Un roman en cours d'écriture.

Arts et lettres - Créé le - 6 Participations

Un roman en cours d'écriture.

La maison des suicides

Chapitre 1 Dernière danse

Le sang jaillissait de toute part. Il maculait les murs et inondait l’ensemble du parquet de bois clairs. Une main s’aventurait hors du bureau derrière lequel était étendu le corps de la jeune fille. Ensanglanté, nimbé de ce liquide rougeâtre, on ne pouvait distinguer sa couleur de peau. Elle était dans la pénombre. Un soupçon de lumière diffusé par une vieille lampe en laiton embrassait les courbes de la pièce. On distinguait à peine la quantité de livres tassant les bibliothèques du fond. Le bureau était méconnaissable. Mon regard se dérobait devant ce ballet d’hémoglobine. D’habitude si vif et si sur, il était entouré par un environnement instable. Une foule de questions assaillie mon esprit. Le regard vide, fixant ce corps en pleine jeunesse, j’imaginais un enfant déambuler dans l’herbe d’un parc par un jour d’été, les pelouses noyées par une foule amassée et désireuse de retrouver un semblant d’esprit écolo. Toutes ces familles coupables d’une planète à jamais meurtrie par leur achats et pourtant si satisfaites et apaisées au toucher de ce tapis vert.

- X……….X ? Encore ? Mais quand vas-tu arrêter de me faire peur ?
Comme souvent ces derniers temps, mon regard s’était perdu dans les limbes d’un interrogatoire sans fin. Ma perception de la réalité divaguait parfois. Je ne pouvais accepter un tel spectacle, même s’il s’offrait à moi dans toute sa splendeur.
- X……….X ? Enfin ! Faut que tu te reprennes !
- Mais regarde la quantité de sang sur les murs ! Comment a-t-on pu lui faire une chose pareille ? Crois-tu qu’elle est encore en vie ? Il le faut !
- Ecoute ! Aucune idée. Tout ce que je sais pour l’instant c’est qu’il faut la transporter à l’hôpital. On avisera pour la suite. Comment veux-tu que je le sache après tout ? As-tu vu son état ?

La police arrivait à l’instant. C’est Angie qui avait du les prévenir. Plusieurs véhicules nous attendaient devant le grand porche de la maison. Les gyrophares des voitures paraissaient presque festifs dans ce quartier calme et pavillonnaire. Ce feu d’artifices de couleurs funestes donnait à la scène un semblant comique malsain et assez morbide. Les agents étaient peu informés sur la situation. Le poste avait simplement reçu un appel indiquant une personne blessée au 2, rue de l’opéra, allée 3. Protocolaires dans leur interrogatoire, ils n’imaginaient même pas un instant qui j’étais et ce que je faisais là. Limitées et dévouées au respect strict des procédures, leurs questions furent vite enfouies au plus profond de mon esprit.

Au loin, derrière les buissons de l’allée, je distinguais quelques mouvements nets et précis. Les secouristes en étaient la source. Ils s’acharnaient à rester dans le droit chemin délimité par les pavés jonchant le sol. Le bruit de métal du brancard me glaçait le sang. Les roues vacillaient, dansaient presque. Leurs mouvements incessants donnaient à l’ensemble un air de pantin. Puis le corps de la jeune fille disparu dans l’ambulance. La farandole des sauveurs s’émancipa dans la clarté de la nuit. Au fur et à mesure de leur engoncée au-delà du quartier, les lumières chatoyantes se faisaient de plus en plus diffuses.

- Alleeeeeeezzzzzzzzzz………….viens ! Inutile d’attendre ici. On ne peut rien faire de toute façon. Angie me tirait violemment le bras droit. La pression qu’exerçait sa main accompagné par la violence de son geste aurait du suffire à me faire bouger de cette état catatonique. Mais je ne bougeais pas. Je ne voyais pas. Je ne sentais pas. Je ne sentais rien. Mon esprit était juste ailleurs, transporté dans une autre dimension spatiale. Là seul régnait ma capacité de réflexion, de maître de l’imaginaire. Une sphère temporelle où tout cela ne serait qu’un mauvais rêve. A mon réveil tout aurait disparu. Tout serait rentré dans l’ordre des choses. Cette abomination naîtrait simplement dans mon inconscient pendant un sommeil trop agité.
Les yeux dans le néant, j’aspirais à disparaître par delà les toits luisants de ces maisons qui se ressemblaient toutes.
- …Je…Enfin…Mais…
- Je sais.

