passer du fort au faible

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Bloomyk
Homme de 32 ans
Marseille

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Bonjour à tous,
Un petit sujet ou du moins quelques lignes pour savoir si vous aussi, vous avez connu ça...

Vous êtes quelqu'un de sensiblement fort et vous êtes quelqu'un qui ne laisse rien transparaître, toujours prêt à aider à donner un conseil aux autres, essayer de guider les autres du mieux que vous pouvez car il semblerait que votre jugement et vos observations se soient révélées exactes...

Mais quand c'est à vous d'être en difficultés ou que vous venez de prendre un coup au moral, il vous est difficile de vous montrer faible et de dire que vous êtes atteints par ce qui vous est arrivé... On pleure oui, mais on ne dit rien, on est submergés mais on ne dit rien...
Une force oui... mais jusqu'où?

Vous vous plongez à corps perdu dans ce qui vous anime... Sport, musique, boulot, boissons... mais toujours avec ce truc dans la tête de ne rien montrer, rien montrer de la trahison, de la malhonnêteté, de la déception, du peu de considération qu'on a eu à votre égard... Toujours être celui qu'on voit comme un pilier de droiture et de robustesse, le chêne qui ne flanche jamais et qui ne rompt pas!

Mais au fond... Sommes nous réellement ce chêne? Qui peut comprendre qu'au fond, on est pas très stables, qu'il manque une cale sous nos pieds...
Les amis, les personnes qui nous connaissent bien même si on les connaît depuis peu...

Si vous vivez ça aussi...


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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Je ne suis pas en train de vivre ça précisément, enfin peut-être, peut-être pas, vu que je vois pas les choses de cette manière.
Pour moi la force consiste dans le fait d'avancer, de continuer à croire en notre valeur même lorsque quelqu'un essaie de la salir, se remettre en question (dans le bon sens du terme) quand on nous fait une remarque légitime... mais aussi pouvoir parler de ses problèmes quand cela est nécessaire. Tu peux être le chêne de certains (les inconnus, ton patron, les connaissances...), et toi-même avec quelques uns. Si les autres ont le droit d'avoir des incertitudes, etc, alors toi aussi. Y'a un pas entre se confier à 2-3 personnes bien tranquillement, et étaler ses failles au grand public ^^  Je pense que le chêne n'est qu'une image qu'on peut donner (ou non) aux autres, personne n'en est réellement un, même la personne la plus courageuse (de toute façon quelqu'un qui ne craint rien ou ne ressens rien, il n'a pas besoin d'être courageux, il est juste soit inconscient soit blasé).

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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Salut!

Je me reconnais bien dans ton texte. Je suis souvent la personne à qui on vient se confier quand on a des soucis, la personne forte qui est toujours là. Puis, dans les moments où c'est toi qui va mal, ben tu sais pas vraiment quoi faire parce que tu te vois toi aussi comme quelqu'un de fort, comme quelqu'un qui peut gérer seul ses problèmes, seulement ça n'est pas le cas.

Pour avoir traversé une période relativement difficile il y'a peu, je peux t'assurer qu'au fond, personne n'est invincible. Tu as beau penser que tu es un chêne qui ne flanche jamais, je pense que tout le monde , à un moment dans sa vie, a besoin d'aide. Personnellement, j'ai essayé pendant longtemps de tout garder pour moi, de ne jamais flancher. Mais en vérité, c'est juste impossible. J'ai passé plusieurs mois à juste me dire que j'allais passer au dessus de tout ça, que j'allais y arriver seule, parce que je suis forte. Mais au bout d'un moment, ça te ronge et tu te sens tout le temps mal.

Et puis, un jour, un ami voyant que j'allais pas forcément bien, m'a donné un bon conseil. Il m'a dit : " Je sais qu'en ce moment tu ne vas pas bien, et je sais que tu ne veux pas en parler. Alors pourquoi tu ne l'écris pas?". J'y ai réfléchi quelques jours, et à un moment j'ai pris une feuille blanche et j'ai lâché tout ce que je retenais. Les mots ont coulés comme ça, j'arrivais plus à m’arrêter et quand j'ai enfin posé mon stylo et que je me suis relu, j'ai vu que j'avais même écrit des trucs que je ne m'étais même pas avoué à moi  même. Finalement, après ça, je me suis senti mieux, c’était comme si j'avais crevé l’abcès, et j'ai pu facilement en parler à un ami.

Bref, tout ça pour dire que l'image du chêne qui tient malgré vents et marées n'est qu'une image que les autres se font de toi, ou que tu as de toi même. Mais au final, personne n'est réellement comme ça. Et avouer qu'à un moment donné tu as besoin de parler de tes soucis n'est pas une marque de faiblesse, ça montre seulement que tu es humain.

