Euthanasie, on en parle beaucoup mais rien de concret

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Denial
19/12/2023 à 17:52

Euthanasie , aide médicale à mourir , suicide assisté ,beaucoup de mots pour désigner un acte certes lourd de conséquences mais que bon nombre de malades réclament sans être réellement entendus.Une promesse électorale du candidat Macron qui est partie , pour l'heure, sur une voie de garage.Pourtant une très large majorité de Françaises et Français y sont favorables et l'on ne sait pas trop où se situe le blocage de l'exécutif.

Pour l'heure ' on bricole ': pour certains(nes) on le pratique sans le dire, pour les plus aisés(ées) on part en Suisse ou en Belgique .Cette situation n'est pas sans rappeler celle de l'avortement il y a une quarantaine d'années .

Bref , j'ai la nette impression que la France est en panne sur ce sujet là ou du moins très frileuse alors que d'autres comme le Québec l'ont adoptée depuis plusieurs années .

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Modération Bidule
20/12/2023 à 04:19 - 20/12/2023 à 04:21

Une mise à mort reste un acte qui va a l'encontre de la vocation des soignants.

Il faut pouvoir encaisser le poids moral. Tout le monde n'est pas apte à ça. Une loi qui passerait dans ce sens aurait pour conséquence de donner une apparence de normalité et la demande passerait pour un dû. (Du côté du patient, ça se comprendrait mais du côté soignant, compte tenu du manque de personnelle, ne risquons nous pas de nous retrouver avec des personnes qui ne pourrons pas mener le geste jusqu'à son aboutissement, alors qu'elles seraient les seules habilité à le faire ?)

Je ne sais pas si tu as déjà eu à tuer. Je ne parle pas des insectes pour lesquels nous n'avons aucune consideration mais ces animaux comme un chats, un chien, un cheval. Un de ces animaux avec lesquels nous partageons des choses, parfois profonde. c'est une experience que je souhaite a personne.

J'imagine une personne qui se retrouve dans un service en penurie (personne ne se bas pour travailler dans un mouroir) et qui se voit contraint d'euthanasier à la chaine..

Ceci dit, jai l'impression que les choses se sont assouplie.

J'ai perdu ma mère adoptive le mois dernier et j'ai été soulager de constater que le personnelle hospitalier ne lésine pas sur le traitement de la douleur. Elle n'a pas agonisé sans fin. Faire passer une loi sur l'euthanasie, c'est peut être trop delicat.

Peut-être que c'est plus simple de donner des outils et des moyens, à cet endroit là et de laisser le personnelle hospitalier faire preuve d'ecoute et de discernement. Et puis, même si je me doute que les decisions sont collégial, la situation permet d'avoir le choix d'être La Main ou de passer cette main à quelqu'un qui sera capable d'accomplir le geste.

Une fois la loi voté, si/quand elle le sera on est pas à l'abrit des dérives (si tonton à un magot sous l'oreillé ou que mamie, risque de foirer les vacances d'été ...)


Aller de fleur en fleur et ne prendre de chacune que le meilleur

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Denial
20/12/2023 à 09:22

J'ai vécu l'an dernier à Québec , cette situation comme ' témoin' si j'ose dire .

La personne , un homme de 64 ans, ami de longue date était atteint d'une maladie incurable .Cet homme , mis à part quelques périodes de une ou deux heures par jour de 'calme relatif 'grâce en partie à des doses de morphine, vivait dans des souffrances atroces, prostré dans un fauteuil, amorphe, zombi .Avec une grande franchise un des médecins lui déclara que tout avait été fait et essayé mais que la médecine ne pouvait plus rien pour lui .

Je ne sais pas ce que le législateur aura prévu en France ,si un jour une loi est votée , mais d'après ce que j'ai vécu, la décision n'a pas été prise à la légère quant à la gravité de l'acte . Sur le plan médical ,un dossier est monté, un examen minutieux du cas est pratiqué pour savoir si la personne est 'éligible ' ou non .Par la suite, vient le côté humain, familial et celui du consentement .Dans son cas pas de problème , il était en pleine possession de ses facultés mentales, pour d'autres en état 'végétatif ' cela doit être plus délicat, je le reconnais .Dans ce cas de figure le délai de traitement du dossier a été de 1 an .

