Pensez-vous qu'il faut s'aimer soi-même pour (ne pas) pardonner autrui ?

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DentsDeSabre
20/02/2026 à 00:03 - 20/02/2026 à 00:03

Blabla transformé en sujet forum.

Pensez-vous qu'il faut s'aimer soi-même pour pardonner autrui ?

Ou alors,

Pensez-vous qu'il faut s'aimer soi-même pour Ne Pas pardonner autrui ?

Bonjour à toustes 🙂

Je vous expose l'origine de ce questionnement.

Dans ma vie, plusieurs situations rocambolesques m'ont porté à croire que pour respecter mes valeurs et par conséquent mon intégrité, je me devais de suivre de façon irréprochable un comportement éthique et moral visant à prioriser de prendre sur moi plutôt que de lâcher prise dans les situations conflictuelles. Ça n'est évidemment pas si binaire dans la réalité mais je souhaite simplifier ma présentation pour vous laisser partager les vôtres 🙂

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DentsDeSabre
20/02/2026 à 16:17 - 20/02/2026 à 16:34

Citation de Némésis Inu #548707

Pour des limites claires, il faut se connaître mais pour les faire respecter il faut s'aimer soi-même.

Toutefois, pardonner où ne pas pardonner, c'est un raisonnement au-delà de ça. Je me demande où se trouve la frontière de l'amour de soi lorsqu'il s'agit de couper sans pardonner où pardonner pour se libérer en gardant un lien avec l'autre.

[Ajout] Pour dire, pendant des années je ne me connaissais pas suffisamment et je ne savais pas ce qu'était l'amour de soi. Donc sans euphémisme, c'est tu horrible à vivre mais on finis par croire que c'est ça la vie que tout le monde mène... Puisqu'on ne connais que ça... Mais en avançant dans la vie, avec un travail monstre sur moi-même (déconstruction pour une première construction ! Sachant que depuis mon enfance j'ai été principalement détruite sans construction) j'ai appris à me connaître puis, c'est seulement depuis quelques mois que j'apprends l'amour du moi ! Il n'est jamais trop tard !

Du coup, les personnes de mon entourage de longue date commencent à se trier elle-même une à une, ou je les éjecte par mes soins. Puisqu'aujourd'hui je m'aime suffisamment pour les détester de m'avoir blessée toutes ces années.

Cependant, avec ce nouveau fonctionnement, je me demande si je ne suis pas extrême. Et s'il faut que je laisse une seconde chance à certaines personnes malgré tout. Ou sont vos limites ? [Ajout]

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Funambule
20/02/2026 à 16:26 - 20/02/2026 à 16:44

(réponse au tout premier post)

Peut on seulement véritablement s'aimer soi et sauvegarder son intégrité sans amour des autres ou attente qu'ils nous aiment en retour... C'est il me semble la reconnaissance sous toutes ses formes par nos semblables qui fait que nous tenons encore debout et que nous existons. Même si, on le sait, ça fait mal. La paix résiderais alors dans la cohérence entre ce que tu ressent, tes besoins et ce que tu es capable d'offrir ou recevoir.... Etre fidèle à soi, même quand ça frotte, que ça froisse.

C'est quand on s'ignore qu'on est anesthésié de tout que un jour..... boom

C'est un sujet très profond. C'est vraiment pas facile selon ce qu'on à confier. Je sais que je me suis trop mutée pour pas déranger. C'est un équilibre précaire que je n'ai pas trouvée non plus Je partage cette belle chanson qui parle de ça "Si j'étais moi" de Zazie

DentdeSabre La nécessité d'être entre grands guillemets irréprochable est elle un besoin source de cohérence avec toi-même (tu connais tes valeurs et tes limites) ou par respect d'un principe inculqué ou pour autrui ? Et ensuite sent tu que ça te coûte beaucoup plus que ça ne t'apporte ?

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DentsDeSabre
20/02/2026 à 16:51 - 20/02/2026 à 17:02

Citation de Funambule #548712

Je vais ouvrir grande la porte pour toi.

Enfant, c'est ma chienne qui m'a appris à aimer de façon inconditionnel et protectrice. Point.

