Je suis debout, devant la fenêtre de ma chambre. Je regarde la pluie glisser doucement sur le verre et dessiner de nouveaux paysages. Les larmes du ciel ont toujours su saisir mon attention, c’est comme si la nature pleurait à quel point elle est désolée de nous avoir eu comme enfants, nous, les virus de la terre, ceux qui la dévorons un peu plus chaque jour, ne la remerciant pas d’être là pour nous, n’y songeant même pas. L’humain est si égoïste, égocentrique et hypocrite, être la mère de l’humanité me désolerait aussi.
Je pose un doigt contre le verre, il est froid. Une larme de pluie glisse et je la suis du bout de mon index contre le verre, comme si je la traçais moi-même sur le carreau, seule chose nous séparant moi et elle.
Cette vitre de la fenêtre est mince, comme la limite entre le réel et l’irréel. Cette chose que j’appelle fenêtre, existe-t-elle vraiment ?. Probablement, puisque je peux la toucher. Mais si justement, ce n’était pas réel et que cette sensation était créée par un besoin d’être entourée de matériel. Serait-ce plus étrange si je ne sentais rien ?. Tiens donc, je devrais aller écrire, oui, une idée pourrait très bien en germer.
Je retire alors mes doigts de la fenêtre, leur bout légèrement humide, et me dirige vers mon atelier d’écriture. Je sais de quelle façon je vais commencer; je sais ce que j’écrirai. Je parlerai de l’humanité, et de la pluie. Voyons ce que mon idée apportera.
Je m’assois d’abord et ensuite je m’étire. Sur mon bureau repose encore quelques feuilles vierges, puis un crayon mal taillé accompagné d’une gomme à effacer. Je prends le crayon, et en aiguise la pointe. Maintenant, je suis presque prête, il me faut encore songer à la façon d’aborder la chose. La pluie et l’humanité.
« Ne sommes nous pas nés d’une goutte de pluie?. À l’intérieur de laquelle vivait une minuscule cellule qui s’est ensuite reproduite, et qui, avec le temps a fini par nous inventer… »
Je pose mon crayon. Si jamais quelque chose d’autre en ce moment se créait pendant que la pluie tombe. Peut-être pour nous punir. Nous châtier de ne pas avoir été plus responsables, plus à l’écoute de notre mère. Si la Nature avait encore le pouvoir de créer une race plus efficace, une race capable de la servir mieux que nous ne le ferons jamais. Le temps n’est qu’un clin d’œil, et du jour au lendemain l’humain est apparu, j’ai presque la certitude que quelque chose d’autre se développe caché quelque part en ce moment même, à attendre le bon moment pour sortir de l’ombre et bondir dans le dos de l’humanité, nous bondir dessus et nous faire disparaître afin de mieux profiter de sa propre existence d’Être vivant probablement complexe et intelligent. Plus j’y pense, plus j’en frissonne.
Je reprends mon crayon et regarde la feuille encore presque entièrement blanche. Je le pose dessus, et plutôt que de continuer à écrire, je me mets à dessiner. Je dessine ce à quoi pourrait bien ressembler la « prochaine race ». C’est un peu fantaisiste, surtout fictif, mais si c’était réel ?. Et si j’avais le don de créer une nouvelle forme de vie par la pensée. On ne connaît pas encore tout le potentiel d’un cerveau humain, et si en dessinant ce dessin, la nature le reproduirait afin de se venger, si je lui en donnais l’idée. Je crois que je pense trop.
J’entends tomber une goutte d’eau. Je me lève. J’avance vers la fenêtre. La pluie y a dessiné un nouveau visage, tout ce que je voyais quand il y avait du soleil, maintenant c'est devenu qu’un épais brouillon de paysage, en fait, on dirait que la nature est déformée là dehors. Je n’y reste pas longtemps, il n’y a rien de vraiment intéressant à voir et j’ai envie de contempler mon dessin qui n’est pas encore terminé. Je crois que je vais le continuer d’ailleurs.
