Loi sur la fin de vie

avatar contributeur de K@#Ø%!
K@#Ø%!
06/09/2026 à 15:27

Bonjour à toutes et à tous,

La loi sur l'aide au droit à mourir en France a été publiée le 19/08/2026 dont voici un aperçu officiel https://www.vie-publique.fr/loi/298544-loi-fin-de-vie-droit-laide-mourir-18-aout-2026 . Sujet délicat qui nous concerne toutes et tous et qui aborde une considération propre à chacun d'un élément fondamental de la vie, à savoir la mort, il serait intéressant d'avoir vos avis quant à celle-ci.

Êtes-vous satisfaits des modalités d'application de la loi définitive ? Et notamment est-ce que ses conditions d'accès permettent à toutes les personnes d'être représentées dans la mesure où le pronostic vital doit être engagé ? Il n'y a évidemment pas de bonnes ou mauvaises réponses sur un sujet qui touche tant à l'intime.

Parmi les personnes qui y sont défavorables, pourriez-vous exprimer les motifs et les éventuelles dérives engendrées selon vous ? Quelles sont vos craintes car il est tout à fait légitime aussi de souhaiter que cette décision soit le fait de la destinée et non d'un choix ? Vos avis sont tout aussi éclairants pour aider à avoir une vision globale de cette vaste question.

Tous les commentaires, quelle que soit la génération, sont les bienvenus d'autant plus que c'est un questionnement qui évolue au fil de l'âge pour chacun de nous. Les membres belges, suisses, québécois ou autres connaissant une application différente dans leurs pays, sont aussi conviés à communiquer leurs pensées sur le modèle français s'ils le souhaitent. Car il est pertinent d'avoir une vision un tant soit peu universelle de ce thème.

Merci d'avance pour votre bienveillante participation.

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avatar contributeur de L'y Polie
L'y Polie
06/09/2026 à 19:28

Moi je dirait , enfin !

C'est une avancé oui

Si certaines personnes y ont accès c'est bien, mais je n'est pas vue beaucoup patients.es arrivée au bout des traitements usé par les effet secondaire avoir une faculté pour faire un choix de manière "éclairé " comme il l'on écrit

Une souffrance psychologique ne suffit pas .... Dommages car ont est pas tous des bouddha ( grand respect a eux 🙏 O ZEN)

Mieux Vaux coulé en beauté que flotte sans grâce

Ou s'attaque au l'hobbistes qui nous empoisonne et fabrique des médoc 🤔🤣

Merci pour le sujet

avatar contributeur de Tornade
Tornade
06/09/2026 à 22:58 - 06/09/2026 à 23:17

Citation de K@#Ø%! #557668

Bonsoir je vais regarder ça de plus près et je reviendrai vous donnez mon ressenti sur ce sujet délicat sachant que l'état nous veux du bien surtout dans le domaine de la santé aie aie aie ma vie entre leurs mains ouh la la 😅 ajout ou devrais-je dire ma mort entre leurs mains c'est un vrai questionnement ?


Tornade

avatar contributeur Ylber
Ylber
07/09/2026 à 08:02

Bonjour !

Je pense que c'est une avancée pour les personnes qui ne peuvent se suicider seules. Une de mes amies, handicapées, trouve pour sa part qu'il n'y a pas assez de garde-fous et craint une dérive eugéniste ; je n'ai pas assez bossé la loi pour savoir si elle a raison.

Sur le fond, je suis partisan du droit à disposer librement de son propre corps. Selon moi, toute personne majeure et saine d'esprit devrait avoir la possibilité de mettre fin à ses jours, sans qu'un médecin vienne donner son avis. J'espère pouvoir faire ce geste le jour (pas encore arrivé, loin de là, je vous rassure) où j'en aurai assez de vivre.