Ses yeux trahirent sa pensée. Je sentais qu’elle ne me faisait plus confiance depuis cette nuit. Mais rien n’était de ma faute. De toute façon, ma présence…

- Je vais à l’hôtel.
- Je t’accompagne. Je ne peux te laisser seul. On ne sait jamais.

Elle ne s’imagina pas que sa compassion m’était indifférente.

- « JE » vais à l’hôtel. Tu ne servirais à rien de toute façon. J’ai besoin de réfléchir.
Jamais son regard, ses gestes n’avaient autant trahi sa fragilité. Décontenancée par mon choix, elle s’éloigna sans se retourner, s’avouant vaincue, presque déçue. Etrangement, je fus le plus touché des deux. Simple déclencheur du « cause à effet », je me retrouvais pris à mon propre piège. Un timide « je » suffis à forger ma cage d’ostracisme. Dure réalité que d’accepter son propre sort, surtout quand vous êtes l’unique responsable du chemin emprunté. Mon immobilité nous éloignait à chacun de ses pas. J’espérais plus que je ne croyais qu’elle changerait d’avis. Mais lorsque je vis que sa voiture était toujours vissée dans sa place de parking, je compris. Aucun sentiment de compassion ne trouverait naissance et n’influencerait sa décision.

Seul, devant cette maison, par un soir d’automne brumeux, je contemplais ce qu’il me restait de dignité. Je connaissais un hôtel à quelques minutes d’ici. En tout cas ce fut le seul refuge de délivrance qui me vint à l’esprit. Après tout, que faire d’autre ? Impuissant et sans repère comme l’oisillon tombé du nid, je me mis à crier aussi fort que mes cordes vocales le permettaient. Ma notion du temps s’écoulait au galop mais le climat nocturne me fi tôt de le rappeler : une nuit de novembre parmi tant d’autres avec ce qu’il faut de pluie et de vent pour décourager le plus aventurier des affamés à sortir de sa tanière. Enfin…
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Chapitre 2 La joie du bitume

Le sang de mon steak me rappelait la scène d’hier. Tout ce sang surnageant sur un fond plat, lisse, monochrome. Son visage ! Le regard livide, l’œil hagard. Quelles horreurs avait-elle bien pu subir pour qu’il se fige, que son corps se désarticule et que son sang redonne une nouvelle jeunesse à ce bureau d’époque ?

L’assise de ma chaise était confortable mais quelque peu usée ; trahissant une utilisation intensive par le passé. En effet, la salle du restaurant était presque vide. A cette heure de la journée et en cette période de fin d’année qui plus est, l’effervescence des lieux atypiques et chaleureux comme celui-ci atteint d’ordinaire son paroxysme. Seul un couple que le temps n’a pas réussi à disloquer s’évertuait à perturber le silence de ce lieu paisible. Les portes battantes séparant la cuisine de nos tables restaient immobiles, sans vie. Les charnières devaient être fatiguées. Leurs mouvements circulaires nécessaires à l’ouverture semblaient douloureux au vue des grincements émis par les morceaux de métal les composants. Le couple semblait partir. Un dernier geste du port de serviette sur les lèvres afin de ne pas sortir incommoder par quelques restes d’un repas pris avec enthousiasme. Aucun regard, aucune marque de sympathie à mon égard. Ils traversèrent la salle comme des fantômes à qui l’ont avaient enfin accepté le transfert vers cette autre dimension. Mon repas fini, je décidais de partir à mon tour sans même prendre la peine d’attendre la carte des desserts.

Tout me paraissait morbide dans cette chambre d’hôtel. Du papier peint jusqu’au lit lui-même. Je le regardais de travers. Je ne l’aimais pas. Il m’envoyait au visage l’image de son confrère hospitalier sur lequel la jeune fille devait être allongée. Cette image envahissait mon esprit, le torturait. Seule, dans sa chambre de réanimation, presque dans l’au-delà, que lui restait-il ? Et que me restait-il ?

