Dépression ? On est pas obligés d'être seuls.

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Bonjour tout le monde...

J'ai vu un sujet sur la dépression l'autre jour. C'est vrai que c'est dur d'être avec quelqu'un qui est en dépression. Perso, j'ai quasi toujours été de l'autre côté... Vous savez, le côté où on se fait jeter à cause de ça et qu'on finit par faire un petit séjour bien traumatisant à l'HP et qu'on ressort en ayant pris 15 kilos.

Il paraît que la dépression, c'est plutôt répandu comme maladie. Attendez, c'est une maladie ? Nom d'un chien ça fait dix ans et je sais toujours pas ce que j'ai.

On peut pas faire comme si ça comptait pas, comme si ça nous gâchait pas la vie. 
Parfois j'ai l'impression d'être à part dans mon monde d'antidépresseurs et de sevrage, d'hôpital et de psychiatres. 
Ça isole, et ça attire personne. 
En fait ça a tendance à faire fuir tout le monde. Mais que dire ? Je les comprend...

Je me demandais seulement si j'étais la seule. Pensée vraiment égocentrique, je l'admets. Nous verrons bien....

Je me dis juste qu'on est pas forcés d'être seuls. 
S'il y a une chose que j'ai appris à l'hôpital c'est qu'on est nombreux dans notre mal-être. C'est un peu comme entrer dans un club. Et je me dis que s'il y a quelqu'un d'autre, qui peut comprendre pour de vrai, alors cette personne devrait se manifester. 

Il y a des jours où on en a marre.
De l'incompréhension. Des jugements. De la vie qui continue de passer pendant qu'on la regarde, piégé dans cette foutue douleur. De tenir le coup, d'avoir l'impression de fournir dix fois plus d'effort que n'importe qui d'autre et tout ça pour quoi ? Ne même pas y arriver.


Désolée pour le post déprimant.
Je sais même pas si on me répondra. 
S'il y a quelqu'un ici bas qui comprend ce que je veux dire, que mes mots atteint d'une façon particulière... Vous gênez pas.
Je suis déjà plus bas que terre alors bon, si vous pouviez éviter de m'enfoncer par contre, ça serait cool.
Passez une bonne journée/nuit/vie..
A la prochaine.


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Personne ne veut être seul mais on met tous des barrières aux rencontres...que se soit vis a vis du sexe de la personne en face, de son age...etc
Il suffit de rencontrer une seule bonne personne pour car au final dans une vie on a besoin que d'une personne pour avancer ensemble.

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Flying38 : C'est tellement vrai... Peut-être qu'on devrait arrêter de se mettre des barrières, accepter les gens tels qu'ils sont.
C'est fou comme ça paraît plus simple quand on est deux.

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Je te comprends, j'ai été diagnostiqué dépressif sévère mais j'ai toujours refusé la prise de médicament. Même si ça crée énormément de barrières, j'ai passé outre les préconisation de mon psychologue que j'ai  arrêté de consulter : j'ai essayé de sortir de la dépression par du plaisir : du sport, la pratique d'arts. Rencontrer des personnes nouvelles et surtout bienveillantes. 

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C'est plus que simple à deux, c'est juste le bonheur.
Quand tu es à deux il n'y a rien qui peut t'atteindre, à la moindre tuile tu te dis que c'est rien il y a ton/ta chéri(e) qui est là.
Et puis à deux tu n'as pas besoin de grand chose pour être heureux (se). Le plus banal des instants tout seul peut devenir magique ou unique a deux. J'ai l'exemple de se faire a manger ou dormir, le genre d'instant qui n'est pas super tout seul.

