Bonsoir,
Je pose ce sujet ce soir car je souhaiterais savoir si d'autres personnes que moi ont un sentiment étrange de malaise en soi après avoir grandi dans une famille dysfonctionnelle.
Est ce que d'autres personnes ici se sentent incomprises par les autres : pas n'importe quels autres, ceux qui ont une famille sur laquelle compter.
Je me sens souvent en décalage avec des personnes qui ont grandi avec des parents présents et respectueux.
N'ayant pas eu une enfance très saine et entretenant toujours a ce jour des liens compliqué avec ma famille (mes parents) j'ai du mal a me construire et a avancer en me sentant en accord avec qui je suis et ce dont j'ai besoin pour me sentir bien.
Je travaille tous les jours sur moi afin d'apprendre a dépasser ça mais... C'est toujours là.
D'autres personnes traversent elles la même chose ? Ou ont elles traversés cela ?
Merci
Citation de Blue Eyes #554202
Bonjour Blue Eyes,
Tu n'es pas la seule.
Personnellement j'ai vécu des années de torture psychologique.
Gaslighting permanent, y compris quand j'ai eu un handicap très lourd à partir de l'été 2018 et ça continue même jusqu'à aujourd'hui.
Cela fait très mal quand ça vient de son propre père et qu'en plus sa propre grande sœur enfonce le clou en se moquant, rabaissant, humiliant et exploitant. Ils sont allés jusqu'à l'abus de faiblesse majeur sur moi. Avec emprise totale sur ma mère (aucune liberté financière, sociale, administrative, perte de confiance totale au point qu'elle ne conduit plus alors qu'elle pourrait) qui ne m'a jamais défendu et qu'ils surchargent en plus de travail pour leur propre confort (ce qui use énormément sa santé). Ma mère a toujours tout répété de ce que je lui disais à mon père, qui ensuite m'enfonçait avec. A un moment, en pleine maladie, je n'arrivais même plus à manger et presque pas à boire, j'étais très mal et ça se voyait. Ma mère a proposé d'appeler mon père. Au lieu d'appeler elle-même directement un médecin.
Je pense ne pas pouvoir poursuivre en justice mon père et ma sœur pour l'abus de faiblesse sur moi car je ne pourrai pas démontrer le caractère intentionnel. Et car je ne suis pas totalement autonome et propriétaire (d'ici là il y aura certainement prescription). Bien que mon handicap fût officiellement reconnu quand ils ont commis l'abus.
En échangeant avec un ami de longue date (plus de 12 ans mais pas vu physiquement depuis plus de 8 ans) je me suis rendu compte du problème. Je suis passé à côté de belles relations parce que je me méfiais trop, à cause de ce que m'avait infligé mon père (et ma sœur avec) — même si ça n'a été à priori que psychique ; enfin avec certaines négligences causant d'énormes risques pour la santé physique. Mais bon ces belles relations avortées appartiennent au passé. Je me reconstruis. Mais ça fait mal quand je vois que même quand on me regardait les yeux dans les yeux avec un magnifique sourire, dans le même lit, même avec un regard étincelant… Je me méfiais encore, et encore plus si on me faisait des compliments. Plusieurs fois on m'a dit que je me sous-estimais, mais je n'en tenais pas compte.
Je me suis même méfié d'amis qui voulaient m'aider. N'est-ce parce qu'ils me voyaient en permanence au bord de l'hypoglycémie ou enchaîner les comportements suicidaires (je n'en avais pas conscience). Parce que dans ma tête, un sourire était une menace. Comme mon père qui me sourit quand je suis au plus mal, par exemple les mâchoires fracturées, sous morphine, sans climatisation en plein juillet et les drains plein de sang. Au lieu d'avoir un air inquiet. Qui sourit quand il voit bien qu'il me fait peur. Etc, etc.
