Les festivals queer sont-ils bénéfiques ou néfastes

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Les festivals queer sont-ils bénéfiques ou néfastes

Les festivals queer sont-ils bénéfiques ou néfastes quant à la place des personnes LGBT dans notre société ? 


C'est précisément cette question que nous allons essayer d'éclaircir. Souvenez-vous qu'en Septemblre 2014, le réalisateur québécois Xavier Dolan avait soutenu lors d'une interview accordée à Télérama (n°3373) que les prix LGBT le "dégoûtait" car ils étiquettent les personnes et je le cite "fragmentent le monde en petite communautés étanches". Bien que les propos tenus soient violents, paradoxalement, beaucoup de personnes doivent s'indigner pareillement dans l'anonymat.


Cette répulsion à l'égard de ces festivals est certainement due à une peur viscérale de la ghéttoïsation, se sentir à l'écart plus qu'on ne l'est déjà. Or les gens ont tendance à oublier que ces récompenses sont décernées depuis la fin des années 80, en effet, cette révolution cinématographique LGBT a commencé depuis quelques décénnies alors peut-être que nous pourrions partiellement attribuer les récents résultats les droits des homosexuels (notamment le mariage pour tous) à tous ces activistes qui ont durement travaillé et qui continuent de travailler dans le monde du cinéma... 


Il y a quelques jours de ça, faisait par de son mécontentement à l'égard de ces festivals en soutenant les propos de Xavier Dolan et en ajoutant ceci : "l'homosexualité ne nous définit pas". Certes, elle ne nous définit pas intégralement mais elle fait partie de notre identité - mot ô combien tabou -, une identité riche et complexe, c'est donc seulement un constituant important et non un ensemble.


Une part d'identité qui jusqu'à maintenant est rejetée par bon nombre d'esprits étriqués, du fait de ce rejet, nous nous retrouvons dans l'incapacité d'exprimer toutes les autres parcelles identitaires. C'est expressément pour cela que nous devons nous battre et cesser de faire l'autruche en pensant que le monde va changer seul. Sur le long terme, l'action peut accomplir des miracles. 


http://img11.hostingpics.net/pics/562685411.jpg


Dans les années 1970 aux Etats-Unis, alors que le mouvement révolutionnaire afro-americain Black Panthers Party commençait à s'essouffler, une mouvance cinématographique socio-culturelle voyait le jour et prenait ainsi le flambeau : la blaxploitation. 


Ce fut un mouvement contestataire éphémère important au possible, effectivement, à cette époque la ségrégation raciale existait toujours et le cinéma en était le reflet, le triste reflet d'une société raciste et conservatrice.


Les blancs endossaient toujours le rôle du héros tandis que les noirs ne se contentaient que des restes, ils n'étaient que des faire-valoir ou des personnages secondaires minables : valet maladroit, ami illéttré, voyou etc... C'est alors que des acteurs afro-américains financèrent et tournèrent leurs propres films (Sweet Sweetback's Badasssss Song en 1971 ou Shaft, les nuits rouges de Harlem la même année restent les plus cultes) qui mettaient en scène uniquement des personnes au teint basané et couleur ébène dans des rôles dignes !


Ce mouvement a duré environs dix ans, le temps de revaloriser l'image du noir puis s'est éteint à son tour. Aujourd'hui nous pouvons constater à quel point cette révolte aura été bénéfique sur la société et le cinéma, même si le combat n'est pas terminé (il n'y a qu'à regarder la polémique sur les Oscars depuis plusieurs années), cela reste un grand pas de plus vers l'égalité. 


La cause est exactement la même pour les festivals LGBT, ces activistes ne demandent qu'à être plus accesptés dans la société et mieux représentés à l'écran. Si l'injonction normative ne leur donne pas les moyens alors ils les créent isolément.


Evidemment, l'action collective menée s'étend sur une longue durée, un long chemin parsemé de petites victoires ici et là, la palme d'or pour La Vie d'Adèle en 2013, l'Oscar du meilleur second rôle pour Jared Leto dans Dallas Buyers Club en 2014...


Patience, patience, car si le regard porté sur les personnes LGBT commence à se débrider dans le milieu restreint du 7e art, celui de la société reste encore à corriger. Il semble donc primordial de continuer à soutenir toute cette mouvance car lorsqu'elle n'existera plus, nos générations futures qui on l'espère seront guéries de nos maux, les remercieront infinement pour ce devoir accompli.