(Vibreur du téléphone)

- Oui ?
- X……..X ? Nous avons un problème. Elle est en vie. Elle a disparue de sa chambre d’hôpital.
Ce « nous » ne me parlais pas. Qui était donc les autres personnes qui le composaient ? J’y pensais, ça me torturait l’esprit mais je n’avais pas la force de lui poser la question de son origine.
- Comment ça ? Disparue ? Mais……qui ??
- La jeune fille d’hier soir.
- Et personne n’a rien remarqué d’anormal ? Et comment était-elle hier soir dans sa chambre d’hôpital ? T’es-tu renseigné auprès du personnel de nuit ?
- Rien X….X, rien. Personne n’a rien vu ou du moins personne ne peut nous le confirmer.
- Comment ça ? Ils étaient bien en service. Un patient ne peut disparaître sans laisser de traces, surtout dans son état. D’ailleurs elle n’était pas apte à se déplacer.
- Tu ne m’apprends rien X…..X . Il m’est impossible d’avoir plus d’informations car le personnel de nuit a lui aussi disparu.
- ? Mais c’est impossible.
- …………………………………………………………….. ????????????????????????????????????????????
- J’arrive.
- Mais X………..X ??!!!

Bip bip bip….

Le pas lourd parce qu’encore endormi et étourdi par ce que je venais d’apprendre, je décide de me rendre à l’hôpital à pied. Après quelques minutes de marche, j’arrive enfin dans sa chambre : la 23.
Au fond du couloir gauche de l’aile droite, à cette heure de la journée, le soleil inonde littéralement le couloir. Si bien qu’il est impossible de ne pas s’extasier devant la beauté des rayons transperçant les fines couches de verres des fenêtres qui nous sépare du froid extérieur. Angie est là, l’air effacé. L’image qu’elle me renvoie est presque diffuse comme la fine pellicule blanche qui recouvre le miroir de la salle de bain lorsque l’on prend une douche trop chaude. Sa voix peine à transpercer l’air pour m’atteindre. Ses mots sont brouillés. Ils arrivent en morse jusqu’à mes tympans. Douloureux, l’incompréhension qu’ils me provoquent m’agace au plus haut point.

Rien, rien ………………….. pfffffffffff rien. Comment est-ce possible ? Aucune trace. Rien n’a bougé, rien.

Ses lèvres remuent encore vigoureusement. Mais ses messages stagnent dans le vide de la chambre. D’un blanc immaculé comme toute chambre d’hôpital, cette pièce ne m’est pas étrangère. Des frissons me gagnent. Mon cœur s’agite dans son antre protecteur. Ses pulsations salvatrices me martèlent la cage thoracique. Une sueur froide accompagnée d’une vision floue me submerge. Je me sens comme dans un rêve maudit duquel je ne saurai sortir.

Je dois m’échapper. Je n’y survivrai pas dans le cas contraire. Cela s’intensifie. Mes jambes se paralysent. Elles sont prises d’assaut par la peur environnante. Elles doivent pourtant me délivrer. Timides, apeurées, leurs gestes sont saccadées. Par miracle ou simplement grâce à une volonté excavatrice je parviens à retrouver la sortie de secours. Le bitume m’accueille avec enthousiasme. Tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Je suis libre. « LIBREEEEE » ! L’hôtel s’impatientait certainement. Je ne devais pas rester trop longtemps loin de lui. Je passais la journée à imaginer tous les scénarios possibles. Rien de bien satisfaisant. Tout me paraissait improbable, mais la situation l’était. Après une nuit pénible, le réveil fut long et difficile. Adossé sur le plan de travail de la cuisine, je me rendis compte que j’avais adopté ce même regard livide que la victime ! Le reflet que m’envoyais la porte vitrée du placard d’en face me glaçait le dos.

