Cercle vicieux

Amour et intimité - Créé le - 8 Participations

Cercle vicieux

Bonsoir, je vous prie de m'excuser pour ce sujet dégoulinant de pathos.

Je suis tout simplement au bout du rouleau. Je suis pris dans un cercle vicieux et je ne vois plus comment m'en sortir.

Ma mère a commencé à avoir de graves problèmes de santé il y a trois ans. J'ai en apparence "bien" pris la nouvelle car elle avait besoin de ses proches pour la soutenir. Son état se détériore peu à peu et je vis maintenant seul avec elle. Cela me ronge, car ma mère est vraiment très importante pour moi, elle m'a élevé seule et s'en est toujours très bien sortie.

Mon comportement en est impacté, je me perds souvent dans mes pensées, ai du mal à me concentrer, manque d'intérêt pour les autres, devient irascible. Malgré ça, je fais de gros efforts pour sauver les apparences, je fais tout ce qui est possible pour rester avenant et à l'écoute des autres. Seulement, il m'arrive parfois de craquer et d'être sec voire cinglant. Ainsi, j'ai perdu un à un la quasi-totalité de mes amis les plus proches qui ne supportaient plus mes sauts d'humeur.

J'ai conscience d'avoir un problème, j'ai donc entrepris de gros changements il y a quelques mois. Je me suis mis au sport, j'ai varié mes loisirs, j'ai essayé de sortir davantage avec mes amis restants et j'ai commencé une thérapie avec un professionnel. Rien n'y fait, ma versatilité me plonge à petit feu dans la solitude.

Par ailleurs, il m'est très difficile, même impossible, d'avoir une relation sérieuse avec quelqu'un. Je ne peux m'empêcher d'avoir un esprit protectionniste puisque je sais que je ne peux pas me permettre d'ajouter de la peine à mon quotidien. Dans un même temps, je me projette très vite avec la personne car sans ça, la seule chose que je vois dans un avenir plus ou moins proche est l'éventuel décès de ma mère. Je parais donc, pour l'autre, distant, froid et exigeant, pressé à la fois. À chaque échec, mon sentiment de solitude s’accroît, je deviens à fleur de peau, je m'éloigne de mes amis.

Je ne sais pas ce que je peux changer pour stopper cette dégringolade. Je me sens très fatigué psychologiquement et ai l'impression que mes efforts ne sont pas perçus. Ça ne peut plus continuer ainsi...
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1 remerciement
Bonsoir Sukaas.

Ton message m'a touché, vraiment.

Si tu dit que ta mère est gravement malade : profite d' etre avec elle le plus possible et, ce que je vais dire peut paraitre dur, je sais que c'est plus facile à dire qu 'à faire (mais comme tu laisses entendre qu 'il y a peut d'espoir) :
prépare toi à faire ton deuil.

J'ai connu ca avec ma grand mère qui m'a élevée une grande partie de mon enfance, j'étais trés attaché à elle.
La sachant trés malade 2 ans avant sa mort je m'étais préparer à "accepter sa mort"
Certe, une grand mère c'est pas une mère et puis j'ai mes parents.
Mais je te dit selon mon expérience, mon vécu.
Tu as raison de consulter un psy, c'est courageux.
Continue si tu le peut.
Quand à tes sautes d'humeurs, vois avec ton psy aussi.

Voila ce que je peut te dire, j'essaye de t'aider.

Je te souhaite du courage pour la suite

;)
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Déjà c'est un sacré effort que d'en parler en publique sur internet. Beaucoup risque de ne pas être d'accord avec mon avis là dessus, mais je trouve que ça mérite du courage car exposé sa "faiblesse" à des inconnus qui peuvent être ignobles avec toi, et pour ça déjà chapeau.

Revenons-en plus du coup sur l'intégralité de ton message. J'ai eu beaucoup de peine pour toi lorsque j'ai lu ton message. Ca ne doit pas être facile du tout. En 3 mois, lorsque j'avais 11 ans j'ai perdu ma grand-mère en 1 mois et demi d'un cancer généralisé et juste après un de mes oncles d'un cancer des testicules en 3 mois justement. Ca à été éprouvant et à 11 ans, j'ai fais ma première tentative de suicide, due au fait que je voyais ma mère tomber dans une grave dépression. J'avais l'impression d'être un poids, qui ne la tirait que vers le bas. Elle ne travaillait plus, mon père travaillait pour 4, et mon frère s'est renfermé sur lui et préférait ses escapades nocturnes plutôt que sa famille. Mon état d'esprit à l'époque était tel que je voyais ma mère plonger la tête la première au fond du gouffre et se laisser mourir à petit feu. Elle ne mangeait plus, restait sur le canapé ou dans le lit toute la journée et se suicidait en fait sur le long terme. Ainsi j'ai voulu partir avant elle.

