Elles se sont reconnues dans le noir, sans effort, sans calcul.
L’électricité de la complicité circulait par les regards, les rires et l'abandon, dans cette impression d’avoir trouvé refuge sur une terre familière. L'une offrait à l'autre un espace où le temps s’arrêtait. Elle y a retrouvé le courage : celui de s’ouvrir à nouveau et de prendre un risque. Cet autre a été un instant cette lumière et ce souffle qui rend tout possible.
Soudain, la vie les a rattrapées brusquement. Les corps ont parlé quand les mots manquaient. Elles se sont retrouvées face à face, telles deux aimants opposés :
une force qui attire autant qu’elle repousse. L’une cherchant par nécessité l’indépendance de la fuite, quand l’autre réclame avidement l’ancrage et la réassurance du lien. Ce besoin d'alléger un quotidien pesant par la légèreté, la distance et le flou a fini par inquiéter celle qui avait besoin de clarté et de sûreté...
Ses appels étaient son langage le plus sincère. Sa façon de lui dire qu’elle suffisait, que ses fêlures ne l’effrayaient pas. Qu’elle était prête à marcher à ses côtés, même en pleine tempête.
Mais cette autre n’y a pas vu un refuge, elle y a vu ce qu’elle cherche à fuir, ce qu'il lui en coûte. Plus l'une s’épanchait, plus l'autre se rétractait.
C’est alors que, de peur qu’un mot de trop ne devienne l’étincelle qui brûlerait l’autre, chacune s'est emmurée dans son propre retrait, qui se voulait protecteur mais qui emprisonnait. Les non-dits sont devenues cette fumée dense qui ne fait pas de bruit, ne brise rien, mais finit par étouffer la vérité. C’est le poids de l’inachevé. Ce gâchis de ce qui n’a pas été prononcé avant de se perdre.
C’est dans le secret que continuera de battre le souvenir de celles qui se sont véritablement vues en silence.
°°°°°°°°°°°°°°
Citation de Carolus #548720 On donne souvent à l'autre ce qu'on attend de l'autre, au lieu de lui donner ce qu'il ou elle attend.
Exactement... C'est un bel indice pour comprendre le besoin non exprimé de l'autre ^^
Donc la réponse est souvent que oui, nous le savons au fond de nous....
La vraie question deviens alors : Et donc, est on capable, à t'on les ressources pour y répondre ?
Citation de Funambule #548726
C'est justement souvent parce que la réponse est sous notre nez qu'elle nous échappe 🤓
Alors dans ton récit on a l'angoissée qui a besoin de sécurité et la fuyante qui a besoin de liberté (c'est pour résumer hein...).
Liberté / sécurité. Ca semble pas tellement compatible à première vue.
Pourtant je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit là de deux stratégies différentes pour éviter une même peur : celle de souffrir.
Et plutôt que de jouer au jeu du chat et de la souris (fuis-moi j'te suis, suis-moi j'te fuis), pourquoi ne pas voir cette différence comme une opportunité d'évoluer chacune sur leurs peurs ? D'apprendre à se laisser plus d'espace pour l'une et de se laisser approcher pour l'autre ?
Ca demande quelques capacités effectivement, mais si le lien en vaut la peine...à cœur vaillant rien d'impossible 🤠
Citation de Carolus #548730
Le texte ce suffit à lui même. C'est votre analyse.
Ne résumez pas ça s'il vous plait à "une angoissée" et une "fuyante" les mots de ce texte ont été pesés justement pour éviter ça.
Citation de Funambule #548732
Alors disons "la personne qui a besoin de sécurité" et "la personne qui a besoin de liberté" si c'est plus ok pour toi ?
C'est un témoignage et non un écrit qui vise à être décortiqué car trop intrusif j'espère que vous pourrez l'entendre et le comprendre @Carolus ^^
Citation de Funambule #548665
Magnifique texte que j'ai lu du bout de mes souvenirs ❤️
Une justesse délicieuse. Chapeau !