Ce n'est pas important, c'est moi.

Amour et intimité - Créé le - 19 Participations

Ce n'est pas important, c'est moi.

J'ai besoin d'écrire, et besoin de me faire comprendre. Alors je vais écrire dans le but de me faire comprendre. Ce sujet sera surement inutile pour la plupart, voir la totalité d'entre vous. Mais je le fais pour moi plus que pour les autres.

Je suis donc né le 29 novembre 1991, à Gonesse, dans le Val d'Oise, en Île de France. Mes parents étaient tous deux jeunes, 16 et 19 ans. Je n'étais donc, de base, qu'un accident. Mais un bon accident, enfin je crois. Au début, ma mère voulait me faire adopter. Et je peux la comprendre à son âge. Ma grand-mère maternelle s'est battue, m'a-t-elle dit, jusqu'à la maternité pour que ça ne se fasse pas, malgré l'insistance de l'assistante sociale.
Je suis donc resté dans cette famille. bien qu'en soit, je ne connaisse pas vraiment la définition d'une famille. Je ne sais pas ce que c'est concrètement. Pour moi, c'est plus un simple lien du sang, mais beaucoup de coups bas, de critiques dans le dos, d'utilisation des uns et des autres; mais surtout des distances, des absences et des relations froides.
Mon père, étant à l'armée lorsque je suis né, a su que j’existais lorsque j'avais 17 mois. Il m'a reconnu, et il m'aimait de ce qu'on m'a dit. Je sais qu'avant ça, c'était un enfant assez difficile. Un drogué, un délinquant de la pire espèce. Mais les années sont passées, et les choses ont changé. Car tout change, en bien ou en mal. Et c'est une bonne chose dans les deux cas.
Par la suite, mes parents se sont séparés, je ne saurais dire quand. J'ai donc vécu l'expérience du beau-père. Un seul. Il a littéralement détruit la relation que j'ai pu construire avec ma mère au fil du temps, de nos difficultés. Il a détruit notre complicité, notre confort. Enfin soit, il était là, j'étais encore un enfant de 7 ans. Il commençait par me dire des choses dont je me souviens encore, comme "tu n'es bon qu'à ça, de toutes façons" quand je jouais à la Game Boy. A prendre de l'argent et dire que je l'avais volé. Que voulais-vous que je fasse avec des centimes à l'âge de 7 9? Dites-moi? Je n'ai jamais été friant de friandises. Et je ne suis pas un voleur.
Les années sont passées, encore, et nous avons fini par vivre à trois. C'est à partir de là qu'il a achevé son travail, enfin, c'est ce que je pensais. J'ai passé mes 4 années de collège à me faire rabaisser et disputer constamment par un pauvre type qui s'était immiscé dans nos vies. Ma mère ne disait rien, elle n'avait pas confiance en elle à cause de son surpoids, qu'elle a finalement perdu. Alors même si elle essayait de tempérer les choses, c'était à moi de faire de faire attention à ne pas brusquer Monsieur, et non pas à lui de s’accommoder à ma présence qu'il savait depuis le début.
Nous avons, pour la dixième fois surement, emménagé dans ma ville natale. C'est là que j'ai compris qu'il n'en avait pas suffisamment fait. Après les mots, les coups. Et les étranglements. 
Nous voilà en 2009, je m'en vais vivre chez ma grand-mère pour ne plus subir les attaques incessantes de cette ignoble personne, qui n'ont malgré tout jamais perturbé mes résultats scolaires, mais qui les faisait stagner plutôt qu'évoluer.

Entre temps, j'ai eu quelques vagues contacts avec mon père qui habitait à 500 mètres de chez ma mère. Je le voyais une fois tous les deux ou trois ans jusqu'au jour où les choses ont définitivement changées. En effet, j'ai appris que lui, et pour généralisé toute ma famille côté paternelle à l'exception de mes grands-parents, pensait que j'étais attiré par les petits garçons, et non pas par les hommes. J'avais 15 ans, j'étais encore moi-même un enfant. Et là, plein de choses ont retrouvé leur place. Il m'a offert deux petits frères que je ne connais pas vraiment, faute de les avoir fréquenté. Malgré ça, je l'ai recroisé un jour de l'an, l'année d'après chez ma grand-mère maternelle. Les dernières paroles qu'il m'ait dites se résument à "Toi et ta mère, je vais vous tuer." sous prétexte que je n'apporte que du malheur à sa jolie petite famille d'hypocrites.

