Un conte mélanésien


Auteur : Robot
Compte supprimé
  il y a 2 ans


Hello les gens,

Je tenais juste à partager un petit conte mélanésien qui vient de mon île.

Personnellement je le redécouvre avec plaisir à chaque fois. On apprend, et on réapprend tous les jours, bonne lecture ^^

Les 3 portes de la sagesse
 
Dans une île lointaine de l’Océanie, au coeur de
l’immensité du Pacifique, un Grand Chef avait pour
fils unique un jeune homme courageux, habile et
intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la
Vie et le préparer à ses responsabilités, il l’envoya
auprès d’un Vieux Sage.
“Eclaire?moi sur le Sentier de la Vie”, demanda le
jeune Chef, assis face au vieil homme autour d’un
petit feu de bois sec.
 
“Mes paroles s’évanouiront comme les traces de
tes pas dans le sable à marée haute, répondit le
Sage. Cependant je veux bien te donner quelques
indications. Sur la route de ta vie, tu rencontreras
trois portes. Lis à chaque fois les préceptes inscrits
sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te
poussera à suivre ces enseignements. Ne cherche
pas à t’en détourner, car tu serais condamné à
revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis
t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton
coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette
route, droit devant toi”.
 
Le Vieux Sage disparut et le jeune Chef, après avoir
empoigné son casse?tête et ses meilleures sagaies,
s’engagea sur le Chemin de la Vie.
Il se trouva bientôt face à une grande porte sur
laquelle on pouvait lire :
 
“CHANGE LE MONDE”.
“C'était bien là mon intention, pensa le jeune
homme, car si certaines choses me plaisent dans ce
monde, d'autres ne me conviennent pas.” Et il
entama son premier combat. Son idéal, sa fougue
et sa vigueur le poussèrent à se confronter au
monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la
réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et
l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du
coeur. Il réussit toutefois à changer certaines
choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Et bien des années passèrent.
Un jour qu’il rentrait de la pêche avec une filoche
garnie de poissons, il rencontra le Vieux Sage qui lui
demanda : “Qu'as?tu appris sur ton chemin” ?
“J'ai appris, répondit le jeune Chef, à discerner ce
qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui
dépend de moi et ce qui n’en dépend pas”.
“C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces
pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce
qui échappe à ton emprise”. Et il disparut.
Peu après, le jeune Chef se trouva face à une
seconde porte. On pouvait y lire :
 
“CHANGE LES AUTRES”.
“C’était bien là mon intention, pensa?t?il. Les
autres sont source de plaisir, de joie et de
satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et
de frustration”. Et il s’insurgea contre tout ce qui
pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses
semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à
extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième
combat. Et bien des années passèrent. Un soir,
alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de
changer les autres, apparut le Vieux Sage qui lui
demanda : “Qu'as?tu appris sur ton chemin” ?
“J’ai appris, répondit le jeune Chef, que les autres
ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de
mes peines, de mes satisfactions et de mes
déboires. Ils n’en sont que le révélateur. C’est en
moi que prennent racine toutes ces choses.
Je n’avais vu que le feuillage du banian, sans
percevoir la puissante chevelure des racines qui
plongent dans la Terre”.
“Tu as bien vu, dit le Sage. Au travers de ce qu’ils
réveillent en toi, les autres te révèlent à toi?même.
Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en
toi joie et plaisir. Mais sois?le aussi envers ceux qui
font naître en toi souffrance ou frustration, car à
travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à
apprendre et le chemin que tu dois encore
parcourir”. Et le Vieil Homme disparut.
Peu après, le jeune homme arriva devant une
troisième porte où figuraient ces mots :
 
“CHANGE?TOI TOI?MEME”.
“Si je suis moi?même la cause de mes problèmes,
c’est bien ce qui me reste à faire”, se dit?il.
Et il entama son troisième combat.
Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses
imperfections, à supprimer ses défauts, à changer
tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne
correspondait pas à son idéal. Après bien des
années de ce combat où il connut quelque succès,
mais aussi des échecs et des résistances, le jeune
Chef rencontra à nouveau le Sage qui lui demanda :
“Qu'as?tu appris sur ton chemin”?
“J’ai appris, répondit le jeune homme, qu’il y a en
nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui
nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser. On
peut faire un radeau de bambou et sculpter le
santal ou le bois bleu, mais le gaïac coule et son
bois dur émousse la lame du ciseau”.
“C'est bien” dit le Sage.
“Oui, poursuivit le futur Chef, mais je commence à
être fatigué de me battre contre tout, contre tous,
contre moi?même. Cela ne finira?t?il jamais ?
Quand trouverai?je le repos ? J’ai envie de cesser le
combat, de renoncer, de tout abandonner, de
lâcher prise”.
“C’est justement ton prochain apprentissage,
dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin,
retourne?toi et contemple le chemin parcouru”.
Et il disparut.
Regardant en arrière, le jeune Chef vit au loin la
3ème porte et s’aperçut alors qu’elle portait sur sa
face arrière une inscription qui disait :
 