J'ai donc été suivi par un psychanalyste, puis 2, puis 3, ensuite 4 et un 5ème. Les gens de mon école ayant appris ça, ainsi que le séjour en hôpital psychiatrique qui en avait découlé, à fait que je me suis retrouver ostracisé des autres automatiquement. Puis j'ai été harcelé physiquement, moralement, et psychologiquement pendant 4 ans, la totalité de mon collège en gros. Depuis, je ne veux plus aller vers les autres, j'ai aussi des sautes d'humeurs et je préfère être seul et être cinglant, cynique et ironique avec les autres plutôt que de les laisser me connaitre vraiment.

Je comprends ta situation. Hormis que ta situation est pire que la mienne, sachant que tu vois l'état de ta mère qui décline depuis 3 ans. Je compatis totalement et je connais ce sentiment de cercle vicieux ou rien ne va. Mon point de vue est opposé au tien mais ils se rejoignent par certaines similitudes.

Si jamais tu souhaites discuter un peu plus personnellement. N'hésite pas à me contacter par MP. Je ne suis pas un psy mais je peux partager un vécu.

Bonne chance pour la continuation et j'espère que la vie sera plus clémente avec toi.
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« Puisque la mort est inévitable, oublions-la. » Stendhal
Mourir subitement n'est pas la même chose qu'attendre la mort. Cela est d'autant plus dure pour les proches. C'est difficile de trouver des gens pour parler de nos problèmes. Des professionnels peuvent t'aider mais tu peux aussi en parler virtuellement comme tu le fais la. Exprimer ta peine ne peux t'aider qu'a l'extériorisé et les gens ici seront à ton écoute.
Après n'hésite pas à extérioriser ta peine, pleure un bon coup à chaque fois que tu en ressent le besoin c'est tout à fait normal.
La dernière chose que j'ajouterai c'est que tu ne doit pas hésiter a faire des projet sur le long termes ça t'aidera à aller de l'avant. Et puis rien ne rendra plus heureux t'as mère que si elle sait que tu mène ta vie la plus heureuse possible.
Ce n'est que des conseils plus facile à dire qu'à faire mais tu as déjà fait le premier c'est que tu es capable de continuer à te battre.
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Sukaas je regrette d'apprendre cela. Comme quoi derrière la mine souriante d'un inconnu se cache parfois un imperceptible poids, une douleur qu'on ne saurait comprendre

Peut-être te refuses-tu de t'accorder du temps ou de la joie en sachant qu'en parallèle tu te sens le devoir d'aimer et d'aider ta maman plus que jamais. D'autant que tu restes le dernier sous son toit, ayant hérité de tout ce qui incombe à cela, comme Atlas supportant la Terre.
S'en est sans doute trop pour toi, même si tu lui est redevable et que c'est extrêmement culpabilisant de le reconnaître, ne serait-ce qu'intérieurement. J'imagine que cela peut créer un conflit assez profond qu'on pense souvent sans issue autre que l'inavouable délivrance de la mort de ta maman.
Mais comme l'on dit les autres sur ce forum, il est surement possible de faire tout de même des projets et d'avoir ta vie (même s'il faudra faire des compromis) afin de ne pas rester l'ombre de toi-même.

J'ignore si l'état de ta maman requière une assistance particulière, mais si tel est le cas il est possible de se faire aider par du personnel d'aide paramédicale à domicile (tu peux surement te renseigner auprès de ton centre d'action sociale de ta mairie).
Si tu as également de la famille vers chez toi, c'est le moment de leur expliquer ce que tu "subis" et qu'ils ont aussi leur rôle à jouer pour épauler ta maman (et finalement toi par la même occasion en te soulageant un peu de ce rôle qui t'as été imposé par la vie).

Désolé si jamais mes propos sont durs, ou s'ils sont à coté de la plaque (ce n'est pas évident de comprendre ton ressenti face à cette situation).
En tout cas nous sommes avec toi :)
Courage inconnu... Profite aussi du voyage et ne pense pas qu'à ce que tu vas devoir faire une fois sorti du bus.
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Bonjour, je suis désolé pour toi que tu vives ça :(

