histoire à découvrir- Ile déserte

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KaLee
06/08/2026 à 23:24

Voici un récit en cours d'écriture, alors soyez indulgents si vous continuez à lire car c'est une première mouture. Mais tout avis est bon à prendre pour avancer, donc qu'il soit positif ou négatif, n'hésitez pas, j'suis pas susceptible!

Le titre actuel: "Ile déserte"

Le résumé de quatrième de couverture: Echouée sur une ile déserte, Jo va devoir se débrouiller pour survivre...Mais, s'agit-il vraiment d'une ile déserte?

Note explicative pour la suite de votre lecture: Comme je ne peux pas vous mettre des typographies différentes sur ce site, le découpage des chapitres est fait en fonction de différents narrateurs que vous découvrirez au fil de l'histoire "S1", "S2", "S3" et chacun (ou presque) intervient sur la même situation ( les chiffres qui suivent le numéro du narrateur sont ceux de la situation, avant le titre du chapitre).

C'est parti!

Bonne lecture !


S1-001- Tempête nocturne

Des vagues, et encore des vagues. Parfois, un éclair fondait du ciel pour se perdre dans la sombre obscurité de la mer. La masse salée envahissait le pont. Le navire apparaissait et disparaissait au gré des flots. Un canot, chargé de silhouettes indistinctes, s'abattit avec fracas dans l'océan. D'autres barques glissaient déjà entre les trombes d'eau. Soudain une ombre surgit des cabines, elle agita les bras pour appeler. Mais l'appel ne sembla pas atteindre les canots, et les mots furent étouffés sous le tourbillonnement furieux du vent et les assauts fracassants des vagues.


S2-001- Abandonnée

La tempête faisait rage.

Le capitaine nous avait cantonnés dans nos chambres.

L'orage, qu'il nous avait annoncé au déjeuner semblait redoubler de fureur. Le roulis du bateau donnait mal au cœur. Les stewards, encore debout, déambulaient dans le couloir. J'entendais leurs pas presque paniqués. C'est alors que, dans le ronflement du vent, jaillirent des cris. Les pas furtifs avaient disparus et, seuls demeuraient les hurlements. Combien de temps s'était-il écoulé depuis le passage des hommes d'équipage ? Je ne savais pas. Ces cris avaient quelque chose d'anormal. Qui criait à une heure aussi tardive ? J'avais du m'assoupir, car il était prés de neuf heures du soir. Pourquoi personne n'intervenait-il pour faire taire ces hurlements ? Rapidement, je refermais le livre que j'étais en train de lire, le posai sur la commode de ma cabine, et enfilais mon blouson. Après avoir pris mon portefeuille, je sortis dans le couloir.

C'était la première fois, depuis le début de la traversée, qu'il était aussi calme. Le couple du bout ne se disputait pas. Le musicien amateur du pont supérieur avait arrêté son violon, et les gosses de la cabine n°15 ne chahutaient pas dans l'allée en hurlant le nom de leurs héros télévisés. J'accédais péniblement à la salle à manger, en me maintenant aux poignées de portes. Avec le temps qu'il faisait, les rares personnes qui n'étaient pas malades, devaient y être réunis. Pourtant, il n'y avait personne. Le cri de tout à l'heure s'était tu.

Je montais dans la cabine de pilotage où devait se tenir le timonier, et peut-être aussi le commandant. La timonerie était vide. La barre tournait toute seule. Où l'équipage était-il passé ? Et les autres passagers ? La panique commença à me gagner. Je n'avais croisé personne dans les coursives, à part une drôle de marionnette de bois oubliée devant une cabine. Je décidais, alors, de jeter un coup d'œil sur le pont battu par les vagues.

Au moment où j'ouvrais la porte, un éclair illumina la nuit. Les canots de sauvetages n'étaient plus à leur place. La mer les secouait de tout côté.