La créature a de grands yeux, je lui en fais trois, comme ça elle pourra mieux voir ce qui l’entoure. Les humains ne voient que trop près de leur nez et n’osent pas regarder plus loin, cette créature pourra tout voir. Elle sera visuellement sensible à ce qui la côtoiera.
Je lui crée un petit nez, ce monde pue l’immonde. Elles sont rares ces senteurs qui valent la peine d’être senties. Je crois ne pas lui faire de tord en lui épargnant l’odeur de l’humain. Je lui ai tout de même fait un nez, parce qu’elle pourrait apprécier plus que moi l’arôme de certaines odeurs, comme celle des fleurs, espérant qu’elle n’en devienne pas allergique.
Mon crayon reste suspendu au dessus de sa tête, j’hésite à lui dessiner une bouche, j’ai trop souvent entendu de bêtises en sortir, cependant, cette créature devrait être différente, alors je verrai.
Une tête ronde, une grosse tête, comme les insectes, mais ce n’est que parce que son cerveau est important et nécessite beaucoup d’espace où loger. Elle utilisera ce cerveau à pleine capacité, elle le pourra, car je ne souhaite pas créer une inutilité telle que l’être humain, ma créature sera donc intelligente et utile.
Son corps, et bien, je laisse mon crayon y aller doucement. Un corps presque humain, mais potentiellement beaucoup plus agile, comme les chats. Et avec une queue, oui, pour l’équilibre. Me voilà au bout des doigts, j’y mets l’extrémité un peu ronde, mais les mains restent fines. Des mains qui sauront toucher et apprécier ce don sensoriel, plus que jamais.
Voilà, je garde le crayon dans ma main. Le corps est parfait, la tête aussi, ma créature est parfaite, reste à lui donner un nom. Apparaîtra-t-elle ?. Je le désirerais tellement. Si seulement la pluie pouvait la mettre au monde, juste un nouveau spécimen d’une nouvelle race qui serait meilleure. Et avec ce plus gros cerveau doté d’une plus grande intelligence, il y aurait encore plus de place pour la zone qu’on appelle « cœur ». Elle serait magnifique.
Je reste un moment attachée à toutes ces pensées, ma tête à l’intérieur de ma main gauche et mon crayon dans l’autre. Je rêvasse encore avant de me rendre compte que la pluie a cessé, son bruit a disparu. Je regarde vers la fenêtre, il fait encore gris, et le verre est couvert de pluie. Le ruissellement vertical de quelques gouttes que celle-ci laisse glisser sur elle, les dernières larmes de pluie y étant encore, est tellement magnifique. J’aime trop la pluie. Elle me rend heureuse. Elle est signe de vie.
Ma main gauche me force à cesser de penser à la pluie lorsque sans le vouloir, elle touche mon dessin. Le papier émet un de ces bruits qui me fait frissonner, léger froissement. Ma tête se tourne alors directement vers lui, sans penser à quoi que ce soit. Puis j’y pose les yeux.
Mais à quel point faut-il être dérangé pour oser dessiner telle bête et vouloir son existence ?. Je me le demande, suis-je devenue folle ?. Elle est horrible cette créature. Je sens ses yeux me traverser du regard, elle me connaît, elle sait tout, elle me pénètre l’esprit, mais qu’est ce qu’elle me veux ?. Je m’empresse de prendre le dessin et de le chiffonner, si jamais une créature comme celle là existait, elle comprendrait vite à quel point l’humain est nuisible, et je m’en retrouverais du même coup, en tant qu’humain, sur son champs de nuisance à détruire.
C’est abominable, je suis abominable. Plus que jamais je me répugne d’être ce que je suis.
