Call me by your name

photo de l'auteur PhareOuest
PhareOuest
Homme de 37 ans
Nantes
Dans Call me by your name, un jeune homme de 17 ans passe un été dans la maison de sa famille en Italie. Son père fait venir un Américain qui travaille sur une thèse de doctorat, et ce qui doit arriver arrive. Le film est adapté du roman du même titre d’André Aciman, il est dans les salles en ce moment.


photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Call Me By Your Name, 2h 11min, de Luca Guadagnino avec Armie Hammer (le beau mâle) et Timothée Chalamet (l’ado), sorti en salle cette semaine.


Le pitch :
Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain de 24 ans qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

Pendant que la critique et une majorité des spectateurs encensent ce film, d’autres le trouvent mièvre long et ennuyeux, et un peu trop à la mode.

Personnellement dans le style initiatique de l’amour et de la sensualité je le trouve beau, bien joué, dans des cadres superbes, nostalgique des longues vacances estivales et de la préhistoire des applications internet de rencontres, et érotisant par ses flirts qui s'étirent pendant les longues journées d’été.
Le jeune Timothée Chalamet est très crédible, le beau mâle Armie Hammer superbe, l’amourette féminine contrariée Esther Garrel est sensuelle, et la campagne Lombarde est un écrin rêvé.

Un autre aspect qui m’a semblé intéressant dans ce film à un moment où les religions se crispent sur leurs dogmes, est sa dimension initiatique de la judaïté et de la tolérance à l’homosexualité.

Enfin j’ai appris avec surprise une chose qui m’avait totalement échappée, il existe une culture masculine la pèche en Italie du nord de la même façon que la pastèque en Italie du sud ^^ (voir le film pour comprendre mdr).


https://www.youtube.com/watch?v=c9TIdDbzQXM

Pour le fun je ne pouvais pas faire l’économie d’en mesurer la moralité à l’aulne de nos principes d’aujourd’hui, car la morale est très localo- et chrono- dépendante...

Je vous rassure tout de suite, Oliver n’est pas le virile visiteur du film Théorème de Pasolini qui séduit tous les membres de la famille, y compris la bonne qui atteint le septième ciel à la façon de l’Assomption de la Vierge Marie ^^
Mais tout de même Elio est encore un ado quand Oliver est déjà un adulte. Et que cela soit le jeune qui séduise le vieux n’y change rien.

Certes Elio est un ado, mais il très mature et plus très loin de sa majorité. Et puis ses parents ne sont pas dupes et consentants (spoiler mdr), et comme chacun sait le consentement des parents est essentiel à une relation gay à forte différence d’âge.
Et le scénario se déroule au siècle dernier pendant la révolution sexuelle, de surcroît en Italie pays de la sensualité.
Oliver n’est pas un évêque, ni un curé, ni un scout, ni un prof (à l’exception des profs de théâtre), ni un homme politique ambitieux, ni un homme marié père de deux enfants, si un père divorcé père d’un ado du même âge que son amant, ni de façon générale un homme public ayant réussi, bref tout homme contre qui il est utile de déclencher une chasse aux sorcières.
Et puis si Oliver est physiquement un adulte, et plutôt bien réussi, il n’a que 24 et pas encore 25 ans, est encore un étudiant qui prépare encore son doctorat, bref sans vouloir le vexer il n’est pas encore socialement abouti.
Enfin et pas un des moindre arguments, Oliver est un personnage virtuel, le film est une fiction où toute ressemblance ne serait que pure coïncidence.

Bref, le scénario du film est à peu près moral en France, où il est tout public. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays comme en Allemagne, Suisse ou au Royaume Uni où il est déconseillé aux plus jeunes.


Tout cela pour dire que je vous le conseille chaudement ^^

photo de l'auteur Timba
Timba
Homme de 26 ans
Paris

1 remerciement
J'en sors et la bande son me laisse encore mélancolique. Je peux comprendre qu'on trouve le film ennuyeux mais c'est qu'un aspect du film et c'est ce qui fait sa force. Les émotions d'Elio sont palpables, et son impatience en fait partie. J'ai ressenti les mêmes choses que lui. Et pour moi ça en fait une oeuvre réussie.

photo de l'auteur Shalala
Shalala
Homme de 19 ans
Paris

15 remerciements
J’hesite a aller le voir, il a l’air pas mal du tout. ^^

photo de l'auteur Ivysaur
Ivysaur
Homme de 25 ans
Nancy
Un film très sympathique.

photo de l'auteur Oaime
Oaime
Homme de 46 ans
Lyon

3 remerciements
"Call Me By Your Name" a flatté mon humeur romantique.
Quelques belles scènes se détachent du lot : la déclaration à mi-mots autour du monument aux morts, la découverte de la sensualité d'une pêche, la leçon de vie donnée d'un père à son fils... et puis la douceur, la langueur et l'indolence d'un été italien, la sensualité des corps masculins et féminins, les musiques de ma propre adolescence...
Un joli moment de cinéma aux charmes puissants !