Je connais ta situation car ma mère est aussi malade.
Seulement, cette situation, je la vis depuis près de 13 ans maintenant. Elle est atteinte d'une maladie auto-immune qui s'attaque à ses articulations. Petit à petit, celles-ci se déforment, entraînant des douleurs et une faiblesse dans les mouvements (de moins en moins de force). Quand j'ai appris qu'elle était malade, j'étais à l'école primaire et c'est vrai que c'est difficile à apprendre comme nouvelle. La solitude, je connais ça puisque je me suis habitué à être solitaire depuis pas mal d'années. Pourquoi ? Parce que ma mère est une personne très importante pour moi, et j'ai préféré m'en occuper que de sortir pour me faire des amis et me dire que pendant que je m'amuse, ma mère (qui travaillais encore il y a 1 an) souffrais. On ne se rend pas compte de tout, mais chaque petites choses que l'on peut faire pour une personne malade, lui éclaire la journée. Etant habitué depuis pas mal de temps maintenant, je sais que je peux remonter le moral de ma mère qui se bat de manière fantastique contre sa maladie. Le plus dur peut être au début, c'était quand on faisait des sorties scolaires (je l'ai appris en primaire). Quand mes camarades étaient avec leur parent, moi j'essayais de me faire une place où je pouvais. Au début ma mère venait puis après elle pouvait plus entre le boulot et sa maladie. Et c'est là que c'est devenu plus difficile. Ma mère a des aménagements, des tas de trucs qui permettent de moins la faire souffrir et quand les autres se moquent de ça, tu ressens une froideur.
Je ne peux pas dire que ta situation ressemble à la mienne, cependant, je sais ce que tu ressens. Et c'est admirable de voir que tu essayes de travailler sur toi. Cependant, je pense que tes amis n'ont pas forcément été tous sympas avec toi. Alors oui c'est vrai que d'être froid avec eux n'arrange rien, mais ils pourraient comprendre ce que tu vis parce que c'est vraiment pas facile. Je me suis habitué à vivre en solitaire depuis des années mais je me suis toujours occupé de ma mère et j'ai vu que ça lui fait très plaisir. Pendant mes études, je la voyais seulement toutes les deux semaines et ça lui faisait un grand plaisir de me voir.
Pourquoi ai-je préféré rester solitaire ? Parce que les gens ne cherchent même pas à savoir pourquoi tu es comme ça, ce que tu ressens, ils préfèrent te vanner et tut encaisses.... jusqu'au jour où c'est trop. Des amis tu peux t'en faire un paquet mais une mère, tu n'en as qu'une alors profites-en.

Bref, tu n'es pas seul sur ce forum, et tu n'es pas seul, des tas de gens sont autour de toi pour t'écouter. Si tu as besoin de parler avec quelqu'un, il y aura toujours une personne, je suis à ta disposition pour parler avec toi.
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Je vous remercie pour vos témoignages et votre soutient. Je me rends compte que mon cas n'est pas isolé et qu'affronter la maladie d'un proche est probablement bien plus courant qu'on ne l'imagine, à mon plus grand regret. Votre courage ne peut que susciter mon admiration et m'inspire.

Il ressort trois axes principaux de vos conseils:
- être présent pour ma mère et profiter d'elle,
- vivre ma vie et lui montrer que je suis heureux malgré la situation,
- faire des projets sur le long terme.

Je suis déjà présent pour elle. Je l'écoute, je la console, je l'aide ou du moins j'essaie de faire mon maximum pour elle mais ce n'est pas toujours évident lorsqu'on est impuissant.

Le second point est plus délicat. Si j'ai eu la chance d'être entouré par une bonne bande d'amis les deux premières années, je suis maintenant plus solitaire malgré moi. Je ne baisse pas les bras, j'essaie de trouver des occupations, de m'aérer l'esprit mais je ne parviens pas à être heureux. Je sais pourtant que ce serait une aide précieuse pour elle et lui donnerait davantage de motivation dans son combat. Peut-être qu'au final je ne devrais pas raisonner comme ça, je me mets la pression et deviens d'autant plus exigeant envers mes amis. Il ne leur incombe pas la tâche d'être présent en permanence pour moi, libre à eux de vouloir me soutenir ou non. Il me faut devenir plus souple.

En revanche, je crains d'avoir des difficultés avec le dernier conseil. Mis à part me sentir mieux dans ma peau et trouver quelqu'un, je ne vois pas ce que je peux espérer de l'avenir et ces deux projets sont parfois douloureux à mettre en oeuvre.

Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre, vous êtes des rois! ;)

Besos.
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Vraiment ému face à ce que tu nous relates et je me joins aux membres précédents qui te témoignent leur soutien moral et prodiguent quelques conseils, que tu décides déjà d’assumer comme des projets immédiat, à court et à long terme. Et désolé de ne pas avoir compris tes messages.

Je pense que le bonheur est déjà au fond de toi-même peut être et malheureusement tu ne le vois pas, car ce bonheur, que nous tous cherchons, est une conquête permanente sur la lassitude, les découragements, les tristes événements ou les enfermements. Le bonheur est une toute petite flamme scintillant en plein jour, courageuse et précieuse au cœur de chacun.

Etre heureux et libre signifie aimer sa vie de famille, aimer son travail et apprécier de faire des efforts pour aider les autres, et cela prend encore plus d’ampleur et de lumière lorsqu’il s’agit de ta maman. Etre heureux ne se mesure pas dans la possession de quelque chose, et même lorsqu’ un événement désagréable survient, tu dois considérer cela comme quelque chose qui rend la vie intéressante, comme une pincé de sel qui révèle le goût.

Bon courage Sukaas …
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