Le feminisme, le problème des femmes ?

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Ancien membre
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Bonjour tous et toutes, petite interrogation lancée comme cela.

De plus en plus d’événements exigent la séparation stricte entre blancs et noirs, homme et femmes, tel que le camp décolonial, les débats de nuit debout, les librairies féministes et maintenant le festival afroféministe organisé à Paris.

Je constate ainsi que au delà de cette séparation voulue des féministes entre hommes et femmes, nombreuses sont celles qui estiment que les hommes n'ont pas leur place dans leur entourage -je pense notamment à la tendance actuelle qui est de bloquer/bannir les hommes de tout échange ou discussion y compris pour des thèmes autres que le-dit féminisme. Dès lors, on peut ainsi dire que celles-ci se mettent en marge de société qu'elle veulent pourtant changer, étrange paradoxe au demeurant.

Il est ainsi étrange de vouloir faire changer les mentalités sans même se confronter à la société dans sa réalité aussi dure soit-elle. Mais ces personnes veulent-elles réellement changer les choses, ou ne préfèrent-elle justement vivre dans une forme d'autarcie, un monde ou leur parole n'est jamais remise en cause n'y même discutée ?

La question posée est donc : Pour vous, le féminisme n'est t'il finalement pas le seul problème des femmes, quelles le veuillent ou non ?


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Ancien membre
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Bonjour !
Avant tout, je pense qu'il ne faut pas considérer que le féminisme c'est aujourd'hui la non mixité. Y a pas un féminisme mais des feminismes et autant de tendance différentes ^^

Je ne crois pas que vouloir organiser des événements non mixtes soit un problème, c'est aussi pour des catégories opressées le moyen de se reapproprier des espaces (comme dans le cas de Nuit Debout) qui autrement sont totalement masculins. Dans la non mixité, il me semble qu'il y a aussi la volonté de proposer des espaces safe, permettant l'expression des catégories dominées. Il y a eu pas mal d'études qui montrent par exemple que dans des réunions féministes, des hommes prennent beaucoup plus la parole que les femmes, contribuant en fait a les invisibiliser au sein même de leur mouvement d'émancipation...
Tout ça pour dire que je ne pense pas que ce soit le signe d'une volonté de repli, mais plutôt d'une volonté d'offrir des espaces de respirations ou de liberté. Et tous les féministes ne prônent pas la non mixité, j'ai l'impression que c'est le biais médiatique qui nous donne cette impression ^^

Pour répondre à la question, je pense que le féminisme est le problème des hommes aussi, autant que des femmes. Et qu'on devrait, en tant qu'homme, se demander pourquoi certains proposent la non mixité, plutôt que de la stigmatiser comme un communautarisme

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Bougy
Femme de 19 ans
Val D'Oise

3 remerciements
Salut à toi !

Je ne savais pas que le féministe visait à diviser la société avec un côté homme et un côté femme, ce genre de chose arrive assez couramment dans la vie en générale ! Créer des événements spécifiques aux femmes ou aux hommes n'est pas forcément un mouvement pour les séparer ! Pense y, il y a des lieux publics qui peuvent être exclusifs à un genre, comme simplement le vestiaire homme, le vestiaire femme.
Bref, tu parles d'actions, de volontés de féministes pour séparer les hommes et les femmes ... Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour te dire que c'est vrai ou faux, mais disons que d'après moi être féministe c'est penser que la femme à une place comme l'homme dans la société, les féministes espèrent pour la femme un pied d'égalité. On a peut-être l'impression d'une belle égalité mais non, le sexisme est le seul problème que devrait avoir une féministe est celui-ci !

Enfin, ceci est mon avis, et j'ignore jusqu'alors si je réponds à ton sujet x)
À la revoyure 🤔

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Ancien membre
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J'aime beaucoup ta réponse Imagine!

Et en effet les communautés oppressées ont besoin de se retrouver par moment dans des univers non mixtes pour éviter tout jugement de valeurs par un membre oppresseur. En tant que femme cela ne signifie pas que j'exclue systématiquement les hommes de mon entourage mais il y a des instants ou j'ai besoin de me retrouver dans un environnement le plus bienveillant possible pour ne pas me sentir stressée.

