Le sort difficile des gays syriens aggravé par la guerre civile

photo de l'auteur Aleksandr
Aleksandr
Homme de 32 ans
Le Mans
Ce sujet est une actualité

Le sort difficile des gays syriens aggravé par la guerre civile

Pris entre deux feux entre le régime de Bachar el-Assad et par les islamistes, la communauté gay de Syrie combat chaque jour pour sa survie. Passage en revue, à travers divers témoignages et différentes situations, de la situation des réfugiés LGBT syriens.



Depuis plus de trois ans, la Syrie est secouée par un conflit qui, jusqu'à aujourd'hui, a déjà fait plus de 150 000 morts, civils pour la plupart. Plus de 2.3 millions de Syriens ont déjà quitté le pays, en raison des hostilités. L'intérieur du pays est ravagé, mis à sac, écartelé par des groupes armés de différentes origines ethniques et religieuses, rendant toute possibilité d'intervention complexe. La récente prise de conscience du reste du monde – ou en tout cas, le récent réveil des gouvernements occidentaux mis face à l'horreur, notamment via la photo de ce petit garçon, échoué sur une plage turque – permet de mettre en relief l'urgence de la situation.


La situation des LGBT en Syrie


Cette persécution existait bien avant que la Syrie ne connaisse la guerre civile. Comme plus de 75 autres pays à travers le monde, le pays possède des lois anti-LGBT sévères. Le code pénal syrien rend illégaux les « actes sexuels non-naturels », punissables d’une peine de 3 ans d’emprisonnement, mais pouvait déjà aboutir, par des moyens judiciaires détournés visant à augmenter la « gravité » de l’acte, à la peine de mort.


En 2009, la police avait arrêté un groupe d’homosexuels à Raqqa, dans le centre du pays. Les forces armées avaient torturé les personnes arrêtées pour obtenir les noms d’autres homosexuels, d’autres avaient toutefois été relâchés au bout de quelques heures d’enfermement, parfois avec des pots-de-vin, ou de l’extorsion de la part des autorités.



Danny Ramadan ayant fui Beyrouth et vivant depuis septembre 2014 à Vancouver, au Canada. Le visage de son compagnon est caché, parce que sa famille, restée en Syrie ne sait pas qu'il est homosexuel.


« Chasse aux gays »


Haley Bobsein, travaillant pour l’IRAP (Iraqi Refugee Assistance Project), avait recueilli en 2013 un ensemble de témoignages provenant de gays syriens ayant fui au Liban pour échapper aux persécutions.


Depuis le début de la guerre civile en 2011, le gouvernement a augmenté d’un cran les tensions, enjoignant les forces armées dans ce que l’on peut considérer comme une « chasse aux gays ». Des campagnes télévisées anti-gays ont même eu lieu, traitant tous les dissidents « d’homosexuels ». Les militaires ciblaient désormais systématiquement les bars, cafés, parcs et d’autres endroits où la communauté avait l’habitude de se rencontrer, arrêtant parfois des personnes dont on n’entend plus parler après...


Les Syriens gays vivent ainsi au quotidien dans la terreur et l’isolation, demeurant cachés, dans une vie considérée comme « conforme aux règles établies », tout du moins pour les personnes qui parviennent à passer sous les radars… La peur et l’angoisse sont tellement ancrées dans les esprits qu’il n’est plus possible de croire quiconque, détruisant ainsi la possibilité d’une communauté.


En 2013, la ville de Raqqa a été prise par l’État Islamique (ISIS). Amir, un ancien habitant, témoigne :« Ils ont lentement commencé à purifier la ville de ses éléments qui n’étaient pas islamiques. […] Dans d’autres endroits il y a un jugement, un procès… Avec eux, en un jour ou deux, c’est la décapitation. ».


Imad, un autre réfugié syrien qui a fui le pays, décrit à Haley Bobsein que même certains homosexuels, par crainte d’être « outés », participent aux actes de violence contre leurs semblables. Imad parle d’une de ses anciennes connaissances qui est actuellement dans un groupe islamiste. « Il avait l’habitude de dormir avec l’un de mes amis homosexuels pour de l’argent. […] Il a ensuite disparu pendant quelques mois. Il s’est avéré qu’il était en camp d’entraînement. Il est revenu avec une longue barbe. Il désirait probablement de l’argent et une forme de protection de leur part. »


Hussein, un autre réfugié raconte à Bobsein que Beyrouth, au Liban, souvent considérée comme la ville la plus ouverte du Moyen-Orient, n’est en réalité en aucun cas un havre de paix pour les réfugiés LGBT. Après qu’un membre de sa famille ait tenté de le tuer après avoir découvert son homosexualité, Hussein a fui la Syrie. N’ayant nulle part où aller à Beyrouth, il s’installa sur la plage de la ville, où il fut bientôt forcé de se prostituer pour survivre. « Une fois, un homme m’a choisi pour une relation tarifée, dit-il. À la place, je fus violé par plusieurs hommes Libanais. Après ce traumatisme, je suis quand même revenu à la plage… parce que je n'avais aucun autre choix. »