Je constate hélas que la législation actuelle ne tolère que les morts violentes, comme si les candidats au suicide devaient être punis, dans une conception bien chrétienne de l'existence. OK donc pour la corde, le vieux tromblon, la défenestration, l'écrasement dans un platane, le taillage des veines et autres horreurs. En revanche, pas d'accès du pékin moyen aux produits permettant une mort un peu plus douce (d'où trafics, substances frelatées, tourisme de la mort, saisies des douanes en cas d'importation...). Même le fait d'informer sur le sujet est passible de sanctions. Tout cela me choque.

avatar contributeur de Tatras
Tatras
07/09/2026 à 08:03

Bonjour à toutes et tous,

Vaste sujet abordé là qui touche des sujets éthique, philosophique, ontologique. J'avoue ne pas avoir lu les textes de cette loi. Mais bien entendu je m'interroge sur son devenir et son cadre d'application. La souffrance liée à la déchéance est réelle, l'angoisse face à notre finitude à nos limites et que dire du traitement face à la douleur? Comment réagirai-je lorsque je sentirai ma propre fin venir je ne sais pas. Peut-être demanderai-je une grosse dose d'Hypnovel pour ne pas me réveiller. Mon expérience de terrain est limitée. Celle de celui qui a partagé 20 ans de ma vie emporté par un cancer en deux mois, celle de mon père parti de même et d'autres proches. Leur peur face à l'inéducable bien compréhensive. Aujourd'hui quelle est la situation patientèle/personnel soin palliatif par exemple, tant sur le plan humain que la gestion de la douleur physique? Cela m'intéresserait de connaitre les retours d'expérience de terrain du personnel impliqué. Pour ma part mon seul questionnement que j'ai, est dans quelle mesure le temps passant n'y aurait-il pas un risque de débordement du cadre de loi, que ce soit de l'entourage du proche, du proche lui même ou personnel médical? Question que je me pose et là aussi je serai curieux d'avoir vos avis? Quid des progrès médicaux présent et à venir dans le traitement de la maladie et de la gestion douleur physique/psychique, même si nous partirons tous un jour? Enfin ce qui m'interroge est le regard porté sur le vieillissement, la dégradation du corps humain. Puis-je réduire ma dignité de personne à mon apparence si souvent idéalisé dans nos vecteurs médiatique? Quel regard puis-je porter sur une personne en EPHAD? Autrement dit dans le cadre de cette loi, la non acceptation de ma déchéance physique sans pour autant être accompagné de douleur (type cancer ou autre) ingérable peut-elle justifier un arrêt de vie? Voilà bien entendu c'est un sujet très sensible car il nous touche tous et parfois de très près. Je partage mes propres interrogations dans le plus grand respect du vécu de chacun et je serai heureux de lire vos réflexions. En vous souhaitant une belle journée.

avatar contributeur de Torus
Torus
07/09/2026 à 10:12

Plop, perso je suis assez pessimiste sur cette loi, critiquée par de nombreuses associations antivalidistes. Voici d'ailleurs un article du CHLEE sur la question, qui décortique la loi point par point : https://clhee.org/2025/05/05/fin-de-vie-un-projet-de-loi-deletere-et-validiste/

TLDR : La loi est beaucoup trop flou et ne concerne absolument pas que les personnes en souffrance et en fin de vie, loin de là. Il n'y a d'ailleurs pas de contrôle sur le contexte amenant à la demande, ni de délit d'incitation à mourir (mais il y en a un à l'entrave). L’amendement exigeant de vérifier que le patient fait sa demande de façon libre et éclairée a aussi été rejeté. Le médecin peut être seul juge de cela. Etc...

Au final, avant de donner la possibilité de mourir dignement, j'aurais préféré qu'on s'attache à donner les moyens de vivre dignement. Mais au vu de ce qui se fait, on est plutôt dans une énième économie, comme toutes celles qu'on a voulu faire sur le service public. Après tout, les morts ne coûtent pas grand chose...

avatar contributeur de K@#Ø%!
K@#Ø%!
07/09/2026 à 10:27 - 07/09/2026 à 10:42

Merci Gojoeye pour votre retour.

