DÉSERT LESBIEN


milimob
Milimob - 29 ans
De 04
  il y a 25 jours


Salut tout le monde,

Alors voilà je viens du Sud (comme la chanson) ^^ et je ne comprends pas qu'il y n'est aucune activité proposée pour lesbiennes ou bi.

Le milieu gay est partout : boite de nuit, club, after, pleins de site de rencontre GAY etc
Mais pour nous NADA .............. A peine une petite soirée de temps à autres titrés de "gay friendly" qui sont abondamment fréquentées par des hétéros qui veulent profiter de leur soirée sans se faire tripoter par des mecs

J'ai même essayé de voir s'il existait une agence matrimoniale "L" et ...... Bordeaux et Paris en très faibles quantités

Est-ce moi ou vous avez des infos que je n'ai pas ???

Lolanette
Lolanette - 30 ans
De PARIS
  il y a 25 jours


Salut Milimob!

J'ai exactement le même sentiment. Un sentiment affreux.
Que les lesbiennes malheureusement sont assez mal loties :'(
Mais je ne sais pas si c'est aussi la communauté L qui se veut discrète...
On m'a beaucoup parlé du Pulp.... mais ben il a fermé.

Je ne comprends pas pourquoi on a que deux ou trois bars dans la capitale comparé aux clubs gays... etc etc.
Moi j'aimerais bien m'afficher aussi librement qu'eux...
Diatrima
Diatrima - 30 ans
De Beauvais
  il y a 24 jours


Bonjour,

Vous n'êtes pas les seules à éprouver ce sujet. En réalité, ce manque de coins réservés à une clientèle lesbienne est un fait de société, pas seulement en France, mais au niveau mondial. Notamment, une étude de terrain avait été faite aux Etats Unis, dans les villes et quartiers dédiées à la communauté LGBT. Le taux de d'existence des bars et clubs lesbiens avait chuté drastiquement depuis une vingtaine d'années. Ils mettaient la clé sous la porte... D'après ce que le reportage expliquait, les causes de ce phénomène malheureux sont économiques:
1) La clientèle lesbienne ne représente que 15% environ de la population (d'après le reportage, aux USA), ce qui fait une part de la population assez petite pour remplir ces lieux de divertissement;
2) Les femmes sont moins bien payées que les hommes, et ce, quelque soit leur sexualité, ou leur pays. De fait, les femmes ne peuvent pas se permettre autant de sortir et de faire la fête.

Du coup, les clubs et bars gays fleurissent, et les clubs et bars lesbiens décrépissent. Par définition, la population masculine homo est plus aisée que la population féminine homo. Donc, le tourisme gay, les hôtels et autres activités sont presque pignon sur rue.

Quand on aura une réelle parité salariale, on pourra peut-être espérer que tout le monde puisse faire la fête.

P.S: J'ai hésité à écrire ce post, merci d'avance de ne pas me lyncher si ces faits ne vous plaisent pas (les mecs). Je n'ai rien inventé, et je n'ai aucun intérêt à le faire. Je ne suis pas là pour lancer le débat, et je n'y répondrai pas. Je suis juste affectée MOI AUSSI que cette différence existe* mais: bienvenue dans la société patriarcale!
Et non, je n'ai pas de sources sous la main. J'ai vu ce reportage il y a un mois ou deux, et je parle de mémoire. Je n'ai pas pris de notes en le regardant pour préparer ma plaidoirie. Mais tout doit être facilement trouvable.

*Dans mon adolescence, je voulais aller dans des boites lesbiennes pour faire des rencontres. Bah, je n'ai jamais pu le faire.
milimob
Milimob - 29 ans
De 04
  il y a 24 jours


Je ne sais pas si je dois me sentir soulagée qu'il n'y ait rien non plus sur Paris ou encore plus désolée !