Après son départ dans l'au-delà. Je me suis retrouvée démunie à 11 ans face à un monde froid, dur, vide et anéantie d'espoir. J'ai été le personnage secondaire des autres. Je me faisais croire que j'étais une héroïne dans mon imaginaire. Pour m'apporter la force de tenir. Je suis devenue ma propre sauveuse. D'où mon sentiment de miroir vis-à-vis du personnage d'Anne au pignon vert, inventant ses personnages romanesques pour surmonter les difficultés seules. Comment se rendre compte pour une enfant que l'on es profondément esseulée lorsque l'on a ses deux parents et une fraternité à la maison ? C'est injuste de me sentir orpheline dans ma propre famille ? Pour moi, j'étais cruelle et je culpabilisais. Mais en grandissant j'ai découvert le mot maltraitance et j'ai pensé qu'elle n'était que physique ! Et en fin de compte non... Je subissait de la maltraitance psychologique depuis toujours. Je n'ai jamais été protégé. Au contraire. Alors j'ai une forte capacité de résistance à la souffrance psychologique et j'ai des stratégies en place avec mon hyper vigilance. J'ai dû me détendre qu'une petite dizaine de fois avec autrui dans ma vie... Puisque j'ai pratiquement toujours été trahis. Alors avec les traumatismes accueillis, écoutés, recueillis et apaisés pour la plupart, j'ai découvert bien des choses sur moi. Et mon enfant a mis en place un interrupteur. Le fonctionnement est simple, lorsque je l'utilise c'est parce que l'on m'a blessé, consciemment ou non, je m'en fiche, que l'autre comprenne ou non, je m'en fiche : j'ai été blessé, je préviens l'autre de la rupture suite à une blessure lié à la situation puis je coupe le lien définitivement pour ne plus revenir.

Citation de Funambule #548712par respect d'un principe inculqué ou pour autrui ? Et ensuite sent tu que ça te coûte beaucoup plus que ça ne t'apporte ?

J'ai joué un rôle. On m'a dit qui j'étais alors j'ai fait pour correspondre. C'est simple, ma mère m'appelait "poupée". Ça me semblait affectueux... Jusqu'à ce que je prenne le temps de réfléchir à la possibilité d'une manipulation de l'enfant que l'on veut avoir, pas la rencontre de l'enfant que l'on a réellement. Mon identité agenre, je pense qu'elle en découle justement. Je ne serais plus jamais ce que l'on dit de moi, je suis que ça plaise ou non.

Citation de Funambule #548712 Je partage cette belle chanson qui parle de ça "Si j'étais moi" de Zazie

Je te remercie de tout cœur, sincèrement. Je vais l'écouter. Voici une chanson que je souhaite partager en retour. Sara Bareilles - She Used To Be Mine

https://m.youtube.com/watch?v=53GIADHxVzM&list=RD53GIADHxVzM&start_radio=1&pp=ygURU2hlIHVzZWQgdG8gYmUgbWWgBwHSBwkJogoBhyohjO8=

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Némésis Inu
20/02/2026 à 18:37

Citation de DentsDeSabre #548711

Pour le pardon tout depend de la personne : pour certain-e-s le pardon est une construction spirituel donc rien avoir avec l’amour de soi mais l’amour de Dieu et pardonneront plus facilement.

Pour d’autres le pardon c’est avant tout tourner une page, passez à autre choses donc là aussi le pardon se donnera, mais on peu pardonner aussi pour ne pas garder un poids sur ses épaules… serait ce la un pardon d’amour de soi?

Il y a aussi celles et ceux qui ne pardonne pas mettant leurs souffrances devant la scène plutôt que la générosité d’accorder le pardon… est ce la aussi l’amour de soi que de laisser sa souffrance ou rancune passez avant la charité du pardon?

Je ne suis pas sûr qu’il y ait une véritable réponse à ta ou tes questions . tout ce que je sais, c’est qu’on ne met pas tous la même chose dans l’action de pardonner quelque chose à quelqu’un c’est tellement personnel, je crois que c’est même pas quelque chose qui se discute au final

Personne n’a à dire si on doit pardonner à quelqu’un ou ne pas pardonner, c’est même pas une question d’amour de soi, de respect de soi.

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DentsDeSabre
20/02/2026 à 18:59

Citation de Némésis Inu #548714

Cela se discute selon moi, mais libre à chacun.e.s d'avoir ses réponses effectivement ☺️

Mon intérêt étant d'échanger sur ce thème pour comprendre la mécanique d'autrui. Les chemins et/ou schéma qu'ielles suivent et qu'ielles font évoluer et pourquoi ?

Merci pour ta participation

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Funambule
20/02/2026 à 19:08

Citation de DentsDeSabre #548713

Ton vécu est terriblement dur.... Tu n'est pas seul(e)

Ce que tu décris et on le ressent, avec énormément de justesse de recul et de courage.... C'est que tu as passé beaucoup d'année avec ce poids..... Celui d'une enfant réduite au silence qui a du survivre par ses propres moyens, sans avoir l'écoute ou l'affection de ses proches.