Dans une folie suicidaire, dans cette bataille entre le ciel et la mer, désespérément, je sautais à l'eau. Sans gilet de sauvetage, sans espoir. Je nageai contre le courant, ballottée par les vagues, submergée par l'étreinte de l'océan. Parfois, au sommet d'une vague où m'avaient porté mes efforts, j'apercevais, au loin, dans la lumière des éclairs, le bateau ou encore les canots. Quelques fois, lorsque des vagues plus fortes que les autres s'abattaient au-dessus de moi, je me laissais entraîner vers les profondeurs. Mais, l'instinct de conservation était, à chaque fois, plus grand ; et, je remontais à la surface pour avaler goulûment l'air frais et salé.

La tempête augmentait de minute en minute, et la fatigue s'installait dans les muscles de mes jambes, qui battaient furtivement pour me maintenir à l'air libre. Je sentais déjà les crampes arriver. Demain matin, je connaîtrais la position exacte de chaque muscle. S'il y avait un demain ! La mer pouvait m'avaler d'un coup, comme elle pouvait me laisser à ses plus vils serviteurs : les requins. Mes vêtements ne me protégeaient pas, ils étaient plutôt une gêne. J'avais froid. Je me mis à trembler de manière incontrôlée.

Le courant devint plus fort. Il m'aspira vers des formes sombres...des rochers ! La première vague me projeta fortement vers les récifs où je m'écorchais les mains en tentant de m'y raccrocher. Je fus déviée de ma route par une autre déferlante ; et, au lien de m'écraser sur les rochers comme la première fois, je passais entre eux pour atterrir sur une plage.

Trop fatiguée pour penser, je me laissai aller et venir sur le sable. Une vague me tirait vers le large, une autre me repoussait vers la terre. Pendant un instant, je retrouvais suffisamment mes esprits pour hisser mon corps rompu bien au-delà de l'assaut des vagues.

Des vagues, et encore, et toujours des vagues. La mélodie frénétique des combats s'apaisa dans ma tête, et je m'endormit, exténuée.


S3-001- Malaise

Le bateau roulait, tanguait. Où était le sud ? Le nord ? Le haut ? Le bas ? Je n'avais plus aucun point de repère, ballotté comme je l'étais. Les draps étaient humides. Les hublots de la cabine laissaient suinter des filets d'eau. Mon estomac criait famine. Le mal de mer m'avait anéanti dés que j'avais posé le pied sur ce navire et, depuis, je n'avais pas quitté ma cabine. Les repas, que je n'avais pas réussi à avaler, m'avaient servi de repères chronologiques. Cinq jours. Le médecin de bord m'avait conseillé des comprimés qui ne semblaient pas faire effet. Un hurlement déchira soudain l'atmosphère atone qui m'entourait. Le roulis s'était accentué et, malgré l'heure tardive, aucun steward ne m'avait présenté mon plateau repas. Je me redressais dans ma couchette et décidais de me lever. Un malaise me prit au moment où je posais les deux pieds à terre. La moquette beige sembla plonger vers moi, et un brouillard persistant envahit la cabine. Lorsque je repris connaissance quelques instants plus tard, je perçus des vibrations le long de ma joue. J'étais tombé évanoui. Je rapprochais prudemment mes genoux de mes mains et me mis à quatre pattes. D'une légère secousse de la tête, je repoussais la nappe de points noirs qui commençait à envahir l'espace. Il me fallut quelques minutes pour réussir à me hisser jusqu'à la porte. Le silence avait depuis longtemps remplacé les vibrations. J'entrouvris le battant et jetai un coup d'œil dans la coursive. Personne. Les murs se rapprochaient, s'éloignaient. Le sol montait, descendait. Mon estomac semblait suivre le même rythme et, c'est d'un pas chancelant que je sortis de ma cabine. Les yeux dans le vague, le cœur au bord des lèvres, j'aurai difficilement pu expliquer pourquoi j'avais décidé de monter sur le pont. Une intuition ?

Aspiré d'un côté, puis de l'autre, je me cognais contre les murs sans parvenir à conserver mon équilibre plus de quelques secondes. D'ailleurs les derniers mètres, composés de marches d'escalier, je les parcourut à genoux. Ce n'est qu'une fois sur le pont que je me rendis compte de l'étendue de la situation.

