dans sa conformité à la loi naturelle de la vie, voudrait que nous ne puissions pas l'enfreindre ! mais concrètement nous le faisons parfois ! par le suicide ou par le meurtre ou par la mise en danger systématique de la vie des autres ce qui semble contradictoire et même opposé à cette loi qui voudrait que la vie soit notre bien suprême et irréversible dans sa perte !
la question qui émerge alors en toute évidence est celle ci : " est-ce que le suicide, le meurtre et la mise en danger de la vie des autres ne sont pas des formes d'oubli radicale de soi, de l'autre et des autres comme vivant irréversiblement irremplaçable et comme alter-ego  ! avec pour le cas du suicide justement cet oubli que l'atteinte tourné vers soi même va détruire le soi qui n'est plus vivable ! 
nous aurions tord à mon avis de n'essayer de comprendre le suicide que par une forme de "dépression ultime du psychisme"car il est aussi même d'une manière irrévocable la voix et la voie d'une personne qui n'a pas trouvé de vis à vis ou si l'on ose cet homophonie de vie à vie !
c'est pour moi donc le sens ultime du suicide, celle ou celui qui dénonce un manque radical de présence de l'autre, comme personne ou comme possibilité de vie ! 
 à suivre ...

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MargauxLFP
Femme de 32 ans
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Pour ma part, j'ai déjà fait plusieurs tentatives et ce que j'en retire, c'est que s'il y a personne pour écouter, ben au final le pas sera franchit tôt ou tard.

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Ancien membre
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tu sais pourtant que maintenant tu n'es plus seule à regarder le suicide comme une éventualité pour chacun de nous ...

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MargauxLFP
Femme de 32 ans
Calais 62100

4 remerciements
Je sais surtout que malgrès le fait d'être née dans le mauvais corps pour ma part, le suicide n'est pas la réponse, du coup je me bats chaque jours pour moi, être heureuse et aussi pour prouver aux générations futurs qui vont y penser qu'on peut vivre même si la société rejette la difference.

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Ancien membre
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à que oui c'est une bonne cause de lutte que je soutiens aussi ... 

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Ancien membre
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MargauxLFP je suis disposer à discuter avec toi si tu en éprouve l'envie ou même le besoin.  

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Sethy
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Je pense qu'il est très difficile de se comprendre les uns les autres en général. Je ne pense pas qu'il soit aisé également de tendre la bonne oreille à une personne qui en ressent le besoin. Lors de crises "breakdown" pour les mots que j'essaye de mettre dessus, ( bien loin d'une tentative de S. j'en conviens ) , il en ressort que personne ne me comprend du tout et cela donne un sentiment de désespoir et solitude absolue dans lequel on est seul.

On m'a toujours dis que le suicide était une chose lâche, au contraire je pense que c'est un geste "courageux" si je puis dire, que de vouloir mettre un terme ou non à sa peine. Surement pas la meilleure solution, non, mais ces personnes sont passés à l'acte et je ne blâmerai pas les gens qui se sont suicidés comme beaucoup font, " mais quelle lâcheté ".

Finalement, je dirai que chaque suicide est différent et les personnes le sont également, peut-être, certaines personnes sont plus enclins à parler mais comme tu dis, peut-on vraiment les écouter? Et certaines se mure dans un silence et ne souhaite ne rien entendre.

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Ancien membre
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Lâcheté, courage, je vois plus ça comme une décision définitive radicale et hors contexte religieux il est entendu que chacun est propriétaire de sa vie et par conséquent de sa mort. Après il y a la question: a t il pensé à nous qui restons et sommes tristes? Le suicide serait il une forme d'ego fatal? J'avoue y penser de temps en temps et il n'y a que 2 choses qui me retiennent: ma mère (elle en a "subit" 3 et je suis son enfant bien sur) et le tout petit (pour le moment) espoir qui me dit "attend encore un peu ça peut s'arranger" mais ces 2 "choses" ne seront pas éternelles et donc si égoïstement je faisais ça tout de suite puisque je semble connaître mon issue fatale (sauf accident fortuit bien sur) il est vrai que le rejet de soi et le manque d'amour/affection des gens que l'on a envie d'aimer sont parfois insupportables et paraissent insurmontables.       

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Ancien membre
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J'arrive super tard dans ce sujet mais bon. 

L'année dernière, j'ai failli me suicider. Souvent on me dit que j'ai failli, que je n'ai même pas essayé, donc que je ne devrais pas me considérer comme une suicidaire. Mais avoir failli me suicider signifie bien que j'en avais envie et que certains raisons, que je n'exposerais pas ici m'en ont empêchés.

Mais toujours est-il que lors de cette année (qui fut une des pires de ma vie), je n'en ai jamais parlé à personne. Je lâchais quelques "je vais me tirer une balle" ou "je vais m'ouvrir les veines" mais me forçais à rire en même temps, pour faire croire à mes amis que ce n'était qu'une blague. 

Après, ce n'est que moi, mais je pense qu'il est très difficile de faire part à nos proches de notre volonté à mourir. Comment aller vers sa mère, la personne qui vous a donné la vie pour lui dire "oh, au fait, je veux mourir"? De plus, encore une fois, je parle de mon ressenti, mais je me sentais totalement coincée dans un sale cercle vicieux. En parler signifiait m'enfoncer encore plus dans cette situation. 

En fait, parler de mes idées noires est une des choses les plus difficiles pour moi. Dans ma tête, tout avait du sens, le pourquoi du comment je voulais mourir, mais je pense que pour les autres, extérieurs à mon "délire" il pouvait être difficile de comprendre. Et je pense que c'est aussi pour cela que personne n'en parle, parce que l'on sait que personne ne va nous comprendre. Par exemple, je savais que mes parents allaient, un peu inquiets, me dire que je n'avais aucunes raisons de me tuer et qu'il fallait que j'arrête d'être une ado gâtée, que mes amis allaient me regarder bizarrement et s'éloigner de moi, pensant que j'étais totalement timbrée. 

Aujourd'hui, mes amis ne savent pas que le 13 mai 2015 je voulais m'enfermer dans les toilettes du premier étage de mon lycée, et me couper les veines. Mes parents sont au courant que j'ai eu des idées noires, ils ne savent pas que ces idées avaient données naissance à un plan bien précis. 
Même le psychiatre qui me suit pour ma précocité et ma tendance à me scarifier ne sait pas que j'ai pu vouloir mourir. 

Au final, je crois que je n'en ai pas parlé parce que j'avais peur, et que je sais que ma peur est fondée, que personne n'écoute, que personne n'en ai quelque chose à foutre de mes petits malheurs. 

J'espère ne pas avoir été trop brouillon dans mon message. Si je l'ai été, je m'excuse à l'avance.

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Ancien membre
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Un signal quel qu'il soit doit toujours être écouté par l'entourage puisqu'on peut tous se dire: quel est l'intérêt pour l'un de nos proche de faire ça? Attirer l'attention sur lui? Ben oui peut être et c'est donc parfois utile d'écouter les autres nous faire par de son mal être si tant est qu'on puisse l'aider. Après dans certaine situation il faut accepter qu'il n'y est pas de solution (maladie, chagrin après la perte d'un proche).    

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Ancien membre
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Vous êtes pourtant en attente d'autre chose que de la mort ?  

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Ancien membre
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A travers le suicide? (Gilou03) 

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Ancien membre
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Pour moi le suicide c'est ce couper d'une réalité trop pesante l'acte mortel est secondaire. C'est (toujours pour moi) le micro-espoir inextinguible qui fait tenir.  

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