En ce qui me concerne j'ai suivi son cheminement et la dégradation de sa condition physique .En voyant sa situation , je n'ai pu que me ranger du côté de sa décision.Néanmoins en le voyant pour la dernière fois dans son appartement , j'ai craqué en fondant en larmes d'une manière incontrôlée pensant qu'il y avait peut-être encore quelque chose à tenter médicalement .Prenant son courage à deux mains , il s'est levé et s'est traîné vers moi .Me serrant dans ses bras il me déclara que c'était pour lui une délivrance , quitter ce corps qui le faisait tant souffrir .Il ajouta qu'il avait un énorme avantage sur moi car il connaissait la date de sa mort et avait eu le temps de s'y préparer .Je n'ai pas trop mesuré le poids de cette phrase. Six mois plus tard mon mari, l'homme de ma vie disparaissait, personne n'était prêt pour cette catastrophe, surtout pas moi .

Age aidant , je viens de 'frapper' 70 ans cette année et le sujet est souvent évoqué au sein de la famille .Si faire se peut, il hors de question que je finisse ' légume ' dans une EPHAD ou autres . J'ai ce genre d'établissement non loin de chez moi .Le personnel n'est pas agressif loin de là ,tout simplement indifférent .Banalisation du quotidien, routine , font qu'ils manipulent des objets, des meubles .Je ne veux pas finir ma vie dans un fauteuil à longueur de journée , oublié dans un recoin.

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Nounours58
24/12/2023 à 00:04 - 24/12/2023 à 00:15

Je vais y avoir recours ^_^ et je suis triste qu'en France on ne s'occupe pas des gens (jeunes, adultes ou seniors) qui désirent utiliser cette méthode, pour sortir de cette spirale de la vie qui les blesse et les fait souffrir :)

et en effet c'est très cher ~ 5k pour faire l'acte et les conditions pour pouvoir en bénéficier son plutôt (ou trop) strictes.

Je pense sincèrement que l'état devrait m'être en place un métier qui permet aux gens qui le désir d'en finir avec leur vie, je suis d'accord qu'il faut une approche médicale et voir si la personne est autonome dans ces choix mais on ne devrait pas stigmatiser les humains qui désirent et pas uniquement des gens " malade" mais aussi des gens qui désirent uniquement ne plus continuer...

cependant, je ne suis pas tout à fait d'accord ( c'est que mon avis) l'acte de donner la mort quand celle-ci est saine, je ne vois pas le problème hormis moral pour en effet l'administrateur du sédatif, mais en soi ... si la personne elle-même injecte le produit, le problème n'est plus ....

Une de mes compagnes est Infirmière dans une maison pour personnes en fin de vie et, je sais pas si entendre une personne qui souhaite sa mort H24 7/7 est moins terrible qu'une personne qui finalement aide une personne à s'éteindre paisiblement ...

Il y a beaucoup de métier pénible ou "inhumain" ( ex les équarrisseurs etc. ) je pense qu'il y aurait des volontaires pour exercer ce métier qui au contraire libère la personne de son mal. Après c'est comme dans beaucoup de métier en effet un suivi psy de la personne administrant les produits devrait être obligatoire afin de connaitre l'état de santé et ce de manière "annuel"

( encore une fois c'est un avis personnel ^_^ )

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François76
24/12/2023 à 20:50 - 25/12/2023 à 01:24

Bonsoir Denial,

Comme vous l'évoquez, le locataire de l'Elysée a organisé et réuni un comité de salut public (grande innovation pour plancher sur le sujet)....C'est pas comme si nous n'avions pas un ministère de la santé, différentes instances ...?).

Ce comité a rendu ses conclusions.

L'arbitrage doit venir de Jupiter, sur quel critère ? la science infuse, le sens du vent, le dernier qu'a causer??? enfin avec quelle légitimité, le suffrage universelle ne saurait suffire !

Enfin, pour l'instant, les français doivent attendre !!!!

A nos tricots ou mots croisés ou sudoku 😜

Le pire :

En ce moment, légalement, les équipes médicales ont juste le droit de stopper les perfs, ce qui revient à cesser de nous alimenter.

Donc de nous assoiffer....donc de nous "accompagner" dans la souffrance et l'indignité !