Suite au deuxième commentaire: le salaire doit y jouer, franchement personne d’honnête peut le nier mais il y a d'autres paramètres comme
* la vie de famille !! une mère et/ou une fiancée à toujours du mal à passer le cap de l'abandon sans culpabiliser.
*le cliché qu'une femme ne peut être respectable qu'en étant "clean sous tous rapports" . Comme si sortir dans un milieu exclusivement L ou Bi faisait de nous des dépravées sexuelles...
*le fait que personne ne pense que ce commerce pourrait vraiment fonctionner ^^
c'est pas parce que ça marche pas ailleurs que ça ne fonctionnerait pas ici. Justement !! en Amérique le fait que certains Etats acceptent bcp mieux les LGBT ne les poussent pas à se recentrer sur leur communauté. Alors qu'ici, le fait d'être mal toléré pourrait rendre les lieux L propices à la réussite. Surtout que je pense que la communauté est assez demandeuse finalement.

Au final, je pense que le principal problème vient du fait qu'on ose pas créer des lieux pour nous et qu'on est toujours en attente que quelqu'un d'autre sans charge pour oser franchir le pas. Je comprend pas que les artistes L ou même Gay ne se lancent pas dans ce business.
Robot
Compte supprimé
  il y a 24 jours


kikou les filles, pour ce qui est de Paris et Bordeaux, il y a des adresses (le so what, le 3eme lieu , WW etc). sur bruxelles rien officiellement, il y a eu des essais mais pour ce qui est de mon experience, la clientele lesbienne evolue beaucoup en petit comité, elles sortent quand elles veulent rencontrer mais apres preferent sortir en couple dans des endroits plus mixés. A amsterdam, officiellement, un bar lesbien ou pour les femmes, à Anvers un seul qui vient d'ouvrir. c'est pas gagné :)
Et les bis n'en parlons pas ;) déjà une clientele difficile dans le sens ou de temps en temps elles ne le sont pas ouvertement et ne sortent pas dans le milieu lesbien pour eviter soit de se faire lyncher par les lebiennes (si si ca arrive) sous pretexte qu'lles n'ont pas fait leur choix. ou dans un milieu hetero ou c'est chaud pour elles si elles branchent une hetero... bref. Donc actuellement plutot les chances pour rencontrer des lesbiennes et bi dans les bars sont dans les bars "queer", ou tout le monde est bienvenue ???

Edrazel
Edrazel - 22 ans
De Bruxelles
  il y a 24 jours


Ça m'a rappelé cet article de Slate que j'ai lu il y a quelque temps et qui explique vraiment bien le problème. Ça parle de la situation aux Etats-Unis, mais je pense que ça vaut pour l'Europe de l'Ouest aussi.

 5 personnes l'ont remercié pour son aide, sa patience et son écoute.

CamsurlaMer
CamsurlaMer - 27 ans
De Toulouse
  il y a 24 jours


Citation de Diatrima
En réalité, ce manque de coins réservés à une clientèle lesbienne est un fait de société, pas seulement en France, mais au niveau mondial. Notamment, une étude de terrain avait été faite aux Etats Unis, dans les villes et quartiers dédiées à la communauté LGBT. Le taux de d existence des bars et clubs lesbiens avait chuté drastiquement depuis une vingtaine d années. Ils mettaient la clé sous la porte... D après ce que le reportage expliquait, les causes de ce phénomène malheureux sont économiques:
1) La clientèle lesbienne ne représente que 15% environ de la population (d après le reportage, aux USA), ce qui fait une part de la population assez petite pour remplir ces lieux de divertissement;
2) Les femmes sont moins bien payées que les hommes, et ce, quelque soit leur sexualité, ou leur pays. De fait, les femmes ne peuvent pas se permettre autant de sortir et de faire la fête.

Du coup, les clubs et bars gays fleurissent, et les clubs et bars lesbiens décrépissent. Par définition, la population masculine homo est plus aisée que la population féminine homo. Donc, le tourisme gay, les hôtels et autres activités sont presque pignon sur rue.

Quand on aura une réelle parité salariale, on pourra peut-être espérer que tout le monde puisse faire la fête.

P.S: J ai hésité à écrire ce post, merci d avance de ne pas me lyncher si ces faits ne vous plaisent pas (les mecs). Je n ai rien inventé, et je n ai aucun intérêt à le faire. Je ne suis pas là pour lancer le débat, et je n y répondrai pas. Je suis juste affectée MOI AUSSI que cette différence existe* mais: bienvenue dans la société patriarcale!