Tout enfant à besoin d'une ancre sûr et d'un écho dans ses besoins pour se sentir en sécurité. Sans ça, c'est de la survie. L'hypervigilence je connais ça que trop bien, c'est scanner en permanence le terrain voir si c'est fiable ou non... Quand on se sent vraiment chez soi, en sécurité, on n'a plus à le faire :)

Tu as certainement une armure en acier après tout ça, mais malgré tout, il y a encore l'enfant en dessous... L'armure se fissure quand ton socle, ton intégrité, est remise en question. Protège la. C'est ce que tu est, c'est ton histoire, ça t'appartient.. Est-ce que la laisse s'exprimer l'enfant en dessous selon toi ?

Je ne sais pas qu'elle place tu leur donne dans ta vie, ou qu'elle place tu souhaite leur donner, retrouver sa dignité commence par ce choix. Décider pour soi. Par pour autrui ou laisser autrui choisir pour soi. Dans ton cas, tu te dois prendre la décision la plus saine en fonction de ce que tu ressent... Si tu veux une indication, c'est pour beaucoup de personnes victimes de négligence et de trauma complexe de s'éloigner de ce qui cause, ou à pu causer du mal, donc couper tout contact bien souvent. C'est une reprise de pouvoir en mon sens, sur cette injustice qui reste tabou.

Citation de DentsDeSabre #548713 Le fonctionnement est simple, lorsque je l'utilise c'est parce que l'on m'a blessé, consciemment ou non, je m'en fiche, que l'autre comprenne ou non, je m'en fiche : j'ai été blessé, je préviens l'autre de la rupture suite à une blessure lié à la situation puis je coupe le lien définitivement pour ne plus revenir.

C'est ton système de défense :x Il est cohérent avec ton histoire passé.... Tu es capable de l'identifier et d'en parler, c'est pas donné à tous le monde... Tu qualifie ça comment ? D'évitement par protection ou sauvegarde ?

Citation de DentsDeSabre #548713 J'ai joué un rôle. On m'a dit qui j'étais alors j'ai fait pour correspondre. C'est simple, ma mère m'appelait "poupée". Ça me semblait affectueux... Jusqu'à ce que je prenne le temps de réfléchir à la possibilité d'une manipulation de l'enfant que l'on veut avoir, pas la rencontre de l'enfant que l'on a réellement. Mon identité agenre, je pense qu'elle en découle justement. Je ne serais plus jamais ce que l'on dit de moi, je suis que ça plaise ou non.

D'accord, tu ne pouvais pas encore l'exprimer, mais tu rejetais à ta façon la manière dont on t'identifiais si te comprend bien. C'est le sens que tu lui donne aujourd'hui.

Tu sais ce qui est fort, c'est que l'on peux se déconstruire et se reconstruire plusieurs fois au cours de notre vie, rien n'est définitif. Les traumatismes peuvent s'archiver avec l'aide adaptée, le cerveau s'adapte, créer de nouvelles connexions, c'est sur ça que repose beaucoup de thérapies cognitives.

Notre passé ne nous définit pas, nous sommes non linéaires, et avec une force intérieur capable de choses surprenantes. Ce n'est pas de la volonté, c'est de l'adaptation par nécessité, et de la plasticité cérébrale 😁

(> La chaine youtube de Za aborde ce dont nous parlons et bien d'autres en lien assez justement si je peux me permettre une reco :) )

Merci pour le partage ^^

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Enden
20/02/2026 à 19:14

S'aimer ou pas pour pardonner ?

Je pense qu'il y a 2 sujets distincts dans la question...

Je pense qu'il faut surtout se comprendre soi-même et comprendre ses valeurs profondes, ses sentiments vis-à-vis de la personne et ses propres limites avant de pouvoir lui pardonner.

C'est un tout et tout plein de détails peuvent faire que ce pardon vienne ou pas dans le temps...

Pourquoi faut-il pardonner finalement ? Pour soi-même ou pour autrui ?

Je pense que ça dépend de ce que l'autre a engendré comme colère ou point de non retour dans son cœur...et de la gravité et de la fréquence de l'acte ou de la dénigrante réception de ces propos...