Mais par exemple lorsque les approches par écrit sont dénuées de respect ou colportent des propos harcelants il y a de quoi refuser tout contact. Du coup pour répondre à ta question: Le féminisme n'est pas que le problème des femmes. Une très bonne série de vidéos d'une youtubeuse que je te conseille de regarder pourrait sans doute te renseigner sur le sujet:

https://www.youtube.com/playlist?list=PLhBTPBBSq3xSDwUE1ok49XEIEICJ5XnGI

La série s'appelle "un cookie?" et parle très bien des différents problèmes, définitions, et idées autour du féminisme.

Je te souhaite un bon visionnage! :')

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WeDoNotSow
Homme de 26 ans
Nantes

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Le féminisme regroupe tout un ensemble d'idéologies différentes (traditionnelle, libérale, socialiste, radicale, etc.). Certaines méritent l'attention et d'autres sont de pures conneries. Ce qui est certain c'est que le féminisme n'est pas une cause exceptionnellement féminine et que beaucoup de féministes sont des hommes, il y a surtout ceux et celles qui s'engagent dans la causes des femmes dans le Moyen-Orient; une cause qui mérite plus d'attention ces jours-ci.

Ce dont on parle est un problème à part, et il n'est pas réservé au féminisme, car ça touche les militants LGBT, les associations antiracisme et Cie, tous ceux qui s'engagent dans la politique de l'identité et la théorisation de la race, du genre et de la sexualité dans la société moderne, pour construire un bagage pseudo-philosophique basé sur une sorte de masturbation intellectuelle importée des USA, et peu corroboré empiriquement. Ce n'est peut être pas le signe du repli, mais c'est l'exemple de ce que j'appelle le libéralisme paresseux: autrefois, pour défendre les idées libérales, les Grands qui ont déclenché les mouvements de droits civils n'avaient pas peur d'engager toutes les branches sociales pour ne pas être stressés, c'était plutôt essentiel pour changer la mentalité des gens. Maintenant, c'est le temps de la catégorisation des communautés et l'adoption de la théorisation de l'identité communautaire, et ceci afin d'avoir des arguments préfabriqués, s'asseoir paresseusement, puis les lancer l'un après l'autre. Et c'est l'une des raisons pourquoi ces gens échouent misérablement dans les débats et les discussions et préfèrent rester dans leurs bulles (safe spaces) où leur idées ne sont pas contestées, car ils n'apprennent jamais la confrontation des idées.
J'ai peur que cette idéologie, de plus en plus instrumentalisée par les politiciens, trouve place chez beaucoup de gens.

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Lindos
Homme de 36 ans
Lyon

41 remerciements
Fondamentalement c’est surtout l’intention qui compte.

L’obligation d’une égalité de principe résulte de la difficulté de faire cohabiter des héritages patriarcaux anciens, le multiculturalisme souvent encore très patriarcal et plus rarement matriarcal, des espaces préservés pour les minorités vulnérables, mais aussi de lutter contre les courants politiques qui s’appuient insidieusement sur des traditions ou religions pour démonter nos valeurs d’égalité.

Par exemple dans un monde idéal on pourrait se contenter de séparer les toilettes des gens qui pissent debout et qui pissent assis, ou rendre obligatoire la position assise. Et assurer une propreté irréprochable, outres le droit à pisser en sécurité malgré l’existence de harcèlement sexuel.
Il fut un temps pas si lointain ou les hommes hétéros ne se sentaient pas en sécurité dans les toilettes pour homme, et réciproquement les gays qui risquaient de se faire tabasser. La question a été résolue en déplaçant les lieux de drague des gays tout en préservant la «mixité» des toilettes pour les gens qui pissent debout.
Séparer pour mieux mixer est un équilibre subtil. Cet équilibre a été trouvé dans les toilettes individuelles publiques autonettoyantes avec caméra de rue, normalement le risque fantasque ultime n’est plus que d’être aspiré par le trou, et le lieu est mixte.
Malgré tout les les filles augmentent leur sécurité en étant toujours à deux avec une qui garde l’extérieur.

Bon j’ai bien compris que la question ici est de savoir si les femmes noire ont le droit ou pas à se rassembler seules dans un lieu public, sans l’excuse de l’homosexualité.
Voilà de nouveau une question difficile.

