Peut-on créer une amitié en échangeant à distance



Jstophe
Publiée le 03/03/2020 à 12:49
Auteur du sujet

Bonjour à tous les membres (je ne pense pas que le terme "membre" ait un équivalent féminin).

Peut-on créer une amitié, un amour, en échangeant à distance pendant très longtemps sans se rencontrer ?

Peut-on parler d'amitié, au sens le plus noble du terme, entre deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées physiquement, ni même s'être parlées au téléphone ?

J'entends par véritable amitié des personnes que l'on voit quelquefois physiquement, avec lesquelles on converse au téléphone.

Mon sujet s'appuie sur une expérience actuelle.

Depuis quelques mois, suite à une demande d'aide, je me suis lié de sympathie, puis d'amitié envers un membre de BeTo (Ne me demandez pas qui, par convenance). Je sais, je sens que cette personne a plaisir à échanger avec moi quotidiennement, et par la réciproque, cela va sans dire. Avec cette personne, je ressens certaines émotions, des affinités profondes, telle une complicité cultivée dans notre cheminement, tout-au-moins sur ce site.

" Non, entre toi et moi, ce n'est plus du virtuel, tu existes bel et bien en chair et en os, moi de même, mais il y a toujours dressée une distance par rapport à nos claviers et nos écrans. " Réplique d'un de mes derniers messages adressés à ce membre.

Alors quel degré d'amitié accorder selon les situations, la position de chacun ?

Les maximes et les dictons sur l'amitié ne manquent pas dans la littérature française.

A vos "plumes".

Bien cordialement.


Reglisse
Publiée le 03/03/2020 à 13:30

À mon sens, l'amitié peut tout à fait exister même sans rencontre réelle.

De nos jours, le numérique et un meilleur accès à l'écriture permettent ce type de relations à grande échelle, dans un contexte de perte d'interractions sociales de proximité.

Pourtant, bien avant l'avènement d'Internet, du téléphone ou du train, des amitiés exclusivement épistolaires existaient. Elles n'étaient pas toujours le prolongement d'une rencontre réelle. Évidemment, elles étaient limitées à des milieux relativement favorisés et plutôt littéraires, philosophiques ou religieux (y compris des laïques assez mystiques).

Je pense qu'aujourd'hui la vraie interrogation repose sur la capacité à nouer des amitié de proximité et pas seulement à distance. Et même, au-delà, comment retrouver un lien social dans notre monde compétitif, narcissique, excessif et replié sur lui-même ? Le sentiment de solitude subie (à ne pas confondre avec la solitude choisie) illustre bien cette difficulté. Ce mal-être, cet isolement, est de plus en plus présent et accable autant les anciens que les jeunes.

Nitromentis
Modération
Publiée le 03/03/2020 à 13:36

Bonjour bonjour

Je vais surtout apporter mon expérience personnelle, après je suppose que ça dépend du degré d'amitié et de la complicité avec quelqu'un

Mais personnellement, c'est bel et bien possible d'avoir une amitié (et qui dure!) à distance. J'ai rencontré ma meilleure amie sur internet, et ça fait 12 ans que je la connais. Ça nous a pris 5 ans pour se voir en vrai pour la première fois, et je suis le parrain de son enfant, et je serais témoin pour son mariage s'il y en aura un.

La deuxième personne la plus proche, je l'ai aussi rencontré sur internet, et ça fait 8 ans qu'on se connait, et on ne s'est vu que deux fois en tout à cause d'une trop grande distance et les différences de disponibilité. Je la considère egalement comme un membre de ma famille (la même chose pour ma meilleure amie)

C'est bel et bien possible, peut-être que c'est une différence générationnelle, je ne sais pas, mais faut avoir envie sue ça marche, une relation reste une relation, qu'elle soit amoureuse ou non, et peu importe la distance

J'ai pû me forger des amitiés avec des personnes du monde entier (merci l'anglais), même le décalage horaire ne me fait pas peur

Membre anonyme
Publiée le 03/03/2020 à 13:56 - modifié par Sociable30 le 03/03/2020 - 14:01:09

Je pense qu'il est tout à fait possible de nouer de belles amitiés à distance…

Il y a un inconvénient évident à le faire: La distance, en général.

L'idéal étant de nouer des liens à distance qui se transforment un jour ou l'autre en rencontres dans la vie réelle.

Il y a aussi des avantages dans ce mode amical à distance.

Contrairement au fait de faire connaissance en vis à vis, l'engagement de départ est minime.

Alors que l'on a des contacts dans la vie avec des gens avec qui les contacts sont renouvelés, voire obligés comme au travail, par exemple, ceux qui sont virtuels sont choisis et sont dissous de par notre unique volonté.