Commencer à faire des rencontres ?
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Funambule
20/02/2026 à 19:25 - 20/02/2026 à 19:31

Quant à moi, j'ai fais ce même chemin de recul sur la passé. On ne m'a pas laissé vraiment le choix. Que des injonctions à faire des efforts, à ne pas se faire trop remarquer, ne surtout pas parler, faire trop de bruit.... Aujourd'hui et depuis la fin de l'adolescence, on m'abandonne à mon sort, on m'envoi un message dans l'année pour se donner bonne conscience, une invitation au repas pour faire figuration auprès des autres, et retour au silence. C'est incompréhensible pour moi. Culpabilité ? Déni ? Incompréhension réciproque ? Je ne sais même pas si je souhaite vraiment comprendre. (mais comme j'ai besoin de tout comprendre... je serais surement pas en paix sans réponse....)

Car j'ai fais l'effort du dialogue, mais en face, rien. Le néant. Mais je ne suis pas corrompu (encore) et je crois toujours autant au lien parent-enfant sain et sécuritaire. au lien fraternel sain et protecteur. J'ai juste pas connu ça, et j'ai une grande conscience de ce que ça fait d'avoir manqué très tôt. De pas avoir eu ce socle affectif.

Faut faire la paix avec SOI et soigner cet enfant intérieur qui n'a pas eu ça avant de pouvoir recevoir et donner je pense voilà :x

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Carolus
20/02/2026 à 19:55

Citation de Funambule #548719

"J'ai fait l'effort du dialogue, mais en face, rien. Le néant."

Ce qui a été le plus douloureux pour moi au début de ce processus, ça a été justement la peur de faire face à de l'indifférence ou à de l'incompréhension. J'avais mon scénario en tête où il suffisait que je dise les choses pour que tout le monde comprenne et finisse par me serrer dans leurs bras (merci Hollywood...)

En vrai, bien sûr, ce n'est pas vraiment comme ça se passe.

Effectivement, les relations familiales saines existent. Mais quand elles ne font pas partie de notre réalité, elles n'existent pas, pour nous...

Le plus dur c'est d'accepter ça je crois, cette illusion perdue, cet idéal qu'on ne vivra jamais. C'est en tout cas de cette manière que je l'ai vécu et que je l'ai intégré pour pouvoir continuer à vivre avec moins de douleur, moins de regrets aussi. Je ne sais pas si tu le vis aussi de cette façon...?

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Funambule
20/02/2026 à 20:02 - 20/02/2026 à 20:46

Citation de Carolus #548718 Et qui était différente selon chaque personne de mon entourage. J'étais à la fois gentille et ingrate. Trop carrée et "j'm'enfoutiste". Maniaque et bordélique. Trop sensible et trop brutale. En bref tout et son contraire, comment ne pas finir par péter un câble dans ces conditions

Tellement... C'est incohérent au possible.

Citation de Carolus #548718 Les autres ne semblaient pas se poser autant de questions que moi sur leurs propres agissements...

Oh c'est tellement révoltant cette asymétrie de la remise en question. Ca ne semble même pas traverser l'esprit de certains pendant que d'autre ne vont pas en dormir de la nuit...

Et si vous avez le malheur de dire qu'en plus vous en avez souffert, vous allez doublement payer d'avoir accusé l'autre de truc dont il n'a pas conscience puisque ça lui traverse pas sa fichue tête......

Citation de Carolus #548721 Effectivement, les relations familiales saines existent. Mais quand elles ne font pas partie de notre réalité, elles n'existent pas, pour nous...Le plus dur c'est d'accepter ça je crois, cette illusion perdue, cet idéal qu'on ne vivra jamais. C'est en tout cas de cette manière que je l'ai vécu et que je l'ai intégré pour pouvoir continuer à vivre avec moins de douleur, moins de regrets aussi. Je ne sais pas si tu le vis aussi de cette façon...?

Edit : Je crois au lien mais j'ai des difficultés pour diverses raisons à en construire de durables (trauma c social en particulier). Je ne crois juste plus au lien que j'ai avec les personnes de ma famille

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Carolus
20/02/2026 à 20:30

Citation de Funambule #548723

Certaines personnes n'ont pas les moyens de se remettre en question, ça ne fait pas d'eux des monstres, ça fait d'eux des personnes dont il vaut mieux s'écarter si on veut être bien traité dans une relation de quelque nature qu'elle soit.

Je n'ai pas dit que les relations saines n'existaient pas. J'ai dit que si les relations familiales que nous vivons ne correspondent pas à notre définition d'une relation saine alors on ne peut rien y faire. Par définition on ne choisit pas sa famille. En revanche on peut choisir ses amis (et c'est la bonne nouvelle 😁 ) De mon point de vue, la sincérité du lien n'est pas une illusion. C'est plutôt une belle ambition qui mérite d'être vécue le plus souvent et le plus longtemps possible.