Traditionnellement les femmes noires étaient africaines, et les femmes africaines étaient du style qu’on appellerait aujourd’hui féministe, mais qui était sans doute un héritage matriarcal très ancien : maîtresses au foyer, femmes d’affaires et gardiennes du budget, séductrices dans l’âme et dans les hanches, en tout cas les hétéros. En tout cas en Afrique de l'ouest.
Seulement voilà, une réaction identitaire est en passe de les convaincre de l’inverse de ce qu’avait réussi à faire la colonisation, à savoir la supériorité des blancs. Et les religions sont actuellement en passe de réussir ce qu’elles n’avaient pas réussi à faire pendant des siècles de colonisation, à savoir les convaincre du «bien fondé» du sexisme et patriarcat.

Ici on sent bien de la réaction dans l’intention.
Si j’ai bien compris, Mwasi signifie « rebelles » en swahili.
Ces femmes disent «lutter contre les discriminations liées à la classe, au genre, à la sexualité, à la santé», qui sont des problématiques africaines actuelles.
On peut donc penser qu’elles luttent pour le moins contre les discriminations de classes ethniques, mutilation, et sexisme.
Et qu’elles luttent pour rétablir une identité black.

Je trouve que les femmes féministes sont souvent des alliées souvent fiables dans notre lutte contre l’homophobie.
Bon après est-ce qu’il est acceptable que les blanches et les blacks luttent séparément parce qu’elles n’ont pas les mêmes problèmes ?

J’aimerais bien savoir comment techniquement elles font pour séparer une femme métisse d’une femme blanche, aucun nuancier de couleur est capable de les aider car il y a en afrique des femmes qui sont plus blanches que certaines européennes.

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Ancien membre
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"Bon après est-ce qu’il est acceptable que les blanches et les blacks luttent séparément parce qu’elles n’ont pas les mêmes problèmes ?"

Car les femmes noires ont en plus un autre problème que le féminisme: le racisme anti-noir à gérer. En tant que blancs nous sommes privilégiés, nous n'avons pas cette oppression supplémentaire à subir et j'imagine pas de la même manière. C'est sans pour cette raison que l'on peut avoir ce besoin de non mixité supplémentaire (je me trompe peut-être). En tout les cas je soutiens ces rassemblements non-mixtes, ils sont nécessaires pour se retrouver et discuter.

Le tout est ensuite de communiquer avec les autres autour de nous et ne pas nous laisser enfermer dans une communauté. C'est un sacré travail car l'extérieur n'est pas forcément à l'écoute. :')

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Ancien membre
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@Luxale: je ne connaissais pas cette chaîne YouTube, j'en ai regardé quelques unes, c'est chouette !

@Wedonotsow : je suis un peu gêné par ton poste, je le trouve très dogmatique à distribuer les bons et les mauvais points, et assez désincarné. La non mixité, c'est quand même pas un phénomène nouveau hein : le Mouvement de Libération des Femmes dans les années 70, c'était un mouvement non mixte, fondé sur l'idée que les femmes devaient prendre leurs luttes en main elles-mêmes, après un mai 68 globalement hyper machiste.
Et sinon, d'où le fait de creer et de débattre dans un safe space empêche la "confrontation des idées" ? c'est partir du principe que les gens pensent fondamentalement la même chose et ignorer ce qu'il se passe dans ces groupes sociaux je crois. Puis quand on voit la violence de l'espace public quand on parle de féminisme (y a qu'à voir ce qu'il se dit sur facebook ou twitter sur le sujet...), je peux comprendre la volonté d'avoir des espaces où il est possible de discuter sans se faire insulter.

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WeDoNotSow
Homme de 26 ans
Nantes