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Pilerme
24/12/2023 à 22:21

Ma grand-mère est restée alité pendant 7 ans dans une maison de retraite médicalisée après un AVC qui l'a rendu hémiplégique. A chaque visite elle nous disait "j'attends que le bon dieux me ramène". Elle ne pouvais plus rien faire seule et avait des difficultés à articuler.

Elle était malheureuse et condamné a subir jusqu'à ce que la mort vienne.

Dans ce genre de situation, je pense pas qu'on se sente coupable de tuer. S'il avait fallu, j'aurais fait l'injection lethal moi même. Au contraire, ça aurait été un soulagement pour tout le monde. J'ai été davantage traumatisé par sa lente décrépitude que par sa mort. Quand elle a finalement rendue l'âme, je me suis dit "enfin, elle ne souffrira plus".

Le vrai problème pour moi c'est qu'on est si peu confronté a la mort de nos jour qu'on en a peur. On considère la mort comme un mal absolu, à éviter à tout prix. On inflige la vie coûte que coûte a des gens qui préfèreraient partir en toute tranquillité.

Pour moi, chacun devrait être libre d'organiser sa fin de vie pour ne pas subir la vie. Je trouve cela fou que ce soit illégal.

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Nujabes
01/01/2024 à 12:28 - 01/01/2024 à 12:29

Salut,

Ce thread est intéressant, ça montre bien les divergences de positions tant morales, éthiques, juridiques... sur le sujet.

La France est en effet frileuse pour envisager l'euthanasie active, contrairement à certains pays pourtant proches.

Je rejoins ModeRaptor sur les principaux obstacles qui tiennent à la conscience/vocation des professionnels de santé. Il y a aussi le fait qu'il n'existe pas de consensus légal européen sur la question, la Cour des droits de l'homme laisse le soin pour chaque Etat de légaliser ou non l'euthanasie active; qu'un Etat refuse de l'intégrer dans sa législation n'est donc pas considéré comme une violation, alors qu'il existe des cas de souffrances qui rendent l'existence de la personne indigne, inhumaine ou dégradante. Le droit absolu à la vie protégé par le droit européen n'a donc pas pour corollaire le droit absolu de mourir et de choisir sa mort...

Pour autant, ça avance doucement, notamment depuis des "grandes affaires" qui ont inscrit le sujet dans le cadre de débats d'intérêt général : on pense à l'affaire Pretty en 2002 et en France à l'affaire Lambert qui a donné lieu à deux lois sur l'euthanasie passive, notamment avec l'arrêt des traitements pour lutter contre l'acharnement thérapeutique, la sédation profonde, le renforcement des directives anticipées des patients etc... La France choisit de se focaliser sur le traitement de la douleur et de la souffrance pour concilier dignité et fin de vie dans des cas très limitatifs, ce qui est loin d'être suffisant pour beaucoup. Il y a d'ailleurs encore des recours d'associations devant la Cour européenne des droits de l'homme (notamment Dignitas qui a déposé 30 requêtes) pour faire condamner la France face à son refus de légaliser le suicide assisté.

Entre ces recours, la convention citoyenne sur la fin de vie qui plaide en faveur du suicide assisté, le comité consultatif d'éthique médicale et l'académie de médecine qui ont donné leur aval pour le suicide assisté mais sous strictes conditions, je pense que le compromis choisi par la France est tout trouvé, entre l'euthanasie passive et l'euthanasie active, le suicide assisté va être le prochain pallier. Mais là encore, il n'est pas certain que ce soit considéré suffisant pour beaucoup, il n'y a qu'à lire les témoignages ici, certaines situations échapperont au cadre procédural du suicide assisté, à ses conditions qui seront sans doute extrêmement strictes.

En tout cas ce débat est loin d'être fini et il montre l'incroyable complexité pour une société de faire converger différentes positions morales, éthiques, déontologiques, philosophiques, parfois religieuses (coucou la laïcité), et adapter le cas échéant sa législation.

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Ancien membre
02/01/2024 à 09:20 - 02/01/2024 à 09:22

Un truc tout con sur quoi je m'interroge : quelle personne, même pro, a le courage de pratiquer l'euthanasie ? Parce que là psychologiquement faut pas être fragile... et même pas trop confiant-e non plus.