Le courant passe; on approfondit.

Il ne passe pas; il suffit de ne pas donner suite.

Dans le cadre virtuel, la latitude individuelle est maximale.

On peut l'utiliser pour se protèger ou, au contraire, pour se livrer.

Raconter son jardin secret, utiliser l'autre comme son confident et lui dire des choses que l'on a peut-être toujours gardé pour soi deviennent des modalités plus faciles à travers le net.

L'absence de rapport physique à l'autre tout en ayant son oreille attentive et éventuellement quelques conseils utiles de sa part; cela peut libérer la parole et faire du bien.

Sous cet aspect, on est peut-être dans une forme payenne du confessionnal, sans qu'il soit besoin de définir une hierarchie morale et de personnes.

Le risque, c'est de cantonner nos relations avec les autres dans ce seul moyen.

À mon sens, c'est alors comme réver que l'on mange.

Cette nourriture virtuelle a très bon goût mais elle va nous laisser sur notre faim…

Jstophe
Publiée le 03/03/2020 à 13:57
Auteur du sujet

Merci pour vos gentils témoignages qui me rassurent. Je rajoute un point : la langue est-elle un obstacle ? Tout le monde ne maîtrise pas parfaitement l'anglais. Ne comptons pas trop sur Google Traduction.

Membre anonyme
Publiée le 03/03/2020 à 14:03

Les réelles amitiés n'ont point besoin de reconnaissance . Elles se reconnaissent , point : virtuelles ou pas .

Membre anonyme
Publiée le 03/03/2020 à 14:13

Plus que la langue, c'est peut-être le choc de cultures, d'états d'esprits, de mentalités différentes qui peut faire des difficultés à se comprendre.

Les gens du 21° siecle sont le plus souvent bilingues anglais.

La difficulté linguistique de nos générations n'est plus qu'une queue de comête.

À l'écrit et en mode différé, on peut toujours se débrouiller par la traduction google qui a beaucoup progressé ces dernières années.

Cela peut être une motivation supplémentaire pour développer son anglais sans la contrainte d'une oreille plus assez sensible et d'une prononciation approximative.

Membre anonyme
Publiée le 03/03/2020 à 14:16

La musique est un langage universel :)

MissHorror
Publiée le 03/03/2020 à 14:39

Je partage mon expérience mais évidemment tout le monde n'a pas le même rapport avec une amitié ou amour virtuel, cependant je ne peux que parler pour ma part du domaine amical.

Pour moi qui est toujours ultra asocial, méfiante et avec un manque de confiance en sois, le virtuel m'a sauvé. J'ai pu construire des relations grâce à ça, j'ai souvent, grâce au virtuel, connu les meilleurs relations d'amitiés, ça a plus ou moins toujours pris du temps pour différentes raisons avant que je ne rencontre en face la personne mais généralement voici comment cela se passe pour moi : d'abord échanges sur internet, puis appel si il y a du feeling ( et me concernant c'est un miracle si je peux appeler quelqu'un en étant décontractée ) et enfin rencontre, généralement toutes ces étapes m'aide car ce qui est handicapant pour moi c'est que je suis incapable de créer une relation avec quelqu'un face a face, je ne connais rien de la personne et ça m'angoisse fortement. Pour certaines personnes le côté virtuel est vraiment trop risqué, et c'est vrai qu'on peut tomber sur des " fake compte " ou sur des mauvaises personnes mais cela peut aussi arriver dans la " vraie vie ". Ca dépend vraiment de la perception de chacuns, il y a des gens pour qui le virtuel est dangereux, d'autres pour qui au contraire c'est une vraie " béquille ".

Membre anonyme
Publiée le 03/03/2020 à 14:48

Je te rejoins , MissHorror - moi qui suis pourtant très sociable , les dérives du net ont contribué à "me refroidir" .

J'y suis venue dans l'espoir de me faire de belles amitiés , après une longue traversée du désert .

Pourtant , depuis quelques mois je me sens réconciliée avec ce net et une multitude de personnes qui s'affranchissent de ses codes .

Enfin le réel retrouve sa place dans le virtuel : derrière chaque écran , il y a une personne - un oubli qui n'a que trop duré :)

Zeugma
Publiée le 03/03/2020 à 15:15

toute relation amicale présuppose un contact, qu'il soit premièrement et principalement physico-sensoriel par la présence du corps des personnes ou médiatisé par une technologie de communication, cela s’équivaux si l’on se concentre sur ce qu’est l’autre dans son ipséité, car seule la connaissance et la volonté permettent de s’aimer d’amitié, après qu’il y ai des répercussions physiologiques qui accompagnent certaines activités aidant deux ami-es à vivre la réciprocité de leur relation cela est évident…

Membre anonyme
Publiée le 03/03/2020 à 15:54 - modifié par Sociable30 le 03/03/2020 - 15:55:50

Il y a dans les relations virtuelles le risque du "no limite".