Mais…….non…….C’est impossible.
Les résultats du labo ont confirmé qu’ils s’agissaient bien de son sang sur les murs.
Mais……..non………non. Et……….si ce n’était pas une victime ???
Les sourcils froncés, j’envisageais le pire. Et si l’évident était un imposteur ?
D’ailleurs après authentification c’est bien la jeune fille qui nous a appelé cette nuit là. Je me perds. Mes pensées ne sont plus cohérentes. Je vais courir un peu pour remettre tout ça en ordre.
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Chapitre 3 Pluie battante

Tout était contre moi. La pluie, si dense, si intense fracassait ses gouttes meurtrières contre les trottoirs. Les lumières des réverbères s’acharnaient à vaincre la pénombre de chaque ruelle. L’ensemble de la ville avait l’air endormi. Après quelques minutes de course ininterrompue je remarquais que j’étais seul.

Pas âme qui vive en cette fin d’après-midi de novembre. Le vent s’était peu à peu levé jusqu’à faire valser les branches comme de simples épis de blé. Au fur et à mesure de mon échappatoire sportive, l’intensité des caprices du climat s’intensifiait. Harassé et trempé, je rentrais dans l’hôtel. Mouillé jusqu’à l’os et la démarche vacillante, j’ouvris la porte d’entrée. Le réceptionniste resta de marbre jusqu’à ce que son regard croise le mien. Sa présence ici ne devait pas dater d’hier. Il avait ce professionnalisme des gestes fait avec automatisme et quelques désintérêts. Je m’étonnais devant son apparente indifférence à mon état calamiteux.
Empressé de rentrer dans ma chambre, je me fi des règles de bienséance habituelle. Mais je doute que pareil oubli eu quelque peu troublé son état végétatif.

- Bonsoir M. X………X
- ?? L’air étonné, je cherchai d’où provenait ce son. Je répondis bonsoir sans même prêter attention, juste par automatisme. Le climat intérieur était beaucoup plus clément. La température affichée devait bien avoisiner les 22 degrés. Mes vêtements commençaient déjà à sécher.
- Alors M. X……..X, on court par ce temps ?
- Oui, oui. J’avais besoin de m’aérer l’esprit, voilà tout.
Cette échappée presque nocturne m’avait quelque peu rafraîchit. Mais mes pensées étaient toujours aussi tourmentées et désordonnées.
- Veuillez m’excuser mais je suis un peu fatigué et surtout trempé. J’ai besoin d’un peu de repos et d’une bonne douche.
- Très bien très bien. De toute façon j’étais en train de partir. A vrai dire je suis déjà en retard.
- A bientôt M. X……..X
- Oui, oui.

J’espérais ne plus être dérangé. Ma chambre était au 2ème étage. Le chemin jusqu’à la porte me paru interminable alors que je venais de parcourir quelques kilomètres sous la pluie. Aussitôt rentré, je me mis à pleurer. Pourquoi, pour qui ? Aucune idée. Mais je devais lâcher prise et évacuer toutes ces émotions négatives. La pluie ne cessait pas et la lune commençait timidement à apparaître. Je pouvais l’apercevoir à travers le store à lamelles du salon.



2h30 du matin. J’ai du m’assoupir sans en avoir conscience.

Les coussins du canapé sont trempés. Ma tenue avec d’ailleurs. D’un inconfort extrême, cet accoutrement refroidit l’ensemble de mon corps. Une douche me ferait le plus grand bien. Mais la salle de bain me paraît si lointaine. J’aventure une jambe hors du fauteuil détrempé et pose délicatement un pied sur le parquet. Le froid qu’il dégage me rappel la pluie battante d’hier après midi.

Au fur et à mesure, chaque pas me semble de plus en plus glacial. Comme ci chacun de mes pieds au contact du parquet faisait chaque fois chuter la température du sol de quelques degrés. Enfin je détecte le carrelage de la salle de bain. J’essaie de trouver l’interrupteur à tâtons. Mes doigts longent le bâti de porte jusqu’à rencontrer un obstacle. Froid et humide. Je sens qu’il ne s’agit pas de ce qui devait me délivrer de la pénombre. Je stoppe mon avancée vers la lumière. Des frissons commencent à naître au niveau de mes jambes. Ils envahissent désormais la totalité de mon corps. Je trouve enfin l’interrupteur. A plusieurs reprises je l’actionne mais les ampoules restent sans vie.
Après un court instant de réflexion, j’essaie de me rassurer. Je me dis que l’abondance des pluies accompagnée des rafales de vent d’hier avaient dû endommager certaines installations électriques ; causant ainsi des coupures passagères. Je ne sais d’ailleurs plus si j’avais allumé les lumières l’après midi dernier. Qu’importe. Je ne bouge toujours pas. J’ai peur de découvrir à qui appartient cette main que j’ai pu sentir lors de mon ascension vers la lumière.

