Souhaiter du mal de celui qui nous a fait souffrir

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

Bonjour à toutes et à tous,

je profite de ce post pour vous faire part à tous de mon histoire -ouais ni plus ni moins- et d'aller quérir vers vous -qui avez sûrement vécu ce genre de situation, ou presque- au-delà de quelque soutien, une réponse, voire une ébauche de réponse à cette question.
Peut-on souhaiter du mal d'une personne qui vous en a fait ?
J'ai grandi dans l'idée que non, mais les choses varient-elles selon le degré de l'impact ?


Je parle d'une personne en particulier, un garçon, un amour de garçon.

C'était un garçon fragile, qui n'avait pas confiance en lui, qui se projetait dans les autres et s'y accrochait avec rage.
Quand on a fini par se connaître par coeur, il a choisi de mettre fin à tout, non pas par lassitude, mais par besoin. Il se répétait sans cesse que malgré la patience hors du commun dont je faisais preuve à son égard, notamment pour supporter son caractère bipolaire, il se sentirait -peut-être- mieux ailleurs.

J'étais son premier amour, on a eu notre premier appart ensemble.
Il m'avait même demandé ma main.
J'ai mis très longtemps à accepter, il me fallait être sûr de ses sentiments.

Je l'étais, et nous vivions dans une bulle de bonheur niaiseuse et dégingandée.

Quand il a décidé de partir, sachant que ça signifiait aussi pour moi de quitter le beau Paris, puisqu'on avait eu l'appart grâce à une occasion rarissime, il est allé instantanément rejoindre quelqu'un d'autre. Il a changé du tout au tout, il est passé d'une personne qui n'avait aucune confiance en lui et qui semblait folle amoureuse, à une personne hargneuse, dédaigneuse et sans principes.

J'étais si amoureux que je me suis montré compréhensif, j'ai renoncé à mes rêves, à mes envies, à mon nouveau taff, bref tout abandonné pour au final retourner chez moi dans le dédain et le mépris le plus total.

Vous vous dites qu'il manque un élément clef à cette histoire ?
Comme une raison ?

Eh bien, de ce qui en est ressorti, puisqu'il n'a jamais eu le courage d'assumer ses actes, je l'ai su par un tiers; il avait si peur que je le trompe (pour une raison obscure) qu'il a décidé de prendre les devants.

Raison bidon, manque de passion, autre amour ?
J'en ai jamais rien su.


Au regard de tout ceci, je crois avoir su faire preuve de patience, j'écris ceci à peu près un mois après l'histoire. Je ne lui en ai pas voulu, puis voulu, puis voulu à mourir. Puis je lui ai souhaité le bonheur ailleurs, comme un idiot, puis non.
Puis du dédain; tout ce qu'on veut, tout y est passé.

Mais puis-je vraiment lui souhaiter du mal ?


photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Bonsoir ! 
Et désolé de te voir traverser une période pas très facile.  Je vais essayer d'être bref et partager avec toi mon expérience.  
Il y a quatre ans j'ai intégré l'université pour mener mes études supérieures et réaliser mon petit rêve personnel. Jusqu'ici rien d'exceptionnel, je le concède. Mais voilà,  sur mon chemin avec le même rêves,  les mêmes aspirations, il y avait lui. Et une découverte.  C'était la première fois que je rencontrais quelqu'un qui était mon semblable. Les mêmes idées,  les mêmes opinions,  les mêmes goûts,  le même humour.  On est tout de suite entrés dans une relation particulière.  Je ne voulais pas d'un couple.  Alors on était des amis, que la solitude rapprochait le temps d'une nuit. C'est devenu de plus en plus fréquent,  je suis tombé amoureux.  Lui l'avait toujours été (disait-il). Joie,  bonheur,  tout cela. Seulement après un an et quelques mois de relation fusionnelle (l'image des films du couple parfait), le couperet est tombé.  Plus de sentiments de son côté.  Alors j'ai vécu avec ça,  en lui souhaitant tout le bonheur du monde pour ses futures relations. C'était sans compter sur la vérité qui s'est enfin montrée.  Six mois de tromperie avec une fille. Mon ego est bien descendu,  ça m'a détruit.  
À ce moment là j'ai commencé à lui souhaiter tout le mal du monde, et à le penser vraiment,  alors que je me dis pacifiste et que je ne pourrais pas faire de mal à une mouche. Je l'ai souhaité si fort que j'ai lâché prise. Alors qu'on avait une conversation en face à face, j'avais besoin de lui dire ses quatre vérités, je l'ai giflé. Ça ne m'a rien apporté si ce n'est de la culpabilité. Je me sentais mal d'avoir failli à mes principes. 
Alors oui, ressentir de la colère c'est normal. Et je t'encourage à laisser cette colère s'exprimer tant qu'elle n'est pas violence :) Au bout de quelques temps, la colère s'efface,  parce qu'on a recommencé à vivre.  Pour moi ça a été de l'indifférence après ça.  Mais au fond le plus important après cette période de colère ce n'est pas de ne plus souhaiter de mal, c'est de te souhaiter du bonheur à toi ! :)