Je n'avais effectivement pas du tout pensé à ce paramètre financier… Mais à y réfléchir, c'est un argument très pertinent et fondé.
Raison de plus - si ce n'est rétablir un équilibre de vie décent entre 2 moitiés de la population - pour militer pour l'égalité salariale !

Pour ce qui est du désert lesbien - et par extension bi -, je ne connais pas bien le "milieu" mais j'imagine que quelques rares adresses existent dans de très grandes villes, là où il y a une clientèle suffisante pour rentabiliser… Malheureusement, on en revient au facteur économique.
Robot
Compte supprimé
  il y a 24 jours


J'ai absolument pas l'habitude du milieu, mais je pensais que les bars "gays" étaient aussi bien pour les hommes homosexuels que pour les femmes...

Navré d'apprendre que ce n'est pas le cas
Diatrima
Diatrima - 30 ans
De Beauvais
  il y a 24 jours


Citation de Edrazel
Ça m a rappelé cet article de Slate que j ai lu il y a quelque temps et qui explique vraiment bien le problème. Ça parle de la situation aux Etats-Unis, mais je pense que ça vaut pour l Europe de l Ouest aussi.


Edrazel, merci pour cet article. En effet, il reflète exactement ce que j'ai vu dans le reportage, avec en plus une autre caractéristique (que j'avais oublié de mentionner) qui différencie la clientèle gay de la clientèle lesbienne:

-Les gay (en général) sortent régulièrement pour s'amuser (=bons clients);
-Les lesbiennes (en général) recherchent une relation stable, et ne sortent que quand elles sont célibataires (=clientes ponctuelles).

[citation de l'article]
Moins de lesbiennes que de gays dans les bars:
D’après l’édition 2011-2012 des Gayellow Pages («Pages jaunes gays»), San Francisco compte un bar lesbien, 24 bars à la clientèle principalement gay et 7 à la clientèle mi-gay mi-lesbienne. Atlanta compte 2 bars lesbiens, 12 bars gays et 8 mixtes. Manhattan possède 2 bars lesbiens, 28 gays, 13 mixtes, et Seattle, 1 bar lesbien, 4 gays et 6 mixtes.
Plus intéressées par les relations de longue durée, les lesbiennes fréquentent moins les bars que les gays. Maggie Collier, la directrice de Maggie C Events, une société new-yorkaise qui organise des soirées, m’a confié:
«Les femmes sortent pour trouver une compagne. Quand elles l’ont trouvée, je ne les vois plus pendant deux ans. Puis, tout à coup, elles se remettent à sortir, ça veut dire qu’elles ont rompu. On les voit alors chaque semaine à chaque fête jusqu’à ce qu’elles se trouvent une nouvelle [copine] et qu’elles disparaissent à nouveau.»
Elle ajoute: «Les gays sortent beaucoup plus. Ils draguent. Ils veulent s’amuser».


Après, s'ajoute le problème des harceleurs potentiels des bars strictement pour femmes:

Les établissements réservés aux femmes étaient particulièrement populaires dans les années 1970 et 1980, et cela a fini par agacer certains mecs hétéros, qui n’avaient pas l’habitude d’être exclus. Ce fut un vrai casse-tête pour Elaine Romagnoli, propriétaire de plusieurs bars lesbiens à New York dans les années 1970:
«Le gros du harcèlement venait d’hommes hétéros qui ne pouvaient pas entrer. Ils écrivaient carrément à la ligue des droits de l’homme ou autre, et je me retrouvais convoquée.»
Car il est interdit d’exclure un homme sous le seul prétexte qu’il est un homme.


En conclusion, nous connaissons maintenant les raisons de cette énorme différence, mais ça ne règle pas le problème pour autant.
milimob
Milimob - 29 ans
De 04
  il y a 23 jours


Très bonne conclusion en effet
Il y a plusieurs causes à notre problème et il n'y a aucune solution xD On avance lol

Je ne vois qu'une solution en fait Attention ça va choquer !! surtout qu'à la base je ne suis pas fana du communautarisme. Mais aux grands maux les grands remèdes !!!!!!!!!!