(Clac).

Toutes les lumières s’allument. Je reste quelques instants aveugles, ébloui comme ci je voyais le jour pour la première fois. Je reste tétanisé face à la silhouette s’approchant peu à peu de moi. Je n’ai pas encore la vue nette.
On m’appelle.

- M.X……..X, M.X……X
Je ne réponds pas même si la voix ne m’est pas inconnue. J’ai mal à la tête. Je me sens faible. Au sol, je cligne plusieurs fois des yeux jusqu’à me retrouver dans un noir total. J’entends toujours la même voix qui m’appel. Elle se fait de plus en plus lointaine. De plus en plus sourde. Je ne distingue plus rien.

… ………………… ………………. ………… ….. …. … …….. …………….. ……

Encore sonné. J’ouvre les yeux. Mon crâne me fait mal. J’essai d’approcher ma main de la zone d’impact. Mais mes bras sont encore engourdis par ce sommeil impromptu. Un liquide visqueux coule le long de mon bras gauche. Je n’ai pas les idées claires. Je ne trouve pas d’appui pour me relever. Une voix s’approche à nouveau mais je ne sais détecter son origine. Des mains délicates s’enlacent autour de ma taille. Quelques instants plus tard, je vois à nouveau le sol du haut de mon mètre 75.

- M. X….X ?
- Ca va ? Comment vous sentez-vous ?
- Arrrhhh. J’ai mal au crâne. Je saigne je crois. J’ai du…je ne sais pas….
- Vous vous êtes évanoui et pendant votre chute vous avez du heurter la baignoire. J’ai essayé de vous relever mais vous étiez trop lourd. J’ai cherché après une trousse de secours pour vous soigner mais je n’ai rien trouvé. Je suis donc allé à la réception mais il n’y avait personne. Je suis donc revenu et j’ai attendu que vous vous réveillez. Le téléphone ne fonctionne pas et les rues sont plongées dans le noir total.
- Mais qui êtes-vous ?
- Nous n’avons pas le temps pour les présentations M.X….X
- Comment ça ?
- Ne posez pas de questions.
- Mais….Comment-êtes vous entrez ici ?
- La porte était entre ouverte.
- Mais…Depuis quand êtes vous là ?
- Depuis une heure environ.
- Mais quelle heure est-il ?
- Attendez.

Elle souleva délicatement son bras et remonta sa manche. Son poignet laissé entrevoir les vestiges d’anciens sévices. Encore choqué et quelque peu troublé par sa présence, je n’osais pas en demander l’origine.

- Il est 5h00.
- Hmmmm. Je dois me préparer et retourner voir Angie. Vous restait ici. Je n’en ai pas pour longtemps. Mais je n’ai pas le temps d’en savoir plus sur vous.
- Non, non. Ne me laissais pas seul ici. La solitude me terrifie.
- Mais…Hmm d’accord mais ne dites rien et vous resterais dans la voiture. Compris ?
- Entendu. Mais avant il faut vous soigner. Vous saignez.
- Il y a une trousse à pharmacie à la réception. Juste à gauche. Derrière la porte d’entrée. Près des toilettes.
- Entendu. Je reviens dans quelques minutes. En attendant mettez cette serviette sur votre blessure.

Il faut absolument que je trouve cette trousse de secours. Il faut le soigner le plus vite possible. Je me demande bien pourquoi il s’est évanoui. Et pourquoi ces coupures de courants ? Ah. Enfin j’y suis.