En effet merci L'y Polie, tu as raison de souligner que les personnes sous traitement lourd n'ont malheureusement plus la faculté pour certaines de s'exprimer quant à leur fin. Faut-il envisager la possibilité pour les patients atteints d'une maladie chronique de pouvoir exprimer leur choix de recevoir cette aide avant la dégradation de leur état ? Cette loi comporte un article à ce sujet, à voir ses possibilités d'application dans les faits : https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006072665&idArticle=LEGIARTI000054134391&dateTexte=&categorieLien=cid

Merci Tornade, comme vous dites, il s'agit d'évaluer si cette loi permet réellement à toutes et tous d'avoir le contrôle sur sa fin.

Merci Ylber, vous abordez le droit de disposer librement de son corps, qui est encore loin de ladite loi qui concerne uniquement certains patients, extrait de la loi concernant une des conditions d'accès : "Être atteinte d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l'entrée dans un processus irréversible marqué par l'aggravation de l'état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale." Cependant, ce que vous mentionnez, même s'il n'est pas entendable par beaucoup, est aussi un sujet crucial : la possibilité de choisir de mettre fin à ses jours de manière douce.

Merci Tatras de vos interrogations qui donnent un autre éclairage au sujet, surtout quant au regard porté sur la vieillesse et la déchéance physique l'accompagnant. Si on se réfère à l'extrait cité ci-dessus, cette loi restreint à une certaine population ce droit pour l'instant, mais il est probable que des évolutions auront lieu à l'avenir. Dans ce cadre, l'ouverture de ce droit à de nouveaux candidats pose question.

Merci Torus de votre commentaire qui apporte une vision totalement différente des conditions d'accès lesquelles, comme dit par le Collectif Lutte et Handicaps pour l'Egalité et l'Emancipation, sont très larges. Ci-après un extrait pertinent du texte du CLHEE : "Nous soulignons aussi que les souffrances de la personne demandant l’aide à mourir peuvent être physiques OU psychologiques. Comme la plupart des troubles psychiatriques sont considérés comme incurable, et pouvant mener à la mort par suicide, ils entrent dans les conditions d’accès à l’aide à mourir. La loi ne précise aucune précaution particulière pour protéger les patients psychiatrisés. D’ailleurs, un amendement visant à exclure les patients en déficience intellectuelle a été rejeté par la commission."

avatar contributeur de Tatras
Tatras
07/09/2026 à 21:05

Tout d'abord merci pour tes "merci" K@#Ø%!, il n'est pas évident d'aborder un tel sujet sans soulever des émotions contraires qui pourraient être légitimes et compréhensibles. Et franchement les réponses des uns et des autres sont tout aussi éclairantes et enrichissantes. Personnellement je me dis que ce sujet touche à une question fondamentale sur ce qu'est l'Homme (j'ai mis un grand H mais être humain si vous préférez) ce que recouvre la notion de dignité pour tout un chacun dans nos parcours de vie et sa finalité. Toutefois je ne ferai pas exception à l'émotion soulevé, par ce que tu rapporte Torus: " L’amendement exigeant de vérifier que le patient fait sa demande de façon libre et éclairée a aussi été rejeté. Le médecin peut être seul juge de cela." Je garderai ma vie durant la vision de celui qui a partagé ma vie sur son lit en crise de panique. Stade 4 oui, je me vois encore testant devant lui mon propre taux d'oxygénation: 99 et lui 98. Ceci pour le rassurer. Puis les infirmières mon écarté alors que je tentais de leur dire que sa langue maternelle étant l'américain cela serait plus facile que je relaie ses demandes. Je sais qu'il aurait été contre une euthanasie. Puis: une bonne dose d'Hypnovel pour un être sous morphine et hypertension: il ne s'est jamais réveillé. Intentionnel, erreur, désir de vouloir bien faire? Je ne le saurai jamais mais j'ai longtemps été troublé par cela. Ce que je partage là n'est pas pour tomber dans le morbide ou le patos nullement mais simplement témoigner. Bien que je sois pas aussi informé que vous je reste sur une grande prudence et réserve.

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