“ACCEPTE?TOI TOI?MEME”.
Il s’étonna de ne pas avoir vu cette inscription
lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans
l’autre sens. “Quand on combat, on devient
aveugle”, se dit?il. Il vit aussi, gisant sur le sol,
éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et
combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses
peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit
alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer.
Il apprit à s’aimer lui?même en cessant de se
comparer, de se juger, de se blâmer.
Fort de ce nouvel enseignement, il alla à la
rencontre du Vieux Sage qui lui demanda :
“Qu'as?tu appris sur ton chemin”?
“J’ai appris, répondit le jeune Chef, que détester ou
refuser une partie de moi, c’est me condamner à
ne jamais être en accord avec moi?même. J’ai
appris à m’accepter moi?même, totalement,
inconditionnellement. Je ne veux pas être un
Bernard L’ermite qui change de coquille tous les
jours, je veux m’admettre comme une conque dont
la puissante spirale fera résonner l’appel des clans
dans la Grande Chefferie.
“C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première
Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième
porte”.
A peine arrivé de l’autre côté, le jeune guerrier
aperçut au loin la face arrière de la seconde porte
et y lut :
 
“ACCEPTE LES AUTRES”.
Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il
avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées
comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il
avait soutenues et celles qu’il avait combattues.
Mais à sa grande surprise, il était maintenant
incapable de voir leurs imperfections, leurs
défauts, ce qui autrefois l’avait tellement révolté et
contre quoi il s’était battu. Il ne voyait plus que
Sagesse, Force et Beauté.
Trois saisons de Lune plus tard, il rencontra à
nouveau le Vieux Sage : “Qu’as?tu appris sur ton
chemin ?” demanda ce dernier. J’ai appris,
répondit le jeune Chef, qu’en étant en accord avec
moi?même, je n’avais plus rien à reprocher aux
autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à
accepter et à aimer les autres totalement,
inconditionnellement. Ils sont ce qu’ils sont, avec
leur part d’ombre et de lumière, chaque moitié
étant indissociable de l’autre, car c’est ce qui fait
leur richesse”.
“C’est bien” dit le Vieil homme. C’est la seconde
Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième
porte dans l’autre sens.
Arrivé de l’autre côté, le jeune homme aperçut la
face arrière de la première porte et il put lire:
 
“ACCEPTE LE MONDE”.
Curieux, se dit?il, que je n’aie pas vu cette
inscription la première fois. Il regarda autour de lui
et reconnut ce monde qu’il avait cherché à
conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé
par l’éclat et la beauté des choses. Par leur
perfection. C’était pourtant le même monde
qu’autrefois. Etait?ce le monde qui avait changé ou
son regard ? Il croisa alors le Vieux Sage qui lui
demanda une nouvelle fois : “Qu’as?tu appris sur
ton chemin” ?
“J’ai appris, dit le jeune Chef, que le monde est le
miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le
monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est
joyeuse, le monde lui semble gai. Quand elle est
accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui,
n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce
n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée
que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le
juger, totalement, inconditionnellement. Ronde ou
pointue, lisse ou bosselée, ce n’est pas la forme de
l’igname qui compte, c’est la saveur qu’elle donne
au bougna”.
“C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te
voilà à présent en accord avec toi?même, avec les
autres et avec le Monde”. Un profond sentiment
de paix, de sérénité, de plénitude envahit alors le
futur Grand Chef. Le Silence l’habita.
“Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil,
dit le Vieux Sage, celui où tu passeras du silence de
la plénitude à la Plénitude du Silence. Il faudra te
taire ou bien dire des choses qui valent mieux que
le silence, car Dieu lit dans le silence des coeurs.
Souviens?toi que les mots que l’on n’a pas dits sont
les fleurs du silence. Dans ta case de Grande
Chefferie, tu seras seul et la solitude est une
tempête de silence qui emporte toutes nos
branches mortes comme un lendemain de cyclone.
Traverse tranquillement l’agitation et le chaos et
n’oublie pas que seule la paix pourra t’apporter le
silence.
Alors seulement tu seras un Grand Chef”.
Et le Vieil Homme disparut à jamais.

Auteur : Robot
Compte supprimé
  il y a 2 ans


:))
Belle histoire !
Auteur : Megapotato
Megapotato - 22 ans
De La Rochelle
  il y a 2 ans


ouaaaa c'est beau o Ao ....  sa me manque un peu le caillou du coup  
Auteur : Robot
Compte supprimé
  il y a 2 ans


Megapotato a écrit :
Megapotato , femme de 20 ans de La Rochelle |   il y a 6 heures ouaaaa c'est beau o Ao ....  sa me manque un peu le caillou du coup  


A t'es une fille de chez nous? ^^
Auteur : Megapotato
Megapotato - 22 ans
De La Rochelle
  il y a 2 ans


ouiii chui ici pour les études sa me manque une peu en lisant ton conte sa ma fait soufaine ment pencer a un des album que bernard berger afait et c'est pas les tonton  marcel don je parle xD... je crois que c bernard 

Auteur : Robot
Compte supprimé
  il y a 2 ans


Oui celui sur les contes, il a fait quelques albums ^^
Ben cool si ça te redonne un peu de courage ;)



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