Lorsqu’Haley Bobsein demande à ces réfugiés s’il pouvaient revenir dans leur pays dans un endroit par exemple plus sûr, beaucoup de Syriens gays lui ont répondu la même chose : il n’ont nulle part où aller. Bobsein estime qu’« il est forcément très difficile de militer pour des droits LGBT plus souples dans une société syrienne conservatrice, de surcroît embourbée dans une guerre civile. »


Le parcours de Subhi Nahas, réfugié gay aidant désormais ses semblables



Subhi Nahas


Le journal KQED raconte l’histoire de Subhi Nahas, un Syrien gay qui a quitté son pays après avoir été menacé par les militaires, les milices rebelles et sa propre famille.


En 2012, Jabhat Al Nusra, un groupe armé salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda avait déjà envahi la ville de Subhi Nahas. Annonçant dans les mosquées qu’ils « nettoieront la ville des gens impliquées dans la sodomie », la branche armée commença à arrêter, torturer et tuer les personnes considérées comme « criminels ». Les exécutions publiques se sont multipliées, devant des foules exubérantes. Des centaines de personnes furent accusées d’être homosexuels et tuées publiquement. Le monde entier, pourtant, a dû attendre 2014 pour que l’État Islamique (ISIS) n’affiche officiellement que ces exécutions publiques étaient à l’encontre de personnes homosexuelles, et où les vidéos et les photos, images terribles, de militants armés jetant des hommes cagoulés par-dessus les buildings, puis les cadavres caillassés par les foules, ne commencent à se répandre sur Internet.


Subhi a été arrêté sur le chemin qui le menait tous les jours à l’Université, où il étudiait pour obtenir son certificat d’études en traduction d’Anglais. Les soldats l’ont arrêté, ainsi qu’onze autres, et les ont emmenés dans un endroit fermé, où ils leur ont fait subir des humiliations, les ont roués de coups, insultés, fait des remarques dures sur leurs « manières ». Subhi a finalement pu être libéré. La peur ne s’est pas arrêtée à la porte de la maison de Subhi. Son père a commencé à se moquer de lui, à le surveiller de très près. Un soir, son père l’a violemment attaqué, l’envoyant à l’hôpital.


Subhi n’a pas attendu que les militants de Jabhat Al Nusra, les militaires ou sa propre famille ne l’attaquent de nouveau. Il a fui au Liban, où il est resté six mois dans une maison d’accueil LGBT. Il a ensuite tracé sa voie jusqu’en Turquie, où il a résidé avec d’autres réfugiés LGBT du Moyen-Orient – dont 400 Syriens – dans l’attente d’une vie meilleure.


Mais même la Turquie n’était pas un endroit sûr pour les LGBT. La famille de Subhi et les islamistes ont fini par le retrouver. Ils ont dépêché un de ses propres anciens amis, Khalil qui a rejoint les rangs de l'État Islamique, pour le menacer de mort.


Restant tout de même en Turquie, Subhi commença à travailler pour l’ORAM (Organization for Refugee, Asylum and Migration), une association sans but lucratif proposant une aide juridique pour les réfugiés LGBT et les demandeurs d’asile à travers le monde. L’association propose également des outils, des formations et des ressources pour aider les travailleurs sociaux à gérer les réfugiés LGBT.


Subhi Nahas vit désormais à San Francisco, dans une communauté où il se sent finalement en sécurité, aimé et soutenu. Il travaille toujours pour l’ORAM, et a été récemment invité à raconter son parcours éprouvant à la toute première rencontre sur les droits LGBT au Conseil de Sécurité de l'ONU.


À travers son travail à l’ORAM, Subhi pose les fondations d’un chemin pour d’autres réfugiés vers des pays où ils n’auront plus à subir de discriminations, d’humiliations, de menaces ou de persécutions.


Selon Subhi, il y a au moins 400 autres réfugiés Syriens LGBT qui ont fui avec lui jusqu’en Turquie, où ils subissent, encore à l’heure actuelle, de réelles menaces. « À Istanbul et Ankara, dit-il dans un récent témoignage au Huffington Postdes groupes armés ont élevé des étendards appelant à tuer les homosexuels. Mes nouveaux amis se sentent seuls et terrifiés à propos de ce qui pourrait leur arriver un jour, la même solitude, la même terreur que j’ai un jour ressenties. »


Il rajoute : « Nous ne serons certainement pas capables d’améliorer les conditions des personnes LGBT en Syrie, en Irak ou dans d’autres pays, mais nous pouvons certainement aider les personnes qui réussissent à en réchapper. »



Informations

Date de publication : 12/09/2015 à 03:21


photo de l'auteur Aleksandr
Aleksandr
Homme de 32 ans
Le Mans

Pris entre deux feux entre le régime de Bachar el-Assad et par les islamistes, la communauté gay de Syrie combat chaque jour pour sa survie. Passage en revue, à travers divers témoignages et différentes situations, de la situation des réfugiés LGBT syriens.