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Funambule
20/02/2026 à 20:38

Citation de Carolus #548725

Ah autant pour moi j'ai fais une confusion entre relations saines et relations familiales saines.... (la distinction est pourtant cruciale comme tu le souligne 😂 )

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Carolus
20/02/2026 à 20:56

Citation de Funambule #548727

Eh bah alors Funambule ! On perd l'équilibre ? 😂

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DentsDeSabre
20/02/2026 à 21:09 - 20/02/2026 à 21:21

Citation de Carolus #548725

Citation de Funambule #548723

Nous nous comprenons je vois. J'ai une question à vous poser du coup... Comment avez-vous découvert et dans quel contexte, que vous aviez des illusions envers certaines relations que vous aviez forgé pour survivre ?

Citation de Enden #548717S'aimer ou pas pour pardonner ?

Effectivement, c'est une toute autre question qui porte à réfléchir également 🙂

Ça me fait penser que l'on ne peut donner ce que l'on a pas reçu. Et que ce que l'on a pas ne peut pas nous manquer en fin de compte puisque l'on vis sans. Mais nous pouvons toujours apprendre. Il n'appartient qu'à nous et au destin de nous élever vers la connaissance à travers la réalisation d'expérience de vies et l'apprentissage 🙂

Enfant, je n'ai pas appris la dignité, j'ai appris l'obéissance sans limite par exemple. Alors l'un sans l'autre n'empêche pas de vivre mais nous fait choisir différemment de personnes ayant reçu la connaissance inverse ou les deux réuni ou aucunes des deux !

D'ailleurs, j'ai une question, si l'on porte un masque sans être construit, sans se connaître soi-même, notre identité est-elle le masque que nous portons ? Ou alors une inconnue dans l'équation (existant dans l'ombre de nos illusions ?)

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Enden
20/02/2026 à 22:28

Citation de DentsDeSabre #548733

Ta question est intéressante je dirais l'équation car si on porte ce fameux masque sans être entièrement construite on peut exactement ce qu'on veut être ou devenir 😁

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DentsDeSabre
20/02/2026 à 22:34

Citation de Enden #548751

Il manque quelques mots dans ta réponse je pense. Pendant longtemps, dans mon imaginaire, j'ai été cette personne que je rêvais d'être. Dès que je me retrouvais seule, je retrouvais mes illusions pour vivre librement dans mes rêves ❤️ J'en voulais même à la réalité de me forcer à replonger dans la dureté et le malheur...

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Carolus
20/02/2026 à 22:43

Citation de DentsDeSabre #548733

La dépression pardi ! Une expérience extraordinaire 🤣

Dé-pression. Dé-pressuriser. Ou "pète un coup ça ira mieux".

Quand on a des illusions, on a souvent des graaaaandes idées sur comment doit se comporter une mère, un père, une sœur, un frère et surtout comment NOUS devons nous comporter (cette tragique peur tétanisante de décevoir : mais que deviendrait le monde s'il découvrait qu'on n'est pas parfait ??)

Bref, tout ça pour dire que l'illusion vient d'un idéal qu'on s'est fait dans notre tête tout seul dans notre coin sans que personne ne nous ait rien demandé et qui, pour ma part, m'a plutôt pourri la vie.

Et donc, cet idéal est fatalement tôt ou tard confronté à la réalité : une mère est censée être émotionnellement disponible, un père être rassurant, un frère être solidaire, etc... sauf que maman elle n'a pas que ça à foutre, papa est lui même flippé de la vie et le frangin a sa vie à vivre. En gros : les gens n'ont pas à correspondre à mon idéal, les gens ont à vivre leur vie et font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Ce qui veut dire que je peux moi-même m'autoriser à faire ce que je peux avec ce que j'ai et à vivre ma vie sans chercher absolument à répondre aux attentes des autres (1ère libération).

Pour répondre à ta question sur le contexte, j'vais pas rentrer dans les détails de ma vie trépidante mais en gros j'ai eu plusieurs grosses disputes avec un oncle dont j'étais très proche. C'était quelqu'un qui comptait vraiment pour moi.

Après notre première dispute, il s'est excusé. Puis il y a eu la deuxième dispute. Il s'est de nouveau excusé.