Je vivais donc chez ma grand-mère, avec mon oncle de quelques petites années de plus que moi. Une vraie pourriture. Un voleur, un violent, un drogué, un crétin, un homophobe. Je ne le voyais pas tant que ça puisqu'il vivait avec sa copine, puis ils se sont séparés et il est revenu chez sa chère et tendre maman. Et là les choses se sont clairement dégradées entre nous. Plus de formule de politesse, seulement des insultes de sa part à chaque phrase. Je devais faire sa boniche, nettoyer son bordel (et accessoirement celui de sa mère) de fond en comble sinon j'avais le droit à des insultes, des menaces, encore et toujours. Je le faisais. Sauf qu'un week-end, je n'étais pas là pour faire sa boniche, alors les menaces ont été mises en application et il m'a frappé, et lui aussi, étranglé. Il fallait que je parte, alors j'ai pris la première offre qui s'est présentés: une connaissance d'une cinquantaine d'année.

Je me retrouve finalement chez cette personne, qui me rappelle souvent que je suis chez elle et pas chez moi, et qui tire le maximum de mon porte monnaie à la moindre occasion. Mais passons tout ça, je ne suis pas là pour me plaindre, mais pour raconter ce qui s'est passé dans ma vie.

Concernant le fait que je sois gay, c'était une évidence pour moi depuis que j'étais enfant. Je n'ai jamais été intéressé par une fille. J'ai bien fait semblant d'avoir une amoureuse en primaire, mais ce n'était qu'une simple amie que j'ai finalement perdu de vue pour cause de déménagements excessifs, même si au final je suis retourné au point de départ. 
Je réclamais des déguisements d'Esmeralda pour le carnaval, j'utilisais la cape de Zorro (que j'ai finalement eu à la place) pour me faire une robe. J'utilisais aussi des draps, et des serviettes de bain. Je ne me suis jamais caché de ce que j'étais, je l'assumais pour moi, mais il a fallu attendre mes 15 ans pour que je l'assume auprès des autres. 
Je venais de me disputer avec mon premier copain, ça faisait 8 mois. Mon petit frère qui avait à l'époque 2 belles petites années, venait de vomir sur mon lit que je venais de changer, et pour couronné le tout je me suis ensuite disputé avec ma mère pour avoir justement disputé mon petit frère. Alors j'ai écrit. Je lui ai écrit une lettre pour lui dire que si elle ne m'aimait pas comme j'étais, que si ça la gênait, alors je partirai. Mais elle le savait, et elle m'aimait peu importe ce que je faisais de ma vie. Elle me l'a dit, en criant certes, mais elle me l'a dit. Alors j'ai su que même si mon abruti de paternel ne comprenait pas ces choses-là, d'autres personnes pouvait le comprendre. Donc j'en ai parlé à une, deux, trois, quatre personnes puis à tout le monde. Maintenant, je sais que je ne peux pas être totalement moi-même si les personnes ne savent pas ça. Je ne veux pas me cacher de ce que je suis, mais je ne veux pas forcement l'imposer ni l'exposer.

Je ne sais pas si vous comprendrez ma façon d'être en générale, ou parfois. Moi-même je ne sais pas comment je m'en sors dans tout ça. Cependant, excusez-moi si parfois vous avez du mal à me suivre. Je peux être chiant, désagréable, hautain, méprisant, snob, impulsif, provoquant, arrogant, et plein d'autres choses. Mais je ne veux blesser personnes, ou alors c'est que je ne vous aime pas (oui, j'suis une connasse doublé d'un connard).

Je vais conclure ce pavé que personne ne lira sur quelques mots qui, j'espère, pourrait en consoler plus d'un(e).
Peu importe ce qu'on dira de vous, peu importe ceux qui vous jugeront, peu importe votre orientation sexuelle, vos erreurs, vos humeurs, quelqu'un vous aime pour tout ce que vous êtes. Quelqu'un tien à vous et ferait n'importe quoi pour vous. Alors, pour cette personne, ne vous laissez pas abattre par ces autres qui veulent vous mettre des bâtons dans les roues. Quelqu'un vous aime, et c'est tout ce qui importe. Emmerdez-les. Ne leur donnez pas la satisfaction le plaisir de vous atteindre, vous valez mieux que ça et je le sais. Soyez forts, vivez votre vie parce que oui, on le dit souvent, mais on en a qu'une. Souriez, pleurez, riez. Vivez. Chaque mauvais moment est enrichissant, chaque bon moment est un soulagement, un souvenir qui fait de vous ce que vous êtes, qui vous rappellent qu'il y a des choses qui en valent la peine. Vivez, simplement. Vivez pour vous, ne vivez pas pour les autres.

