Un peu de poèsie

Membre Anonyme
Je n'ai pas l'âme d'un poète mais j'aime les mots et la littérature. Je vous propose ainsi sur ce forum de partager les poèmes que vous aimez. En voici un que je ne me lasse pas de lire, dites moi ce que vous en pensez ^^ : C'est l'extase langoureuse, C'est la fatigue amoureuse, C'est tous les frissons des bois Parmi l'étreinte des brises, C'est, vers les ramures grises, Le choeur des petites voix. O le frêle et frais murmure ! Cela gazouille et susurre, Cela ressemble au cri doux Que l'herbe agitée expire... Tu dirais, sous l'eau qui vire, Le roulis sourd des cailloux. Cette âme qui se lamente En cette plainte dormante, C'est la nôtre, n'est-ce pas ? La mienne, dis, et la tienne, Dont s'exhale l'humble antienne Par ce tiède soir, tout bas ? Verlaine, Romances sans paroles, "Ariettes oubliées"
Membre Anonyme
Un si beau poème a écouter dans la tranquillité de la nuit noire.
Membre Anonyme
Je ne connaissais pas ce poème! Il est très joli, bien que Verlaine ne soit pas mon poète favori. Pourquoi te plait-il tant? En voici un de Baudelaire, Allégorie : C'est une femme belle et de riche encolure, Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure. Les griffes de l'amour, les poisons du tripot, Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau. Elle rit à la Mort et nargue la Débauche, Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche, Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté De ce corps ferme et droit la rude majesté. Elle marche en déesse et repose en sultane; Elle a dans le plaisir la foi mahométane, Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins, Elle appelle des yeux la race des humains. Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde Et pourtant nécessaire à la marche du monde, Que la beauté du corps est un sublime don Qui de toute infamie arrache le pardon. Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire, Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire Elle regardera la face de la Mort, Ainsi qu'un nouveau-né, — sans haine et sans remords.
Membre Anonyme
Très beau poème de Baudelaire, Pinkstor. Pour te répondre, j'aime beaucoup ce poème par sa fragilité et surtout sa sensualité. Je retrouve exactement ce que je cherche en littérature le goût des mots et des sons. Certes ce plat n'est pas parfait mais comme il le dirait lui même c'est "l'apothéose du médiocre". C'est en ce qu'il est bancal et incertain que ce poème est parfait. Il ne nous donne que de jolies images, des impressions, des suggestions.  
Membre Anonyme
C'est vrai,  j'aime beaucoup la manière dont il articule subtilement ses trois strophes et comment il entremêle et lie la sensualité  au sens premier du terme avec la sensualité amoureuse! Il parvient très bien à solliciter nos sens justement, avec les sonorités qu'il semble s'efforcer de travailler comme tu l'as dit ^^
Louvinol
Le Pont Mirabeau Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure L’amour s’en va comme cette eau courante L’amour s’en va Comme la vie est lente Et comme l’Espérance est violente Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
Membre Anonyme
Louvinol, tu connais l'enregistrement d'Apollinaire qui lit ce poème? ^^
Louvinol
l'enregistrement ?
Membre Anonyme
bonsoir, Ce qui m'intrigue, et a la fois me rend triste c'est que par les digues sont outrés les artistes Ce qui est un sujet au premier abord simplet peux se révéler des plus salvateur, pour des Âmes artistes, plongées en pleine torpeur C'est un topic comme celui ci, que je me permets de signer par ma plume au milieu de la nuit Telle une rafale de vent, de passage entre passé et présent, je m'en remets solennellement à votre humble jugement.Car Même si les mots me Connaissent, m'apprécient ou me délaissent, il m'arrive encore de penser, que je peux être sûre de devoir persévérer, pour longtemps je le crains... Et peut-être même en vain ( j'ai pondue sa a l'instant si mon texte vous plaît vous pouvez me Mp Merci)
Louvinol
T'écris bien ! :D
Membre Anonyme
Louvinol, oui il a enregistrer sa propre lecture de son poème, j'étais tombée dessus un jour par hasard et je n'aurais jamais pensé à le lire comme ça! Puis de se dire que c'est lui qui le lis ça fait un drôle d'effet ^^ Tien je te mets le lien ici si tu veux Evalya, tout en spontanéité!
