Famille dysfonctionnelles et bien être

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Blue Eyes
23/06/2026 à 18:28

Bonsoir,

Je pose ce sujet ce soir car je souhaiterais savoir si d'autres personnes que moi ont un sentiment étrange de malaise en soi après avoir grandi dans une famille dysfonctionnelle.

Est ce que d'autres personnes ici se sentent incomprises par les autres : pas n'importe quels autres, ceux qui ont une famille sur laquelle compter.

Je me sens souvent en décalage avec des personnes qui ont grandi avec des parents présents et respectueux.

N'ayant pas eu une enfance très saine et entretenant toujours a ce jour des liens compliqué avec ma famille (mes parents) j'ai du mal a me construire et a avancer en me sentant en accord avec qui je suis et ce dont j'ai besoin pour me sentir bien.

Je travaille tous les jours sur moi afin d'apprendre a dépasser ça mais... C'est toujours là.

D'autres personnes traversent elles la même chose ? Ou ont elles traversés cela ?

Merci

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Maxirys
24/06/2026 à 10:58 - 24/06/2026 à 12:02

Citation de Blue Eyes #554202

Bonjour Blue Eyes,

Tu n'es pas la seule.

Personnellement j'ai vécu des années de torture psychologique.

Gaslighting permanent, y compris quand j'ai eu un handicap très lourd à partir de l'été 2018 et ça continue même jusqu'à aujourd'hui.

Cela fait très mal quand ça vient de son propre père et qu'en plus sa propre grande sœur enfonce le clou en se moquant, rabaissant, humiliant et exploitant. Ils sont allés jusqu'à l'abus de faiblesse majeur sur moi. Avec emprise totale sur ma mère (aucune liberté financière, sociale, administrative, perte de confiance totale au point qu'elle ne conduit plus alors qu'elle pourrait) qui ne m'a jamais défendu et qu'ils surchargent en plus de travail pour leur propre confort (ce qui use énormément sa santé). Ma mère a toujours tout répété de ce que je lui disais à mon père, qui ensuite m'enfonçait avec. A un moment, en pleine maladie, je n'arrivais même plus à manger et presque pas à boire, j'étais très mal et ça se voyait. Ma mère a proposé d'appeler mon père. Au lieu d'appeler elle-même directement un médecin.

Je pense ne pas pouvoir poursuivre en justice mon père et ma sœur pour l'abus de faiblesse sur moi car je ne pourrai pas démontrer le caractère intentionnel. Et car je ne suis pas totalement autonome et propriétaire (d'ici là il y aura certainement prescription). Bien que mon handicap fût officiellement reconnu quand ils ont commis l'abus.

En échangeant avec un ami de longue date (plus de 12 ans mais pas vu physiquement depuis plus de 8 ans) je me suis rendu compte du problème. Je suis passé à côté de belles relations parce que je me méfiais trop, à cause de ce que m'avait infligé mon père (et ma sœur avec) — même si ça n'a été à priori que psychique ; enfin avec certaines négligences causant d'énormes risques pour la santé physique. Mais bon ces belles relations avortées appartiennent au passé. Je me reconstruis. Mais ça fait mal quand je vois que même quand on me regardait les yeux dans les yeux avec un magnifique sourire, dans le même lit, même avec un regard étincelant… Je me méfiais encore, et encore plus si on me faisait des compliments. Plusieurs fois on m'a dit que je me sous-estimais, mais je n'en tenais pas compte.

Je me suis même méfié d'amis qui voulaient m'aider. N'est-ce parce qu'ils me voyaient en permanence au bord de l'hypoglycémie ou enchaîner les comportements suicidaires (je n'en avais pas conscience). Parce que dans ma tête, un sourire était une menace. Comme mon père qui me sourit quand je suis au plus mal, par exemple les mâchoires fracturées, sous morphine, sans climatisation en plein juillet et les drains plein de sang. Au lieu d'avoir un air inquiet. Qui sourit quand il voit bien qu'il me fait peur. Etc, etc.

Pendant des années je n'ai jamais compris pourquoi jusqu'au bout du monde (stage de 3 mois à Melbourne en Australie, et 5 régions de France éloignées entre elles pour mes études), les gens avaient l'air de s'inquiéter plus pour moi que moi-même. Je ne comprenais pas non plus pourquoi des gens connus depuis quelques minutes ou heures à l'autre bout du monde devenaient si rapidement amicaux voire intimes. Je ne comprenais pas pourquoi mon chef en entreprise, ancien commandant parachutiste ayant refusé le grade de colonel et ayant vécu l'horreur des guerres des Balkans, était plus soucieux de ma santé et de mon bien-être que mes parents. Alors que j'avais 30 ans et que je travaillais dans un bureau climatisé (ça m'a fait bizarre, ça m'a même fait peur). Des fois aussi je ne comprenais plus pourquoi la vie était trop facile et trop belle par moments et je culpabilisais en pensant que je ne me fatiguais pas assez. Récemment encore, même à bout de forces à force de travail et de sport, je pensais que je n'en faisais pas assez et ça m'empêchait de récupérer correctement (je ne comprenais pas et croyais que c'était la vieillesse, la maladie et même la chaleur inattendue pour un mois de mai qui m'en empêchait).

J'ai fini par comprendre.

Les amis et même quelques inconnus le cœur sur la main ont vu quelqu'un de blessé qui ne baissait jamais la garde, même quand on voulait soigner la blessure. N'est-ce qu'en lui payant à manger ou en prenant le temps de l'aider ou de comprendre. Ce que mon père n'a jamais fait en plus de 30 ans, un Australien à l'autre bout du monde l'a fait pour moi en quelques minutes. J'ai compris cela très récemment à 32 ans. Si je l'avais compris à 20 ans … je serais peut-être déjà marié, j'aurais peut-être accompli de beaux projets avec des amis, j'aurai peut-être évité de nombreux tracas. Ou au contraire, en baissant la garde, j'aurais été piégé par d'autres personnes très perverses (ça a failli arriver d'ailleurs). Et en ne prenant pas de risques je n'aurais peut-être pas vécu certaines choses finalement très belles. Mais peu importe le passé. Impossible de revenir en arrière.

avatar contributeur de Emilie-milou
Emilie-milou
24/06/2026 à 15:07 - 24/06/2026 à 16:23

Içi, un sentiment similaire. À 29 ans j'ai enfin ouvert les yeux sur la réalité de ma famille ( violences, manipulations, etc etc ) en août dernier. J'ai passé plusieurs mois dans un état de stress extrême où je ne savais pas quoi faire jusqu'en février dernier où j'ai coupé contact pour me laisser le temps de m'apaiser et voir ce que je voulais faire.

En attendant, j'en ai parlé à diverses personnes plus ou moins proches et là le sentiment de solitude face à cette situation s'est renforcé avec un discours assez récurrent : " oui mais c'est ta famille, on en a qu'une, oui mais c'est peut être maladroit de la part de ta mère, oui mais essaye de lui parler etc etc... "

En résumé (pour les gens/la société) tu dois faire en sorte que les choses aillent bien, maintenir le líen familial coute que coute parce que c'est ce qui apparemment compte plus que le bien être individuel d'une personne...

Je ne sais pas si mon témoignage te seras utile mais courage!

J'espère que petit à petit tu t'affirmeras dans tes choix et maintiendras ce qui te fait du bien :)

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