Des éclairs illuminaient par moment une mer en furie. Les canots de sauvetage avaient disparus, ainsi que l'équipage. Nulle trace d'homme sur le navire, ni sur la mer. J'étais seul ?

Une déferlante éclata sur le pont me repoussant, trempé, le long du bastingage. Une autre me cueillit et m'envoya valser par-dessus bord. Un éclair déchira la nuit, révélant à mes yeux larmoyant une côte. Les courants me portèrent vers la terre. La tempête semblait s'apaiser. Une vague m'emporta vers des rochers où je m'abattit. Alors que mon corps écorché roulait au gré des vagues, je perdis de nouveau connaissance.


S1-002- Fin de nuit

Le vent faiblit. Les nuages furent dissipés par un petit air frais. Les vagues se couvrirent de moutonnement pour finir par s'aplanir. La mer retrouva une allure paisible, ne laissant que peu de traces du combat de la nuit. Sur la côte, les goélands sortirent pour aller pêcher. Seule une goélette, dont les mâts laissaient pendre cordages et voiles déchirées, prouvait la tragédie. Des canots, il ne restait que quelques planches qui flottaient ça et là. A terre, la vie commençait à s'animer.


S2-002- Echouée

Un éclair de lumière me frappa le visage. Le sable doux caressait ma joue. Quelque chose glissait sur ma cheville, quelque chose de lourd. Des pipelettes croassaient au loin. Le parasol me protégeait mal du soleil. Mon maillot de bain était trempé, pesant comme si j'avais plusieurs épaisseurs de vêtements au lieu de mon deux-pièces. Les gamins devaient encore être partis se promener dans les dunes, à moins qu'ils ne soient en train de nager sous la surveillance de Paula. Ces vacances en Californie allaient lui remonter le moral. Après son divorce d'avec David, ma sœur s'était plongé sans relâche dans son boulot. Je tendis le bras vers l'endroit où devait se trouver la crème solaire. Il commençait à faire chaud et le soleil brûlait de mille feux. Je sentais sa chaleur sur ma joue. Tâtonnant de la main, je ne rencontrais que du sable. Où était passé la crème ? Et le parasol ? Je me rendis compte que j'étais allongée à même le sable. Où était ma serviette de bain ? Sur le coup de la surprise, j'ouvris les yeux, et la mémoire me revint.

Je n'étais pas en Californie. Je n'étais pas en vacances avec ma sœur et ses enfants. Je n'étais pas en train de me dorer au soleil dans un maillot deux-pièces, après une petite baignade. J'étais en congé forcé. Le bateau, sur lequel j'avais embarqué, avait traversé une tempête. Tout le monde avait abandonné le navire et, moi, j'avais échouée sur la plage.

Je m'assit, contemplant la mer immensément vide, hormis quelques rochers ça et là et, la vieille goélette perchée sur un banc de coraux où elle s'était figée, défiant les vagues de réitérer l'exploit de la nuit.


S1-003- Lever de soleil

Alors que le soleil montait calmement dans le ciel, la jeune femme s'éveilla. Les vagues, qui l'avaient poussée sur cette côte, avaient repris leur place. Sur la plage au sable fin, elles avaient laissé les indices d'une nuit de folie : hardes, morceaux de bois et de cordages. La jeune femme se releva, tourna la tête à gauche, puis à droit. Elle fixa la goélette figée sur les récifs, avant de détourner le regard et de parcourir la plage.


S2-003- La plage

Je tournais la tête d'un côté et de l'autre, percevant le souffle du vent salé sur mon visage malgré le soleil éclatant. J'avais atterri sur une plage bordée d'arbres, dont un grand nombre avait été déraciné par la tempête. Le sable était jonché de débris divers. C'est alors que je me rendis compte que je n'avais pas encore aperçu le moindre indice de la présence de rescapés.

Arpentant la côte, je jetais quelques regards au large, espérant voir débarquer une armada de secours ou, au moins, les canots de sauvetage avec les autres passagers. Mais seule la goélette, juchée sur les coraux, surplombait la mer d'huile.