Membre Anonyme
pardonnez mon retour sans raison, apparemment il se trouve que je possède une interrogation une fillette de mon genre, n'aimant pas les paillettes, m'interpelle une fois encore, attristée par une autre fête. me sentirais je plus mal au cours des prochains jours, sachant qu'au final ma vie sera noire pour toujours? Le cycle de la vie, passant par là, je pense à la nuit un peu plus encore qu'à moi il est déjà de dix minutes passées la seconde heure. d'une autre journée qui elle même me fait peur. Le sommeil me manque mais ne me viens pas,telle une saltimbanque j'espère ne pas perdre la foi, du moins pour une énième fois.
Louvinol
Ah ça fait bizarre de l'écouter ! Merci du lien ;)  Tu écris bien Evalya essaie de faire quelque chose de concret je suis sur que tu peux, un recueil de poèmes, un roman, ça te va bien écrivaine de la nuit :p. Ma remarque préférée de cette section: Irène se transporte à grands frais en Épidaure , voit Esculape dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. D'abord elle se plaint qu'elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu'elle vient de faire. Elle dit qu'elle est le soir sans appétit ; l'oracle lui ordonne de dîner peu. Elle ajoute qu'elle est sujette à des insomnies ; et il lui prescrit de n'être au lit que pendant la nuit. Elle lui demande pourquoi elle devient pesante, et quel remède ; l'oracle répond qu'elle doit se lever avant midi, et quelques fois de se servir de ses jambes pour marcher. Elle lui déclarer que le vin lui est nuisible : l'oracle lui dit de boire de l'eau ; qu'elles a des indigestions : et il ajoute qu'elle fasse la diète. " Ma vue s'affaiblit, dit Irène.  -Prenez des lunettes, dit Esculape - Je m'affaiblis moi-même, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que je l'ai été. - C'est, dit le dieu, que vous vieillissez. - Mais quel moyen de guérir cette langueur ? - Le plus court, Irène, c'est de mourir, comme on fait votre mère et votre aïeul. - Fils d'Apollon, s'écrit Irène, quel conseil me donnez-vous ? Est-ce là toute cette science qui vous fait révérer de toute la terre , Que m'apprenez-vous de rare et de mystérieux , et ne savais-je pas tous ces remèdes que vous m'enseignez ? - Que n'en usiez-vous donc, répond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abréger vos jours par un long voyage ? " Les Caractères, "De l'homme", 35.
Membre Anonyme
@Louvinol Tu me fais sourire sur un point, non des moindre Car écrire de nuit m'évite de moi même me feindre me parler de romans en cette heure si matinale me remémore soudainement que me reste a faire le. Chapitre final comblé de part et d'autre de science-fiction, c'est de mon histoire Qu'il a été question dans cette seconde moitié de mes mémoires en ces lieux s' éteindrons mes espoirs et mes désillusions
Louvinol
Extrait de Mélancholia, Les contemplations  " Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,  Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour.  Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille !  Seule ! — n'importe ! elle a du courage, une aiguille,  Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,  En travaillant le jour, en travaillant la nuit,  Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.  Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,  Et chante au bord du toit tant que dure l'été.  Mais l'hiver vient. Il fait bien froid, en vérité,  Dans ce logis mal clos tout en haut de la rampe ;  Les jours sont courts, il faut allumer une lampe ;  L'huile est chère, le bois est cher, le pain est cher.  Ô jeunesse ! printemps ! aube ! en proie à l'hiver !  La faim passe bientôt sa griffe sous la porte,  Décroche un vieux manteau, saisit la montre, emporte  Les meubles, prend enfin quelque humble bague d'or ;  Tout est vendu ! L'enfant travaille et lutte encor ;  Elle est honnête ; mais elle a, quand elle veille,  La misère, démon, qui lui parle à l'oreille.  L'ouvrage manque, hélas ! cela se voit souvent.  Que devenir ! Un jour, ô jour sombre ! elle vend  La pauvre croix d'honneur de son vieux père, et pleure ;  Elle tousse, elle a froid. Il faut donc qu'elle meure !  A dix-sept ans ! grand Dieu ! mais que faire ?... — Voilà  Ce qui fait qu'un matin la douce fille alla  Droit au gouffre, et qu'enfin, à présent, ce qui monte  À son front, ce n'est plus la pudeur, c'est la honte.  Hélas, et maintenant, deuil et pleurs éternels !  C'est fini. Les enfants, ces innocents cruels,  La suivent dans la rue avec des cris de joie.  Malheureuse ! elle traîne une robe de soie,  Elle chante, elle rit... ah ! pauvre âme aux abois !  Et le peuple sévère, avec sa grande voix,  Souffle qui courbe un homme et qui brise une femme,  Lui dit quand elle vient : « C'est toi ? Va-t-en, infâme ! " Victor Hugo  C'est un très bel extrait !

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