Le problème c'est qu'on se fixe des barrières soit par choix (on ne va pas se forcer à aimer quelqu'un) soit sur des aprioris (un vieux c'est moche, un jeu ça ne sait pas se poser...etc)

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C'est ce que beaucoup (ceux qui jettent je vise) ne comprennent pas, et leur incompréhension se traduis par le rejet. Je trouve ça triste, la dépression peut être une véritable maladie. A mon avis tu ne gagnes pas grand chose à en sortir, mais beaucoup plus à évoluer. T'as pas de chance d'être tombée sur des personnes ne cherchant pas a comprendre mais faut pas désespérer et se recluer sur sois-même, il y a toujours quelqu'un (plus ou moins visible) qui va/prendra  le temps d'écouter et de se montrer compréhensif/empathique. J'ai connu des moments où j'en avais raz le cul de tout, où j'voyais gris. Rien ne me faisait plaisir. Du moins je ne faisais plus attention aux détails, j'm'enfermai totalement, s'en est suivi mal être problèmes de nutritions etc. Et un jour j'ai eu une sorte de declique. A force de discuter avec des personnes dans la même phase, de réfléchir, de regarder autour de moi j'ai pris l'air, je me suis sortie et par petits pas j'ai appris à apprécier toutes les petites choses connes qui me font plaisir et font plaisir aux autres. L'HP ça effrai ceux qui ne connaissent pas, ouais le nom y'a que des timbrés faut forcément être atteint pour y aller blabla. C'est con mais l'image est comme ça. J'sais que ça demande des efforts de ouf, mais faut sortir et discuter avec les gens, essayer de cibler avec qui tu peux parler et tenter d'évoluer. Faut pas te reposer sur une seule personne qui aura l'effet "médicament", une relation médicament c'est pire. J'me suis un peu reconnue dans ce que tu as dis, désolée d'avoir un peu raconté ma vie mais c'est pour t'dire que même si on en a l'impression cette merde ne dure pas indéfiniment, faut croire à la sortie ?????

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Alistair : J'aurais tellement aimé pouvoir faire pareil, ne jamais prendre de médicaments... Mais quand c'est arrivé j'avais neuf ans et aucune idée de l'ampleur du truc qui me tombait dessus, j'étais complètement dépassée. Et les réponses sont toujours les mêmes : un connard qui joue au solitaire pendant que tu bredouilles quelques mots entre deux crises de larmes et lui il encaisse son chèque à la fin... Et les médicaments, encore et toujours, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les antipsychotiques, les régulateurs d'humeur, et toute ces saloperies qui te détruisent lentement.
J'aurais voulu rencontrer des personnes bienveillantes. 90% du temps, je doute même de l'existence de telles personnes. Les gens sont plein de haine. Et, étrangement, ceux qui ont souffert sont plus ouverts, plus humains, c'est triste mais je le ressens vraiment comme ça... Je voudrais des groupes de soutient, des réunions de dépressifs, c'est sûrement complètement débile mais je veux connaître ces gens là, autant pour eux que pour moi, on ne gagne rien à être seul, on est juste face à nos problèmes et on risque de se laisser engloutir...


Flying38 : Seul tout est difficile. Manger, dormir, se lever le matin, s'habiller, se regarder dans le miroir. Tout demande un effort, crée une boule d'angoisse dans le ventre, dans la poitrine, dans la gorge. Je n'ai pas encore rencontré la personne avec laquelle je pourrais me laisser aller à être moi-même, à pleine puissance de mes émotions, j'ai l'impression qu'on doit toujours tout contenir pour que ça ne déborde pas sur les autres. Je voudrais que ce soit simple avec quelqu'un, mais... Où est ce quelqu'un ?