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Date de publication : 16/02/2016 à 12:35


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Les festivals queer sont-ils bénéfiques ou néfastes quant à la place des personnes LGBT dans notre société ? 


C'est précisément cette question que nous allons essayer d'éclaircir. Souvenez-vous qu'en Septemblre 2014, le réalisateur québécois Xavier Dolan avait soutenu lors d'une interview accordée à Télérama (n°3373) que les prix LGBT le "dégoûtait" car ils étiquettent les personnes et je le cite "fragmentent le monde en petite communautés étanches". Bien que les propos tenus soient violents, paradoxalement, beaucoup de personnes doivent s'indigner pareillement dans l'anonymat.


Cette répulsion à l'égard de ces festivals est certainement due à une peur viscérale de la ghéttoïsation, se sentir à l'écart plus qu'on ne l'est déjà. Or les gens ont tendance à oublier que ces récompenses sont décernées depuis la fin des années 80, en effet, cette révolution cinématographique LGBT a commencé depuis quelques décénnies alors peut-être que nous pourrions partiellement attribuer les récents résultats les droits des homosexuels (notamment le mariage pour tous) à tous ces activistes qui ont durement travaillé et qui continuent de travailler dans le monde du cinéma... 


Il y a quelques jours de ça, faisait par de son mécontentement à l'égard de ces festivals en soutenant les propos de Xavier Dolan et en ajoutant ceci : "l'homosexualité ne nous définit pas". Certes, elle ne nous définit pas intégralement mais elle fait partie de notre identité - mot ô combien tabou -, une identité riche et complexe, c'est donc seulement un constituant important et non un ensemble.


Une part d'identité qui jusqu'à maintenant est rejetée par bon nombre d'esprits étriqués, du fait de ce rejet, nous nous retrouvons dans l'incapacité d'exprimer toutes les autres parcelles identitaires. C'est expressément pour cela que nous devons nous battre et cesser de faire l'autruche en pensant que le monde va changer seul. Sur le long terme, l'action peut accomplir des miracles. 


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Dans les années 1970 aux Etats-Unis, alors que le mouvement révolutionnaire afro-americain Black Panthers Party commençait à s'essouffler, une mouvance cinématographique socio-culturelle voyait le jour et prenait ainsi le flambeau : la blaxploitation. 


Ce fut un mouvement contestataire éphémère important au possible, effectivement, à cette époque la ségrégation raciale existait toujours et le cinéma en était le reflet, le triste reflet d'une société raciste et conservatrice.


Les blancs endossaient toujours le rôle du héros tandis que les noirs ne se contentaient que des restes, ils n'étaient que des faire-valoir ou des personnages secondaires minables : valet maladroit, ami illéttré, voyou etc... C'est alors que des acteurs afro-américains financèrent et tournèrent leurs propres films (Sweet Sweetback's Badasssss Song en 1971 ou Shaft, les nuits rouges de Harlem la même année restent les plus cultes) qui mettaient en scène uniquement des personnes au teint basané et couleur ébène dans des rôles dignes !


Ce mouvement a duré environs dix ans, le temps de revaloriser l'image du noir puis s'est éteint à son tour. Aujourd'hui nous pouvons constater à quel point cette révolte aura été bénéfique sur la société et le cinéma, même si le combat n'est pas terminé (il n'y a qu'à regarder la polémique sur les Oscars depuis plusieurs années), cela reste un grand pas de plus vers l'égalité. 


La cause est exactement la même pour les festivals LGBT, ces activistes ne demandent qu'à être plus accesptés dans la société et mieux représentés à l'écran. Si l'injonction normative ne leur donne pas les moyens alors ils les créent isolément.


Evidemment, l'action collective menée s'étend sur une longue durée, un long chemin parsemé de petites victoires ici et là, la palme d'or pour La Vie d'Adèle en 2013, l'Oscar du meilleur second rôle pour Jared Leto dans Dallas Buyers Club en 2014...


Patience, patience, car si le regard porté sur les personnes LGBT commence à se débrider dans le milieu restreint du 7e art, celui de la société reste encore à corriger. Il semble donc primordial de continuer à soutenir toute cette mouvance car lorsqu'elle n'existera plus, nos générations futures qui on l'espère seront guéries de nos maux, les remercieront infinement pour ce devoir accompli.