photo de l'auteur CotonMouth
CotonMouth
Homme de 24 ans
Toulouse
Très très belle réponse qui dans ma situation actuelle m'aide aussi, énormément !  Merci Jafry ! 

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Foxyygen a écrit :
il est passé d'une personne qui n'avait aucune confiance en lui et qui semblait folle amoureuse, à une personne hargneuse, dédaigneuse et sans principes.


Bad boy !!
 ?


Je te conseille pas le voodoo, c'est une sacrée perte de temps crois moi...



La solution: tu lâches prise, tu essaies de t'en foutre autant que lui, tu commences le kick boxing et quelques mois plus tard tes nouveaux abdos  t"aideront à trouver un nouveau colocataire pour ton appartement à Paris.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Ma chef, qui n'en savait rien, à raconté à tous les agents du bureau que j'étais gay et, comme j'avais l'apparence d'être proche d'elle, tout le monde a pris ce qu'elle avait à raconter pour argent content.

Je l'ai maudite verbalement et de rage j'ai pensé à elle très fort chez moi en la maudissant à nouveau encore et encore.

Elle s'est faite virer quelques semaine plus tard :-]

The end.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Sam2Paris a écrit :
Je l'ai maudite verbalement et de rage j'ai pensé à elle très fort chez moi en la maudissant à nouveau encore et encore. Elle s'est faite virer quelques semaine plus tard :-] The end.


Oh la la, excusez nous  de ne pas avoir l'esprit d'un puissant sorcier comme vous, monsieur sam !



photo de l'auteur Ceraphyn
Ceraphyn
Homme de 43 ans
Fontenay-le-Fleury

5 remerciements
Le deuil d'une relation, voire le deuil en général, passe par différentes phases. On peut en sauter certaines, parfois faire des aller retour, et elles peuvent être plus ou moins longue, sans règle absolue, ça dépend de soi, du contexte...

Mais de façon générale, tu as le choc ou la stupeur de la nouvelle, le déni (non, ce n'est pas possible), la colère (et c'est à ce moment là qu'on peut maudire l'autre ou avoir des pulsion de vengeance), la tristesse, la résignation (qui peut passer par le rejet de l'autre), l'acceptation (on reprend espoir en son futur, on remet à leur place les bons et les mauvais souvenirs) et la reconstruction.

Pour ma part, lors de ma première grande rupture, j'ai eu beaucoup de colère, mais lors de ma seconde grande histoire qui a été compliquée (trois ruptures dont les deux premières suivi d'une reprise), la colère a eu de moins en moins de place. L'expérience aide à mieux gérer ces phases, même si elle nous en dispense rarement, et j'en suis arrivé à un point où la colère était faire trop d'honneur à l'autre au regard de la blessure infligée.

En bref, donc, et pour réagir sur le titre de ton post, c'est tout à fait normal, et si tu en as eu ou en a besoin, ça n'est pas mal :) Mais il est plus constructif de te recentrer sur toi et ta reconstruction, de savoir également laisser le temps au temps pour panser les blessures. Le temps en particulier permet de relativiser les choses (facile à dire, moins facile à faire, mais...).