On ouvre une VILLE LGBT - hétéro friendly évidemment ^^ on est pas des monstres

Le maire serait homo, ses conseillers aussi, les fonctionnaires aussi, les commerces qui ouvriraient ... attireraient les patrons et la clientèle LGBT. Il n'y aurait pas de problème d'agression ou de véhicules détériorés (on tout cas pas plus qu'ailleurs par rapport à notre sexualité),

Bref un cercle vertueux !!

Ca fait un peu le cliché "The L world" mais bon, à y réfléchir ça retournerait le problème. Au lieu d'essayer d'ouvrir plein d'endroits dans un pays, qui ne fonctionnent pas car isolés et patrons en manque de clientèle, on en fait qu'un !!

Evidemment .... impossible xD juridiquement parlant, moralement parlant
Mais bon parfois j'en rêve ^^
Diatrima
Diatrima - 30 ans
De Beauvais
  il y a 23 jours


Coucou Milimob,
J'aime bien ton idée, elle ferait un excellent scénario de film ou de roman. =)
On peut toujours espérer qu'un jour, la société s'élève vers cet idéal de parité entre les sexualités et entre les sexes.
Rien n'est impossible!
milimob
Milimob - 29 ans
De 04
  il y a 23 jours


Coucou Diatrima,

je pense que nous verrons pas une telle avancée !!

En attendant, j'ai vu un post de Lolanette qui a crée un post : Endroits Lesbiens France et Europe ? HELP

On sait jamais qu'il y ait plus d'infos ^^

RLLTP
RLLTP - 18 ans
De Chalon
  il y a 22 jours


Bonjour,

Déjà, de base, force est de constater que la visibilité des lesbiennes est moindre, ce qui peut expliquer ce manque de propositions d'activités.

Je pourrais comparer avec la Bourgogne, et affirmer que là, c'est le noir total. Il ne s'y passe rien...

Bref.
Nous pouvons constater, encore et toujours, que la vraie vie ne ressemble pas à The L Word.
Wiloooo
Wiloooo - 28 ans
De Lyon
  il y a 22 jours


il vous reste sinon les beetings entre filles ;)

 32 personnes l'ont remercié pour son aide, sa patience et son écoute.
Webmasteur, créateur et boudeur. Un souci avec le site n'hésitez pas à nous contacter
myway
Myway - 27 ans
De Cannes
  il y a 22 jours


Salut à tous!
Bon comme Genève n'intéresse apparemment pas grand monde j'interviens sur ce sujet.

Il est clair que les lesbiennes sortent beaucoup moins que leurs confrères et c'est bien dommage. Célibataire ou en couple, gagnant le SMIC ou plus, est-ce qu'il ne s'agit pas là aussi d'excuses pour ne pas ce bouger un peu dans des lieux lgbt ne serais-ce qu'une fois par mois? En gros est-ce que les vraies raisons de ce désert ne serait pas plutôt tout simplement du feignantisme, de la timidité,et de la peur à cause de la mauvaises réputation que certain bar/club peuvent avoir? Je vais prendre pour exemple "La Mutinerie" sur Paris. Avant d'aller m'y aventurer il y a quelques années j'avais fait quelques recherches sur ce bar pour avoir quelques avis et franchement ça laissait à désirer. Bien si je m'étais arrêtée à cette réputation, je n'aurais jamais découvert ce lieu que j'adore aujourd'hui. Il est plein de surprise et de gens ouverts à la rencontre. Et pour la musique y en a pour tout les goûts ?. Et au vu du nombre de personne qui s'y trouvent généralement le week-end, il est clair que les filles aussi on besoin de ces lieux communautaires pour se retrouver et de rencontrer.
De là à avoir une ville entière, l'idée est fun mais malheureusement irréalisable.

Concernant les beetings, en effet ça pourrait être une solution. Malheureusement c'est le désert à ce niveau là aussi (je parle des villes où il n'y a quasi aucun profil féminin d'actif depuis plusieurs mois voir années).



Pour participer à [ DÉSERT LESBIEN ] il faut être obligatoirement inscrit