Je continuais mon périple. Nul ne venait déranger ma méditation. Nul n'osait défier le silence oppressant de la solitude qui m'enveloppait. Est ce que j'étais la seule à avoir survécu ?

Le soleil se reflétait sur le sable brûlant m'empêchant de voir clairement le bout de la plage.

Au détour d'un rocher plus volumineux que les autres, je découvris le corps d'un homme. Etait-il mort ? Je m'agenouillais dans le sable, hésitais quelques secondes avant de tendre la main vers son cou. Il était froid et humide, cependant son pouls battait. Faiblement, mais il battait. Du sang séché barbouillait son visage. Ses vêtements étaient trempés.


S1-004- Un blessé

La jeune femme avait parcouru la plage en observant les environs. Une main en visière, pour se protéger des rayons du soleil, elle avait essayé de regarder au loin. La réverbération du soleil lui brûlait les yeux. Elle avait découvert le corps d'un jeune homme derrière des rochers. Il portait une chemise et un pantalon noir de bonne qualité. La montre Rolex, à son poignet, ne fonctionnait plus. L'homme ne bougeait pas. Il était blessé à la tête comme l'indiquait le sang qui engluait ses cheveux noirs. La jeune femme tâta son pouls avant de relever la tête et de chercher, autour d'elle, quelque chose ou peut-être quelqu'un.


S2-004- Pas de panique

Merde. Merde. Merde. Merde !...Je suis vraiment dans de beaux draps. Ce n'est pas vrai, je dois rêver. Comment vais-je faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Crénom !...

Pas de panique. Reprends-toi ! Ce n'est quand même pas la première fois que tu vois un blessé, non ? Et les autres, ils ont tous survécus... enfin, presque. Ne pas s'affoler. Respirer calmement. Zen ! On t'a appris ça à l'Académie : le self-control. La panique n'arrange jamais rien.

D'accord, t'as pas fait médecine, mais tu connais quelques trucs. D'abord, vérifier le pouls et la respiration. Tout va bien de ce côté-là. Les pupilles ? Dilatées. C'est normal ? Aucune idée ! Est-ce qu'elles ne sont pas censées réagir à la lumière ? Déjà, il faudrait peut-être que tu évites de lui faire de l'ombre. « Monsieur, vous m'entendez ? Serrez ma main si vous m'entendez ! » Pas de réaction. Il est inconscient, alors c'est plutôt normal, non ? Bon, pour le reste : tu le palpes doucement pour voir s'il n'a pas de fractures. De toute façon, tu n'y connais rien. A chaque fois que tu étais blessée, un médecin était là pour tout remettre en place. Ici, pas de médecin, il n'y a que toi. Toi, et rien d'autre. La marée monte. Tu devrais peut-être le mettre à l'abri. En plus, il risque d'attraper une insolation. Déjà qu'il n'a pas l'air très bien ! Toi non plus, t'as pas l'air bien. Tu deviens folle, ma pauvre fille.

Je suis en train de me parler, et, en plus, je me tutoie, c'est la meilleure. C'est le genre de truc qui ne m'était jamais arrivé. Il est vrai qu'atterrir sur une plage déserte avec un blessé après une tempête, c'est une première aussi. Mais bon, c'est pas la même chose. Je devrais peut-être voir un psy. Ouais ! Mais ce n'est pas sur cette plage que je vais en trouver un. Il faudrait savoir où nous nous trouvons exactement. Et pour cela, je dois d'abord ranimer l'autre zigoto. Si je pouvais le mettre à l'ombre de ces rochers là-bas... Mais s'il était touché aux vertèbres, le moindre choc, le moindre déplacement, pourrait lui être fatal. Il ne faut pas déplacer un blessé avant l'arrivée des secours, tout le monde sait cela. OK, mais les secours, quand est-ce qu'ils arrivent ? Si personne n'a envoyé de SOS, on peut les attendre longtemps. On a bien le temps de crever d'ici là. Enfin, surtout lui.