Depuis plus de trois ans, la Syrie est secouée par un conflit qui, jusqu'à aujourd'hui, a déjà fait plus de 150 000 morts, civils pour la plupart. Plus de 2.3 millions de Syriens ont déjà quitté le pays, en raison des hostilités. L'intérieur du pays est ravagé, mis à sac, écartelé par des groupes armés de différentes origines ethniques et religieuses, rendant toute possibilité d'intervention complexe. La récente prise de conscience du reste du monde – ou en tout cas, le récent réveil des gouvernements occidentaux mis face à l'horreur, notamment via la photo de ce petit garçon, échoué sur une plage turque – permet de mettre en relief l'urgence de la situation.


La situation des LGBT en Syrie


Cette persécution existait bien avant que la Syrie ne connaisse la guerre civile. Comme plus de 75 autres pays à travers le monde, le pays possède des lois anti-LGBT sévères. Le code pénal syrien rend illégaux les « actes sexuels non-naturels », punissables d’une peine de 3 ans d’emprisonnement, mais pouvait déjà aboutir, par des moyens judiciaires détournés visant à augmenter la « gravité » de l’acte, à la peine de mort.


En 2009, la police avait arrêté un groupe d’homosexuels à Raqqa, dans le centre du pays. Les forces armées avaient torturé les personnes arrêtées pour obtenir les noms d’autres homosexuels, d’autres avaient toutefois été relâchés au bout de quelques heures d’enfermement, parfois avec des pots-de-vin, ou de l’extorsion de la part des autorités.



Danny Ramadan ayant fui Beyrouth et vivant depuis septembre 2014 à Vancouver, au Canada. Le visage de son compagnon est caché, parce que sa famille, restée en Syrie ne sait pas qu'il est homosexuel.


« Chasse aux gays »


Haley Bobsein, travaillant pour l’IRAP (Iraqi Refugee Assistance Project), avait recueilli en 2013 un ensemble de témoignages provenant de gays syriens ayant fui au Liban pour échapper aux persécutions.


Depuis le début de la guerre civile en 2011, le gouvernement a augmenté d’un cran les tensions, enjoignant les forces armées dans ce que l’on peut considérer comme une « chasse aux gays ». Des campagnes télévisées anti-gays ont même eu lieu, traitant tous les dissidents « d’homosexuels ». Les militaires ciblaient désormais systématiquement les bars, cafés, parcs et d’autres endroits où la communauté avait l’habitude de se rencontrer, arrêtant parfois des personnes dont on n’entend plus parler après...


Les Syriens gays vivent ainsi au quotidien dans la terreur et l’isolation, demeurant cachés, dans une vie considérée comme « conforme aux règles établies », tout du moins pour les personnes qui parviennent à passer sous les radars… La peur et l’angoisse sont tellement ancrées dans les esprits qu’il n’est plus possible de croire quiconque, détruisant ainsi la possibilité d’une communauté.


En 2013, la ville de Raqqa a été prise par l’État Islamique (ISIS). Amir, un ancien habitant, témoigne :« Ils ont lentement commencé à purifier la ville de ses éléments qui n’étaient pas islamiques. […] Dans d’autres endroits il y a un jugement, un procès… Avec eux, en un jour ou deux, c’est la décapitation. ».


Imad, un autre réfugié syrien qui a fui le pays, décrit à Haley Bobsein que même certains homosexuels, par crainte d’être « outés », participent aux actes de violence contre leurs semblables. Imad parle d’une de ses anciennes connaissances qui est actuellement dans un groupe islamiste. « Il avait l’habitude de dormir avec l’un de mes amis homosexuels pour de l’argent. […] Il a ensuite disparu pendant quelques mois. Il s’est avéré qu’il était en camp d’entraînement. Il est revenu avec une longue barbe. Il désirait probablement de l’argent et une forme de protection de leur part. »


Hussein, un autre réfugié raconte à Bobsein que Beyrouth, au Liban, souvent considérée comme la ville la plus ouverte du Moyen-Orient, n’est en réalité en aucun cas un havre de paix pour les réfugiés LGBT. Après qu’un membre de sa famille ait tenté de le tuer après avoir découvert son homosexualité, Hussein a fui la Syrie. N’ayant nulle part où aller à Beyrouth, il s’installa sur la plage de la ville, où il fut bientôt forcé de se prostituer pour survivre. « Une fois, un homme m’a choisi pour une relation tarifée, dit-il. À la place, je fus violé par plusieurs hommes Libanais. Après ce traumatisme, je suis quand même revenu à la plage… parce que je n'avais aucun autre choix. »


