Journée VIH et statistiques 2018, prévention des IST

Lindos
Publiée le 27/11/2019 à 14:10 - Modification par Wiloooo le 17/02/2020 - 11:12:17
Auteur du sujet

Comme tous les ans à la même époque, la publication des statistiques sur les IST de l'année précédente précède la journée mondiale contre le VIH du 1er décembre. Il existait un vieux topic sur le sujet des IST, mais comme il n’apparaît plus alimentable et que le sujet est important, j'en crée un nouveau. En débat, car il y a toujours matière à débat sur les sujets de prévention, surtout lorsqu'on ne les évoque qu'une fois par an, et que contrairement à une idée reçue les IST se portent à merveille et les malades pas toujours aussi bien.

Cette années les sources les plus intéressantes me semblent être, le BSP du 9 oct 2019 intitulé "Découvertes de séropositivité VIH et diagnostics de sida - France en 2018", l'article du BEH du 26 novembre 2019 intitulé "Activité de dépistage du VIH et circonstances de découverte de l’infection à VIH en France 2018", et l'article du 9 octobre 2019 du site VIH.org intitulé "Les chiffres du VIH 2017-2018: timide baisse des découvertes de séropositivité", que je vous laisse découvrir sur les liens suivants :

https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/195446/2354669

https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/210609/2421247

https:vih.org/20191009/les-chiffres-du-vih-2017-2018-timide-baisse-des-decouvertes-de-seropositivite/

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La bonne nouvelle, c'est qu’après une année d'incertitude due apparemment à la mise en place d'un nouveau système de collecte de données dématérialisées, l'épidémie de VIH apparaît non plus se stabiliser, mais ralentir faiblement ces dernières années, surtout 2018. Comme c'est plus ou moins le cas dans la plupart des pays comparables au notre, et c’est plus encourageant que l’était l’apparente stabilité française. Mais il faudra attendre une année de plus pour savoir si cette tendance se confirme. Et depuis plusieurs années l'augmentation constante du nombre de dépistages entraîne plutôt une diminution des nouveaux diagnostiques, ce qui serait plutôt bon signe.

La mauvaise nouvelle, qui n’est pas vraiment neuve, c'est que ces statistiques globales cachent de fortes disparités, de genre, d'orientation sexuelle, de comportement, et d'origine géographique des personnes. Notamment, si globalement le VIH marque le pas ces dernières années chez les HSH ( gays , bi, trans...) nés en France, ce n'est pas le cas chez les HSH de moins de 25 ans et surtout les plus de 50 ans. De même, les découvertes de séropositivité augmentent significativement chez les HSH nés à l'étranger, et leur dépistage apparaît encore insuffisant. En outre il existe des disparités régionales en France, notamment un niveau plus élevé de découverte de séropositivité dans les départements français d'Amérique ou en région Ile de France, et dans une moindre mesure PACA, CentreVal de Loire ou Nouvelle Aquitaine.

Noter que le projet actuel de restriction de l’accès aux soins des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière est une menace pour leur santé, mais aussi pour la santé publique, notamment en matière d'IST sérieuses dont VIH.

Enfin l'infection est encore trop souvent dépistée à un stade avancé (notamment pour un quart des HSH diagnostiqués), autrement dit à un stade où les défenses immunitaires sont déjà très affaiblies ou au stade Sida, compliquant le traitement voire l'évolution de la maladie. Outre que dans ce cas , avant dépistage et traitement, la charge virale importante facilite encore plus la transmission du VIH à d'autres personnes (de façon comparable aux premières semaines d'infection).

Pour être complet, les déclarations de passage de l'infection du VIH au stade Sida sont en baisse, mais restent tout de même de l'ordre de 1200 par an (d'où la recommandation de se faire dépister au plus tot après une infection au VIH, ou en tout cas pas trop tard des années après).

Les décès directement liés au VIH ne sont pas publiés en France, sans doute pas si simples à déterminer car les comorbidités peuvent être plurielles surtout en vieillissant, mais semblent désormais d’un ordre de grandeur d’une centaine par an (chiffre que j'avais glané il y a quelques années).