( Désolée du pavé ^^ )

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Greg686ws
Homme de 42 ans
PLOERMEL

4 remerciements
Ce que je vais dire sont des généralité. Il y a bien sur des gens super costauds mentalement sur qui tout glisse comme l'eau sur les plumes d'un canard. Mais je crois que ce sont des exceptions. Ou des psychopathes.

Certains d'entre nous gardent tout pour eux. On Accumule tout nos problèmes et parfois ceux des autres, et on tente d'enterrer tout ça bien profond pour ne rien laisser paraître. Ça peut venir de notre éducation, de notre personnalité, d’événements plus ou moins traumatisants, d'un manque de confiance en soi ou envers les autres, ou de tout ça à la fois. Moi on m'avait tacitement appris qu'exprimer ses émotion, c'était caca, gênant, inconvenant. En plus d'une personnalité timide ET introvertie.

Et bien je ne pense pas que ça soit une force. Bien au contraire. Pour reprendre l'image de la fable de la fontaine, en cas de tempête, le chêne est déraciné, alors que le roseau plie. Comme l'a dit Elo988, personne n'est indestructible. A force d'enfouir ses propres problème, en plus de servir d'oreille attentive aux autres, on fini par craquer.
Ça s'appelle refouler: "Empêcher une réaction de s'extérioriser ou refuser de laisser s'exprimer une tendance naturelle, un sentiment"

Notre capacité à refouler n'est pas infinie. Elle diffère selon les individus, mais en général, quand ça pète, ça fait de gros dégâts. 

En plus c'est un peu un cercle vicieux. Plus tu renvoie de toi une image de roc, de solidité, moins les autres seront attentifs à tes soucis. Et plus ils te solliciteront pour que tu les aides avec leurs états d'âme. Et je ne vois pas de quelle manière on peut être un conseil avisé pour ses proches si on est pas bien dans sa tête.

Il me semble que la véritable force, c'est d'abord de sentir quant on ne va pas bien. Puis d'être capable de l'exprimer. En demandant de l'aide aux autres par exemple. Mais je sais que ce n'est pas toujours facile. J'arrive maintenant à savoir quand je suis un peu trop près du "trop plein", mais il m'est encore parfois difficile de dire au autres que je me sent mal, ou mieux encore, de solliciter leur aide. Je reste souvent bloqué en mode "foutez moi la paix, pour l'instant, c'est pas le moment".
Ce qui est aussi une manière détournée de leur signifier mon malaise (et d'espérer leur aide?)

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Golphy
Homme de 37 ans
Alger

9 remerciements
C'est drôle Greg j'allai intervenir sur ce post je suis d'accord avec toi ;-) mais le plus gros souci c'est comment arriver à dir aux autres qu'on a besoin d'aide lorsqu'on a toujours agis comme si nous pouvions tout assumer et surtout nous en sortir par nous même (ce qui bien sûr complètement faux) 

Voilà ce que j'avais écrit ( je ne sais pas si j'ai été claire):

La véritable question est comment dire aux autres qu'en réalité le chêne que tous le monde considère comme tel est un arbre comme les autres!

Tu dis que tu ne laisse rien transparaître, que tu aide ceux qui ont en besoin du mieux que tu peux et justement tu les aide car tu estime qu'ils ont besoin de cette aide mais si toi tu ne montre rien comment veux tu que les autres puissent t'aider ( y a trop d'aide là dedans :-D) 

Le plus grand "problème" dans tous cela est qu'en réalité tu t'ai construis une carapace au fil des années (par pudeur, du fait d'avoir été blessé ...etc) qui te rend "inaccessible" au yeux des autres, peut être que je me trompe mais, je vis la même chose, j'essaye d'aider les autres du mieux que je peux mais des qu'il s'agit de moi je refuse toute aide extérieur (consciemment ou inconsciemment) car cela implique de ce mètre a nue, de dire des choses à l'autre qu'on peut a peine oser se dire à soi-même, en discutons avec les gens qui me connaissent, ils me disent souvent que tu es tjr la pour les autres mais en même temps tu reste distant, tu ne laisse rien transparaître et je reconnais qu'ils ont raison mais comment faire pour changer cela ce schéma de pensé! Et se libérer de ce poids est la chose la plus difficile à faire, je me dis souvent pourquoi les autres ne sont pas là quand j'ai besoin d'eux et bien tout simplement car je laisse rien transparaître et les laisser entrer dans mon "intimité" me fait peur, a cause du jugement qu'ils peuvent avoir sur moi ou à cause du fait que je dois dire des choses que je n'ai pas envie de dire, que je n'ai pas envie de me dire.

