En finir avec Eddy Bellegueule !

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En finir avec Eddy Bellegueule !

"En finir avec Eddy Bellegueule" ( Têmoignage - Histoire vraie )

C'est une roman d'une grande violence qui témoigne de la làcheté et de la bétise qu'a subit le petit Eddy depuis son entrée au collège jusqu'à son arrivée au lycée (ou il sera surement encore rejeté mais jamais maltraité), en passant par sa vie de famille au sein de la haine homophobe, ou il subira l'inceste, la saleté, l'ignorance, l'acoolisme. Tout ça pour finalement s'en sortir et devenir aujourd'hui un très grand auteur de best-seller.

Une oeuvre poignante, recit d'une enfance bercée par l'homophobie, la bètise et la haine de l'autre, vraiment bluffante !

Je lui met 20/20 ! Rien à dire hormis : "Chapeau l'artiste !"

A lire à tout prix pour ceux qui ne conaissent pas encore.

17€ en Fnac il me semble. Et dans toutes les bonnes librairies.

Vous en avez penser quoi, vous ?
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Je l'avais lu à sa sortie. J'avais également beaucoup aimé : je trouve la description qu'il fait de sa famille et de son milieu d'origine très intelligente, à la fois très dure, mais en même temps très sobre à sa façon, sans tomber dans une complaisance facile, ni dans un pur règlement de compte. Malgré la violence du propos, on sent que l'auteur garde une certaine tendresse pour ses proches - sa mère en particulier - qui sont au moins autant, si ce n'est davantage, des victimes de la violence des rapports de classes sociales que des bourreaux. En particulier, et malgré quelques maladresses, je trouve qu'il arrive très bien à rendre les écarts de langue et de vocabulaire, toujours de la même manière, c'est-à-dire sans tomber dans la caricature, mais en soulignant tout simplement la crudité des contrastes.

La seule chose qui m'a un peu, si ce n'est gêné, du moins surpris et interpelé, c'est la manière avec laquelle il semble occulter systématiquement toutes les circonstances qui lui ont permis de "s'en sortir".
En gros, pour lui - il le dit presque textuellement - s'il a pu quitter ce monde-là pour faire l'ENS, c'est d'abord sous l'influence de la rencontre explosive entre deux déterminismes antagonistes : d'un côté, un déterminisme social, le fait d'être né dans un milieu très défavorisé, avec ses propres conditionnements culturels, et en particulier son homophobie très explicite, et d'un autre côté, un déterminisme biologique (j'entends ici biologique dans un sens très large ; disons un hasard de la nature), à savoir son homosexualité. On sent que pour lui tout se joue là, d'une façon presque mécanique : il était déjà voué à être ostracisé, éjecté de son lieu de naissance avant même que d'être né...
A l'inverse, il parle extrêmement peu de toutes les petites choses qui lui ont permis de poursuivre ses études, de changer de milieu (en d'autres temps, on aurait dit : de se faire transfuge de classe), etc... Par exemple, on ne sait rien de la bibliothèque de son école, seulement qu'il se faisait tabasser dans le couloir qui y menait. On ne sait rien non plus de ses cours de théâtre, de ce qui l'a poussé à s'y inscrire, de ce qu'il y a découvert de lui-même : s'il les évoque, c'est seulement du bout des lèvres, pour expliquer que son père ne voulait pas l'y conduire. De la même façon, on n'apprend rien de ses professeurs, des personnes qui ont pu l'orienter, l'aider, le guider, etc...

Je ne dis pas que tout cela pose nécessairement problème, ni qu'il faille y voir de l'ingratitude.  D'une part, on peut comprendre qu'il préfère choisir un point de vue subjectif, non exhaustif, aller à l'essentiel, témoigner sur ce qui lui paraît le plus important et qui l'a sans doute le plus durement marqué, jusque dans sa chair - c'est aussi la base de n'importe quelle autobiographie. D'autre part, au-delà même de la dimension purement autobiographique et de la crédibilité de son témoignage, cela lui permet aussi d'exprimer une certaine vision politique et sociologique du problème (il dit par ailleurs s'intéresser à Bourdieu, et cela se ressent), en posant aussi la question de savoir ce que cela signifie vraiment que "s'en sortir", si cela a même une vraie signification.
Malgré tout, j'y vois quand même une forme de simplification, de réduction d'un problème humain infiniment complexe à une simple équation sociale.

Je ne sais pas comment tu interprètes cet aspect-là ?