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Kallo
Homme de 38 ans
Clermont-Ferrand
Je viens de voir le film et je ne peux pas vous dire courez dans les salles. C’est un film un peu long et parfois légèrement ennuyeux. Et puis j’ai un peu eu du mal à accrocher sur cet américain censé venir préparer une thèse en Italie: le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne le voit pas beaucoup étudier! Volley, baignade, discothèque, jeux de cartes au bar du coin... une thèse comme ça je veux bien en faire une! Enfin, c’est du cinéma!

Mais je ne pas vous dire n’y allez pas non plus.
Car il y a de beaux passages surtout à la fin du film (il faut donc être patient) et des scènes assez intenses par moments. Je pense que la prochaine fois que je mangerai une pêche à pleines dents que repenserai à ce film, hum!
Et puis il y a la dolce vita italienne propice aux belles histoires d’amour! Ça c’est beaucoup plus crédible!

Bon film à tous!

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Fremenway
Homme de 48 ans
Montpellier

2 remerciements
Beau à souhait ! Beaucoup d'émotions, de nostalgie et des souvenirs qui remontent à la surface. :)
Bref on en sort pas indemne !

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Kallo (édité),
"j’ai un peu eu du mal à accrocher sur cet américain censé venir préparer une thèse en Italie: le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne le voit pas beaucoup étudier! Volley, baignade, discothèque, jeux de cartes au bar du coin... une thèse comme ça je veux bien en faire une! Enfin, c’est du cinéma!"

Tout de même oscar du meilleur scénario adapté depuis cette nuit !

Ces personnages réputés doués ne cessent jamais vraiment de travailler, même si la caméra s'attarde surtout sur leurs moments de détente et repas où ils sont ensembles, et très longuement sur leur apprentissage de la sensualité plutot laborieux et sujet central du film.

Ce film (comme le livre probablement) sème de nombreux messages cachés, qui font aussi l'intéret du scénario.

Parmi les nombreux détails que je trouve amusants, les allusions lourdes dès les premières images à la culture gréco-romaine antique que le père et son étudiant en archéologie sont sensés maitriser à haut niveau. Ils ne peuvent pas en méconnaitre la perception érotisante de beauté masculine, ni que l'homosexualité pouvait être initiatique de la sensualité, voire la seule forme d'amour choisi dans un monde où les mariages étaient arrangés. Cette ambiguité revient d'ailleurs en fin de film (je ne peux pas en dire plus pour ne pas spoiler mdr).

La presse aurait glané aux oscars la confidence qu'il pourrait exister une suite au film dans le futur. C'est d'ailleurs assez risqué ...car ce qui est initiatique ne peut qu'être bref après avoir été longuement désiré, ce que le film met superbement en scène. Et l'amour à l'antique ne pourrait finalement qu'être tragique ^^

photo de l'auteur Oaime
Oaime
Homme de 46 ans
Lyon

3 remerciements
Lindos, je me permettrais juste de rendre à Kallo, ce qui appartient à Kallo, car la citation sur laquelle tu rebondis est de lui et pas de moi...

photo de l'auteur Geekette
Geekette
Femme de 34 ans
Montpellier
J'ai également bien aimé tout l'aspect sur la linguistique et la communication non verbale/indirecte, j'ai trouvé le traitement très intéressant.

photo de l'auteur Timba
Timba
Homme de 26 ans
Paris

1 remerciement
J'ai aussi lu que le réalisateur planchait avec l'auteur du roman sur une (voire des) suite. Je ne peux pas me prononcer par rapport au livre, que je devrais bientôt commencer, mais je trouve l'idée terriblement mauvaise.

La fin est aussi belle que cruelle. J'aimais l'idée de les savoir poursuivre leurs chemins respectifs avec le souvenir imprescriptible de cet été-là. Ce serait vraiment dommage d'y ajouter quoi que ce soit.

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Citation de Oaime
Lindos, je me permettrais juste de rendre à Kallo, ce qui appartient à Kallo, car la citation sur laquelle tu rebondis est de lui et pas de moi...


Désolé pour cette erreur de parallaxe, c'est corrigé :-)

photo de l'auteur Damien93
Damien93
Homme de 37 ans
Saint-Denis

3 remerciements
Je ne suis pas allé voir ce film sans arrière pensée. Mon meilleur ami a été ravagé par celui-ci quand il est sorti en Italie (où il habite) quelque semaines avant la France.