Elowiel : Souvent c'est pire que ça. Le truc c'est que ça les fait chier en fait. Oui, ça les emmerde qu'on souffre. Alors ils détournent le regard. Faut se bouger, après tout, se mettre un coup de pied au cul et ça repart ! Et là encore on retombe dans l'incompréhension, tout simplement... Mais les gens n'ont pas la volonté de comprendre. Ou certains prétendent qu'ils comprennent et en fait... Ils pensent juste que t'es un déchet humain et que ça irait mieux si tu te secouais un peu. Et ils te regardent comme si tu pouvais pas le lire dans leurs yeux.
J'ai eu des périodes de ce genre moi aussi :/ j'ai fini par craquer complètement. J'ai laissé tomber ma vie. Je me suis mise dans mon lit et je n'en suis plus sortie. A quoi bon se lever ? A quoi bon s'habiller ? A quoi bon se nourrir ? J'avais envie de rester là à me regarder crever. Sans réagir. Parce que je me sentais plus vivre à l'intérieur, j'avais plus d'envies. 
Souvent, les détails m'aident beaucoup. Les petites choses, comme tu dis. Je m'assois dehors au soleil et je respire un peu d'air frais. J'essaye de prêter attention aux intonations des voix, de me réhabituer à la vie. Mais je ne sais même plus comment on fait. Il va y avoir tellement de travail pour tout reconstruire et les gens sont si prompts à nous enfoncer...
L'HP... Ah l'HP. C'est pas tellement les autres malades qui me font peur, même s'il y en a qui sont clairement nocifs et qu'on est pas protégés d'eux. Ce qui m'effraye, c'est la résignation. Tu vois ces gens qui sont là depuis des jours, des semaines, de mois, des années. Ils commencent à dire que la bouffe est pas si mauvaise, que " bah c'est la vie c'est comme ça " et là c'est la fin. La mort lente. Et puis bien sûr y'a les médocs... On m'a droguée à l'HP. On m'a complètement droguée. Au point qu'on ne pouvait parfois plus me réveiller et que j'ai un trou noir de deux mois dans mes souvenirs. Encore un truc qu'on fait passer pour une solution.. 
Je sais pas si je devrais me dire que ça fait partie de moi, que ce sera éternel et m'habituer à vivre avec. Faire les efforts supplémentaires en silence, prendre mes petits cachets tous les jours, et m'accrocher à une vie dont le rythme m'épuise. Ou si je devrais continuer à me battre, prétendre que la dépression ne fait pas partie de moi, que c'est comme une maladie dont on peut guérir.. Peut-on vraiment guérir ? Ca fait dix ans que je suis comme ça, je me suis construite là dessus, alors puis-je vraiment guérir ? Je crois que c'est cette question qui revient le plus dans ma tête, que c'est la pire de toutes...


Désolée, vraiment, de raconter ma vie comme ça et d'être aussi.. déprimante.
D'habitude je me tais, je dis rien, je souffre en silence. Mais ce n'est pas en taisant nos problèmes qu'ils disparaissent. 
Merci à tous de participer, ça fait du bien de vous lire et de se sentir un peu moins seule dans toute cette merde.

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" Où est ce quelqu'un ? "
Bah c'est comme se promener dans la nature, il faut aller voir un peu partout pour trouver un petit endroit de paradis par hasard.

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Déjà tu dois te convaincre que tu es capable de prendre le dessus sur la maladie tout en acceptant que tu ne pourras pas tout maîtriser car c'est le cas de tout le monde. Recherche l'insouciance et cherche en toi ce qui te plait VRAIMENT, ce qui te met dans le flow et qui te libère d'une perception quantitative du temps où les secondes s'égrènent les unes après les autres.  Si tu trouves cela, vois ensuite comment te dédier le plus possible à ce qui te plait. Et s'il y en a plus d'une activité, essaie de les faire toutes. 
Concernant les médocs, ben il te faut les prendre vu que la chimie de  ton cerveau a dû s'y habituer et qu'un arrêt brutal risquerait de provoquer un manque aux effets dévastateurs. 
Maintenant, je ne crois pas qu'il faille compter sur l'autre pour te sortir de la dépression, d'abord c'est toi qui doit faire ce travail et ensuite d'autres portes s'ouvriront. L'individu médicament ça ne marche pas et c'est injuste pour lui. 