Pendant des années je n'ai jamais compris pourquoi jusqu'au bout du monde (stage de 3 mois à Melbourne en Australie, et 5 régions de France éloignées entre elles pour mes études), les gens avaient l'air de s'inquiéter plus pour moi que moi-même. Je ne comprenais pas non plus pourquoi des gens connus depuis quelques minutes ou heures à l'autre bout du monde devenaient si rapidement amicaux voire intimes. Je ne comprenais pas pourquoi mon chef en entreprise, ancien commandant parachutiste ayant refusé le grade de colonel et ayant vécu l'horreur des guerres des Balkans, était plus soucieux de ma santé et de mon bien-être que mes parents. Alors que j'avais 30 ans et que je travaillais dans un bureau climatisé (ça m'a fait bizarre, ça m'a même fait peur). Des fois aussi je ne comprenais plus pourquoi la vie était trop facile et trop belle par moments et je culpabilisais en pensant que je ne me fatiguais pas assez. Récemment encore, même à bout de forces à force de travail et de sport, je pensais que je n'en faisais pas assez et ça m'empêchait de récupérer correctement (je ne comprenais pas et croyais que c'était la vieillesse, la maladie et même la chaleur inattendue pour un mois de mai qui m'en empêchait).
J'ai fini par comprendre.
Les amis et même quelques inconnus le cœur sur la main ont vu quelqu'un de blessé qui ne baissait jamais la garde et refusait systématiquement de l'aide, même quand on voulait soigner la blessure. N'est-ce qu'en lui payant à manger ou en prenant le temps de l'aider ou de comprendre. Ce que mon père n'a jamais fait en plus de 30 ans, un Australien à l'autre bout du monde l'a fait pour moi en quelques minutes. J'ai compris cela très récemment à 32 ans. Si je l'avais compris à 20 ans … je serais peut-être déjà marié, j'aurais peut-être accompli de beaux projets avec des proches, j'aurais peut-être évité de nombreux tracas. Ou au contraire, en baissant la garde, j'aurais été piégé par d'autres personnes très perverses (ça a failli arriver d'ailleurs). Et en ne prenant pas de risques je n'aurais peut-être pas vécu certaines choses finalement très belles. Mais peu importe le passé. Impossible de revenir en arrière.
Içi, un sentiment similaire. À 29 ans j'ai enfin ouvert les yeux sur la réalité de ma famille ( violences, manipulations, etc etc ) en août dernier. J'ai passé plusieurs mois dans un état de stress extrême où je ne savais pas quoi faire jusqu'en février dernier où j'ai coupé contact pour me laisser le temps de m'apaiser et voir ce que je voulais faire.
En attendant, j'en ai parlé à diverses personnes plus ou moins proches et là le sentiment de solitude face à cette situation s'est renforcé avec un discours assez récurrent : " oui mais c'est ta famille, on en a qu'une, oui mais c'est peut être maladroit de la part de ta mère, oui mais essaye de lui parler etc etc... "
En résumé (pour les gens/la société) tu dois faire en sorte que les choses aillent bien, maintenir le líen familial coute que coute parce que c'est ce qui apparemment compte plus que le bien être individuel d'une personne...
Je ne sais pas si mon témoignage te seras utile mais courage!
J'espère que petit à petit tu t'affirmeras dans tes choix et maintiendras ce qui te fait du bien :)
Citation de Maxirys #554229
les cicatrices sont si dur à encaisser , que la lucidité sur son vécu prends un temps de fou , il m'a fallu transitionner pour me libérer de mon enfance que tout un chacun dirait gâté , de ce corps meurtri , le passé ne se change hélas pas , j'étais no futur , maintenant j'essaye de voir le futur comme un soleil et je laisse le passé derrière , je vis le présent et l'avenir comme un renouveau rempli de découvertes
Citation de Blue Eyes #554202
Hello!
Je viens également d’une famille dysfonctionnelle ( violence intra familiale physique et psychologique) et j’ai réellement pu vivre et avoir une estime de moi même que lorsque j’ai pu partir du domicile familial à 21 ans
Mes rapports avec ma famille ( que j’aime néanmoins) reste compliqué mise à part avec mon frère qui pourtant ne me parlait plus durant 10 ans, est redevenu aussi complice que durant notre enfance et parler en tant qu’adulte du dysfonctionnements de notre famille et des répercussions sur nos vies actuelles nous a fait bcp de bien et nous a permis de nous soutenir encore plus fortement.