Le malaise arrive, le malaise celui qui fait tout tourner autour de moi, qui fait crier la pluie, un cri strident que j’ai du mal à endurer. Le malaise m’étourdit, j’ai le cœur qui se serre après trop de battements précipités, ma tempe va exploser. Je pose mes mains sur ma tête mais tout continue de tourner, je ne peux pas arrêter le manège, je suis impuissante.
Mes jambes prennent les devants et je me retrouve debout. Tout tourne si vite. Tout ne cesse de me pousser, d’aider le malaise à continuer. Le mal à la tempe, la pression qui me compresse la poitrine, les poumons, et l’impression que tout m’avale.
J’ai du mal à tenir sur mes jambes. Tout bouge. Je tombe. Les lumières de ma tête semblent s’éteindre quelques secondes puis mes yeux s’ouvrent. Je suis par terre, le plancher est froid, il est de bois ciré. Je ne l'imaginais pas si dur. Je me dirige vers la salle de bain, à genoux, je sens que je vais être malade, j'ai du mal à poser la main droit devant tellement que ça tourne.
« Ne sommes nous pas nés d’une goutte de pluie ?. À l’intérieur de laquelle vivait une minuscule cellule, qui s’est ensuite reproduite, et qui, avec le temps a fini par nous inventer. »
Créature de malheurs. Son cœur gonflé de reproches, les miens, trop longtemps cultivés, c’est insupportable. Comment puis-je détester autant les miens et vouloir leur extinction sans accepter de voir ma mort arriver, je suis comme eux, raison de plus de les haïr. D’énormes yeux globuleux, couleur d’encre, je les revois me transpercer la peau, m’ouvrir le cœur, l’esprit, des yeux magiques, dangereux, et toxiques.
La toilette est encore loin, je sens mon petit déjeuner qui va refaire le chemin à sens inverse, j’accélère. La porte de la salle de bain est ouverte, elle s’approche de moi, il semble y en avoir deux, mais je sais que ce n’est que l’étourdissement. Je ferme les yeux. J’y suis presque, voilà. Je pose les mains sur le banc de toilette, je me sens prête à mourir, j’ai l’impression que je sortirai de moi en même temps que ce déjeuner. Tout n’arrête pas de tourner. J’ouvre les yeux puis les referme, préférant voir tourner un mur noir devant moi qu’une salle de bain trop blanche.
Des perles de sueurs glissent à mon front, ça y est, ça remonte, prenant bien soin de me donner l’impression qu’on m’éventre et qu’on extirpe mes tripes. Et voilà que le flot de reproches se propulse dans l’eau, l’eau de la cuvette. Les yeux clos je peux l’entendre.
Et si la créature existait déjà et que je n’avais rien inventé, si l’on ne m’avait qu’accru la sensibilité ou je ne sais quoi et qu’on me l’avait juste fait découvrir, si cette créature voulait justement être découverte. Voilà la marée qui remonte.
Je reste un moment à embrasser la cuvette, les yeux clos, perdue dans le noir.
« Si une goutte de pluie avait un jour pu contenir la vie, d’autres le pouvaient encore. »
Comme gravée sur mon crâne, ne voulant quitter l’intérieur de ma tête, se réitère sans cesse cette phrase incertaine. Elle s’y répète en écho afin de peut-être s’y incruster encore plus profondément, pour ne plus jamais en disparaître. J’ouvre les yeux, tout ne tourne plus autant.
J’essuie mes lèvres du revers de ma main droite puis la pose sur mon genou. Je ferme les yeux quelques instants encore, puis prends le temps de respirer afin de me remettre un peu. Après quelques secondes de « repos » j’entreprends enfin de me lever. Mes genoux tremblent un peu, je me sens faible, mais je réussis à me lever ainsi qu’à me tenir debout. Je tire la chasse. « Au revoir petit-déjeuner. »
C’était le seul repas que j’avais pris de la journée, je ne sais même pas qu’elle heure il est. J’ouvre le robinet et sous le jet d’eau froide me lave les mains, je prends bien soin d’y laisser mousser du savon à la cerise. Odeur beaucoup plus agréable. Je me regarde ensuite devant la glace, le jet toujours ouvert et en me penchant vers le lavabo, je m’asperge la peau d’eau glaciale. Je recommence le mouvement et me mouille la figure jusqu’à ce que ma tempe, ne supportant pas longtemps l’excès du froid pur, m’oblige à m’arrêter.