La troisième fois, il n'y a pas eu besoin de dispute. Il a appuyé exactement sur le même bouton que les deux fois précédentes. Je n'ai pas explosé en vol. Je lui ai expliqué ce que je ressentais. Pour la première fois, j'ai essayé une autre stratégie pour me faire entendre, pour qu'il comprenne ce qui me faisait mal. Je me suis heurtée à un mur. D'après lui c'était moi qui était en tord. Je le saoulais avec mes "conneries". Il n'avait pas saisi l'enjeu, l'importance, jusqu'où j'étais prête à aller. Pour la première fois de ma vie, je savais que je prenais le risque de le perdre si je persistais dans ma position. Lui n'a pas témoigné une seule seconde un potentiel regret de me perdre, il m'a dit seulement qu'un oncle et une nièce n'étaient pas obligés de se fréquenter. Nous n'avions, à priori, pas le même rapport à notre lien. Pour lui je n'étais qu'une nièce. Pour moi c'était mon oncle. Une illusion de perdue pour une vérité gagnée : nous n'avions plus rien à faire ensemble.

J'ai réitéré l'expérience avec une grand-mère qui n'a pas non plus témoigné un réel intérêt pour mes "états d'âme". J'ai refusé de persister à jouer un rôle avec elle et je suis partie sans plus d'esclandre.

Bien sûr, ça m'a fait mal. J'aurais pu garder un semblant d'unité familiale, au nom des liens du sang, au nom de la mémoire, au nom de ceux qui ont disparus. Parfois certaines personnes essaient de me dire que je suis dure, que je devrais passer l'éponge. Que la vie est trop courte pour se faire la gueule. Personnellement je trouve que la vie est trop courte pour perdre son temps avec des personnes qui se fichent de ce qu'on ressent, alors qu'on croyait que prendre soin les uns des autres, dans une famille, ça passait par ça justement.

La famille, le couple, l'amour, l'amitié, le travail, la société, le monde, la vie, soi-même. Tout peut être source d'illusions. Et je crois que plus on vit dans l'illusion, plus on perd du temps et plus on souffre de ne pas vivre quelque chose qu'on devrait vivre pourtant, mais qui n'existe que dans notre esprit. Et on se malmène avec ça.

Faire descendre nos idéaux de leurs piédestals est un processus long et douloureux. Voir les choses telles qu'elles sont plutôt que comme on aimerait qu'elles soient aussi. Reste à savoir pourquoi on le fait, quel sens on met derrière cette quête de vérité et jusqu'où on est prêt à aller.

Quant à notre identité, je ne pense pas qu'elle soit le masque que l'on porte. Qu'on se connaisse ou pas d'ailleurs. Je ne sais même pas si on peut vraiment se connaître ou si une part de mystère nous restera à jamais inconnue. Peut-être que se connaître soi-même est aussi une illusion finalement 🤔

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Enden
20/02/2026 à 23:02

Citation de Carolus #548753

Ce que tu écris me subjugue

Je ne suis pas du genre à faire des long discours ni de long texte mais ce que tu écris

Ton histoire familiale me touche beaucoup

Je comprends totalement pourquoi on peut se poser la question du pardon après tout ça

Tout ce vécu là...

J'avoue avoir une famille très aimante même si je me suis fâchée avec ma sœur jumelle l'année dernière mais ça n'a pas duré plus d'un an

Je ne supporte pas les non dits ni de rester dans un blocage total je relance le dialogue pour désenclaver la situation coûte que coûte surtout si je tiens à la personne en question.

Et je pardonne à la fin c'est tout moi ça même si ça m'a énervé à la base...😅

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DentsDeSabre
21/02/2026 à 00:08 - 21/02/2026 à 00:10

Citation de Carolus #548753

Euh... je n'ai pas bien compris... pourquoi parles-tu de dépression au juste ?

Et oui, ça n'est pas le tribunal des proches. Nous parlons ici de ce que nous avons eu dans nos vies pour savoir où nous en arrivons dans nos raisonnement pour faire nos choix en tant qu'adultes aujourd'hui.

Citation de Carolus #548753Tout peut être source d'illusions. Et je crois que plus on vit dans l'illusion, plus on perd du temps et plus on souffre de ne pas vivre quelque chose qu'on devrait vivre pourtant, mais qui n'existe que dans notre esprit. Et on se malmène avec ça.

Négatif. Je revendique le fait que mon imaginaire et que mes illusions m'ont maintenus en vies.

Citation de Carolus #548753Quant à notre identité, je ne pense pas qu'elle soit le masque que l'on porte. Qu'on se connaisse ou pas d'ailleurs. Je ne sais même pas si on peut vraiment se connaître ou si une part de mystère nous restera à jamais inconnue. Peut-être que se connaître soi-même est aussi une illusion finalement.