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Les festivals queer sont-ils bénéfiques ou néfastes quant à la place des personnes LGBT dans notre société ? 


C'est précisément cette question que nous allons essayer d'éclaircir. Souvenez-vous qu'en Septemblre 2014, le réalisateur québécois Xavier Dolan avait soutenu lors d'une interview accordée à Télérama (n°3373) que les prix LGBT le "dégoûtait" car ils étiquettent les personnes et je le cite "fragmentent le monde en petite communautés étanches". Bien que les propos tenus soient violents, paradoxalement, beaucoup de personnes doivent s'indigner pareillement dans l'anonymat.


Cette répulsion à l'égard de ces festivals est certainement due à une peur viscérale de la ghéttoïsation, se sentir à l'écart plus qu'on ne l'est déjà. Or les gens ont tendance à oublier que ces récompenses sont décernées depuis la fin des années 80, en effet, cette révolution cinématographique LGBT a commencé depuis quelques décénnies alors peut-être que nous pourrions partiellement attribuer les récents résultats les droits des homosexuels (notamment le mariage pour tous) à tous ces activistes qui ont durement travaillé et qui continuent de travailler dans le monde du cinéma... 


Il y a quelques jours de ça, faisait par de son mécontentement à l'égard de ces festivals en soutenant les propos de Xavier Dolan et en ajoutant ceci : "l'homosexualité ne nous définit pas". Certes, elle ne nous définit pas intégralement mais elle fait partie de notre identité - mot ô combien tabou -, une identité riche et complexe, c'est donc seulement un constituant important et non un ensemble.


Une part d'identité qui jusqu'à maintenant est rejetée par bon nombre d'esprits étriqués, du fait de ce rejet, nous nous retrouvons dans l'incapacité d'exprimer toutes les autres parcelles identitaires. C'est expressément pour cela que nous devons nous battre et cesser de faire l'autruche en pensant que le monde va changer seul. Sur le long terme, l'action peut accomplir des miracles. 


http://img11.hostingpics.net/pics/562685411.jpg


Dans les années 1970 aux Etats-Unis, alors que le mouvement révolutionnaire afro-americain Black Panthers Party commençait à s'essouffler, une mouvance cinématographique socio-culturelle voyait le jour et prenait ainsi le flambeau : la blaxploitation. 


Ce fut un mouvement contestataire éphémère important au possible, effectivement, à cette époque la ségrégation raciale existait toujours et le cinéma en était le reflet, le triste reflet d'une société raciste et conservatrice.


Les blancs endossaient toujours le rôle du héros tandis que les noirs ne se contentaient que des restes, ils n'étaient que des faire-valoir ou des personnages secondaires minables : valet maladroit, ami illéttré, voyou etc... C'est alors que des acteurs afro-américains financèrent et tournèrent leurs propres films (Sweet Sweetback's Badasssss Song en 1971 ou Shaft, les nuits rouges de Harlem la même année restent les plus cultes) qui mettaient en scène uniquement des personnes au teint basané et couleur ébène dans des rôles dignes !


Ce mouvement a duré environs dix ans, le temps de revaloriser l'image du noir puis s'est éteint à son tour. Aujourd'hui nous pouvons constater à quel point cette révolte aura été bénéfique sur la société et le cinéma, même si le combat n'est pas terminé (il n'y a qu'à regarder la polémique sur les Oscars depuis plusieurs années), cela reste un grand pas de plus vers l'égalité. 


La cause est exactement la même pour les festivals LGBT, ces activistes ne demandent qu'à être plus accesptés dans la société et mieux représentés à l'écran. Si l'injonction normative ne leur donne pas les moyens alors ils les créent isolément.


Evidemment, l'action collective menée s'étend sur une longue durée, un long chemin parsemé de petites victoires ici et là, la palme d'or pour La Vie d'Adèle en 2013, l'Oscar du meilleur second rôle pour Jared Leto dans Dallas Buyers Club en 2014...


Patience, patience, car si le regard porté sur les personnes LGBT commence à se débrider dans le milieu restreint du 7e art, celui de la société reste encore à corriger. Il semble donc primordial de continuer à soutenir toute cette mouvance car lorsqu'elle n'existera plus, nos générations futures qui on l'espère seront guéries de nos maux, les remercieront infinement pour ce devoir accompli.


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