On idéalise l'autre qui peut être autre qu'il est réellement.

Si on y prend pas garde, la déception peut être ensuite au rendez vous du rendez vous; au point que certains, malgré la possibilité de le faire, n'en donneront jamais…

Dans la vraie vie, les limites de l'autre sont plus évidentes; on les a sous les yeux.

Par exemple, on peux s'imaginer que l'autre est débordant d'empathie, prêt à rendre service.

Mais cela ne se vérifie (ou pas) que dans la vraie vie.

Comme on dit: "C'est au pied du mur que l'on voit le maçon".

De plus, serrer quelqu'un dans ses bras en mode virtuel…

Jstophe
Publiée le 03/03/2020 à 21:34
Auteur du sujet

L'amitié, pour moi, c'est aussi un sourire, un regard dans les yeux, peut-être aussi un baiser sur une joue ou une caresse sur une main. Cela peut rester très platonnique, à moins que l'esprit soit animé d'un fantasme déplacé.

Et puis c'est sentir la présence de l'autre, physique, bien sûr, mais aussi mentale, morale, psychologique.

Je reprends un extrait de message que j'ai mentionné dans mon sujet, et je persiste : " Non, entre toi et moi, ce n'est plus du virtuel, tu existes bel et bien en chair et en os, moi de même, mais il y a toujours dressée une distance par rapport à nos claviers et nos écrans. "

Liossec
Publiée le 04/03/2020 à 07:04

Le virtuel be remplacera jamais le réel. Dans le virtuel on peut à souhait édulcorer ce qu'il y a de moins bien en nous. Se présenter comme presque la perfection amicale ou amoureuse.

Dans le virtuel quand tu aimes il faut soit partir soit rencontrer.

Le virtuel c'est la vie rêvée.

Sans parler des manipulateurs, menteurs et inventeurs en tout genre. À conjuguer au féminin.

Jstophe
Publiée le 04/03/2020 à 11:20
Auteur du sujet

Sans être pourvu d'un soi-disant 6° sens, le courant passe ou ne passe pas, s'il passe mal, c'est négatif. Ce doit être positif dès les premiers échanges. Les affinités se conjuguent naturellement, ou non. Bref, c'est rapidement oui ou non, ce n'est pas "peut-être" ou "à voir". Evidement, je me réfère à ma longue expérience avec les petites annonces papiers des années 80 ou 90, puis avec l'avènement de déferlement de sites de rencontres sur Internet. Dans la vie réelle comme sur Internet, il ne faut pas voir le mal partout. Le plus belle preuve : BeTolerant. Mes propos se suffisent à eux-mêmes.

W0nderwOOman
Modération
Publiée le 04/03/2020 à 13:47 - modifié par w0nderwOOman le 04/03/2020 - 13:48:07

C'est d'une beauté... sincèrement, je trouve ça émouvant. Je me réjouis pour toi. Vraiment ^^


Je me réjouis également, ça fait plaisir à lire. Internet ne sert pas qu'à poster des selfies et des hastags.


Bien sûr que de belles amitiés peuvent naître depuis le net. N'en déplaise aux sceptiques... Tout dépend des sensibilités et des affinités des un·e·s et des autres. D'après moi, Internet n'est qu'une numérisation - de plus en plus anarchique, je le reconnais - du monde et de nos sociétés. On peut trouver du très mauvais comme du très bon. Il faut juste surfer ou naviguer (so 2000 lol) aux bons endroits, équipé·e d'un bon "gilet de sauvetage" pour éviter la noyade ou les naufrages.


+ 1000

Je n'ai pas de maxime particulière en tête, concernant l'amitié mais une chanson : Calogero - On est riche que de ses amis.

L'amitié, c'est aussi important que l'amour. D'ailleurs, pour moi, l'amitié est une forme d'amour 💜

(@Zeugma, j'adore tes posts. Ipséité : quel mot magnifique ! Merci )

Bises à tout·e·s 💋

Membre anonyme
Publiée le 04/03/2020 à 14:36

C'est chouette: J'apprends des mots… 🙂

Zeugma
Publiée le 04/03/2020 à 15:57

si dans toute utilisation d'un outil, la part de détermination de l’usage est conditionnée par les qualités fonctionnelles de cet outil, il reste que l’intention de l’utilisateur est garante de la qualité finale de son action dans la mesure où il est le seul à percevoir le pourquoi de cette action…