(Désolé, je viens de me rendre compte que je suis en train de déterrer un sujet vieux d'un an... ^^ Tant pis, j'envoie quand même mon message...)
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J'ai lu ce roman peu de temps après sa sortie. C'est un de mes romans favori, il est poignant. J'ai très vite terminer sa lecture, une fois plonger dans ce roman il est vraiment difficile d'en ressortir. Et lorsqu'on en émerge enfin on ne sait plus trop où on en est. 
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J'avais beaucoup entendu parler de ce livre à sa sortie y a deux ans et je l'ai lu, pour le coup ça m'avait retourné car l'auteur a exactement le même âge que moi or l'histoire qu'il me racontait me semblait d'un autre temps :o, en tout cas la vie qu'il décrivait dans son petit village de picardie me semblait vraiment lointaine. Ce qui m'a le plus choqué c'est même pas l'homophobie qu'il a subi toute son enfance mais plus le fait qu'il ait eu des rapports sexuels consentis avec son cousin à même pas 12 ans, là j'ai reposé le livre et j'ai failli vomir.

Il a sorti un autre bouquin dernièrement, Histoire de la violence sur son viol par un inconnu la nuit de noël 2013, ce livre est plus intello que le premier mais il reste très fort, je le conseille. Il rebondit d'ailleurs dans l'actualité en ce moment vu que le personnage qui l'a violé dans le livre a été mis en prison dans la "vraie vie" et a porté plainte contre lui.

Plainte déboutée dieu merci.
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Ce livre soit on l'aime, soit on le déteste. Mais en aucun cas, il ne peut laisser indifférent ou faire place à un sentiment mitigé. Pour ma part je l'ai aimé.L'auteur indique sur la couverture "roman" mais à mon sens, il s'agirait plus d'une autobiographie romancée ce qui n'est pas tout à fait la même chose, car si certains faits peuvent paraître "exagérés", il n'en reste pas moins que le fonds sonne juste.Edouard Louis nous envoie, en pleine figure, son enfance et son adolescence, passées dans un village de province, en l'occurrence la Picardie, marqué par la misère sociale : la pauvreté matérielle bien sûr, mais surtout intellectuelle et morale.Ce livre écrit avec ses tripes a déchainé les passions, bonnes ou mauvaises, car il s'en dégage une force inattendue. C'est la révolte d'un jeune homme de 20 ans éructée avec toute la honte et la violence des humbles et des humiliés. Pas de temps de ménager la dignité des uns et des autres. Il fallait que cela sorte pour ne pas sombrer ni continuer à se mépriser.
Je pense toutefois que si Edouard avait écrit son livre quelques années plus tard, l'impact n'aurait pas été le même, car l'écriture aurait été toute autre. Il aurait eu le temps du recul, relativisé ses séances de tortures morales infligées par ses camarades. Il n'aurait pas eu l'audace, certainement par pudeur, de détailler ce "milieu" d'où il vient, ou l'ambition des hommes se résument à entrer à l'usine, comme leur père avant eux, celles des filles à être caissière au supermarché du coin. C'est également parce qu'il s'en est "sorti" en faisant des études qu'il s'est rendu compte de ce à quoi il avait échappé, et qu'il peut se permettre lui et pas un autre de le raconter.Nous savons tous qu'il existe un monde à deux vitesses, fait de différences sociales plus ou moins importantes selon que l'on est de la ville, de la banlieue et/ou de la campagne, selon le bagage intellectuel et/ou l'éducation reçue. La différence sociale a toujours existé et existera toujours. Nous aimons en lire les descriptions, comme pour nous conforter dans nos opinions voire nos certitudes (notre côté voyeur sans doute),  mais ne voulons surtout pas la voir et encore moins la côtoyer de peur qu'elle nous contamine. Il est tellement plus facile de juger.En lisant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce récit pouvait être appliqué partout dans le monde et dans n'importe qu'elle province.  Ici, Eddy était pris à partie car supposé homosexuel, mais il aurait pu être noir, juif, handicapé, le résultat aurait été identique, car malheureusement plus on vit dans un milieu bas intellectuellement (je ne dis pas pauvre financièrement, car cela n'a rien à voir) plus les gens sont primaires, méchants, à croire qu'ils font payer à plus malheureux qu'eux leur détresse personnelle.Une remarque positive pourtant sur cette province, Eddy est entré lycée dans une ville de province où il a été de suite intégré, s'il avait vécu à Paris  ou était entré dans un lycée parisien, je ne suis pas convaincu qu'il aurait été accepté, non en raison de son homosexualité présumée, mais par mépris de la classe sociale d'où il venait. 
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