Lorsque je remonte mon visage au miroir, la vision brouillée, je me regarde. L’image est désorganisée. C’est comme si j’étais à travers un nuage, mais je sais que ce n’est pas moi qui est en lui, mais lui en moi. Il est à l’intérieur de mes yeux.
Ma vision est brouillée mais je vois que des larmes d’eau glacée coulent encore sur mon visage, comme sur la fenêtre, comme quand j’y touchais.
Comme lorsque l’idée m’est venue.
Comment ai-je fait ?. Je suis maintenant devant ma fenêtre, la main posée contre le verre. De l’autre coté la pluie pleure en zigzaguant sur le carreau, un carreau froid. Mes doigts suivent ses courbes. Elle ne s’était pas arrêtée ?.
Quelque chose me regarde, quelque chose, mon dessin. Non, la pluie, la pluie dessine, je n’ai rien inventé.
De grands yeux, il y en a trois, trois beaux grands yeux et son nez minuscule. Mais, elle a une bouche, lui en avais - je dessiné une ?. Le moindre détail ressemblant, je suis pétrifiée. Ma main touche encore et toujours le verre et je pense à une vitesse insensée. Comment me suis-je retrouvée là ?. La créature me regarde, est-elle pacifique ?. L’eau la dessine et la redessine sans cesse, la fait même bouger quelques peu, suis - je devenue folle ?. Je vois la pluie dessiner des monstres tueurs d’humains à mes fenêtres. Ça y est je suis dingo, j’ai même réussi à oublier comment je me suis prise pour arriver devant cette foutue fenêtre. Elle fronce les sourcils.
Superbe. Je me parle, je vois des bêtes me froncer les... elle a disparu…
J’avance curieusement mon visage vers la fenêtre, cherchant ce qui pourrait rester de la pluie de bête qui me regardait quelques secondes plus tôt. Elle n’est plus là, l’hallucination est probablement partie, ma raison l’a vaincue.
Par réflexe de mon corps, tout mon être recule. La créature est là.
De ses trois yeux impressionnant elle me regarde encore, aucune expression au visage, le teint livide. Elle est plaquée contre la fenêtre. Je ne sais pas de quelle façon réagir. Va-t-elle m’attaquer ?. Existe-elle vraiment ?. « La limite entre le réel et l’irréel est d’une minceur inquiétante. » Peut-être plus mince encore que cette fenêtre de verre qui nous sépare moi et cette créature de pluie.
Je reste immobile, ne sachant que faire. Elle me regarde toujours autant, de ses énormes yeux convoiteurs. Et si elle était plus intelligente que moi ?. L’ai-je inventée, ou a-t-elle simplement décidé de me le faire croire ?. Lit - elle mes pensées ?.
Mon reflet aux yeux écarquillés et le sourire à ses lèvres d’eau accroché brisent ce doute. Elle sait ce à quoi je pense. Elle me lit comme un livre ouvert. Mais qu’attend-t-elle de moi ?.
Sa queue frappe contre le verre. Elle prend un air gentil, je devrais peut-être lui ouvrir ?. Après tout, la pluie n’a jamais tué quelqu’un ?.
J’approche mes mains de la fenêtre, décidant de l’ouvrir, et elle me sourit. Mes doigts glissent sur le métal froid, la fenêtre est difficile à ouvrir. Je prends toutes mes forces, et d’un coup, elle glisse sur elle-même et s’ouvre.
Un éclair illumine le ciel et le tonnerre dans un grondement phénoménal l’accompagne jusqu’à sa chute. Le vent me plaque les cheveux à la figure, il est d’une puissance et la pluie me fouette les joues.