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Ecaille
02/01/2024 à 10:54

Citation de Delephin #491503

Cela dépend comment tu perçois cette mort.. en Belgique ce sont des médecins et de ce qu'iels en disent, iels voient cet acte comme un service rendu a des personnes qui le leur demandent.. pour une fin de vie digne et/ou une délivrance la plupart du temps..

avatar contributeur de Nujabes
Nujabes
02/01/2024 à 11:38

Citation de Delephin #491503

Salut,

Je trouve pas que ce soit con de s'interroger là-dessus, au contraire, c'est même le socle de l'interdiction de l'euthanasie active en France actuellement. J'avais lu une tribune il y a quelques années dédiée à la parole des soignants qui s'opposaient à légaliser la procédure en utilisant justement l'argument du courage, de leur vocation et de leur déontologie.

Je rejoins Ecaille sur l'enjeu de définir comment on perçoit le fait de donner la mort : abréger les souffrances ? rendre service ? être la main qui concrétise la volonté du patient ? ou doit-on rester enfermés dans la qualification pénale de meurtre/empoisonnement comme c'est le cas pour l'instant en France ?

Il y a un documentaire incroyable et assez récent que vous avez peut-être vu; personnellement il a vraiment modifié ma grille de lecture sur la question : "Fin de vie : pour que tu aies le choix" sur France 5

avatar contributeur de Derf
Derf
02/01/2024 à 11:46 - 02/01/2024 à 11:47

Petite précision sur l'euthanasie en Belgique

être majeur, mineur émancipé ou encore mineur non émancipé doté de la capacité de discernement ;

être conscient et capable d’exprimer sa volonté;

se trouver dans une situation médicale sans issue ;

faire état de souffrance physique (mineurs non émancipés), physique et/ou psychique (majeur et mineur émancipé) constante, insupportable et inapaisable ; cette souffrance résultant d’une affection accidentelle ou pathologique grave ou incurable.

Si le patient est un mineur doté de la capacité de discernement, il doit en outre se trouver dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance.

Cette demande doit être faite de manière :

volontaire

réfléchie

répétée 

sans pression extérieure.

et non ce n'est pas fait comme une simple visite chez son médecin

https://www.health.belgium.be/fr/sante/prenez-soin-de-vous/debut-et-fin-de-vie/euthanasie/euthanasie-citoyens

Quand a ceux qui sont contre vous avez déjà penser a la douleurs de la famille de voir une personne souffrir de douleurs en sachant que la médecine ne peut plus rien et de voir cette personne shooter a la morphine qui au passage vous rend malade et a la longue ne fait presque plus effet et c'est peut-être mieux de faire de l'acharnement thérapeutique

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Ancien membre
02/01/2024 à 12:09 - 02/01/2024 à 12:10

Citation de NujabesJ'avais lu une tribune il y a quelques années dédiée à la parole des soignants qui s'opposaient à légaliser la procédure en utilisant justement l'argument du courage, de leur vocation et de leur déontologie.

Je pensais justement à ça. Une cousine à moi est infirmière et lorsqu'on avait abordé le sujet elle était formelle : Même si on légalise ça en France et qu'on propose au personnel médical de se former je ne le ferai jamais Notez qu'elle disait "ça". Je ne l'ai même pas entendu prononcer ce mot. De ce qu'elle m'a dit même pas les soignants-es sont ok entre elles-eux concernant l'euthanasie.

Ce qui est étrange est qu'elle tient un autre discours pour ses animaux. Elle les adore autant qu'elle aimerait un être humain. Pourtant les voir souffrir en fin de vie est rédhibitoire pour elle. Donc euthanasie.

Bizarre cette dichotomie. Mais je pense savoir pourquoi elle a cette idée.

avatar contributeur de Nujabes
Nujabes
02/01/2024 à 12:43 - 02/01/2024 à 12:43

Citation de Delephin #491513

C'est ça, dans le milieu médical il risque d'y avoir une division sur le sujet même en cas de légalisation.

On peut imaginer que la "clause de conscience" déjà prévue par le Code de santé publique pourra être invoquée par celles et ceux qui refuseront de pratiquer l'euthanasie/le suicide assisté en raison de leurs convictions morales et personnelles.