Donc oui le chêne n'est pas un chêne il est un arbre comme tous les autres arbres de la forêt mais a force de montrer aux autre arbres qu'il est un chêne, non pas par manque de modestie ou par mépris pour les autres, il le devient à leurs yeux. donc comment faire comprendre aux autre qu'il est comme tous les autre mais la je n'ai aucune réponse à t'apporter car moi-même je suis chêne au yeux des autres et simple arbre à mes yeux.

photo de l'auteur greg686ws
Greg686ws
Homme de 42 ans
PLOERMEL

4 remerciements
J'ai eut tout un tas de soucis (homosexualité mal vécue, alcool, relations familiales compliquées) qui m'ont obligé à extérioriser quantité de problèmes que je me traînais depuis longtemps. J'ai notamment appris que le simple fait de mettre des mots sur ses angoisses permet souvent de dédramatiser les choses, et de dégrossir les problèmes. Quelques fois, rien que le fait de verbaliser, de dire les choses à une autre personne, ça "dégonfle" un peu les choses. Comme si une partie du poids qui nous opresse partait un peu avec la parole. 

Elo988 parle d'écriture, et c'est plutôt pas mal si on a personne vers qui se tourner dans un premier temps. L'écriture oblige à être plus construit que dans une discussion, et le temps nécessairement plus long pour coucher tout ça sur papier aide à la réflexion. 

J'ai également put constater par expérience que la majorité des gens sont bien plus bienveillants que ce à quoi on s'attend au premier abord. Que ça soit au sujet de l’homosexualité, de l'alcool, ou de tout autre sujet un tant soit peu personnel d'ailleurs. Bon ce n'est pas une généralité, il y a des cons partout. Le plus dur est de rompre cette habitude de tout garder pour sois.

Alors oui, suivant la nature du ou des problèmes qui nous minent, on ne peut pas faire ça avec n'importe qui. 
Certains n'ont peut-être pas de proches qui pourraient les écouter avec compréhension. Dans ce cas, l'aide d'un psy est envisageable si on sent que ça nous pourrit la vie. Mais un psy ne pourra vous aider que si vous décidez d'affronter vos problèmes en face. Si c'est pour parler de vos rêves pendant une heure alors que ça n'a rien à voir avec ce qui vous tracasse, pas la peine.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Bonjour à toi Bloomyk, 

Il y a en effet des personnes qui pense que porter et supporter les autres, tout garder pour soi, ne jamais se lâcher, et ne pas se dévoiler les épargne de toute souffrance. Malheureusement, c'est très souvent le contraire qui arrive, même si cette souffrance met énormément de temps à arriver (car au début, oui c'est vrai on n'est capable d'occulter nos souffrances et nos sentiments), nous finissons toujours par être déborder par tout ce que nous avons refoulé au fond de nous même. Et la souffrance et bel et bien présente. En fait, on peut se comparer à un verre d'eau ou à une cocotte minute : si on ouvre pas la soupape pour évacuer au fur et à mesure la pression, on finit par exploser. C'est pourquoi "les roseaux" (je me permet de reprendre tes références), même s'ils paraissent fragiles au premier abord, arrivent à se relever facilement lorsque "l’accalmie" disparaît. Partager sa souffrance, c'est ouvrir la soupape de sécurité.
Si ta crainte est de perdre en dignité, dis-toi que ta dignité ne vaux pas ta santé mentale.

Un ancien chêne devenu roseau ;)

photo de l'auteur Roxus
Roxus
Homme de 21 ans
Nice

1 remerciement
Salut à toi !
Je me reconnais à 100% dans ton post, je vais pas dire pourquoi parce que tu as déjà tout écrit (ou presque) .

Mais ce que j'ai appris il y a pas longtemps c'est que non, tu n'es pas fort, vu que tu souffres quand même et que tu prends les choses à cœur quand ça ne va pas  . Tu es à la rigueur fort pour le dissimuler.
Mais au bout d'un moment ta carapace se brise, et là tu explose littéralement, tu peut te retrouver avec des pensées noires, etc ...

Exploser et se sentir triste ce n'est pas être faible, c'est tout simplement être humain.

Tu as un cœur, tu as des sentiments. Tu as réconforté des gens parce qu'ils avaient besoin d'aide, maintenant c'est ton tour

photo de l'auteur kokopelli
Kokopelli
Femme de 23 ans
tours
oui c'est exactement ce que je vie en ce moment courage tu es pas le seul

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