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Il n'y a rien de dogmatique dans ce que j'ai dit. Je critique plutôt un mode de pensée qui est lui-même dogmatique car il se construit un système pour lui incontestable et incritiquable. Et je ne donne pas de leçon, bien au contraire, je critique une idéologie qui est proche à la bienpensance. Et le problème dont je parle n'est pas désincarné, il ravage déjà la société américaine, et plus particulièrement les campus des universités. Puisque les universités américaines survivent grâce à leurs étudiants, ils les laissent tout faire. Ce nouveau corps bienpensant attaque la liberté d'expression de tous les côtés. Plusieurs conférenciers, même ceux qui ne sont pas polémistes, ont vu leur invitations annulés sous pression de ce corps car il se sent "stressé" et le campus est un "espace safe" qui doit être protégé contre "l'oppresseur" et "le dominant". Des comédiens comme Seinfeld, Chris Rock, Bill Maher et d'autres regrettent le fait qu'il ne peuvent plus dire une chose sans être attaqués pour des raisons absolument ridicules, et certains décident de ne plus y aller. Et en plus, il est devenu impossible de sortir du cadre de cette pensée unique ou la critiquer dans ce milieu. Maintenant, certains sont en train d'importer cette idéologie avec tout le jargon anglais. Et oui, se coincer dans un safe space empêche la confrontation des idées, car il est bien connu que lorsqu'on préfère vivre dans une bulle où on répète la même chose avec des personnes avec qui on partage la même pensée, on est moins équipé à confronter les idées différentes, et on devient très anxieux devant les idées radicalement opposées, et donc au lieu de les confronter, on procède par censure, pression, incivilités et même parfois des attaques physiques, et c'est le côté dangereux de cette idéologie (les manifs à Berkeley, à SOAS à Londres, et dans les pays musulmans après les caricatures danois en sont des exemples).
Après, internet n'est pas la même chose que la vraie vie, car les trolls ne survivent que grâce à internet, et même s'ils viennent, ils seront accompagnés dehors à cause de leur incivilité. Aucun besoin de construire ces espaces safe. La vraie vie est offensive et il faut la confronter, et on a plus de chance à changer les mentalités ainsi (je rappelle que quand j'ai parlé des Géants des civiques, je parlais de Martin Luther King, Rosa Parks et cie, bien avant les années 60s).

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Ancien membre
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Ah c'est dur d'être un homme blanc réac aujourd'hui chez nous (en Europe), on peut même plus insulter les gens sur base de leur sexe, leur couleur de peau ou leur religion ; ça doit faire chier, je comprends :( Où va le monde ? Marre de cette bienpensance qui nous fait tant de mal.
(Ironie, je précise)

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Ancien membre
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@WeDoNotSow: Je pense qu'on est clairement d'accord que peu importe la thématique, s'enfermer dans une communauté revient à se mettre des œillères. Mais on peut à la fois faire parti de groupes non mixtes pour le besoin de témoigner (un témoignage n'a pas vocation à créer des débats par exemple, ce qui est très difficile à faire comprendre lorsque l'on témoigne dans des groupes mixtes) et intégrer des groupes mixtes afin d'échanger des idées et des convictions. Ce n'est pas incompatible.

La preuve, nous échangeons actuellement autour de cette question du féminisme sans brandir de panneau "cela ne vous concerne pas". C'est plutôt cool. :')

@Imagines: oui cette personne là fait des vidéos intelligentes et pédagogiques, c'est une bonne base je trouve pour changer la vision que certains pourraient avoir du féminisme.

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Ancien membre
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Je n'ai pas grand chose de plus à dire que Luxale sur l'intérêt des groupes non mixtes. Je voudrais juste ajouter qu'on peut condamner les dérives d'un phenomnene sans le jeter en entier. WeDoNotSow, affirmer que parce qu'il y a de grosse dérives qu'il n'y a pas besoin de groupes non mixtes dans certain contexte, au prétexte de la "vraie vie" (je ne sais toujours pas ce que c'est d'ailleurs que la vraie vie d'ailleurs, si quelqu'un peut m'expliquer :p), je suis désolé mai c'est assez dogmatique et lapidaire comme formulation. Par ailleurs, je ne suis pas du tout d'accord avec l'idée dans une bulle conduit à une uniformisation, c'est une espèce de poncif ça : regarde le MLF, c'était un mouvement non mixte, et cela n'a pas empêché une énorme vitalité intellectuelle et des courants hyper différents et pour certains tres opposés sur le plan idéologique.
Dans un monde aussi heteronormé et machiste que le notre, ou l'ensemble de l'espace public rappelle constamment que les femmes comme les minorités n'y sont pas légitimes, je comprends tout à fait la volonté de bulle. Il faut bien se rendre compte que pour un moment dans une bulle safe, combien de problème de machisme à côté ? Cela n'empêche ni d'en combattre les dérives.