Encore une coupure de courant ? Il faut vite que je remonte. Mais on n’y voit plus rien ici. Bon la trousse de secours. Une lampe de poche maintenant. Il doit bien avoir ça quelque part à la réception. Dans les armoires du comptoir certainement.
La lampe de poche se trouvait dans le dernier tiroir. Entièrement disparu derrière l’énorme comptoir en marbre noir d’Italie, elle entendit un bruit de pas. Sourd et distendu, l’intensité du son grandissait progressivement. Elle ouvrit le vieux tiroir fait de bois de chêne avec le plus de précautions possibles afin de ne pas attirer l’attention. L’ensemble trouvé, elle se précipita sans un bruit vers les escaliers. Les marches à gravir pour atteindre le second étage lui parurent interminables. Les bruits de pas avaient cessé à l’instant même où la lumière réapparue. Il était allongé sur le sofa de tout son long. L’air absent ou interrogatif, il n’avait même pas remarqué qu’elle était revenue.
- M. X……X, j’ai trouvé la trousse de secours. Je vais regarder votre plaie.

Il se releva lentement. Son regard ne changea pas.

Que m’arrive t-il ? Je ne sais même pas qui est cette….. ???
Mais oui, c’est-elle ! Sa voix. Cette voix. Mais comment est-ce possible ? Non, non non. Reprend toi un peu. Tu dois encore être sous le choc voilà tout.
- Arrêtez de bouger. Je n’arrive à rien. Vous gigotez trop.
- Aieeeeeeeeee !!!
- Il faut bien nettoyer tout ça !

Nos regards se croisèrent. Le temps s’arrêta. A cet instant précis elle su que je l’avais reconnu. Son visage avait changé. Elle me regardait avec assurance. La crainte de tout à l’heure avait disparu.Une larme naissait dans le creux de son œil droit. Un sourire léger mais empli de soulagement illuminait désormais son visage.


- Vous….euh…comment…….vous êtes la jeune fille d’hier, c’est bien cela ?
Je la regardais toujours dans les yeux. Mais mes paroles l’avaient déstabilisé. La pièce était glaciale. Une gêne s’installa. Elle ne répondit pas. Ses yeux regardaient le sol. Ses mains tremblaient. J’approchais délicatement ma main de son menton. D’un geste je lui relevais la tête. Je regardais ses yeux d’un bleu d’azur noyé dans un flot de larmes. Sans même comprendre ce qui se passait, je la prie dans mes bras pour la réconforter. Inutile de l’assaillir de questions. De toute façon elle n’aurait pu y répondre. La meilleure chose à faire était d’aller voir Angie.
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Chapitre 4 La route

Le froid avait contaminé l’ensemble de l’hôtel. La réception était vide. Aucune trace d’un quelconque passage. Seul le dernier tiroir derrière le comptoir était resté ouvert. Espace d’accueil, de réception, l’entrée était devenu aussi morbide qu’une église un jour d’enterrement. Chacune de nos respirations s’accompagnaient d’un souffle blanchâtre.
Elle était restée muette jusqu’alors.

- Oui… dit –elle timidement.
- ?? Mais…
- Ne dites rien. Vous savez de quoi je parle. Inutile de poser d’autres questions. Vous aurez des réponses en temps voulu. De toute façon vous n’êtes pas prêt à entendre ce que j’ai à vous dire.

Je lu dans ses yeux une force de conviction que je n’avais pas détecté auparavant. Toutes mes interrogations resteraient donc sans réponses. Je ne savais quoi faire. Accompagné par une jeune fille que je croyais morte la veille, j’étais déboussolé. L’incident de tout à l’heure m’était complètement sorti de la tête. Qui était cette personne m’appelant par mon prénom et pourquoi avait-elle disparue à mon réveil ? Pourquoi m’avait-elle laissé inerte sur le sol sans avoir prie la peine de fermer la porte de ma chambre ?

- Juste une chose. Comment connaissais vous mon nom ?
- Aucune importance. Moi c’est Aimy.
- …Bon. Allons-y. Nous avons assez perdu de temps. Peut-être qu’Angie déliera votre langue plus facilement. Mais à un moment ou un autre il faudra bien que vous me disiez ce qui vous est arrivé et pourquoi vous êtes venu à ma chambre d’hôtel. Sans compter que hier vous étiez presque morte et recouverte de sang. De votre propre sang !
Je commençais à perdre mon sang froid. Agacé devant son comportement réfractaire, son habileté à détourner le sujet….
- Tout de suite. J’ai dit tout de suite D’ACCORD?? Puis je n’ai pas besoin de votre approbation. Il me faut des réponses. Là, TOUT DE SUITE !
- Calmez-vous ! Je n’ai rien avoir avec ce qui vous ai arrivé cette nuit. Je n’aurais pas du venir ici. Ce n’est tout de même pas de ma faute s’ils….
- Qui ça ILS ???