Pour plus de précisions, se plonger dans les tableaux statistiques ou lire les commentaires de ces publications que je paraphrase ^^

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En tout cas on ne peut pas dire qu’on est pas prévenus, il apparaît prudent de continuer à se protéger par le préservatif, et de se faire dépister suffisamment fréquemment des IST - jusqu'à une fois par trimestre si nécessaire pour le VIH, et de solliciter en urgence un traitement post exposition (TPE) en cas de prise de risque VIH, ou d’évoquer une prophylaxie (un traitement allégé) pré-exposition (PrEP) si les risques VIH résiduels apparaissent trop élevés (demander conseil aux CEGIDD, associations de prévention, hôpitaux ou centres médicaux spécialisés dans la prévention des IST, etc).


#318058

Caramany
Publiée le 12/02/2020 à 11:33

Je vous fais part une mauvaise nouvelle :

https://www.ouest-france.fr/sante/sida/sida-echec-d-un-essai-de-vaccin-contre-le-vih-mais-la-recherche-continue-6721047

Ce fut un des 3 essais plus connus du moment. En espérant que les deux autres essais auront au moins un résultat significatif...


 1 vote #324090
Lindos
Publiée le 13/02/2020 à 08:39 - modifié par Lindos le 13/02/2020 - 08:41:39
Auteur du sujet

Merci du partage.

Très mauvaise nouvelle pour l’Afrique du sud, où la prévention est à l’abandon chez les pauvres (blacks) à part la prévention prénatale qui permet de dépister des femmes, où les traitements sont insuffisants et mal suivis, et où les jeunes sont surexposés dès l’âge de 15 ans.

Ceci étant je comprends mal qu’un vaccin pas trop mauvais candidat (30 pour cent de protection) et amélioré, puisse avoir un aussi mauvais résultat en double aveugle, au point de devoir arrêter l’essai.

J’ai l’impression que l’idée d’un vaccin qui pourrait n’être que modérément protecteur a du mal à passer de la théorie à la pratique. J’ai aussi l’impression que la négligence de la prévention combinée (la vraie, qui est la combinaison de plusieurs préventions pour chaque personne), négligence qui ne se limite pas à l’Afrique du Sud, se paie cher au niveau mondial. Cela fait au moins des heureux, les laboratoires pharmaceutique et leurs actionnaires.


 2 votes #324164
Gwendoe
Publiée le 13/02/2020 à 09:45

salut les amis ,

merci d'avoir reabordé le sujet parceque j'ai chercher dans le forum la semaine derniere et je n'ai pas trouver grand chose

see you


 1 vote #324168
Caramany
Publiée le 13/02/2020 à 14:21

De rien.

C'est extrêmement difficile de développer un vaccin efficace contre des virus à ARN, du fait de leur fort taux de mutation. Ainsi, il faut prendre en compte l'origine et population, dont le fond génétique joue aussi pas mal dans l'immunologie. (oui, c'est pas politiquement correcte, mais si, ça existe des variance naturelles parmi les populations).

L'ARN VIH peuvent s'intégrer dans notre génome, et se multiplient grâce à notre propre système. Qui fait qu'ils peuvent se cacher à très longtemps, le mécanisme de défense ne les reconnaît jamais. Le vaccin qui est basé sur interaction protéique, ne serait pas capable didentifier de nucléotides. il n'y a pas de molécule miracle comme antibiotique qui tue les pathogenes. Dans ce cas de VIH, un molécule entre dans le noyau, identifie la séquence VIH, et tue cette cellule infestée , ça il faut encore des années et des années d'avancée scientifiques.

Le vaccin restant seul espoir que humain possède afin de lutter contre les virus, à notre stade de connaissance. à part un génie qui fait de découverte incroyable. Je crois à ce genre de miracle. Mais il faut que les grands groupes pharmaceutiques acceptent que ce molécule miracle ne dérange pas leur vente de cocktail, sinon, on verra jamais ce jour.


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