Comme l'a très bien dit Jafri, exprimer cette colère n'apporte rien, voire peut avoir un effet à double tranchant en te laissant frustré car ça ne change rien aux faits. Pour moi, lors de mes dernières ruptures, j'ai préféré le silence car les échanges qui en découlaient étaient généralement stériles et plus blessants que réconfortants ou libérateurs. Cela m'a également permis de voire différemment ma première grande rupture car elle s'était faite dans un respect des personnes, même si ce n'était pas joyeux, et de la relativiser encore davantage bien qu'elle soit digérée depuis longtemps. Comme quoi du bien peut aussi sortir du mal, si tu décides de le voir. Aie simplement confiance en toi et en la vie, et laisse derrière toi cette personne qui n'a pas su voir et apprécier tes qualités, ou a eu une évolution qui vous a séparé et sur laquelle tu n'as pas de levier pour agir.

Une dernière remarque (je fais de la psychologie de bazar à mes heures, mais j'ai aussi une expérience de vie qui me laisse penser que c'est assez vrai), je retiens ta remarque sur le fait qu'il craignait que tu le trompes. Généralement, on projette sur les autres sa propre grille de comportement, et cela peut vouloir dire qu'il était ou a été peut-être très tenté de le faire... Mais ça n'engage que moi ;-) Ça peut aussi être lié à son sentiment de ne pas pouvoir être aimé, ce qui veut dire qu'il a probablement encore un grand travail à faire sur lui-même. Il est difficile d'être aimé/de se laisser aimé quand on ne s'aime pas soit même.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Madonna le disait en 1994 dans son single "Secret" :
"Until I learned to love myself, I was never ever lovin' anybody else".
Quel Oracle!

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Sam2Paris a écrit :
Sam2Paris , garçon de 30 ans de Paris 17 Madonna le disait en 1994 dans son single "Secret" : "Until I learned to love myself, I was never ever lovin' anybody else". Quel Oracle!



Je crois que des philosophes ont dit un truc de ce genre longtemps avant 

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Lorsque je souhaite le mal d'une personne, cela arrive, personne m'ayant côtoyé a aujourd'hui eu une relation plus sérieuse qu'avec moi, ce qui est horrible, une sorte de malédiction. Mouhahaha !

Mais sinon, j’espère que tout va aller pour le mieux dans ton futur :)

photo de l'auteur Avatea
Avatea
Homme de 27 ans
Paris

18 remerciements
Foxyygen a écrit : Eh bien, de ce qui en est ressorti, puisqu'il n'a jamais eu le courage d'assumer ses actes, je l'ai su par un tiers; il avait si peur que je le trompe (pour une raison obscure) qu'il a décidé de prendre les devants.


Le rustre ! Il aurait pu te servir un prétexte plus original quand même, même si un prétexte reste un prétexte.

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Les gens ont parfois des raisons incohérentes de prendre certaines décisions. J'ai pas connu ton ami, mais d'après ce que tu dis, ça a juste l'air de quelqu'un qui était mal dans sa peau. Tu étais particulièrement patient avec lui, mais il devait s'imaginer que ça te causait également du tord et que plus il restait avec toi, plus tu devrais sacrifier pour lui et plus il le ressentirait, plus il en souffrirait également. (maintenant j'ai peut être tout faux ^^)

Ton histoire me déprime vraiment, je suis moi même quelqu'un qui manque de confiance en soit je n'ai jamais eu de relation amoureuse. Mais si je recherche quelqu'un d'aussi renfermé que moi tout en gardant une limite de sécurité (pas de co-location, mais chacun son chez soit) c'est justement pour éviter ce genre de situation. 

Tu es en droit de lui en vouloir (ne va pas non plus faire de bêtise), mais si ton ami est aussi émotif que moi et soucieux du regard des autres, il va s'en vouloir longtemps. Et s'il a changé si radicalement, c'est peut être justement parce qu'il s'en veut d'avoir été aussi faible. Je suis pas sûr que ce changement l'aide à se sentir mieux au contraire.

photo de l'auteur Avatea
Avatea
Homme de 27 ans
Paris

18 remerciements
Asakai a écrit :
Asakai , garçon de 21 ans de Paris Lorsque je souhaite le mal d'une personne, cela arrive, personne m'ayant côtoyé a aujourd'hui eu une relation plus sérieuse qu'avec moi, ce qui est horrible, une sorte de malédiction. Mouhahaha ! Mais sinon, j’espère que tout va aller pour le mieux dans ton futur


Sam2Paris a écrit : Je l'ai maudite verbalement et de rage j'ai pensé à elle très fort chez moi en la maudissant à nouveau encore et encore. Elle s'est faite virer quelques semaine plus tard :-] The end.