Tu ne penses pas qu'on se connait un minimum avec le temps ? Mince, je ne te rejoins pas sur cette idée. Nous ne sommes pas des êtres figés certes mais nous ne sommes pas non plus des êtres en dehors de toutes caractéristiques indéfinissables ! Il y a tout de même un juste milieu selon moi 😄

Citation de Enden #548754Je ne supporte pas les non dits ni de rester dans un blocage total je relance le dialogue pour désenclaver la situation coûte que coûte surtout si je tiens à la personne en question. Et je pardonne à la fin c'est tout moi ça même si ça m'a énervé à la base...😅

Es-ce que cela te coûte ? Ou alors te sens-tu soulagée de faire ça ? Puisque ton "😅" me tends à penser que ça te pose problème justement, non ?

avatar contributeur de RedRose
RedRose
21/02/2026 à 00:19 - 21/02/2026 à 00:19

Citation de DentsDeSabre #548711>Je me demande où se trouve la frontière de l'amour de soi lorsqu'il s'agit de couper sans pardonner où pardonner pour se libérer en gardant un lien avec l'autre.

Pardonner ne veut pas forcément dire laisser une chance à des personnes qui nous on fait du mal, même si elles sont de notre famille.

On peut pardonner et couper les liens, de façon à se protéger et se reconstruire.

J'ai connu la maltratance, j'ai coupé les liens définitivement puis j'ai pardonné, sans pour autant permettre à ces personnes de revenir dans ma vie.

Sujet intéressant, j'y reviendrai...

L'estime de soi, ou l'amour de soi aide à ne pas accepter que l'autre dépasse nos propres limites.

avatar contributeur de DentsDeSabre
DentsDeSabre
21/02/2026 à 00:52

Citation de RedRose #548766Sujet intéressant, j'y reviendrai...

Avec plaisir 🙂

Citation de RedRose #548766On peut pardonner et couper les liens, de façon à se protéger et se reconstruire.

Effectivement, pardonner ce n'est pas forcément cautionner. Mais c'est plutôt se libérer.

avatar contributeur de Carolus
Carolus
21/02/2026 à 01:11

Citation de Enden #548754

Je ne sais même pas à vrai dire si je me pose la question en terme de pardon. Je suis allée trouver les personnes, j'ai dit ce que j'avais à leur dire, elles m'ont dit ce qu'elles avaient à me dire et j'en ai conclu qu'une relation n'était plus possible entre nous dans ces conditions.

Je n'en veux pas aux personnes en question. Je n'ai rien à leur pardonner en soi. J'ai seulement constaté que ce qu'elles me proposaient de vivre ne concordait pas avec l'idée que je me faisait d'une relation sincère, authentique et aimante. Et tant qu'elles ne manifesteront pas un intérêt pour notre relation, alors rien n'évoluera. Je n'ai aucun intérêt à perdre mon temps et mon énergie à attendre d'eux qu'ils modifient leur vision de moi ni à espérer dans le vent autre chose que ce qui existe. Poser ses limites, c'est aussi accepter que l'autre n'ait pas envie de les respecter ou de contribuer au lien. Et je ne le vis pas comme un drame. Chacun est libre de penser ce qu'il veut de moi. En revanche je ne laisserai personne foutre le bordel dans ma vie et s'en laver les mains sans qu'il y ait des conséquences.

Mais je comprends quand tu dis que tu n'aimes pas être en froid avec quelqu'un et que tu cherches à arranger les choses. Quand c'est possible bien sûr qu'il faut le faire. Mais si la personne en face ne change pas et recommence, je ne vois pas l'intérêt pour moi de remettre une pièce dans la machine.

Citation de DentsDeSabre #548765

Parce que tu demandais "comment avez-vous découvert que..."

L'illusion a peut-être joué son rôle à un moment donné mais est-ce souhaitable de ne pas en sortir ? Après chacun voit midi à sa porte, personnellement l'illusion m'a plus fait perdre de temps qu'en gagner.

Enfin, je n'ai pas dit qu'on était un total étranger pour soi-même mais qu'on ne pouvait pas se connaître totalement. Preuve en est : pourquoi irait-on voir des psys pour se comprendre si on pouvait se comprendre totalement soi-même ? Et puis qui sait comment nous réagirions dans telle ou telle situation si elle ne se présente pas à nous ? Gloire à ceux qui connaissent les tréfonds de leur cerveau, je n'ai pas cette prétention.

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DentsDeSabre
21/02/2026 à 01:16 - 21/02/2026 à 01:23

Citation de Carolus #548770

Je comprends mieux tes nuances merci 😊

Citation de Carolus #548770Gloire à ceux qui connaissent les tréfonds de leur cerveau, je n'ai pas cette prétention.