La bête s’accroche de façon fière un large sourire tranchant au visage. Mes yeux s’ouvrent démesurément, je suis stupéfaite. Je n’ai même pas le temps de songer à regretter mon geste qu’elle m’agrippe au cou et me mord. Je sens sur ma peau ses dents de glace en forme d’aiguille, je ne suis même pas certaine de savoir si sa morsure est froide ou chaude, ce que je sais, c’est que ça brûle. J’ai la sensation qu’on fait flamber mon cou, qu’on y éteint des allumettes. Des allumettes mouillées.
Je me débats, mais mes mains traversent la créature, comme si elle n’avait été qu’un fantôme, un fantôme trempé et froid. Elle s’accroche à mon cou, elle va bien finir par le percer.
Elle nous renverse par terre, et continue de s’acharner à ma gorge. Je tente, de tous les moyens possibles de la détacher de moi, elle avait l’air tellement innocente. Pourquoi me faire du mal alors que je ne lui aurais rien fait. Jamais je n’aurais osé. Je crois savoir. Cette haine contre l’humain, que j’ai, qu’elle possède probablement aussi.
L’humain, lui qui ose tout saccager, détruire ce que la vie a créé, osant même se détruire lui-même. Lui qui, se croyant supérieur à tout.
« À l’image de Dieu » Se prenant pour Dieu, ose qualifier toute « bête » qui l’entoure par des qualificatifs aussi insultants. Comme s’il était au dessus de tout.
Je suis humaine et j’ai osé la croire inférieure je crois, en la qualifiant de bête, de créature. En croyant avoir pu la créer.
Toujours en me débattant contre le vide de sa force colossale.
Je ne savais pas que la pluie aurait cette force, cette humanité dévorante, cette haine, la pluie avait donc un sentiment.
Elle arrête, elle cesse. Elle me regarde. Je crois comprendre, elle comprend aussi.
A quoi sert - il d’imiter le comportement « bestial » de l’humain. Non, ce n’est pas ça, cette pluie n’est pas, la pluie, elle n’est qu’une nouvelle enveloppe, une nouvelle forme de vie. Seule la vie a des sentiments, seule la vie peut ressentir, et dans la mort, un corps ne ressent plus. La pluie n’a pas de corps, elle emprunte celui de tout ce qui l’entoure, cette « créature » n’est pas la pluie, mais la pluie l’anime. La pluie anime un corps, elle anime une vie, un sentiment, mais elle n’est pas la vie, ni le corps, ni le sentiment, elle n’est que pluie.
La pluie pose sa main au derme aqueux sur ma peau douloureuse, et en un instant transforme cette douleur en apaisant réconfort. Mes yeux se ferment. Elle est si douce. L’humain aussi possède une quelconque douceur, même si son esprit tordu et calculateur est souvent employé à de mauvais termes. Il peut lui aussi apaiser.
« Ne sommes nous pas nés d’une goutte de pluie. À l’intérieur de laquelle vivait une minuscule cellule qui s’est ensuite reproduite, et qui, avec le temps a fini par nous inventer. »
La mère de l’humain est pluie, l’humain est pluie. La pluie vit à travers l’humain et l’humain à travers la pluie.
Bonsoir @Acha,
Merci d'avoir apprécié mon histoire et de l'avoir commentée, la nature commence tout doucement à ce retournée contre nous, nous ne savons pas l'aimé à sa juste valeur.
Merci à toi de l'avoir lu en entier.
J'aime beaucoup...
Merci à toi d'avoir apprécier mon histoire et de l'avoir lu en entier.
Félicitations pour ton texte @Montana. Il est très prenant et fait réfléchir. J’ai aimé l’ambiance, l’idée de la pluie et le message sur l’humanité. On sent beaucoup de sensibilité dans ton écriture. Bravo 👏