Le naturel... un concept dépassé?

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Ancien membre
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Bonjour, désolé d'avance si tout mon texte n'a aucune organisation.
J'aimerais bien savoir un peu vos avis à tous concernant ce qu'on appelle souvent la simplicité, le naturel ou encore l'intégrité.

Suis-je le seul à me demander pourquoi les gens sur leur photos ont toujours un sourire bidon et le front contracté comme si on venait de leur mettre un balais dans l'arrière-train? Le but de se prendre en photo n'est-il pas de capturer un vrai moment? Quelque chose d'authentique et non pas de vain et narcissique?

C'est incroyable comme bon nombre de gens pensent au paraître avant l'être. A l'image de l'expérience avant l'expérience elle-même. Pourquoi tant de gens passent leur temps à publier des moments sans importance de leur vie sur les réseaux sociaux? 
J'ai déjà vu des gens se faire harceler sur Twitter, au point d'en pleurer et de perdre en estime de soi, et pourtant aucune de ses personnes n'a supprimé leur compte Twitter. 

Les gens les plus superficiels sont ceux de ma génération je pense. Nés dans les 80's, 90's. Ce qui me parait logique, le gros boum du virtuel ayant commencé la. Je pense que beaucoup de gens se perdent eux-même, et continue à être dans le virtuel sans avoir d'écran devant leurs yeux.

Considerez-vous être quelqu'un d'authentique?


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Ancien membre
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c'est un très bon sujet qui devrait nous permettre d'aborder plusieurs plans de la socialisation personnelle et collective...

P.S il est complémentaire avec celui sur les critères de la photo de profil...

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Ancien membre
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@Minufloop: Pour le coup des photos, je te ferai remarquer que ce n'est en rien nouveau puisque dès l'invention de la photographie il était de bon ton de se faire prendre en portrait de manière très codifiée, généralement les femmes assises et les hommes debout appuyés contre une petite colonne le tout avec un regard neutre.
L'idée étant de non de partager une émotion mais seulement de représenter la ou les personnes.

Et pour cette habitude de partager en publique ses péripéties je dirai que c'est tout simplement lié au formidable paradoxe de notre époque: des personnes connectées comme jamais au monde, mais terriblement seules avec elles-mêmes.
Il y a d'ailleurs une corrélation entre ce "mal" et l'augmentation significative de cas de maladies mentales signalées et traitées, notamment par les MDPH pour le cas de la France.
Avant l'avènement des moyens de communications Internet, les gens n'avaient guère d'autre choix que de parler autour d'eux. Hors la communication directe -verbale- est un facteur de stabilité et de développement psychologique (par exemple ici dans le cas des enfants, mais cela est aussi vrai pour des adultes).

Bref, je m'éloigne un peu du sujet, mais l'idée est de dire que tout cela est un facteur pouvant expliquer ces rites et mentalités que l'on observe de nos jours sur Internet. Une forme de déconnexion voir de distorsion de la réalité qui fini par pousser les gens à se comporter comme-ci leurs seules interactions étaient en ligne, notées, examinées, scrutées, vitales. Leur estime d'eux-mêmes ne passent plus par ce que eux pensent d'eux-mêmes mais parce-que les autres pensent d'eux.

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Ancien membre
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en effet l'interactivité des moyens virtuels participant à une identification idéalisé, ouvre sur une instabilité personnelle...

ainsi le constat de la plupart des internautes, étant de ne pas pouvoir se "rassasier" au niveau relationnel, ont une recherche de perfectionnement de leur image virtuelle au détriment de leur présence réel, ce que Soklaus dit semble juste pour le comment, voyons maintenant le pourquoi...

serait-ce que ce paradoxe place la quantité des possibles avant la qualité de la rencontre réel, en partie oui, mais surtout que la complexité inhérente des réseaux pose une limite fonctionnelle que la psychologie humaine ne peut absorber...

dit autrement, les réseaux sociaux impliquent et sollicitent une forme de mémoire à court terme qui réclame une unité entre des niveaux de représentativités opposés, "toujours connecté aux même flux" et qui fini par être source d'une négation de la mémoire à long terme constructrice de notre personnalité "profonde"...

l'image photographique dans ce contexte n'est pas le cliché bon enfant de nos grands-parents, mais une forme de choix hors temps et hors lieu de sa présence au monde, une forme de consommation stéréotypée de son besoin de paraître pour ne pas s'oublier soi même...
au risque de se supprimer un jour...

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Ancien membre
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"la simplicité, le naturel ou encore l'intégrité"
Des valeurs rares que je recherche comme de l'or!

Je pense qu'elles sont rares à cause d'une sorte de pudeur. Les humains ne s'aiment pas vraiment comme ils sont, et préfèrent se croire et se faire passer pour des être esthétique, normal ou abordable par des vêtements, des manières...

Sommes-nous réellement ce que nous prétendons être? Sommes nous prêts à nous voir tel que nous sommes? Pourrions nous nous aimer ainsi?

Le naturel... un concept dépassé, mais pas pour tout le monde.

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Ancien membre
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Très juste réflexion Pudum,  il y aurait là une base d'auto éducation, et une "hygiène" sociale de premier ordre.... 

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