Pour ma part, de façon plus personnelle, je voudrai remercier Adrien (qui n'est pas mon copain, c'est juste un merveilleux ami) d'avoir été présent pour moi depuis le début de cette année. T'as un putain de sale caractère parfois, mais mon dieu que tu es quelqu'un de bien. Merci, merci infiniment de m'avoir tendu la main quand j'en avais besoin, et de le faire encore aujourd'hui. Je sais que je peux compter sur toi. Et tu peux aussi compter sur moi.
Merci d'avoir lu, enfin s'il y a des courageux qui ont été jusqu'à la fin. Moi, je sais que je ne me serai pas lu, parce que je n'aime pas lire. Voilà. Bisous.
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J'ai tout lu et franchement ça m'a fondu le coeur :'( . Et j'admire la force de caractère que tu as eu pour passer toutes ces épreuves. Franchement tu peux être fier de toi mon 'tit Peach <3
Du coup j'ai envie de te faire tout plein de calin  :/
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J'ai lu toute ton histoire. Elle est facile à lire en fait. Et bien cher ami, ta vie n'a pas été simple. Je compatis. Bises. A bientôt.
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C'est un très beau texte, que j'ai lu aussi en entier, qui se lit facilement car il est bien écrit. Je salue le courage que tu as du avoir pour affronter ces épreuves, ça n'a pas du être facile tous les jours.
Bonne continuation a toi ! :)
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J'admire ton histoire, j'admire le fait que tu postes ça ici. Je respecte énormément et j'pense que que t'es un mec bien battant, bien courageux.

Bref merci d'avoir partager ça avec nous ;) !
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Quelle histoire .... J'te mentirais en te disant que j'ai lu ça facilement, j'me suis un peu perdu dans l'histoire à un moment, mais c'est vrai que tu écris très bien et que tu as essayé de faire simple. Moi qui avait l'impression d'en avoir "chié" pendant des années, j'ai même pas droit de me plaindre dans ce cas là, tu dois avoir un sacré caractère après avoir subi tout ça ! J'espère que tout vas mieux maintenant que tu as trouvé ta moitié ... :)
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Bon alors je viens finir de lire ton texte.

C'est totalement horrible ce que tu as vécu.

Mais alors, y'a un truc qui est magnifique dans ce que tu as écris, c'est l'avant-dernier paragraphe. Merci, merci d'avoir écrit ça je vais me le réciter chaque jour, un peu comme un mantra, pour y croire et pour vivre ma vie comme je le souhaite. Ce paragraphe est tellement beau, je te remercie encore franchement parce que ça m'a ouvert l'esprit.

Je te salue !
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Oh mon dieu, merci à vous d'avoir pris la peine de lire, je m'attendais tellement pas à autant de réponse, voir pas du tout, ou bien des réponses négatives. Merci, encore une fois, pour toutes vos réactions. :coeur:

Papayaya: Va pour un câlin alors <3

Corbeau: Tant mieux si ca n'a pas été aussi horrible à lire qu'un bon vieux roman du XIXe haha.

Heweker: Merci beaucoup. Je pense que le fait d'être têtu et orgueilleux m'a aidé!

Rubychette: Merci, toi. Bisous <3

Flo29: Haha, il était un peu tard/tôt quand j'ai écrit ça. Sinon chacun vit ses expériences d'une façon différentes. Des choses qui t'ont affectés ne m'aurait peut être pas autant blessé, et ça marche aussi dans le sens inverse. Ne pense pas que j'ai eu une vie mieux ou pire que la tienne. Le passé te construit pour l'avenir, mais il ne faut en aucun cas qu'il te détruise. 