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WeDoNotSow
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@Edrazel
J'ai vécu dans deux sociétés différentes, et la plupart des hommes que j'ai témoignés en train d'insulter des femmes n'étaient pas blancs (racisés si on veut utiliser cette terminologie ridicule). Le pays d'où je viens a signé il y a quelques mois un décret pour reconnaître le statut des sans-papiers subsahariens, chose qui a été confrontée par une large compagne raciste de ceux qui ne veulent plus de subsahariens dans leur pays. C'est aussi un pays où il fait pas bon à vivre en étant un athée. Mais puisque ce pays n'est pas européen et n'est pas majoritairement blanc, je suppose qu'il est exonéré et c'est peut être la faute de la France colonialiste, etc., etc. (/s)

@Luxale
Rien ne sert plus à l'agenda politique des groupes racistes que ce genre d'évènements qui montre un deux poids deux mesures chez leurs opposants. Il n'y a pas besoin de barrer l'entrée à des personnes qui peuvent se servir de ces témoignages s'ils prennent la peine de venir.

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WeDoNotSow
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@Imagines
Ce phénomène est lui même une dérive du libéralisme social. J'ai expliqué le contexte de ce phénomène qui s'étend bien loin de cet évènement en particulier. La vraie vie, dans ce sens, veut dire tout ce qui sort des espaces safe, là où les gens sont souvent "stressés" et là où les "dominés" et les "dominants" coexistent. Je n'ai eu pas une explication pourquoi c'est dogmatique car je ne me suis pas posé comme une autorité ici et déclaré être intouchable. Si la raison d'avoir cette discussion c'est de donner des arguments pourquoi cette non mixité est tolérable, je l'apprécie mais il faut qu'ils soient solides, et avoir recours à cette même théorisation que je critique, c'est de l'argumentation auto-satisfaisante.
Je suis loin de critiquer le féminisme en général, ou le MLF. Je salue et soutiens les efforts des féministes libéraux et libérales. Je ne suis pas fan des féministes radicaux et radicales (c'est un terme réclamé par ces-mêmes féministes), et ils sont la raison pourquoi les études du genre sont critiquées et ridiculisées même dans la sphère scientifique.
Bien sûr que la vie en bulle conduit à l'uniformisation. C'est pourquoi les sociétés renfermées sur elles-mêmes voient peu de diversité dans leurs camps, et pourquoi ces sociétés ont une pensée homogénéisée qui est même imposée aux minorités, et pourquoi la dissidence intellectuelle est condamnée et la liberté d'expression qui se détache de cette uniformisation est menacée. Même dans la psychologie des groupes, il est plus facile de voir les biais de confirmation et l'homogénéisation de l'exogroupe prospérer quand cet exogroupe n'est plus accepté dans l'endogroupe.

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Trrrr
Homme de 27 ans
Loudun

1 remerciement
Non, sérieusement. Vous savez ce que c'est la ségrégation quand même?
Toi Imagines, et toi Luxale, si un grand festival était organisé où les hommes blancs seraient les seuls à avoir un accès, vous seriez les premiers à dénoncer l'odieux entre-soi des hommes blancs hétéros privilégiés, vous seriez là à parler de racisme et de phallocratie.

Je vous rappelle qu'on est dans un pays qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle (la République) respecte toutes les croyances." C'est l'article 1er de notre Constitution. Oui non c'est pas un texte fantaisie c'est la base du droit.

Donc en tant que juge c'est pas long à trancher les rassemblements publics de cette nature. Ce sera interdit et c'est tant mieux, mais ça aura bien pourri les débats au passage. Comme l'a dit WeDoNotSow c'est plus simple de balancer des arguments préfabriqués que d'avoir une réelle réflexion libérée des doxas et des préjugés. Et c'est tout ce qui se passe aujourd'hui, toute réflexion critique est écartée, et vous êtes là à nous dire que la ségrégation c'est pas si mal, ça permet de "respirer".