Bon, réfléchissons ! Il doit bien exister un moyen de le bouger sans dégât. Il y eût comme un déclic –j'aurais bien vu une ampoule s'allumer au-dessus de ma tête comme dans les dessins animés- quand je posais les yeux sur sa taille. Il suffisait de trouver une planche assez grande. Je pourrai l'attacher à celle-ci grâce à sa ceinture. Il en faudrait une pour la tête, une autre autour de sa poitrine, et une dernière autour de son bassin. C'est ça, et je peux retourner à l'école pour apprendre à compter : lui et moi, ça ne fera jamais trois –enfin pas vraiment, à moins que... Revenons à nos moutons ! Il me manquait une ceinture. Le problème, quant on est toute seule pour sauver les gens, est qu'on doit se débrouiller toute seule.

Voyons voir ! Je n'ai pas de chaussure, donc pas de lacets. Heureusement, je serais morte noyée si j'avais sauté à l'eau avec mes baskets. D'ailleurs, si je me souvenais bien... c'était ce que j'avais fait. Ben, mince alors ! Mes chaussures ! « Cela leur servira vachement aux poissons, ils pourront faire du sport. » Cette image de dix sardines en train de jouer au ballon avec aux pieds–pardon ! A la queue- des chaussures- était plus réjouissante que celle que j'avais sous les yeux. Peut-être pas plus, en fait. Ce mec n'était pas franchement moche. Il était même plutôt canon –enfin, selon les critères habituelles de la mode qui ne sont pas forcément les mêmes que les miens, encore que là. Le hic, c'était qu'il était lourd, au sens premier du terme. Je ne suis pas une petite chose fragile, mais il devait bien peser dans les quatre-vingt-quinze kilos. En plus, il était inconscient, c'était donc un poids mort –qui le serait complètement si je n'agissais pas rapidement.

C'est bon. J'ai réussi à lui attacher la tête et le torse à un morceau d'écorce tombée d'un arbre durant la tempête. Pour le bassin, une seule solution : j'ai déchiré un morceau de mon T-shirt. Ce n'est pas parce que je suis très généreuse, c'est plutôt que sa chemise était de trop bonne qualité : je n'ai pas réussi à craquer le tissu.

Le plus dur était, maintenant, de marcher à reculons en tenant la planche selon un angle relativement plat, afin d'éviter d'éventuelles séquelles du genre : côtes cassées qui s'enfoncent dans les poumons, bassin brisé dont les os se déplacent provoquant des hémorragies internes. Evitons de trop rentrer dans les détails, hein ! Rien que d'y penser, j'ai l'estomac tout retourné.

Enfin, il était temps. Nous y sommes. J'ai bien mérité une petite pause, après tout ça. Vérifions d'abord son état : il n'a pas repris connaissance, mais sa respiration et son pouls sont normaux.


S1-005- Fin de matinée

La jeune femme avait fabriqué une sorte de brancard avec une écorce et des morceaux de tissus. Elle avait hâlé le blessé à l'abri du soleil, au pied de la falaise. Elle s'était affalé à côté de lui après avoir vérifié son état. Elle avait ensuite retiré son T-shirt et son short pour les faire sécher sur les rochers. La goélette n'avait pas bougé. Le soleil était à son zénith. Le jeune homme n'avait pas repris conscience.


S2-005- Absence de signal d'incident

Bon ! Maintenant qu'il est à l'abri, je ne peux plus grand chose pour lui. Je n'ai pas assez de connaissance pour le guérir. Si encore j'avais une baguette magique...D'ailleurs, si j'avais un vœux à faire, ce serait de n'avoir jamais entrepris ce voyage. Qu'est-ce qui m'a pris de partir visiter les îles du Pacifique sur une goélette transformée en navire pour touristes ! C'est sûr, si je m'en sors, je me plaindrais à la compagnie. Mieux : je leur ferais un procès. C'est vrai, quoi ! Les compagnies de transport ne sont-elles pas censées nous déposer à l'endroit où l'on veut aller et, si possible sain et sauf ? Si je m'en sors, si je m'en sors ? Bien sûr que je vais m'en sortir. Il suffit que les secours arrivent, et ils vont m'entendre. Non, mais...Quelle idée de venir s'encastrer sur ce rocher ! Si je tenais le capitaine... J'espère au moins qu'il a envoyé un message avant de disparaître. Cela ne m'étonnerait pas que ce poltron ait filé avec les autres sans s'occuper des passagers. Pourtant il doit bien avoir envoyé un SOS, ne serait-ce que pour être lui-même secouru.