Me concernant je ne parle pas de ma dépression, mais le simple fait de me retrouver en cours de peinture avec d'autres personnes me fait du bien. Idem pour le chant et  le v iolon ou les cours de solfège. Je nourris mon imaginaire. Parfois j'ai l'impression que les dépressifs sont comme des affamés et les nourritures intellectuelles et artistiques sont les aliments de substitution que j'ai trouvés en tout cas pour moi. Ensuite, il faut savoir aussi apprécier des choses toutes simples, rechercher les petits gestes d'affection et ne pas se laisser atteindre par les remarques d'autrui.  Parfois la peur ou même la fatigue  sont génératrices de comportements hostiles, il faut savoir faire preuves de mansuétude et accepter que la perfection n'est pas de ce monde. Es-tu hypersensible ?  (c'est mon cas) 

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Flying38 : Et quand ce paradis est trouvé mais inaccessible, là tu commence à croire que la vie en a sacrément après toi... 

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ChatdeMars a écrit :
Flying38 : Et quand ce paradis est trouvé mais inaccessible, là tu commence à croire que la vie en a sacrément après toi... 


Oui c'est sur mais c'est comme les voyages, c'est le trajet le meilleurs.

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Alistair : Je suis tout à fait d'accord avec toi et j'aime ta façon de voir les choses. Par contre désolée si ce que j'ai dit t'a fait croire que je cherchais à trouver une personne qui me servirait de médicament et me sortirait de ma dépression, c'est pas du tout le cas. En général je le fais pas peser sur les autres, de toute façon. Je me disais simplement que ça serait bien de parler, ne serais-ce que parler, avec quelqu'un qui comprend ce qu'est ce mal-être. Qui ne va pas me juger là-dessus. Mais je ne donnerais à personne la responsabilité de me sauver. Comme tu l'as dit ce serait injuste.
Pour répondre à ta question oui, je suis hypersensible. Et mes émotions sont vraiment puissantes et très changeantes, ce qui provoque un déséquilibre blah blah blah t'as compris l'idée. J'aime beaucoup ta phrase sur les dépressifs qui sont comme des affamés. En fait la plupart du temps j'arrive à trouver ces petites choses que j'aime et qui me portent mais j'ai de grosses phases pendant lesquelles je n'ai plus envie de rien et plus rien ne me plait et la seule chose que j'ai trouvé à faire c'est attendre que ça passe. Je pense pas qu'il y ait de solution pour ça.
Sinon oui, je ne peux pas arrêter les médicaments brusquement, j'ai déjà vécu quatre sevrages et ça a sa place dans le top 5 des pires moments de ma vie. Mais bon, mon antidépresseur actuel me rend encore plus dépressive (logiiiiique, non?) alors je veux vraiment l'arrêter mais ça veut dire sevrage et après pour en prendre un autre faut compter dans les trois semaines avant de ressentir les effets positifs.. Bref, que de joie en perspective ! Si seulement je pouvais m'en passer.

Flying38 : J'imagine que je devrais commencer par sortir de l'isolement si je veux rencontrer quelqu'un... Mais c'est si dur d'aller vers les autres.

ChatdeMars : Je suis un peu dans le même cas que toi sur ce coup-là. Tu as toute ma compassion. La vie est injuste.

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Linsy : Je ne peux que te dire la même chose, je me sens moins seul d'un coup 

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Si tu veux arrêter un médoc faudra le faire très progressivement et entouré de professionnels. 
Sinon en tant qu'hypersensible, c'est encore plus compliqué : moi j'ai tendance à m'isoler. Faut se forcer ou se crer un environnement très structuré avec des journées bien ritualisées. Genre faire un truc qui te plait beaucoup en te levant,  et idem avant de te coucher, ça favorisera un sommeil réparateur ce qui n'est pas négligeable.

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Alistair : J'ai fait quatre sevrages en tout et même si je hais mon antidépresseur je me sens pas prête pour un nouveau séjour en enfer..
Moi aussi je m'isole. Tellement qu'à l'heure actuelle je ne vois absolument personne, genre jamais, sauf ma mère que je croise de temps en temps. J'aimerai trouver un moyen de retourner à la vraie vie, mais va falloir que j'y aille étape par étape parce qu'après deux ans de solitude complète... Ca va être violent.
Le sommeil... Oui, j'aurais bien besoin que ça redevienne quelque chose qui me fait du bien.

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