Après sur le plan moral et pas légal, les "safe space" on peut les avoir dans son salon en invitant des amis selon ce genre de critères, faites ça chez vous, au pire on vous prendra pour des sortes d'Amish. Après on a les amis qu'on mérite hein. Il y a même un bar dans les Flandres, dont l'accès est réservé aux blancs. Il faut comprendre que les blancs sont une minorité qui se sent in-sécurisée par la présence de tous ces métèques, ils ont besoin de se retrouver entre eux pour avoir un espace où respirer.... oui oui c'est un bar identitaire, mais vous n'allez pas les blamer quand même?
Non mais là vous réalisez l'absurdité de vos raisonnements? Créer des cloisonnements entre les gens c'est le meilleur moyen d'aller vers une société violente, parce que de facto c'est déjà le cas. La solution que vous proposez? plus de cloisonnement. C'est bien, bravo, vous n'avez pas assez souffert de l'homophobie, vous voulez que les homophobes soient libérés de votre présence en restant dans des getthos?

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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Salut Trrr,

Pouvons-nous échanger des idées (certes différentes) sans forcément parler "d'absurdité de raisonnement"? La pédagogie c'est quand même vachement mieux pour faire passer son message, surtout que nous n'avons jamais parlé de cloisonnement.


Travailles-tu dans le social? Si oui, ais-tu que le principe de safe room existe depuis la nuit des temps mais que l'on peut parler aussi de cellule psychologique? Après n'importe quel traumatisme c'est un système mis en place pour permettre à une victime de soigner ses blessures morales. Cela n'a rien à voir avec le cloisonnement. Car par exemple, une femme subissant du harcèlement par des hommes est une victime et va avoir besoin, à un certain moment de sa vie, d'un espace qui lui permette de guérir ses blessures. C'est tout ce que l'on a dit ici.

Il est également important de communiquer ces problèmes là également dans des espaces mixtes afin de se faire comprendre. J'espère que tu auras un peu mieux compris mon discours.

De plus mes interventions ne ciblent pas d'événement en particulier mais tendent à répondre à l'interrogation initiale de FawkesIncome à savoir si le féminisme était seulement un problème que seules les femmes devaient traiter. Cela me parait important de ne pas mélanger ni de s'éloigner du sujet.

Il me semble que, concernant l'actualité dont tu parle,s il y a un topic spécialement dédié au débat.

Passe une bonne fin de journée.

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Desiles54
Femme de 42 ans
Audun-le-Roman

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Citation de Lindos



Je trouve que les femmes féministes sont souvent des alliées souvent fiables dans notre lutte contre l’homophobie.

Ça c'est pas sûre. Il y a des femmes blacks qui acceptent l'homosexualité, mais c'est encore loin de faire l'unanimité.....

Bon après est-ce qu’il est acceptable que les blanches et les blacks luttent séparément parce qu’elles n’ont pas les mêmes problèmes ?

Le problème c'est que beaucoup de blacks voient les blancs comme des racistes et deviennent raciste à leur tour. Du coup, lutter ensemble, c'est faisable, mais ce n'est pas d'actualité, je pense.

J’aimerais bien savoir comment techniquement elles font pour séparer une femme métisse d’une femme blanche, aucun nuancier de couleur est capable de les aider car il y a en afrique des femmes qui sont plus blanches que certaines européennes.


Elles font la différence, t'inquiète pas. Beaucoup d'africains déteste les métisses, et je sais de quoi je parle. J'ai plus souvent subi du racisme du côté des africains, que du côté des blancs.
T'as droit à du: " t'est quoi? , tu n'est pas des nôtres, vendue, traître, enfant de viol" et j'en passe.......bref

Je ne n'écris pas aussi bien que certains, mais j'espère que je me suis bien exprimée.

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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
C'est vraiment navrant de lire ce que tu subis. :/ *soutien et compassion!*

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Desiles54
Femme de 42 ans
Audun-le-Roman

33 remerciements
Citation de Luxale
C est vraiment navrant de lire ce que tu subis. :/ *soutien et compassion!*


Merci ☺️
Quand j'étais plus jeune, ça me faisait mal parce que je ne comprenais pas, mais aujourd'hui je sais me défendre, t'inquiète. Mais j'en fais pas une maladie lol

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Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Et pour répondre à la question idiote énoncée dans le titre ; le féminisme n'est pas que le problème des femmes, non. C'est aussi le problème des hommes qui aiment leur mère, leur soeur, leur petite amie, leur femme, leur fille, leur petite-fille, leur amie, leur nièce, leur tante, leur grand-mère, etc...

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