Jugements et libertés

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En lisant quelques sujets à droite à gauche, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que nous (être humain en général) sommes extrêmement vulnérable aux jugements des autres. Qu'ils soient bons ou mauvais, ils nous influencent malgré nous. Les remarques dédaigneuses nous agressent, les comportements hostiles nous hérissent. Pour changer le monde, nous appelons à la tolérance, nous demandons aux autres d'arrêter de nous juger et de nous accepter tel que nous sommes.

Alors je me suis demandée, plutôt que d'attendre des autres un changement, pourquoi ne pas changer nous-mêmes ? Si le problème vient du jugement, de se sentir jugé, peut-être faut-il commencer par ne plus s'en soucier. Je ne dis pas que c'est facile, loin de là, je me demande simplement si il n'est pas plus efficace de travailler sur nous-mêmes pour ne plus être touché par les préjugés de la société, que d'attendre une évolution dans le comportement des masses ?

En étant insensible aux jugements de l'autre, ne s'approchent-on pas d'une certaine liberté ?
Qu'en pensez-vous ?


Le texte ci-dessus n'est que mon avis du moment, que je cherche d'ailleurs à faire évoluer en vous le soumettant. En ouvrant ce débat, j’espère faire grandir et clarifier mon propos.


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Tu as raison, être trop sensible à ce que pensent les autres ne mène qu'à la destruction de son ego. Les compliments grisent momentanément alors que les blessures agissent à plus long terme.

Mais je ne pense pas qu'il est possible de faire abstraction des autres et en particulier de l'entourage immédiat. Je pense qu'on ne peut faire abstraction de ce que certaines personnes pensent que si on sait qu'on compte pour d'autres personnes bien plus importantes à nos yeux.
A défaut de le faire changer d'avis sur soi, on peut éventuellement essayer de changer d'entourage.Il n'en demeure pas moins que cette pression de ce que les gens pensent donne une part de sa cohésion à la société. Sur certains sujets, mieux vaut se rattacher à l'avis ou au comportement socialement accepté qu'être libre et exclu.

Pour une illustration d'actualité, les français devenus jiadistes rejetaient ce que les gens peuvent penser d'eux pour ne se raccrocher qu'à la pensée extrême de leur groupe de radicalisation. On sait comment ça se termine.

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C'est vrai que c'est un sujet intéressant. Pour avoir été victime de nombreuses moqueries et préjugés à l'époque du collège je me souviens que ma vie était un enfer. N'importe qu'elle petite remarque prenait des proportions énormes dans ma tête. C'était plus que dérangeant c'était obsessif et destructeur.

Depuis même si j'évolue dans un monde logiquement plus tolérant, il m'arrive toujours d'entendre des remarques par ci par là, mais je me rend compte que maintenant je ne m'en soucis guerre. Certes quand ça arrive sur le moment c'est toujours très énervant, frustrant, mais j'oublie rapidement et me reconcentre sur mes objectifs.

Je pense pour ma part que c'est surtout avec le temps, le vécu et la maturité que les jugements prennent moins de place dans nos préoccupations. Travailler dessus c'est bien, mais encore faut-il avoir un environnement propice à ce travail sinon quoi la tâche reste très difficilement exécutable à mon avis... 

Après si l'on parle de manière générale des préjugés par exemple sur l’homosexualité qu'on peut encore entendre de nos jours, je ne sais pas si ne pas y faire attention et laisser parler est une bonne idée. Après ça peut être la porte à tout et n'importe quoi non ? Se "taire" ne serait-il pas une forme de faiblesse, d'acceptation d'un jugement erroné  ? Laisser parler c'est ne pas donner d'importance à ce qui est dit c'est sur, mais c'est aussi laisser croire aux gens qu'ils ont le droit de dire tout et n'importe quoi...

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Je suis quelqu'un d'hyper sensible, on peut me faire très mal rien qu'avec une remarque, pourtant je ne tiens pas franchement compte du jugement des autres. Je vais l'écouter, bien sûr, mais pas forcément le prendre pour parole d'Evangile. 