Comme tu l'as dit toi même "je n'ai pas dit qu'on était un total étranger pour soi-même mais qu'on ne pouvait pas se connaître totalement."

Il y a effectivement un entre deux.

Citation de Carolus #548770L'illusion a peut-être joué son rôle à un moment donné mais est-ce souhaitable de ne pas en sortir ?

Je n'ai pas voulu en sortir parce qu'elles étaient l'unique endroit où je me sentais en sécurité. Le contexte réel dépend fortement du choix de préférer l'illusion à la réalité traumatique. Le plus souvent c'est inconscient. Mais même lorsque c'est conscient, ça n'en est pas moins un geste de protection envers soi-même. La légitimité d'un tel geste ne peut être mise en doute par autrui.

Au-delà de ça, j'ai également connu une situation où j'aurais préféré rester dans l'illusion même mise face à une situation traumatique mais n'ai pas eu d'autres choix que de me rendre à l'évidence que fuir ne ferait que reporter le problème si ce n'est de le laisser s'aggraver avec le temps oui. Donc j'ai stopper mes rêveries et ait foutrement souffert de désillusions extrêmes.

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Carolus
21/02/2026 à 02:00

Citation de DentsDeSabre #548773

Je ne pose pas la question de la légitimité du geste puisque comme tu le dis c'est un mécanisme de défense (que je connais bien, c'est bien pour ça que je participe à ce sujet). Je dis juste qu'il arrive un moment où nous n'avons pas d'autre choix que de regarder la réalité en face et qu'effectivement c'est plus de l'ordre de la torture que de la félicité.

Cependant cela permet à l'esprit d'apprendre à voir des opportunités là où, en apparence, n'importe qui trouverait un champ de ruines. On passe de la désolation à la consolation. Du désespoir au miracle. Je comprends absolument le "foutrement souffert de désillusions extrêmes", ce pincement au cœur qu'on ressent, la honte, la colère par lesquelles on peut passer. Mais quand on a traversé ça une première fois je me dis que peut-être les suivantes seront moins douloureuses ou dureront moins longtemps.

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DentsDeSabre
21/02/2026 à 02:07

Citation de Carolus #548778Mais quand on a traversé ça une première fois je me dis que peut-être les suivantes seront moins douloureuses ou dureront moins longtemps.

Je pense que tu te berce d'illusions en pensant ça 😜

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Funambule
21/02/2026 à 10:24 - 21/02/2026 à 10:45

Citation de DentsDeSabre #548733 Nous nous comprenons je vois. J'ai une question à vous poser du coup... Comment avez-vous découvert et dans quel contexte, que vous aviez des illusions envers certaines relations que vous aviez forgé pour survivre ?

Comme @Carolus grosso modo.

Il y avait une grande part d'illusion pour protéger. C'est un mécanisme de survie.

C'est lorsqu'on confronte concrètement un proche protecteur quand on à vraiment besoin, qu'on est dans le vrai, dans le dur. Qui ne c'est pas déjà retrouvé dans une période où on a besoin d'un soutien moral ou d'une aide de quelque nature qu'elle soit parce qu'on traverse un soucis de santé, une rupture, une galère de travail, un déménagement, ou un deuil, on se tourne naturellement vers nos proches en premier lieu n'est-ce pas ? On s'attend naturellement à une réponse à la hauteur de notre situation et la symbolique du lien. Mais quand la réponse en face est un mur d'ignorance, un désintérêt flagrant, ou une réponse polie qui passe à coté de l'empathie, il se passe quoi ? Il se passe une dissonance insupportable... Plus l'illusion est grande, plus la dissonance est forte. C'est ce qui c'est passé pour ma part, en plusieurs temps.

C'est pour cette raison qu'entretenir une relation courtoise mais distante permets un certain confort.

On maintient les apparences, pour ne pas briser ce qui, dans la réalité pourrait en une phrase être ruinée.

Beaucoup se contentent de conversations polies et superficielles pour décompresser. C'est pour beaucoup ça la paix sociale.

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Carolus
21/02/2026 à 12:14

Citation de DentsDeSabre #548779

C'est en tout cas mon expérience. Le plus difficile, à mon sens, est de ne pas sombrer dans une sorte de désillusion totale qui mène à un certain fatalisme. Trouver un juste milieu entre "tout est beau tout est rose" et "tout est pourri y a rien à faire".

Citation de Funambule #548783

Effectivement y a parfois une galaxie entre nos "attentes" et ce qu'il se passe. Il appartient après à chacun d'observer ce qui compte le plus pour lui. Il est parfois plus important de garder un lien même insatisfaisant que pas de lien du tout.

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