Elle sanglota et se mit de nouveau à pleurer. Dos appuyé sur le comptoir, elle se laissa glisser le long de la paroi. Désormais en position fœtale sur le sol, comme tout à l’heure, je me retrouvais en position de faiblesse.

Il y eu de nouveau une coupure de courant. L’obscurité était oppressante. Chacun de mes mouvements demandaient une énergie considérable pour arriver à terme. «Le noir » pouvait-il en être responsable ? C’est comme ci quelque chose ou quelqu’un me barrait la route vers l’accomplissement de mes gestes. Me retenait-on d’une quelque sorte ? Pourquoi m’empêcher d’approcher cette jeune fille, Aimy ? Et pourquoi à cet instant précis ? La pénombre avait-elle une conscience et si oui en quoi réfréner mon avancée lui servirait ?
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Salut Alejandro :) Comme prévu je te donne mon avis global sur ton incipit ! :)

Bon, j'ai pas mal galéré à lire bien comme il faut, parce que je te cache pas qu'il y a quelque chose dans ton style de très dérangeant. Déjà, ton rapport à l'énonciation est très confus : passer de la narration à la première personne sur un personnage au même type de narration sur un autre personnage (cf chapitre 3) c'est clairement à éviter, pour la cohérence du récit (même si c'est éventuellement volontaire). Aussi ce n'est pas parce que ton personnage est confus et torturé que ta façon d'écrire doit l'être aussi. Il faut organiser la confusion, si tu vois ce que je veux dire : o Je dis que c'est confus pour plusieurs raisons : les personnages déjà. On ne sait pas qui ils sont, pourquoi ils sont à tel endroit à tel moment (particulièrement au début), et même à quoi ils ressemblent. Tu t'emballes et au final tout va trop vite, je pense qu'il faut que tu prennes le temps de bien poser les choses et de structurer le récit dans un ensemble cohérent. Même si certaines choses sont peut être impossibles dans la vie, il ne faut pas que ça apparaisse comme une erreur de l'auteur mais plutôt comme un élément d'intrigue clair que le lecteur pourra alors retenir et au final se dire : "d'accord, tout s'explique". Au final tu veux trop jouer sur les champs lexicaux opposés au contexte (premier chapitre) pour donner de l'épaisseur à ton personnage mais ça ne donne pas l'effet que tu souhaites, à mon avis. Au contraire le lecteur se retrouve plongé dans un univers incompréhensible et aura du mal à poursuivre la lecture. Ton personnage a le droit d'être incompréhensible (exemple : le personnage principal de l'étranger de Camus) mais ton récit, lui n'a pas le droit. Ton écriture n'est pas évidente, naturelle, je trouve qu'elle sonne faux. Tu veux peut être trop faire de belles phrases avec de belles comparaisons, mais vise plutôt la simplicité d'écriture : une écriture vraie.

Enfin voilà, je suis super critique mais c'est pour t'aider à avancer, ça vaut toujours mieux qu'un " j'ai adoré ton texte " qui certes fait plaisir, mais au final ne fait pas avancer les choses, je pense : o

En tout cas ce n'est que mon avis, je n'ai pas la science infuse, oula non, clairement pas, mais je pense que si tu rends ça plus clair et plus détaillé, ça pourrait être vraiment cool et plein de suspense :)

Bonne continuation à toi !
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Moi aussi, j'ai un roman en cours dont le titre est "Les Mains Armées du Silence".
De plus j'en suis à la fin du chapitre 6 et début du septième car syndrome de la page blanche.
Pour ce que j'ai pu lire du tiens ici, sur cette page. C'est bien mais une incohérence avec les temps, et ne torture pas le personnage dès le début.

Amitié Crazyrunman.  
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