Mais pour arriver à tt ça j’ai du faire en partie un travail sur qui j’étais ( l’enfant, la jeune fille, la femme, les différentes blessures accumulées, prendre conscience des conséquences etc) en partie par moi même er avec un professionnel ( psychologue), apprendre a lâcher prise avec le passé ( ce qui ne veux pas dire oublier) et comprendre qu’on peut se (re)construire seule, ou accompagner par sa famille de cœur ( amis, conjoint-e-é…).
Ça prend du temps mais c’est nécessaire .
Ce qui pourrait peut-être t'aider, identifier quel rôle on t'a attribué dans ta famille, consciemment ou inconsciemment, savoir si et quand tu fonctionnes en faux-self, si tu te coupes de tes émotions, repérer des schémas qui se répètent dans des relations autres que ta famille.
Être dans le moment présent, avoir des "boussoles" et des passions aide aussi.Pas toujours facile.Bon cheminement
Citation de Blue Eyes #554202
C'est un sujet sensible oui j'ai aussi traversé mais mon parcours est long et violent aussi donc pour raccourcir je suis Rémi sans famille. Je pense que si vous voulez être en accord avec vous même il va falloir vous choisir. Le malaise qui vous habite celui qui ne se voit pas et que vous gardez sous silence, sont les conséquences d'une enfance marquée,Et vôtre bien être dans tous celà en prend un sacré coup. Alors penser à vous,car ont n'a qu'une seule vie même si tout n'est pas parfait car c'est une bataille avec soi .mais sachez que vous pouvez faire de votre chemin de vie Un parcours rempli d'amour et vous souhaite d'y parvenir
Tornade
Perso j'ai une histoire compliquée avec ma famille. Ayant subit de la maltraitance en tout genre pendant l'enfance. J'ai toujours du mal à m'intégrer avec les autres.
Actuellement je suis en arrêt maladie car d'autres traumas récents ont refait ressortir ce qui m'était arrivé dans le passé.
La reconstruction est toujours compliqué et j'essaye de voir pour trouver des thérapeutes afin de m'aider à avancer.
je n'arrive plus à aller chercher une aide extérieure par-rapport à mon vécu
Bonsoir,
Malheureusement il y a énormément de personnes issues de familles plus ou moins dysfonctionelles, on parles de plus en plus des traumatismes d'enfance et de leur répercussions à l'age adulte mais on ne parle jamais (ou alors c'est moi qui ne l'ai pas vu) du sentiment de culpabilité avec lequel on vit quand on essaie de prendre ses distances pour son propre bien être.
Je fais parti également de ces adultes qui ont grandi dans une famille dysfonctionnelles, il y a des années l'une de mes sœurs aînées m'a dit que j'étais l'enfant qui s'en sortait le mieux de la fratrie (on est 4) pourtant je n'avais pas eu tout cette impression. Aujourd'hui avec le recul je me dis qu'effectivement peut être que je m'en sors mieux que mes frères et soeurs (même si je suis celib, sans enfants, sans taf actuellement) parce que contrairement au reste de la fratrie je me suis toujours rebeller contre mes parents et qu'arriver à l'adolescence j'ai extériorisé une partie des sentiments négatifs qui me rongeaient.
Mais encore aujourd'hui a bientôt quarante ans je me sens coupable quand je ne peux pas aider ma famille ou quand je leur en veux pour une raison ou une autre. C'est aussi a cause de cette fichue culpabilité et du sentiment de ne pas avoir le droit de vivre pour moi que j'ai mis si longtemps a enfin commencer ma transition.
Je sais que mon message n'est pas de plus positif mais je voulais montrer que vous n'êtes pas seuls/seules.
Citation de EnCoursdeMoi #554212
Bonjour,
Je te remercie pour ton témoignage qui me va droit au coeur
C'est un message plein d'espoir que tu délivres ici et il est rassurant.
Effectivement, ce sentiment de décalage est prégnant et oui, c'est douloureux de ne pas se confier a ses parents sur ce qu'on traverse sans être jugée constamment.
Je te l'accorde cette souffrance indescriptible est une force qui nous rend unique, plus humain, plus sensible et plus empathique.
Cela fait de nous des personnes vraies qui cherchent des liens vrais avec les autres.