Pour ta cousine, c'est vrai que ça pose question cette différence de position selon qu'il s'agisse d'animaux ou d'êtres humains. Parfois l'explication réside dans des raisons personnelles plus qu'éthiques ou idéologiques. Il suffit d'une expérience, d'un vécu pour bousculer ses perceptions. Ca peut donner l'impression d'une dichotomie ou d'une incohérence dans le raisonnement pour un oeil extérieur, mais tu sembles avoir une idée de l'élément mystère pour comprendre sa position :-)

avatar contributeur Yotuelle
Yotuelle
04/01/2024 à 19:07 - 04/01/2024 à 19:07

Je crois qu'il y a une erreur parce que ce n'est pas la France qui est frileuse et en panne mais c'est les politiques français qui le sont et en particulier le premier d'entre eux.

Ça fait très longtemps que les français ont tranché la question. C'est les politiques qui bloquent et font de l'obstruction sur le sujet au mépris de la volonté des français. Ils sont complètement déconnectés de la population française. Dommage qu'il n'y ait pas de référendum d'initiative populaire pour neutraliser l'obstruction des politiques.

Je suis pas très optimiste parce qu'en France, la volonté d'un seul homme compte plus que la volonté de 65 millions de français.

Sinon, je suis favorable à l'autorisation de l'euthanasie (réglementée bien sûr). Après, pour mon cas personnel, je sais vraiment pas ce que je "ferais" si j'avais une maladie qui me transforme en "légume". Je n'ai pas d'avis tranché. De base, je suis plutôt réticent à l'euthanasie pour mon cas personnel mais je pense surtout que chacun devrait avoir la liberté de choisir.

Au sujet des soignants, je pense qu'ils s'habituront au bout d'un moment petit à petit si c'est légalisé comme les maires se sont habitués à marier les couples gays ou lesbiens.

avatar contributeur de Marquise_fem
Marquise_fem
04/01/2024 à 19:21

Citation Au sujet des soignants, je pense qu'ils s'habituront au bout d'un moment petit à petit si c'est légalisé comme les maires se sont habitués à marier les couples gays ou lesbiens.

la comparaison grotesque ... comparé à tuer une personne en souffrance certes dans un cadre légal avec le mariage, nan mais n'importe quoi.

On a le droit d'être pour mais merci de ne pas banaliser l'acte en lui même et le comparer à un mariage, l'homosexualité est naturelle, alors que tuer même si c'est fait de façon médicalisé, je peux comprendre que la majorité des soignants n'est pas envie de se jeter dessus.

avatar contributeur de Ecaille
Ecaille
04/01/2024 à 19:28 - 04/01/2024 à 19:48

Citation de Marquise_fem #491819

Moi cela me choque d'utiliser le mot "tuer" pour une euthanasie..

Édit : je regarde peu de choses intéressantes sur tik tok mais va savoir pourquoi je tombe sur des témoignages de personnes avant leur euthanasie en Belgique. Je vous invite toutes et tous a les écouter (sur tik tok ou ailleurs).. c'est le patient en souffrances qui devrait décider pour moi.

avatar contributeur de Marquise_fem
Marquise_fem
04/01/2024 à 19:55 - 04/01/2024 à 19:56

Citation de Ecaille #491824

tuer ça veut dire faire mourir volontairement une personne, c'est la définition de base, je t'invite à aller regarder dans le dictionnaire. L'euthanasie le fait dans un contexte bien précis mais concrètement ce sont deux mots synonymes, désolé si tu viens de l'apprendre.

comme je suis contre je ne cherche pas spécialement à banaliser ni atténuer l'acte derrière.

j'espère que tu as été d'autant plus choquer par le lien fait entre une euthanasie et un mariage ...

avatar contributeur Yotuelle
Yotuelle
04/01/2024 à 20:06

Citation de Marquise_fem #491819

Je suis assez d'accord avec Ecaille. Je suis choqué par les mots "tuer" ou "mise à mort" dans ce débat.

D'ailleurs, je trouve qu'il y a beaucoup de similitudes avec le débat sur l'avortement.

Ton post pourrait tout à fait être écrit par un opposant à l'avortement en y réfléchissant.

Les soignants s'habitueront à l'euthanasie comme ils se sont habitués à l'avortement.

Comme Ecaille, je pense que c'est le patient en souffrance qui devrait décider pour lui-même.

avatar contributeur de Ecaille
Ecaille
04/01/2024 à 20:22 - 04/01/2024 à 20:22

Citation de Marquise_fem #491850

Qui cherche a banaliser quelque chose ici? Merci de ne pas prêter d'intentions a mes (nos) propos.