Pour moi, le jugement a une connotation péjorative, donc ne peut être objectif, d'où la distance que je mets quand on en fait un. Il faut sans cesse relativiser, dons ce monde d'interactions à l'extrême, ceux qui nous jugent sont surtout des gens qui ne nous connaissent très peu au final. Je ne sais pas pour vous, mais les gens que je cotoie souvent vont plutôt "me parler" et non pas me juger. A l'inverse, tous ceux qu'on voit à droite et à gauche, sur le net, par mail, au téléphone etc... seront plutôt du style à nous juger, sans réellement nous connaître. 

Voilà, je mélange peut être plusieurs choses, mais pourtant c'est ce que je ressens.

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Ancien membre
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Mylex : Et bien au contraire, je pense qu'il est possible de faire totalement abstraction des autres, cependant je ne crois pas que ce soit une bonne chose d'être complétement insensible.  Je m'explique : suite à une déception amoureuse au collège, je me suis rendue compte que la souffrance était provoquée en grande partie par les autres. Avec mon petit coeur brisé, je me suis barricadé derrière du béton armé en espérant bien ne plus jamais être blessée, je me suis totalement coupée des autres pour qu'aucun d'eux ne puisse m'atteindre. Oui, on peut dire que c'est une réaction extrême je te l'accorde :). Ce changement ne s'est évidemment pas fait en un jour, c'est un choix que j'avais fait d'être inatteignable, et sur lequel j'ai donc travaillé.
Aujourd'hui, j'ai toujours ce mur qui me protège, mais je laisse passer les autres. Pour les personnes importantes comme tu dis, ce sont des personnes que j'ai choisi et qui m'ont aussi choisi en retour.  Et oui tu as raison, je m'appuie sur elles mais aussi sur ce mur que j'ai construit étant plus jeune qui me permet maintenant de prendre du recul. Ainsi lorsque je peux être victime de remarques gratuites, je n'en tiens pas compte, je me dit "oui, c'est dommage, mais tan pis", elles n'ont tout simplement pas d'importance.
Ton lien avec l'actualité est très intéressant, je n'avais pas pensé à pousser la problématique sur un contexte aussi large. Mais plutôt que de "se rattacher à l'avis ou au comportement socialement accepté ", est ce que ce n'est pas une question de bon sens ?


MrJujul59 :
Ton dernier paragraphe est très intéressant, le reste aussi d'ailleurs, mais c'est surtout sur ce dernier que je vais réagir.
J'envisage plusieurs cas de figures  sur trois cibles différentes, qui vont être volontairement simplifié.
J'image un premier et un deuxième cas assez semblable, correspondant à des personnes étant ouvertes à la discussion. Si certains le sont naturellement, d'autres peuvent aussi être initiés. Ici, je pense que le débat et le partage est possible, et donc que se taire comme tu dis, n'a pas d’intérêt. Sans chercher à être tous du même avis, je crois que la discussion mène à la compréhension et donc à l'acceptation de l'autre dans toute sa différence.
Pour le troisième cas, j'imagine donc le contraire. Ceux que sur la toile on appelle communément "troll". Des personnes qui je pense sont plus ouvertes aux remarques gratuites et sans argumentation qu'aux véritables discussions. Je ne peux pas m’empêcher d'y trouver un comportement assez enfantins finalement. Et là je me demande, mais ce n'est que de la pure supposition, si une solution possible ne serai pas, juste de laisser faire sans avoir de réaction. En effet, je suppose que ces personnes "parlent"  mais plus dans le but de provoquer les autres et dans ce cas, si il n'y a pas de réactions en face alors le mouvement s'écroule de lui-même. Par exemple, lorsque deux personnes se disputent, elles montent en pression et en rage l'une par rapport à l'autre. Si l'une des deux reste calme et ne répond pas aux véhémences de l'autre, alors cet autre fini par se calmer puisqu'il n'a rien pour appuyer sa colère.


Après que ma première réponse de ce matin ai disparu, je reposte ce message. Heureusement j'avais fait une sauvegarde, j'ai de bons réflexes parfois :)

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