Eh ! Voilà bien un truc auquel je n'avais pas pensé : rien ne nous a signalé qu'il y avait un problème. A part l'avis de tempête, il n'y a eu aucune sirène, aucun message du capitaine pour nous faire quitter le bateau. Personne n'est venu frapper à la porte de ma cabine avec un gilet de sauvetage. Les femmes et les enfants d'abord ! Il y a eu maldonne : je n'ai rien entendu, rien vu, si ce ne sont les canots de sauvetage qui s'éloignaient. C'est franchement bizarre : comment les autres ont-ils su ?

Ce n'est pas grave. Pour l'instant, j'ai autre chose à penser. Qu'est-ce que je dois faire, maintenant ? Le navire n'a pas fait un geste pour m'aider. Comme si je pouvais compter sur lui de toute façon. Remarquez, là où il se trouve, il peut nous être utile : il est facilement repérable de la mer. Les hélicoptères nous trouveront plus rapidement, s'ils savent où nous chercher. Parce que le Pacifique, c'est immense. Alors, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Si encore on avait une radio, je pourrai signaler notre présence. Mais même en fouillant mes poches à fond, je n'ai trouvé que mon portefeuille, un chewing-gum mouillé et quelques menu monnaie.


S1-006- Soleil au zénith

Rien dans le ciel ou sur la mer n'indiquait la présence de secours. La jeune fille et son compagnon étaient restés un long moment sans bouger à l'ombre des rochers. Le soleil brillait toujours avec insistance. La fille se releva d'un bond et émergea dans la lumière. Elle sautilla légèrement quand ses pieds nus se posèrent sur le sable brûlant. Elle grimaça. Tournant sur elle-même, elle observa les environs, puis se pencha sur le blessé. Après quoi, elle leva les yeux sur la falaise. Passant une main moite dans ses cheveux, la jeune fille s'avança vers les premiers rocs. Elle posa un pied sur une pierre, étendit le bras, saisit le rebord d'une roche, trouva une prise pour son autre pied et commença à s'élever. Certains rochers avaient des arêtes tranchantes, d'autres étaient couverts d'une matière blanchâtre et glissante, pourtant elle réussit à grimper jusqu'au sommet en s'aidant des aspérités des rocs.


S2-006 - Avec aisance

Réfléchissons ! D'accord, ce n'est pas mon fort : je préfère l'action, mais ce n'est pas une raison. Le navire a été pris dans une tempête et, même si le capitaine n'a pas eu le temps d'envoyer un message, les secours ne devraient pas mettre plus de deux à trois jours pour nous retrouver. Avec tous les radars et les satellites qui sillonnent la terre, ce sera un jeu d'enfant pour eux, non ? Un navire qui disparaît, cela va bien les réveiller les technocrates. Surtout s'il s'agit d'un bateau de touristes. Ils vont bien s'inquiéter quand ils ne recevront pas le rapport quotidien à la compagnie, tout de même. Les médias vont s'y intéresser : « Que sont devenus les touristes américains ? S'agit-il d'une prise d'otage ? A combien se monte la rançon ? ». « Messieurs, pas de commentaire. Nous poursuivons les recherches. » Enfin, j'espère que c'est ce qui se passe. « Nous patrouillons sur les côtes. » Je vais bientôt les apercevoir les hélicoptères des secours, les bateaux des gardes ? « Nous connaissons leur dernière position. » Avec un peu de chance, c'est vrai. Il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte à la télé. Pour l'instant, si ça se trouve, ils sont tranquillement assis devant un café en train de parler des derniers résultats de la NBA ou de la NFL, ils ne s'inquiètent pas encore. Mais dans quelques heures... Vingt-quatre heures sans message du bateau, il se passera quelque chose. Cela va être le branle-bas de combat. Et ils vont venir nous chercher.