Perso j'ai un oncle qui a reçu suffisamment de morphine pour que son coeur lache. En France. Le médecin a prévenu qu'il allait en mourir et il l'a souhaité. Alors ce serait bien d'arrêter d'être hypocrite, certains soignants savent déjà comment abréger des souffrances. Il faut croire que certaines personnes, proches ou soignants, ne sont pas fans d'être témoins d'agonies.

avatar contributeur de Phoenix73
Phoenix73
04/01/2024 à 21:04

Je suis pour l'euthanasie, pas envie de dire le pk, ca m'a touché de près, mais on est plus humains avec nos animaux domestiques.

avatar contributeur de Marquise_fem
Marquise_fem
04/01/2024 à 22:29

Citation de Ton post pourrait tout à fait être écrit par un opposant à l'avortement en y réfléchissant.

ptdr le culot mais en vrai ça ne m'étonne pas, plutôt que d'être mature et de reconnaître le tord que tu as causé => "je reconnais que ma comparaison était foireuse, j'en suis désolée et je m'excuse de t'avoir blessé en mettant au même pied l'homosexualité qui est une chose tout à fait NORMAL et non discutable avec le fait de chercher à rompre la vie d'une personne qui est un débat extrêmement complexe qui mérite d'être posé et débattu en toute bonne foi et pas juste avec les gens qui pensent comme moi"

voilà la réponse que j'attendais mais non il a fallu que tu te positionne en victime en attribuant à mon commentaire un autre sujet polémique comme l'avortement pour me faire passer pour l'extrémiste de service, merci Yotuel et du coup pour ta comparaison = tu l'as trouves toujours normal ou tu vas continuer à nier ?

et encore une fois, c'est PAS le fait que tu sois Pour qui me pose souci, il y a de bons arguments pour soutenir en soit l'euthanasie, par contre, ta comparaison m'a mis mal à l'aise et m'a dérangé donc j'espère que tu le prendras en compte la prochaine fois. C'est juste pour ça que je suis intervenu à la base, pas pour qu'on débatte en soit de ce sujet parce que je me sens pas d'avoir l'énergie pour le faire très sincèrement.

Citation de Ecaille #491887

nous avions eu un débat une fois où nous parlions de neutralité, je sais pas si tu t'en rappelles, c'est l'une des premières fois où je t'ai parlé sur le forum et bien sache que ma phrase : "comme je suis contre je ne cherche pas spécialement à banaliser ni atténuer l'acte derrière." ne te visait pas du tout, tu l'as interprété comme ci elle te visait (ce qui est tout à fait normal puisque je te répondais) mais elle ne te visait pas, je parlais de façon général, le mot "tuer" est un synonyme et oui on lui attribue un sens plus fort que celui d'euthanasier je suis contre donc forcément ma vision se reflète à travers ce mot, elle n'est pas universelle j'en ai bien conscience mais quand je sens de la banalisation d'un acte (mariage/euthanasie) on ne peut pas prétexter à l'autre camp d'en faire "trop", il est de mon droit de ressentir et percevoir les choses différemment de vous.

je n'ai pas envie d'argumenter sur ce débat de l'euthanasie à la base j'étais juste venue parce que la comparaison de yotuuel m'a mis mal à l'aise et est objectivement pas ouf ouf, c'est tout.

avatar contributeur de Nujabes
Nujabes
04/01/2024 à 22:40 - 04/01/2024 à 22:42

Citation de Marquise_fem #491850

"tuer ça veut dire faire mourir volontairement une personne, c'est la définition de base, je t'invite à aller regarder dans le dictionnaire (...) L'euthanasie le fait dans un contexte bien précis mais concrètement ce sont deux mots synonymes".

Salut,

Pour moi ce que tu écris fait partie du coeur du débat. "Tuer" et "euthanasie" sont-ils réellement synonymes ? sont-ils vraiment des termes interchangeables ? équivalents ? N'est-ce que pas justement parce que l'un fait mourir dans un cadre très précis et pour des raisons spécifiques que ces deux termes ne peuvent pas être confondus/amalgamés ?...