J'ai trouvé ce film plutôt long et lent. Heureusement qu'il y a une prise de bec au milieu pour réveiller le spectateur qui s'endort. Je l'ai vu le jour des élections italiennes (dimanche) ce qui donnait du piquant à cette vive interpellation.

Le milieu familial dans lequel se déroule le film est exceptionnel. C'est un milieu intellectuellement très ouvert, très bourgeois (et condescendant avec le "peuple"), culturellement éclectique et économiquement aisé. Un lieu tellement rare (même s'il existe vraiment) qu'il est sujet à porter une histoire romantique.

Pour ma part, je n'ai pas apprécié plus que ça ce film. Pas de découverte, pas de surprise, pas d'envolée amoureuse. Au contraire c'est d'une retenue "so French" (dixit Oliver dans un dialogue) surtout pour un film italien.

photo de l'auteur Lindos
Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Damien93,
"Le milieu familial dans lequel se déroule le film est exceptionnel. C'est un milieu intellectuellement très ouvert, très bourgeois (et condescendant avec le "peuple"), culturellement éclectique et économiquement aisé. Un lieu tellement rare (même s'il existe vraiment) qu'il est sujet à porter une histoire romantique."

En effet les seuls qu'on voit travailler en se donnant de la peine sont le personnel de maison, où dont évoque le travail comme les gens qui tapent les manuscrits de la thèse ^^
A l'époque c'était encore possible dans les pays du sud de l'Europe, restés plus traditionnels. Ailleurs ce sont les immigrés des continents du sud qui ont déjà pris le relai.

A mon sens ce milieu familial est progressiste car il se veut progressiste pour se démarquer, en tordant le cou aux traditions obsolètes. Notre époque actuelle est plus nuancée car la plus forte concurrence entre traditions (religieuses pour tout dire) oblige les élites à reconsidérer et défendre leurs traditions. D'où peut-être cette impression de raréfaction...

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Fuong
Homme de 41 ans
Bordeaux
[Aaah un énième bug qui a supprimé mon post initial… mode Word-années90 activé… Rétro jusqu'au bout ce site…]

Je suis allé voir ce film hier soir en loucedé, envie de regarder un truc romantique (parce que même sans lire le pitch, on se doute que c'est pas un film de boules).

Je rejoins Damien93 sur le fait qu'il n'y a rien de surprenant dans ce film mais je serais moins sévère. Pour moi, c'est clairement un exercice de style, type Shonen ("récit initiatique à l'intention de jeunes mecs", je pirate la définition manga ^^) et c'est la réappropriation du thème qu'il faut regarder, ce qui a été fait avec cette histoire complètement bâteau.

Moi j'ai beaucoup aimé. Je ne regarde pas souvent de films gay (enfin… euh si… mais pas ce genre… :p) genre ça fait 10 ans que je n'en avais pas regardé un (non je mens, j'ai vu la série Cucumber), disons que je ne cours pas derrière parce que je trouve qu'il y a un petit côté auto-flagellation dans le fait de regarder les histoires (heureuses ou non) des autres. Le fait est que je suis tout à fait dans cet esprit actuellement. Et j'ai été servi.

Je passe sur le contexte (cadre de vacances idyllique dans une famille qui ne l'est pas moins à une époque bien particulière où il y avait un début de libération des mœurs, etc. cf. le film "Les témoins"), la mise en scène, les acteurs, etc. Ce film m'a particulièrement touché dans le sens où, je ne devrais pas le dire mais tant pis, j'ai rencontré mon ex (qui avait alors 17 ans) alors que j'étais thésard (25 ans). Ca a ravivé des souvenirs, un sentiment d'injustice, etc. Au cours du film, je me suis dit que c'était le plus mauvais moment pour regarder un film pareil mais j'ai quand même apprécié la "leçon" du père au fils (après, c'est plus facile à dire qu'à faire…).

photo de l'auteur Bubulle
Bubulle
Homme de 24 ans
Paris

J'ai vu ce film il y a quelques jours et j'en ressors tout de même mitigé. Je ne remets pas en cause le fait que ce soit un film très touchant très mignon, ni la très bonne qualité du tournage (le choix des couleurs, des prises de vues, etc., a vraiment été excellent et permet une forte identificiation à Elio pour le spectateur, me semble-t-il) ou encore les émotions qu'on ressent à le regarder, mais j'ai trouvé cet "entre-soi" un peu bourgeois et complètement idyllique qui envoie une myriade de paillettes parfois peu gênant, et que le film tournait parfois en rond sur l'aspect "oh je l'aime, mais il me fuit, mais on on s'aime", etc., et on voit assez peu les deux personnages principaux faire autre chose que s'aimer, finalement. On ne sait que très peu de choses d'eux, ce sont presque des coquilles vides, en fait. Bref : je le recommande, mais il est loin d'être parfait, et je pense que je n'irais le revoir qu'une seule fois.


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