Dans quarante-huit heures, voire peut-être soixante-douze au maximum, nous serons tranquillement installés dans un canapé moelleux en train de plaisanter sur cet incident. Bien qu'actuellement, je n'aie pas vraiment envie de rire. Ils auraient dû le préciser dans leur brochure que le stage de survie était compris dans le tarif, je me serais entraîné. Dire que je n'ai même pas vu la première saison en entier de Koh Lanta...ni les suivantes d'ailleurs !

Bon ! Assez rigolé ! Il est temps de se bouger. Même si les secours arrivent bientôt, il est hors de question de se laisser aller. Autant s'installer confortablement si on doit attendre.

Et puis finalement, pourquoi attendre? En longeant la côte, je vais bien atteindre à un moment ou à un autre, un village de pêcheur. On a jamais vu un pays n'occupant pas ses côtes. La seule interrogation : de quel côté aller ? Vers la gauche ou la droite ? Le soleil se levant à l'est et se couchant à l'ouest, il suffisait de partir plutôt du côté du nord pour remonter vers les Etats-Unis. Enfin, en théorie, si on faisait une carte et qu'on supposait que nous avions échoué sur une côté de l'Amérique du Sud ou d'un peu plus haut. En théorie.

Finalement je fis le choix de me laisser porter par le courant, ou plutôt par la course du soleil, et parti vers l'ouest le long de la plage.

Au bout de quelques heures, une question pressante me tarauda: pourriez-vous m'indiquer les lieux d'aisance, comme dirait ma grand-mère? Non, franchement, j'aurais bien fait dans la mer, mais elle est bien assez polluée comme cela, je ne vais pas en rajouter. Un petit coin derrière un arbre, à l'abri des regards. De qui? Là, est la question. Il est toujours dans les vapes, et, pour l'instant, il n'y a personne sur la plage, alors je pourrais faire ça entre deux rochers, la marée aurait tôt fait de tout nettoyer. N'empêche, j'ai ma dignité, même si je suis seule a priori. Comme si c'était une action honteuse, alors que, scientifiquement, il ne s'agit que d'éjecter les déchets produits par la machine qu'est le corps humain.

Accroupie derrière les buissons, l'œil et les oreilles aux aguets, j'ai fait tellement vite que même Lucky Luke aurait eu l'air d'un rigolo à côté.

Zut! C'est toujours quand on est en pleine action qu'on se rend compte qu'il n'y a plus de papier. Il faut alors faire preuve d'ingéniosité, tout en respectant les règles d'hygiène. Ce n'est pas amusant d'en avoir plein les mains, et encore moins si cela vous colle à la petite culotte. De plus, vous risquez de vous faire repérer: un essaim de mouche qui se déplace n'a jamais paru naturel, même sur une île. Une feuille de palmier pour s'essuyer ne vaut pas la douceur et la robustesse du papier toilette untel, mais c'est mieux que rien.


(à suivre)

Voilà les premiers chapitres (ils sont publiés sur des sites d'écriture/ publication en ligne aussi).

J'attends vos retours. Et surtout avez-vous envie de savoir la suite (qui est qui? pourquoi? etc.)?

Commencer à faire des rencontres ?
avatar contributeur de KaLee
KaLee
07/08/2026 à 20:15

Citation de Alyß #556407

Vu que j'espère comme à chaque fois vous surprendre avec la fin... il faut bien que je peaufine mon histoire pour qu'elle ne vous dévoile les éléments que peu à peu.

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Alyß
07/08/2026 à 20:35

Oui oui Dame KaLee la patience est mère de vertu!🙄... pas trop longtemps qd même!🎄🎃

Prenez pas le melon non plus🤪.. . Y sont pø bons cette année ( je trouve).

À bientôt 🌻🌴

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