Bacchus: Merci beaucoup d'avoir dit ça, et aussi d'avoir pris le temps de lire. J'espère vraiment que ce petit paragraphe t'aidera, parce qu'il est vrai.
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J'ai lu ton message en entier, et ouais, j'avoue que t'en as vachement bavé ! C'est marrant, enfin entre guillemets, je connais peu de gays chez qui ça s'est bien passé.
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JessShire: Je ne sais pas si le fait d'être gay est un facteur de tout ça. Enfin pour ma part, il y a un peu de ça, mais on a tous le droit à notre lot de merde de toutes façons. Ainsi va la vie!
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Tu as raison, Peach, c'est très vrai. Mais même on a l'impression que tu as choisis chaque mot exprès pour qu'il ai son intensité dans le paragraphe j'aime beaucoup. 
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Bacchus Arrête, tu vas me faire rougir. J'y ai mis du coeur, enfin disons que je l'ai laissé parlé. J'espère vraiment que les mots toucheront quelques personnes, s'ils les lisent. Merci encore!
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Une Sacrée histoire, tu as beaucoup de cran pour avoir eu a supporter cette situation et être comme tu es maintenant, j'ai tout lu je t'assure et ça ne m'a pas ennuyer, je ne l'ai pas trouvé inutile, tu avais besoin de t'exprimer et si c'est bon pour toi, ton histoire peut-être bénéfique aux autres.

Le monde est peuplé de gens qui n'ont parfois aucune pitié envers ceux qui viennent déranger leurs petite vie, ne sachant pas se mettre a la place de la personne que l'on a en face. Tu as su traverser toutes ces épreuves, et ce que je trouve admirable chez toi en lisant ce texte et avec le peu que je t'ai vu et parlé, tu es quelqu'un qui n'est pas tombé dans la haine et la négativité totale, pouvant tomber dans l’asociabilité (j'en connais qui pour moins que ce que tu as vécu, sont devenus comme ça), alors non je ne te trouve pas méprisable, chiant et tout ce que tu as pu citer dans ton texte, mais je trouve que tu es une personne attachante, généreuse et adorable, du moins c'est mon avis.

Courage à toi et merci de faire partager aux autres ton histoire :). 
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Oh merci Camille, c'est adorable. Vraiment adorable. :coeur:
Je trouve que détester les gens c'est une grosse perte de temps et d'énergie, et ça n'apporte absolument rien!
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Putain qu'est-ce que j'aimerais être comme toi. T'es putain de courageux et c'est plutôt admirable, oui.
Moi qui n'a même pas les couilles de le dire à mes parents ...
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Salut :)
Alors j'ai lu tout ton texte et je n'ai qu'une chose à dire : Félications. Ta force de caractère est juste impressionnante, la vie n'a pas été facile pour toi mais tu as réussi à t'exprimer, à avoir un certain recul sur cette situation et la fin  de ton texte montre que tu es une personne exceptionnelle. Je t'admires, vraiment ;)

Beaucoup de personnes  devraient réfléchir avant de se plaindre
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Kariboux: Hey :o Ne pas le dire à tes parents ne veut pas dire que tu n'es pas courageux! C'est faux, dis pas de bêtises. C'est délicat et on ne prévoit pas forcement la réaction des autres. T'as tout  à fait le droit d'être anxieux par rapport à ça :o

Brice69: Merci d'avoir lu déjà :o Et merci pour la réponse, c'est très gentil. Je dois dire que c'est grâce à mes emmerdes que j'ai pris du caractère (un peu trop d'ailleurs). Concernant les gens qui se plaignent, on me dit souvent que je me plains souvent :$ Mais jamais pour des choses comme ça!
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Admirable page de vie qui laisse un goût amère, néanmoins je pense que l’on ne peut couper définitivement ses racines, même si elles furent destructrices. Et c’est dans la compréhension d’abord et l’acceptation ensuite du passé que l’on peut trouver l’énergie pour enfin vivre le présent ; sans négliger de mettre au centre de chacune de nos actions le verbe aimer.
Ne puis je donc que t’inciter à l’appliquer et à résister face aux adversités de la vie, que nous avons tous également à différents niveaux d’arduité.
:) 
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Fil123: Moi je pense que c'est tout à fait possible, peut-être pas avec tout le monde, mais je pense qu'on peut en laisser pas mal derrière soi, puisque je l'ai fait!
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