Il en va de même pour l’usage d’un ordinateur et du net pour être en relation avec d’autres personnes, la qualité ultime de leur relation dépendra de leurs intentions réelles, c’est-à-dire de la qualité de leurs désirs respectifs à vivre cette relation…

La place de l’imagination dans les relations virtuelles est proportionnellement ce qu’elle serait si de visu deux personnes se rencontrent et ne voient dans l’autre que la part efficiente et projetée de leur propre fantasme, les conduisant tous deux à la même déficience…

Jstophe
Publiée le 04/03/2020 à 23:01
Auteur du sujet

" (@Zeugma, j'adore tes posts. Ipséité : quel mot magnifique ! Merci ) "

Avant de mourir idiot, j'aimerai connaître la définition du mot "ipséité".

Merci.

Zeugma
Publiée le 05/03/2020 à 09:16 - modifié par zeugma le 05/03/2020 - 09:18:03

Pour comprendre la signification d’un mot l’on doit tout d’abord accepter que sa limitation conceptuelle est nécessairement en attente du sens pour lequel nous l’utilisons, c’est-à-dire que chaque mot est comme une couleur et que pour composer un tableau (communication de notre pensée) nous devons en mélanger certaines et en juxtaposer d’autres, avec toutes les nuances de chacune d’elles…

bref, le mot « ipséité » n’équivaux pas le mot « personnalité »car autant le premier permet de se positionner comme interlocuteur en prenant les déterminations spécifiques de l’autre comme éléments intégrés de notre connaissance, autant si nous utilisons le mot « personnalité , qui lui recoupe la totalité effective de l'autre, quelque chose nous échappera toujours, et c’est bien cela qui est « modérateur » pour chaque rencontre, puisque la présence physique de l’autre implique un jugement d’existence sur son être singulier et autonome (sa personne) qui nous oblige non pas à reconnaître son aséité, mais à composer avec les deux abaliétés puisque toute relation est aussi une dépendance !

C’est pourquoi j’ai utilisé le mot « ipséité » dans ma phrase et pas le mot « personnalité »car une relation médiatisée doit accepter que la connaissance partielle de l’autre en tant qu’autre ne le soit pas à cause du manque de la présence de son corps, mais uniquement à cause de l’extension que son corps manifeste de sa personnalité, qui comme dit plus haut nous échappera toujours…

Jstophe
Publiée le 05/03/2020 à 12:21
Auteur du sujet

Je rappelle le sujet du débat :

**" Peut-on créer une amitié, un amour, en échangeant à distance pendant très longtemps sans se rencontrer ?

Peut-on parler d'amitié, au sens le plus noble du terme, entre deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées physiquement, ni même s'être parlées au téléphone ?

J'entends par véritable amitié des personnes que l'on voit quelquefois physiquement, avec lesquelles on converse au téléphone."**

Merci de ne pas dévier ni digresser.

Zeugma
Publiée le 05/03/2020 à 12:53

Ce qui es curieux lorsque l’on lance un sujet abstrait qui repose sur une expérience personnelle c’est que l’on attend de pouvoir affirmer ou infirmer sa propre compréhension du sujet alors que ce qui résulte de l’échange reste toujours une suite d’avis n’ayant pas de pertinence suffisante pour nous éclairer absolument…

Ainsi dans la possibilité de fonder une amitié via un média, ce qui risque de manquer serait de faire reposer notre jugement uniquement sur ce que nous appréhendons de l’autre avec la prévalence du comment en mettant de coté le pourquoi de cette recherche d’amitié…

Pareillement chaque moyen utile pour établir une relation amicale intercède dans la limite par laquelle nous envisageons la finalité de cette relation, et boire de l’eau dans un verre de couleur rouge ne nous donnera pas le goût du vin…

Chen Chen
Publiée le 05/03/2020 à 13:10

Ici, avec Lairds, stan et Ken, on est amis. Pourtant, on s'est jamais rencontré irl.

Jstophe
Publiée le 05/03/2020 à 18:17 - modifié par Jstophe le 06/03/2020 - 21:33:48
Auteur du sujet

😊 Alors bravo à vous 4 ! 😊

Je persiste et signe mes propos sur le forum. Disons qu'il y a 2 types d'amitié. L'un 'virtuel" mais réel, et l'autre très concrêt. Je respecte les 2 concepts. Quelque part, ne sommes-nous pas tous amis sur ce site et dans ce forum. Bien entendu, chacun entendra son degré d'amitié selon sa conscience et son état d'esprit.

Membre anonyme
Publiée le 06/03/2020 à 21:35

Pas faux , pourtant il y a des sincérités impossibles à remettre en question .

L'idéal restant de se rencontrer un jour , sans empressement d'aucun ordre :)

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