Une chose est sûre, aujourd'hui en France l'euthanasie active = tuer volontairement = infraction pénale de meurtre/assassinat/empoisonnement. Je pense qu'il est possible de sortir de ce raccourci, mais ça implique de réfléchir presque philosophiquement à ce qu'est la mort dans cette situation, et au pourquoi, dans ce cadre, on fait mourir volontairement.

Et je pense que c'est justement tout l'enjeu des discussions actuelles, celui de décider collectivement si l'on reste dans l'actuelle définition restrictive et connotée péjorativement de l'euthanasie, ou si l'on transcende cette définition pour en faire un dispositif qui consacre le droit de mourir dignement pour la personne concernée.

avatar contributeur de Phoenix73
Phoenix73
04/01/2024 à 23:02

Citation de Nujabes #491941

👍

Il y a beaucoup de considération religieuse (voire philosophique). Et personnellement c'est ce poid qui peuvent généralement me faire sortir de mes gonds. Je vais eviter de débattre.

avatar contributeur de Ecaille
Ecaille
04/01/2024 à 23:23

Citation de Marquise_fem #491940

Ah ben dis donc, enfin j'ai trouvé cette fameuse "comparaison" avec le mariage homo! C'est pas faute d'avoir cherché!

Alors perso je n'y vois qu'une comparaison concernant des changements d'habitudes qui titillent des valeurs ou croyances (souvent religieuses). Pas de comparaison en terme de valeur ou de gravité de l'acte lui même. Donc pas vraiment choquée pour le coup.

Après si je suis ton raisonnement ma perception des propos de yotuel est due a mon "camp", ce qui ne doit pas être complètement faux.

PS: non désolée les conversations sur les forums de beto je les retiens pas du tout. J'ai déjà du mal a retenir ce que j'ai fait ce matin alors des trucs qui datent..^^

avatar contributeur de Alma08
Alma08
08/01/2024 à 00:42 - 08/01/2024 à 00:43

Citation de Denial #489540

Je Suis à faveur de l'euthanasie, mais à etudier cas par cas. Je Suis encore plus d'accord avec le suicide assisté.

Pour l'euthanasie... Ne sera pas ma main qui enlevera la vie a quelqu'un. Je l'ai même pas fait avec mon chien.

Sûrement par mon éducation religieuse je ne me sens pas dans le droit de donner la mort.

Mais aujourd'hui il y a pas mal des soignants qui sont ouverts à faire le pas.

Qu'est-ce qui arrivera avec les personnes en deficience intellectuelle, les personnes avec des troubles cognitifs, les personnes agées qui sont une charge economique pour les familles?

Un médecin m'avait parlé d'un étude en Suisse où les personnes concernées souhaitent arrêter leur vie pour ne pas etre une charge, pas parce qu'elles voulaient mourir.

Est-ce qu'on donnant ce choix on ne va pas accentuer la tendance sociale individualiste et aller à l'encontre de la solidarité et les liens sociaux?

Ce n'est pas aussi simple que de dire oui ou non. Il aura toujours des erreurs, des abus.

Pendant des années en Espagne une jeune fille demandait l'euthanasie. Apres un attentat du groupe terroriste ETA, elle etait resté sans bras ni jambes. Elle etait une petite fille quand l'attentat l'a conditionné sa vie.

Après 15 ou 20 ans, Elle est tombée amoureuse de son kiné et elle n'a plus souhaité mourir qu'on sache.

Ça fait plus ou moins 1 an, une jeune femme de 21 ans a trouvé la mort en Belgique, elle etait depressive et après avoir vécu un attentat (je pense que celui de Nice) son suicide assisté a été accepté. Comment savoir si elle n'aura pas trouvé la joie de vivre plus tard? Comment savoir si le desespoir n'est pas passager?

Je ne parle pas des souffrances dues a des maladies chroniques et/ou dégénetatives et/ou incurables, où les douleurs sont constantes et la vie se reduit à la maladie.

avatar contributeur de Nujabes
Nujabes
08/01/2024 à 15:04

Citation de Alma08 #492534

Bonjour,

Je suis entièrement d'accord avec toutes les questions/réserves que tu as posées. Il y a bien une différence entre la condition physique et la condition mentale d'une personne, ça renvoie directement à la notion d'incurabilité : autant pour les pathologies physiques on a la certitude que certaines sont incurables (du moins en l'état actuel des sciences), autant pour celles relevant de la psychiatrie le doute (et l'espoir) demeure(nt)...les exemples que tu as donnés sont très parlants. Et puis, il y a aussi la question même du diagnostic : l'euthanasie/le suicide assisté serait admis au nom de la durée , de l'intensité et de l'ancienneté de la souffrance ou au nom de son incurabilité ? là encore, le psychiatre devra démontrer que la pathologie ne fera l'objet d'aucune amélioration (qu'en sait-il vraiment, après tout ?).

