Les mille et une nuits de l’égyptien libéré

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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J’ai découvert sur Arte Radio une petite perle qui date de 2011 : les confessions (rémunérées) d’un égyptien de 33 ans à l’époque, exilé en France. Né dans une famille modeste d'Alexandrie, Aiman découvre très tôt les jeux de l'amour. Avec ses voisines, ses copains d'école, les amies de sa mère, il expérimente sans complexe mille et un plaisirs d’autant plus attirants qu’interdits, qu’il raconte avec gourmandise et humour, et analyse avec intelligence.

On pourra lui reprocher d’être passionné par la sexualité, de se régaler des fantasmes orientaux, et à son histoire d’être dense pour un jeune homme. Mais je trouve qu’il analyse avec justesse le rapport du monde traditionnel avec la sexualité, en particulier le monde arabo-musulman, dont celui de l’Egypte située entre culture proche orientale et maghrébine. Culture qui s’était imprégnée de culture européenne tout en restant très pauvre et traditionnelle, avant les tentatives contemporaines de resserrements des boulons de la morale aussi bien en Orient qu’en Occident. Lui témoigne avoir goutté à tout ou presque (sauf à la prostitution apparemment sans doute parce que pauvre et bien élevé), mais il n’est pas vraiment différent de l’égyptien masculin moyen. Il est même probable qu’encore actuellement le jeune policier célibataire qui sous les ordres de sa hiérarchie fait des descentes dans les bars gays pour humilier et emprisonner les clients, sexuellement frustré, ne dédaignerait pas approcher brièvement et discrètement sa voisine mariée ou un bogosse.

Ce qui est vraiment intéressant au-delà du folklore, ce sont les différences entre les cultures traditionnelles orientales versus contemporaine occidentale, dont les différences de morales qui sont par nature chacune impératives, le torride des fantasmes et l’érotisme dans la vie privée quand il est interdit dans la vie publique, la maturité plus précoce des jeunes filles par rapport à celle des garçons (qui font pourtant les malins), et son point de vue très masculin.

Au total son témoignage un peu long mais succulent ^^

L’égyptien libéré (Arté Radio 2011)


photo de l'auteur Gentilchat
Gentilchat
Non binaire de 27 ans
Louvain-la-Neuve
Merci, je vais écouter ça, ça m'intéresse beaucoup.

Edit: Alors, j'ai écouté tout de A à Z et y'a des passages qui m'ont franchement fait me sentir mal à l'aise pour lui... Non pas parce qu'il a une sexualité mais parce qu'il emploie les mots "viols" et "peur"... Et il cache tout ça ensuite derrière un rire presque nerveux, qui le protège, mais on sent que c'est un rire pour "calmer" le sentiment qu'il a pu ressentir par rapport à cette "tante" qui lui a fait des choses et l'insultait de PD avant de se le taper quand il avait 16 ans.

Du reste, je trouve que son histoire est intéressante et que certaines choses qu'il dit me rappellent un peu ce que me disait un ex, lui aussi égyptien... Comme quand il exprime que l'homosexualité est monnaie courante mais pas reconnue comme telle... Mon ex m'avait expliqué que des gens lui faisait des propositions, genre dans un taxi et tout... Que lui aussi avait fait des choses avec des copains. Mais il faut souligner que le fait d'être passif est trèèèès mal vu. (mon mec était versatile donc avait fait un chemin intérieur) On le ressent d'ailleurs dans son histoire du "petit train" en ajoutant que "il y en avait un qui n'était jamais content" (en sous entendant qu'il y en avait toujours un qui ne peut pas être actif, soit celui tout devant). Ensuite, il exprime aussi que "PD" est plus une insulte lancée comme "femmelette", que pour désigner vraiment une personne homosexuelle (et en cela, c'est pareil, souvent, chez nous aussi, malheureusement).

Ensuite quand il dit que plus une chose est réprimée, plus elle devient enviable (en prenant comme exemple le voile ou encore les écoles non-mixtes), je partage aussi ce point de vue.

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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Merci de ton témoignage.

Je ne sais rien de lui, juste que depuis que j'ai écouté la suite de son histoire (dont je vais mettre le lien ci-dessous) il me semble que derrière le jeune homme immature centré sur sa libido il y a certainement et en tout cas il y aura une personne de qualité. Le consul de France à Alexandrie ne s'y a apparemment pas trompé en l'aidant (apparemment sans contrepartie ce qui n'a pas toujours été le cas dans tous les consulats, mais je m'égare).

Au risque de te décevoir, dans les pays traditionnels les reconnaissances en nature pour l'aide par une personne vaguement proche de la famille, ou encore une éducation sexuelle plus ou moins consentie, ce n'est pas une chose rare. Il hésite visiblement à employer le mot de viol qui est un qualificatif occidental, et en a vu d'autres comme on dit. Il n'a apparemment pas été confronté à des situations plus sérieuses et pas si rares, faisait l'objet du dicton humoristique "l'élève passe sous le maitre" dans certains pays musulmans restés très traditionnels, sous entendu élève masculin puisque les filles étaient très protégées, plutôt dans les médrasa, et les beaux garçons y étaient plus exposés. Dans la tradition tous les abus vrais ou faux étaient plutôt reprochés aux personnes indésirables et opposants politiques, et passaient inaperçus pour les personnes plus proche des pouvoirs. En Iran les pendaisons spectaculaires relevaient souvent de cette qualification, sauf que le jeune était pendu avec (on en entend plus parler actuellement).

Pour le reste il prends cela avec humour, et comme tu le rappelles à juste titre plus c'est interdit et caché plus cela devient désirable. C'est en grande partie la base de l'érotisme arabo-musulman, en tout cas au moyen et proche Orient, mais c'est quasiment la même chose en Inde (qui a été sous domination musulmane pendant des siècles). Et que d'y repenser cela l’excite beaucoup ^^

La suite est toute aussi intéressante à mon avis, et fait moins style obsédé sexuel :

L'ÉGYPTIEN LIBÉRÉ II ^^

Notamment :
La drague (surtout entre mecs hétéros)

José

Où comment il a failli devenir bisexuel en France après avoir été un chaud dragueur en Egypte ^^

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Gentilchat
Non binaire de 27 ans
Louvain-la-Neuve
Oui, c'est plus sentimental, il est très touchant comme garçon. Et le tout dernier "Révolution sexuelle place Tahrir" est vraiment coolos.

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

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C'est vrai qu'il est touchant, il a des principes notamment familiaux et on ne sent pas de perversité dans sa perception de la sexualité, de la séduction, de la drague, qu'il érige en art. Juste un peu d’obsession tout de même, il a une libido d'éternel ado ^^

Cela m'a rappelé qu'une journaliste libanaise (dont j'ai oublié le nom) employait plutôt le mot de sport masculin.
Et ça m'a rappelé que les égyptiens sont tout de même de sacrés coquins, notamment lorsqu'ils portent une djellaba traditionnelle au nord qui évoque parfois furieusement le dieu Min ithyphallique du musée des antiquités égyptiennes, et lorsqu'au sud ils proposent de gouter aux bananes nubiennes ^^
Malheureusement actuellement c'est la répression morale tout azimut depuis le coup d'état de notre cher allié, il n'y a pas que les gays cent pour cent qui souffrent.
Et en Occident la chasse est aussi ouverte contre les conceptions traditionnelles de drague de rue, style toucher ou provoquer avant de parler (sauf que chez nous ce n'est pas aussi discret qu'en Egypte).

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