Euh, vos histoires de malédictions, zêtes sûrs que ça fonctionne vraiment ?

J'ai eu beau maudire toutes les personnes qui m'ont fait détester le collège, l'une d'elles est passée première dauphine miss France en 2014, un autre fait polytechnique et un autre encore est devenu sportif professionnel.

Comme malédictions, y'a pire...

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Avatea a écrit :J'ai eu beau maudire toutes les personnes qui m'ont fait détester le collège, l'une d'elles est passée première dauphine miss France en 2014, un autre fait polytechnique et un autre encore est devenu sportif professionnel. Comme malédictions, y'a pire...


Anorexie, drogue et séances thérapeutiques c'est quand même pas mal ^^

photo de l'auteur Avatea
Avatea
Homme de 27 ans
Paris

18 remerciements
Vu comme ça... tu sais que tu viens de faire ma journée l'ami ? :p

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Hello !

Dans ce bas monde, si nous devions rendre le mal par le mal, vous ne pensez pas que ce serait juste invivable ?
Déjà que c'est pas mal le bazar, on va pas en rajouter, n'est-ce pas ?
D'autant qu'en effet, lorsque l'on va contre sa nature en souhaitant du mal à quelqu'un, et bien on ne se sent pas mieux, bien au contraire !

Allez, du "mal" pour rire^^ :
"...souhaite lui d'avoir des morpions et d'avoir les bras trop courts pour qu'il puisse se gratter..." ;-)

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Est-ce que souhaiter le mal fait du bien ?
Personnellement, je ne me suis jamais fait plaquer unilatéralement à l'issue d'une longue relation. Par contre, c'est arrivé plusieurs fois en début de relation (un mois), et franchement je n'ai jamais trouvé aucun réconfort à essayer de me dire (ou à suivre mes amis qui me disaient) que l'autre était un connard et que je pouvais lui souhaiter les pires choses. J'étais déçu par la façon dont les choses se passaient, mais s'il n'y trouvait pas son compte, la relation ne pouvait pas se poursuivre.

J'ai toujours essayé de résoudre ma peine par le dialogue. Ca n'a pas toujours été possible, mais j'ai encore l'espoir que ceux qui ont coupé brutalement les ponts l'ont fait pour maintenir une position ferme qu'ils croyaient plus souhaitable pour l'un et l'autre, plutôt que par simple lâcheté. C'est sûrement faux, mais ça ne me ferait aucun bien de penser le contraire !

Foxyygen, ton ex a été ingrat de ne pas être plus sensible à tes efforts, et a agi comme un salaud en jouant sur son manque de confiance pour justifier un manque de courage. Souhaite de te reconstruire de ton côté, plutôt que lui souhaiter de souffrir autant qu'il t'a fait du mal ! C'est normal que les sentiments de dédain montent. C'est ton choix de décider de t'en libérer pour ne pas qu'ils t'empoisonnent davantage la vie.

photo de l'auteur Inuit53
Inuit53
Homme de 21 ans
Paris

5 remerciements
Je pense que tu as clairement le droit de vouloir qu'il souffre. tu peux souhaiter le malheur de quelqu’un, c'est pas pour autant que ça arrivera. Donc oui, je pense que ça peut clairement être un moyen d’exprimer ta rage, mais faut pas non plus passer aux actes devenir violent ou lui faire directement ou indirectement du mal, il faut que ça reste une forme de colère. J'ai la flemme de plus argumenter mais je pense que mon opinion est compréhensible. 

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Effectivement, si on parle de droit, il n'y a rien de répréhensible tant qu'on ne passe pas à l'acte : injures, menaces ou coups. A noter que la poupée vaudou n'est pas considérée comme une tentative de meurtre par les tribunaux, on peut s'en donner à coeur joie !

photo de l'auteur Robot
Ancien membre
Utilisateur désinscrit
Le surnaturel est une affaire de choix et de culture.
Rien qu'à voir comment les Africains, Malgaches et les Comoriens manient le mystique, j'en ai des frissons. 
Pour revenir au sujet, si tu ne veux pas trop y penser, certains chamans ou sorcier peuvent y pourvoir pour toi ahah ^__^

Pour participer à ce sujet, il faut être obligatoirement inscrit