Les dérives et les abus sont inévitables si on ne réfléchit pas à tout ce que tu as soulevé et si on ne met pas les balises suffisantes pour protéger les plus fragiles ("deficience intellectuelle, les personnes avec des troubles cognitifs, les personnes agées"), ce qui implique avant tout de bien dissocier ce qui relève de la souffrance due à la maladie, de ce qui relève de cette culpabilité selon laquelle ils seraient une charge pour leur famille.

avatar contributeur de Phoenix73
Phoenix73
08/01/2024 à 18:29

Je suis complètement d’accord sur le fait que ce soit un sujet à prendre avec des pincettes, que la mise en place n’est pas si simple mais depuis combien de temps la France « réfléchit » ? Depuis combien de temps des personnes sont prises en otage, d’une décision qui n’arrive pas ? à vivre dans des souffrances atroces pendant des années jusqu’à leur dernier souffle, alors qu’elle ne demande qu’une chose qu’on les laisse partir en paix. Vous avez une idée de ce qu'est la sedation profonde (pratiquée en france ) dans les soins palliatifs? en gros ca peut durer jusqu'à 2 semaines où on laisse la personne agoniser .Je vous laisse à vos recherches mais la finalité est exactement la meme en plus inhumain.

Nous n’avons pas tous le même rapport à la vie, comme nous n’avons pas tous le même rapport à la mort, mais il est important d’ouvrir ne serait ce qu’une minuscule porte pour les personnes conscientes qui souhaitent être libéré de la souffrance. Car le sujet c’est bien la liberté au fond, la liberté de vouloir être délivrée du poid de la souffrance. Ex demain j'ai la maladie de charcot, espérance de vie 2 a 5 ans dans 90% des cas ; enfermé dans mon propre corps, avec le bonus d'avoir toute ma tête, avec une terrible souffrance psychologique du fait de la rapidité de la dégénérescence et s'ajoute la souffrance physique qui vient après. De quel droit ,vous (la société) m'empêcherait de partir avant la fin ignoble qui m'attend, il n'y a aucun échappatoire? Alors je sais que bcp vont en suisse ou en belgique lorsqu'ils sont atteints de cette maladie.... mais mourrir chez soi et mourrir loin de chez soi c'est double punition en plus de la maladie.

Qui sommes nous et qui etes vous pour decider à la place de l'autre?

avatar contributeur de Nujabes
Nujabes
08/01/2024 à 20:15 - 08/01/2024 à 20:15

Citation de Phoenix73 #492593

Salut,

Je pense que tu as raison.

Pour ta dernière question, l'argument le plus classique serait de dire que nous sommes la société, nous sommes les soignant.es, les proches des concerné.es, peut-être les prochain.es; nous sommes légitimes à en discuter et à participer à l’élaboration des lois qui auront un impact actuel, futur ou même hypothétique sur nos vies. Que c’est l’essence-même de la démocratie.

Bon après à titre perso, je ne suis plus à convaincre, je mets déjà la volonté des concerné.es au sommet des priorités.

Passé le débat sur la légalisation de l’euthanasie active et du suicide assisté, je garde à l’idée qu’une loi à portée trop générale serait aussi dangereuse qu’une loi trop restrictive serait injuste; donc ces pincettes et ces réserves doivent selon moi servir d’aiguilles pour permettre tout à la fois : accorder aux personnes concernées le droit de choisir leur mort en dehors de toutes souffrances, garantir les droits fondamentaux des plus vulnérables et éviter au mieux les dérives, au pire les erreurs.

J'ai quand même le sentiment en lisant les derniers post qu'on est toustes d'accord sur la nécessité/l'urgence de légaliser l'euthanasie et que les questions posées visent, comme tu l'as très bien mentionné, uniquement sa mise en oeuvre.



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