Lorsqu’Haley Bobsein demande à ces réfugiés s’il pouvaient revenir dans leur pays dans un endroit par exemple plus sûr, beaucoup de Syriens gays lui ont répondu la même chose : il n’ont nulle part où aller. Bobsein estime qu’« il est forcément très difficile de militer pour des droits LGBT plus souples dans une société syrienne conservatrice, de surcroît embourbée dans une guerre civile. »


Le parcours de Subhi Nahas, réfugié gay aidant désormais ses semblables



Subhi Nahas


Le journal KQED raconte l’histoire de Subhi Nahas, un Syrien gay qui a quitté son pays après avoir été menacé par les militaires, les milices rebelles et sa propre famille.


En 2012, Jabhat Al Nusra, un groupe armé salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda avait déjà envahi la ville de Subhi Nahas. Annonçant dans les mosquées qu’ils « nettoieront la ville des gens impliquées dans la sodomie », la branche armée commença à arrêter, torturer et tuer les personnes considérées comme « criminels ». Les exécutions publiques se sont multipliées, devant des foules exubérantes. Des centaines de personnes furent accusées d’être homosexuels et tuées publiquement. Le monde entier, pourtant, a dû attendre 2014 pour que l’État Islamique (ISIS) n’affiche officiellement que ces exécutions publiques étaient à l’encontre de personnes homosexuelles, et où les vidéos et les photos, images terribles, de militants armés jetant des hommes cagoulés par-dessus les buildings, puis les cadavres caillassés par les foules, ne commencent à se répandre sur Internet.


Subhi a été arrêté sur le chemin qui le menait tous les jours à l’Université, où il étudiait pour obtenir son certificat d’études en traduction d’Anglais. Les soldats l’ont arrêté, ainsi qu’onze autres, et les ont emmenés dans un endroit fermé, où ils leur ont fait subir des humiliations, les ont roués de coups, insultés, fait des remarques dures sur leurs « manières ». Subhi a finalement pu être libéré. La peur ne s’est pas arrêtée à la porte de la maison de Subhi. Son père a commencé à se moquer de lui, à le surveiller de très près. Un soir, son père l’a violemment attaqué, l’envoyant à l’hôpital.


Subhi n’a pas attendu que les militants de Jabhat Al Nusra, les militaires ou sa propre famille ne l’attaquent de nouveau. Il a fui au Liban, où il est resté six mois dans une maison d’accueil LGBT. Il a ensuite tracé sa voie jusqu’en Turquie, où il a résidé avec d’autres réfugiés LGBT du Moyen-Orient – dont 400 Syriens – dans l’attente d’une vie meilleure.


Mais même la Turquie n’était pas un endroit sûr pour les LGBT. La famille de Subhi et les islamistes ont fini par le retrouver. Ils ont dépêché un de ses propres anciens amis, Khalil qui a rejoint les rangs de l'État Islamique, pour le menacer de mort.


Restant tout de même en Turquie, Subhi commença à travailler pour l’ORAM (Organization for Refugee, Asylum and Migration), une association sans but lucratif proposant une aide juridique pour les réfugiés LGBT et les demandeurs d’asile à travers le monde. L’association propose également des outils, des formations et des ressources pour aider les travailleurs sociaux à gérer les réfugiés LGBT.


Subhi Nahas vit désormais à San Francisco, dans une communauté où il se sent finalement en sécurité, aimé et soutenu. Il travaille toujours pour l’ORAM, et a été récemment invité à raconter son parcours éprouvant à la toute première rencontre sur les droits LGBT au Conseil de Sécurité de l'ONU.


À travers son travail à l’ORAM, Subhi pose les fondations d’un chemin pour d’autres réfugiés vers des pays où ils n’auront plus à subir de discriminations, d’humiliations, de menaces ou de persécutions.


Selon Subhi, il y a au moins 400 autres réfugiés Syriens LGBT qui ont fui avec lui jusqu’en Turquie, où ils subissent, encore à l’heure actuelle, de réelles menaces. « À Istanbul et Ankara, dit-il dans un récent témoignage au Huffington Postdes groupes armés ont élevé des étendards appelant à tuer les homosexuels. Mes nouveaux amis se sentent seuls et terrifiés à propos de ce qui pourrait leur arriver un jour, la même solitude, la même terreur que j’ai un jour ressenties. »


Il rajoute : « Nous ne serons certainement pas capables d’améliorer les conditions des personnes LGBT en Syrie, en Irak ou dans d’autres pays, mais nous pouvons certainement aider les personnes qui réussissent à en réchapper. »



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